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"Los Guerreros del Arcoiris"
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:19

Jeudi 24 mars 2011MauriceLemoine-copie-1.jpg

  « Les alliés de Kadhafi » : en ouverture de séquence du journal de 20 heures de France 2, le 20 mars, apparaît le chef de l’Etat vénézuélien Hugo Chávez – sans d’ailleurs qu’on entende ce qu’il dit. Et l’analyse s’arrêtera là. Pourtant, le rejet de l’intervention « militaro-humanitaire occidentale » – les atermoiements de la Ligue arabe ne faisant guère illusion – déclenchée contre la Libye ne fait pas des vagues qu’au Venezuela : sous des formes diverses, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, Cuba, l’Equateur, le Nicaragua, le Paraguay et l’Uruguay ont exprimé qui sa réprobation, qui sa condamnation.

On ne s’étendra pas ici sur le printemps arabe (Tunisie et Egypte dans un premier temps), accueilli avec chaleur à Caracas comme dans de nombreuses capitales latinoaméricaines. Des peuples qui se soulèvent contre des régimes autoritaires et figés inspirent, dans cette partie du monde, une immédiate sympathie. Mais il n’a échappé à personne que le soulèvement populaire tunisien a dû prendre de vitesse la réaction d’une grande puissance « patrie des droits de l’Homme », la France, soutien et amie indéfectible de M. Zine el-Abidine Ben Ali auquel, dans un premier temps, elle proposa du matériel pour mater la rébellion. Et que, confrontés à la révolte égyptienne, les Etats-Unis, n’abandonneront leur allié inconditionnel Hosni Moubarak qu’après avoir pris langue avec l’armée pour assurer une transition « sous contrôle » – sacrifiant un doigt pour sauver le bras.

Tout autre va être l’attitude de la « communauté internationale » – lire : les Etats-Unis et ceux qui leur sont inféodés – dès lors qu’une insurrection populaire, ni plus ni moins légitime que les précédentes, remet en cause le régime despotique de M. Mouammar Kadhafi. Le soutien immédiat à l’opposition, férocement réprimée, tranche avec l’attitude adoptée à l’égard de l’Egypte et de la Tunisie. Il trouvera son point d’orgue avec la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU) du 17 mars autorisant « à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et les zones peuplées menacés par une attaque » du pouvoir libyen.

Dirigeant atypique (il s’agit là d’un euphémisme) au pouvoir depuis le 1er septembre 1969, M. Kadhafi doit être resitué dans l’ « histoire longue » si l’on veut comprendre les réactions des dirigeants latino-américains. Il a, dans un passé lointain, été un leader anti-impérialiste, soutenant et finançant le combat anti-apartheid en Afrique du Sud, jouant un rôle dans l’accession à l’indépendance de l’Angola et de la Namibie, tentant (sans succès) de réunifier le monde arabe, rêvant de créer des Etats-Unis d’Afrique et appuyant nombre d’insurgés de par le monde (dont le Front sandiniste de libération nationale, au Nicaragua, dans les années 1970- 1980). Qu’il dirige la Grande Jamahiriya arabe libyenne d’une main de fer n’efface pas totalement, dans la conscience de nombre de dirigeants du « Sud », cette ombre portée. Pas plus que ne le fait son revirement, lorsque, désirant sortir du statut de « terroriste » auquel sa politique aventuriste et parfois criminelle l’a mené, il se rapproche des puissances occidentales, à la fin des années 1990, leur donnant accès au pétrole libyen et servant de supplétif à l’Union européenne dans sa lutte contre l’immigration clandestine.

Victime à de multiples reprises du « droit d’ingérence » autoproclamé de Washington, l’Amérique latine se montre très sensible dès lors qu’est abordé le thème de la souveraineté nationale. Tout en avançant dans le sens d’une plus grande intégration régionale, dont témoignent la naissance de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)1 et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur)2, elle refuse toute ingérence dans les affaires internes de quelque pays que ce soit ; les relations se font d’Etat à Etat. M. Kadhafi assiste donc, le 29 novembre 2006, à Abuja (Nigeria), au premier Sommet Amérique du Sud – Afrique (ASA) qui, à l’initiative du Brésil et du Venezuela, réunit quarante-sept pays des deux continents afin de renforcer la coopération en matière politique, technologique, environnementale, commerciale et sociale.

C’est en tant que président en exercice de l´Union africaine (UA), que M. Kadhafi participe au deuxième Sommet de l’ASA, sur l’île de Margarita, au Venezuela, en septembre 2009, en compagnie des représentants de soixante pays. Le document final du 27 septembre comporte cent quatre-vingt huit propositions destinées à renforcer la coopération Sud-Sud dans les domaines de l’énergie, de la lutte contre le trafic de drogues et d’êtres humains, de la crise économique mondiale, de la sécurité alimentaire, de la santé, de l’éducation, des changements climatiques, etc. L’ambition affichée étant à la création d’un monde multipolaire, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva affirme à cette occasion que le Conseil de sécurité « a perdu de sa crédibilité », avant d’ajouter : « Nous devons travailler ensemble pour le réformer ». L’ASA désigne les chefs d’Etat du Venezuela, du Brésil, du Nigeria et de la Libye, ainsi que l’UA et l’Unasur, coordinateurs régionaux de l’organisation. Il est décidé que la Libye, pays clé du Maghreb et du panorama africain, accueillera le troisième sommet de l’ASA en septembre 2011. Qu’on le veuille ou non, dans ce type de circonstance, des liens se créent.

suite  http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1489

 

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 18:40

  Roberto Hernández Montoya

  Il y a plus d’interrogations que de réponses sur l’actualité en Libye. Descartes disait que "nous devons supposer qu’il y a toujours un malin génie qui fausse notre perception, voilà pourquoi nous devons appliquer la méthode scientifique pour juger la nature du monde qui nous entoure" (Meditationes de prima philosophia ou Méditations métaphysiques).
   Au cours des événements du 11 septembre 2001, une vidéo a été montrée par les grandes corporations de télévision qui présentait un groupe de gens qui dansaient, quelque part au Moyen-Orient, en célébration macabre de la tragédie. Plus tard, il y eut un débat quant à la véracité de la vidéo.
  
Le monde a été trompé depuis le Venezuela avec une vidéo dans laquelle les partisans d’Hugo Chávez apparaissaient en train de tirer sur des manifestants pacifiques lors des protestations du 11 avril 2002. Un documentaire d’Ángel Palacios démontra plus tard la falsification. Un tabloïd utilisa Photoshop pour mettre un pistolet au lieu d’une rose dans une main de Chávez.
  
