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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 16:43

 

José Fort    http://josefort.over-blog.com/

 

L’arrogance d’une frange de l’élite politico-médiatico française n’est plus supportable. Elle vient de s’exprimer à nouveau avec le décès d’Hugo Chavez : un mélange d’inculture, de bêtise et de haine. La politique de Chavez et du Venezuela peut ne pas être partagée. Mais pourquoi tant de mensonges, de violences ? La politique de répartition de la richesse pétrolière est la raison principale de l’hystérique campagne des médias ignorants et des réactionnaires de tous poils.

Une dictature ? Quatorze consultations électorales sur quinze remportées par Chavez et ses compagnons. Aucune manifestation de l’opposition réprimée, aucune arrestation. C’est au mois de février 1989 que remonte la dernière répression de masse dirigée par l’ancien président et vice-président de l’Internationale socialiste, Carlos Andrès Perez, lors des émeutes de la faim. Des milliers de manifestants, la plupart descendus des bidonvilles et des étudiants avaient été abattus par l’armée sur ordre du gouvernement de l’époque. C’est au lendemain de ces événements que le « chavisme » commença à émerger.

La presse bâillonnée ? 80% de la presse écrite, la majorité des radios et des chaînes de télévision restent entre les mains de l’oligarchie vénézuélienne.

La pauvreté ? Alors qu’elle augmente en Europe et en France, elle a considérablement diminué depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez, selon les chiffres de l’ONU.

La santé ? Jamais les couches déshéritées de ce pays n’avait bénéficié de moyens aussi importants pour se soigner.

L’enseignement ? L’analphabétisme a spectaculairement reculé depuis dix ans, selon l’Unesco.

La solidarité latino-américaine ? Elle s’est déployée avec tous les pays particulièrement avec Cuba, l’Argentine, l’Equateur, la Bolivie.

La souveraineté nationale ? Le pays n’est plus une colonie yankee.

La rente pétrolière ? Elle ne va plus dans les poches de l’oligarchie corrompue mais finance les plans sociaux.

Voilà ce que ne disent pas les médias. Voilà ce que combattent les droites françaises et certains caciques socialistes. Un jour viendra où les peuples vénézuélien et latino-américains nous riant au nez diront à la France : gardez votre arrogance nous n’avons pas besoin de vous.

 

lire aussi :

 

http://www.legrandsoir.info/pour-france-2-le-chavisme-est-une-secte-qui-a-reussi.html

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:23

par Henri Maler, Nicolas Galy, le 18 juillet 2012

 

Franz-Olivier Giesbert est un cumulard omniscient. Cumulard : Le Point, France 2, France 5, La Chaîne parlementaire (LCP), etc. Omniscient : politique politicienne, culture cultureuse et géopolitique planétaire sont ses spécialités. Sur LCP (chaîne d’État s’il en fut), il « anime » une émission mensuelle (seulement…) – « Parlez-moi d’ailleurs » – qui se présente comme « Le rendez-vous géopolitique » et prétend « décrypter » [1]. Le 31 mai 2012, Giesbert « décryptait » « Le phénomène Chavez », en présence de quatre invités. Une confrontation très virulente qui donne l’occasion d’échanger les arguments habituels. Mais il fallait choisir. Et nous avons choisi de ne retenir que les interventions du présentateur, avec juste ce qu’il faut de contexte pour comprendre l’étendue du savoir de l’omniscient en charge d’un interrogatoire à sens unique.

 

Quatre invités donc. Deux d’entre eux sont chargés de représenter les « pro-Chavez » : Farid Fernandez (conseiller à l’ambassade du Venezuela à Paris) et Maurice Lemoine (ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique). Les deux autres incarnent les « anti-Chavez » : Renée Fregosi (directrice de recherche à la Sorbonne, plus précisément à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine) et François-Xavier Freland (journaliste, correspondant de RFI et TV5 au Venezuela). Le « match » peut commencer et « l’arbitre » déployer son parti-pris et, en guise d’arguments, ressasser quelques slogans.

Giesbert_-_LCP-58ea4.jpg

Présentation de l’émission… 
- Franz-Olivier Giezbert (FOG) : « […] Pour débattre de ce personnage étrange, à la tête d’un pays de vingt-huit millions d’habitants, un pays assis sur des réserves pétrolières qui sont les plus grandes du monde [on n’a pas fini de l’apprendre] : deux cents quatre-vingt-seize, peut-être même deux cent quatre-vingt-dix-sept milliards de barils… plus… plus que l’Arabie saoudite… […] »

… Puis vient l’introduction d’un premier reportage (ou de la première séquence d’un même reportage qui semble avoir été fractionné). 
- FOG : « Alors, avant de commencer le débat, je vous propose de regarder tout de suite d’un peu plus près “la bête”  ; oui, on va regarder un petit sujet autour de Chavez. »

Le reportage évoque les conditions d’accès au pouvoir de Chavez - de sa tentative de coup d’État de 1992 à son élection en 1998 -, omet le coup d’État et les grèves fomentées par l’opposition, et donne la parole à des témoins. Les uns expriment leur déception et parlent de marche vers la dictature, quand d’autres disent qu’il s’agit d’un régime démocratique, mais « personnifié », « très incarné ». Suit alors l’évocation des apparitions de Hugo Chavez à la télévision : jusqu’à huit heures, parfois quotidiennement. Témoignages d’opposants à l’appui, le reportage, sur la liberté de la presse, invite à distinguer la liberté d’opinion, qui serait totale, et la liberté d’information, qui serait restreinte. Tout cela est discutable, mais comment ?

Leçon « experte » du premier reportage. 
- FOG : « Alors quand “César” Chavez est arrivé au pouvoir, à la fin du siècle dernier, il faut bien dire que la situation était absolument catastrophique. Ça s’est redressé, d’ailleurs. Il y avait à l’époque, je crois, 30 % de Vénézuéliens qui vivaient au-dessous du seuil de pauvreté. Il y a un peu plus de partage aujourd’hui, mais enfin, c’est quand même pas terrible quoi, non ?  »

Le « débat » s’amorce par la confrontation sur les restrictions dont seraient victimes les médias d’opposition. Puis, alors que Fregosi soutient que la situation économique est revenue à l’état catastrophique de l’avant-Chavez, Giesbert l’interrompt pour préciser sa « pensée ». 
- FOG : « En même temps, on a vu l’aspect démocratique : Hugo Chavez c’est César, c’est “César” Chavez, enfin il y a un petit côté césarien ridicule, avec ce petit personnage qui est tout le temps à la télé, qui parle tout le temps, qui chante… »

Fregosi l’interrompt et mentionne un collègue historien qui a « évolué parce que c’est un homme intelligent lui aussi » et qu’il a constaté la « dérive autoritaire ». Enchaînement subtil : 
- FOG : « Alors vous, Farid Fernandez, qui êtes un homme intelligent, qui parlez d’ailleurs un français remarquable, est-ce que vous avez évolué sur Hugo “César” Chavez [Fernandez tente de parler] le petit César [nouvelle tentative] le petit César du Venezuela. »

Fernandez répond que Chavez a gagné douze élections sur treize, des élections particulièrement fréquentes, et qu’il n’est pas sérieux, à ses yeux, de parler de dictature, ou d’autoritarisme, ou […] d’une marche vers la dictature… ». Mais « l’arbitre » ne s’en laisse pas conter. 
- FOG : « Qui fait quand même un petit peu dictature d’opérette  : par exemple les dernières élections législatives ont été perdues par Chavez. [Fernandez le nie] Non parce qu’effectivement il a eu plus de députés mais il avait moins de voix, donc ça existe pas ce système-là. [Fernandez tente à nouveau de le nier] Non, non, il avait moins de voix puisque l’opposition, alors on peut demander à madame Fregosi, elle fait 52 %, elle perd les élections, c’est le seul pays au monde, enfin c’est un des rares pays au monde…  »

