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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 20:35

par Henri Maler, Renaud Lambert

Qu’ils soient, à des degrés divers, plutôt hostiles ou favorables aux transformations en cours au Venezuela et à la politique suivie par le gouvernement de ce pays, ou même plus ou moins indifférents, les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs français sont-ils informés ou désinformés ? Et comment ?

Le traitement médiatique de la victoire du « non » au référendum constitutionnel du 2 décembre au Venezuela est un nouveau révélateur d’une information machinale, partisane et raréfiée, à l’instar de celle qui est filtrée par les dépêches de l’AFP ou distillée dans les alambics de Courrier International.

I. Les « filtres » de l’AFP et de ses copistes

Le 3 décembre 2007, une dépêche de l’AFP, titrée « Venezuela : séisme politique après le non au référendum de Chávez », « tombe » à 8h 42 et donne le ton.

Abondamment reprise pour la presse, le plus souvent mot à mot et sans que cela soit dit, elle exhibe les motifs et les leitmotivs caractéristiques de la couverture médiatique du Venezuela. D’un côté, une tendance – pour le moins désinvolte - à la sélection dans le choix des informations jugées utiles au lecteur, quitte à en oublier certaines. De l’autre, une grille d’interprétation à peine masquée qui orchestre avec insistance les bribes d’information.

Reprenons, dans cette dépêche de l’AFP (qui comprend aussi quelques informations factuelles et des propos rapportés), les thèmes de la petite musique qui accompagne et ponctue l’information factuelle au risque de la rendre presque inaudible.

« Un séisme politique a ébranlé le Venezuela, lundi, après le camouflet reçu par le président Hugo Chavez, dont la réforme phare, visant à fonder un Etat socialiste, a été rejetée lors du référendum de dimanche. […] Connu pour ses diatribes virulentes contre les Etats-Unis, cet ancien officier putschiste de 53 ans a reconnu avec calme sa défaite, en admettant la "tendance irréversible" du scrutin. […] L’annonce de sa défaite a aussitôt suscité des scènes de liesse et d’embrassades dans les rues de Caracas, où les sympathisants de l’opposition ont tiré des feux d’artifices. […] Le projet de révision constitutionnelle avait pour but de renforcer les pouvoirs de cet ancien officier putschiste de 53 ans, en lui conférant le droit de se présenter indéfiniment à la présidentielle et de censurer la presse en situation de crise. Proche allié de Cuba et de l’Iran, le régime vénézuélien voulait en outre inscrire dans la loi fondamentale l’établissement d’une économie collectiviste, interdisant les privatisations et supprimant l’autonomie de la Banque centrale. »

Que s’est-il passé le 2 décembre au Venezuela ? En substance : « Un ancien ancien officier putschiste de 53 ans, proche allié de Cuba et de l’Iran– Hugo Chávez -, qui voulait réformer la constitution du pays pour pouvoir être élu indéfiniment et censurer la presse en cas de crise, mais aussi pour instaurer un Etat socialiste et un économie collectiviste, a reçu un camouflet. » Une synthèse que les meilleurs copistes (par exemple La Voix du Nord, Paris Normandie et Les Dernières nouvelles d’Alsace du 4 décembre) reproduisent fidèlement et les autres à peine moins.

1. «  Un ancien officier putschiste de 53 ans  »

Vous évoquez « Hugo Chávez » ? Précisez immédiatement et rituellement : « ancien officier putschiste de 53 ans ». Et plutôt deux fois qu’une… comme on peut le lire dans la dépêche de 540 mots de l’AFP, qui reprend à deux reprises l’expression toute faite qui tient lieu de fiche signalétique et de biographie. Certes, l’expression n’est pas fausse. C’est pourquoi, dans le même esprit, l’AFP ne manque sans doute jamais une occasion de présenter Nicolas Sarkozy comme un « ancien avocat ayant trahi Jacques Chirac en soutenant Edouard Balladur  », Serge July comme un « ancien partisan de la guerre civile en France et de la nécessité de prendre les patrons en otage  » ou Patrick Devedjian comme « ancien militant d’Occident  » ? Mais le signe particulier de Chávez figure sur sa carte d’identité (sa fiche de police ?) médiatique depuis longtemps et plaît suffisamment pour que les copistes de l’AFP le reprennent : notamment le site du Nouvel observateur, Nouvelobs.com (2 décembre), dans les Dernières nouvelles d’Alsace et Paris-Normandie (tous deux le 4 décembre).

Effet de contagion ? L’erreur commise par Direct soir le 3 décembre (erreur qui ne sera probablement jamais corrigée par le quotidien) peut être lue comme l’aboutissement de cette surenchère condamnatoire. En effet, le journal de Vincent Bolloré présente Hugo Chávez comme un «  ex-officier, qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1999  ». [1] De fil en aiguille, l’homme d’Etat qui a été élu démocratiquement en 1998 – après avoir tenté un coup d’Etat en 1992 -, nous est présenté comme étant parvenu au pouvoir par la force… en 1999. Il n’en est, bien évidemment, rien [2].

Lire l’article http://www.acrimed.org/article2781.html                              
                                    
          FELIZ ANO 2008         HEUREUSE ANNEE  2008

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 14:57
            Profitant de la visite en France du président vénézuelien Hugo Chávez le 19 et le 20 novembre 2007, Reporters sans frontières (RSF) a rendu public une lettre adressée au président français Nicolas Sarkozy dans laquelle elle dénonce « certaines dérives graves de son régime [et] son comportement sur la scène internationale ». L’organisation parisienne, qui adopte dès le départ une position politique en se référant à un gouvernement démocratiquement élu à trois reprises en utilisant le terme péjoratif et stigmatisant de « régime », poursuit ainsi la campagne de désinformation qu’elle mène contre le Venezuela1.
 
            « Rarement chef d’État élu aura posé autant d’obstacles à la liberté d’expression sous son mandat », assène Robert Ménard, le secrétaire général de l’association depuis 22 ans. « Le président Chávez [a fait] taire toute voix critique ou dissidente, [et a éliminé] […] progressivement toute forme de contre-pouvoir, en particulier celui de la presse2 ». Ainsi, selon RSF, il n’existerait plus aucune liberté d’expression au Venezuela et l’opposition n’aurait plus aucun moyen d’exprimer son désaccord avec la politique gouvernementale.
 
            Il existe un moyen relativement simple pour vérifier la véracité des propos tenus par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ». Il suffit de jeter un œil à la presse vénézuelienne et d’évaluer la place réservée à la critique contre Chávez et sa politique. Le quotidien El Universal estime que la réforme constitutionnelle qui sera soumise à un référendum populaire le 2 décembre 2007 présente plusieurs « zones de danger pour la liberté de la presse » et n’hésite pas à qualifier le gouvernement bolivarien de « régime […] totalitaire3 ».
 
Ce même journal accuse Chávez de faire fuir les investisseurs étrangers, souligne « le risque d’investir au Venezuela » à cause des politiques gouvernementales4, publie une longue interview de Julio Borges, coordinateur national du parti d’opposition Primero Justicia qui affirme que « Chávez veut mettre une muselière au pays […] incompatible avec la culture de liberté du Vénézuelien5 », affirme que le projet bolivarien « a échoué6 », accuse le gouvernement de répression et de violation de « l’autonomie de[s] université[s]7 », fustige Chávez pour son « immoralité8 », se fait l’écho d’une campagne visant à mettre en examen le président du pays pour « délits de conspiration contre le système républicain et usurpation de fonctions9 », et divulgue la lettre ouverte de Robert Ménard à Nicolas Sarkozy10. Tout cela uniquement pour l’édition du 20 novembre 2007.
 
            Pour sa part, El Nacional accuse les autorités de réprimer les étudiants11, offre généreusement une tribune aux opposants de la réforme constitutionnelle12 et évoque des soupçons de fraudes censées survenir lors du référendum de décembre 200713. Dans ses éditions du 19 et 20 novembre 2007, le journal Tal Cual dénonce les atteintes à la « liberté d’expression14 », vilipende virulemment la réforme15 – qui romprait « le fil constitutionnel16 » – qu’elle qualifie de « coup d’Etat17 », appelle à « voter non pour préserver la démocratie18 », et accuse Chávez de « jouer au héros » dans l’affaire des otages colombiens19. Il fustige également « l’alliance dangereuse » entre le Venezuela et l’Iran20.
 
De son côté, El Mundo stigmatise la violence des autorités21, dénonce l’inflation dont serait responsable le gouvernement22, affirme que la réforme représente un danger pour les Vénézueliens23 et condamne le rapprochement avec l’Iran24. Le journal El Tiempo dénonce la pénurie de certains produits alimentaires25 ainsi que l’insalubrité régnante dans certaines zones du pays26. La chaîne de télévision Globovisión accuse le gouvernement de répression policière27 et certifie que la réforme est une « atteinte à la liberté d’expression », citant la Société interaméricaine de presse28. La chaîne de télévision Venevisión a pour sa part exhorté au rejet du projet constitutionnel contraire aux « valeurs démocratiques », retranscrivant les propos tenus par le syndicat patronal Fedecámaras29, et qui serait sûrement entaché de « fraude30 ».
 
