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aporrea.org/internacionales/n113165.html

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 15:09

 

EMOR Laurent      http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7651

mercredi 24 décembre 2008  

La libération d’Ingrid Betancourt, par l’armée colombienne en Juillet dernier a donné lieu à une déferlante médiatique d’une rare intensité pour louer les mérites du président d’extrême droite Alvaro Uribe et de son homologue français Nicolas Sarkozy, et pour montrer la dureté de sa détention et la cruauté et l’inhumanité des FARC qui la retenaient en otage. Au cours des épisodes précédents, principalement en Mars 2008 après l’attaque du territoire Equatorien par les forces armées colombiennes, ces mêmes médias nous avaient submergés avec les relations douteuses du président socialiste du Venezuela avec ces groupes armés.

Plus récemment, le passage en Colombie d’Ingrid Betancourt et son “abrazo“ avec Uribe ont aussi fait le bonheur des médias, en particulier du Journal du Dimanche qui nous en montre une magnifique photo [1]. Ce n’était pourtant une toute petite partie de sa tournée des chefs d’état en Amérique Latine. Sa rencontre avec les autres présidents, singulièrement avec Hugo Chavez, n’aura été que peu commentée puisqu’elle disait du bien de ce dernier, président honni de notre PAF. Le Journal du Dimanche nous montre bien une photo de cette étape au Venezuela, mais ici elle était seule, personne à qui donner l’accolade [2]. Dans un de ses blogs accrédités (ou embedded) notre journal de référence, Le Monde, laisse aussi passer l’information mais sur un ton pour le moins offusqué [3]. Le Grand Soir, par l’intermédiaire de Venezuelanalysis rétabli la vérité.

[1] http://www.lejdd.fr/photo-du-jour/dimanche-30-novembre-2008//betancourt-colombie-uribe.html - gallery
[2] http://www.lejdd.fr/photo-du-jour/mardi-9-decembre-2008//betancourt-venezuela-chavez.html
[3] Honte pour Ingrid Betancourt : http://schachmatt.blog.lemonde.fr/2008/12/


L’EX-OTAGE COLOMBIENNE BETANCOURT REMERCIE LE VENEZUELA DE CHAVEZ

par Erik Sperling et Gregory Wilpert, le 9 décembre 2008.

L’ancienne otage colombienne Ingrid Betancourt a rencontré lundi (8 décembre 2008) le Président Hugo Chavez à Caracas, pour “lui donner l’accolade et le remercier“ de ses efforts réussis pour libérer les otages détenus par les groupes rebelles en Colombie. Elle a aussi souligné sa certitude que Chavez n’a jamais essayé d’aider les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie ou FARC.

“Président [Chavez], ce que vous avez fait en valait la peine“ a dit Betancourt lors d’une conférence de presse qui suivait une rencontre privée avec Chavez et son Ministre des affaires étrangères Nicolas Maduro. “Vous n’avez pas seulement sauvé mes amis en négociant, mais vous avez aussi rendu possible ma libération et celle des autres. Betancourt a mis en exergue le rôle joué par Chavez en janvier et février dernier, qui a eu pour résultat la libération unilatérale de six otages détenus par les FARC

“La première étape vers ma libération est due à Hugo Chavez“ a déclaré Betancourt, “Si ces contacts n’avaient été pris, l’opération Jaque (NDT ; échec et mat) n’aurait pu avoir lieu“ a-t-elle dit en se référant aux manœuvres de secours de l’armée colombienne qui menèrent à sa libération.

La télévision publique a montré des images de la rencontre demandée par Betancourt pour remercier spécifiquement le chef de l’état Vénézuélien pour son “engagement, sa générosité, son amour, et l’ensemble de son investissement“ pour la libération des otages et l’avènement de la paix en Colombie“

“La voie du président Chavez était la voie qui nous redonnait espoir dans les pires moments de captivité, la voie qui nous permettait d’apercevoir la lumière au bout du tunnel et de croire que nous serions bientôt libres“ a dit Betancourt.
Betancourt a aussi remercié le peuple Vénézuélien pour l’accueil de sa famille pendant des moments difficiles. “Ils ont trouvé ici une nouvelle famille, un nouveau pays natal.“

Le Venezuela est une des étapes récentes de Betancourt dans sa tournée des chefs d’état d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, de l’Equateur, et du Pérou. Elle a comparé le président de l’Equateur, Rafael Correa, à un “frère“ dans la bataille pour la paix, malgré ses désaccords avec le président de Colombie Alvaro Uribe sur la façon de gérer le conflit armé. Betancourt a évoqué une “chaîne d’amour crée sur le continent, qui vous sortira tous d’ici“, en parlant des otages restants.

L’ancienne candidate à la présidence, qui a passé six années en captivité, a été libérée, avec 14 autres otages, au cours d’une opération spectaculaire de l’armée colombienne en juin dernier.

Betancourt a aussi tenu une conférence de presse à l’ambassade de France aujourd’hui, dans laquelle elle a réaffirmé le rôle majeur joué par Chavez dans le processus de libération des otages et qu’elle n’avait jamais cru qu’il ait eu “des relations clandestines ou répréhensibles avec les FARC“ premièrement parce qu’ “il connaît les FARC et deuxièmement parce que je comprends son cheminement pour essayer d’appréhender des choses qui ne le concernent pas directement.“

Elle a aussi souligné que Chavez “est un grand démocrate“ qui “a apporté une révolution pacifique au Venezuela“ et rappelé qu’au cours de ses dix années de présidence il y avait eu plus de dix scrutins électoraux.

La proximité idéologique de Chavez avec les FARC “est en fin de compte une bénédiction puisque quelqu’un devait parler avec eux“. “Je n’ai jamais perdu confiance dans le président Chavez,“ a ajouté Betancourt.

Traduction Laurent Emor pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info
article original
http://www.venezuelanalysis.com/news/4024

 

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 18:00

Droit de réponse à l'article de Jean Pierre Langellier, "Le Monde" 02/12/2008


 05 décembre 2008

" Bonjour Monsieur,

Utiliser l’expression « incurie des services publics » est très habile de votre part. Elle vous permet de jeter le discrédit sur les fondements du processus politique qui est en cours au Venezuela. En effet c’est justement dans ce domaine que des progrès faramineux ont été réalisés ces 10 dernières années (surtout les 5 dernières).

 

 

Vous allez jusqu’à préciser que les pauvres de Caracas ont protesté contre les transports, la voirie, la terrible insécurité  et qu’ils auraient exprimé un sentiment d’abandon et d’impuissance.


Concernant les transports il serait bon de rappeler que Chavez a lancé un vaste programme ferroviaire qui se traduit par la construction de la 3ème et de la 4ème ligne du métro de Caracas, du métro de Los Teques, du metrocable, de la ligne Caracas-Guatire et de lignes de metrobus. Sans parler des projets en cours de construction comme la 5ème ligne, les extensions de ligne sur la 3 et la 4 et le projet de 6ème ligne.


Notons que le gouvernement vénézuélien a également créé le métro de Valencia, le métro de Maracaibo, le trolebus de Merida et les liaisons ferroviaire Rinconada - Cua, Maracay – Barquisimeto…


Je me sens quelque peu désolé de devoir procéder à de telles énumérations qui alourdissent mon style. C’est pourquoi, concernant la voirie, je me permets par décence de ne pas citer un grand nombre de succès en matière de ponts, d’autoroutes et de viaducs.


Enfin  vous  voulez  nous  faire  croire  que  l’insécurité  est un phénomène dû au chavisme puisque vous omettez de préciser que de tels problèmes sont depuis longtemps gravés dans le quotidien des grandes villes latino américaines. Vous auriez peut être préféré une solution policière mais le Venezuela a massivement opté pour l’Education gratuite et pour tous (une fois de plus je ne rentrerai pas dans les détails). Ce fléau est long à atténuer surtout après tant d’années où rien n’a été fait.


Je  crois  surtout  que  l’opposition  affine  de  mieux en mieux sa communication et son marketing. Le discours est beaucoup plus social et l’unité semble être de retour dans leurs rangs mais aussi dans leurs discours puisqu’ils mettent très fortement l’accent sur la volonté de ne pas diviser le pays en deux (effaçant ainsi leur part de responsabilité). Leurs propos sont beaucoup plus lisses et moins haineux pour mieux contraster avec l’image que l’on peut avoir de Chavez et ainsi en tirer profit.
Je crois que c’est pour ces raisons que l’opposition arrive à se démener.


Le défi est désormais de devoir contenir les volontés putschistes et indépendantistes de l’opposition vénézuélienne qui pourra compter sur ses moyens de communication.

 

Sans tomber dans la paranoïa, il faut tout de même rappeler que :

  • .cet été, l’interception de communications entre militaires et anciens militaires putschistes (rendues publiques) a permis d’anéantir un plan d’assassinat du président élu.
  • .D’autres opposants prétendent appeler à l’autonomie des zones les plus riches du Venezuela, un peu comme en Bolivie ces derniers mois.
  • .Bon nombre des opposants élus à la dernière élection avaient immédiatement reconnu le gouvernement putschiste d’avril 2002. 

On peut donc légitimement se demander si ces gens désirent vraiment une unité du pays qu’ils ont pourtant tant défendu.

 

En conclusion Monsieur Langellier, permettez moi d’être quelque peu satirique puisque je me rends compte que même le Figaro économie se permet parfois, et à juste titre, de faire l’éloge des progrès sociaux et économiques vénézuéliens que vous vous permettez très habilement d’éviter.  Non pas que je doute de la qualité du journal précédemment cité, mais plutôt de la partialité supposée et auto proclamée du journal « Le Monde ».

 

Cordialement,

 

Javier LOZANO OCAMPO

javier-lozanoocampo.esc@em-lyon.com

 

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 11:51

L’insoutenable attente près du téléphone : Human Rights Watch dénonce encore une fois Hugo Chavez

EMERSBERGER Joe

  

Human Rights Watch (HRW) a récemment publié un rapport de 230 pages sur le Venezuela intitulé « Une décennie sous Chavez : intolérance politique et occasions perdues pour améliorer les droits de l’homme au Venezuela ».