Ce décalage entre le nombre de voix et le nombre de députés (qui, même si on peut le déplorer, existe dans d’autres pays, dont la France), s’explique par les divisions de l’opposition et le découpage des circonscriptions (parfois défavorable aux partisans de Chavez). Mais « l’arbitre » n’en a cure. 
- FOG : « Il reste quand même que l’opposition qui a plus de voix que le parti de Chavez a moins de députés : il y a quelque chose qui va pas. » 
- Fernandez : « Ce n’est pas exactement le cas… » 
- FOG : « C’est tout à fait le cas. »

Quelques échanges plus loin, alors que Freland évoque le fait que Chavez passe quotidiennement plusieurs heures à la télévision, « l’arbitre » surenchérit. 
- FOG : « Ben ça ressemble un peu à la Corée du Nord là ? De ce point de vue ? Ben oui, c’est la Corée du Nord. Ben oui, c’est la Corée du Nord…  »

Ce coup de main, tout en nuances, aux thèses de l’opposition appelait un retour à l’équilibre que « l’arbitre » introduit ainsi : 
- FOG : « Alors, Maurice Lemoine… Maurice Lemoine, qui va donner un petit coup de main à Farid Fernandez…  »

Lemoine est immédiatement interrompu par Freland, qui se dit catastrophé par le décalage existant à ses yeux entre les articles duMonde diplomatique et la situation « réelle » au Venezuela. 
- Lemoine : « On a affaire à un procureur ? » 
- FOG (avouant ainsi qu’il s’agit d’une émission à charge contre Chavez) : « Vous plaidez, vous êtes l’avocat, et il y a le procureur et… C’est un débat télévisé. »

S’ensuit un vigoureux échange entre les participants, notamment autour des chiffres avancés par Lemoine, en particulier sur la réduction de la pauvreté. Giesbert brandit sa fiche. 
- FOG : « S’il vous plaît, je voudrais donner quelques chiffres et demander à monsieur Fernandez comment il explique, quand même, ce phénomène, parce que… C’est un pays très riche , le Venezuela, puisque comme je le disais, il a plus de réserves pétrolières que l’Arabie Saoudite . C’est quelque chose qui est assez méconnu, hein ? Deux cents quatre-vingt-dix-sept milliards de barils de réserves c’est un chiffre absolument hallucinant… Et comment se fait-il que, malgré ça, aujourd’hui, le taux de croissance du Venezuela soit si faible, de l’ordre de 3 % ? Alors c’est vrai qu’il était en baisse auparavant, avant l’arrivée de Chavez… Et comment se fait-il, aussi, qu’il y ait un taux d’inflation aussi considérable : plus de 27 % ? Il ne faut pas oublier que c’est au Venezuela que le taux d’inflation est le plus élevé, aujourd’hui, au monde, et que l’inflation… elle ne bénéficie pas aux classes les plus défavorisées, ça c’est clair, hein ? [Fernandez acquiesce] En général, ce sont les premières à payer l’inflation. »

Fernandez montre les chiffres de l’inflation avant et après l’arrivée de Chavez au pouvoir, selon une source – la Cepal – que Freland et Fregosi contestent. Mais FOG l’interrompt. 
- FOG : « Ah ben non, mais personne ne nous dit que c’était bien avant Chavez, hein, monsieur [2].

Quelques instants plus tard, en guise de transition et de présentation du deuxième reportage (ou de la deuxième séquence du reportage), retour à la Corée du Nord. 
- FOG : « Qu’est-ce que c’est que cette démocratie vénézuélienne ? Je vous propose une petite pause, parce que les esprits sont un peu échauffés, on va essayer de calmer tout ça… Une petite pause avec un reportage pour aller voir sur place : qu’est-ce que la démocratie vénézuélienne ? Ben c’est un potage assez bizarre avec un zeste de démocratie participative, et puis avec des images qu’on aurait pu voir effectivement dans des reportages en Corée du Nord, ou autrefois au temps de Staline. On regarde. »

Ce reportage s’efforce d’être ou de paraître équilibré : il donne la parole à des Vénézuéliens qui participent à des conseils communaux et à des opposants qui déplorent d’en être exclus. Selon les premiers, ces conseils permettent à la communauté de définir elle-même ses besoins, pour une meilleure allocation des ressources. Les projets y sont exposés à la communauté et soumis au vote. On voit ceux qui y participent se féliciter du fait que cela donne du pouvoir aux gens directement concernés. Des opposants, quant à eux, reprochent que l’organisation de ces conseils soit interdite à ceux qui ne font pas partie du parti présidentiel, alors qu’un participant à l’un de ces conseils soutient que les opposant sont acceptés quand ils ne cherchent pas à « saboter » le travail des conseils. Le reportage s’achève sur l’évocation des missions bolivariennes (des « programmes sociaux ciblées répondant aux besoins formulés par le peuple lui-même ») ainsi que leurs succès en matière d’alphabétisation et de réduction de la pauvreté. L’expert en démocratie participative, qui a tout compris, conclut. 
- FOG : « Voilà : des cartes postales un peu nunuches, qui rappellent les beaux temps du communisme. S’agit-il de démocratie ou d’embrigadement ? Je crois que c’est la question qu’on peut se poser quand on voit ces gens qui répondent un peu avec des phrases stéréotypées, et puis notamment on entend ces mots de “saboteurs”… Il y en a beaucoup, comme chacun sait, en Corée du Nord, ou dans les pays où ça va pas… »

Plus tard, Fernandez reproche aux intervenants de chercher à appliquer des cadres d’analyse « euro-centristes » (jugés « universels » par Fregosi). 
- Fernandez : « Vous avez utilisé les termes, monsieur Giesbert, de communisme, de socialisme… » 
- FOG : « Ben, c’est un peu rigolo, quoi, c’est tout…  » 
- Fernandez : « L’Amérique latine, pendant les années 80, a été le, disons, le terreau d’expérimentation des politiques néolibérales… » 
- FOG : « Enfin d’extrême droite, il y a eu beaucoup d’extrême droite, bien entendu, parce que c’est… » 
- Fernandez : « Et il y a eu, disons, le démantèlement des États, la privatisation des services publics… Tout ceci a, disons, frappé de plein fouet différents pays, dont… » 
- FOG : «  Oui, mais il y a eu beaucoup de dictatures d’opérette qui ressemblent à celle que… Avec des personnages qui ressemblent à Chavez. »

C’est ce que l’on appelle avoir de la suite dans les « idées »…

Fernandez continue sur l’histoire récente de l’Amérique latine et du Venezuela. Oui, mais… 
- FOG : « Oui, mais alors, de ce point de vue, il y a une réussite incroyable en Amérique latine ; tout le monde la reconnaît… C’est la réussite de Lula, hein ? Au Brésil… Chavez c’est quand même plus que discutable, alors qu’il profite de… Alors qu’il a des réserves… Le pays a des réserves pétrolières incroyables.  »

Fernandez avance que, pendant trois ans, le Venezuela a eu une croissance parmi les plus élevées du monde. Oui, mais… 
- FOG : « Oui, avec, je le rappelle, des réserves pétrolièresque beaucoup de pays aimeraient avoir. » 
- Fernandez : « Mais les réserves pétrolières sont là depuis le début du XXe siècle, pourquoi est-ce que le Venezuela n’est pas le pays le plus riche du monde, alors ? » 
- FOG : « Ben il devrait l’être, oui, bien sûr. »

Le débat se poursuit, quand un nouvel échange éclaire le téléspectateur sur la « pensée » de Giesbert. 
- Lemoine : « J’ai quand même vu tout à l’heure dans ce reportage, vous… J’imagine que c’est pour lancer le débat, vous parlez de la Corée du Nord, vous n’êtes pas sérieux quand même, j’espère, Giesbert ? » 
- FOG : « Non, mais il y a un petit côté “cucul” , vous voyez bien, dans tout ça. [Lemoine tente de parler] Ces gens qui parlent un langage… On a l’impression qu’ils l’ont appris par cœur, vous voyez ce que je veux dire  ? C’est des reportages qu’on a déjà vus dans tous les pays un petit peu totalitaires , vous voyez ce que je veux dire ? C’est un peu de la propagande, quoi. »