Il y a donc toujours une armée à travers le monde prête à consacrer du temps pour manipuler dans une seule direction tout ce que nous recevons des média. On appelle cela pensée unique (http://en.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_unique).
  
Nous ne pouvons pas savoir exactement ce qui se passe en Libye. Apparemment, deux pilotes de chasse libyens désertèrent vers l’île de Malte et deux diplomates démissionnèrent pour protester contre la répression. Le ministre de l’Intérieur a démissionné lui aussi. Mais toutes ces informations proviennent des malins génies des grands médias. Le secrétaire des Affaires étrangères britannique, William Hague, par exemple, a laissé entendre le 21 février que Kadhafi était en route vers le Venezuela, ce qui fut un mensonge plutôt rudimentaire. Avec des « faits » comme ça, il est très difficile de discerner une approche crédible de ce qui se passe.
  
Pour compliquer encore les choses, Kadhafi ne permet pas aux correspondants internationaux de communiquer quoi que ce soit directement à partir de la Libye et, toujours selon les médias occidentaux, il a également bloqué l’Internet. Tout cela ne semble pas plaider en faveur de Kadhafi. Quelqu’un qui est à l’aise au pouvoir ne se comporte pas de la sorte. Nous n’avons pas accès aux éléments essentiels pour apprendre ce qui se passe. Ce que nous savons bien, c’est qu’il y a de la perfidie, comme celle du William Hague.
  
Et pour compliquer les choses encore plus, nous connaissons toutes les procédures de Kadhafi, qui ne sont pas un modèle de démocratie, du moins comme nous la connaissons au Venezuela.
  
Attaqua-t-il vraiment les manifestants avec de l’artillerie? Son fils, Sayf el-Islam Muammar al-Kadhafi, a déclaré que le nombre de décès signalés par les médias occidentaux a été « exagéré », mais il parle de dizaines de morts,  ce n’est donc pas une « exagération exagérée »... Il a également admis que l’armée a été obligée d’utiliser ses armes contre les manifestants, ce qu’il considère comme une « erreur ». Les propos de Sayf ne sont pas rassurants et les faits qu’il rapporte sont plutôt condamnables.
  
Nous ne connaissons ni la société ni la structure politique libyennes. Comme Sayf dit, c’est une société tribale, et nous ne comprenons pas ce que cela a à voir avec la répression militaire qu’il rapporte. Tout ce que nous savons, c’est que c’est un pays très harcelé par les empires occidentaux, qu’il a été bombardé et vilipendé par la presse internationale, c’est-à-dire par les plus puissants médias du monde.
  
Ceci n’est qu’une petite partie de l’embrouillamini que nous avons à démêler pour comprendre les événements actuels en Libye.

Il est difficile de parler de la Libye, mais c’est encore pire ne pas le faire.

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 15:16
Du journalisme français comme expression de la lutte des classes au courage d’affronter la dictature médiatique
 En France, tandis qu’un gouvernement de droite détruit l’une après l’autre les conquêtes sociales, depuis les droits à la retraite à la rémunération des heures supplémentaires, et que tombent dans la pauvreté de plus en plus de personnes , la crainte d’une révolte sociale généralisée pousse les médias à renoncer à leur apparente neutralité pour occuper leur position de classe.
Des présentateurs-étoiles tels que Nicolas Demorand, Audrey Pulvar, David Pujadas, etc.. se montrent de plus en plus méprisants, ironiques ou agressifs envers les lutteurs sociaux et politiques dès que ceux-ci osent proposer une rupture avec le libre marché ou avec sa variante social-démocrate, ou à présenter une autre image du monde.

En guise d’échantillons voici deux exemples récents liées au contexte intérieur en France :

1 - Un document vidéo extraordinaire, archive indispensable pour ceux qui enseigneront un jour ce que fut le "journalisme” comme expression de la lutte de classes en France au debut du troisième millénaire : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/melenchon-a-demorand-remballez-vos-grands-airs-de-mepris_950320.html

 

2 – Une analyse de même importance publiée par le site ACRIMED :

Les indignations sélectives de Audrey Pulvar 22/12/2010 – Ou comment la journaliste de France Inter sermonne un délégué syndical.

Sur le plan international, l’appareil idéologico-médiatique français poursuit le même objectif d’isoler les peuples et d’anéantir tout espoir d’alternatives. Exemple parmi les plus anciens, celui de la révolution cubaine. Pour 95 % des politiciens de gauche et 100 % des médias de masse Cuba est une dictadure. Refuser de baisser la tête face à la propagande en vigueur depuis cinquante ans est un acte de grand courage, que beaucoup considèreraient comme un suicide politique.

Ce qui donne tout son prix à cette brève :



París, 5 janvier 2001 (PL) Le président du Parti de Gauche (PG) de France, Jean-Luc Mélenchon, a défendu aujourd’hui le modèle cubain et a exigé de respecter son indépendance et sa souveraineté, tout en dénonçant le blocus maintenu par les États-Unis.



Lors d’une interview à la radio nationale France Inter, Mélenchon a souligné que dans le contexte latino-américain, Cuba est actuellement une référence indiscutable, qui fait partie de tous les organismes régionaux.

Dans sa réponse aux questions des journalistes de la radio, Mélenchon qui est aussi député européen, a souligné que toute analyse de la réalité cubaine doit considérer la lamentable hostilité de Washington et plus de 50 ans d’enfermement économique de l’île.



"Systématiquement tous les ans l’Assemblée Générale des Nations Unies vote une résolution de condamnation de l’embargo, et chaque année les États-Unis s’en moquent et leurs alliés tolèrent cette attitude", a-t-il commenté.

Le dirigeant politique, ex-sénateur du Parti Socialiste dont il s’est séparé il y a près de deux ans a noté qu’alors qu’on garde le silence sur le dossier des cinqs lutteurs antiterroristes cubains, le Parlement Européen a couronné trois fois des “dissidents”.

"Quand vous (la presse française) parlerez des cinq cubains qui purgent de longues peines dans les prisons nord-américaines pour avoir empêché des actes terroristes, quand vous analyserez le blocus, alors peut-être accepterai-je de discuter du socialisme cubain avec vous" a-t-il ajouté.

Fuente : Prensa Latina et/ft

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1397&lang=es

 

Voir aussi : 29.01.2010. Le député européen Jean-Luc Mélenchon dénonce la déstabilisation menée par le "Parti de la Presse et de l’Argent" au Venezuela et en Bolivie 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 22:57

Brasilia, 9 déc. (Agences).