 

Dans un communiqué de presse relatif à ce rapport, le directeur de HRW Amériques, Jose Miguel Vivanco, a déclaré que « plutôt que de renforcer la protection des droits de l’homme », le gouvernement Chavez « a fait le contraire en sacrifiant les garanties élémentaires au détriment de son programme politique. »

 

Une des révélations du rapport est si explosive qu’elle mérite d’être citée dans son intégralité :

 

« Des officiels du gouvernement ont régulièrement refusé ou se sont abstenus de répondre aux demandes d’information formulées par les journalistes. Selon une enquête d’Ultimas Noticias, un journal généralement pro-gouvernemental, les journalistes ont rencontré des obstacles pour obtenir des informations telles que les statistiques de la police sur la criminalité, sur les juges et les officiels des tribunaux, les hôpitaux, les entreprises d’état telles que PDVSA, le bureau du contrôleur général et différents ministères…

 

Selon un rapport publié par le journal El Mundo, en 2007, seuls 37,5 pour cent des officiels ont répondu aux demandes concernant des données officielles émanant de journalistes d’investigation. Le délai d’attente moyen était de 38 jours, soit le double du maximum légal. Par exemple, un journaliste a contacté le Ministère de la Planification et du Développement pour obtenir des informations sur les salaires des fonctionnaires. Il a fallu sept mois, trois courriers, et un changement de vice-ministre avant d’obtenir une réponse… » (1)

 

J’ai une pensée émue pour ces journalistes qui n’ont pas reçu de réponses – ou qui ont du attendre jusqu’à sept mois avant d’en recevoir. Les partisans de Chavez souligneront sans doute que HRW n’enquêtait pas sur les atrocités commises par le gouvernement colombien, soutenu par les Etats-Unis, et que le rapport ne mentionne rien de tel mais c’est parce que ces gens-là ne comprennent rien à l’agonie vécue par un journaliste lorsqu’il est ignoré. Je le sais parce que ça fait des années que j’écris et que je téléphone à HRW et je n’ai jamais reçu de réponse. Mon taux de réussite est de zéro pour cent – bien pire que celui d’El Mundo – alors je peux comprendre leur douleur. (2)

 

HRW a aussi découvert que « le Venezuela connait un débat public vivant où les partisans et adversaires du gouvernement partagent équitablement le temps de parole ». Il a dit que le gouvernement Chavez a fortement augmenté le soutien financier aux radios communautaires et que « une large majorité des radios communautaires soutiennent le gouvernement de Chavez. Cependant, elles ne sont pas politiquement homogènes et ne se privent pas de critiquer. » Rien de ce qui précède, évidemment, ne devraient détourner notre attention de la souffrance endurée par ces journalistes qui attendent une réponse sur les salaires des fonctionnaires.

 

Maintenant que HRW a dénoncé les graves violations des droits de l’homme relatives aux questions sans réponse, peut-être pourraient-ils enfin répondre à quelques questions :

 

1) Lorsque Chavez fut renversé par un coup d’état qui a duré deux jours en 2002, pourquoi est-ce que les déclarations officielles de HRW ont évité de faire ce qui semblerait évident, à savoir dénoncer le coup d’état, appeler les autres pays à ne pas reconnaitre le régime, invoquer la charte de l’OEA, et (particulièrement si HRW est basée à Washington) réclamé une enquête sur le rôle des Etats-Unis dans le coup d’état ?

 

2) Dans la même veine, lorsqu’un coup d’état renversa le gouvernement démocratiquement élu d’Haïti en 2004, pourquoi est-ce que HRW ne l’a-t-il pas condamné, n’a pas appelé les autres pays à ne pas reconnaître le régime, n’a pas invoqué la charte de l’OEA, n’a pas réclamé une enquête sur le rôle des Etats-Unis ? La plupart de ces gestes ont été effectués par la Communauté des Nationas Caribéennes (CARICOM). Un tiers de l’Assemblée Générale de l’ONU a demandé une enquête sur le renversement d’Aristide. Pourquoi ces pays n’ont-ils pas reçu le soutien de HRW ?

 

3) depuis 2004, pourquoi HRW a-t-elle écrit 20 fois plus sur le Venezuela que sur Haiti malgré le fait que le coup d’état à Haïti a crée une situation catastrophique pour les droits de l’homme où des milliers d’assassinats politiques ont été perpétrés et les prisons sont remplies de prisonniers politiques ? Le système judiciaire haïtien est engorgé de dossiers en souffrance depuis le coup d’état. Les effets du coup d’état sont révélés par un récent jugement prononcé par la Cour Inter-Américaine des Droits de l’Homme (IACHR) qui réclame l’abandon des poursuites contre Yvon Neptune et le versement d’indemnités pour ses deux années d’emprisonnement illégaux. (3) HRW n’a pas demandé publiquement au gouvernement haïtien de respecter ce jugement, ni exercé de pression publique sur le gouvernement pour mener une enquête sur la disparition de Lovinsky Pierre Antoine, un militant connu des droits de l’homme. (4)

 

4) Pour HRW n’a-t-elle jamais écrit un seul mot de soutien au père Gérard Jean-Juste, le plus célèbre prisonnier politique d’Haïti depuis le coup d’état ? Même après qu’Amnesty International l’ait désigné « prisonnier de conscience » et participé à une campagne internationale demandant sa libération et l’obtention de soins pour traiter son cancer, HRW a gardé le silence. Au lieu de ça, HRW a sans cesse dénoncé les poursuites judiciaires lancées contre des dirigeants de la « société civile » vénézuélienne tels que Maria Corina Machado, qui n’a jamais été emprisonné malgré le fait qu’il ait signé le fameux décret Carmon qui avait brièvement aboli la démocratie vénézuélienne. (5)

 

5) Pourquoi HRW ne réclame-t-elle pas la mise en lumière du financement de l’opposition bolivienne par les Etats-Unis après les meurtres commis à Pando par des groupes anti-gouvernementaux ? Par contre, HRW a demandé à l’OEA d’enquêter sur les affirmations du gouvernement colombien qui accuse Chavez d’aider les FARC. Par contraste, HRW n’a pas demandé au gouvernement des Etats-Unis de répondre aux requêtes formulées par Jeremy Bigwood dans le cadre de la loi sur la liberté d’accès à l’information [Freedom of Information Act] et relatives à l’ingérence des Etats-Unis en Bolivie. (6)

 

HRW a régulièrement ignoré les critiques qui démontrent que l’organisation devient de plus en plus en outil au service de l’impérialisme US. Ed Herman, David Peterson et George Szamuely ont longuement écrit et en détail sur le rôle de HRW qui « mena campagne en faveur des guerres de l’OTAN dans les Balkans ». Michael Barker a rédigé une critique détaillée. Jonathan Cook, Norman Finkelstein et Sara Founders ont exposé le parti pris pro-impérialiste évident des déclarations de HRW concernant Israel. HRW a répondu à un article de Jonathan Cook mais uniquement après avoir déformé ses propos. Cook répondit :

 

« Si c’est ainsi qu’une des directrices de HRW déforme mes propos et les preuves présentées malgré tous les soins que j’ai apportés à les rédiger, on ne peut que se demander comment elle ou son organisation peuvent s’y retrouver dans des affaires bien plus complexes concernant les droits de l’homme, où les choses sont rarement aussi évidentes. »

 

Cook n’a plus eu de nouvelles de HRW depuis. (7)

 

Dans un communiqué de presse de 2006, HRW s’abaissa à nier aux palestiniens le droit à une autodéfense non violente. Les remous provoqués par cette absurdité fut si grande que HRW se rétracta dans un autre communiqué. (8) Mais plus à son habitude, dans l’affaire de la lettre ouverte de Kevin Pina à Jose Miguel Vivanco, HRW se contenta de garder le silence. (9)

 

Sur le site de HRW, à l’exception de Jonathan Cook, on ne trouve nulle trace des critiques mentionnées ci-dessus. Par contre, on peut facilement trouver la longue réponse faite à Michael Spagat dont la tentative de décrire le HRW comme une organisation conciliante à l’égard des FARC était pourtant totalement inepte. (10)

 

A présent j’avoue que j’ai exagéré la sympathie que j’éprouve pour les journalistes vénézuéliens qui sont restés assis à coté de leur téléphone ou consultaient sans cesse leur boite aux lettres dans l’attente d’une réponse du gouvernement de Chavez. Une certaine insensibilité s’installe lorsqu’on se rappelle ce que les Etats-Unis et leurs alliés ont fait à Haïti – et espèrent un jour réussir au Venezuela. Et bien que je ne sois pas d’accord avec l’expulsion de HRW du Venezuela, j’ai du mal à voir pourquoi cela devrait déranger plus que les absences de réponses aux journalistes (avec lesquelles je ne suis pas d’accord non plus). HRW entretient, c’est le moins que l’on puisse dire, une relation étroite avec la National Endowment for Democracy (NED), un organisme à peine déguisée du gouvernement US qui se consacre à miner la démocratie. (11) Inutile de préciser, si le gouvernement Venezuelien avait financé des groupes qui avaient brièvement renversé le gouvernement des Etats-Unis, et ensuite saboté l’économie des Etats-Unis, un groupe basé à Caracas ne pourrait pas organiser des conférences de presse à Washington pour critiquer le gouvernement des Etats-Unis. Le Venezuela a de la chance d’être encore debout.

 

Cela fait longtemps que je n’attends plus grand-chose de Human Rights Watch. Je leur ai posé des questions et j’ai encouragé d’autres à faire de même, tout en sachant qu’il y avait peu de chances qu’on reçoive une réponse, et inutile qui plus est. L’important, c’est de faire prendre conscience du rôle joué par HRW qui est devenu de plus en plus celui d’un soutien aux libéraux dans la mise en œuvre de leurs projets impérialistes. A ce stade, personne ne devrait se faire d’illusions sur les quelques critiques que cette organisation formule de temps en temps envers les Etats-Unis et ses alliés.

 

Joe Emersberger

 

Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

ARTICLE ORIGINAL http://haitianalysis.com/2008/10/10...

NOTES

[1] vois page 107 du rapport http://hrw.org/reports/2008/venezue...

[2] de nombreux courries à HRW (et Amnesty International) sont archives sur le site Medialens http://www.medialens.org/forum/view...

[3] voir"Haiti and Human Rights Watch" http://www.zmag.org/znet/viewArticl... pour une comparaison de la qualité et quantité des écrits de HRW sur Haiti et le Venezuela. La disparité en quantité est bien plus grande que lors de la rédaction de cet article en 2006. About Neptune case see http://www.haitianalysis.com/2008/7...

[4] Kevin Pina "Fears of a Cover up Grow in the Case of Missing Human Rights Activist in Haiti" http://haitiaction.net/News/HIP/8_2...

[5] Jonah Gindin "Democracy vs Bush-o-cracy in Venezuela" http://www.venezuelanalysis.com/ana...

[6] U.S. Ties to Bolivian Opposition ’Shrouded in Secrecy’ http://www.zmag.org/znet/viewArticl...

[7] Ed Herman, David Peterson, George Szamuely ; "Human Rights Watch : In Service to the War Party" http://www.electricpolitics.com/200...

Michael Barker "Hijacking Human Rights" http://www.zmag.org/znet/viewArticl... Sara Flounders, ’Massacre in Jenin, Human Rights Watch anda the Stage-Management of Imperialism’, CovertAction Quarterly, Fall 2002. http://cosmos.ucc.ie/cs1064/jabowen...

Jonathan Cook, ’The Israel Lobby Works its Magic, Again : How Human Rights Watch Lost its Way in Lebanon’, Counterpunch, September 7, 2006. http://www.counterpunch.org/cook090...