Quelque temps plus tard, alors que le « débat » porte déjà sur l’insécurité qui règne au Venezuela, Giesbert introduit un dernier reportage sur la persistance de ladite insécurité, malgré la présidence de Chavez, en raison, notamment, de la faiblesse de l’État. Il s’achève, sur fond d’une musique déchirante, sur le témoignage d’une mère (en l’occurrence, de l’opposition), inquiète quand son fils sort le soir. Mais l’« arbitre » n’a que le pétrole en tête.
- FOG : « Alors, la question qui se pose après ce reportage édifiant, c’est pourquoi un tel fiasco, alors que le Venezuela dispose, je le répète, on ne le dira jamais assez, des réserves pétrolières les plus importantes du monde, plus importantes encore que celles de l’Arabie saoudite ? »

Le bilan négatif, en matière d’insécurité, n’est contesté par personne, bien que son ampleur et ses motifs soient discutés sur le plateau. Mais l’interrogatoire à sens unique conduit par Giesbert n’est pas fini. Ainsi, alors que Fregosi parle de l’espoir, à ses yeux déçu, qu’a suscité pour beaucoup l’arrivée de Chavez, « l’arbitre » dégaine l’un de ses arguments préférés. 
- FOG : « Il y avait beaucoup d’espoir sur lui, comme il y avait sur Lula, d’ailleurs. Mais sauf qu’il y en a un qui a réussi, et l’autre pas. »

Et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’émission. Retenons encore cette tirade de « l’arbitre ». 
- FOG : « Alors, après tout ce qu’on a dit. [Il est interrompu par Fernandez, qui ajoute quelques mots.] Alors après tout ce qu’on a dit, moi, c’est une question que… La question qu’on peut se poser, c’est… Et monsieur Lemoine, on aimerait avoir son avis là-dessus, c’est après, disons, ce côté un peu grotesque et ridicule qu’on a abordé  : les discours de huit heures ; sa fille, Rosa Virginia, qu’elle essaye de pousser (sic) pour prendre sa suite ; son gendre qui est ministre des Sciences et des Technologies… Enfin, etc. Ce côté un peu dictature d’opérette, même s’il y a des élections de temps en temps, qui ne correspondent pas tout à fait, d’ailleurs, aux résultats, à l’arrivée, c’est-à-dire que bon…[Fernandez rappelle qu’il y a eu treize élections en treize ans.] Oui, oui, mais qu’il perd et qu’il gagne de toute façon (sic) … Enfin, bref, on a l’impression, de toute façon… Quels que soient les résultats de toute façon, il les emportera toujours… Et est-ce que… Comment on explique cette fascination par (sic) la gauche de la gauche ? C’est ça qui est incroyable : pourquoi a-t-il réussi à fasciner tellement la gauche de la gauche, alors que son “copain” Lula, finalement, a beaucoup mieux réussi ?

* * *

Le processus en cours au Venezuela suscite espérances et inquiétudes. Qu’on lui soit favorable ou hostile, il appelle à la vigilance. Cette vigilance peut-elle s’exercer sans enquête effective ? La réponse est dans la question. Qu’a-t-on appris sur le Venezuela et sur Chavez grâce à Giesbert ? Rien. Qu’a-t-on appris, en revanche, sur Giesbert ? Finalement, pas grand-chose. La propagande est son métier. Suffisance et arrogance, désinvolture et mépris, prétention et vanité : tout cela fait un grand journaliste d’opérette dans un pays, la France, qui n’est pas la Corée du Nord.

Nicolas Galy et Henri Maler

Notes

[1] Modeste présentation de l’émission : « Le monde change, évolue, se transforme. Alors, comment comprendre ce monde en perpétuelle évolution et mieux connaître ces pays qui nous entourent ou découvrir ces contrées plus lointaines ? Pour décrypter la géopolitique, et ses répercussions d’un pays à l’autre, “Parlez-moi d’ailleurs” aborde chaque mois un dossier international au cœur de l’actualité. Urgence humanitaire… engagement mondial… crise planétaire… À travers plusieurs reportages, Franz-Olivier Giesbert, entouré de députés et d’experts, revient sur les problématiques qui agitent notre planète. »

[2] À ce moment-là, pour reprendre FOG sur sa remarque à propos des réserves de pétrole, Fernandez développe sur ce que l’on appelle la « maladie hollandaise », bien connue, excepté par notre omniscient.

http://www.acrimed.org/article3862.html

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 15:41

Une journaliste (dont je ne mentionnerai ni le nom ni le journal pour lequel elle travaille) m’a posé une question à propos de mon « soutien aux dictateurs » (en particulier Assad), de l’ingérence dans les affaires intérieures de pays comme la Syrie que ce soutien représenterait, de mes liens avec l’extrême droite ainsi qu’avec des sites « conspirationnistes » et de la « caution » rationaliste et progressiste que je leur apporterais.

Voici ma réponse :

Vous soulevez deux questions importantes : mon « soutien aux dictateurs » et mes « liens avec l’extrême droite ». Ces questions sont importantes, non parce qu’elle seraient pertinentes (elles ne le sont pas), mais parce qu’elles sont au coeur de la stratégie de diabolisation des modestes formes de résistance à la guerre et à l’impérialisme qui existent en France. C’est grâce à ce genre d’amalgames que mon ami Michel Collon a été interdit de parole à la Bourse du travail à Paris, suite à une campagne menée par de soi-disant anarchistes.

Tout d’abord, puisque vous parlez de rationalisme, pensons au plus grand philosophe rationaliste du 20ème siècle : Bertrand Russell. Que lui est-il arrivé lors de la Première Guerre mondiale, à laquelle il était opposé : on lui a reproché de soutenir le Kaiser évidemment. L’astuce qui consiste à dénoncer les opposants aux guerres comme soutenant la partie à laquelle on fait la guerre est vieille comme la propagande de guerre. Dans les dernières décennies, j’ai ainsi « soutenu » Milosevic, Saddam Hussein, les talibans, Kadhafi, Assad et peut-être demain Ahmadinedjad.

En réalité, je ne soutiens aucun régime-je soutiens une politique de non ingérence, c’est-à-dire que non seulement je rejette les guerres humanitaires, mais aussi les élections achetées, les révolutions colorées, les coups d’état organisés par l’Occident etc. ; je propose que l’Occident fasse sienne la politique du mouvement des pays non alignés, qui, en 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, souhaitait « renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la Charte des Nations Unies » et réitéraient « le rejet par le mouvement des non alignés du soi-disant droit d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la Charte des Nations Unies ou dans le droit international. » C’est la position constante de la majorité de l’humanité, de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Amérique Latine, de l’Union africaine. Quoi que vous en pensiez, cette position n’est pas d’extrême droite.

Comme j’ai écrit un livre sur ce sujet (Impérialisme humanitaire Aden, Bruxelles), je ne vais pas expliquer en détail mes raisons ; je noterai simplement que si les Occidentaux sont tellement capables de résoudre les problèmes de la Syrie, pourquoi ne résolvent-ils pas d’abord ceux de l’Irak, de l’Afghanistan ou de la Somalie ? Je ferai également remarquer qu’il y a un principe moral élémentaire qu’il faudrait respecter quand on s’ingère dans les affaires intérieures des autres pays-en subir les conséquences soi-même. Les Occidentaux évidemment pensent qu’ils font le bien partout, mais les millions de victimes causées par les guerres d’Indochine, d’Afrique australe, d’Amérique centrale et du Moyen-Orient voient sans doute les choses différemment.