 

Le président du Brésil, Luiz Ignacio Lula da Silva, a défendu aujourd’hui l’australien Julian Assange, créateur du site Wikileaks, qui a publié des câbles confidentiels de la diplomatie nord-américaine et a appellé à protester face à son arrestation.

"J’apporte à Wikileaks ma solidarité pour la diffusion de ces choses et ma protestation contre la violation de la liberté d’expression ", a affirmé Lula à l’heure de faire le bilan de quatre ans du Programme d’Accélération de la Croissance (PAC) depuis le palais présidentiel de Planalto.

"Ils ont arrêté ce jeune homme et je ne vois aucune protestation contre la violation de la liberté d’expression. C’est amusant, il n’y a rien, rien contre la liberté d’expression d’un jeune homme qui tentait de publier sur internet un travail mineur réalisé par des ambassadeurs des États-Unis”, a précisé Lula.

“Dès qu’est apparu Wikileaks, le site qui dénude la diplomatie nord-américaine qui paraissait inaccesible et qu’on disait la plus vraie du monde, la recherche a commencé. J’ignore s’ils ont affiché des avis de recherche comme au temps du far-west, dans le style “wanted, mort ou vif”, mais ils ont arrêté ce jeune homme et je n’entends aucune voix de protestation”, a déclaré le président du Brésil.

Lula s’est aussitôt tourné vers un de ses fonctionnaires et lui a indiqué "Tu peux publier sur le Blog du palais présidentiel la première protestation contre la violation de l’expression sur internet, pour que les gens puissent protester, parce que le jeune homme n’a fait que publier que ce qu’il a lu".

Le mandataire brésilien a ajouté que "si (Assange) l’a lu, c’est que quelqu’un l’a écrit. Le coupable n’est pas celui qui l’a diffusé, c’est celui qui l’a rédigé. Au lieu de rejeter la faute sur celui qui l’a diffusé, il faut accuser celui qui a écrit ces choses sans lesquelles n’aurait pas éclaté le scandale actuel".

Après avoir indiqué qu’il ignore si ses ambassadeurs diffusent de tels câbles , Lula a souligné que Dilma doit savoir et dire à son ministre : “Si tu n’as rien à écrire, n’écris pas de bêtises, transmets le message en blanc”.

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article 12209
http://www.legrandsoir.info/Lula-appelle-a-protester-face-l-arrestation-du-createur-de-Wikileaks.html

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 14:34

Par Salim Lamrani - Le 28 octobre 2010


            Le 21 octobre 2010,   le Parlement européen a annoncé le nom du  lauréat  2010  du  Prix  Sakharov    « pour la liberté de l’esprit », et l’a attribué au dissident cubain Guillermo Fariñas Hernández. Selon l’institution européenne, ce dernier s’inscrit « dans une longue lignée de dissidents, défenseurs de droits de l’homme et de la liberté de pensée ». Le président du Parlement Jerzy Buzek a noté que l’opposant au gouvernement de La Havane « a été prêt à risquer sa santé et sa vie pour faire changer les choses à Cuba ». Il s’agit de la troisième fois en neuf ans qu’un opposant cubain reçoit cette distinction, après Les Dames en blanc en 2005 et Oswaldo Payá en 20021.
            Il convient de revenir sur le parcours personnel de Guillermo Fariñas et son entrée dans le monde de la dissidence à Cuba, avant d’évoquer la politisation du Prix Shakarov.