            Ce rapide panorama de la presse vénézuelienne, qui ne concerne que les éditions du 19 et 20 novembre 2007, démontre à quel point les propos tenus par Robert Ménard ne sont que pure désinformation et sont complètement déconnectés de la réalité médiatique vénézuelienne. L’immense majorité de la presse privée du pays, qui représente 80% des médias, est d’une virulence extrême – souvent à la limite du fanatisme – à l’encontre du président Chávez. Accuser ce dernier de constituer un obstacle à la « liberté d’expression » frise le ridicule. Tout spécialiste de la réalité vénézuelienne digne de ce nom peut attester de la liberté de ton dont font preuve les médias – liberté de ton qui serait inacceptable dans la « patrie des droits de l’homme » qu’est la France (Il est ironique de voir que Robert Ménard s’adresse à Nicolas Sarkozy, dont la mainmise sur les médias français est stupéfiante, pour protéger la liberté d’expression). Toute analyse empirique, même superficielle, débouche sur cette conclusion. Par conséquent, RSF n’est pas crédible dès lors qu’elle distille de telles contrevérités qui, de surcroît, sont aisément récusables.
 
            RSF affirme également que « RCTV, la plus populaire et la plus ancienne des chaînes de télévision du pays, a été exclue du réseau hertzien sur ordre d’Hugo Chávez, contre l’avis même d’une large partie de ses propres soutiens et au mépris de toute jurisprudence interaméricaine31 ». Ici, le mensonge est monumental. Tout d’abord, RCTV est une chaîne qui avait ouvertement soutenu le coup d’Etat contre le président Chávez en avril 2002 – détail qui semble négligeable pour RSF qui ne daigne pas le rappeler – sans pour autant en subir les conséquences (il est inutile de se demander ce qui serait arrivé à une chaîne française qui aurait soutenu un coup d’Etat contre Nicolas Sarkozy). De plus, il s’agit de la chaîne qui a été la plus sanctionnée dans l’histoire du Venezuela pour violations de la loi (une seule fois sous Chávez)32. Enfin, RCTV n’a aucunement été exclue du réseau hertzien sur « ordre d’Hugo Chávez ». La concession de la chaîne est arrivée à son terme le 28 mai 2007 et la Commission nationale des télécommunications du Venezuela – et non Chávez – a décidé, au vu des antécédents de RCTV, de ne point la renouveler afin de laisser l’espace hertzien à une autre chaîne, en parfait accord avec la législation du pays33.
 
Par ailleurs, contrairement à ce qu’avance RSF, la décision a bénéficié d’un immense soutien populaire comme l’ont montré les manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes du 27 mai et du 2 juin 200734. De plus, le président a proposé de soumettre à un référendum populaire les décisions de renouveler ou non les concessions aux chaînes de télévision. Enfin, ce choix est en parfait accord avec l’article 156 de la Constitution vénézuelienne ainsi que l’article 108 de la Loi organique des télécommunications qui donnent au gouvernement le pouvoir de réguler l’accès à l’espace hertzien35. Depuis sa première élection à la présidence, Chávez n’a jamais fait fermer un seul média. Depuis 1998, seuls deux médias ont cessé temporairement d’émettre. Il s’agit du Canal 8 et de Catia TV qui ont été fermés entre le 11 et le 13 avril 2002 par les putschistes dont l’action avait été saluée par RCTV.
 
Dans le monde entier, chaque année, de nombreuses concessions ne sont pas renouvelées par les autorités compétentes, sans susciter aucune indignation de la part de RSF. L’organisation ne s’est jamais prononcée sur les cas des chaînes de télévision espagnoles TV Laciana en 2004, TV Católica en 2005 et Tele-Asturias en 2006, dont les concessions n’ont pas été renouvelées. Il en a été de même pour les chaînes britanniques One TV, Actionworld et StarDate TV 24 en 2006, et Look for Love 2 en 200736.
 
            RSF dénonce également « l’ampleur du contrôle qu’exerce le chef de l’État vénézuélien sur le paysage médiatique37». Il s’agit encore une fois d’un mensonge monumental. Pour la bande VHF, en 2000, il y avait 19 chaînes de télévision privées et 1 publique. En 2006, le chiffre est passé à 20 chaînes privées contre une seule chaîne publique. Depuis le 28 mai 2007, il y a 19 chaînes privées et deux chaînes publiques, Venezolana de Televisión et TVes qui remplace RCTV sur les ondes hertziennes. Pour la bande UHF, en 2000, il y avait 28 chaînes privées et deux chaînes publiques. En 2006, il y avait 44 chaînes privées et 6 publiques. Au niveau des radios, pour les ondes AM, en 2000 et 2006, il y avait 36 radios publiques contre 143 radios privées. Pour les ondes FM, il y avait 3 radios publiques contre 365 radios privées en 2000. En 2006, le chiffre est passé à 440 radios privées et 10 radios publiques38. Ainsi, RSF trompe délibérément l’opinion publique.
 
            RSF a stigmatisé un projet de loi visant à limiter tout financement étranger d’organisations non gouvernementales. En effet, les Etats-Unis, promoteurs du coup d’Etat d’avril 2002, financent actuellement de nombreuses organisations appartenant à l’opposition. L’avocate Eva Golinger a dévoilé les noms des personnes stipendiées par Washington. Mais pour Ménard, cette décision constitue « une véritable mise au pas de la société civile et de ses composantes39 ». Croit-il que la France accepterait qu’une opposition déjà responsable d’un putsch soit financée par une puissance étrangère ? Le code 411-4 du code pénal français est éloquent à cet égard :
 
« Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende.
Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France ».
 
            Robert Ménard souligne enfin que ses « ‘offres de dialogue se sont heurtées à l’accusation, aussi grotesque qu’infondée, selon laquelle notre organisation travaillerait pour le compte du renseignement américain et chercherait à organiser un nouveau coup d’État40’ ». Comment peut-il en être autrement lorsque l’on sait que RSF avait soutenu le coup d’Etat d’avril 2002. Est-il besoin de rappeler la déclaration publiée par RSF le 12 avril 2002 ? :
 
« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées41 ».
 
En réalité, Chávez n’a jamais « signé sa démission », mais RSF avait repris sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Pedro Carmona était le nouveau président légitime.
 
Comment peut-il en être autrement lorsque l’on sait que RSF est financée par la National Endowment for Democracy (NED)42 ? Qu’est-ce que la NED ? Selon le New York Times, « La National Endowment for Democracy a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies. Elle dépense 30 millions de dollars par an pour appuyer des partis politiques, des syndicats, des mouvements dissidents et des médias d’information dans des dizaines de pays43 ». D’après Allen Weinstein, qui avait contribué à faire adopter la législation donnant naissance à la NED, « beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait par la CIA il y a 25 ans de manière clandestine44». Ainsi, RSF reçoit des émoluments d’une officine écran de la CIA et ne peut être impartiale.
 
Robert Ménard et son organisation ne sont pas crédibles lorsqu’ils affirment être uniquement intéressés par la « liberté de la presse ». En réalité, ils défendent un agenda politique indéniable et mènent une croisade acharnée contre le gouvernement démocratique et populaire d’Hugo Chávez. Il est temps que RSF quitte enfin son masque et dévoile au grand jour son vrai visage.
 
Notes
 
1 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières écrit à Nicolas Sarkozy à la veille de sa rencontre avec son homologue vénézuélien, Hugo Chávez », 19 novembre 2007. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24425 (site consulté le 19 novembre 2007).
2 Ibid.
3 Vivián Castillo, « SIP ratifica validez de su último informe sobre Venezuela », El Universal, 20 novembre 2007.
4 Víctor Salmerón, « La inversión extranjera cae a tan sólo 317 millones de dólares », El Universal, 20 novembre 2007.
5 Elvia Gómez, « ‘Hugo Chávez quiere ponerle al país un zapato apretado’ », El Universal, 20 novembre 2007.
6 Ana María Pérez, « Alcalde de Santa Teresa se pronunció en contra de reforma », El Universal, 20 novembre 2007.
7 Zuma López, « Detenido decano y tres alumnos de UPEL Táchira », El Universal, 20 novembre 2007.
8 El Universal, « MAS llama a abstencionista a votar por unidad del país », 20 novembre 2007.
9 El Universal, « Breves políticos », 20 novembre 2007.
10 El Universal, « RSF criticó a Chávez en carta abierta a Sarkozy », 20 novembre 2007.
11 Eleonora Delgado & Simón González, « Órganos de seguridad de Táchira reprimen a estudiantes », El Nacional, 19 novembre 2007.
12 El Nacional, « Ismael García conduce programa contra la reforma en Globovisión », 18 novembre 2007 ; El Nacional, « Borges: La oposición tiene grandes posibilidades de ganar referéndum », 18 novembre 2007.
13 El Nacional, « Opositores desconfían de la imparcialidad del ente comicial », 16 novembre 2007.
14 Patricia Clarembaux, « Miente, que algo queda », Tal Cual, 20 novembre 2007.
15 Ramón Sahmkow, « El 112, el artículo de la reforma en el que ser rico es malo », Tal Cual, 20 novembre 2007.
16 Tal Cual, « ‘Miedo a la reforma llega al chavismo’, según Martínez », 19 novembre 2007.
17 Tal Cual, « Baduel habla esta vez hacia el mundo », 19 novembre 2007.
18 Tal Cual, « Votar No para preservar la democracia », 19 novembre 2007.
19 Tal Cual, « Uribe da plazo a Chávez para que siga jugando al héroe », 20 novembre 2007.
20 Tal Cual, « La alianza peligrosa », 19 novembre 2007.
21 El Mundo, « Batalla a tiros en Sabana Grande », 20 novembre 2007.
22 El Mundo, « Cotización del dólar no oficial continúa con tendencia alcista », 20 novembre 2007.
23 El Mundo, « La independencia de los poderes es fundamental para ser consejeros », 20 novembre 2007.
24 El Mundo, « Chávez y Ahmadineyad juntos y revueltos », 20 novembre 2007.
25 K. Jurado & K. Irigoyen, « El pollo también escasea en los supermercados de la zona », El Tiempo, 20 novembre 2007.
26 El Tiempo, « ¿Y las autoridades sanitarias? », 20 novembre 2007.
27 JDG, « Policía del municipio Junín del Estado Táchira detubo a director-decano de la UPEL », Globovisión, 19 novembre 2007.28 AQB, « SIP: reforma constitucional amenaza libertad de expresión en Venezuela », Globovisión, 19 novembre 2007.
 