Pour ce qui est de mes liens avec l’extrême droite, il y a deux questions distinctes : que veut-on dire par liens et que veut dire extrême droite ? Je ne demanderais pas mieux que de manifester avec toute la gauche contre la politique d’ingérence, comme je pense qu’elle devrait le faire. Mais la gauche occidentale a été complètement convaincue par les arguments en faveur de l’ingérence humanitaire et, en fait, critique très souvent les gouvernements occidentaux parce qu’ils ne s’ingèrent pas assez à leur goût. Donc, les rares fois où je manifeste, je le fais avec ceux qui sont d’accord pour le faire, qui ne sont pas tous d’extrême droite, loin de là (à moins évidemment de définir comme étant d’extrême droite le fait de s’opposer aux guerres humanitaires), mais qui ne sont pas non plus de gauche au sens usuel du terme, vu que le gros de la gauche appuie la politique d’ingérence. Au mieux, une partie de la gauche se réfugie dans le « ni-ni » : ni l’Otan, ni le pays attaqué au moment donné. Personnellement, je considère que notre devoir est de lutter contre le militarisme et l’impérialisme de nos propres pays, pas de critiquer ceux qui se défendent par rapport à eux, et que notre position n’a rien de neutre ni de symétrique, contrairement à ce que suggère le slogan « ni-ni ».

Par ailleurs, j’estime avoir le droit de rencontrer et de parler avec qui je veux : il m’arrive de parler avec des gens que vous qualifieriez comme étant d’extrême droite (même si je ne suis, dans la plupart des cas, pas d’accord avec cette qualification), mais bien plus souvent avec des gens d’extrême gauche et plus souvent encore avec des gens qui ne sont ni l’un ni l’autre. Je m’intéresse aux Syriens qui sont opposés à la politique d’ingérence, parce qu’ils peuvent me fournir éventuellement des informations sur leur pays allant à l’encontre du discours dominant, alors que je connais évidemment, à travers les médias, le discours des Syriens pro-ingérence.

Pour ce qui est des sites, je m’exprime là où je peux — de nouveau, si le NPA, le Front de gauche ou le PCF veulent m’écouter ou même débattre de façon contradictoire avec moi sur la politique d’ingérence, je suis prêt à le faire. Mais ce n’est pas le cas. Je note que les sites « conspirationnistes » comme vous dites, sont bien plus ouverts puisqu’ils savent en général que je ne partage pas leurs analyses, en particulier sur le 11 septembre, et m’acceptent quand même. Par ailleurs, les individus que je connais et qui publient sur ces sites ne sont nullement d’extrême droite et le simple fait d’être sceptique par rapport au récit officiel sur le 11 septembre n’a rien, en soi, d’extrême droite.

Le monde est bien trop compliqué pour garder une attitude « pure », où l’on ne rencontre et parle qu’avec des gens de « notre bord ». N’oublions pas qu’en France c’est la Chambre élue lors du Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain (après l’exclusion des députés communistes, et avec le concours des sénateurs). Et l’opposition à la collaboration réunissait les staliniens (à l’époque les communistes l’étaient vraiment) et les gaullistes, dont beaucoup étaient, avant guerre, très à droite. La même chose se produisait pendant la guerre d’Algérie ou du Vietnam, l’opposition à celles-ci rassemblant, entre autres, communistes, trotskistes, maoïstes, chrétiens de gauche, pacifistes-à propos, est-ce que Staline, le FLN algérien et Ho Chi Minh étaient démocrates ? Avait-on tort de les « soutenir », c’est-à-dire de s’opposer avec eux au nazisme ou au colonialisme ? Et dans les campagnes anticommunistes des années 80, la gauche des droits-de-l’homme ne faisait-elle pas cause commune avec toute une série de nationalistes extrêmes ou d’antisémites (Soljenitsyne par exemple) ? Et aujourd’hui, les partisans de l’ingérence en Libye et en Syrie ne font-ils pas cause commune avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et une série de mouvements salafistes ?

Ensuite, j’ai un problème avec la définition « d’extrême droite ». Je sais bien ce que vous entendez par là, mais pour moi ce qui compte, ce sont les idées, pas les étiquettes. Agresser des pays qui ne vous menacent pas (ce qui est l’essence du droit d’ingérence) pour moi c’est une idée d’extrême droite. Punir des gens à cause de leurs opinions (comme le fait la loi Gayssot), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Enlever à des pays leur souveraineté et par conséquent le fondement de la démocratie, comme le fait de plus en plus la « construction européenne », pour moi c’est une idée d’extrême droite. Dire « qu’Israël est très critiqué parce que c’est une grande démocratie », comme s’il n’y avait pas d’autre raison de critiquer Israël, pour citer celui pour qui presque toute la gauche votera au 2ème tour (François Hollande), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Opposer de façon simpliste l’Occident au reste du monde, en particulier à la Russie et à la Chine (comme une bonne partie de la gauche le fait aujourd’hui au nom de la démocratie et des droits de l’homme), pour moi c’est une idée d’extrême droite.

Si vous voulez trouver un endroit où je serais sans hésitation en accord avec la « gauche », voyagez un peu, et allez en Amérique latine. Là vous verrez toute une gauche qui est anti-impérialiste, populaire, souverainiste et démocratique : des dirigeants comme Chavez, Ortega et Kirchner sont élus et réélus avec des scores impensables ici, y compris pour la « gauche démocratique », et ils font face à une opposition médiatique bien plus dangereuse qu’un simple Faurisson (cette opposition va jusqu’à appuyer des coups d’état), mais qu’ils ne penseraient jamais interdire.

Malheureusement, en Europe et surtout en France, la gauche a capitulé sur beaucoup de choses, la paix, le droit international, la souveraineté, la liberté d’expression, le peuple, et le contrôle social de l’économie. Cette gauche a remplacé la politique par la morale : elle décide, dans le monde entier, qui est démocrate et qui ne l’est pas, qui est d’extrême droite et qui est fréquentable ou non. Elle passe son temps à bomber le torse en « dénonçant » les dictateurs, leurs complices, les phrases politiquement incorrectes, ou les antisémites, mais elle n’a en réalité aucune proposition concrète à faire qui puisse rencontrer les préoccupations des populations qu’elle prétend représenter.

Ces abandons multiples de causes progressistes ouvrent effectivement un boulevard à une certaine extrême droite, mais la faute en incombe à ceux qui ont accompli et accepté ces changements, pas à ceux qui tentent modestement de résister à l’ordre du monde.

Jean Bricmont 

21/02/2012     http://www.legrandsoir.info/lettre-a-une-journaliste.html

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 15:42

L’opposition vénézuélienne vient d’organiser des primaires pour désigner un candidat Capriles Radonskiunique qui essaiera de vaincre Hugo Chavez aux prochaines électionsprésidentielles (octobre 2012).  

Qui est Henrique Capriles,  sorti vainqueur de ces primaires, et quels intérêts représente-t-il ? Quel rôle les Etats-Unis jouent-ils dans ces élections ?

Investig’Action a interrogé Jean Araud, un Français qui vit à Caracas depuis quarante ans…

 

 

 

 

1. En Europe, on présente Capriles comme un "centre gauche" qui approuve et maintiendrait les réformes sociales de Chavez. C’est sincère ou c’est une tactique ?                                                    

  Henrique Capriles Radonsky est tout sauf de “centre gauche”. Il n´a jamais approuvé la gestion sociale de Chavez, sauf très récemment avec des messages ambigus. Pur produit de l’élite, il a été mis en selle par le grand capital dès le début de son parcours politique. Il a été un des principaux acteurs du coup d´Etat manqué en avril 2002 contre Chavez.

 Dès qu’il a occupé le poste de gouverneur de l´Etat de Miranda, il a tenté de supprimer les centres de soins de santé Bario Adentro et d’autres missions sociales. Il a aussi tenté d´expulser les médecins cubains.                                                                                   Alors, pourquoi cette tactique ? Simplement pour tenter d´obtenir des votes du peuple, car celui-ci sait bien qu´un personnage comme lui au pouvoir, ce serait la perte de tous les progrès sociaux de ces dernières années. C’est donc une tactique pour gommer son image de marque.