 Guillermo Fariñas
            Né le 3 janvier 1962, Guillermo Fariñas est un ancien soldat ayant servi en Angola en 1981, dans la lutte pour l’indépendance de la nation africaine et contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Il a longtemps été un fervent admirateur du processus révolutionnaire, et son père avait participé à la lutte contre la dictature de Fulgencio Batista aux côtés de Fidel Castro. Suite à la chute du Mur de Berlin en 1989 et à l’apparition des premières difficultés économiques à Cuba, il a alors abandonné les Jeunesses communistes, sans pour autant prendre une position politique contraire au gouvernement de Havane2.
Ce n’est qu’en 2003 qu’il effectue un virage idéologique à 180 degrés et tourne le dos aux idées qu’il avait auparavant défendues. Il intègre alors la dissidence et fonde l’agence de presse Cubanancan Press, financée par « des Cubains-américains anticastristes », selon l’agence étasunienne Associated Press3. Le Parlement européen signale qu’il est « partisan de la non-violence » et qu’il a mené « pas moins de 23 grèves de la faim pour attirer l’attention sur l’oppression des dissidents cubains et réclamer la liberté d’accès à Internet ». Il souligne également qu’il a passé onze ans en prison – en réalité neuf ans, mais n’a servi qu’un peu plus d’un an –, sans pour autant dévoiler les raisons de ses différentes condamnations4.
            A aucun moment, l’entité européenne n’affirme que ses séjours en prison sont dus à son activité politique pour la simple raison que ses incarcérations sont dues à des délits de droit commun. La discrétion du Parlement européen au sujet du casier judiciaire de Fariñas est compréhensible, car ses actes délictueux mettent à mal l’affirmation du caractère « non-violent » du Prix Sakharov 20105.
            En effet, Fariñas dispose d’un casier judiciaire chargé. En 1995, il avait été condamné à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 600 pesos après avoir violemment agressé une femme, collègue de travail de l’institut de santé dans lequel il occupait un poste de psychologue, lui occasionnant de multiples blessures au visage et aux bras. Il réalisa alors sa première grève de la faim6.
            En 2002, dans la ville de Santa Clara, dans la province de Las Villas, Fariñas avait agressé une personne âgée avec un bâton. Cette dernière, sérieusement touchée, fut transportée d’urgence à l’hôpital où elle dut subir une ablation de rate. Suite à ce délit, il fut condamné à cinq ans et dix mois de prison. Il observa de nouveau une grève de la faim et bénéficia d’une mesure de liberté surveillée le 5 décembre 2003 pour des raisons de santé7.
A ce sujet, l’agence de presse espagnole EFE se contente de déclarer qu’il avait été condamné « pour les délits de désordre public et agression », sans fournir de détails8. Pour sa part, Associated Press se fait plus explicite et rapporte que « certains de ses ennuis judiciaires sont dus à l’agression d’une collègue de travail et autres comportements violents9 ».
            En 2005, Fariñas entama une nouvelle grève de la faim, exigeant de l’Etat cubain que lui soit installé un accès Internet à son domicile. Il fréquenta la représentation diplomatique étasunienne de La Havane, la Section d’intérêts nord-américains, laquelle finance ses activités. Il reconnaît aisément cette réalité. Le quotidien français Libération note que « Fariñas n’a jamais nié avoir reçu des ‘dons’ de la Section des intérêts américains pour se procurer un ordinateur et exercer son métier de ‘journaliste indépendant’ sur Internet10 ».
            Mais Guillermo Fariñas a réellement été médiatisé à partir du 24 février 2010 lorsqu’il a entamé, à son domicile, une grève de la faim, qui a duré jusqu’au 8 juillet 2010, afin d’exiger la libération de ceux qu’il qualifie de « prisonniers d’opinion », en référence aux opposants condamnés pour avoir accepté le financement des Etats-Unis11. D’ailleurs, à ce sujet, l’Agence étasunienne pour le développement international (USAID), dépendante du gouvernement fédéral, admet financer l’opposition cubaine. Selon l’Agence, pour l’année fiscale 2009, le montant de l’aide destinée aux dissidents cubains s’élevait à 15,62 millions de dollars. « La grande majorité de cette somme est destinée à des individus se trouvant à Cuba. Notre but est de maximiser le montant du soutien dont bénéficient les Cubains dans l’île12 ».
L’organisation gouvernementale souligne également le point suivant : « Nous avons formé des centaines de journalistes sur une période de dix ans dont le travail est apparu dans de grands médias internationaux ». Cette déclaration met à mal les affirmations sur le caractère indépendant des « journalistes opposants » à Cuba. Ayant été formés et stipendiés par les Etats-Unis, ils répondent avant tout aux intérêts de Washington, dont le but est, comme le signalent les documents officiels du Département d’Etat », un « changement de régime » dans l’île13.
D’un point de vue juridique, cette réalité place de fait les dissidents qui acceptent les émoluments offerts par l’USAID dans la situation d’agents au service d’une puissance étrangère, ce qui constitue une grave violation du code pénal à Cuba, mais également dans n’importe quel pays du monde. Interrogée à ce sujet, l’Agence se contente de rappeler que « personne n’est obligé d’accepter ou de prendre part aux programmes du gouvernement des Etats-Unis14 ».
La dernière protestation de Fariñas avait gravement affecté son état de santé et il n’a dû sa survie qu’aux soins médicaux qui lui ont été prodigués par les autorités cubaines. Reconnaissant, il n’a d’ailleurs pas manqué d’exprimer sa gratitude à l’équipe médicale qui s’est occupée de lui, lors d’une interview concédée à la télévision espagnole alors qu’il se trouvait à l’hôpital15.
            Guillermo Fariñas n’a jamais eu de problèmes à exprimer son opinion à l’égard du gouvernement cubain. Il a joui à cet égard d’une liberté d’expression totale. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil à ses déclarations émises durant sa dernière grève de la faim16. Durant son séjour à l’hôpital, il a régulièrement accordé des entretiens à la presse occidentale, s’en prenant virulemment aux autorités de l’île. Voici quelques extraits d’une interview accordée à Reporters sans frontières le 8 avril 2010 : « Le régime castriste est totalement rétrograde, archaïque, avec un manque de flexibilité, d’humanité, avec une cruauté marquée qui laisse mourir publiquement ses opposants ». Fariñas n’hésite pas à faire référence au « régime totalitaire cubain » et dénonce sans problème « les cruautés, les abus et les tortures » qui seraient commis dans l’île 17.
            Fariñas n’est pas exempt de certaines contradictions. Alors qu’il se montre très critique du système cubain et compare la vie dans l’île à un enfer, il refuse d’émigrer malgré une proposition d’accueil de la part de l’Espagne18. Il est en effet curieux de refuser de vivre dans la neuvième puissance économique mondiale et de préférer rester dans un petit pays du Tiers-monde, en proie à des difficultés économiques indéniables, aggravées par l’embargo imposé par les Etats-Unis et par la crise mondiale. Il y a une raison à cela. En partant à l’étranger, Fariñas ne recevrait plus aucune aide financière ni des Etats-Unis ni de l’Union européenne.

 La politisation du Prix Sakharov
             Le Parlement européen a choisi, pour la troisième fois en neuf ans, un dissident cubain pour le Prix Shakarov, malgré la qualité des deux autres prétendants, l’ONG israélienne Breaking the Silence et l’opposante éthiopienne Birtukan Mideksa19.
Breaking the Silence a été créé en 2004 par des soldats israéliens et des anciens combattants et « montre au public israélien la réalité de l’occupation israélienne vue à travers les yeux des soldats. Elle participe au débat sur l’impact de l’occupation prolongée des territoires palestiniens », selon le Parlement. Quant à Birtukan Mideksa, il s’agit d’une femme politique et ancienne juge éthiopienne, leader de l’opposition, condamnée à la prison à vie en 2008, pour avoir dénoncé l’emprisonnement des opposants dans son pays, puis libérée en octobre 201020.
Il ne s’agit pas de critiquer Guillermo Fariñas pour son action. Il faut en effet une certaine dose de courage personnel pour risquer sa vie en observant une grève de la faim. Néanmoins, le choix du Parlement européen est discutable dans la mesure où il intègre d’abord et avant tout des paramètres politiques. En effet, dominé par la droite, le fait de récompenser une nouvelle fois l’opposition cubaine au détriment de toutes les personnes qui risquent véritablement leur vie à travers le monde pour défendre la cause des droits de l’homme et des libertés, ne peut être le fruit du hasard21.
De plus, cette distinction intervient alors que le gouvernement cubain a procédé à la libération de la quasi-totalité des prisonniers dits « politiques » recensés par Amnistie Internationale. Les treize restants, après la libération de 39 personnes depuis juillet 2010, seront libérés avant la fin du mois de novembre 2010, selon l’accord passé entre La Havane et l’Eglise catholique cubaine22. On ne peut que constater que la décision du Parlement repose surtout sur des critères idéologiques et jette une ombre sur la crédibilité des objectifs officiels du Prix Sakharov, à savoir la défense des droits de l’homme.
            Certains parlementaires européens ont critiqué cette décision, prise en comité restreint à huis clos lors de la Conférence des Présidents, en non en séance plénière en présence de tous les députés. L’eurodéputé espagnol Willy Meyer du groupe Izquierda Unida a regretté « l’option idéologique [prise par le Parlement] qui n’a rien à voir avec la défense des droits de l’homme dans le monde entier, à une époque de guerres et de graves problèmes où des milliers de militants des droits humains sont poursuivis dans le monde, et que leur travail n’est pas reconnu ou est occulté23 ». De son côté, María Múñiz, porte-parole des socialistes espagnols à la Commission des Affaires étrangères du Parlement, a regretté que les autres candidats aient été négligés et que la « progressive libération des prisonniers cubains dissidents » n’ait pas été prise en compte24.
Conclusion
            Guillermo Fariñas a choisi, comme les opposants cubains médiatisés par la presse occidentale, de vivre de l’activité dissidente, car elle offre des perspectives financières indéniables et un niveau de vie bien supérieur à celui des Cubains dans un contexte marqué par des difficultés économiques et les pénuries matérielles. Le Prix Sakharov n’est pas uniquement une distinction honorifique. Il s’agit également d’une forte rétribution économique de 50 000 euros. Cela représente une somme considérable, surtout pour les Cubains, quand on sait la réalité du système social dans l’île. En guise d’exemple, Fariñas n’a pas eu à débourser le moindre centime pour son hospitalisation de plusieurs mois, est propriétaire de son logement comme 85% des Cubains et bénéficie du carnet de rationnement qui lui permet d’obtenir gratuitement des produits alimentaires.
            Guillermo Fariñas a parfaitement le droit d’exprimer ouvertement son désaccord avec un système politique qu’il a défendu jusqu’à l’âge de trente ans. Il ne doit pas être critiqué pour cela. Ses antécédents judiciaires ne doivent pas non plus être occultés. Néanmoins, il est difficile de croire, au vu des puissants intérêts politiques et médiatiques occidentaux qui le soutiennent, que son action est réellement indépendante et uniquement axée sur la question des droits de l’homme. En acceptant les émoluments de la part de Washington – qui finance publiquement les opposants cubains –, il se met au service d’une politique destinée à renverser le gouvernement cubain.

