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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 22:39
Voisinage dangereux

 Par Noam Chomsky

 Le jeudi 8 décembre 2005

 Source de l’article en anglais : Venezuelanalysis  http://www.venezuelanalysis.com/articles.php?artno=1625

 

 

 

 

  « Comment le Venezuela maintient le chauffage dans les foyers du Massachussetts », lit-on dans les principaux quotidiens états-uniens, une annonce publicitaire de l’entreprise pétrolière d’Etat vénézuélienne, PDVSA, et de sa filiale basée à Houston, CITGO.

 La publicité donne la description d’un dispositif, lancé la par le Président vénézuélien Hugo Chávez, visant à vendre du fuel pour le chauffage à prix réduit parmi les communautés à faibles revenus de Boston, dans le South Bronx et ailleurs aux Etats-Unis – un des gestes les plus ironiques de toute l’histoire du dialogue Nord-Sud. L’accord a été conclut à la suite du courrier adressé par un groupe de sénateurs à neuf entreprises pour leur demander d’utiliser une partie de leurs profits records pour permettre aux gens modestes de payer leur chauffage. La seule réponse est venue de CITGO.

 Aux Etats-Unis, les commentaires sur cet accord sont amers dans le meilleur des cas, estimant que Chávez, qui a accusé Bush de vouloir renverser son gouvernement, poursuit des objectifs politiques – à la différence, par exemple, des plans purement humanitaires de l’Agency for International Development des Etats-Unis, USAID.

 Le fuel de chauffage de Chávez représente l’un des nombreux défis provenant de l’Amérique latine pour les planificateurs de la grande stratégie de Washington. La bruyante protestation lors du voyage de Président Bush le mois dernier au Sommet des Amériques, en Argentine, accroît le problème. Du Venezuela à l’Argentine, l’hémisphère est en train d’échapper à tout contrôle, avec partout des gouvernements de centre-gauche. Y compris en Amérique centrale, souffrant encore des effets de la « guerre à la terreur » du Président Reagan, le couvercle ne tient plus en place. Dans le Cône sud, la population indigène est devenue plus active et plus influente, notamment en Bolivie et en Equateur, deux pays grands producteurs d’énergie, là où il existe une opposition à la production de gaz et de pétrole, ou bien s’exprime la volonté que ces ressources soient sous contrôle local. Certains revendiquent même une « Nation Indienne » en Amérique du sud.

 Cependant l’intégration économique se renforce, renversant l’isolement relatif remontant à la conquête espagnole. Mieux, les relations sud-sud s’accroissent avec les grandes puissances que sont le Brésil, l’Afrique du sud et l’Inde, notamment dans le domaine économique.

 L’Amérique latine dans son ensemble accroît ses relations, économiques entre autres, avec l’Union européenne et avec la Chine, connaissant quelques à-coups, mais la tendance à l’augmentation est réelle, notamment pour les exportateurs de matières premières, comme le Brésil et le Chili.

 Le Venezuela est certainement le pays d’Amérique latine qui s’est le plus rapproché de la Chine, et le Venezuela envisage de vendre de plus en plus de pétrole à la Chine afin de réduire la dépendance vis-à-vis du gouvernement états-unien, lequel a montré son hostilité. De fait, le problème le plus ardent pour Washington dans la région c’est le Venezuela, lequel fournit 15 pour cent des importations états-uniennes en pétrole.

 Chávez, élu en 1998, fait preuve du genre de nationalisme que les Etats-Unis considèrent comme un défi – tout comme dans le cas de l’allié de Chávez Fidel Castro. En 2002 Washington, conformément à la conception de la démocratie du Président Bush, a soutenu un coup d’Etat militaire qui a brièvement renversé le gouvernement Chávez. Cependant, le gouvernement Bush avait alors dû faire marche arrière en raison de l’opposition au coup, aussi bien au Venezuela qu’en Amérique latine.

 Pour achever d’affliger Washington, Cuba et le Venezuela resserrent solidement leurs liens. Le Venezuela offre du pétrole à bas coût tandis que Cuba organise des plans pour l’alphabétisation et pour la santé et envoie des milliers d’enseignants et de médecins, lesquels, comme ailleurs, travaillent dans les zones les plus pauvres, auparavant ignorées.

 Des projets communs entre le Venezuela et Cuba ont également un impact considérable dans les pays des Antilles, où, dans le cadre du Plan Milagro financé par le Venezuela, des médecins cubains apportent les soins à ceux qui n’avaient aucun espoir d’en bénéficier. Chávez a remporté à plusieurs reprises, et malgré l’hostilité des médias les plus puissants, des élections et des referendums surveillés de prêt. Le soutien au gouvernement élu s’est accru durant les années Chávez. Le vétéran correspondant en Amérique latine Hugh O’ Shaughnessy explique pourquoi dans un reportage paru dans le Irish Times :

 « Au Venezuela, où l’économie pétrolière a pendant des décennies produit splendide petite couche de gens superriches, un quart des moins de 15 ans souffre de la faim, par exemple, et 60 pour cent des plus de 59 ans n’ont aucun revenu. Moins d’un cinquième de la population dispose de la sécurité sociale. Ce n’est que maintenant, avec le Président Chávez, que la médecine a commencé à faire partie de la réalité de la grande majorité plongée dans la pauvreté dans cette société riche mais profondément divisée et au fonctionnement impossible. Depuis sa victoire lors des élections démocratiques et depuis qu’il a commencé à transformer les secteurs de la santé et de la sécurité sociale pour en faire bénéficier fortement la majorité de la population, le progrès a été lent. Mais il a été perceptible… » 

 Maintenant le Venezuela rejoint le MERCOSUR, le principal bloc économique de l’Amérique du sud. Le MERCOSUR, qui réunit déjà l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, représente une alternative à la soi-disant Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA – ALCA).  Des modèles alternatifs sociaux et économiques sont à l’ordre du jour dans la région, comme ailleurs. Des mouvements populaires sans précédent, énormes, se sont développés et ont traversé les frontières – dépassant les questions économiques pour aborder les droits humains, l’environnement, l’indépendance culturelle et les relations de peuple à peuple.