Sarah Leah Whitson ;(Middle East and North Africa director)"Hezbollah’s Rockets and Civilian Casualties : A Response to Jonathan Cook" http://hrw.org/english/docs/2006/09...

Jonathan Cook, ’Human Rights Watch : Still Missing the Point : Should We Deny Lebanon the Right to Defend Itself ?’, Counterpunch, September 25, 2006. http://www.counterpunch.org/cook092...

[8] Jonathan Cook, ’Palestinians are Being Denied the Right of Non-Violent Resistance ? : Would HRW Have Attacked Martin Luther King, Too ?’, Counterpunch, November 30, 2006. http://www.counterpunch.org/cook113...

Norman G. Finkelstein, ’Human Rights Watch Must Retract its Shameful Press Release : Rush to Judgment’, Counterpunch, November 29, 2006 ; HRW, ’Human Rights Watch Statement on our November 22 Press Release’, Human Rights Watch, December 16, 2006. http://www.counterpunch.org/finkels...

HRW "Human Rights Watch Statement on our November 22 Press Release" (i.e. the retraction) http://hrw.org/english/docs/2006/11...

[9] Kevin Pina Open Letter to Human Rights Watch http://www.zmag.org/znet/viewArticl...

[10] HRW Response to CERAC Charges about our Colombia Work Human Rights Watch responds to the serious yet groundless charges made about our work in Colombia by University of London Professor Michael Spagat http://hrw.org/doc/?t=americas&...

[11] selon la NED, « les JO en Chine ont été l’objet d’un événement organise par la NED et HRW le 19 juin présentant le livre « China’s Great Leap : The Beijing Games and Olympic Human Rights Challenge » (le grand bon en avant de la Chine : les jeux de Pékin et le défi olympique des droits de l’homme – ndt), publié par Minky Worden. » ttp://www.ned.org/publications/new...

www.legrandsoir.info/spip.php?page=imprimer_article&id_article=7264 


CES ONG SI PROCHES DU GOUVERNEMENT IMPERIAL

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 10:07
Venezuela : expulsion du directeur de HUMAN RIGHT WATCH
vendredi 19 septembre 2008
 

L’organisation est accusée, sous couvert de préoccupations "humanitaires", d’avoir partie liée avec les impérialistes US et de favoriser les coups d’état : aussi bien celui de 2002, que celui ou ceux en préparation actuellement. Contre ces coups d’état, Human right Watch ne trouve rien à dire, et ne dit RIEN.

En 2003, l’ONG Human right Watch a entamé une campagne "féroce" contre la loi de Responsabilité sociale à la Radio et à la Télévision, allant jusqu’à demander une violation de la séparation des pouvoirs en demandant au président Chavez d’intervenir dans le législatif en faisant retirer la loi ! L’ONG est accusée de violation de la souveraineté nationale.

Selon le ministre du Pouvoir Populaire pour l’Information et la Communication, Andrés Izarra, l’expulsion de José Miguel Vivanco, directeur de Human right watch, désarticule les plans conspirationnistes [Pour tuer Chavez et/ou faire un coup d’Etat] .

http://www.aporrea.org/actualidad/n...

Ici : la décision d’expulsion de José Miguel Vivanco et de son compagnon Daniel Wilkinson, votée par l’Assemblée Nationale :

http://www.aporrea.org/actualidad/n...

L’Assemblée Nationale alerte sur le fait qu’il fait partie du plan de destabilisation de créer une matrice d’opinion favorable à un climat d’instabilité, afin de "justifier" un Coup d’Etat. (On f... la m... puis on se présente en gendarme ! Technique Us pratiquée partout dans le monde).

Ici, les prises de position mensongères et publiques de HRW contre Chavez (genre le Monde et le Figaro) :

http://www.aporrea.org/tiburon/n120...

Il est dit dans l’article que HWR s’est comportée comme un cheval de Troie : air innocent et bon pour se faire admettre et les armes de destruction massives cachées dessous.

HUMAN RIGHT tout court, c’est la sciento

HUMAN RIGHT WATCH, maintenant on sait que c’est, (comme d’hab’), la CIA qui pilote la fausse ONG.

C’est ce genre d’ONG-là sans doute, que Bush voulait envoyer "gentiment" à Cuba (Il avait sûrement demandé conseil à "Dieu" avant). Heureusement que Fidel et Raul ne sont pas nés de la dernière pluie ! ET QUE CELLE-CI NE LES ABAT PAS, MÊME QUAND ELLE EST TEMPÊTE !

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Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article71406

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 11:45

 par Eva journaliste résistante
COME4NEWS  http://www.come4news.com/


Ingrid est utilisée pour lancer le produit Uribe. Contre l'espérance bolivarienne !
Le cancer de l'Amérique latine.
Promotion du produit Uribe.
Utilisation d’Ingrid.

Mes amis
Bravo pour le retour à la vie, en quelque sorte, d'Ingrid, cette femme courageuse, pugnace, idéaliste, qui a choisi une existence difficile..

Mais derrière l'hystérie médiatique, les lambris dorés, les mots onctueux, les autocongratu lations, les mises en scène étudiées et docilement répercutées partout... transperce une réalité bien trouble.

D'abord, l'ombre de l'Amérique des néocons se profile derrière ces événements, pour promouvoir "sa" vision des choses : Un monde soumis, un monde où les forts écrasent les faibles, un monde où l'on se livre une lutte acharnée pour le pouvoir, l'argent idolâtré, les meilleures places, sans tenir compte du prix payé par la multitude. Sarkozy, en France, en est l'illustre représentant  : Concurrence, compétition acharnée, réussite, profit, guerres préventives illimitées, choc des civilisations, etc.... au détriment de l'humain, tout simplement.

Ensuite, les médias commencent leur travail de promotion de l'Ordre impérial, manichéen, d'un côté le bon Uribe, de l'autre le méchant Chavez. Par exemple, sur FR3, un commentateur déclare : "Le grand vainqueur est Uribe, le grand vaincu est Chavez". Non, Monsieur, le grand vainqueur est l'Empire du Mal, matérialiste, cynique, cupide, et les grands vaincus, ce sont les peuples, c'est l'espérance bolivarienne - qu'on veut assassiner comme on a tué Allende. Au bénéfice des multinationales américaines ! Cette Amérique-là est criminelle.

Les USA achètent tout, avec leurs dollars pourris. Même les consciences, même les idéaux. Ils ont acheté la libération d'Ingrid, et des guérilleros ont vendu leur âme pour un plat de lentilles à la sauce yankee. L'argent pervertit tout. Avec les Américains, on achète, on vend, même des êtres humains. On retrouve la grande époque de l'esclavage. En fait, dans leur mental, il est toujours vivant, prêt à resurgir. Car l'Empire veut faire de chacun de nous ses serfs, soumis et taillables et corvéables à merci. Et il achète des hommes qui étaient prêts à mourir pour leur idéal de Justice. L'Argent corrompt tout. Trahisons en série : Trahison des peuples, trahisons de causes justes, elles-mêmes perverties par le narcotrafic.

Ensuite, on nous ment. Opération 100 % colombienne, faux. Non-intervention de l'Empire, faux. Héros Uribe, faux : un ultraréactionnaire au service des Puissances de l'argent, un narcotrafiquant, un criminel.

Enfin, quel est le but de toute cette mascarade ?

Je vais vous le dire : Faire la  promotion du produit Uribe. Une valeur forte pour l'Empire. La Colombie, c'est l' Israël de l'Amérique Latine, qu'on voudrait transformer en cancer de cette région du monde. Détruisant peu à peu toutes les cellules d'un corps libre, de plus en plus bolivarien, indépendant, non aligné. Sous-marin d'un  "ordre" au service des multinationales de l'0ccident, de Wall street, de la City de Londres.  Et dépouillant les peuples de leur souveraineté, de leurs prérogatives, de leurs ressources, de leurs solidarités. C'est Chavez, le défenseur des pauvres, qui est visé.

Quelques heures après la libération d' Ingrid, j'alertais déjà sur les motivations réelles de toute cette mise en scène, j'étais la première à dire qui étaient les vrais acteurs (La CIA et le MOSSAD).. Maintenant, tout éclate au grand jour. Plus ou moins ! Et plutôt moins que plus...

Et je pense aussi que, d'une certaine façon, c'est la liberté qu'on est en train de tuer. La liberté pour les peuples de se choisir un destin, au lieu de subir la loi du plus fort, de l'argent Roi, du Veau d'or.

Oui, on ne vous dit pas tout, car on ne vous dit pas trop qu'Uribe veut brider un 3e mandat, ce qui est anti-constitutionnel, en profitant de sa popularité, et pour servir l'Empire : Pas son peuple, pas les peuples. Il s'agit de sauver les multinationales, de tuer l'espérance bolivarienne. Il faut offrir au vampire anglo-israélien le sang de millions d'êtres humains. Pour qu'il prospère, lui. Lui, et lui seul. Au détriment du plus grand nombre.

Maintenant, les médias scélérats vont faire leur boulot d'intoxication. Sarkozy va gagner quelques points, et d'ailleurs hypocritement il vient, devant les caméras du monde entier, d'évoquer "tous ceux qui souffrent dans le monde" tandis qu'à l'Assemblée, dans le silence assourdissant de la presse, les élus travaillent à la démolition du modèle social français. Et le produit Uribe, le principal narcotrafiquant d'Amérique latine, va être promu, afin de commencer à entreprendre méthodiquement la lutte contre les peuples de cette région du monde - contre l'idéal de Justice, donc.

Ingrid, chère Ingrid, ne vois-tu donc pas que tu es utilisée, tout simplement ? Non seulement pour redresser la courbe de popularité de Sarkozy, mais pour la promotion d'un Ordre injuste qui n'est pas le tien. En définitive, afin de tuer l'espérance populaire incarnée par les Chavez, les Morales, etc …

Oui, je le répète, l’Empire, via les médias collabos, a gagné. Et le peuple a perdu.

Une fois de plus...

Votre Eva 
http://r-sistons.over-blog.com/ 

http://www.come4news.com/on-cherche-a-tuer-lesperancebolivarienne-257658

 

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 10:17

Hugo est un salaud (c’est pas en France qu’on verrait ça !)

dimanche, 8 juin 2008 | par Sébastien Fontenelle

 

Le régime du président Hugo Chavez prend décidément des allures de tyrannie policière. C’est Le Monde qui le dit et ça doit (forcément) être vrai, parce que Le Monde est, comme on sait, un journal de référence - où chaque mot, par conséquent, est (longuement) pesé. Le Monde affirme ainsi, dans son édition d’aujourd’hui, que le président « Hugo Chavez impose une loi obligeant les Vénézuéliens à collaborer avec les services secrets ».

On lit ça, on est pris d’effroi, et on se rassure en se disant que c’est pas en France qu’on verrait ça, Dieu merci.

Que dit cette loi qui « tente d’imposer » au Venezuela « des pratiques policières ordinairement en vigueur dans les Etats autoritaires » ? Que dit cette « loi Gestapo » qui vise à "transformer tout citoyen en un délateur potentiel" ? Cette loi « contraint toute personne, entreprise ou organisation, quels que soient sa nationalité ou son statut, à collaborer, si besoin, avec les services de renseignement » - et « les récalcitrants risquent jusqu’à quatre ans de prison ».

Fichtre.

C’est pas en France qu’on verrait ça - n’en déplaise au journaliste Guillaume Dasquié, placé en garde à vue en décembre 2007 pour avoir publié des morceaux de pièces confidentielles de la DGSE, et que des barbouzes ont pressuré pour lui faire dire qui lui avait transmis ces documents, et qui, pour n’avoir pas collaboré avec les services de renseignement, a finalement écopé d’une mise en examen pour « détention de documents ayant le caractère d’un secret de la défense nationale ».

Autre exemple - autre preuve, d’après Le Monde - que le président Hugo Chavez est un natural born caudillo : désormais, « la publication d’informations considérées comme confidentielles ou secrètes entraîne », au Venezuela, « des responsabilités civiles, pénales ou administratives ».

Et là encore : c’est pas en France qu’on verrait ça.

N’en déplaise au camarade Guillaume Dasquié, mis en examen, aussi, pour « divulgation de documents ayant le caractère d’un secret de la défense nationale » : une infraction passible, au pays de Sarkozy, non de quatre ans de prison, comme dans la triste « loi Gestapo » du président Hugo Chavez, mais bien plutôt de cinq ans d’incarcération.

Enfin, et c’est pour Le Monde la mère de toutes les preuves de la brutalité mussolinienne du président Hugo Chavez : la même loi autorise « les services à agir sans ordre judiciaire, notamment en matière d’écoute téléphonique et à utiliser des "preuves secrètes", "dans l’intérêt stratégique national ».

Encore un fois : c’est pas en France qu’on verrait çà - n’est-ce pas ?

Sauf, bien sûr, dans les cas, nombreux, où des écoutes téléphoniques « administratives » sont faites sans ordre judiciaire. Et dans le cas, évidemment, où de vaillants juges antiterroristes assomment des « Français de Guantanamo » de « preuves secrètes » issues des fichiers de la DST…

On l’aura compris : dans la vraie vie, le Venezuela du président Chavez vient de se doter d’une loi qui le met, pour ces matières, (presque) au niveau de la France du président Sarkozy - et qui, naturellement, est une plaisanterie pour cour de récré de maternelle, au regard de la (très) liberticide scélératesse du « PATRIOT Act » étatsunien.

Mais du point de vue du Monde, ce n’est manifestement pas la même chose, et en effet il y a une différence de poids : c’est que jamais ce respectable journal de référence n’a dénoncé, en France, « des pratiques policières ordinairement en vigueur dans les Etats autoritaires », ou des « lois Gestapo » destinées à « transformer tout citoyen en un délateur potentiel. »

Et que, bien sûr, jamais Le Monde n’aurait osé un titre aussi impertinent que : « Nicolas Sarkozy maintient des lois obligeant les Français à collaborer avec les services secrets ».

Nicolas est sympa, Hugo est un salaud : le monde, vu par Le Monde, est d’une simplicité qui émeut…
link

http://www.bakchich.info/article4046.html 

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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 10:39

L'ordinateur de Gauche et l'ordinateur de Droite

Romain Migus

 

Le 1er mars 2008, 10 bombes GBU 12 Paveway de 227 kilos chacune explosaient en pleine jungle équatorienne rasant toute la végétation aux alentours et laissant des cratères de 2.40 mètres de diamètre et 1.80 mètres de profondeur. (1). La Colombie venait de violer la souveraineté de l'Equateur et d'assassiner Raul Reyes, le principal négociateur pour la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages retenus par la guérilla.  

 Au sol, les combattants des FARC et des étudiants de l'Université de Mexico ne résistèrent pas à un bombardement d'une telle ampleur. En revanche, gisait au beau milieu des cratères, un ordinateur indestructible qui contient, selon Bogota, des informations cruciales sur les alliances régionales. 

Cet ordinateur dont la marque n'est malheureusement pas connue, c'est l'ordinateur de Raul Reyes. C'est l'ordinateur de gauche.  

Rappelons avant d'aller plus loin que les relations avec les FARC sont tout ce qu'il y a de plus normales pour les voisins de la Colombie. L'ancien vice président vénézuélien, José Vicente Rangel, rappelait il y a peu, qu'avant l'arrivée de Chavez au pouvoir, un responsable des FARC disposait d'un bureau au Ministère des Affaires Etrangères vénézuélien, notamment pour traiter des dommages collatéraux du conflit colombien au Venezuela. Imaginez qu'une armée de 15.000 hommes en guerre contre le pouvoir suisse stationne prés du lac Léman. Il y a fort à parier que le gouvernement français, mais aussi les autorités régionales et locales entretiendront des relations avec des responsables de cette armée pour éviter des dérapages en France.

  

Le Venezuela et l'Equateur : cibles des accusations 

Le 3 mars, soit deux jours à peine après l'agression de l'Equateur par la Colombie, le gouvernement de Alvaro Uribe commence à dévoiler une partie du contenu de l'ordinateur de gauche. Les preuves abonderaient pour prouver l'alliance régionale entre l'Equateur et le Venezuela et la FARC.  

Dans le cas du Venezuela, Chavez est accusé d'avoir reçu 100 millions de pesos (environ 35.000 euros) de la Guérilla lorsqu'il était en prison (1992-94), et en retour de financer la guérilla pour 300 millions de dollars. De même, le Venezuela est accusé de faciliter le trafic d'armes pour le compte des FARC voire même d'armer les rebelles colombiens.  

En ce qui concerne l'Equateur, les autorités colombiennes accusèrent le Ministre de l'Intérieur équatorien, Gustavo Larrea, de connivence avec les FARC. Une photo prétendument tirée de l'ordinateur de gauche montre Raul Reyes conversant selon les autorités colombiennes avec le Ministre équatorien. La nouvelle fait le tour du monde, jusqu'à ce que Patricio Echegaray, secrétaire général du Parti Communiste Argentin déclare que c'est lui qui apparaît sur la photo. Qu'importe, le mal est fait. De plus, d'autres documents prouveraient la connivence de Quito avec la FARC.  

Les gouvernements équatorien et vénézuélien rejettent ces accusations, soulignant l'invraisemblable indestructibilité de l'ordinateur et le fait que Bogota ait pu fabriquer des fausses preuves.  

Alvaro Uribe va donc faire appel à INTERPOL pour donner une résonance médiatique mondiale à ses accusations.  

Une mission de crise est envoyée à Bogota. Elle est dirigée par un ancien directeur du département du Trésor états-unien et ancien fonctionnaire du Ministère de la Justice de ce pays: Ronald Kenneth Noble, actuel secrétaire général d’INTERPOL. Imaginons un instant qu'un ancien fonctionnaire cubain, biélorusse ou iranien ait été nommé chef de cette mission et que son rapport favorise nettement le Venezuela. On peut légitimement penser que la machine médiatique aurait hurlé à la fraude. Mais il est bien connu que les Etats-Unis ne fraudent pas…

 

Que dit le rapport de Interpol ? (2)

-     Que les fichiers des ordinateurs, des disques durs externes et des clés USB pèsent 609.6 gigaoctets soit 39.5 millions de pages Word.  

En conférence de presse, Ronald Kenneth Noble, a souligné que vu l'ampleur des fichiers cela prendrait plus de "mille ans pour en vérifier le contenu" et qu'Interpol n'avait pas vérifié l'authenticité du contenu des preuves. Autrement dit, ce qu’Interpol peut fait en mille ans, les Colombiens l'ont réalisé en 48 heures, du 1er mars date du bombardement, au 3 mars, date de la première déclaration sur les soi-disant preuves de l'ordinateur de gauche. Notons au passage que les informaticiens colombiens allient la rapidité à la chance puisqu'ils ont seulement ouvert des fichiers incriminant le Venezuela et l'Equateur. Rien sur les relations des FARC avec la France ou le Brésil, par exemple.

Que s'est-il donc passé durant ces 48 heures ? Le rapport d'Interpol est limpide:  

- "L’accès aux données contenues dans les huit pièces à conviction informatiques provenant des FARC entre le 1er mars 2008, date à laquelle elles ont été saisies par les autorités colombiennes, et le 3 mars 2008 à 11 h 45, lorsqu’elles ont été remises au Grupo Investigativo de Delitos Informáticos de la Police judiciaire colombienne, n’a pas été effectué conformément aux principes reconnus au niveau international (c'est nous qui soulignons) en matière de traitement des éléments de preuve électroniques (…)  En d’autres termes, au lieu de prendre le temps de créer des images des contenus de chacune des huit pièces à conviction saisies en les protégeant contre l’écriture avant d’y accéder, ils ont accédé directement aux données en question."  

Bizarrement, c'est précisément durant ce laps de temps où la police judiciaire colombienne attend les ordinateurs que sont révélées les soi-disant preuves. C'est-à-dire que ces soi-disant preuves ne sont pas le travail scientifique des informaticiens de la police mais d'une officine de l'armée colombienne qui n'a pas pris le soin de créer des images des contenus des documents avant de les ouvrir.

 

- De plus selon le rapport d'Interpol, des fichiers systèmes ont été crées ou modifiés après le bombardement du camp guérillero: 

"83. L’examen de la pièce à conviction N° 26 – un ordinateur portable – a révélé les incidences suivantes sur les fichiers le 1er mars 2008 ou après cette date :

273 fichiers système ont été créés ;

373 fichiers système et utilisateur ont fait l’objet d’accès ;

786 fichiers système ont été modifiés ;

488 fichiers système ont été supprimés."  

(C'est identique pour toutes les pièces à convictions: voir les points 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90 du rapport)  

-         Certes le rapport affirme que les fichiers utilisateurs (texte Word, photos, etc…) n'ont ni été modifiés ni crées après le 1er mars. Mais dans la même conclusion, Interpol souligne qu'il existe dans toutes les pièces à conviction des milliers de fichiers datés de 2009 ou 2010.

 

Concernant ces fichiers, Interpol conclut "que ceux-ci ont été créés à une date antérieure au 1er mars 2008 sur une ou plusieurs machines dont les paramètres de date et d’heure système étaient incorrects." 

Or comment attester de l'authenticité des fichiers s'il est si simple de changer la date de la création du document ? Autrement dit, l'officine de l'armée colombienne qui a eu pendant 48 heures les pièces à conviction aurait très bien pu créer un document en l'antidatant. Surtout si comme le révèle Interpol les fichiers systèmes ont été modifiés.  

Comme on le voit, le rapport d'Interpol soulève plus de questions sur la validité des documents de l'ordinateur de gauche qu'il n'apporte de réponses. Qu'importe, le tsunami médiatique s'abat déjà sur le Venezuela (mais pas sur l'Equateur, allez savoir pourquoi…). Marie Delcas du Monde (3), confondant le travail de juge avec celui de journaliste, reprend à son compte les accusations du gouvernement colombien, alors que, rappelons-le, d'une part Interpol ne s'est pas prononcé sur le contenu des documents, d'autre part le rapport jette de forts doutes sur l'authenticité de l'origine des documents. 

On aimerait que Marie Delcas puisse répondre à l'invitation lancée par le président équatorien Rafael Correa depuis Paris le 13 mai dernier: "Nous ne donnons aucune crédibilité à ces ordinateurs, mais si quelqu'un le fait, alors il devra aussi  accorder de la crédibilité lorsque les FARC accuse Uribe d'être un paramilitaire et un narcotrafiquant". Jusqu'à maintenant, pas une ligne dans le Monde ou dans les autres media sur ce sujet… 

Et pourtant…

 

L'ordinateur de droite

 

Et pourtant, il existe un autre ordinateur. Celui-là a encore son propriétaire vivant pour authentifier les documents saisis. Cet ordinateur-là appartient au chef paramilitaire Rodrigo Tovar, alias "Jorge 40". C'est l'ordinateur de droite. 

Dans l'ordinateur de droite, saisi en 2006, ont été trouvées des preuves de plus de 50 assassinats perpétrés par les paramilitaires (4)[ contre des leaders syndicaux et de mouvements sociaux en 2005 et 2006.  

De plus, une liste d'élus colombiens (sénateurs, députés, maires, gouverneurs) parrainés par les paramilitaires va être mise à jour. Des dizaines d'élus bénéficient de la protection, du financement, des contacts et des moyens de pression des paramilitaires. Et plus grave, l'ordinateur de droite compte mêmes des preuves de fraudes électorales organisées par les paramilitaires pour diverses élections dont celle du président Alvaro Uribe.  

L'ordinateur de droite va être le déclencheur du scandale de la parapolitique en Colombie. Ce néologisme fait allusion au lien unissant certains hommes politiques, des membres des services secrets, des hommes d'affaires avec les groupes mafieux paramilitaires, connus entre autre pour découper leurs victimes à la tronçonneuse et jouer au football avec leur tête.  

A-t-on eu besoin d'appeler Interpol pour prouver l'authenticité des documents trouvés dans l'ordinateur de droite ? Non, car son propriétaire, Jorge 40, a confirmé par la suite l'authenticité des documents. 

Mais Jorge 40 ne va pas s'arrêter à ce témoignage. Il confirme l'existence des Accords de Ralito. Une alliance officielle, avec documents signés à l'appui, entre quatre chefs paramilitaires et 29 personnalités politiques (députés, sénateurs, maire, gouverneurs de régions), un journaliste, et deux propriétaires terriens pour "refonder la Patrie" et "protéger la propriété privée". Lors de la signature de ces accords, on a pu noter la présence du conseiller de Nicolas Sarkozy, le bourreau argentin Mario Sandoval (5). 

Le scandale de la parapolitique touche désormais des ministres et l'actuel vice-président dont la famille possède le seul quotidien de diffusion nationale. Le cercle se réduit autour d'Alvaro Uribe.  

Qu'à cela ne tienne, les Etats-Unis viennent d'obtenir l'extradition de Jorge 40 et de 12 autres chefs paramilitaires. Jorge 40 et son ordinateur n'ont désormais plus de compte à rendre à la justice et au Peuple colombien. L'ordinateur de droite était gênant, on a pu le faire disparaître  discrètement pendant que tous les media parlaient de l'ordinateur de gauche. Raul Reyes, lui, n'est plus là pour témoigner de l'authenticité des documents de son ordinateur indestructible…

 

Notes :

[1] Rapport des Forces Armées Equatoriennes, cité par El Commercio: http://www2.elcomercio.com/noticiaEC.asp?id_noticia=178869&id_seccion=4

 [2] Rapport d'expertise d'Interpol sur les ordinateurs et le matériel informatique des Farcs saisis par la Colombie: http://www.interpol.int/Public/ICPO/PressReleases/PR2008/pdfPR200817/ipPublicAbstractFR.pdf

[3] Marie Delcas, "Le Venezuela est accusé d'avoir fourni armes et argent aux FARC", Le Monde, 16/05/08.

 [4] Pour en savoir plus sur les pratiques des groupes paramilitaires colombiens, lire l'excellent article de Jorge Chavez Morales, "Offensive paramilitaire au Venezuela": http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=32272.

 [5] Sur ce sujet voir Nora Veiras, "Talento Argentino para el gobierno de Francia", Pagina 12, 16/03/08. http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-100805-2008-03-16.html#inicio


 

 

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 22:55

Petit inventaire de la désinformation.
10 guerres, 10 média mensonges.

MICHEL COLLON 16 mai 2008

Chaque guerre est précédée d'un grand média mensonge. Aujourd'hui, Bush menace le Venezuela et l'Equateur. Demain, l'Iran ? Et après, à qui le tour ?
Avec, dans le rôle de la marionnette, le président Uribe, narcotrafiquant et massacreur d'Indiens (quatre millions de déplacés). Lequel Uribe prétend avoir trouvé dans l'indestructible ordinateur de Raul Reyes (FARC) des preuves du soutien de Chavez au « terrorisme » et de militarisation de la région.
Des journaux comme Le Monde répercutent cette campagne de propagande pour la prochaine guerre de Bush. Rappelons simplement combien de fois les mêmes Etats-Unis et les mêmes médias nous ont déjà manipulés. Chaque grande guerre est « justifiée » par ce qui apparaîtra plus tard (trop tard) comme une désinformation. Inventaire rapide...

1. VIETNAM (1964-1975) :
MEDIAMENSONGE :
Les 2 et 3 août, le Nord-Vietnam aurait attaqué deux navires US dans la baie du Tonkin.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
L'attaque n'a jamais eu lieu. C'est une invention de la Maison-Blanche.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher l'indépendance du Vietnam et maintenir la domination US sur la région.

CONSEQUENCES :
Millions de victimes, malformations génétiques (Agent Orange), énormes problèmes sociaux.

2. GRENADE (1983) :
MEDIAMENSONGE :
La petite île des Caraïbes est accusée de construire une base militaire soviétique et de mettre en danger la vie de médecins US.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Entièrement faux. Le président US Reagan a fabriqué ces prétextes de toutes pièces.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher les réformes sociales et démocratiques du premier ministre Bishop (qui sera assassiné).

CONSEQUENCES :
Répression brutale et rétablissement de la mainmise de Washington.

3. PANAMA (1989) :
MEDIAMENSONGE :
L'invasion vise à arrêter le président Noriega pour trafic de drogue.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Créature de la CIA, Noriega réclamait la souveraineté à la fin du bail du canal. Intolérable pour les USA.

VERITABLE OBJECTIF :
Maintenir le contrôle US sur cette voie de communication stratégique.

CONSEQUENCES :
Les bombardements US ont tué 2.000 à 4.000 civils, ignorés des médias.

4. IRAK (1991) :
MEDIAMENSONGE :
Les Irakiens auraient volé les couveuses de la maternité de Koweït-City.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention totale par une agence publicitaire payée par l'émir du Koweït,
Hill & Knowlton.

VERITABLE OBJECTIF :
Empêcher que le Moyen-Orient résiste à Israël et acquière son indépendance envers les USA.

CONSEQUENCES :
D'innombrables victimes par la guerre, puis un long embargo y compris sur les médicaments.

5. SOMALIE (1993) :
MEDIAMENSONGE :
Monsieur Kouchner se « met en scène » comme héros d'une intervention humanitaire.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Quatre sociétés US avaient acheté un quart du sous-sol somalien riche en pétrole.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler une région militairement stratégique.

CONSEQUENCES :
Ne parvenant pas à la contrôler, les Etats-Unis maintiendront la région dans un chaos prolongé.

6. BOSNIE (1992 - 1995) :
MEDIAMENSONGE :
La firme US Ruder Finn et Bernard Kouchner mettent en scène de prétendus camps serbes d'extermination.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Ruder Finn et Kouchner mentaient. C'étaient des camps de prisonniers en vue d'échanges. Le président musulman Izetbegovic l'a avoué.

VERITABLE OBJECTIF :
Briser la Yougoslavie trop à gauche, éliminer son système social, soumettre la zone aux multinationales, contrôler le Danube et les routes stratégiques des Balkans.

CONSEQUENCES :
Quatre années d'une guerre atroce pour toutes les nationalités (musulmans, serbes, croates). Provoquée par Berlin, prolongée par Washington.

7. YOUGOSLAVIE (1999) :
MEDIAMENSONGE :
Les Serbes commettent un génocide sur les Albanais du Kosovo.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Invention pure et simple de l'Otan comme le reconnut Jamie Shea, son porte-parole officiel.

VERITABLE OBJECTIF :
Imposer la domination de l'Otan sur les Balkans, et sa transformation en gendarme du monde. Installer une base militaire US au Kosovo.

CONSEQUENCES :
Deux mille victimes des bombardements OTAN. Nettoyage ethnique du Kosovo par l'UCK, protégée de l'Otan.

8. AFGHANISTAN (2001) :
MEDIAMENSONGE :
Bush prétend venger le 11 septembre et capturer Ben Laden.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
Aucune preuve que ce réseau existe. De toute façon, les talibans avaient proposé d'extrader Ben Laden.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler militairement le centre stratégique de l'Asie, construire un pipeline permettant de contrôler l'approvisionnement énergétique de l'Asie du Sud.

CONSEQUENCES :
Occupation de très longue durée, et forte hausse de la production et du trafic d'opium.

9. IRAK (2003) :
MEDIAMENSONGE :
Saddam posséderait de dangereuses armes de destruction, affirme Colin Powell à l'ONU, éprouvette en main.

CE QU'ON APPRENDRA PLUS TARD :
La Maison-Blanche a ordonné à ses services de falsifier des rapports (affaire Libby) ou d'en fabriquer.

VERITABLE OBJECTIF :
Contrôler tout le pétrole et pouvoir faire chanter ses rivaux : Europe, Japon, Chine...

CONSEQUENCES :
L'Irak plongé dans la barbarie, les femmes ramenées à la soumission et l'obscurantisme.

10 VENEZUELA - EQUATEUR - (2008 ?) :
MEDIAMENSONGE :
Chavez soutiendrait le terrorisme, importerait des armes, serait un dictateur (le prétexte définitif ne semble pas encore choisi).

CE QU'ON SAIT DEJA:
Plusieurs média mensonges précédents se sont déjà dégonflés : Chavez tirant sur son peuple, Chavez antisémite, Chavez militariste... Mais la diabolisation continue.

VERITABLE OBJECTIF :
Les multinationales US veulent garder le contrôle du pétrole et des autres richesses de toute l'Amérique latine, ils craignent la libération sociale et démocratique du continent.

CONSEQUENCES :
Washington mène une guerre globale contre le continent : coups d'Etat, sabotages économiques, chantages, développement de bases militaires près des richesses naturelles..

CONCLUSION:
Chaque guerre est précédée et 'justifiée' par un grand média mensonge. Et notre inventaire est loin d'être complet ! Empêcher les guerres, c'est d'abord démasquer ces média mensonges le plus tôt possible et le plus largement possible. Merci de diffuser ce texte, de le traduire si possible (la version espagnole arrive bientôt), et de nous communiquer ces traductions. Dans la guerre de l'info, la véritable force, c'est vous !

http://www.michelcollon.info/

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 17:36
Salim Lamrani*
 
         L’hostilité de l’administration Bush à l’égard du gouvernement vénézuelien a marqué un nouveau pas le 19 janvier 2008 avec les déclarations du « tsar antidrogue » étasunien John P. Walters. En effet, lors d’une visite en Colombie, ce dernier a accusé le président Hugo Chávez « d’être en train de se convertir en un grand facilitateur du trafic de cocaïne vers l’Europe et d’autres endroits de l’hémisphère ». Cette nouvelle attaque contre le plus populaire des leaders latino-américains, loin d’être gratuite, fait partie de la stratégie de diabolisation de l’administration bolivarienne orchestrée par la Maison-Blanche afin de justifier une action plus radicale contre le Venezuela. Désormais, Washington et Bogota tentent de lier le Venezuela au trafic international de drogue afin de ternir l’image du président Chávez1.
 
Attaques contre le Venezuela
 
         Quelques jours plus tard, le 24 janvier 2008, le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a déclaré qu’au moins trois chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) vivaient au Venezuela, sans fournir de plus amples détails. Au même moment, le vice-président colombien Francisco Santos a accusé le maire de Maracaibo Gian Carlo Di Martino de fournir des armes à la guérilla colombienne et plus précisément à l’Armée de libération nationale (ELN), en se basant sur une vidéo qui s’est révélée être fausse. Loin de faire marche arrière, ce dernier a même affirmé que l’élu vénézuelien serait capturé et emmené en Colombie2. Pour sa part, Di Martino a dénoncé « un montage qui dévoile le plan des Etats-Unis […] et du gouvernement colombien de provoquer un processus de déstabilisation a la frontière vénézuelienne3 ».
 
Les services de renseignement colombiens ont également accusé le Venezuela de fournir des munitions aux FARC et à l’ELN, suivant les déclarations du Département de la Défense des Etats-Unis4. L’opposition vénézuelienne a emboîté le pas à Washington et Bogota. Une ancienne responsable du Bureau national antidrogue (ONA), Mildred Camero, a déclaré que des supposés narcotrafiquants étaient « protégés par les autorités vénézueliennes et qu’ils agissaient avec une liberté absolue5 ».
 
         Le point commun entre toutes ces accusations est l’absence absolue de preuves ou de faits concrets étayant les diverses déclarations. Le président Chávez a dénoncé les manœuvres colombiennes et étasuniennes. « J’alerte le monde à ce sujet : l’empire nord-américain est en train de créer les conditions pour générer un conflit armé entre la Colombie et le Venezuela », a-t-il souligné. « En moins d’une semaine le chef des forces armées de l’empire s’est rendu en Colombie [suivi par] le tsar antidrogue qui a dit que j’étais un ‘grand facilitateur’ du narcotrafic », a-t-il ajouté, fustigeant par la même occasion les déclarations du ministre colombien de la Défense6.
 
         Le président du Nicaragua Daniel Ortega a également mis en garde la communauté internationale contre le danger représenté par l’actuelle campagne destinée à lier le Venezuela au trafic de drogue. « Les Etats-Unis sont en train d’utiliser le territoire colombien […]. Il s’agit d’un pays qui est militairement occupé par les Etats-Unis, pour essayer de détruire cet espace qui est en train de s’ouvrir en Amérique latine », a-t-il noté. « Nous espérons que le peuple colombien pourra freiner l’attitude de son gouvernement afin qu’il ne commette pas la folie de provoquer une confrontation7 ».
 
Alvaro Uribe et la Drug Enforcement Agency impliqués dans le trafic de drogue
 
         En réalité, le seul haut dirigeant à être impliqué dans le trafic de drogue est le président colombien Alvaro Uribe, comme le souligne une source au-dessus de tout soupçon : un rapport d’intelligence du Département de la Défense des Etats-Unis de septembre 1991 détaille les relations de ce dernier avec le cartel de Medellín et les paramilitaires. Ce document confidentiel liste 104 « délinquants, assassins, trafiquants et avocats suspects » dont « Alvaro Uribe, homme politique et sénateur colombien consacré à collaborer avec le Cartel de Medellín ». Le rapport ajoute que « Uribe a été lié à […] des activités narcotiques aux Etats-Unis […], il a travaillé pour le Cartel de Medellín et est un ami proche de Pablo Escobar Gaviria8 ».
 
         Un mémorandum élaboré par l’avocat du Département de la Justice des Etats-Unis Thomas M. Kent révèle également que l’Agence de lutte contre la drogue (Drug Enforcement Agency DEA), qui fait partie du Département de la Justice, a régulièrement collaboré avec les narcotrafiquants colombiens et les paramilitaires et que ses fonctionnaires « sont des agents corrompus dans la guerre contre la drogue ». Ce document constitue un réquisitoire implacable contre la DEA et affirme, entre autres, que de nombreux fonctionnaires sont à la solde de criminels colombiens, qu’ils sont complices d’assassinats d’informateurs et directement impliqués dans le soutien des opérations de blanchiment d’argent des escadrons de la mort. Le mémorandum ajoute également que les agents corrompus jouissent de la protection des plus hautes instances gouvernementales9.
 
         Le mémorandum de Kent, daté du 19 décembre 2004, s’est basé sur les déclarations d’agents de la DEA en Floride écartés du service pour avoir osé dénoncer les cas de corruption. Selon l’avocat étasunien, ces derniers ont fait face à « des risques terribles pour leurs carrières et leur sécurité, ainsi que la sécurité de leurs familles » pour avoir révélé « les noms de ceux qui sont directement impliqués dans l’activité criminelle à Bogota et aux Etats-Unis10 ».
 
         D’après Kent, un agent de la DEA a été impliqué dans une activité criminelle en collaborant avec les escadrons de la mort de l’organisation paramilitaire Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), responsable de plusieurs milliers d’assassinats. Le mémorandum expose « son implication dans le blanchiment d’argent pour les AUC ». Loin d’être traduit en justice, ce même agent a été promu et « s’occupe désormais de nombreuses enquêtes de stupéfiants et de blanchiment d’argent ». L’avocat affirme que les fonctionnaires du Département de la Justice ont classé l’affaire compromettante sans suite. « En juin 2004, la OPR [Office of Professional Responsability, qui est une branche de la DEA] et la DEA […] ont demandé à mon agent chargé du cas de leur fournir toutes les informations […]. Une semaine plus tard, l’enquête sur le blanchiment d’argent fut close11 ».    
 
          Le mémorandum de Kent détaille également trois cas impliquant des agents de la DEA en Colombie. Les fonctionnaires en question ont participé à une conspiration visant à assassiner des informateurs qui sont passés aux aveux. « Ils ont effectué d’étonnantes révélations au sujet des agents de la DEA à Bogota. Ils ont affirmé qu’ils avaient été assistés dans leurs activités narcotiques par les agents. Ils ont allégué de manière spécifique que les agents leur fournissaient des informations sur les enquêtes et d’autres activités en Colombie », a écrit l’avocat. Les agents de Bogota ont ensuite rencontré l’informateur auteur de la confession. « En sortant de la réunion, il fut assassiné », affirme le mémorandum. « D’autres informateurs […] qui ont travaillé avec le groupe de la DEA en Floride ont également été assassinés. Chaque assassinat a été précédé d’une demande d’identification de la part d’un agent de la DEA12 ».
 
         Les agents de la DEA à Bogota ont également empêché plusieurs informateurs de se rendre aux Etats-Unis pour témoigner. Alors qu’ils étaient chargés de s’occuper de leur voyage, les fonctionnaires de Bogota ont procédé à leur arrestation. Le mémorandum souligne que « les informateurs ont été détenus neuf mois alors que fusaient les accusations. Une fois que l’on a pu démontrer que les agents à Bogota mentaient, les informateurs ont été libérés. L’un des informateurs a été enlevé et assassiné à Bogota, où il se cachait13 ».
 
         Par ailleurs, les agents de la DEA en Colombie ont empêché un informateur de rencontrer des agents venus de Floride dans le cadre d’une enquête les concernant. Ils n’ont d’ailleurs pas lésiné sur les moyens. « Un agent de Bogota qui s’est rendu à Washington a affirmé cette fois que l’informateur était un pédophile. L’enquête fut mise de côté. L’agent fut sollicité pour étayer son affirmation mais il n’a plus apporté aucune preuve14 ».
 
La légitimité morale de Washington et de Bogota mise à mal
 
         Les révélations de l’avocat Kent sont accablantes aussi bien pour la Colombie que pour les Etats-Unis et mettent à mal leur légitimité morale pour s’ériger en donneurs de leçons. Quant au président Uribe, le rapport du Département de la Défense est implacable à son égard et démontre son implication dans le crime organisé et le trafic international de drogue.
 
         Uribe n’est pas le seul haut responsable colombien à être impliqué dans le trafic de stupéfiants. Un général de l’armée colombienne à la retraite, Pauselino Latorre, ancien commandant des services de renseignement, ainsi que son neveu Leobardo Latorre, lui-même ancien procureur de l’unité anti-narcotique du Parquet ont été arrêtés en janvier 2008 pour blanchiment d’argent à hauteur d’un million de dollars et association avec les mafias de la drogue. Ils avaient élaboré un système pour envoyer des quantités substantielles de cocaïne (dix tonnes par mois) non seulement aux Etats-Unis mais également en Europe et en Afrique15.
 
Une réalité différente
 
         Il convient de rappeler certains éléments indispensables au sujet de la problématique du trafic de drogue et de faire la lumière sur la campagne de discrédit lancée par Washington et Bogota contre le Venezuela. En effet, le plus grand producteur de cocaïne et le plus important consommateur de cette substance au monde n’est pas le Venezuela mais la Colombie. Ensuite, les Etats-Unis restent le plus important consommateur de drogues de la planète et n’ont jamais agi contre les institutions financières impliquées dans le blanchiment d’argent en provenance du trafic de drogue16.
 
         L’administration Bush essaye de faire croire au monde que le Venezuela serait devenue la plaque tournante du trafic de drogue dans le monde. Le Département d’Etat a d’ailleurs placé, pour la troisième année consécutive, le pays dans la liste des nations ayant échoué dans la lutte contre le trafic de drogue. Cependant, le rapport mondial sur les drogues des Nations unies de 2007 contredit ces affirmations :
 
« Les expéditions vers l’Espagne transitent fréquemment, semble-t-il, par le Venezuela, le Brésil et un certain nombre d’autres pays, dont l’Équateur, la République dominicaine, l’Argentine et – c’est là une tendance nouvelle – le Mexique. Depuis deux ou trois ans, toutefois, la principale nouvelle tendance est l’expédition de cocaïne en Afrique de l’Ouest, généralement le long des côtes du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau et des îles Canaries, ainsi que dans d’autres pays situés le long du Golfe de Guinée, dont le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigeria et, plus à l’ouest, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, en vue d’une livraison ultérieure en Europe17 ».
 
         Par ailleurs, le Venezuela est reconnu pour sa lutte active contre le trafic de drogue. Depuis la rupture de la collaboration avec la DEA en 2005, les autorités bolivariennes sont passées de 43,25 tonnes saisies en 2004 à 77,52 tonnes en 2005. Au Venezuela, la DEA s’était rendue coupable d’activités conspiratrices et d’espionnage en faveur de l’opposition putschiste. La DEA a également bafoué à maintes reprises la législation vénézuelienne en procédant à l’arrestation de plusieurs individus, alors qu’il s’agit d’une compétence exclusive des autorités du pays. Caracas avait dénoncé « une flagrante violation de la souveraineté nationale » et une mise « en danger de la sécurité et de la défense de la nation18 ».
 
         Enfin, il est difficile d’accuser les autorités vénézueliennes d’attentisme ou d’immobilisme dans la lutte contre le trafic de drogue. En effet, selon le Bureau national contre les drogues (ONA), en 2007, 57 tonnes de drogues et 53 avions ont été saisis sur le territoire national. Treize laboratoires de production de cocaïne ont été détruits à la frontière colombienne ainsi que 60 pistes d’atterrissage clandestines. En outre, 126 autres pistes sont en passe d’être démantelées. Plus de 178 tonnes de substances chimiques ont été saisies ainsi que 23 immeubles, 25 embarcations, 18 avions, 53 fermes et 106 véhicules utilisés dans cette activité criminelle. Le Venezuela a également procédé à l’extradition de trois individus vers la Colombie en mars et avril 2007, répondant favorablement à une demande du Département administratif de sécurité (DAS) de ce pays. Un citoyen étasunien a également été déporté, suite à une demande de Washington19.
 
         Le Venezuela a investi 480 millions de dollars dans l’installation de radars permettant de contrôler l’espace aérien national, et plus particulièrement la frontière avec la Colombie. Plus de 380 fonctionnaires des services de la sécurité de l’Etat sont employés à plein dans la surveillance des éventuels trafics illicites et l’analyse des images satellites pour détecter les cultures illicites. En décembre 2007, pas moins de 14 survols de la zone frontalière ont été effectués20.
 
         Les institutions internationales telles que les Nations unies, mais également l’Organisation des Etats américains ont salué les efforts vénézueliens dans la lutte contre le trafic la drogue, notamment au niveau de l’utilisation du système interaméricain des données uniformes sur la consommation des drogues, l’application de programmes de prévention, la réalisation d’enquêtes nationales, la création d’un registre national de substances chimiques à contrôler, la promulgation de la loi organique contre le crime organisé, l’éradication systématique des cultures de drogues et la ratification de plusieurs conventions internationales de lutte contre les drogues21.
 
Ainsi, le rapport 2007 de la Commission interaméricaine pour le contrôle de l’abus de drogues (CICAD) reconnaît les efforts réalisés par le Venezuela. Caracas a également signé 50 accords bilatéraux avec 37 pays concernant la lutte contre le trafic de drogue. Le Bureau nationale anti-drogue a été distingué pour son efficacité par la plupart des pays de la région et également par des nations telles que l’Espagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas 22.
 
         Le gouvernement bolivarien a également élaboré une stratégie nationale pour lutter contre le trafic de drogue en construisant trois aéroports à Maracaibo, Margarita et La Guaira qui seront les seuls points d’entrée et de sortie pour les avions privés et permettront ainsi d’exercer un meilleur contrôle du flux aérien. Un système d’identification (IFF) a été mis en place et permet de suivre la trace des avions qui entrent illégalement dans l’espace aérien du pays. Un réseau national anti-drogues a également vu le jour et implique l’ensemble des services sociaux de la nation. Caracas a enfin lancé un plan quinquennal (2008-2013) innovateur pour rendre plus efficace la lutte contre le crime organisé avec notamment un meilleur contrôle des voies maritimes et aériennes23.
 
         Il sied de rappeler que les Etats-Unis, qui prétendent mener une guerre mondiale contre le trafic de substances illicites et qui accusent le Venezuela de manque de coopération dans ce domaine, ont empêché le gouvernement bolivarien d’acquérir des avions espagnols indispensables à la surveillance des frontières, car ces derniers contenaient des composants étasuniens. Washington a également interdit au Brésil de vendre 24 avions Tucanos à Caracas pour les mêmes raisons, alors qu’ils devaient être employés dans la lutte anti-drogues. Enfin, l’administration Bush a décidé de retirer deux radars de surveillance qui se trouvaient sur le sol vénézuelien24.
 
La double morale de Washington et les menaces de Bogota
 
         Comme cela est aisément constatable, la Maison-Blanche ne dispose guère d’autorité morale pour stigmatiser le Venezuela sur la question de la lutte contre la drogue. La crédibilité de Washington se retrouve fortement ébranlée et c’est la raison pour laquelle les appels du Département d’Etat et de son porte-parole Thomas A. Shannon à reprendre le dialogue à ce sujet avec le Venezuela ne peuvent pas être pris au sérieux25.
 
De plus, Caracas n’a jamais fait preuve d’ambiguïté à ce sujet et s’est, au contraire, montré très clair : « Le narcotrafic est une activité criminelle aux conséquences immorales et tragiques. Il produit des millions de dollars pour les cartels de la drogue, mais détruit physiquement et moralement des millions d’êtres humains qui peuplent la terre. La lutte contre le narcotrafic est une obligation éthique26 ».
 
         Hugo Chávez a réitéré sa mise en garde contre une éventuelle offensive colombienne contre le Venezuela. Ses soupçons ont de plus été confirmés par les services de renseignements des pays de la région27. Il a annoncé la mise en état d’alerte des forces armées car il « est possible que la Colombie se prête à une action militaire contre le Venezuela mais elle le regretterait pendant cent ans28 ». « J’accuse le gouvernement colombien de conspirer, agissant comme une marionnette de l’empire étasunien, et d’envisager une provocation militaire contre le Venezuela29 ».De son côté, Washington a nié une telle possibilité30.
 
         Lors d’une réunion avec les familles d’otages colombiens, le ministre vénézuelien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, a réitéré son souhait de maintenir des relations cordiales et pacifiques avec la Colombie et à apporter modestement sa contribution en faveur de la libération de tous les otages et de la paix. Les FARC viennent d’ailleurs d’annoncer la libération unilatérale de trois nouvelles personnes31.
 
         La campagne de désinformation lancée par la Maison-Blanche et relayée par Bogota n’a d’autre but que de ternir l’image du gouvernement vénézuelien. En effet, Washington n’accepte pas de voir une nation du sous-continent s’affranchir de sa tutelle et revendiquer son indépendance.
 
Notes
1 The Associated Press, « Venezuela rechaza acusación de zar antidrogas de EE.UU. », 21 janvier 2008.
2 Agencia Bolivariana de Noticias, « EEUU crea condiciones para generar conflicto entre Venezuela y Colombia », 26 janvier 2008.3 Agencia Bolivariana de Noticias, « Di Martino: El video es un montaje », 26 janvier 2008.4 Gonzalo Guillén, « Acusan a Chávez de suministrar balas a las FARC y el ELN », El Nuevo Herald, 21 janvier 2008.5 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Ex jefa antidrogas denuncia apoyo a narcos en Venezuela », 4 février 2008. Voir également The Associated Press / El Nuevo Herald, « Denuncian protección de narcos en Venezuela », 3 février 2008.6 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez : EEUU propicia conflicto armado Colombia-Venezuela », 26 janvier 2008.7 Ibid.8 Agencia Bolivariana de Noticias, « EEUU conoce vínculos del presidente de Colombia con el narcetráfico y el paramilitarismo », 23 janvier 20089 Agencia Bolivariana de Noticias, « DEA colabora con narcos y paramilitares en Colombia », 25 janvier 2008.10 Bill Conroy, « Leaked Memo : Corrupt DEA Agents in Colombia Helps Narcos and Paramilitaries. Internal Justice Dept. Document Alleges Drug Trafficking Links, Money Laudering and Conspiracy to Murder », The Narco News Bulletin, 9 janvier 2006. http://www.narconews.com/docs/ThomasKentMemo.pdf (site consulté le 10 février 2008).11 Ibid.12 Ibid.13 Ibid.
14 Ibid.15 Agencia Bolivariana de Noticias, « General y ex fiscal colombianos arrestados por pertenecer a mafia de la droga », 25 janvier 2008.16 Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », 23 janvier 2008.17 Office contre la drogue et le crime, 2007, rapport mondial sur les drogues Nations Unies, 2007, p. 81. http://www.unodc.org/documents/wdr/WDR_2007/wdr2007_french_web.pdf (site consulté le 10 février 2008).
18 Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », op. cit.19 Ibid.20 Ibid.21 Ibid.22 Ibid.23 Ibid.24 Ibid. Voir également : The Associated Press / El Nuevo Herald, « Venezuela instalará nuevos radares para combatir narcotráfico », 24 janvier 2008.25 Néstor Ikeda, « EEUU invita otra vez a Venezuela a ir al diálogo », The Associated Press / El Nuevo Herald, 23 janvier 2008.
26 Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », op. cit.27 Agencia Bolivariana de Noticias, « Présidente advierte que Colombia pudiera estar preparando ofensiva contra Venezuela », 3 février 2008.28 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez : Militares en alerta ante posible amenaza de Colombia », 2 fevrier 2008.9 Jorge Rueda, « Chavez : Colombia Plans ‘Aggression’ », The Associated Press, 26 janvier 2008.30 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Subsecretario de EEUU descarta conflicto armado Venezuela y Colombia », 23 janvier 2008.31 Agencia Bolivariana de Noticias, « Canciller Maduro reiteró el compromiso del Gobierno de Venezuela con la paz », 5 février 2008.
 
* Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 18:49
A propos de la couverture médiatique de la visite 
d'Alvaro Uribe en France

 La récente visite du président colombien en France a donné lieu à une couverture médiatique qui s'inscrit dans la droite ligne de ce que l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano nomme "le monde à l'envers".
 