 Notes
1 Parlement européen, « Gros plan sur les droits de l’homme : le Prix Sakharov 2010 », 21 octobre 2010. http://www.europarl.europa.eu/news/public/focus_page/015-84708-274-10-40-902-20101001FCS84570-01-10-2010-2010/default_p001c004_fr.htm (site consulté le 26 octobre 2010).
2 Ibid. ; EFE, « Fariñas, el rostro de la huelga de hambre or los presos políticos cubanos », 21 octobre 2010.
3 Associated Press, « EU Rights Prize for Cuban Dissident Farinas », 21 octobre 2010.
4 Parlement européen, « Gros plan sur les droits de l’homme : le Prix Sakharov 2010 », op. cit.
5 Ibid.
6 Alberto Núñez Betancourt, « Cuba no acepta presiones ni chantajes », Granma, 8 mars 2010.
7 Alberto Núñez Betancourt, « Cuba no acepta presiones ni chantajes », op. cit
8. EFE, « Fariñas, el rostro de la huelga de hambre or los presos políticos cubanos », op. cit.
9 Associated Press, « EU Rights Prize for Cuban Dissident Farinas », 21 octobre 2010.
10 Félix Rousseau, « Fariñas, épine dans le pied de Raúl Castro », Libération, 17 mars 2010.
11 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais.
Paris, Editions Estrella, 2009, p. 79-105.
12 Along the Malecon, « Exclusive : Q & A with USAID », 25 octobre 2010.
http://alongthemalecon.blogspot.com/2010/10/exclusive-q-with-usaid.html (site consulté le 26 octobre 2010).
13 Ibid.
14 Ibid.
15 59 segundos, « Cuba », 12 avril 2010. http://www.youtube.com/watch?v=RRxzicTmWz8 (site consulté le 26 octobre 2010).
16 Mauricio Vicent, « ‘Hay momentos en la historia en que tiene que haber mártires’ », El País, 2 mars 2010.
17 Reporters sans frontières, « Interview de guillermo Fariñas », 8 avril 2010. http://fr.rsf.org/interview-de-guillermo-farinas-08-04-2010,37147.html (site consulté le 26 octobre 2010)
18 Juan O. Tamayo, « Fariñas no acepta la oferta de recuperarse en España », 30 mars 2010.
19 Parlement européen, « Présentation des trois finalistes 2010 », 1er octobre 2010. http://www.europarl.europa.eu/news/public/focus_page/015-84708-274-10-40-902-20101001FCS84570-01-10-2010-2010/default_p001c003_fr.htm (site consulté le 26 octobre 2010).
20 Ibid.
21 Agence France Presse, « Los tres premios Sajarov de la oposición cubana », 21 octobre 2010.
22 EFE, « Damas instan al gobierno a cumplir plazo de excarcelaciones », 25 octobre 2010 : Andrea Rodriguez, « Anuncian liberación de presos no incluidos en acuerdo », 10 octobre 2010.
23 Willy Meyer, « El premio Sajarov queda hoy tocado del ala », Izquierda Unida, 21 octobre 2010. http://www1.izquierda-unida.es/node/7945 (site consulté le 27 octobre 2010).
24 Associated Press, « División de opiniones en España tras premio europeo a cubano Fariñas », 21 octobre 2010.

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 14:00

1er septembre 2010

 

Le Grand Soir

 

Ce sur quoi avait tablé l’opposition vénézuélienne est arrivé. S’inspirant de leurs homologues cubains, les gusanos, les escuálidos ont poussés quelqu’un vers la mort pour fabriquer un martyr. Ils tablaient dessus de longue date, (voir l’article : Comme à Cuba, fabrication d’un « martyre » au Vénézuela ? , daté du 13 juin 2010), Franklin Brito devant mourir avant les élections législative du 26 septembre. Sa mort est survenue lundi 30 août à l’hôpital militaire de Caracas d’un arrêt cardiaque.                       

La meute médiatique s’est donc mise en marche relayant divers mensonges. Il y eu El Nacional, EL Universal, Globovisión ainsi que d’autres au niveau international : ABC color du Paraguay (une belle bouse), El Mercurio du Chili (connu pour sa tendance Pinochiste), El Mundo d’Espagne, ABC d’Espagne et Courrier International connu pour dégainer plus vite que son ombre.

 

Les trois mensonges les plus répétés par les médias sur le cas de Franklin Brito

 

http://www.legrandsoir.info/Mort-de-Franklin-Brito-la-meute-mediatique-de-nouveau-en-chasse-contre-Chavez.html

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 15:47

Frédéric André   20 août 2010

 

Dimanche soir, l'émission "Enquête exclusive" consacre un reportage à Benidorm, haut lieu d' un tourisme de masse mêlant littoral bétonné, bordels et drogues. Fin du reportage, un autre s'apprête à commencer, son titre: "Caracas: Gang, favelas, Miss univers», une émission déjà diffusée en mars de cette année.