29 Venevisión, « Fedecámaras reitera su rechazo a la reforma constitucional y pide la postergación del referendo », 19 novembre 2007.
30 Venevisión, « Copei considra que la oposición debe unirse para cuidar los votos el 2D », 19 novembre 2007
31 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières écrit à Nicolas Sarkozy à la veille de sa rencontre avec son homologue vénézuélien, Hugo Chávez », op. cit.
32 Agencia Bolivariana de Noticias, « RCTV ha sido el canal más sancionado en Venezuela », 29 mars 2007.
33 Lamia Oulalou, « Chávez bâillonne la télé d’opposition », Le Figaro, 26 mai 2007.
34 Agencia Bolivariana de Noticias, « Hoy el pueblo demostró que está mobilizado en apoyo a la revolución », 2 juin 2007.
35 L’Express, « Chávez bâillonne la dernière chaîne d’opposition », 29 mai 2007.
36 Jean-Luc Mélanchon, « Où va la bonne conscience anti-chaviste », 26 mai 2007, www.jean-luc-melanchon.fr (site consulté le 30 mai 2007).
37 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières écrit à Nicolas Sarkozy à la veille de sa rencontre avec son homologue vénézuélien, Hugo Chávez », op. cit.
38 Telesur, « Informe RSF ‘Cierre de Radio Caracas Television. La consolidación de una mentira mediática a través de 39 embustes », 7 juin 2007.
39 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières écrit à Nicolas Sarkozy à la veille de sa rencontre avec son homologue vénézuélien, Hugo Chávez », op. cit.
40 Ibid.
41 Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. www.rsf.org/article.php3?id_article=1109 (site consulté le 13 novembre 2006).
42 Robert Ménard, « Forum de discussion avec Robert Ménard », Le Nouvel Observateur, 18 avril 2005. www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_284.html (site consulté le 22 avril 2005).
43 John M. Broder, « Political Meddling by Outsiders : Not New for U.S. », The New York Times, 31 mars 1997, p. 1.
44 Allen Weinstein, Washington Post, 22 septembre 1991.

Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 19:21
Au sujet de l’article « L’opportunisme humanitaire de Chávez»
 publié par Libération le 19 novembre
(http://www.liberation.fr/rebonds/292184.FR.php)

Un relevé des contrevérités et des omissions s’impose
Par Gaël Brustier et Christophe Ventura, militants altermondialistes
 
 Dans son édition du 19 novembre, Libération a publié une tribune présentée par 22 universitaires, intellectuels, écrivains, philosophes, journalistes, artistes, diplomates internationaux (soutenue par 42 autres « personnalités internationales ») dénonçant la supposée dérive anti-démocratique du président vénézuélien Hugo Chávez et demandant aux « démocrates du monde de ne pas laisser mourir l’une des plus anciennes démocraties d’Amérique latine ».
 
   Quoi que les uns et les autres pensions de la personnalité du président vénézuélien et de la nature de la « révolution bolivarienne », il convient de ne pas tricher avec les faits qui, respectés, doivent être portés au jugement du lecteur afin qu’il puisse, librement et en conscience, se forger une opinion sur un sujet concernant un pays situé à des milliers de kilomètres des rédactions parisiennes. De la qualité de l’information dépend celle du débat démocratique. La négliger au profit d’une démarche partisane maltraite le débat d’idées. En proposant ce texte truffé de contrevérités, les auteurs - dont certains sont des intellectuels reconnus dans l’espace public français - abusent les lecteurs et le débat démocratique.
 
- Sur le projet de réforme de la Constitution vénézuélienne
 
 La première preuve du caractère anti-démocratique d’Hugo Chávez est évidente : (son) « projet de réforme (a été) rédigé sans consultation».
C’est tout simplement faux. Préparée par le président de la République bolivarienne du Venezuela et l'Assemblée nationale du pays, cette réforme a donné lieu à l’élaboration d’un projet adopté par le Congrès le 2 novembre. Dans le cadre de son mandat, l’Assemblée nationale a procédé à des consultations des secteurs organisés de la société (partis, syndicats, étudiants, patronat, secteur agricole, mouvements indigènes etc.).
Ici, les auteurs et les signataires omettent volontairement de préciser qu’une large consultation a eu lieu dans tout le pays entre le 15 août et le 15 octobre. Plus de 9 000 ateliers publics ont notamment été organisés (auxquels ont participé, localement, des forces de l’opposition). Des dizaines de milliers de communications téléphoniques (un numéro spécial a été créé à cet effet) ont également été traités.
Bien qu’ayant largement boycotté ce processus de débat public au niveau national, l'opposition, via les porte-parole de ses principales forces (Acción democrática et Movimiento al socialismo - sociaux-démocrates -, Primero justicia -droite ultra - , Fedecameras - le syndicat patronal -), sont intervenus devant les parlementaires en session.
 
Le projet aurait également été élaboré «sans respecter la procédure établie par la Constitution en vigueur ». C’est un mensonge. La procédure a rigoureusement été suivie. Elle est établie par les articles 342 et 343 de la Constitution qui précisent que « l’initiative de la réforme de la Constitution est prise par l’Assemblée nationale après le vote de la majorité de ses membres, par le Président ou la Présidente de la République en Conseil des ministres ou à la demande d’un nombre qui ne peut être inférieur à moins de 15% d’électeurs ou électrices inscrites au registre civil et électoral » et qu’elle est « transmise par l’Assemblée nationale … ( qui approuve) … le projet de réforme constitutionnelle dans un délai supérieur à deux ans à partir de la date à laquelle elle est informée et la demande de réforme approuvée. » Enfin, « le projet de réforme est considéré approuvé après approbation des deux tiers des membres de l’Assemblée nationale».
 
- Un texte « rejeté » ?
 
   Les auteurs et les signataires affirment que ce nouveau texte est « rejeté par la majorité des Vénézuéliens… » . Aucune enquête d’opinion au Venezuela ne permet de prononcer une telle sentence. Partagés, les sondages pronostiquent, pour la plupart, une victoire du « oui » au projet soumis par le président vénézuélien. Ceci dit, les sondages importent peu. En effet, contrairement aux dispositions existantes dans beaucoup de pays, au Venezuela, toute Constitution ou réforme constitutionnelle doit, in fine, être approuvée par une majorité de citoyens par référendum national.
Les auteurs soulignent que ce « rejet » existe aussi «  à l'intérieur même du camp du président ». Il est vrai que des avis divers s’expriment au sein de la mouvance bolivarienne. Cela prouve que le « camp du président » n’est pas un bloc monolithique et qu’une diversité de courants façonne le consensus bolivarien. Certains, pour des raisons différentes (question du statut des élus locaux et provinciaux et de leur articulation avec le gouvernement, du niveau des transferts de compétences, de la collecte et de la distribution de l’impôt, du niveau de socialisme -certains pensent que la notion est trop floue, d’autres que le projet ne va pas assez loin, d’autres encore que le mot ne devrait pas apparaître dans la Constitution - etc.) appellent à l’abstention, d’autres au « non », d’autres encore à un « oui critique ».
 
- Vers la dictature ?
 
 Pour les auteurs, « ce nouveau texte constitutionnel propose la réélection indéfinie du président ». Le terme « réélection indéfinie », largement colporté par les médias internationaux, n’apparaît dans aucun article du texte. Ce concept n’existe pas dans le cadre de la réforme, même lorsqu’il s’agit de l’article relatif au mandat présidentiel. Controversé, celui-ci ne propose pas une « réélection indéfinie » mais revient, il est vrai, sur une disposition de la Constitution de 1999 prévoyant de limiter le mandat présidentiel à deux exercices maximum. Ainsi, l’article 230 stipule que « la période du mandat présidentiel est de 7 ans. Le président ou la présidente peut être réélu ou réélue ». Ni plus, ni moins. Cette proposition, si elle devenait réalité au lendemain du vote du 2 décembre, ferait du Venezuela un pays fonctionnant sur le même mode qu’une vingtaine de pays de l’Union européenne… à ceci près que la Constitution vénézuélienne, contrairement à l’ensemble des constitutions des pays européens, prévoit la possibilité de révoquer le président à mi-mandat (article 72).
 
 Le projet «  entend supprimer tout contrôle des pouvoirs de l'État sur les actions de l'exécutif. Il constitue une véritable entorse aux principes fondamentaux de la démocratie et de l'État de droit. » Par rapport à la Constitution de 1999, la réforme ne propose aucune modification allant dans le sens d’une remise en cause du rapport entre l’exécutif et les autres pouvoirs. Par exemple, l’article 16 dresse la liste de plusieurs pouvoirs présidentiels soumis à l’accord du Parlement et l’article 73 définit les conditions permettant au Parlement de soumettre directement des projets de lois à référendum.
Par ailleurs, tous les principes fondamentaux de la démocratie et de l’état de droit sont réaffirmés dans ce projet de réforme constitutionnelle. Il garanti le jeu de la démocratie représentative, du pluralisme des partis et des opinions, et de la compétition électorale (« tous les citoyens et citoyennes ont le droit de s’associer à des fins politiques » (article 67)).
 