 

2. Les Etats-Unis ont-ils joué un rôle dans sa désignation ? Peut-on prévoir quelle sera leur attitude  durant cette élection présidentielle ?

   Les Etats-Unis jouent, ont joué et continueront à jouer un rôle omniprésent dans la politique vénézuélienne. Avec un seul but : éliminer Chavez et le remplacer par un gouvernement aligné sur les intérêts de Washington. Ils ne tentent même plus de dissimuler leur puissant appui économique à l’opposition. Leur attitude est très facile à prévoir. Dès le lendemain de l´élection de Capriles aux primaires, le porte-parole du Département d´Etat a immédiatement déclaré : “Avec ces primaires, le Venezuela s´oriente vers la démocratie”.

 

3. Peut-il l’emporter face à Hugo Chavez ? Quelle est l’ambiance dans l’électorat ?                                                                                                                             Capriles n’a absolument aucune chance de gagner dans les urnes face à Chavez. Aux prochaines élections, Capriles sera une simple image. Le véritable adversaire de Chavez, c’est Washington et les pays alignés sur Washington. Donc, les élections se joueront sur des manipulations médiatiques ou même sur des actions de déstabilisation directe qui ont déjà commencé. Là est le danger. Mais le peuple mesure bien l’enjeu et le risque de retourner vers le passé : une minorité qui se remplit les poches tandis que la population subit la pauvreté.

http://www.michelcollon.info/Qui-est-vraiment-le-futur.html

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 15:50

par Juan Agulló, de Crónica Popular

Margarita Zapata (México DF, 1950) n´hésite pas. Elle a quelques décennies d´expérience politique. Sa militance vient de loin : après avoir participé à la Révolution Sandiniste, la petite-fille d´Emiliano Zapata, sociologue, journaliste, fut la vice-présidente de l´Internationale Socialiste de 2000 à 2008 (1). Sa vie est un combat sur tous les fronts. En 2011, après s´être éloignée un temps du pays, elle a été nommée ambassadrice itinérante du Nicaragua. C´est une grande connaisseuse de l´Amérique Latine qui parle.

Pourquoi revenir à un poste de responsabilité après un si long éloignement et à un moment oú le Nicaragua offre une image internationale controversée ?

C´est vrai que le Nicaragua a une image internationale controversée mais cela est dû au fait que le président, Daniel Ortega, est en train de reprendre le projet de la Révolution Sandiniste : la réforme agraire, l´éducation et la santé gratuites, l´accès au logement, les politiques de la jeunesse…

La meilleure arme pour combattre la pauvreté est l´éducation. C´est pourquoi quand je vois que les enfants ne sont plus dans la rue, aux feux rouges, je revis le rêve pour lequel nous avons lutté et pour lequel sont morts les meilleurs fils du Nicaragua.

Mais à l´extérieur du Nicaragua on dit plutôt que l´élite sandiniste s´est convertie en une sorte d´oligarchie semblable à celle qui existait du temps de Somoza (avant la révolution Sandiniste).

Cette oligarchie sandiniste n´existe pas. Je ne vais pas nier qu´il y a des sandinistes riches mais beaucoup sont devenus entrepreneurs quand le FSLN [Frente Sandinista de Liberación Nacional, récemment réélu en novembre 2011] a perdu les élections [en 1990]. Ce sont ceux qui s´appellent aujourd´hui les “rénovateurs” [en référence au Mouvement de Rénovation Sandiniste, allié à l´opposition de droite]. Les gens les appellent encore “sandinistes” mais ils ne sont plus à l´intérieur du projet sandiniste.

Mais par exemple la relève de génération est-elle garantie à l´intérieur du FSLN ? Sur le plan international on dit beaucoup que la personne qui succèderait Porque à Daniel Ortega pourrait être son épouse Rosario Murillo. On nourrit des craintes, d´ailleurs, pour la continuité du projet.

La continuité du projet est garantie et la relève générationnelle aussi. Le FSLN a travaillé beaucoup pour rapprocher la jeunesse de l´expérience. De fait l´évolution a été très positive : des membres de la direction historique du FSLN, il ne reste que trois. On a travaillé beaucoup aussi pour instaurer la parité : actuellement, plus de la moitié des députés du FSLN sont des femmes. A partir de ces principes, cependant, il faut avancer en s´adaptant aux circonstances, sans précipitations.

Vous faites beaucoup allusion aux changements concrets dans le secteur social. S´agit-il de changements structurels ?

Oui et non seulement il s´agit de changements structurels mais il s´édifient sur une forte croissance économique que même le FMI a reconnue (4 % en 2011).

Ce qu´on dit sur le plan international, c´est que cette croissance serait dopée par le Venezuela et plus concrètement par Hugo Chávez.

Le Nicaragua ne reçoit pas de cadeaux : ce qu´il y a c´est un commerce juste dans le cadre de l´ALBA [Alternative Bolivarianne pour les Peuples de Notre Amérique - Traité de Commerce des Peuples]. Ce n´est pas que le Venezuela soit le bienfaiteur et subventionne à fonds perdus. Il y a un échange avec le Venezuela et avec d´autres pays qui ne font pas partie de l´ALBA.

Quelle différence y a-t-il actuellement entre les modèles nicaraguayen et salvadorien ?

Je ne connais pas le cas salvadorien en profondeur mais je ne réussis pas à voir clairement où est l´avantage économique de maintenir une certaine distance avec le reste des pays latino-américains. Ceci dit avec tout le respect, je ne comprends pas non plus le pari du présidente Mauricio Funes de faire un gouvernement “apolitique” alors qu´il a été lui-même porté au pouvoir par un parti politique [le FMLN, ex-guérrilla]. Il veut maintenir la distance avec son parti, la distance avec le gouvernement, la distance avec la gauche, il veut qu´on parle de “ses” succès et non de ceux du FMLN. Wikileaks a publié des conversations oú il demande l´aide des États-Unis pour “se dégager” du FMLN. Il me semble en tout cas qu´il y a des choses qui dérangent les salvadoriens.

Puisque nous parlons de gauche et d´Amérique Latine, où situez-vous le projet sandiniste actuel, dans le cadre idéologique des gouvernements de gauche qui existent dans le continent ?

Le gouvernement de Daniel Ortega est de gauche. C´est très clair…

Mais le Nicaragua est très proche de l´ALBA ; a-t-il d´autres éléments, des apports en propre… ?

Le sandinisme se rénove, se met à jour, s´adapte. Le FSLN de 1979 [année du triomphe de la révolution] n´est pas le FSLN de 1984, lorsque ont été organisées les premières élections démocratiques du Nicaragua ; ni celui de 1990 qui a perdu les élections, ni celui de 2006 qui les a remportées ni même, pour aller vite, celui qui a gagné en 2011. C´est logique…

Est-il compatible de faire partie de l´ALBA en tant que pays et, en même temps, en tant que parti au pouvoir, de l´Internationale Socialiste (IS) ?

Bien sûr. De fait si nous prenons au pied de la lettre les statuts de l´IS, la majorité de ses membres devraient être alignés sur la gauche latino-américaine actuelle. Le problème est qu´ils ne le sont pas parce que l´IS se positionne de plus en plus à droite.

Et que pense faire Daniel Ortega à ce sujet ?

Cela dépendra de ce que sera l´IS après son prochain congrès, prévu en fin d´année. Ce qui va s´y décider est si l´IS va continuer à parier sur le néo-libéralisme ou si elle va revenir aux principes et aux valeurs sur la base desquels elle s´est créée et qui sont ceux de la Révolution Sandiniste. Hors de l´Internationale Socialiste il y a beaucoup d´espaces (comme la COPPPAL [Conférence Permanente des Partis Politiques d´Amérique Latine] et le Forum de Sao Paulo) qui sont beaucoup plus fédérateurs et beaucoup plus à gauche que l´IS, car on ne peut continuer de cette manière.

Le prix à payer pour ces positions politiques est l´image médiatique qui se projette du Nicaragua à l´extérieur depuis que le FSLN est revenu au pouvoir ?