 

D'emblée, cela peut paraître quelque peu réducteur, dans un pays qui depuis un peu plus de 10 ans vit autre chose que les seuls crimes dans les favelas (appelés «ranchos» au Venezuela) - bien que cela soit un problème majeur - et l'élection de ses miss siliconées, puisqu'il est tout de même marqué par un processus politique important auquel la majorité de la population participe activement.

 

Au fil des minutes, la ligne du reportage apparaît de plus en plus clairement : il s'agit effectivement de ne montrer de Caracas que les miss et la violence, et quand on quitte l'un, c'est immédiatement pour retrouver l'autre.

 

En bonus, nous avons droit en début de reportage, à une petite parenthèse sur le président de ce pays, Hugo Chavez, cela dure très peu de temps, mais le commentateur a le temps de lâcher quelques petites phrases non-dénuées de sens : tout d'abord on nous dit qu'un homme a mis la main sur la manne pétrolière pour soutenir sa politique et ses ambitions. Magnifique utilisation des mots, car la phrase du journaliste pourrait laisser entendre que c'est M. Chavez lui-même et non l'Etat vénézuélien qui a récupéré le contrôle du pétrole et de ses revenus.

 

Ensuite, l'on réduit les objectifs de ce « président populiste de gauche» à une seule obsession : «contester la toute puissance du voisin américain», excluant toute idée de volonté de transformation sociale du Venezuela. Celui-ci ne ferait donc que de l'anti-américanisme primaire, sans projet sérieux pour son pays.

 

Nous comprenons bien dès lors, que ce reportage de M. de la Villardière ne dérogera pas à la règle communément admise dans les médias occidentaux qui consiste à diaboliser le leader vénézuélien et sa politique.

 

En politique internationale, le journaliste déclare que le président a l'habitude de s'afficher avec «des dirigeants qui ont en commun d'opprimer leur peuple», en premier lieu son «modèle» cubain Fidel Castro, mais aussi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et pour finir, que ces derniers mois, il s'est fait un nouvel ami en la personne du colonel Libyen Mouammar Khadafi.

 

Rétablissons la vérité sur quelques points essentiels :

 

En premier lieu sur les relations du Venezuela, qui ne seraient -selon le reportage- essentiellement qu'avec des «régimes qui oppriment leur peuple».  

Le Venezuela entretient bel et bien des relations avec Cuba, l'Iran et la Libye, comme de nombreux autres pays dans le monde et en Amérique latine.  

La Havane et Caracas ont créé ensemble l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques) en 2004, et cette coopération apporte en effet une aide des plus importante au Venezuela, dans le domaine de la santé par exemple, et a envoyé dans le cadre d'un échange contre du pétrole, des milliers de médecins dans les bidonvilles vénézuéliens, ce qui a permis de sauver la vie de centaines de milliers de vénézuéliens modestes qui ont toujours été abandonnés par les pouvoirs néolibéraux précédents (1).

 

Cette collaboration sanitaire cubaine (qui ne s'arrête pas aux simples consultations) a été élargie à un certain nombre de pays latino-américains comme la Bolivie ou l'Equateur, et permet aujourd'hui d'ambitieux programmes comme l' «Operación Milagro» ou la « Misión Manuela Espejo »(2).

 

Les relations avec l'Iran sont également dynamiques, et quoi qu'on puisse penser de ce pays, les échanges  commerciaux avec celui-ci apportent au Venezuela un transfert de technologie

primordial dans certains domaines, principalement dans l'industrie agro-alimentaire et pharmaceutique.

 

De plus, ces deux pays ont crée ensemble l'OPEP, les relations entre eux sont donc tous simplement logiques et compréhensibles à plusieurs niveaux.

 

Mais contrairement à ce que laisse entendre le reportage, Mr Chavez ne limite pas les relations de son pays à Cuba, l'Iran et la Libye. Le Brésil et l'Argentine sont aussi de très proches alliés de Caracas, et les relations politiques et commerciales sont excellentes avec la plupart des pays latino-américains. De plus ces 10 dernières années, les échanges se sont multipliés avec la Chine, la Russie, le Japon, l'Inde, le Portugal, ou l'Espagne.

 

Le reportage accuse ensuite le président d'être la cause de l'immense insécurité qui règne dans son pays, pour preuve cet avis d'une habitante de Caracas interrogée sur le problème.  

Si la criminalité est un problème majeur de Caracas, elle existait bien avant l'élection de M. Chavez, et le gouvernement a commencé à s'occuper sérieusement de ce problème, de par ses importantes politiques sociales dans les quartiers concernés, mais aussi avec la création il y a peu, de la Police nationale bolivarienne (3).

 

Ce reportage ne montre de Caracas, que criminalité (avec en prime, délires de criminels défoncés à l'alcool et à la drogue) et difficultés. A peine montre t-il une clinique populaire entièrement gratuite et une coopérative de textile (en tournant en ridicule au passage la conscience politique de ses ouvrières et ouvriers), pour aussitôt parler des problèmes d'approvisionnement du magasin « Mercal » du secteur,  et continuer sur la soi-disant baisse importante de popularité du président Chavez et la   « fermeture » par ce dernier de la chaine d'opposition RCTV.

 

Nos amis de M6 ont d'abord oublié de nous rappeler que cette chaine avait soutenu activement le coup d'Etat contre le pouvoir en 2002, et qu'il ne s'agissait pas d'une fermeture mais de la fin d'une concession publique (4). RCTV continue aujourd'hui d'émettre depuis le câble. En Europe, n'importe quel média de ce type aurait été fermé sur le champ. Et que dire de la chaine Globovision, qui s'est transformée en organisation politique véhiculant mensonges et manipulations contre la politique du président, quand ils ne violent pas tout simplement les lois. Son PDG Guillermo Zuloaga, recherché par la justice vénézuélienne et Interpol pour corruption, a les faveurs des grands médias dominants qui le font passer pour un persécuté politique.

  Est t-il normal d'oublier de parler dans cette parodie de journalisme, de la majorité de la population (les plus modestes) de ce pays qui s'est approprié la construction d'une société nouvelle, en donnant au concept de «démocratie active» toute sa considération? Est-il normal de ne pas parler du fait que le Venezuela, malgré ses immenses difficultés, est parvenu à baisser son taux de pauvreté de moitié entre 1999 et 2009 ? Abaisser son taux de mortalité infantile de 35%, son chômage de 19 à 8% (6).  

Est-il normal de ne pas mentionner que depuis l'élection de M. Chavez, tous les citoyens, quel que soit leur milieu ont accès gratuitement à l'éducation supérieure, à la santé gratuite, à la culture?..

Que presque 100% des enfants sont scolarisés avec distribution de 3 repas par jour?                          Que plus personne ne meurt de faim au Venezuela grâce aux politiques du gouvernement?

Que 3 millions d'hectares de terres ont été redistribués aux petits paysans avec appuis techniques et financiers, alors qu'ils étaient quasi-esclaves de grands propriétaires auparavant?

 

Enfin, pourquoi ne pas avoir mentionné le fait que le Venezuela avait atteint un certain nombre

d' « objectifs du millénaire » fixés par l'UNESCO avant même la date prévue (7) ?  

Je ne rédigerai pas ici de façon exhaustive les acquis de la révolution bolivarienne entamée en 1999 avec l'élection de Hugo Chavez -et qui a véritablement commencé avec la révolte de 1989 (8) -, mais ces quelques chiffres suffisent à démonter la propagande ridicule de l'émission de M. de la Villardière, qui avait déjà fait l'exploit de ne pas mentionner le système éducatif et de santé cubain lors d'un document sur ce pays, oubliant de dire notamment, qu'il n'y avait pas d'enfants des rues dans ce pays comme il en existe dans chacun des pays d'Amérique latine.  

Quiconque aura vu ou regardera ce reportage, constatera le parti-pris flagrant de celui-ci, et sa description réductrice du Venezuela et de son président. Un reportage de plus qui n'a encore une fois rien montré des acquis sociaux et démocratiques considérables de ce pays depuis 11 ans, mais qui a l'avantage de constituer un élément des plus intéressant pour quiconque veut étudier les mécanismes de manipulation des grand médias.

 

N'en déplaise à M6 et à M. De la Villardière, le peuple vénézuélien a bien des difficultés, mais les avancées qu'il a connu ces 11 dernières années sont des plus significatives, et il construit chaque jour cette alternative qui fait tant peur aux puissants et à leurs valets médiatiques : le socialisme du XXIème siècle.

Frédéric André  

 

(1) Actuellement, environ 30000 médecins cubains opèrent au Venezuela depuis 2003.

Lire également « La dette du Venezuela à l'égard de Cuba « de Salim Lamrani.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7124 )

(2) http://andes.info.ec/sociedad/mision-manuela-espejo-se-extiende-por-todo-el-ecuador-5264.html

(3)Lire: « La Police nationale bolivarienne relève le défi » de Maurice Lemoine

(http://www.monde-diplomatique.fr/2010/08/LEMOINE/19524 )

(4)Lire: « Venezuela: Reporters sans frontières et RCTV: Désinformation et mensonges » de Salim Lamrani.

(http://www.legrandsoir.info/Venezuela-Reporters-sans.html)

(5)http://www.venezueladeverdad.gob.ve/logros-del-gobierno-bolivariano/la-pobreza-extrema-se-redujo-en-72-4588.htmlDe 2003 (lors du « lock-out » pétrolier mené contre le gouvernement) à 2010.

(7)  http: //www.minci.gob.ve/reportages/  (8) http://risal.collectifs.net/spip.ph...

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 13:38

 

Par Thierry Deronne, Caracas,

pour Mémoire des Luttes (France).  http://www.medelu.org/

  

Chavez-stwitter.jpg

 

La  planète Internet est en émoi. Un article qui circule  actuellement (http://www.boingboing.net/2010/02/04/venezuela-chavez-equ.html), et dont la teneur est reprise par de nombreux autres sites, donne le frisson : Chavez voudrait  filtrer le net ! Comme il voudrait bâillonner les médias privés, c’est-à-dire 80 % des titres de presse et des stations de radio et de télévision qui le vilipendent quotidiennement. Voyons les choses de plus près.

 

Les groupes de l’opposition vénézuélienne sont actuellement  déchaînés contre le  président Chavez et réclament sa démission. Comme s’il n’avait pas été élu démocratiquement il y a un peu plus de deux ans,   et avec un score supérieur à ceux obtenus par Barack Obama et Nicolas  Sarkozy. Les appels à manifester ont été diffusés en grande partie via Twittter qui est inondé de messages de ces groupes de droite selon lesquels  Hugo Chavez aurait dit : “Twitter est un instrument du terrorisme”.

Quiconque procèdera à une enquête minimale  constatera que la source primaire de cette « information » est la version en espagnol du site ReadWriteWeb, propriété d'une entreprise nord-américaine. Dans le texte en question, on ne trouve cependant aucune référence au moment ou au lieu où le président vénézuélien aurait prononcé cette phrase. Personne ne s'est donné la peine d’en vérifier l’authenticité. Au contraire, le faux a rebondi d’un site sur l’autre et alimenté Twitter. Non seulement Chavez n’a rien dit de semblable, et encore moins demandé une loi pour contrôler Twitter, mais, bien au contraire, il a encouragé ses partisans à en faire usage !  

Qui a réellement affirmé que «  Twitter est un instrument pour le crime ? » C’est un tribunal de Pennsylvanie dans un procès intenté à un militant, Elliot Madison, accusé d’avoir utilisé son téléphone portable pour informer les manifestants du dispositif policier mis en place autour du Sommet du G-20 à Pittsburgh. Twitter s’est révélé être un bon outil de mobilisation en faveur de la démocratie, au Honduras, mais aussi contre elle, au Venezuela. 

Dans ce pays, et depuis plusieurs années, le gouvernement a beaucoup investi dans l'accès des catégories populaires à l’outil Internet, en multipliant les "infos-centres communautaires". Il a imposé l'usage des logiciels libres dans toute l'administration publique. Un des "gourous"  de la communauté du logiciel libre, Richard M. Stallmann, recommande d’ailleurs que l’on étudie les avancées du Venezuela dans ce domaine : http://www.somoslibres.org/modules.php?name=News&file=article&sid=650

La dose quotidienne de  faux contre Chavez et la Révolution bolivarienne  a augmenté dans des proportions telles qu´il est impossible de les démentir tous. Si tant de sites dits  “alternatifs”  utilisent comme  sources des médias liés à de grands intérêts commerciaux et politiques  comme Semana en Colombie, Fox aux Etats-Unis,  El Pais en Espagne, TF1 en France, comment le citoyen peut-il encore décemment s´informer ?