- Des consultations populaires malhonnêtes ?
 
« La tenue d’un référendum ne garantira pas l’expression d’un suffrage impartial car, depuis des années déjà, le Conseil national électoral, instance chargée de superviser les processus électoraux au Venezuela, est placé sous la coupe du gouvernement et de ses partisans. Quant au vote électronique, instauré dans le pays depuis 2004, il se prête à toutes les manipulations. »
 Ces arguments, utilisés au Venezuela par la frange la plus radicale des opposants au processus bolivarien, ne résistent pas à l’épreuve des faits. Toutes les élections et consultations au Venezuela ont été jugées libres et honnêtes par tous les observateurs internationaux, qu’il s’agisse de ceux du Centre Carter (mondialement respecté pour ses actions en faveur des processus de démocratisation et de l'observation d'élections), de l’Organisation des Etats américains ou de l’Union européenne. Teodoro Petkoff lui même avait d’ailleurs critiqué ouvertement une partie de l’opposition lors des élections présidentielles de 2006 lorsqu’elle affirmait que le scrutin n’était pas valide. Quant à la fiabilité du vote électronique, l’étude statistique scientifique menée par les équipes du Centre Carter a prouvé que le procédé est incontestable.
 
- Opportunisme humanitaire ?
 
Les auteurs accusent le président vénézuélien d’avoir, «  pendant des années, (…) ignoré le sort des Vénézuéliens otages des Farc  et (de) ne (s’être) nullement soucié de leur famille. »
Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait si des Vénézuéliens comptent effectivement parmi les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). En 2002, Hugo Chávez s’était pourtant préoccupé du sort de Richard Boulton, homme d’affaires vénézuélien, que tout le monde pensait otage de la guérilla colombienne. Il a même réussi, en juillet 2002, à organiser une opération de sauvetage qui a abouti à la libération de M.Boulton. C’est alors que les autorités ont découvert qu’il avait en réalité été repris aux paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC).
 
- La question de la course aux armements
 
Pour les auteurs, «  le Président se livre à une course aux armements que rien ne justifie, mettant en péril la paix et la sécurité du pays et de la région, au lieu d’utiliser les ressources pétrolières pour un développement durable du pays et résoudre les graves problèmes économiques et sociaux du peuple vénézuélien. » De même, «  le Président a créé une milice civile armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes, dépassant en nombre les effectifs de la Force armée nationale, dans le but de contrôler la société vénézuélienne. »
 
S’il est vrai que le gouvernement vénézuélien a récemment acheté 25 avions de chasse russe, c’est pour remplacer la flotte de F-16 qui n’était plus utilisable à cause de l’embargo d’équipements militaires imposé par les Etats-Unis. De même, 100 000 fusils d’assaut Kalachnikov ont bien été achetés pour remplacer un stock de vieux fusils belges périmés.
Par ailleurs, la tradition d’intervention militaire des Etats-Unis dans la région et l’existence d’un « plan d’urgence » contre le Venezuela lancé en 2005 par l’administration Bush constituent deux facteurs qui peuvent expliquer la décision vénézuélienne.
Cependant, il est difficile de parler de « course aux armements » quand on sait que le Chili et la Colombie ont dépensé bien plus que le Venezuela pour leur armement ces dernières années. Il faut aussi rappeler que le Venezuela du président Chávez dépense beaucoup moins pour son budget militaire que ce ne fut le cas avec les gouvernements précédents.
Quant aux « graves problèmes économiques et sociaux du peuple vénézuélien », il convient de rappeler aux auteurs que les budgets consacrés aux dépenses sociales ont plus que doublé depuis 1998.
 
Enfin, l’existence d’une « milice civile armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes, dépassant en nombre les effectifs de la Force armée nationale » dont l’objectif serait de « contrôler la société vénézuélienne » ne répond à aucune observation objective. On se souvient aussi que parmi les rédacteurs, certains dévoilaient déjà aux yeux du monde l’existence de la quatrième armée du monde en Irak.
 
- Le retour de l’idée socialiste au 21ème siècle, le vrai problème ?
 
 Dans leur conclusion, les auteurs affirment que « les Vénézuéliens ont vécu en démocratie depuis 1958 ». C’est formellement vrai, mais faut-il rappeler aux auteurs que deux partis politiques - Acción Democrática (AD) et Copei - se sont partagés sans relâche les rênes d’un pouvoir corrompu qui a appauvri la majorité de la population pendant 40 ans jusqu’à ce que la démission forcée du social-démocrate Carlos Andrés Pérez (AD) en 1993 amorce l’explosion du système politique du pays, ouvrant la voie à la reconstruction d’un espace public en 1998 ?
 
 Au fond, la crainte majeure des auteurs, dissimulée au milieu d’un texte truffé de contrevérités soigneusement élaborées, concerne le retour, par le Venezuela, de l’idée du socialisme au 21ème siècle.
 
 Ceci est un sujet de débat théorique et politique majeur, mais la prestation des auteurs montre que là n’était pas leur préoccupation.
 
 

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 09:36
 
A propos de la discussion entre les présidents d'Amérique Latine, le président de gouvernement Zapatero et le Roi

   Avant de se lancer dans un commentaire sur les échanges qui se sont produits lors du sommet ibéro américain entre les présidents Chavez et Zapatero, et  le  Roi  d'Espagne   nous devrions tous nous demander : "De quoi vais-je donc parler? De mon interprétation du sommet de Santiago ou de mon opinion construite à partir de l'interprétation des grands groupes de presse?"

   En Espagne, "l'affaire" occupe déjà tous les esprits. En France, où  le  sujet est moins polémique, les réactions ont plutôt suivi la préférence politique de chacun. Mais alors que les opposants au Socialisme du XXIe siècle se régalaient de voir un Roi insulter un élu du Peuple,  une  certaine  confusion  régnait  chez  certains  partisans  du  gouvernement bolivarien : "Chavez n'était-il pas allé trop loin?" A lire l'article du Monde consacré au sujet[1] (1),  je  serais  moi-même  tenté  de  prendre  mes  distances  avec  le  président vénézuélien qui apparaît ici comme un impulsif, plus doué pour les scandales que pour une réflexion approfondie.  Le  seul  hic, c'est que Le Monde se livre encore à un de ces montages médiatiques dont il a le secret. Les longs échanges du sommet de Santiago n'ont rien à voir avec le collage opéré par les grandes entreprises d'information.
 
   Pour tenter de remettre la discussion dans son contexte, il convient d'examiner pourquoi Chavez a traité Aznar de fasciste, et pourquoi le Roi d'Espagne a quitté la réunion du Sommet de Santiago. A ces deux questions primordiales, Le Monde répond par deux inventions : " Le dirigeant vénézuélien n'a cessé depuis son arrivée, vendredi, de traiter le prédécesseur de M. Zapatero, José Maria Aznar (conservateur), de "fasciste". Pourquoi donc Chavez n'aurait eu de cesse de qualifier Aznar de fasciste, on ne le saura pas. Quand à la fuite du Roi, le responsable est pointé par le Monde : "Hugo Chavez, emporté dans son discours, a aussi invectivé l'Eglise vénézuélienne et le pape avant d'accuser les Etats-Unis et l'Union européenne d'avoir approuvé un coup d'Etat  à son encontre en avril 2002. N'en pouvant plus, le roi  Juan Carlos est sorti de la salle lorsque le président du Nicaragua, Daniel Ortega, prenait le parti d'Hugo Chavez et lui redonnait brièvement la parole." Notons avant d'aller plus loin, que Hugo Chavez n'a pas besoin de s'emporter pour rappeler que le gouvernement formé par les putschistes le 12 avril 2002 avait été reconnu par les Etats-Unis, l'Eglise vénézuélienne, le Royaume d'Espagne et l'Union Européenne présidée alors par le royaume d'Espagne dont le chef de gouvernement était José Maria Aznar. Le Monde nierait-il ces réalités historiques ? Nous le renvoyons aux archives des institutions concernées.
 
   Les  deux  réponses  apportées  par  le  journal  du  soir  occultent  deux  questions primordiales? Pourquoi donc Hugo Chavez a-t-il rappelé ces faits historiques et qualifié Aznar de fasciste?  Pourquoi donc sa très haute majesté a quitté un sommet si important si la faute retombait sur un seul trublion, à qui l'on peut faire fermer sa gueule ?

  La reconstruction des échanges tels qu'ils se sont déroulés nous permettra sûrement de saisir cette nouvelle déformation de la réalité par ceux qui sont censés nous informer.

   Tout  se  déroulait  plutôt  bien  à  Santiago,  jusqu'au discours de José Luis Zapatero.  Celui-ci, en cohérence avec son modèle politique, s'est fait le chantre du social libéralisme pendant la demi-heure de son discours, condamnant toutes les autres visions du Monde comme "totalisante". Puis, il mit en garde les pays latino-américains "…qu'un pays ne pourra jamais avancé s'il cherche dans des facteurs extérieurs des justifications quant à ce qui  empêche son développement.
"
   Suite à son discours, la présidente du Chili, Michelle Bachelet consciente du scandale que pouvait provoquer les paroles de Zapatero dans un continent en lutte contre la soumission à la doctrine Monroe, invite les chefs d'Etats et de gouvernements à signer le protocole d'accords du Sommet, en précisant "que certains ont des avions à prendre, et qu'ils seraient bon de signer rapidement pour passer à la cérémonie de clôture". Grosso Modo, "on ferme, vous êtes priés de ne pas répondre".

   "Présidente, je voudrais rajouter quelques mots en réponse à mon ami Zapatero" dit à ce moment Hugo Chavez. "Bon d'accord, mais rapidement s'il vous plait" l'autorise Michelle Bachelet.  C'est  ce  que  fera  Chavez  dans  sa  réponse  de  40  minutes.  Réponse complètement omise par les entreprises de communication internationales. A l'appel de Zapatero à nier ou minimiser les facteurs extérieurs dans la conduite d'une politique interne vouée au progrès sociale, Chavez répond que dans ce même pays qui les accueille, un homme et un peuple avaient voulu construire démocratiquement une société plus juste, mais que des facteurs extérieurs, en l'occurrence le gouvernement et les multinationales des Etats-Unis les en ont empêché. Il s'agit bien sur de Salvador Allende et du peuple chilien. Chavez change alors d'exemple pour parler du coup d'Etat d'avril 2002. Il aura ces mots pour condamner les facteurs externes qui l'ont quasiment conduit à la mort : "c'est lamentable mais je dois le dire. Cela ne met pas en cause le gouvernement espagnol actuel mais les seuls gouvernements à avoir reconnu les putschistes furent les Etats-Unis et l'Espagne par leurs ambassadeurs et l'Union Européenne par le biais de la présidence de José Maria Aznar" Le gouvernement de Zapatero n'est pas mis en cause. Implicitement par contre, le chef de l'Etat espagnol, le Roi de Bourbon a bien reçu le message. Chavez va continuer son discours en qualifiant Aznar de fasciste pour sa participation au coup d'Etat, participation révélée par le propre ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Zapatero. Puis Chavez étaye ses arguments en rappelant une anecdote personnelle : "En 2000, j'ai reçu José Maria Aznar. Il m'a dit que le Venezuela pouvait devenir un pays développé s'il rejoignait son club de pays. Mais pour ça, il fallait que j'abandonne mes relations avec Cuba. Je lui ai demandé qu'est-ce qu'ils contaient faire pour Haïti, pour les pays d'Amérique Centrale. Et ce monsieur m'a répondu, je m'excuse des mots que je vais prononcer mais il faut que je répète les mots exacts. Aznar m'a dis "Eux, ils sont baisés !". Et bien, au Venezuela nous avons une autre idée de l'Humanité. Aznar est un fasciste, je le répète." Comme on peut le voir, loin d'être la nouvelle lubie d'un Chavez impulsif, ces accusations sont en fait une réponse à Zapatero, qui niait l'ingérence politique des gouvernements et économique des multinationales du Nord dans les affaires internes des pays du Sud.
 
   Dans sa réponse, Zapatero s'est solidarisé avec son prédécesseur, trouvant là le renfort logique du Roi. Il peut sembler étrange qu'un "socialiste" épaulé par un Roi prenne la défense d'un prédécesseur de droite dure, qui a participé à l'organisation d'un coup d'Etat dans un pays souverain. Il peut sembler encore plus étrange que l'argument choisi par Zapatero pour défendre Aznar fut d'invoquer le respect des idées d'autrui, lorsque l'on sait ce qu'il s'est passé non seulement en 2002, mais encore maintenant puisque la Fondation pour l'Analyse et les Etudes Sociales (FAES) présidé par José Maria Aznar a signé des conventions de coopération avec l'Université Catholique Andres Bello, université privée qui forme les cadres intellectuels de l'opposition au gouvernement bolivarien.[2] (2)

   Offusqué, Chavez essaya de répondre, mais sa très grande altesse, Juan Carlos de Bourbon, le fustigea d'une réplique digne de ses prédécesseurs sur le trône durant la colonisation des Amériques : "Pourquoi tu ne la fermes pas ?" Bien des journaux ont amoindri la vulgarité du propos. La traduction exacte n'est pas "pourquoi ne te tais tu pas?" mais bien "Fermes la!"

   Imaginons un très court instant, que lors d'une réunion politique, la Reine d'Angleterre, crache rageusement à un président français : "Pourquoi tu ne la fermes pas ?" de la même manière que l'a fait Juan Carlos à Hugo Chavez. Que se passerait-il dans l'opinion française ?

   Hugo Chavez a dit après le sommet ne pas avoir entendu l'ordre du Roi. Quoiqu'il en soit, lorsqu'il redemande la parole pour s'éclairer sur ses propos, la présidente chilienne lui refuse au motif qu'il avait déjà parlé et la donne au président Nicaraguayen Daniel Ortega. Celui-ci, dans un geste de solidarité propre à la nouvelle donne politique en Amérique Latine, offre de son temps de parole à son homologue vénézuélien qui résumera ses propos par la phrase de José Gervasio Artigas, "Avec la vérité, je n'offense ni craint personne". Puis, Ortega reprendra la parole pour reprendre à son compte la critique des propos de Zapatero. Il critiquera fortement l'entreprise espagnole d'électricité Unión Fenosa, l'accusant même d'être une structure mafieuse. C'en est trop pour sa majesté don Juan Carlos de Bourbon, peu habitué à cette intégration politique et à cette solidarité entre les pays latino-américain. Il quittera la réunion et n'assistera pas à la clôture officielle de l'évènement malgré les efforts de la présidente chilienne pour le faire revenir. Ce n'est donc pas à cause de Chavez que le Roi s'est enfui mais en écoutant un discours du président nicaraguayen mettant en cause les pratiques néo-coloniales des entreprises espagnoles en Amérique du Sud. La République de Cuba, par la voix de Carlos Lage, se chargera de conclure cette discussion en réaffirmant sa totale solidarité avec les présidents du Nicaragua et du Venezuela.
 
   Alors, Chavez impertinent et impulsif ? Ou en totale cohérence avec la proposition d'intégration et la nouvelle donne politique en Amérique Latine ? Pourquoi les grandes entreprises de communication se sont-elle livrées à ce collage médiatique pour une fois de plus discréditer le président vénézuélien ?

   A la sortie du sommet ibéro-américain, les présidents Correa (Equateur), Morales (Bolivie), Ortega (Nicaragua), Chavez (Venezuela) et le vice-président cubain Carlos Lage se sont rendus à une concentration de 50.000 personnes en soutien à leur vision politique et sociale commune (et non pas 3000 personnes comme certains media l'ont laissé entendre). Le lieu de la concentration était hautement symbolique : le Stade National du Chili, ce même stade où les "facteurs externes sans importances" de Zapatero avaient fait taire dans le sang l'espérance démocratique du Peuple chilien.

   En revanche, personne ne s'est réuni pour manifester un quelconque soutien à sa majesté don Juan Carlos de Bourbon. [3]

Romain Migus
13/11/07

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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 12:42
ET LAISSER FAIRE CHAVEZ LA-BAS

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9 novembre 2007      par Muriel Knezek
La  désinformation virulente  et  le  saccage  médiatique  à  l’égard  du Venezuela demandent des éclaircissements. La politique menée par son président Hugo Chavez, largement critiquée, n’est-elle pas pourtant la solution au chaos ?
Serait-ce le monde à l’envers ou plutôt l’apogée de la dynastie des menteurs et des voyous ? A l’aube de ce nouveau siècle, sur notre Vieux Continent, celui des Lumières est bien loin de nous,  voire  tombé  dans l’obscurité des profondeurs malfaisantes.
Ainsi, de ce côté de la mer, la nouvelle politique d’Hugo Chavez au Venezuela, en place depuis 1998, nous est présentée comme un grand danger pour la démocratie et la liberté. La révolution bolivarienne effraie les petits esprits européens cantonnés dans leur conviction de l’efficacité du libéralisme et du laisser faire capitaliste, et ce malgré les dégâts prouvés qu’ils engendrent depuis des années. Le cheminement du socialisme du XXIe siècle, que met en route Hugo Chavez, est dépeint uniquement en référence d’une dictature implacable, digne de cette vieille Union soviétique dont hélas les souvenirs ne sont que désespoir, erreurs et honte. Le réveil social et populaire, propulsé par la politique du gouvernement vénézuélien, n’est transcrit que comme celui de ces Rouges, le couteau entre les dents. Barbares indigènes, populistes illuminés, militaires putschistes et dictateurs, révolutionnaires totalitaires, dangereux manipulateurs d’opinion, rêveurs  utopiques  peuvent  ainsi  résumer  l’idée  que l’on donne ici de ces hommes et femmes du changement.
On se doit donc de se demander qu’en est-il vraiment. Qui souhaite nous faire passer ce message ? Pourquoi la gouvernance vénézuélienne est-elle présentée comme telle et tant malmenée ? Et peut-être, avant tout, revenir sur la définition du socialisme - celui qui a échappé à cette gauche européenne, mais qui souhaite pour autant en garder l’image et en utiliser le nom. Ne serait-ce pas là, finalement, - dans ce détail de langage et d’étymologie -, qu’émerge le premier point d’achoppement ?

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 14:21

(Sur “Chavez fait son cinéma”, article paru dans le Monde du 16/06/07) 
par Thierry Derrone

Caracas, juillet 2007. La chaîne commerciale RCTV revient sur le câble avec sa programmation habituelle. La “fermeture de la dernière télévision indépendante par Chavez” vaut donc ce que valait le “Salvador Allende ennemi de la liberté d´expression” de 1973. Le lecteur du Monde ne le saura jamais : au Venezuela, en juillet 2007, l´opposition possède l´écrasante majorité des médias et le quotidien français n´est que le calque de ce monopole. Les “enquêtes” et les “preuves” du Monde sur la corruption de Chavez fleurissent depuis huit ans dans le moindre kiosque á journaux. Le dénigrement de la démocratie participative et la dénonciation de la “militarisation du régime” sont retransmis du matin au soir par des centaines de radios commerciales. L´exclusion par le Monde des trois quarts de la population reproduit le racisme de Globovision, Venevision, Televen, RCTV et autres chaînes qui occupent 80 % des ondes.
Une des caractéristiques de cette révolution est la lente récupération populaire des droits politiques, économiques, sociaux, culturels. Asphyxié par le néolibéralisme des années 80 le cinéma latino-américain avait vu ses écoles privatisées, ses studios bradés, ses remparts légaux démontés. “Comment accepter que les huit plus grands studios d’Hollywood se répartissent 85 % du marché mondial du cinéma et occupent 98 % de l´offre en Amérique Latine ?” a demandé le président Chavez en inaugurant le 3 juin 2006 une de ses promesses électorales, la Villa del Cine. Quinze mini studios, deux grandes salles complètement équipés, un centre de haute technologie pour la postproduction, des formations permanentes... Les cinéastes vénézuéliens(ne)s peuvent enfin résister à la dictature d´Hollywood en réalisant sur place les activités sous-traitées à l´étranger. Parmi les projets, un film sur Francisco de Miranda, philosophe et combattant des révolutions nord-américaine et française, héros de l´indépendance latino-américaine ; le “Général dans son labyrinthe” de Gabriel García Marquez ; une série sur Ezequiel Zamora, le Zapata vénézuélien ; plusieurs long-métrages de fiction ; quelques centaines de documentaires culturels ou sociaux. Le Ministre de la Culture Farruco Sesto multiplie plateformes de création, de formation et de diffusion cinématographiques avec un slogan, “le peuple est la culture”. L´État a attendu l´expiration légale en mai 2007 de la concession d´une chaîne commerciale pour créer Tves, une télévision de service public, éducative, informative et culturelle. La Cinémathèque Nationale inaugure 120 salles communautaires dans les villages paysans ou indigènes, jusqu´au bord des fleuves du vaste Venezuela, pour que les éternels exclus se libèrent de la prison du DVD nord-américain et accèdent aux meilleures oeuvres du cinéma mondial.
L´envoyé spécial du Monde Paulo Paraguana a déjà son titre : “Chavez fait son cinéma”. Son “reportage” commence par une exclusion sociale. Nul contact avec le public des nouvelles salles de cinéma. Nulle entrevue avec l´un ou l´autre des scénaristes, acteurs ou actrices, techniciens, cadreurs, preneurs de son, producteurs indépendants engagés dans l´aventure. Pour la caution locale, Paulo Paranagua contacte Oscar Lucien, un sociologue qu'on a vu en 2003, aux côtés d´un militaire putschiste, dans un colloque destiné á démontrer les “mensonges” du film de Kim Bartley sur le coup d´État contre Chavez (documentaire couronné par douze prix internationaux). Familier des plateaux de la télé vénézuélienne, il y dénonce constamment la “dictature du lieutenant-colonel-castro-communiste” et “l´absence de liberté d´expression”. Il n´aime pas la Villa del Cine et il a de bonnes raisons pour cela. Président d´un club “d´auteurs” d´où sont exclus la plupart des travailleurs du cinéma, Oscar Lucien est un nostalgique de l´époque où l’on se partageait “en famille” les budgets de l´État. Sa pensée se résume facilement : si l´État ne finance plus l´élite, c´est qu´il est devenu totalitaire. Dans El Nacional du 29 juin 2007, il critique la naissance de Tves, télévision de service public, sur l´ancienne fréquence hertzienne de la chaîne commerciale RCTV : “Celui qui rentrait tôt chez lui pour voir “Qui veut être millionnaire ?”, la femme qui distribuait fébrilement le dîner pour se plonger dans les péripéties de la telenovela (…), celui qui savourait tous les dimanches une superproduction d´Hollywood, tous ressentent un sentiment de dénuement, d´arbitraire”. Il est vrai que la directrice de la nouvelle TVes est une passionnée de culture afro caraïbe et que les collègues d´Oscar Lucien, comme Marta Colomina, déplore la “négritude” de la chaîne.
De tous les projets de la Villa del Cine, celui qui irrite le plus Paulo Paranagua et son “témoin”, c´est une coproduction sur Toussaint Louverture, héros de la révolution haïtienne á la fin du XVIIIe siècle. Le projet est porté par le militant et président du Transafrica Forum, l´acteur Danny Glover, qui prépare également un film sur Frantz Fanon. Une initiative saluée par le président haïtien René Préval : “Toussaint Louverture incarne la première révolte victorieuse contre l´esclavage dans cet hémisphère. C´est notre contribution à l´humanité. Si Glover peut la porter à l´écran, nous serons heureux". Pour Glover, il s´agit d´éduquer les Américains sur un “chapitre effacé de l´Histoire". Pour les Vénézuéliens de la Villa del Cine, c´est une dette fondamentale vis-à-vis d’Haïti. L´appuie décisif de la République des Jacobins Noirs pétris des idéaux de la Révolution Française, avait permis á Simon Bolívar d´émanciper de l´empire espagnol les futures républiques de Bolivie, du Pérou, de Colombie, d´Equateur et du Venezuela.
Paranagua dénonce une connivence entre Danny Glover et Hugo Chavez. Oscar Lucien s´insurge contre une “dépense scandaleuse qui équivaut à cinq budgets de la Villa del Cine”. L´envoyé du Monde omet de dire que l´argent ne provient pas du budget de la Villa mais d´une dotation extraordinaire accordée par l´Assemblée Nationale en vertu de l´importance historique du projet. Que plus de la moitié de l´équipe de tournage sera vénézuélienne. Que le film sera tourné entièrement au Venezuela. Lequel, en tant que partenaire majoritaire, recevra une bonne part des recettes du film.
Louverture, Préval, Chavez, Glover. Écran nègre, nuit blanche pour les élites. Les serveurs noirs des cocktails festivaliers sont pressés de passer derrière la caméra, comme s´ils avaient des choses urgentes á dire. Le président équatorien Rafael Correa, dont le gouvernement s´apprête lui aussi á démocratiser le spectre hertzien et les ressources du cinéma, avait prévenu : “nous ne vivons pas une époque de changements mais un changement d´époque”.
http://www.vive-fr.org/blog/
     -
Fin de la concession  attribuée à RCTV : Concert de désinformation à la française    par Henri Maler, Mathias Reymond
Le non-renouvellement depuis le 27 mai de la concession hertzienne attribuée à la chaîne de télévision vénézuélienne  Radio  Caracas  Télévision   (RCTV)  nous a valu un déferlement d’informations unilatérales et tendancieuses, biaisées et lacunaires au service d’une condamnation sans appel. Titres falsificateurs et commentaires acerbes contre Chávez à l’appui, les médias français, soutenus par les maîtres-penseurs  du  microcosme  médiatique  et  par  l’association anti-chaviste Reporters sans Frontières (RSF), ont repris en chœur le même refrain, résumé à merveille par le titre de l’éditorial du Monde : « Censure à la Chávez » (28 mai 2007).
Sous couvert  de  répondre à des questions sérieuses et légitimes, un concert de désinformation ...et de propagande à sens unique en guise de controverse.
suite 
http://www.acrimed.org/article2639.html
 

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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 17:40
Salim Lamrani*
            La chaîne de télévision privée vénézuélienne Globovisión, opposée au gouvernement démocratique d’Hugo Chávez, est gravement impliquée dans une tentative de déstabilisation de la société. Profitant du non renouvellement de la concession de la chaîne RCTV le 27 mai 2007, Globovisión a lancé des appels implicites à l’insurrection qui ont débouché sur des actes de violence relativement graves dans les rues de Caracas. La chaîne, qui avait déjà activement participé au coup d’Etat du 11 avril 2002, incite désormais la population à la sédition1.
            Les protestations étudiantes qui ont suivi l’affaire RCTV ont été promues par les présentateurs de Globovisión. Le journaliste du Canal 8, Ernesto Villegas, a souligné que les programmes de la chaîne incriminée n’ont pas constitué « une couverture » des évènements mais « une convocation » à manifester. Globovisión a en effet fermement condamné la décision, pourtant légale et légitime, prise par les autorités vénézuéliennes et l’a présentée comme étant une violation de la liberté d’expression2.
            Plus grave encore, Globovisión s’est rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez en manipulant des images et en lançant des messages subliminaux. Lors de la diffusion du programme Aló, Ciudadano, où une interview de Marcel Granier, directeur de RCTV, était diffusée, la chaîne a montré simultanément les images de l’attentat contre le Pape Jean-Paul II survenu en mai 1981. Le fond musical qui accompagnait ces images était une chanson de Ruben Blades intitulé « Ce n’est pas fini » (« Esto no termina aquí »)3.
Le ministre de la Communication et de l’information, William Lara, a immédiatement condamné cette conspiration. « Cette chaîne de télévision, dans ce fragment spécifique de son programme, s’est rendue coupable du délit d’incitation à l’assassinat, en la personne du chef d’Etat vénézuélien », a-t-il dénoncé. Pour lui, l’objectif était clair. En effet, Globovisión n’a pas su expliquer pourquoi elle avait diffusé des images de l’attentat dans un programme traitant du non renouvellement de la concession de RCTV4. Plusieurs experts en sémiotique ont été catégoriques à ce sujet : « On incite à l’assassinat du Président5 ».
Les journalistes de Globovisión ainsi que les présentateurs de la chaîne ont également multiplié les expressions diffamatrices à l’égard du gouvernement en utilisant les termes « dictature » et « tyrannie », afin de justifier les appels à la désobéissance civile et les actes de violence. Le cas RCTV est selon eux une preuve du « totalitarisme et des pratiques dictatoriales » de Chávez. Ces expressions ont été inlassablement réitérées6.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=6221

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 21:34
C'est l'histoire d'un jeune homme de bonne famille, dans un village français - appelons le Arthur-. Beau et flamboyant, mais surtout extrêmement riche, il est respecté par tous les villageois. Respecté car craint. Tous les habitants pressentent que l'avoir comme ennemi équivaudrait à être banni symboliquement du village.
Ce que ne savent pas la grande majorité des habitants, c'est que ce jeune homme est une véritable crapule. Quelques uns ont de la mémoire, et avait su déceler la véritable nature d'Arthur.
Après une querelle avec un de ses amis, Arthur décide d'en finir. Il convoque quelques gros bras, et les payent pour assassiner son ami.
13 ans après le crime, sur la place du village, Arthur lis un texte à la mémoire de son défunt ami. Arthur finit le texte en pleurant. Ceux qui savaient et qui ont –toujours- de la mémoire n'en reviennent pas.  Même le père de l'ami assassiné vient de prendre Arthur dans ses bras….
C'est l'histoire d'une entreprise capitaliste de communication qui a un journal en France, -appelons le "Le Monde". Historique et étincelant, mais surtout extrêmement puissant, il est respecté par tous les français. Respecté par ignorance. Tous les citoyens prétendent que ce qu'ils lisent dans ce journal équivaut à la Vérité. 
Ce que ne veut pas accepter la grande majorité des français, c'est que ce journal obéit à des intérêts de classe, voire d'Etat. Quelques uns ont de la mémoire, et ont su déceler la véritable nature de "Le Monde".
Lors de la préparation du génocide rwandais, mais plus encore lors du déroulement du génocide, Le Monde a été un facteur principal de désinformation sur la réalité de ce qui se passait au Rwanda. Comme l'a montré Jean Paul Goûteux dans son livre "Le Monde, un contre-pouvoir ? Désinformation et manipulation sur le génocide rwandais", Le Monde accréditait la vision du Pouvoir français au détriment des faits réels. En tergiversant la réalité, en préparant l'opinion française à une fausse vision de ce qui ce passait au Rwanda, le Monde a eut sa part de responsabilité dans le déroulement tranquille du Génocide. L'opinion publique française aurait-elle accepté le triste rôle de son pays sans broncher ?
13 ans après le Génocide, Le Monde publie des extraits de documents d'archives de l'Elysée sur le Génocide rwandais (1). Les lecteurs peuvent alors se faire une idée du rôle des pouvoirs français et peuvent reconstruire une vision plus proche de la réalité du Génocide. Le Monde passe pour un journal objectif et sérieux aux yeux de presque tous. Ceux qui savaient et qui ont –toujours- de la mémoire n'en reviennent pas.
 Au Venezuela, le Peuple a décidé démocratiquement de construire le Socialisme dans son pays. Dés le début, Le Monde s'y est opposé et participe aux cotés d'autres media, à une campagne internationale de calomnies, d'injures, de mensonges éhontés visant à faire passer le Président vénézuélien et le gouvernement bolivarien pour dictatorial, corrompu, guerrier, assassin de la liberté d'expression, etc… Dans le même temps, les Etats-Unis poursuive leur guerre de basse intensité contre le gouvernement bolivarien.
Si un coup d'Etat financé par le gouvernement Bush (ou par n'importe quel gouvernement étasunien) devait avoir lieu, comme ce fut le cas en avril 2002, ou si le Venezuela devait être bombardé par les Etats-Unis ou une coalition étrangère, Le Monde aurait sa propre part de responsabilité dans le déroulement paisible de ce type d'action, pour avoir préparé l'opinion publique à ne pas réagir contre ce possible attentat contre la démocratie vénézuélienne. Comme ce fut le cas lors du génocide rwandais.
Combien de temps, et combien de morts, faudrait-il pour que le Monde reviennent partiellement sur sa vision tronquée de la Révolution Bolivarienne ?
Ceux qui savent et qui auront –toujours- de la mémoire n'auront pas finit de s'étonner.
Romain Migus.
 
 (1)  Piotr Smolar, "Génocide rwandais : ce que savait l'Elysée", Le Monde, 02/07/07.
 

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 16:15
Maxime Vivas, Caracas, 1° juin 2007
La crainte de radoter nous vient à toujours citer le mot de Pierre Bourdieu sur le phénomène de la « circulation circulaire de l’information ». Mais le constat est d’actualité. Ainsi, une source politique ayant lancé le bobard de la fermeture par Hugo Chavez de la chaîne de télévision RCTV, les journalistes, qui se lisent entre eux, le répètent en boucle jusqu’à ne plus douter eux-mêmes de sa véracité. Dame ! C’est écrit partout : donc, c’est vrai !
Jeudi. Dans un taxi qui nous ramène des studios de VTV (Venezolana de TeleVision) où nous venons de participer à une émission en direct, Thierry Deronne, vice-président de Vive TV me fait écouter un message sur son portable. C’est le correspondant français d’une station de radio allemande qui lui demande de bien vouloir le rappeler pour répondre aux deux questions suivantes : « Que pensez-vous de la fermeture de RCTV par Chavez et des menaces de fermeture de Globavision ? » Analyse : deux questions au contenu faux et une ignorance du dossier révélée par l’erreur sur le nom de GlobOvision. N’apprend-on pas dans les écoles de journalisme, pour un dossier conflictuel, à se renseigner auprès des différents protagonistes avant de recueillir les avis de témoins ? Si le journaliste en question l’avait fait, ses questions auraient été différentes. La même mésaventure est arrivée à Benjamin Durand, un Français qui dispense des cours dans une école de cinéma de Caracas et à qui une journaliste de RFI pose des questions si manifestement semblables à celles que l’opposition anti-chaviste auraient posées qu’il refuse de répondre, lui conseillant d’étudier d’abord le dossier.
Rappelons les faits :
Le 28 mai, la licence autorisant la chaîne de télévision vénézuélienne RCTV à émettre par voie hertzienne expirait et n’a pas été renouvelée. Mais RCTV peut disposer du câble, du satellite, d’Internet, comme des centaines de chaînes à travers le monde.
Par la vertu du pilonnage mondial des médias essentiellement aux mains des puissances d’argent, ce non renouvellement s’est transformé en « fermeture » d’une télévision, sonnant le glas de toute liberté d’expression au Venezuela, accélérant une dérive autoritaire, voire dictatoriale.
Marcel Granier, le patron de RCTV, oubliant à Caracas son arrogance folle, son mépris des lois et ses préventions contre les résultats du suffrage universel, s’est précipité en Europe, agneau innocent que le loup prétend dévorer alors qu’il se désaltérait dans le courant d’une onde pure. Dans les couloirs du parlement européen à Strasbourg où il rencontra un Robert Ménard (patron de RSF) aussi primesautier qu’un croque-mort, il appela au sauvetage de la démocratie et de la liberté.
Ce parlement réunit alors une coalition de partis de droite et d’extrême droite pour voter une résolution à coloration Ménardo-Graniériste. L’affaire fut difficile cependant car, sur 785 députés, 65 seulement étaient présents. 43 se laissèrent embarquer dans cette galère (portés par un élan politicien nourri d’informations erronées) tandis que 22 députés de gauche votaient contre.
Plusieurs articles ont déjà circulé sur le Net, énumérant les cas de non renouvelle-ment de licences, voire les brutales suspensions en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique latine. Nul d’entre nous n’en avait entendu parler. Aucune indignation planétaire n’avait envahi nos médias. L’Europe n’en souffla mot. RSF ne hurla pas. Aucun parti politique ne lança ses troupes dans la rue. Aucun opposant ne tira à balles réelles contre des policiers désarmés. Aucun gouvernement responsable de la répartition (non extensible) du spectre hertzien ne vit des télés de son pays montrer des manifestants appelant à son renversement. Aucune télé ne publia des montages d’images faisant voisiner le chef d’Etat incriminé avec un leader d’Al-Qaida. Aucune ne nous montra l’attentat dont fut victime le pape Jean-Paul II avec un commentaire laissant entendre que son président n’était à l’abri de rien (« Soyez sûr que cela ne s’arrêtera pas ici »). Aucune ne laissa ses journalistes ou invités dire n’importe quoi (exemple : « Chavez va répliquer en faisant manifester les « hordes » des « ranchos » (bidonvilles) », ou encore : « Il faut éviter que le Venezuela devienne une Cuba où les chrétiens sont pourchassés pour être tués »)(1). CNN en espagnol n’informa pas l’Amérique latine en utilisant des images (anciennes mais plus spectaculaires) d’une manifestation au Mexique. Nulle jeunesse dorée ne sortit des Universités catholiques pour descendre sur le pavé. Bref, jamais, nulle part, le non renouvellement d’une licence ne fut ainsi mondialement médiatisé, politiquement exploité au-dedans et au-dehors du pays, suscitant un déferlement d’informations tronquées ou mensongères, de trucages d’images, d’appels implicite au coup d’Etat et à tirer sur le chef de l’Etat.
Et nos beaux esprits européens, drapés dans la cape liliale de leur amour pour la liberté d’expression (mais pas pour autant de la vérité ), les fervents défenseurs de la démocratie, se vautrent dans cette fange, marionnettes agitées par des fils made in USA, bernés par un Marcel Granier que les lois françaises auraient conduit en prison dès le 15 avril 2002 (lendemain du coup d’Etat) et par un Robert Ménard, patron d’une organisation dont les effectifs sont squelettiques et dont les ressources internes sont inférieures à celles qui lui proviennent des USA, via des organisations écrans de la CIA(2).
Le 27-28 mai, sous le titre : « Censure à la Chávez », Le Monde écrivait dans son éditorial: « Le président Hugo Chávez a ordonné la disparition de RCTV ». Le quotidien du soirfustigeait cette décision « qui réduit le pluralisme et augmente la concentration de l’audiovisuel aux mains du gouvernement.»(3)
Dans le Monde Diplomatique (31 mai 2007) Bernard Cassen fait l’inventaire :
« En 2006, on comptait au Venezuela 20 chaînes hertziennes VHF privées et 1 publique.
On comptait par ailleurs 28 chaînes hertziennes UHF privées, 6 publiques et 44 communautaires.
Actuellement, avec l’incorporation de RCTV, le service public disposera de deux chaînes hertziennes VHF, de deux chaînes UHF et de deux chaînes sur le câble. On est très loin du monopole…
Sans la moindre trace d’humour, l’éditorial qualifie ensuite RCTV de « chaîne privée qui donnait la parole à l’opposition ». RCTV donnait effectivement la parole à l’opposition, et ne faisait même que cela ! Des études de contenu effectuées sur le mois de janvier 2007 montrent que, dans ses programmes, elle a invité 21 personnalités hostiles au gouvernement, et aucune qui lui soit favorable. Le même mois, une des quatre autres grandes chaînes privées, Globovisión, a invité 59 opposants à M. Chávez et 7 de ses partisans. Seule Televen a respecté la parité : deux de chaque camp.
Certes on peut regretter que la seule chaîne publique hertzienne jusqu’ici contrôlée par le gouvernement, Venezolana de Television (anciennement Canal 8), ne soit pas non plus un modèle d’équilibre, mais comment pourrait-il en être autrement dans un paysage médiatique où la plupart des journaux, radios et chaînes de télévision se comportent en partis politiques d’opposition ? Il faut espérer que TVES, la chaîne qui reprendra le signal de RCTV, tiendra ses promesses de pluralisme, même dans ces circonstances adverses.
Du côté de la presse écrite, la situation est encore plus tranchée : sur 10 quotidiens de diffusion nationale, 9 sont des opposants déclarés au gouvernement. Si l’on étudie le contenu des articles d’opinion publiés dans quatre d’entre eux au mois de janvier 2007, on obtient les résultats suivants : pour El Nacional, 112 hostiles, 87 neutres et 6 favorables ; pour El Universal, les chiffres correspondants sont 214, 89 et 9 ; pour Ultimas Noticias, 31, 59 et 18 ; pour El Mundo, 49, 39 et 15. Ce qui ne les empêche pas de recevoir de la publicité des entreprises, des agences et des collectivités publiques.
Prétendre que la liberté d’expression est menacée au Venezuela relève donc de la plus insigne mauvaise foi. Il suffit de s’arrêter devant un kiosque à journaux ou de passer une heure devant un poste de télévision pour être convaincu du contraire. C’est même sans doute le seul pays du monde où, dans le passé, des appels publics à l’assassinat du président n’ont pas entraîné des poursuites judiciaires. »
Ajoutons qu’il existe un divorce flagrant entre les idées de la population (63 % ont voté pour Chavez en décembre 2006) et le positionnement politique extrême de la plupart des médias qui se substituent ouvertement aux partis d’opposition(4).
Des étudiants, chauffés à blanc par la télévision, encouragés par les réactions de la presse étrangère, réécrivent, peut-être sans le savoir, un sinistre scénario rôdé au Chili en 1973. Cette année-là, les Universités privées, la Fédération des Etudiants de l’Université Catholique appelèrent à défendre la liberté d’apprendre, contre l’instrument « marxiste de politisation des consciences » qu’ils combattirent dans la rue contre le pouvoir de l’Unité Populaire de Salvador Allende.
L’attribution du canal hertzien de RCTV à la nouvelle chaîne (TVES) devrait réjouir les hommes de bonne volonté : elle réduit le divorce politique entre les médias et la population, le déséquilibre entre les secteurs médiatiques privé et public, elle offre un espace de culture et d’éducation à un pays où l’analphabétisme vient à peine d’être éradiqué.
Sans l’agitation artificielle et purement politique qui a entouré la naissance de TVES, on aurait parlé d’une décision utile à la paix civile. Quoi qu’il en soit, c’est bien ainsi qu’elle sera vue par l’Histoire.

(1) Je cite ici, de mémoire mais fidèlement, des choses que j’ai personnellement entendues à Caracas en zappant sur des chaînes de télévisions privées.
(2) Avertissement aux esprits sceptiques : je tiens les chiffres à disposition et ils me viennent d’une source que les anti-chavistes ne pourront réfuter : RSF.
(3) Lors de sa conférence de presse du lundi 28 mai à l’hôtel Hilton de Caracas, Robert Ménard eut quelques difficultés, à répondre à plusieurs questions dont l’une était : « Vous protestez ici contre la concentration de la presse. Vous ne l’avez pas fait en France contre la concentration des médias entre les mains de Dassault et Lagardère. Est-ce parce que ces oligarques font partie de vos sponsors ? »
(4) Depuis le 28 mai Globovision, se substitue à RCTV dans l’excitation des classes moyennes et des étudiants fils à papa qui jouent à faire un mai 68 à l’envers. Le gouvernement a mis en garde cette chaîne, mais aucune menace de suspension n’a été proférée. Il est certain qu’en France, elle aurait déjà été au moins sanctionnée pour infraction au Cahier des Charges et diffusion de fausses informations. La question de savoir si elle ne recherche pas une décision de fermeture afin de créer un processus contre-révolutionnaire ne saurait être écartée.

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 19:30

par Romain Migus

Je vous écrits au travers de ces nombreux sites webs qui publient une information alternative aux rouleaux compresseurs idéologiques comme le journal qui vous emploie. Je sais que vous lisez attentivement ces sources d'informations. Non pas que vous aimiez leur ligne éditorial généralement de gauche, mais pour vous faire une idée de la situation politique réelle en Amérique du Sud. 
Cher Mr. Paranagua, vous étiez donc à Caracas ces derniers temps. Je crois qu'il est temps de rentrer à Paris. Il me semble que l'éloignement de la ville lumière vous ait fait perdre vos repères ; que l'excitation de votre mission au Venezuela vous ait fait oublié les lois de mon pays, les règles qui garantissent le bien commun dans notre société. J'ai donc une série de questions en tant que citoyen français, respectant les lois de la République. 
Cher Mr. Paranagua, dans l'édition du Monde du 28 mai 2007, vous écrivez "les opposants [au non-renouvellement de la concession de RCTV] ont mobilisé plusieurs milliers de personnes face au Conseil national des télécommunications, où des heurts avec la police ont fait une dizaine de blessés". Passons sur le fait qu'il n'y avait que quelques centaines de manifestants (sur 6 millions d'habitants que compte Caracas), en revanche il me parait opportun de signaler que la dizaine de blessés se trouve toute dans le camps des forces de l'ordre. Un policier a même été grièvement blessé par balle. Mr Paranagua, qu'est-ce qu'il se passerait en France si un manifestant sortait son revolver pour tirer sur un CRS ? A combien d'années de prison serait-il condamné ?
Au Venezuela, cette personne est aujourd'hui en liberté. Et j'ose espérer que si la justice venait à la condamner un jour, vous ne prêteriez pas votre plume pour défendre un "prisonnier politique de plus" dans ce drôle de régime dictatorial qu'est le Venezuela. 
Cher Mr. Paranagua, que se serait-il passé, en France, si trois semaines avant les dernières élections présidentielles, un leader du Parti Socialiste aurait déclaré sur TF1 à une heure de grande écoute "le 6 mai prochain, le Peuple doit aller voter. Durant la nuit, le Ministère de l'Intérieur  va annoncer la victoire de Sarkozy quelques soient les résultats. Le 4, Ségolène Royal…On verra d'ailleurs qui est vraiment Ségolène Royal…elle doit prendre la tête des protestations de rue contre la fraude. (…) elle doit faire la Révolution orange " ? Vous pensez que le candidat et, par la suite, le président de la République, Nicolas Sarkozy, n'aurait pas traîné devant les tribunaux le leader du parti d'opposition et la chaîne qui lui a servi de support pour lancer un tel message ?
Au Venezuela, cette déclaration a été faite par le journaliste Rafael Poleo sur la chaîne Globovision. Jugez par vous vous-même : 
è suivre   http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=48990

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