Le scénario de base, la libération des Otages retenus par la Force Armée Révolutionnaire de Colombie (FARC), tel qu'il est présenté par les entreprises de communication françaises font ressurgir chez le lecteur français, tous les schémas et stéréotypes simplistes du wild, wild West des westerns hollywoodiens: des bandits ont pris en otage des fermiers innocents et leurs familles, heureusement le shérif du coin s'apprête à les libérer. Les bandits dans ce type de film, dont l'orientation politique est à peine voilée, c'est généralement les indiens ou les mexicains, bref ce sont des brutes. Le shérif, quant à lui, est l'archétype du citoyen étasunien dominant: blanc, libéral et désintéressé, entièrement dévoué à la défense du Bien, c'est le Bon. Généralement, le scénario, se complique lorsqu’ apparaît une figure hétéroclite qui vient rappeler au spectateur que tout n'est pas si simple. Ce truand pactise avec tout le monde pour en retirer un bénéfice personnel. De fait, il va gêner le Bon dans son combat pour le Bien, l'Ordre et la Morale.
 
Le spectateur ne saura jamais pourquoi les indiens prennent des otages (généralement une femme): ce sont des brutes qui agissent impulsivement. De même, à travers ce moyen de propagande que furent les westerns hollywoodiens, il n'apprendra rien sur la colonisation et l'extermination des Peuples premiers aux Etats-Unis. Quant au truand, même s'il génère quelque sympathie au début du film, les spectateurs le détesteront rapidement pour son côté roublard et manipulateur. Restent le Bon et la vision réductrice de la société, imposée par le scénariste. Le Bon, à la fin du film, triomphe toujours !
 
La couverture médiatique de la visite d'Uribe en France rappelle ces schèmes simplistes de la propagande cinématographique. Le Bon, c'est le président colombien Alvaro Uribe aimé par son Peuple qui l'a réélu, comme le souligne Paris-Match (1), avec 62% des voix. Qu'il ne fut réélu qu'avec 28% des citoyens qui ont la chance d'être inscrits sur les listes électorales colombiennes, personne n'en saura rien. Le Bon est le Bon parce qu'il est bon. Point.
 
Les brutes ne sont désormais plus ces bandits d'indiens et de mexicains. Ils sont toujours des bandits mais depuis le 11 septembre 2001, ce sont aussi des terroristes. Même si la thèse de l'enlèvement comme arme de guerre est fortement condamnable, nous n'apprendrons rien sur la genèse des armées de guérilla en Colombie. Ni sur le massacre des 3000 membres de l'Union Patriotique dont le souvenir force la FARC et l'Armée de Libération Nationale (ELN, par ses sigles en espagnol) à la méfiance pour rendre les armes. Rappeler les conditions sordides de l'emprisonnement des otages sans mentionner les actes de tortures, les massacres et les déportations massives de populations opérés par l'armée colombienne et ses alliés paramilitaires renforce l'évidence: les brutes sont des brutes parce qu'elles sont des brutes. Point.
 
Quant au Truand, il sera soumis à la force du syllogisme aristotélicien. Puisque le truand se refuse à appeler les brutes par leur nom, et puisque les brutes sont des brutes…pardon, des terroristes, alors le truand est lui-même un terroriste. Point.
 
Et un terroriste sans scrupule, car, selon Le Monde, la demande d'Hugo Chavez de considérer la FARC et l'ELN comme des groupes belligérants permettrait en fait "aux guérillas colombiennes de trouver un soutien officiel au Venezuela"(2). Le journal Libération, quant à lui, évoque la possibilité pour le gouvernement vénézuélien de vendre des armes à la FARC (3), dès lors que celle-ci serait considérée comme ce qu'elle est: une armée.
Evidement, cette version moderne du manichéisme des westerns hollywoodiens divisant le conflit entre la bonne vision d'Uribe et la mauvaise gestion du président Chávez ne résiste pas une seconde à une observation objective de la situation politique et militaire en Colombie.
 
Imaginons un autre scénario où notre Clint Eastwood colombien soit accusé par l'hebdomadaire étatsunien Newsweek dans son édition du 09/08/2004 (publication que l'on ne peut qualifier de brûlot gauchiste) d'avoir maintenu des liens étroits avec le trafiquant de drogue Pablo Escobar et le Cartel de Medellin; accusation qui s'appuie sur des documents déclassifiés du Pentagone. Imaginons qu'au lieu de défendre la veuve et l'orphelin enlevés par les brutes, celui-ci organise des opérations militaires et bombarde la zone où les otages doivent être libérés, comme l'a révélé Consuelo Gonzalez.
 
On pourrait même rajouter à ce scénario que le Bon, qui refuse de reconnaître que les brutes disposent d'une véritable armée, a consacré 6.5% de son produit intérieur brut (PIB) en dépenses militaires, en plus de l'aide étasunienne liée au Plan Colombie. C'est une forte somme pour un pays où il n'y a ni guerre ni armée rebelle. A titre de comparaison, le royaume d'Espagne, pourtant engagé dans les guerres d'Iraq et d'Afghanistan en 2003, consacrait pour cette année-là, 1.3% de son PIB aux dépenses militaires. 
 
Imaginons un scénario comme celui-ci, et dans le meilleur des cas, le public aura décroché depuis belle lurette au vue de la complexité du problème, dans le pire des cas, on peut penser que le Bon serait alors considéré comme un bandit de grand chemin.
 
Il est donc plus commode politiquement pour les entreprises de communication françaises de réduire le conflit colombien et les enjeux d'un accord humanitaire à une vision manichéenne aussi éloignée de la réalité que le président colombien ne l'est de la recherche d'une solution réelle au conflit qui ravage ce pays.
 
Pour avoir une idée plus claire, il faut déjà admettre que Chavez n'est pas un truand compromis avec la mafia malgré ce que laisse entendre la photo, et la légende qui lui correspond, qui introduit le reportage de Paris-Match consacré à Alvaro Uribe (4). Il faut aussi reconnaître qu'à la différence de son homologue colombien, il fut confortablement élu lors des élections présidentielles de décembre 2006. A titre d'exemple, Chavez et Uribe ont été élus avec quasiment le même nombre de voix, autour de 7.200.000 voix. A la différence près qu'au Venezuela, il y a 26 millions d'habitants et en Colombie 45.000.000; sans compter quelques millions de déplacés qui ont du fuir hors des frontières de ce pays.
 
Il faut avoir en mémoire qu'à la différence des manipulations politiciennes d'Uribe faisant modifier la loi approuvant la réélection du président par un Congrès acquis à sa cause, Chavez a proposé cette même modification constitutionnelle en referendum populaire. Referendum perdu et accepté comme tel. Il est aussi nécessaire d'avoir à l'esprit, qu'à la différence du Venezuela, où le spectre audiovisuel est acquis à l'opposition, la Colombie ne dispose d'aucune chaîne critique à l'égard de son président.
 
Admettons donc que le Bon ne soit pas bon, et que le Truand n'en est pas un. Qu'en est-il des Brutes? Sont-ils des brutes, ou une armée de brutes? C'est bien là le cœur du problème.
 
La FARC existe depuis 48 ans et de multiples rencontres entre cette guérilla et des personnalités internationales du monde politique et économique (notamment avec le président de Wall Street en 1999) avaient régulièrement lieu avant la présidence d'Uribe. Avec la classification de la FARC et de l'ELN comme groupes terroristes après les évènements du 11 septembre 2001, la volonté "d'exterminer" la guérilla s'est substituée à la possibilité de trouver une sortie négociée au conflit colombien. Or ni Alvaro Uribe ni ses prédécesseurs ne peuvent affirmer aucun succès militaire réel lorsqu'ils se sont engagés dans cette voie. Car pour mettre un terme à la guerre, il faut déjà reconnaître qu'il y ait une guerre. Pour négocier la paix, il faut déjà reconnaître des interlocuteurs aptes à la négociation.
 
Comble de l'absurde, un article de Paolo A. Paranagua dans le Monde datant du 13 août 2008. On y apprend qu' "à Bogota, trois procureurs enquêteurs spécialisés, au Parquet, dans les droits de l'homme, ont bien voulu répondre à nos questions sous couvert de l'anonymat. Ils estiment que les FARC violent les Conventions de Genève et le droit international humanitaire." (5)[i] Nous ne pouvons que féliciter Paranagua pour avoir respecté l'anonymat de ses sources, parce que dans le cas contraire, ces procureurs spécialisés auraient dû repasser leurs examens puisque les conventions de Genève s'appliquent aux conflits armés, ce qui officiellement n'est pas le cas de la Colombie. Soit il s'agit de Brutes, soit d'une armée participant à un conflit et devant se soumettre aux Conventions de Genève, et avec laquelle une sortie de la guerre est juridiquement possible.
 
La proposition du président Chávez de reconnaître la FARC et l'ELN comme force belligérante s'inscrit dans la volonté du gouvernement vénézuélien de contribuer à la recherche de la paix, tant espérée par le Peuple colombien. Cette proposition appuyée par Amnesty International, a pour but de jeter les bases d'un échange humanitaire et d'un accord de paix entre deux forces militaires qui combattent depuis près de cinquante ans. Réduire la perspective humanitaire de Caracas au scénario du Bon, de la Brute et du Truand tel que nous l'ont exposé les media français, est une tergiversation malsaine qui légitime le recours aux atrocités de la guerre que prônent Alvaro Uribe et son gouvernement.
 
Pour en finir avec la guerre qui ensanglante la Colombie depuis la mort de Jorge Eliécer Gaitán, la seule solution est une négociation, dont la reconnaissance des groupes guérilleros n'est que le premier pas. Privilégier cette option, lancée par le président Hugo Chávez, délivrerait le Peuple Colombien, prisonnier depuis trop longtemps des prétentions belliqueuses de ses gouvernements. Que cela plaise aux media français, ou non !
 
Romain Migus.
28/01/08
 
(1) Michel Peyrard, "Le double visage d'Alvaro Uribe", Paris-Match. (2) Paolo A. Paranagua, "La Colombie demande le soutien de l'Europe dans l'affaire des otages", Le Monde, 22/01/08.
 (3) Michel Taille, "Uribe plaide sa cause anti-FARC", Libération, 22/01/08.(4) Michel Peyrard, "Le double visage d'Alvaro Uribe", Paris-Match.
Sur la photo, on peut voir le président colombien lire un reportage mensonger de Paris-Match présentant Hugo Chávez comme le chef d'une famille mafieuse. La légende qui accompagne cette photo est sans équivoque. Elle rapporte les propos d'Uribe parcourant l'article calomnieux: "Et dire que, quand je me rends à Caracas, on me traite d'assassin…"(5) Paolo A. Paranagua, Les deux ex-otages colombiennes dénoncent les méthodes des FARC, Le Monde, 13/0108
 

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