En effet. La mauvaise image du Nicaragua dans les grands médias occidentaux est le résultat de ses positions mais aussi de son projet politique. Le problème est que le Front Sandiniste et le gouvernement nicaraguayen ne sont pas là pour plaire aux médias occidentaux mais pour résoudre les problèmes des nicaraguayens. Et ils ne le font pas si mal. Daniel Ortega a été réélu avec 62 pour cent des suffrages.

22 février 2012

Note :

(1) Lire à ce sujet l´enquête très fouillée de Maurice Lemoine "L´Internationale Socialiste, une coquille vide", in le Monde Diplomatique de janvier 2012 : http://www.larevolucionvive.org.ve/...

Source (espagnol) : http://www.cronicapopular.es/2012/0…

Traduction : Thierry Deronne pour www.venezuelainfos.wordpress.com


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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 19:37

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 18:10

 

Domenico LOSURDO


Désormais même les aveugles peuvent être en mesure de voir et de comprendre ce qui est en train d’arriver en Libye :

1. C’est une guerre promue et déclanchée par l’OTAN qui est en cours. Cette vérité finit par filtrer sur les organes mêmes d’ « information » bourgeoise. Sur La Stampa du 25 août, Lucia Annunziata écrit : c’est une guerre « entièrement "extérieure", c’est-à-dire faite par les forces de l’OTAN » ; c’est « le système occidental, qui a promu la guerre contre Kadhafi ». Une vignette de l’International Herald Tribune du 24 août nous montre des « rebelles » qui exultent, mais ils sont commodément installés sur un avion qui porte l’écusson de l’OTAN.

2. Il s’agit d’une guerre préparée depuis longtemps. Le Sunday Mirror du 20 mars a révélé que déjà « trois semaines » avant la résolution de l’ONU étaient à l’œuvre en Libye des « centaines » de soldats britanniques, encadrés dans un des corps militaires les plus sophistiqués et les plus redoutés du monde (SAS). Des révélations ou admissions analogues peuvent être lues sur l’International Herald Tribune du 31 mars, à propos de la présence de « petits groupes de la CIA » et d’une « ample force occidentale en action dans l’ombre », toujours « avant l’éclatement des hostilités le 19 mars ».

3. Cette guerre n’a rien à voir avec la protection des droits humains. Dans l’article déjà cité, Lucia Annunziata observe avec angoisse : « L’OTAN qui a atteint la victoire n’est pas la même entité qui a lancé la guerre ». Entre temps, l’Occident est gravement affaibli par la crise économique ; réussira-t-il à garder le contrôle d’un continent qui, de plus en plus souvent, perçoit l’appel des « nations non occidentales » et en particulier de la Chine ? Par ailleurs, ce même quotidien qui présente l’article d’Annunziata, La Stampa, ouvre le 26 août sur un titre en pleine page : « Nouvelle Libye, défi Italie-France ». Pour ceux qui n’auraient pas encore compris de quel type de défi il s’agit, l’éditorial de Paolo Paroni (Duel de la dernière affaire) est clair : depuis le début des opérations guerrières, caractérisées par l’activisme frénétique de Sarkozy, « on a immédiatement compris que la guerre contre le Colonel allait se transformer en un conflit d’un autre type : guerre économique, avec un nouvel adversaire, l’Italie évidemment ».

4. Voulue pour des motifs abjects, la guerre est menée de façon criminelle. Je me limite seulement à quelques détails repris dans un quotidien au-dessus de tout soupçon. L’International Herald Tribune du 26 août, dans un article de K. Fahim et R. Gladstone, rapporte : « Dans un campement au centre de Tripoli ont été retrouvés les corps criblés de balles de plus de 30 combattants pro-Kadhafi. Deux au moins étaient ligotés avec des liens en plastique, et ceci laisse penser qu’ils ont subi une exécution. Parmi ces morts, cinq ont été trouvés dans un hôpital de fortune ; l’un était sur une ambulance, étendu sur un brancard et ligoté par une ceinture et portant encore une perfusion intraveineuse dans le bras ».

5. Barbare comme toutes les guerres coloniales, la guerre actuelle contre la Libye démontre comment l’impérialisme se fait de plus en plus barbare. Dans le passé, innombrables ont été les tentatives de la CIA d’assassiner Fidel Castro, mais ces tentatives étaient conduites en secret, avec un sentiment si ce n’est de honte du moins de crainte des possibles réactions de l’opinion publique internationale. Aujourd’hui, par contre, assassiner Kadhafi ou d’autres chefs d’Etat non appréciés à l’Occident est un droit ouvertement proclamé. Le Corriere della Sera du 26 août 2011 titre triomphalement : « Chasse à Kadhafi et à ses fils, maison par maison ». Tandis que j’écris, les Tornado britanniques, se prévalant aussi de la collaboration et des informations fournies par la France, s’emploient à bombarder Syrte et à exterminer l’entière famille de Kadhafi.

6. Non moins barbare que la guerre a été la campagne de désinformation. Sans le moindre sentiment de pudeur, l’OTAN a martelé systématiquement le mensonge selon lequel ses opérations guerrières ne visaient qu’à la protection des civils ! Et la presse, la « libre » presse occidentale ? Elle a, à un moment, publié avec ostentation la « nouvelle » selon laquelle Kadhafi bourrait ses soldats de viagra de façon à ce qu’ils puissent plus facilement commettre des viols de masse. Cette « nouvelle » tombant rapidement dans le ridicule, voici alors une autre « nouvelle » selon laquelle les soldats libyens tirent sur les enfants. Aucune preuve n’est fournie, on ne trouve aucune référence à des dates et des lieux déterminés, aucun renvoi à telle ou telle source : l’important est de criminaliser l’ennemi à anéantir.

7. Mussolini en son temps présenta l’agression fasciste contre l’Ethiopie comme une campagne pour libérer ce pays de la plaie de l’esclavage ; aujourd’hui l’OTAN présente son agression contre la Libye comme une campagne pour la diffusion de la démocratie. En son temps Mussolini n’avait de cesse de tonner contre l’empereur éthiopien Hailé Sélassié comme « Négus des négriers » ; aujourd’hui l’OTAN exprime son mépris pour Kadhafi « le dictateur ». De même que la nature belliciste de l’impérialisme ne change pas, ainsi ses techniques de manipulation révèlent de significatifs éléments de continuité. Pour clarifier qui exerce réellement aujourd’hui la dictature à niveau planétaire, plutôt que de citer Marx ou Lénine, je veux citer Emmanuel Kant. Dans un texte de 1798 (Le conflit des facultés), il écrit : « Qu’est-ce qu’un monarque absolu ? Celui qui, quand il commande : "la guerre doit être", la guerre suit en effet ». En argumentant de la sorte, Kant prenait pour cible, en particulier, l’Angleterre de son époque, sans se laisser tromper par les formes « libérales » de ce pays. C’est une leçon dont nous devons tirer profit : les « monarques absolus » de notre époque, les tyrans et dictateurs planétaires de notre époque siègent à Washington, à Bruxelles et dans les plus importantes capitales occidentales.

Domenico Losurdo

http://domenicolosurdo.blogspot.com/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

URL de cet article 14499
http://www.legrandsoir.info/sept-points-sur-la-libye.html

                   

 

 RUBENOTAN.jpg

 

Heureusement que l'OTAN est venue nous sauver de ce criminel de Kadhafi  (RUBEN diarioVEA http://diariovea.com.ve/#)

 

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 11:34

par Julien Salingue, le 9 juin 2011 (ACRIMED)

Dimanche 5 juin : Ollanta Humala remporte les élections présidentielles au Pérou, avec plus de 51.5% des voix. Son adversaire, Keiko Fujimori, reconnaît sa défaite le 6 juin. La lointaine Amérique Latine va de nouveau faire les frais de la malinformation, pour ne pas dire de la désinformation, de la part de certains médias français. Le Monde s’est une fois de plus illustré.