 Ces mouvements sont de façon ridicule appelés « anti-globalisation » parce qu’ils sont favorables à une globalisation orientée vers les intérêts des gens, et non ceux des institutions financières et des investisseurs. Les problèmes des Etats-Unis s’étendent aussi bien vers le nord que vers le sud. Pour des raisons évidentes Washington espérait pouvoir compter davantage sur le Canada et sur le Venezuela, ainsi que sur d’autres fournisseurs de pétrole, hors du Moyen-orient.

 relations avec le Canada sont tendues et conflictuelles comme jamais auparavant, parmi d’autres raisons, à la suite du rejet par Washington de la décision de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) qui avait donné raison au Canada. Comme l’explique Joel Brinkley dans le New York Times, « c’est partiellement pour cette raison, que le Canada œuvre au renforcement de ses relations avec la Chine (et) certains officiels disent que le Canada pourrait réorienter une partie significative de son commerce, particulièrement le pétrole, des Etats-Unis vers la Chine ».  C’est vraiment fort de la part des Etats-Unis de réussir à se brouiller y compris avec le Canada. La politique latino-américaine de Washington ne fait que renforcer l’isolement des Etats-Unis. Un exemple récent : pour la 14ème année consécutive l’Assemblée Générale des Nations Unies a voté contre l’embargo commercial que les Etats-Unis maintiennent à l’encontre de Cuba. Le vote de la résolution a été de 182 contre 4, les Etats-Unis, Israël, les Iles Marshall et Palau.  La Micronésie s’est abstenue.

 --

Traduction : Numancia Martinez Poggi

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 Le dernier livre de Noam Chomsky est

 “Imperial Ambitions : Conversations on the Post-9/11 World” 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 22:37

Ambassade de la République Bolivarienne du Venezuela

Washington DC

  

 

 

Communiqué de presse

 24 janvier 2006

 

 

 

 

 

Luis Posada Carriles est un terroriste ayant fuit la justice vénézuelienne. Il est responsable de l´explosion en vol d´un avion qui comptait 73 passagers a bord, dont une femme enceinte. Cet acte terroriste eut lieu en octobre 1976. Posada Carriles s´est échappé de la prison de Caracas avant que la Court puisse émettre un quelconque verdict. Il doit être extradé au Venezuela pour répondre des charges qui pèsent sur lui en rapport a l´assassinat de 73 personnes.

 

Quand le gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela a su que Posada Carriles vivait à Miami, elle a fait la demande d´une détention préventive dans l´objectif d´une extradition pour s´assurer qu´il n´échapperait pas une nouvelle fois à la justice. Au lieu de répondre à cette demande, quatre jours après, le 17 mai 2005, le département de Sécurité des Etats Unis l´emprisonna en raison d´immigration illégale.

 L´Administration Bush n´a pas donné suite a la demande d´extradition réalisée par le gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela, et a choisit de traiter la cas Posada comme un simple délit d´immigration. C´est pour cela que aujourd´hui, ce terroriste, l´Oussama Ben Laden d´Amérique Latine, est a deux doigts d´être libéré.

Les Etats Unis sont obligés de remplir leurs devoirs quand à la demande d´extradition que le Venezuela a déposé devant la Cour Fédérale. Le 09 novembre 2005, le département d´Etat a envoyé une note diplomatique a notre ambassade, l´informant qu´ils enverraient “prochainement” des “questions et préoccupations” en relation au cas Posada.

Nous n´avons toujours rien reçu, et maintenant le terroriste est a la porte de sortie de la prison.

L´Administration Bush est obligée d´extrader au Venezuela ou de juger aux Etats Unis Posada Carriles pour assassinat de premier degré. La demande d´extradition par le Venezuela se base sur trois instruments spécifiques légaux : 

1) Le traité d´extradition existant entre le Venezuela et les Etats Unis

 2) La Convention pour la répression des Actes Illicites contre la Sécurité de l´Aviation Civile signé a Montréal.

 3) La Convention Internationale pour la répression des attaques terroristes.

  L´Article 7 de la Convention pour la répression des Actes Illicites contre la Sécurité de l´Aviation Civile stipule catégoriquement que “l´Etat dans lequel se trouve le présumé délinquant, s´il ne procède pas a son extradition lui même, soumettra le cas aux autorités compétentes a fin de procédé au jugement, sans exception aucune et en totale indépendance du fait que l´acte fut commis sur son territoire ou non”. Les Etats Unis refuse de se baser sur la loi. Ils doivent extrader ou juger Posada. Une fois encore, nous exigeons du gouvernement des Etats Unis de respecter la loi existante et de traiter le cas Posada Carriles.

 

 

 

 

Une guerre contre le terrorisme ne peut être livré “a la carte”, en sélectionnant quel terroriste il faut juger ou non. Le terrorisme est le terrorisme, point final.

 Si un autre pays capture Oussama Bin Laden, les familles des victimes du 11 septembre 2001 n´exigeraient-elles pas que le terroriste sois jugé pour assassinat ? Comment se sentirait le Peuple étatsunien si ceux qui capturaient Oussama Bin Laden au lieu de le juger pour ses crimes, transformaient la charge en un délit mineur d´immigration ? 

 

 

Traduction MCI

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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 15:02
Granma Internacional
La Havane. 5 Janvier 2006

WASHINGTON, le 4 janvier. – Le gouvernement étasunien considère la possibilité d’accorder la liberté conditionnelle au terroriste Luis Posada Carriles, après son refus de l’extrader au Venezuela, rapporte aujourd’hui un quotidien de Miami, selon Prensa Latina.

Selon l’édition en espagnol du journal The Miami Herald, le statut de Posada, reclus dans un centre de détention du service d’immigration au Texas, sera révisé le 24 janvier prochain, malgré les protestations de personnalités qui considèrent inadmissible d’accorder la résidence à un terroriste d’après les principes proclamés par le propre Bush.

Une note émise par le Bureau d’immigration et du contrôle des douanes (ICE) informe aux avocats du criminel qu’on tiendra compte si celui-ci peut représenter un danger pour la communauté et si dans le futur il serait disposé à comparaître régulièrement devant les autorités.