 Pour éviter que des révolutions démocratiques soient la cible de cette désinformation bien huilée, qui prépare des coups d'État semblables à ceux qui  renversèrent Allende ou Zelaya ; pour que les gouvernements progressistes d’Amérique latine ne soient pas en permanence mis au banc des accusés, il est plus que temps que les forces de gauche (notamment en France) inscrivent enfin dans leur programme,  et de manière centrale, la démocratisation du système médiatique

Tout comme Hugo Chavez, la présidente argentine Cristina Fernandez,  Rafael Correa et Evo Morales se sont fait traiter récemment de "liberticides" parce qu´ils tentaient de ménager quelques espaces démocratiques dans le monde capitaliste de la communication. Lorsqu´on évoque cette question en Europe, la gauche et la plupart des journalistes font des réponses évasives ou se taisent. Pourtant une démocratie authentique, et la survie d´une gauche et d´un journalisme dignes de ce nom, ne peuvent exister sans un pluralisme médiatique radio-TV-écrit. On pourrait imaginer un équilibre du type 40 % de médias associatifs, 40 % de médias publics participatifs, et 20% de médias commerciaux.

 Des mensonges comme ceux concernant Twitter, à propos desquels les autorités vénézuéliennes  sont en permanence sommées de  s ‘« expliquer », sédimentent jour après jour les prétextes que cherche la droite pour renverser des gouvernements progressistes. En Amérique latine, sa base sociale est faible, mais les grands médias nationaux et internationaux la confortent dans ses velléités d'anéantir des expériences qui échappent à l'ordre néolibéral.

 La  véritable question, en forme de rideau de fumée, n’est pas de savoir si  Chavez veut « filtrer le net ». Elle est de savoir quand la gauche aura  enfin le courage de s´attaquer à  la dictature médiatique.

 

 

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 17:32

Eric Zemmour ayant eu des propos déplacés et sommaires sur le lien entre la délinquance, les arabes et les noirs dans une émission télévisée de Laurent Ruquier, ce dernier a pris des timides et tardives distances. Le CSA s’émeut. Des sanctions sont en vue. Elles ne compromettront pas la carrière de Zemmour ni la réputation de la chaîne.

La bourgeoise vénézuélienne qualifie de « macaques » et de « negritos » Hugo Chávez et les pauvres des bidonvilles qui surplombent Caracas. Les médias vénézuéliens ne sont pas en reste. Sur l’écran de la télévision RCTV (dont on nous fait croire depuis mai 2007 qu’elle a été fermée par le gouvernement bolivarien) on a pu lire au bas de l’écran des choses subtiles comme : « Ce nègre macaque communiste doit quitter le gouvernement » et : « Ce nègre communiste doit mourir ». Les sites des médias vénézuéliens laissent les bloggeurs en faire impunément leur miel.

La presse du monde entier est un relais complaisant qui rapporte le surnom animalier, sans rien y trouver à redire. Parfois, les sites Internet français non « modérés » y ajoutent l’injure scato comme sur Agora-vox : « Eh bien oui Chávez est une grosse merde, ici en bolivie son surnom est le macaque majeur, Morales étant le macaque mineur » (par georges21, le 13 septembre 2008).

Hugo Chávez en plaisante dans son émission dominicale en direct « Aló presidente » : « Evo me dit : « Ils m’appellent le macaque ». Je lui réponds : « Mais moi aussi, ils m’appellent le macaque. Nous sommes deux macaques, ha ! ha ! »

C’est à ce rire satanique et à ce culot de parler en direct avec le peuple qu’on voit que la république bolivarienne est une dictature (ou pas loin, lisez notre presse).

A l’opposé, la France, patrie des droits de l’Homme, adopte une position équilibrée. Prête à condamner Chavez s’il appliquait la loi sur les injures à chef d’Etat, elle compense cette rudesse potentielle par l’absolution d’une classe politico-médiatique vénézuélienne (et blanche) qui crache en permanence contre un peuple et son gouvernement légitime des injures que Zemmour n’oserait pas proférer chez nous.

Théophraste.

URL de cette brève
http://www.legrandsoir.info/+Le-macaque-vous-salue-bien+.html

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 18:47

Melenchon.jpgjeudi 28 janvier 2010

À l'heure ou, La plupart femmes ou des hommes politiques construisent Leur respectabilité en calquant leurs discours sur les médias et Savent se montrer très dociles face au Parti de la Presse et de L'argent, il est intéressant de noter A noter ce que le député européen Dans Mélenchon répondait hier un "chat" du Monde à La Classique accusation de Soutenir des Dictateurs EN AMÉRIQUE LATINE.


Larsen: Que pensez-vous des dérives Nombreuses DE CES deux personnes dont vous réclamez vous Souvent, Chavez et Morales? Par exemple, que pensez-vous du contrôle des médias que préconise Morales?

Jean-Luc Mélenchon: en effet, le modèle de la Révolution démocratique en Bolivie et au Venezuela inspirer beaucoup ma réflexion. Je note que les programmes politiques des Présidents Chavez et Morales Sont Régulièrement confrontés au suffrage universel, et que Contrairement à ce Qui se passe Dans nos soi-disant exemplaires Démocraties, L'Ou sur le vote de moins en moins, là-bas, sur le vote De plus en plus.

Je note que M. Chavez a 11 Gagné élections sur 12. Morales, 4 sur 5. Et ainsi de suite. Je demande bien Qu'on note CES points avant de se lancer Dans l'habituel numéro europeo-Centre de Leçons de donneur. Il n'ya pas de politique de contrôle des médias au Venezuela, ou 99% de la presse appartiennent à des groupes privés Qui Menent des Campagnes Quotidiennes incessantes contre le Gouvernement Chavez. En Bolivie, les partis, associations, mouvements FAVORABLES à Evo Morales, Qui vient d'être réélu au premier tour avec plus de 60% des voix, ne Disposent d'aucun quotidien, Aucune chaîne de télévision, la radio Aucune.

A l'inverse, les médias Menent en place des campagnes Quotidiennes dont vous N'avez certainement pas idée de la violence. Imaginez-vous titrant Le Journal Le Monde, à propos de Nicolas Sarkozy: "Le nain est de retour»? En Bolivie, Le Journal du Premier ministre paie un titre: «Le singe est en visite« à propos d'un déplacement d'Evo Morales à Santa Cruz. Et ainsi de suite. Cette presse Appelle à La Sécession des Régions du Pays et inciter les émeutes en permanence aux. Ce qui est plutôt admirable, c'est qu'aucun journaliste, aucun média n'Ait jamais poursuivi Été Dans ces paie.

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1355

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