Le 6 juin au matin, un premier article est mis en ligne sur le site du quotidien du soir : « Humala se déclare vainqueur de la présidentielle au Pérou ». L’article, basé sur une dépêche AFP, est très factuel, et sera modifié au fur et à mesure du dépouillement. Son titre, nous y reviendrons, sera lui aussi changé. Le lendemain, un nouvel article est publié sur lemonde.fr, que l’on retrouve dans l’édition papier datée du 8 juin : « Inquiétudes au Pérou après l’élection à la présidence d’Ollanta Humala ». Un tel titre est, pour le moins, surprenant : pourquoi une élection démocratique, dont les résultats ont été reconnus par les deux protagonistes, susciterait-elle des inquiétudes ?

Le premier intertitre de l’article semble apporter un élément de réponse : « Une menace à la démocratie ». Si la démocratie est menacée, il y a effectivement de quoi s’inquiéter… Mais la lecture de l’article nous apprend que l’expression « menace à la démocratie » a en réalité été employée… contre l’adversaire d’Ollanta Humala, Keiko Fujimori, par le prix Nobel de littérature péruvien Mario Vargas Llosa. La défaite de Keiko Fujimori devrait donc rassurer ! Les raisons de s’inquiéter sont ailleurs et il faut aller plus avant dans l’article pour les connaître, et surtout pour savoir qui s’inquiète :

« Mme Fujimori a […] exhorté le président élu à "continuer sur la voie économique tracée et maintenir les règles claires", afin de rassurer les marchés et le monde des affaires qui craignent que le nationaliste prenne des mesures faisant fuir les investisseurs. Lundi, les opérations de la Bourse de Valeurs de Lima ont dû être interrompues pendant deux heures, après avoir brusquement chuté de plus de 7 %, en réaction aux résultats électoraux. […] La peur s’est aussi installée chez certains Péruviens, dans la capitale de Lima notamment, qui a voté en majorité pour Keiko Fujimori, et de nombreux messages publiés sur les réseaux sociaux prévoient le pire pour le prochain gouvernement. […] De nombreux secteurs de la société réclament donc déjà au nationaliste d’envoyer des signes permettant de rassurer les investisseurs et, de manière générale, une société qui doute ».

Nous voilà enfin renseignés ! Les inquiétudes sont donc celles des « marchés », du « monde des affaires », et d’une partie de l’électorat de Keiko Fujimori, laquelle a été, apprend-on par ailleurs, « soutenue par de nombreux représentants de la droite traditionnelle, […] une grande partie de l’élite sociale et économique mais aussi de la classe moyenne urbaine ». Est-ce le programme du futur président qui les inquiète ? Ce n’est pas grâce à cet article qu’on l’apprendra, puisqu’il ne consacre pas la moindre ligne aux projets d’Ollanta Humala, uniquement qualifié de « nationaliste ». Il faut se reporter à la dépêche AFP « étoffée » de la veille pour apprendre que « la priorité de Humala est de partager la croissance, qui s’élevait à 8,7 % en 2010, dans un des pays les plus inégaux du monde » car « au Pérou, la prospérité qui règne à Lima, sur la côte, pour une élite blanche, n’a jamais concerné le pays de l’intérieur, des Andes ou de l’Amazonie, indien surtout, et spectaculairement sous-développé ».

Il ne nous appartient pas de juger du programme d’Ollanta Humala, et encore moins de faire un quelconque pronostic sur ses réalisations futures. Mais de toute évidence, certains Péruviens ont peut-être de quoi être « inquiets ». Et d’autres, rassurés, voire pleins d’espoir. Or, si le sort de « l’élite blanche » semble inquiéter Le Monde, celui des exclus de la croissance ne semble pas préoccuper outre mesure la rédaction du quotidien.

Post-Scriptum : le 8 juin, nous avons pu constater que les titres des articles ont changé sur lemonde.fr. « Inquiétudes au Pérou après l’élection à la présidence d’Ollanta Humala » a été subrepticement transformé en « Le Pérou, entre espoir et inquiétude, après l’élection d’Ollanta Humala »http://www.lemonde.fr/ameriques/art.... Mais toujours pas une ligne sur les secteurs de la population péruvienne qui « espèrent ». Quant à la dépêche AFP étoffée, elle est désormais titrée « Au Pérou, la victoire d’Ollanta Humala effraie les milieux économiques ». Voilà qui est plus clair. Chacun pourra néanmoins s’assurer des titres originaux dans les barres d’adresse.


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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 11:14

vendredi 20 mai 2011

Défaite pour les grands médias qui font campagne depuis douze ans contre la révolution bolivarienne. La Salle Pénale de la Cour Suprême de Justice (CSJ) de Colombie a déclaré ce mercredi que «  tout le matériel récupéré lors de la mort du numéro deux des FARC, Raul Reyes, a été obtenu de manière illicite et n’a pas bénéficié de la chaîne normale de sauvegarde de données". Les mails soi-disant extraits des disques durs d’un ordinateur attribué à un dirigeant des FARC, ne peuvent être considérés comme preuves. Les magistrats de la Cour Suprême ont rejeté les actions légales en cours pour accuser l’ex-représentant à la Chambre du Congrès pour le Pôle Démocratique Alternatif, Wilson Borja, de supposés liens avec cette guérilla.

Rappelons que le leader de la guérilla Raul Reyes fut assassiné en mars 2008 lors d’une attaque de l’armée colombienne en territoire équatorien contre un campement provisoire de la guérilla (province de Sucumbíos (nord-est du pays). L’armée aux ordres d’Alvaro Uribe déclara avoir « trouvé sur les lieux » de l’assassinat, l’ordinateur personnel de Reyes. Ce fut sur cette base que le président Uribe et les grands médias accusèrent les présidents du Venezuela Hugo Chavez de « financer les FARC » et le président de l’Equateur Rafael Correa, de recevoir un financement de cette organisation pour la campagne de 2006.

Gageons que ce démenti de la Cour Suprême de Colombie sera immédiatement communiqué au public par ces médias.

A la suite de cette décision de la plus haute instance de la justice colombienne, le chancelier du Venezuela, Nicolas Maduro, a déclaré ce mercredi que la « fable touche à son terme » et que «  la décision de la Cour Suprême donne raison au Venezuela qui a toujours rejeté ces mensonges ». Le chancelier vénézuélien a fait ces déclarations depuis Managua, au terme de sa participation à la XVIIème rencontre des partis de gauche latino-américains du Forum de Sao Paulo.

Il a rappelé par ailleurs que dans son pays "on ne monte pas une base de missiles, autre mensonge extravagant que nous rejetons". Les mêmes médias qui avaient déclarés "preuves valides" les ordinateurs magiques de Reyes, viennent en effet de lancer une nouvelle campagne selon laquelle... l’Iran monterait une base de missiles au Venezuela.

Dans le magazine belge « Express.BE (information that works) » une certaine Audrey Duperron annonce ainsi que le Venezuela a décidé de dresser vers le ciel (de Manhattan sans doute) de redoutables ogives, information qu’elle dit tenir de Die Welt, qui « la tiendrait » de « sources américaines » (sic)…

Il y a quelques années on avait pu lire, grâce à d’autres confidences du Département d’Etat, que sous une usine de fabrication de bicyclettes, le Venezuela cachait une fabrique d’armes de destruction massive. Information que le président Chavez avait d’ailleurs confirmée : « c’est exact, nous sommes en train de produire les premières bicyclettes atomiques ».

Photo prise par l’Express.BE au Vénézuéla


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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 20:32
Les envoyés sur place de Telesur témoignent à leur retour  de Libye

Jordan Rodriguez, journaliste et Jesús Romero, cadreur, sont arrivés à Tripoli le 23 février 2011.