«Cela signifie que le gouvernement va réviser absolument tout concernant mon client: ses antécédents, son service dans l’armée étasunienne, son passé au Venezuela, jusqu’au lieu où il a résidé et qui ont été ses protecteurs », a déclaré l’avocat Eduardo Soto.

Le verdict sur l’élargissement ou la détention pourrait se produire dans les 60 prochains jours, indique le Herald.       

Pour le 24 janvier, Soto devra présenter une documentation importante pour soutenir la libération conditionnelle de Posada, qui est arrêté depuis le 17 mai dernier.

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24 décembre 2005 6 24 /12 /décembre /2005 12:07
Diario Vea
Vendredi 16 décembre 2005
 
    Prochainement Cuba donnera une imprimerie et une installation de télévision à l’Etat Anzoátegui, a déclaré le Gouverneur Tarek William Saab. Le don fait partie de l’accord signé entre le Venezuela et Cuba selon lequel Anzoátegui recevra également 64 centres de santé, un site pour l’élaboration du lait de soja, deux installations pour le sucre et l’éthanol ; ainsi qu’un projet d’accompagnement dans la culture et le tourisme.
 
    Le Gouverneur Tarek a offert des informations à propos des résultats obtenus lors de sa récente visite à l’île de Cuba, les 9,10 et 11 décembre ; dans le cadre de la coopération et du soutien aux activités diplomatiques du Président Chávez. « Ces activités sont réalisées par le Gouvernement Révolutionnaire de l’Anzoátegui selon les principes de la diplomatie décentralisée et dans le cadre du renforcement et du développement des plans du gouvernement national ». Il a rappelé que c’est selon le même principe que l’Etat d’Anzoátegui a reçu des délégations de France, d’Angleterre, de Chine et d’Iran, ce qui a conduit à la création d’associations de fraternité avec les provinces de Punta del Este (Uruguay), Shandong (nord-est de la Chine), l’Etat de Paraná (Brésil). Avec ces derniers nous avons renforcé nos relations, parvenant à orienter vers la région 31 centres de diagnostic intégral, 31 salles de réhabilitation et deux centre de haute technologie pour apporter la santé aux habitants.
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Traduction : Numancia Poggi

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21 novembre 2005 1 21 /11 /novembre /2005 00:00
Le témoignage de João Pedro Stédile, coordinateur national du Mouvement des sans-terres du Brésil
jeudi 24 novembre 2005
 
 
Le Venezuela : un pays en transformation

Le témoignage de João Pedro Stedile sur la situation actuelle du Venezuela et la politique mise en œuvre par le président Chávez est d’autant plus intéressant qu’il provient d’un homme qui est coordinateur national du Mouvement des sans-terres au Brésil. Son expérience politique et sociale donne un relief particulier à son point de vue. La visite qu’il a accompli au Venezuela a eu lieu fin septembre 2005. Texte transmis par Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne, viceprésident de la production à la Television Publica VIVE à Caracas.

Chers Amis, Chères Amies,

Je vous écris depuis les plaines bolivariennes de l’Etat de Barinas, au centre du Venezuela.

J’y fais une " tournée ", comme ils disent, pour connaître le processus de réforme agraire au Venezuela. Je suis impressionné. Très impressionné. En fin de compte, comme le dit le proverbe oriental, " les yeux perçoivent mille fois plus que les oreilles ". Le Venezuela a connu un passé glorieux au XIXe siècle, avec les luttes héroïques pour l’indépendance menées par Simón Bolívar et Ezequiel Zamora, qui eurent comme camarade de lutte un vaillant combattant brésilien qui arriva au " rang " de général : le général Abreu de Lima, du Pernambuco, source d’une grande fierté au Venezuela, mais dont nous les Brésiliens, nous ignorons encore, et malheureusement, l’histoire.

Cela dit, le XXe siècle réserva au Venezuela une véritable tragédie économique et sociale. Son territoire se trouve au-dessus d’une immense nappe de pétrole. Et la civilisation états-unienne, construite sur l’énergie du pétrole, a pratiquement transformé le pays en l’une de ses colonies, pour s’assurer l’approvisionnement de sa principale source énergétique. Il y eut une " sainte alliance " entre une minorité de l’oligarchie locale, qui s’est approprié l’Etat et les ressources pétrolières, et qui s’est enrichie, tandis que de l’autre côté, la force politique, économique, idéologique et militaire de l’Empire du nord la maintenait intacte. Aujourd’hui le Venezuela est responsable de l’approvisionnement de 25% de tout le pétrole consommé aux Etats-Unis.

Résultat : 80% de la population se trouvait dans la pauvreté absolue, tandis que 2% vivait dans l’opulence. 8% seulement de la population est restée dans le milieu rural, l’agriculture ayant été complètement marginalisée. Et le pays s’est mis à acheter à l’extérieur 88% de tous les aliments.

C’est dans ce contexte historique que finalement, à partir de 1998, avec la victoire électorale d’un colonel jeune et impétueux, banni des forces armées, le changement a commencé. Et ils sont entrés dans le XXIe siècle avec une nouvelle perspective : le Venezuela a cessé d’être une colonie étatsunienne pour devenir la REPUBLIQUE BOLIVARIENNE DU PEUPLE DU VENEZUELA.

Au début, il semblait s’agir d’un autre de ces " petits chefs militaires " populistes trompeurs, qui bien des fois sont arrivés au pouvoir sur notre continent. L’oligarchie locale perdit les élections mais essaya de maintenir l’équipe économique du gouvernement précédent (vous avez déjà vu ce film dans d’autres pays ?). Mais cette tentative de cooptation dura six mois à peine. Le jeune colonel Chávez ne plaisantait pas : il s’occupa de changer les institutions. Il convoqua une assemblée constituante qui changea toutes les lois du pays, et ouvrit un espace pour la participation populaire. Le peuple y crut, se mobilisa et participa à ce gouvernement qui, petit à petit, s’est transformé en un gouvernement populaire et révolutionnaire, qui a intégré aussi de plus en plus les sentiments anti-impérialistes et indépendantistes de Simón Bolívar.

J’étais venu ici en 2001 pour un séminaire sur les défis de l’humanité, mais je n’avais pas perçu de grands changements. Au retour, je n’avais pas pu raconter grand-chose à mes camarades de Via Campesina Brésil. Aujourd’hui, je comprends que le processus était en gestation. De retour au Venezuela aujourd’hui, en septembre 2005, je vois d’énormes changements. Dans le gouvernement, dans le peuple, dans le processus, dans la manière de faire les changements. Il n’y a que les élites et les oligarchies qui n’ont pas changé, accrochées qu’elles sont, telles des parasites, à leurs privilèges, essayant d’empêcher les changements à tout prix.

Le président Chávez est passé par six plébiscites, un référendum et deux élections. Il les a tous remportés. Et malgré cela, les élites le traitent de dictateur ou de despote. Et quelques comparses de la bourgeoisie brésilienne répètent le même discours.

Mais qu’est-ce qui est vraiment en train de changer ?

C’est le sens de la politique pour le peuple qui a changé. Le peuple est en train de se conscientiser et de participer activement à toutes les décisions de l’Etat et du gouvernement. Et là il s’agit de la voie la plus importante : faire en sorte que les masses participent à la vie du pays.

C’est le sens de l’économie qui a changé. Ici d’autant plus qu’elle dépend à 80% du pétrole. Et donc, les milliards de dollars du pétrole, qui avant étaient utilisés par 8% de la population uniquement pour s’enrichir dans le luxe et l’extravagance, financent aujourd’hui l’universalisation des services publics de santé et d’éducation pour toute la population. Aujourd’hui, ils servent pour la redistribution de revenus, garantissant des aliments à prix coûtant, une éducation gratuite, la construction de logements populaires, la distribution de terres.

C’est aussi la politique extérieure qui a changé, aujourd’hui exercée avec fierté et un clair sens d’indépendance face à l’impérialisme.

Avec cela, même le rôle des forces armées a changé. J’ai été impressionné par le niveau de politisation de jeunes lieutenants, majors et capitaines, qui ne vivent plus dans des casernes, mais assument activement l’administration de projets sociaux, de construction de routes, de ponts, l’administration de marchés populaires. Ils ont donné un sens à leur uniforme.

J’ai vu au jour d’aujourd’hui des soldats armés, mais armés par le peuple (comme l’a chanté Geraldo Vandré), aidant dans l’occupation de la fazenda Malquinesa, récemment expropriée de ses 8.600 hectares totalement improductifs, alors que ce sont les meilleurs sols du pays, dans la plaine Barineña.

J’ai vu des jeunes pauvres mais enthousiastes, car maintenant ils peuvent étudier, pas seulement dans les cycles primaires et secondaires, mais dans n’importe quel cours universitaire. J’ai vu le président annoncer l’ouverture de 20 mille places pour des étudiants en médecine, pour cette année universitaire. J’ai vu le président participer à une émission de télévision, pendant sept heures, durant lesquelles tous les problèmes du pays sont discutés, avec une transparence impressionnante.

J’ai vu un généreux processus de réforme agraire, qui exproprie toutes les terres " grillonnées " par les grands fazendeiros n’ayant pas réussi à en prouver l’origine. Il respecte cependant toutes les propriétés productives. Mais il détermine l’expropriation de tous les latifundios, indépendamment de la taille. La constitution dit clairement que la société vénézuélienne vise à éliminer le latifundio. J’ai vu l’oligarchie grogner comme un chien enragé, désignant cette loi, pourtant approuvée par plus de 80% des députés, et approuvée par référendum par une large majorité de la population, comme étant un affront au droit de propriété.

J’ai vu dans les rues et dans les bibliothèques populaires, l’Etat distribuer plus d’un million d’exemplaires de plusieurs titres de la littérature universelle, comme Les Misérables de Victor Hugo, Don Quichotte...

J’ai vu un peuple très mobilisé et conscient pour la défense de ses intérêts et luttant pour de véritables transformations économiques et sociales.

J’ai vu le président de la République dénoncer sur une chaîne de télévision qu’il y avait une entreprise pétrolière, propriété de l’Etat vénézuélien, qui détenait 15 mille stations-service et trois raffineries aux Etats-Unis depuis 35 ans, et que durant ces 35 ans, avant le gouvernement bolivarien, pas un centime n’avait été envoyé au Venezuela. Et que finalement aujourd’hui, après plusieurs interventions, pour la première fois en huit mois, la nouvelle direction avait envoyé au pays 500 millions de dollars de bénéfice net. Vous imaginez ce qu’ils ont volé alors en 35 ans ! Et le président annonçait que cet argent non prévu au budget serait utilisé pour des investissements sociaux avec les couches les plus pauvres de la population.

Il est vrai, cependant, qu’ils affrontent d’énormes défis. Beaucoup de barrières, comme celle de se libérer de la dépendance d’achat d’aliments. Comme le défi de remonter une structure productive dans le pays qui utilise les ressources du pétrole pour d’autres investissements productifs, créant du travail pour tous. Ils disent que le plus grand défi est de construire un nouveau modèle économique, qui brise la dépendance du pétrole et de l’empire financier. Et que l’on va vers le socialisme. Ils appellent ceci processus de construction d’un modèle de développement endogène, local, vénézuélien.

J’ai vu beaucoup de changements qui améliorent la vie du peuple pauvre du Venezuela. J’ai vu des hommes et des femmes qui marchent avec fierté et dignité, la tête haute.

J’ai vu que l’Amérique latine peut s’en sortir. Il suffit d’avoir un peuple conscient, organisé et mobilisé. Et un gouvernement engagé avec son peuple et non avec le capital.

Les enfants, je vous jure que j’ai vu tout cela !

http://www.dial-infos.org/

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=20941

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20 novembre 2005 7 20 /11 /novembre /2005 01:01

  

Comment Chavez fait reculer le Pentagone


20 novembre 2005 — Les dernières nouvelles de la querelle de Chavez avec Washington à propos des F-16 vénézuéliens montrent un tour surprenant...

Lire la suite sur le site dedefensa.org : http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=2172

 

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19 novembre 2005 6 19 /11 /novembre /2005 19:27

L’heure des brasiers en Amérique du Sud

 

lundi le 14 novembre 2005,

par : John PILGER (http://www.alternatives.ca/auteur675.html)

 

 

 

À Vega, un bidonville de Caracas sur les collines ravinées qui encerclent la capitale vénézuélienne, il pleut et les gens sont un peu inquiets. Ils se souviennent des glissements de terrain de 1999 qui avaient fait des milliers de victimes. « Que faites-vous ici ? » me demande un homme assis devant moi dans un minibus bondé. Sans attendre ma réponse, il me raconte pourquoi il appuie Hugo Chavez : des écoles, des cliniques, des aliments à bon marché, « c’est notre constitution » et « notre démocratie« poursuit-il, et « pour la première fois, l’argent du pétrole nous revient à nous, les pauvres ». ». À l’entrée des barrios, les supermarchés pour le plaisir des pauvres affichent des prix subventionnés qui sont de 40% inférieurs à ceux qui prévalent ailleurs. Je lui demande s’il appartient au Mouvement de la cinquième république, le parti de Chavez. « Non je n’ai jamais appartenu à aucun parti. Mais ce que je veux dire est simple, avec ce qui se passe maintenant, ma vie a changé ».

L’autre côté du miroir

En parcourant le pays, j’entends cette histoire mille fois. Celle de Béatrice dont les enfants immunisés sont à l’école pour la première fois. Celle de Célédonia qui vient d’apprendre à lire à 80 ans. Celle de José dont la vie a été sauvée par un médecin dont il avait obtenu les soins comme jamais avant. Pour ceux là, Chavez n’est ni un excité ni un autocrate. Mais un humaniste et un démocrate qui obtient les deux tiers des suffrages populaires et qui a gagné neuf élections depuis six ans. J’ai comme l’impression que le miroir qui existe entre le Venezuela et l’Occident est brisé. ? Je me demande si je rêve encore, ou s’il y a réellement quelque chose qui se passe dans cette Amérique latine qu’on perçoit souvent à partir de stéréotypes et de clichés.

L’héritage de Bolivar

Au Venezuela, en Argentine, en Colombie et ailleurs, des changements radicaux traversent l’hémisphère. Des résistances projettent la mémoire de Simon Bolivar et de la victoire contre l’absolutisme espagnol en 1783. Aujourd’hui dans la conscience populaire, le nouveau maître colonial est à Washington. Sous la figure de George W. Bush, il veut imposer le projet de Zone de libre échange des Amériques (ZLÉA). Le « tout marché » néolibéral doit transformer le continent en un immense atelier de misère, comme cela a été fait avec le Mexique. Mais le temps de l’arrogance achève. Alors qu’à Québec en 2001 Bush annonçait la terre promise du libre-échange, il vient d’entendre plusieurs chefs d’État de l’Amérique latine lui dire à Mar del Plata que le projet était remis sine die. Pourquoi ont-ils osé confronter Bush ? Sans doute qu’ils savent que plus personne ne peut négocier dans le dos des peuples.

La Bolivie insurgée

En Bolivie, les mouvements sociaux ont renversé cinq gouvernements et brisé le laboratoire néolibéral dont rêvaient Bush et des multinationales comme Bechtel qui voulaient privatiser l’eau. Dans l’immense bidonville d’El Alto qui surplombe la métropole bolivienne, j’ai écouté des mineurs sans emploi et des campesinos expulsés de leurs terres. « Pourquoi sommes si pauvres alors que notre pays est si riche ? » Les Boliviens se souviennent que le pillage a commencé il y a 500 ans lorsque les Espagnols ont conquis Cerro Rico et transformé les paysans en esclaves pour leurs mines d’argent. Par la suite, l’étain est devenu le trésor du pays mais dans les années 1970, le Fonds monétaire international imposait au gouvernement de privatiser ces mines et de licencier 30 000 mineurs. Depuis, la guerre sociale continue avec la coca que les paysans cultivent et que les Etats-Unis veulent éradiquer. Pour la classe dominante locale ou étrangère, la majorité autochtone de la Bolivie avec les femmes en chapeau rond et jupes multicolores est exotique. Mais aujourd’hui ces femmes exigent une nouvelle constitution comme celle qui a été adoptée au Venezuela, et qui remettrait les richesses du pays (le gaz et le pétrole notamment) dans les mains du peuple. À la mi-décembre, des élections doivent avoir lieu. Le Mouvement vers le socialisme, le MAS, est porté gagnant par les sondages et son leader charismatique, Evo Morales est diabolisé par l’ambassade américaine qui le compare à Ben Laden. Evo s’est fait connaître lorsque la population de Cochabamba a expulsé Bechtel il y a quelques années.

La confrontation s’en vient

Partout sur le continent, les peuples se mettent au premier plan de la scène, même en Colombie où sévit le principal allié des Etats-Unis en Amérique latine, Alvaro Uribe, et où un mouvement autochtone vient d’organiser une grande marche à travers les 32 provinces colombiennes pour exiger la fin des politiques néolibérales. Partout, Chavez est le symbole de l’imagination politique et du courage. Chavez qui défie les Etats-Unis, reste très différent de son ami Fidel Castro qu’il respecte énormément par ailleurs. Au Venezuela, les grands médias sont tous contre Chavez. L’opposition est dans la rue et réclame le départ du président même si celui-ci a obtenu 58% des voix lors d’un référendum récent. Mais est-ce assez pour Bush ? Selon le Washington Post, la CIA est sur un mode d’alerte concernant le Venezuela. Hugo Chavez affirme que des avions américains survolent le territoire pendant que des forces spéciales sont en formation sur l’île de Curaçao au large du Venezuela. La confrontation s’en vient entre Washington et le pays d’Hugo Chavez qui pour les néoconservateurs américains doit être éliminer avec les autres États de l’«axe du mal».

 John Pilger est un essayiste et journaliste australien établi à Londres. L’article est traduit et abrégé de l’original publié par le New Statesman le 11 novembre 2005.

Source : http://www.alternatives.ca/article2215.html

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Revue de Presse
9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00

A propos de la venue de Chavez à Paris et de sa couverture médiatique

dimanche 30 octobre 2005 par Marie-José Cloiseau.
 
 
 
En visite à Paris pour deux jours, les 19 et 20 octobre 2005, au terme d’une tournée dans les pays latins d’Europe, le Président du Venezuela, Hugo Chavez est venu une nouvelle fois bousculer nos représentations. Rien du discours convenu habituel des chefs d’Etat. Des discours non écrits, baroques, poétiques, truffés de citations littéraires, politiques ou de références religieuses, un style direct et familier. Mais l’essentiel de ses interventions sera occulté par les medias français, comme tout ce qui touche plus généralement au processus vénézuélien. Les évènements les plus marquants de cette visite ont été la réunion organisée à la mairie du XIème arrondissement par George Sarre et le Cercle Bolivarien de Paris à l’attention des amis du Venezuela, et la conférence de presse à l’hôtel Hilton, qui a clôturé cette visite. Et le tout sous l’œil vigilant des caméras de la chaîne nationale vénézuelienne, qui retransmet en direct toutes les interventions du chef de l’Etat à l’étranger, selon les règles de la démocratie en vigueur au Venezuela.

Silence médiatique

La presse nationale française aux ordres a relaté de ces deux jours de visite officielle du président vénézuélien à Paris ce qu’en ont publié les agences de presse, le MEDEF et la presse officielle. Quant aux rencontres en marge de cette visite, "le Monde" ironise sur la réception des "compañeros" à la mairie du XIè mais sans rien livrer sur sa teneur. "Le Nouvel observateur" l’évoque sous l’angle mondain, en donnant la liste des invités, les autres n’en parleront pas. Quant à la conférence de presse, elle n’aura pas existé pour la presse française. Seul Karl Zero a réalisé une interview du chef d’Etat à l’issue de cette conférence. Et "Libération", qui n’a pas de ces mauvaises fréquentations, déplore que le MEDEF soit devenu « un allié de la croisade anti-libérale ». Certes, les "compañeros" ont appelé à voter « non » le 29 mai, ils sont donc disqualifiés. Certes, le président Chavez défend une certaine idée de la souveraineté nationale qu’on cherche ici à faire passer pour un nationalisme ringard. Mais ce qui a pu donner à cette visite un sens politique, au-delà des accords commerciaux, est nul et non avenu. Ici, l’oligarchie médiatico-fiancière fait le silence ; au Venezuela, elle œuvre à la déstabilisation du gouvernement. Les mesures économiques adoptées sont sans doute importantes, elles feront du Venezuela un fournisseur sûr de pétrole pour la France, dans un contexte de raréfaction et de difficultés d’approvisionnement croissantes. Et pour l’économie vénézuelienne, elles touchent des secteurs essentiels : le logement, avec la construction de villes nouvelles, la fabrication de médicaments, ainsi que la coopération en matière universitaire. Mais la portée de ces mesures en termes de choix de société ne sera pas questionnée. La teneur politique de ces interventions vaut pourtant la peine d’être soulignée : au-delà d’un discours souvent confus théoriquement, où sont cités pêle-mêle Simon Bolivar, Victor Hugo, Pablo Neruda, Karl Marx, Jean-Jacques Rousseau, Léon Trotski, Ignacio Ramonet, Jésus, Judas, et bien d’autres encore, on démêle un projet de société nouveau et prometteur, qui met pour la première fois dans l’histoire du Venezuela le pétrole au service de la société toute entière.

Un processus révolutionnaire au Venezuela

Le président Chavez est longuement revenu sur les évènements qui ont marqué les premières années de sa présidence : tentatives de déstabilisation de la part de l’oligarchie vénézuelienne fomentées par le Département d’Etat US et orchestrées par les medias vénézuéliens aux mains des grands groupes oligarchiques. Toutes ces tentatives, que ce soit le coup d’Etat d’avril 2002, le lockout pétrolier de 2002-2003 ou le référendum révocatoire d’août 2004, ont pu être déjouées grâce à la mobilisation du peuple. C’est le peuple vénézuélien qui est le centre du processus, qui l’a amené au pouvoir après des décennies d’alternance entre des partis de centre-gauche et de centre-droit. « La force matérielle est dans les masses, la force morale dans le mouvement, la force transformatrice dans les masses conscientes organisées ». Ainsi, sa première mesure a été de convoquer une assemblée constituante, et le résultat en est la constitution d’une démocratie participative, contenue dans le petit livre bleu qu’il brandit à tout moment pour illustrer ses propos. C’est encore le peuple vénézuélien mobilisé qui a amené son gouvernement à radicaliser son action, à la suite des attaques dont il a été l’objet. « Au Venezuela la protestation est devenue proposition. Et puis la proposition est devenue gouvernement. Et ce qui alarme encore beaucoup plus : le gouvernement est devenu révolution. ». Ainsi, la débâcle des patrons de PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, a été la victoire de ses travailleurs, qui ont déjoué divers plans de sabotage. « Aujourd’hui PDVSA appartient au peuple vénézuelien », et cette propriété est garantie par la constitution. Il a décrit les missions qui ont profondément transformé la vie des Vénézuéliens, comme la mission Robinson, qui a alphabétisé un million et demi de personnes et qui va permettre au Venezuela d’être dans quelques jours déclaré libre d’analphabétisme. La mission Barrio Adentro, quant à elle, a fait accéder toute la population à une médecine de base gratuite et de qualité. Ces missions ont été mises en place avec l’aide de Cuba, avec qui le Venezuela entretient des liens très étroits. Il a décrit également la réforme agraire, qui permet aux paysans de s’approprier les grands domaines improductifs, afin d’assurer la souveraineté alimentaire du pays. Le pourcentage de pauvres au Venezuela serait ainsi passé de 50% à 30%. La pauvreté extrême de 25 à 0,5 %, le taux de chômage de 20 à 11 %. Les sondages ont montré récemment que 70% du peuple vénézuélien appuient le gouvernement, y compris les classes moyennes, qui ont commencé à comprendre qu’elles ne seront pas flouées par la révolution.

L’internationalisme

Le président Chavez a également décliné ses actions au niveau international : en Amérique Latine, divers traités unissent le Venezuela avec ses pays voisins ; le dernier en date, le plus représentatif du type de coopération qu’il désire mettre en place, est l’ALBA (Alternative Bolivarienne pour l’Amérique Latine). Il s’oppose à l’ALCA, la nouvelle zone de libre échange que les Etats-Unis ne sont pas parvenus à imposer. La première réalisation dans le cadre de l’ALBA a été la chaîne de télévision latino-américaine Telesur. Ont été créées ensuite des compagnies pétrolières, Petrosur, Petrocaribe (auquel pourraient adhérer les départements français d’Outre-Mer), et instaurée la coopération dans le domaine médical (opérations de la vue effectuées à Cuba). Le Venezuela a proposé la création d’une banque centrale latino-américaine qui permettrait de mettre fin à l’emprise du FMI et de la Banque Mondiale sur le continent. Encore sur le plan international, le Venezuela a proposé aux pauvres des Etats-Unis de leur fournir du pétrole bon marché via l’entreprise CITGO, société vénézuelienne dont le siège est aux Etats-Unis. Enfin, il annonce le développement, au niveau continental, de campagnes qui ont été menées avec succès au Venezuela, comme la campagne d’alphabétisation, et la formation de médecins, là encore avec la coopération de l’Etat cubain.

Mais c’est à ce même niveau international que sa politique apparaîtra comme la plus étrange : interrogé lors de sa conférence de presse sur ses déclarations d’amitié envers Robert Mugabe, il a rappelé que le Venezuela n’intervenait jamais dans les affaires intérieures des autres pays, et il a, pour appuyer ses dires, qualifié d’amis des personnages tels Silvio Berlusconi ou Alvaro Uribe. En revanche, il surnomme George Bush « Mister Danger » et a appelé au retrait des troupes d’Irak.

Le socialisme du XXIème siècle

Le président Chavez reprend à son compte la formule de Karl Marx et de Rosa Luxembourg, « Socialisme ou barbarie » : « Ce mot d’ordre doit recommencer à parcourir le monde. Ou nous construisons le chemin du socialisme authentique de la liberté et de l’égalité, ou nous retournerons à la barbarie. »... « Lançons des idées, des projets qui devront toucher l’âme du peuple, qui mettent en marche les peuples, impulsent les peuples. La Révolution Bolivarienne appelle à un débat mondial sur le socialisme du XXI ème siècle parce que c’est le chemin. Il faut avoir une volonté forte pour laisser le capitalisme derrière nous. Il ne s’agit pas de copier un autre modèle. Il faudra l’inventer ». Pour lui, au Venezuela, le socialisme devrait être chrétien : le Christ était le premier chrétien, et Judas, qui l’a vendu pour de l’argent, le premier capitaliste. L’Etat vénézuélien a mis des ressources au service de nouvelles formes de propriété comme les coopératives, et de projets collectifs dans les quartiers pauvres. Mais « la révolution ne nie les droits de personne. La révolution ne menace pas la liberté d’expression. La révolution ne menace pas l’opposition ». Il a rappelé qu’en cas d’agression, le peuple vénézuélien saura se défendre, dans la rue, mais aussi avec les armes : l’armée est avec le peuple, et le peuple est appelé à participer à l’armée de réserve. Il a enfin annoncé que le prochain Forum Mondial se tiendra à Caracas en janvier 2006, et en a appelé à la solidarité de tous les mouvements anti-globalisation avec le processus vénézuélien.

Des questions restent posées

Le président Chavez nous invite à une réflexion sur le socialisme du XXIè siècle, l’unique voie pour sortir du capitalisme, et il définit la révolution bolivarienne comme un processus de transition. La constitution vénézuélienne garantit la propriété privée, y compris celle des moyens de production : elle a permis aux paysans pauvres de s’approprier les terres improductives, et l’Etat a accordé des titres de propriété urbaine aux habitants des quartiers pauvres, mais la réforme agraire n’a pas touché les grands domaines. L’Etat aide les travailleurs à récupérer les usines fermées, et il encourage le développement des coopératives comme nouvelle forme de propriété collective, mais la plupart des grandes entreprises sont toujours aux mains des grands groupes oligarchiques ; les investissements étrangers sont encouragés. Lors du coup d’Etat d’avril 2002, la première mesure prise par les putschistes a été d’abroger la constitution, et si ce coup d’Etat avait été victorieux, toutes les mesures prises au nom de la loi bolivarienne seraient devenues illégales. Or, qu’en est-il réellement des organisations autonomes du peuple vénézuélien ? Quelles sont les forces politiques qui soutiennent le processus et qui sont prêtes à le reprendre à leur compte, voire à le radicaliser, à le soutenir en cas d’agression, ou quand le président Chavez aura terminé son deuxième et dernier mandat présidentiel ? Quelle indépendance nationale, enfin, quand l’Etat continue à privilégier les investissements étrangers dans des secteurs aussi déterminants que la construction ou la production de médicaments ? En bref, quel est l’avenir envisagé pour la révolution bolivarienne dans le cadre du socialisme du XXIè siècle ?

On a beaucoup fantasmé sur la révolution bolivarienne : beaucoup croient que le grand soir est advenu grâce au président Chavez. De l’autre côté, et c’est ce à quoi s’emploie la presse aux ordres ici comme au Venezuela, on le calomnie pour disqualifier ses actions. Le pendant au culte de la personnalité est la haine des opposants, et au-delà de la personne du dirigeant, c’est tout un processus qui est menacé. Le peuple est généralement oublié d’un côté comme de l’autre, et le terme de révolution prend une connotation folklorique. N’est-ce pas précisément le but recherché par la presse, qui dénigre ou qui porte aux nues, mais ne prend jamais la peine d’aller enquêter sur place, se contentant de recopier des communiqués officiels ou de commenter des dépêches d’agences ?

Marie-José Cloiseau

Source : http://www.info-impartiale.net/article.php3?id_article=136

Autres articles de cet auteur : http://www.la-sociale.net/auteur.php3?id_auteur=4

ou http://www.info-impartiale.net/recherche.php3?recherche=Rechercher+cloiseau

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Published by Marie-José Cloiseau - dans Revue de Presse
26 octobre 2005 3 26 /10 /octobre /2005 00:00
NOUVELOBS.COM | 23.10.05 | 09:48

Le président du Venezuela a annoncé à Chirac qu'il espérait aider à faire pression et pense "qu'un message public devrait être adressé aux rebelles".

  Hugo Chavez lors de sa conférence de presse à Paris jeudi 20 octobre (AP)
Hugo Chavez lors de sa conférence de presse à Paris jeudi 20 octobre (AP)
 
Le président du Venezuela Hugo Chavez a annoncé jeudi 20 octobre à son homologue Jacques Chirac qu'il espérait aider à faire pression pour libérer l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC en Colombie il y a quatre ans.
"Je connais Ingrid Betancourt personnellement, et je suis vraiment désolé de ce qui lui arrive", a déclaré Hugo Chavez lors d'une conférence de presse à Paris. "Depuis le début, le président Chirac m'a appelé à Caracas et m'a demandé si je pouvais faire quelque chose. Nous avons essayé, mais sans résultat. J'espère que nous pourrons aider", a ajouté le président vénézuélien.
Hugo Chavez a déclaré qu'avec le président cubain Fidel Castro, il pense "qu'un message public devrait être adressé aux rebelles".

"En vie" selon Chavez

Candidate à la présidentielle 2002 en Colombie, Ingrid Betancourt est détenue par les guérilleros des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui l'ont enlevée le 23 février 2002 alors qu'elle effectuait un déplacement électoral en zone rebelle dans le sud du pays.
"Selon nos informations elle est en vie", a affirmé Chavez.
"Il y a une proposition d'échange humanitaire, mais nous ne pouvons rien faire en ce sens."
Le leader vénézuélien, proche de Fidel Castro, espère qu'un accord pourra être conclu et que les Colombiens pourront mettre fin à une guerre civile qui oppose depuis quarante ans rebelles marxistes et paramilitaires d'extrême droite. AP

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Revue de Presse
21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00
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Economie

Un Medef altermondialiste face à Chavez
A Paris, des patrons ont écouté le président vénézuélien vanter sa révolution bolivarienne.

Par Christian LOSSON
vendredi 21 octobre 2005



le patronat français, bras droit de la révolution ? Et si, sans nous le dire, «notre» Medef national, celui qui tire à vue sur le social made in France, était devenu un allié de la croisade antilibérale ? Pour tenter de s'en convaincre, il suffisait hier de se trouver dans les locaux du patronat français. A la tribune : Hugo Chavez, le président de la République bolivarienne du Venezuela, venu faire la promotion de sa révolution. Dans les travées : un parterre patronal tout ouïe. «Vous devriez relire Hugo et les Misérables, explique alors Chavez. Jean Valjean était un entrepreneur, mais savait que l'argent créait de l'emploi pour les plus pauvres.» Raconte sa lutte contre le «néolibéralisme qui mène en enfer, car il a tout privatisé, les écoles, les hôpitaux, même les sorciers». Vante le boom des investissements étrangers, le retour de la croissance à 7 %, l'analphabétisme ramené à près de 0 %. Et en appelle au Medef, «ce puits de sciences pour le monde entier». Réponse d'un patron : «Vous savez créer un climat de dialogue...»

Chavez et la France, c'est un peu une love story. Avant de retrouver, mercredi, des amis à la mairie du XIe arrondissement à qui il a expliqué que Judas était le premier capitaliste («il a vendu Jésus, le premier socialiste»), Chavez a été reçu à l'Elysée par le «Chi», dont il «partage la même vision internationale du monde». Et puis, il y a «Dominique», le Premier ministre : la lune de miel s'est même prolongée après minuit, mercredi soir, pour un souper entre «amis» autour, selon Matignon, d'«une vision commune des relations entre le Nord et le Sud»... Mais le Venezuela et le french business, ce n'est pas encore l'amour fusionnel : 1,5 % de part de marché. Alors, les entrepreneurs qui interpellent Chavez ne craignent pas d'en rajouter. Le labo pharmaceutique Sanofi-Aventis ? Une quasi-ONG, «qui veut participer à l'accès aux médicaments pour les plus pauvres», car c'est sa «philosophie du commerce». Ben voyons. «Faites du transfert de technologie», lui répond Chavez. Voilà Total, le pétrolier français, plus gros investisseur étranger dans un pays cinquième exportateur mondial de brut. Un bon vieux capitaliste, Total ? Non, un altermondialiste... qui s'ignore encore. «Total a très bien compris l'évolution que vous avez impulsée dans votre pays pour que l'énergie soit au service du peuple et non pas des profiteurs, des spéculateurs, ose ainsi Philippe Armand, vice-président du groupe pour la région Amériques du groupe. On est prêt à vous aider encore plus, avec des projets sociaux», et tout et tout. «Merci Philippe», répond Chavez, avant d'embrayer sur le réchauffement climatique et de préciser que la concurrence est rude, avec des firmes russes, norvégiennes, américaines et brésiliennes sur les rangs.

Le Medef en fait un chouïa trop... «Un bon commerçant, un bon vendeur, doit avoir de l'empathie», dit un cadre de Thales. «Vous en connaissez beaucoup des chefs d'Etat capables de vous inviter à aller pêcher avec eux ?», s'illumine un autre patron. Le monde du business a des yeux de Chimène pour le pourfendeur du capitalisme ? «Tsss, tsss, rétorque Paul Bernard, du Medef international, les entreprises françaises se distinguent des autres entreprises. On a la fibre plus sociale, plus environnementale.» Schizo ? «Mais non, répond un représentant d'une grande banque française. C'est juste le côté pute des grands patrons. On n'est pas là pour lui dire : "On va vous refiler quelques contrats gratos pour mieux vous niquer sur tout le reste." On est là pour faire du business dans un pays qui rapporte gros.» ça va mieux en le disant.

 

 

 http://www.liberation.fr/page.php?Article=332673

 

© Libération

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