Dans l’avion ils partageaient cette destination avec seulement dix personnes. Deux d’entre elles –dont une envoyée de la chaîne italienne RAI– ont décidé de ne pas descendre. Quand ils sont arrivés à l’aéroport ils ont vu que près de 300 personnes se bousculaient pour aborder le même avion et partir. Jesús en parle en riant lorsqu’on lui demande si à un certain moment ils ont senti qu’ils commettaient une folie.

L’équipe de Telesur fut la première à débarquer sur place, après un long périple qui comprenait des surtaxes de billets, plusieurs arrestations, des pertes de matériel, de mauvais traitements physiques de la part de la police, et l’obtention finale d’une autorisation de travail sur tout le pays (et non d’un accord entre Chavez et Kadhafi comme beaucoup ont dit).

Ils sont également arrivés à temps pour constater que sur le terrain les soi-disant bombardements contre la population, en tout cas à Tripoli, étaient des mensonges.

Nous sommes allés directement à la place verte et quand nous sommes arrivés nous avons vu une chose tout à fait différente de ce que disait la RAI, qui était la même version que donnaient Al Jazeera, la BBC, ou CNN. Nous avons par contre découvert une manifestation de 500 à 600 personnes appuyant Mouammar Kadhafi” raconte Jordan.

Nous avons pris conscience que ce qui se produisait était une guerre de quatrième génération. Les médias furent le premier bataillon à entrer en Libye. Ils diffusaient des infos impossibles à vérifier. Ils n’avaient qu’un reporter en Libye et affirmaient un tas de choses”, indique Jesús.

Pour les deux envoyés, la presse internationale a une grande responsabilité dans l’invasion que subit le peuple libyen depuis le 19 mars.

Telesur a eu la chance d’être sur place et de démentir ces choses mais cela n’a servi à rien parce que l’ONU a pris sa décision sur la base de tous ces mensonges. A travers la caméra de Jesús et mon travail nous avons dit la vérité et au moins nous avons pu faire naître un doute. Par contre, oui, j’ai vu des morts dans les bombardements de l’OTAN », explique Rodriguez, qui se souvient du désespoir de nombreux habitants, de leur rage contre les médias, certains brandissaient des panneaux pro-Kadhafi en montrant la date et leur demandant de dire la vérité.

Jesús est resté 38 jours en Libye et a reçu au moins une trentaine de coups. Des gens, de la police, de n’importe qui… C’est compliqué. C’est une autre vision des choses. C’est un pays arabe. Un pays menacé. Tu peux te promener tranquillement avec un AK 47, mais si tu portes une caméra tu es un danger”.

—La couverture de Telesur a reçu de nombreuses critiques pour la différence entre ce qui se transmettait depuis Tripoli et ce qu’on disait depuis Benghazi.

—Jordan : "Reed Lindsay, correspondant de Telesur à Benghazi et moi nous rapportions minute après minute ce que nous voyions, ce qui se passait. Trípoli est sous contrôle de Kadhafi et cette situation fait que la ville soit calme. Lui se trouvait à 1.200 km de l’endroit où j’étais. Il avait un autre discours, celui des gens qui disent qu’ils sont fatigués de Kadhafi, qu’il faut le chasser, qu’il faut le tuer parce que ce type est un assassin, etc. Les gens m’attaquaient beaucoup sur Twitter et ce que je répondais c’était que tant mieux qu’ils puissent voir dans un même journal télévisé (celui de Telesur) ce qui se passait dans deux endroits différents. Je crois que s’il y a un motif de fierté pour nous c’est d’avoir montré tant ce que disaient ceux qui étaient avec Kadhafi comme ceux qui soutenaient les rebelles. Des gens me disaient que sûrement ceux qui parlaient avec moi avaient peur. Mais je ne peux me baser sur des suppositions, je me base sur des paroles. Mon travail comme reporter est de poser des questions et de croire en la parole des gens. Et en effet j’ai informé le public de ce qu’un jour je suis sorti sans caméra pour boire un café et j’ai rencontré un groupe de jeunes qui m’ont dit qu’ils étaient contre Kadhafi mais qu’ils ne pouvaient le dire par peur, et nous avons eu la liberté et l’éthique de le dire à l’antenne."

—Comment voyez-vous à présent la situation en Libye ?

— Jordan : "pour l’heure la Libye est devenu un pays complètement divisé. Nous avons interviewé des rebelles et ils étaient médecins, ingénieurs, architectes. Le niveau de vie en Libye est très élevé. C’est un pays très développé quand on pense à la région où il se situe. Les jeunes ont des voitures dernier cri. Je ne dis pas que ce soit un fait important mais il serait plus logique de voir éclater une rébellion dans un pays de très grande misère. Donc je leur demandais pourquoi ils se battaient et ils me répondaient : « Pour la liberté ». Dans ces groupes rebelles nous avons conversé avec des gens qui tenaient dur comme fer à cet idéal de liberté et aussi avec des gens qui maniaient des blindés et des unités anti-aériennes. Et je me demande jusqu’à quel point un médecin dispose de la capacité d’utiliser des unités anti-aériennes, il y a peut-être des facteurs externes qui stimulent tout cela. Que peut-il se passer ? Il y a des gens… des voix du peuple, qui défendent une partition de la Libye, il y a des gens qui veulent simplement la tête de Kadhafi mais il y aussi des gens convaincus que les présidents arabes ne sortent de la présidence que pour mourir. Nous avons vu Kadhafi quatre ou cinq fois et cet homme n’a pas un grain de peur. Il est enraciné dans son processus, dans son idéal et il a beaucoup de gens qui l’appuient. Comme il y a beaucoup de gens qui s’opposent à lui. "

Intérêts externes

Selon Jesús et Jordan la guerre en Libye peut s’expliquer par des millions de causes. “Le pétrole libyen est un des meilleurs du monde. Tu peux presque le sortir de terre, le mettre dans la voiture et elle fonctionne. Les réserves d’eau, les ressources naturelles et les 200.000 millions en réserves de l’Etat libyen, peuvent susciter la convoitise de gouvernements « en faillite » comme ceux de France ou d’Angleterre, ce sont d’autres causes possibles.

Comment lancer des bombes pour éviter des bombardements ?” s’interroge Jordan, qui précise que les grandes puissances vont continuer à attiser le conflit et que les « libyens divisés en deux camps vont s’entretuer”. “Ils vont lutter jusqu’à la mort”.

Ce que nous croyons c’est que cela suffit, qu’un pays se sente le droit d’attaquer, d’envahir, de tuer. Pourquoi par exemple n’a-t-on pas laissé travailler les leaders tribaux ? Ceux-ci étaient prêts à dialoguer et ils disaient qu’ils pouvaient trouver des solutions. J’aimerais savoir pourquoi CNN n’a jamais diffusé les déclarations des leaders tribaux. Et l’image qui manque peut-être en ce moment, même si on ne peut la montrer par respect pour le public, c’est celle d’enfants de cinq ans, brûlés."


Non, maman, c’est un mensonge !

Nos familles au Venezuela sont tombées dans le même panneau que tout le monde. Le fait de voir les news transmises par les grands chaînes internationaux, cela leur a causé une angoisse. Ma mère qui fait de l’hypertension me disait tout le temps : ‘reviens, que fais-tu là-bas ?’ et c’était la même chose chaque fois que nous appelions nos familles. “En tout cas j’ai dû dire aux miens : s’il vous plaît, ne regardez pas la télé. Ne croyez pas dans les médias”.

Les journalistes appelaient chez eux trois à quatre fois par jour pour calmer les angoisses familiales et Jesús se rappelle qu’à chaque fois il fallait faire un exercice de contre-information. “Ma mère me disait : « Mais enfin. on vient de dire telle chose ». « Non maman, c’est faux… je suis à côté du journaliste, et c’est faux ». « Mais si, Kadhafi a bombardé Tripoli ». « Non, c’est faux ». Jesus en rit : « On a du travailler non seulement pour Telesur, mais aussi pour les familles."

Traduction : Thierry Deronne

JIMENA MONTOYA/CIUDAD CCS FOTO FERNANDO CAMPOS

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1500&lang=fr


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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation