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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 18:24
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Published by - dans Le venin de la désinformation
20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 20:10

 

Paris, 19 avril 2014

Médiateur du Monde,

mediateur@lemonde.fr

Paris

Monsieur le médiateur,

Avez-vous conscience que votre quotidien accorde infiniment plus d’importance, en nombre de signes, d’articles, de pages (et de virulence) – examinez vos archives récentes, vous serez surpris du résultat ! –, à « la répression sans états d’âme » (28 mars) des étudiants et opposants vénézuéliens par le gouvernement de Nicolas Maduro qu’à (par exemple) la condamnation à mort, le 24 mars, de 529 partisans de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, pour des violences commises durant l’été 2013 ? C’est pourtant ce que tout lecteur du Monde, même moyennement attentif, peut constater. Curieuse disproportion…

Que votre collaborateur Paulo A. Paranagua mène une croisade personnelle et haineuse contre la gauche latino-américaine – et en particulier celle qui gouverne à Caracas, au terme d’élections reconnues par la communauté internationale – est son droit le plus strict. Qu’il entraîne Le Monde – en témoigne votre éditorial « Les Vénézuéliens dans l’impasse du “chavisme” » (11 mars) – dans sa dérive obsessionnelle participe d’un pic de pollution médiatique particulièrement préoccupant.

Je ne reprendrai pas ici point par point la prose de votre « journaliste », tant il y faudrait de la place et du temps. Elle prête d’ailleurs parfois à sourire quand, par exemple, il présente l’opposant Teodoro Petkoff comme une « figure de la gauche » vénézuélienne : ministre du président néolibéral Rafael Caldera (1994- 1999), celui-ci a été à l’époque l’architecte des politiques de privatisation et de démantèlement du système de sécurité sociale !

Sourire encore lorsqu’il s’en prend, régulièrement, aux excellentes relations du Parti des travailleurs (PT) et du pouvoir brésilien avec les gouvernements « socialisants » – rebaptisés par vos soins « populistes » – environnants : si je ne me trompe, ce n’est pas moi, mais bien Le Monde, qui a fait de Luiz Inacio Lula da Silva, en décembre 2009, « l’homme de l’année » (il est vrai qu’à l’époque, il fallait un « bon » chef d’Etat progressiste à opposer à Hugo Chávez, « le méchant ») ! Chávez disparu, la grande Internationale conservatrice peut désormais s’en prendre à la gauche modérée (qui, je le précise, et pas plus que ses homologues se revendiquant du « socialisme du XXIe siècle », n’est exempte de critiques, cela va de soi). Mais le problème n’est pas là… Il réside dans une manipulation grossière de l’information, destinée à transmettre une image désastreuse des pays de la région qui, tout en mettant en oeuvre des politiques sociales et en réduisant considérablement la pauvreté, ne se soumettent ni aux dogmes néolibéraux ni aux desiderata des Etats-Unis, de l’Union européenne et de leur excroissance mutuelle, l’OTAN. Il réside, sous couvert de soutien au centre gauche, d’appuyer en sous-main la droite (ce qui, en démocratie, n’a rien de honteux), la droite radicale (ce qui est déjà plus problématique) et même l’extrême droite (ce qui est proprement scandaleux).

Le Venezuela connaît des difficultés économiques réelles – inflation de 56 % (plus de 1000 % en 1996 !, soit dit en passant), insécurité et pénuries (démultipliées par un sabotage économique bien réel lui aussi, bien qu’occulté par votre quotidien). Depuis début février, le président Nicolas Maduro fait face à de violentes manifestations « d’opposants et d’étudiants » « durement réprimées » (vos éditions des 3, 16 et 17 avril, pour ne citer qu’elles). De fait, dans un contexte de violence qui, à l’heure où j’écris, a malheureusement fait quarante et une victimes, on notera que, au 31 mai, la justice vénézuélienne avait déjà ouvert 81 enquêtes concernant les excès des forces de l’ordre – 75 pour mauvais traitements, 2 pour torture et 4 pour assassinats –, dix-sept agents étant détenus.

Toutefois, un journaliste professionnel digne de ce nom attirerait également l’attention sur le fait que sept des victimes sont des gardes nationaux (l’équivalent de nos CRS) ou des policiers (la majorité tués par balles) ; que huit des civils décédés ont été atteints par des tirs de l’opposition, alors qu’ils contestaient, fuyaient ou tentaient de déblayer les barricades ; que six doivent leur mort aux obstacles ou aux fils de fer barbelés tendus dans les rues par les groupes de choc de ce qu’un témoin objectif qualifierait de « guérilla urbaine », etc, etc. Quand le diable se cache dans les détails, mieux vaut évacuer les détails, estime sans doute Paulo A. Paranagua…

Mais vos lecteurs sont trompés.

« Aucun manifestant n’a été arrêté avec une arme de poing », peut-on lire sous la plume de cet « envoyé très spécial » (3 avril)… Les agents des forces de l’ordre tués par balles l’ont donc vraisemblablement été avec des fusils de bois, des pistolets à eau ou à bouchons ! D’ailleurs, l’affirmation s’est révélée quelque peu prématurée : détenu alors qui dirigeait les « guarimbas » à San Cristobal, « épicentre des manifestations », Gabriel Alejandro Reyes est sous le coup d’un mandat d’arrêt d’Interpol pour… narcotrafic. Curieux étudiant ! Mais pourquoi Le Monde devrait-il mentionner les liens entretenus par certains des manifestants de cet Etat du Tachira avec les paramilitaires colombiens ? Ou même la présence de délinquants, rémunérés, au coeur des manifestations ?

Je me permets d’insister : est-il tout à fait secondaire que l’une des figures de proue de ce mouvement « pacifique » et « démocratique » que vous soutenez ostensiblement, le dirigeant étudiant Laurent Saleh (bien qu’il ait terminé ses études depuis longtemps!), ait assisté, le 6 juillet 2013, à Bogotá, en tant que représentant de l’ « opposition vénézuélienne », à une réunion politique organisée par un mouvement fascisant, l’Alliance nationaliste pour la liberté, en présence de Diego Cubillos, comandante de Troisième force, une organisation néo-nazie opérant dans la capitale et d’autres grandes villes de Colombie ? Comme l’a rapporté l’un de vos confrères d’El Espectador (21 juillet 2013), Saleh a déclaré à cette occasion : « Je viens vous dire que nous avons besoin de votre appui et que vous avez le nôtre ». Vous l’ignoriez ? Cela ne me surprend pas, si vous ne lisez que la prose de Paulo A. Paranagua ! Sa priorité réside dans la criminalisation des organisations populaires vénézuéliennes, en reprenant la propagande de l’extrême droite sur les fameux « collectifs » chavistes qui sèment la terreur en toute impunité (on prétendait la même chose des « cercles bolivariens », avant avril 2002, pour justifier le coup d’Etat en gestation).

Puisque j’ai rapidement évoqué la Colombie, permettez-moi une digression (les vacances de Pâques nous accordent un peu de temps !). Ne serait-il pas possible que Marie Delcas, votre correspondante à Bogotá, s’intéresse d’un peu plus près aux événements se déroulant dans ce pays ? On la sent certes passionnée par ce qui se passe de l’autre côté de la frontière : « Au Venezuela, pénurie et petits trafics en série » (12 mars) ; « Nicolas Maduro ne cesse de conforter l’emprise des militaires sur le Venezuela » (25 février) ; « Au Venezuela, les municipales deviennent un plébiscite » (7 décembre 2013) ; « Nicolas Maduro mobilise l’armée contre l’inflation » (14 novembre 2013 ; « Le Venezuela empoisonné par l’insécurité » (2 avril 2013) – j’en passe, et des meilleurs (façon de parler !), sans toutefois oublier « Les dessous chics de la révolution bolivarienne » (29 mai 2009) ou « Démocratie participative à la Chávez » (20 avril 2007).

Curiosité fort légitime, lorsqu’on a compris la priorité qu’accorde Le Monde à la stigmatisation de la « révolution bolivarienne » (bien que Delcas se montre moins caricaturale que Paranagua, ce qui, entre nous, n’est pas trop compliqué). Mais, à trop baguenauder dans le pays voisin, votre correspondante en oublie ce qu’un naïf pourrait considérer comme sa priorité : informer sur la Colombie. Certes, cette terre infiniment moins violente que le Venezuela « populiste » !!! ne mérite guère qu’on s’attarde sur elle, mais je n’en note pas moins que jamais vos lecteurs n’ont été informés, par un article détaillé ou une enquête fouillée, sans même demander qu’elle soit exhaustive, sur :

1) la découverte à La Macarena, en décembre 2009, d’une fosse commune contenant les corps de 1500 à 2000 paysans, syndicalistes, militants, opposants politiques assassinés par les paramilitaires et une unité d’élite de l’armée (imaginez une seconde qu’on ait trouvé un tel charnier au Venezuela… vous auriez mobilisé toute la « une » et doublé votre pagination !) ;

2) le scandale de la parapolitique (liens d’environ un tiers des membres du Congrès avec les paramilitaires) ;

3) le scandale des « faux positifs » : exécutions extra-judiciaires de civils ultérieurement revêtus de tenues de combat pour les présenter comme des guérilleros éliminés lors d’affrontements armés (plus de 1300 victimes identifiées) ;

4) la condamnation (décembre 2012) à treize ans de prison, aux Etats-Unis, pour narcotrafic, du général Mauricio Santoyo, chef de la sécurité et homme de confiance du président Alvaro Uribe au palais de Nariño ;

5) l’assassinat de plus de trente militants de la Marche patriotique, depuis la naissance de ce mouvement social, en octobre 2012 ;

6) la récente affaire de corruption touchant l’armée (fausses factures, détournement de matériel, trafic d’armes se chiffrant en millions d’euros).

Par action ou par omission, en taisant tous ces événements (d’autres parleraient de crimes d’une extrême gravité), Le Monde donne un sacré coup de pouce à l’extrême droite colombienne. J’ose espérer qu’il s’agit-il là d’un effet secondaire non désiré… Mais, dans ces conditions, et puisque Marie Delcas est monopolisée par les avanies du sulfureux régime « chaviste », pourquoi ne nommeriez-vous pas un correspondant à Caracas, qui, lui, pourrait s’occuper des deux ou trois bricoles tout à fait anodines qui se déroulent en Colombie ?

En bref, et revenant au Venezuela…

– La Conférence des évêques vénézuéliens (largement citée dans votre édition du 17 avril) « dénonce la promotion d’un gouvernement de type totalitaire » : le 12 avril 2002, lors du coup d’Etat contre Hugo Chávez, c’est par un décret contresigné par la hiérarchie de l’Eglise catholique, représentée par le cardinal José Ignacio Velasco, que le patron des patrons Pedro Carmona s’est emparé (pour quelques heures) de tous les pouvoirs, a dissout les institutions démocratiques et a déchaîné la répression contre les dirigeants de la « révolution bolivarienne ». La formule « persiste et signe » m’aurait paru assez adéquate pour commenter l’attitude de cette noble institution.

– « Aux élections législatives de 2010, les opposants étaient majoritaires en voix, à défaut de l’être en nombre d’élus » (16 et 17 avril, Paranagua ayant une fâcheuse tendance à rabâcher) : ici, la réalité est « trafiquée ». Le 26 septembre 2010, avec un taux de participation élevé (66,45 %), les candidats du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) ont rassemblé 5 399 574 voix contre 5 312 293 pour l’opposition (Plateforme d’unité démocratique ; MUD), soit 46,23 % des suffrages exprimés contre 45,48 %. L’ « arnaque » de la droite, reprise par votre employé, a été de s’attribuer le chiffre farfelu de 52% des suffrages en rajoutant à ses voix celles du parti Patrie pour tous (PPT), une formation de gauche critique (mais qui ne s’est jamais revendiquée de droite !) – qui, depuis, a d’ailleurs rejoint le camp chaviste.

Par ailleurs, quitte à évoquer les rendez-vous électoraux, pourquoi ne pas mentionner les deux derniers résultats (hors présidentielles) qui, lors des régionales du 16 décembre 2012, ont vu le PSUV triompher dans vingt des vingt-trois Etats du pays et, à l’occasion des municipales du 8 décembre 2013 – que l’opposition prétendait transformer en plébiscite –, remporter, avec ses alliés du Grand pôle patriotique (GPP), 76,42 % des municipalités, avec 54 % des voix contre 44 % (dix points d’écart) à l’opposition ?

« Maria Corina Machado, l’étoile montante de l’opposition (a été) déchue de son mandat de député pour avoir dénoncé les violations des droits de l’homme devant l’Organisation des Etats américains (OEA) à Washington » (16 avril) : on pourrait – on devrait ! – raconter l’histoire autrement… Le 21 mars, si M.C. Machado a pu s’exprimer devant le Conseil permanent de l’OEA – qui, réticent, n’a accepté de l’écouter qu’à huis clos – pour dénoncer son gouvernement et exprimer son soutien aux violences de l’opposition, c’est parce que le Panamá, aligné sur Washington et très hostile à Caracas, l’a accréditée en tant que représentante (une charge d’ambassadrice auxiliaire !) de la délégation du Panamá. Dès lors, la députée a violé l’article 149 de la Constitution vénézuélienne qui stipule : « Les fonctionnaires publics ne peuvent accepter de charges, d’honneurs ou de récompenses de gouvernements étrangers sans l’autorisation de l’Assemblée nationale. »La Constitution, vous avez dit la Constitution ? Oui, cela existe aussi au Venezuela. Héritière comme les autres leaders de la droite d’un grand groupe économique privé, Mme Machado signa le décret putschiste d’avril 2002 supprimant toutes les institutions démocratiques (parlement, etc…)

« Maria Corina Machado (…), comme d’autres opposants (entre autres Leopoldo López) était partisane de reprendre la rue aux chavistes sans attendre les législatives de 2015. Leur idée ? Pousser dans les cordes M. Maduro, favoriser une “issue pacifique et constitutionnelle” : un mensonge de la taille du soleil ! En dirigeants de la droite « radicale » ayant personnellement participé à la tentative de coup d’Etat de 2002, Leopoldo López, Antonio Ledezma et María Corina Machado ont annoncé vouloir provoquer « le naufrage du régime ». Dès lors, c’est avec un slogan particulièrement explicite – « la salida » (« la sortie ») – que l’un et l’autre, cherchant à provoquer un chaos débouchant sur la démission du président Maduro, ont appelé à l’insurrection – laquelle, à Caracas, Paranagua oublie ce détail, se cantonne aux beaux quartiers (qui, d’ailleurs, commencent à sérieusement s’en fatiguer). Même si cela ne transpire pas dans vos derniers articles, sous l’égide de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), une partie de la droite vénézuélienne négocie actuellement une (difficile) sortie de crise avec le gouvernement et a même, trahissant Paranagua et les siens, « condamné explicitement et clairement toute forme de violence », comme l’a déclaré, ce 17 avril, le ministre des Affaires étrangères équatorien, Ricardo Patiño.

Avant de terminer, car il ne serait pas raisonnable de reprendre toutes les manipulations relevées dans vos colonnes – le Venezuela n’étant pas seul concerné –, permettez moi de mentionner un point non dépourvu de signification.

Dans tous ses articles, je dis bien TOUS ses articles – si vous en avez le courage, relisez-les – Paulo A. Paranaguainfos.wordpress.com/2014/04/19/lettre-au-mediateur-du-monde-par-maurice-Lemoine/a nous parle du « lieutenant-colonel » Hugo Chávez et du « capitaine » Diosdado Cabello. Curieux : l’un et l’autre ont quitté l’armée en 1994, il y a vingt ans ! Au cas où vous ne saisiriez pas l’intérêt du procédé, je vais vous l’expliquer : il s’agit de la formule qu’utilisent les médias vénézuéliens d’opposition (El Nacional, El Universal, Tal Cual, etc.) pour désigner, depuis 2002, feu le « président » Chávez et l’actuel « président de l’Assemblée nationale », exprimant ainsi qu’ils leur dénient la légitimité et le titre que les élections démocratiques et la Constitution leur ont pourtant octroyé. Tout en rappelant de façon subliminale la tentative de coup d’Etat à laquelle ils ont participé, le 4 février 1992, en omettant de rappeler l’une de ses causes, la terrible répression, trois ans auparavant, d’un soulèvement populaire – le Caracazo – qui a fait, selon les sources, entre 300 et 3000 morts (voire même davantage), sous les auspices d’un président social démocrate, Carlos Andrés Pérez, ultérieurement destitué pour corruption. A défaut du prix Pullitzer ou du prix Albert Londres, Paulo A. Paranagua peut donc postuler avec les plus grandes chances de succès au Prix franco-vénézuélien de la connivence et du « copier-coller ».

Néanmoins, cette dernière démarche amène une réflexion. Puisqu’il se plaît à figer, selon son bon vouloir, tel ou tel dans son passé lointain, pourquoi votre collaborateur ne s’appliquerait-t-il pas cette règle à lui-même ? Ainsi, au nom de Paulo A. Paranagua, journaliste, pourrait-il substituer la mention comandante Saúl, pseudonyme qu’il utilisait au sein de l’organisation armée Parti révolutionnaire des travailleurs – Fraction rouge (PRT-FR) lorsque, le 21 mai 1975, en Argentine, il fut arrêté, après une série d’actions que, par pudeur et omettant de les détailler, nous qualifierons de particulièrement musclées (1).

Très chanceux – et il y a lieu de s’en féliciter sans aucune arrière-pensée –, Paranagua, en pleine dictature, bénéficia d’un non-lieu et sortit de prison en 1977. Comme Chávez – « le lieutenant-colonel » – et Cabello – « le capitaine » – , qu’il semble tant mépriser, l’ont fait en 1994, dans d’autres circonstances, à leur tour amnistiés.

Cher Monsieur, au début des années 1970, en menant une campagne de haine et de mensonges, le quotidien chilien El Mercurio, a préparé l’opinion de ce pays au coup d’Etat qui, finalement, a bien eu lieu, le 11 septembre 1973, contre le président Salvador Allende. Par son actuelle ligne éditoriale, Le Monde s’inscrit désormais, à l’échelle internationale (et il n’est malheureusement pas le seul), dans cette « glorieuse tradition ». Si, demain, sous une forme ou sous une autre, le président Nicolas Maduro est « sorti » du pouvoir par des voies non constitutionnelles, le public français – ou, pour le moins, votre lectorat – n’y verra que du feu, votre version des faits ayant préalablement soigneusement préparé l’opinion à un tel dénouement.

Je vous prie d’agréer, monsieur le médiateur, l’expression de mes sentiments atterrés, attristés – car c’est tout de même du Monde dont il s’agit – , mais aussi excédés.

Maurice Lemoine * * Abonné parisien, auteur de Chávez presidente (Flammarion) et Sur les eaux noires du fleuve (Don Quichotte).

http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/19/lettre-au-mediateur-du-monde-par-maurice-Lemoine/

Lettre au médiateur du Monde, par Maurice Lemoine
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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 11:05

 

Commençons par une situation imaginaire.
Imaginons une manifestation, disons à Nantes contre l´aéroport de Notre Dame des Landes. Alors que la manifestation se termine, les partis politiques et associations qui l´ont convoqué ne la dissolvent pas. Des groupes radicaux prennent le relais et commencent à construire des barricades. Ils sont aidés pour cela par les services de la ville.  Une pluie de cocktails Molotov, de pierres et de pavés s´abat sur les CRS. Une partie du CHU, et la totalité de l´Université sont réduits en cendres. Soudain, les CRS sont attaqués à balles réelles. Plusieurs d´entre eux décèderont. Ajoutons que la manifestation est financée par la Russie de Poutine et que dans les groupes radicaux se trouvent plusieurs membres du Hezbollah libanais.

Alors que le gouvernement utilise toute une panoplie de moyens démocratiques pour enrayer la violence, tous les media internationaux soutiennent cette situation insurrectionnelle et accusent François Hollande d´être le bourreau du Peuple français….

Situation surréaliste et improbable me diront les uns, « arrête la drogue » me diront ironiquement les autres. Et pourtant.
Et pourtant, cette situation est bien réelle. Elle est même un léger condensé de ce que vit le Venezuela depuis plusieurs semaines.
Explications.
A qui la faute ?

Depuis maintenant plus d´un mois, alors que l´immense majorité du pays vit sereinement, neuf districts municipaux (municipios) sur les 335 que compte le pays sont en proie à de véritables scènes de guérilla urbaine. Comme par enchantement, ces neuf municipios sont tous dirigés par des maires d´opposition et sont généralement le lieu de résidence des classes aisées. Drôle de révolution populaire qui n´existe que par le truchement des entreprises de communication…

A regarder qui sont les victimes de cette “dictature sanguinaire”, on découvre que la plupart d´entre elles ne sont pas le fruit d´une sanglante répression mais font suite aux actions violentes de l´opposition.

Au 18 mars, on pouvait compter 31 morts dont (1) :
 -    5 seraient attribués à des institutions policières (dont une à la Police de Chacao, dirigée par l´opposition). 23 membres des forces de l´ordre ont été mis en examen.
-    6 personnes sont mortes à cause de barricades ou de fils de fer barbelé que les groupes de choc de l´opposition ont tendu dans les rues qu´ils contrôlent.
-    8 personnes ont été assassinées alors qu´elles tentaient de déblayer la voirie et de démonter des barricades.
-    1 personne est morte renversée par une voiture qui tentait de franchir une barricade.
-    7 personnes sont mortes lors d´affrontements de tout type.
-    2 personnes sont décédées car l´ambulance qui les emmenait à l´Hopital a été bloquée par une barricade.
-    1 personne est morte de manière accidentelle. Cette personne était montée sur un toit pour agresser les services de police dans la rue en contrebas. Elle s´est défenestrée en voulant redescendre (2) .
-    1 personne dont les causes restent à déterminer.

De ce total macabre, on dénombre cinq membres de la guardia nacional (l´équivalent de la gendarmerie) assassinés par balle, et un procureur de la République.

De nombreux transports en commun (bus et stations de métro) ont été saccagés, un dispensaire de la mission Barrio Adentro a été incendié (les médecins cubains qui se trouvaient à l´intérieur ont miraculeusement pu en réchapper), neuf camions semi-remorque transportant plusieurs dizaines de tonnes de nourriture à destination des supermarchés publics furent brulés (drôle de manière de protester contre les ruptures de stock que d´incendier la nourriture) ainsi que plusieurs camions citernes remplis d´essence, de nombreux bâtiments publics et ministères ont été attaqués. La Unefa, université publique et gratuite, de la ville de San Cristobal a été entièrement rasée par les flammes. Son importante bibliothèque n´est désormais plus qu´un souvenir….

L´Université publique de San Cristobal ravagée par les flammes





A un mois du début de cette tentative de déstabilisation, non seulement le gouvernement est toujours en place mais l´opposition, qui soutient dans les faits la terreur des guarimbas perd du terrain. 85,4% des vénézuéliens se déclare opposés à cette forme de protestation (3) . Le président Maduro est même remonté dans les sondages d´opinion : 55,8% des vénézuéliens voteraient pour lui en cas d´élections présidentielles (4) .

Loin des délires médiatiques sur la violation des droits de l´homme au Venezuela, le travail de la médiatrice de la république et de son institution (Defensoria del Pueblo) a été, le 13 mars 2014, reconnu conforme aux principes de Paris et décoré de la classe A par le Comité International de Coordination des Institutions Nationales des droits de l´Homme et par le Haut Commissariat des Nations Unis aux droit de l´homme (5) . Information passée sous silence par la plupart des entreprises de désinformation.

Lire la suite sur http://www.romainmigus.com/2014/03/la-fabrique-de-la-terreur.html  

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 14:42

 

Salim LAMRANI 19 mars 2014

Depuis le triomphe de la Révolution bolivarienne au Venezuela avec l’élection du Président Hugo Chávez en 1998 (jusqu’à 2013) et la victoire de son successeur Nicolás Maduro en 2013, El País, principal quotidien espagnol et leader d’opinion, a délaissé l’impartialité dans le traitement de la réalité de ce pays. Pis encore, le journal espagnol a abandonné le journalisme équilibré et nuancé au profit d’une critique systématique et à sens unique du pouvoir démocratiquement élu de Caracas.

Une démocratie ?

Dans une tribune du 9 mars 2014, El País expose son point de vue et déclare que « le Venezuela n’est plus un pays démocratique [1] ». Peu importe qu’il y ait eu 19 consultations populaires depuis 1998 et que les chavistes aient remporté 18 de ces scrutins au cours d’élections reconnues comme irréprochables et transparentes par tous les organismes internationaux, de l’Organisation des Etats américains à l’Union européenne, en passant par le Centre Carter. Mieux encore, l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, qualifie le système électoral vénézuélien comme étant le « meilleur au monde [2] ».

La liberté de la presse

Le quotidien madrilène déplore « une asphyxie systématique de la liberté d’expression ». Là encore, l’affirmation résiste difficilement à l’analyse. Selon un rapport du Ministère de la Communication et de l’Information de 2011, en 1998, il existait au Venezuela 587 radios et télévisions dont 92,5% privées et 7,5% publiques. Aujourd’hui, elles sont 938 dont 70% privées, 25% communautaires et 5% publiques. La Révolution bolivarienne a au contraire multiplié le nombre de médias télévisuels et radiophoniques et le paysage médiatique est toujours dominé par le secteur privé. Loin d’être étouffés, les médias privés ont ainsi augmenté de 28,7% en 12 ans [3].

La Révolution bolivarienne, un échec ?

Un an après la disparition d’Hugo Chávez, qui a succombé à un cancer foudroyant le 5 mars 2013, El País dresse un panorama assez sombre de la situation vénézuélienne, par le biais de son correspondant à… Miami : « Chávez a légué une opportunité perdue, une économie en faillite qui ne tient que par l’endettement et la spéculation ». Le quotidien ajoute que « durant la dernière décennie de son gouvernement, le revenu pétrolier du Venezuela a été sept fois plus important qu’en 1998 quand il a assumé le pouvoir ». Cependant, « l’inflation et les pénuries, dont a souffert le pays de façon cyclique durant la dernière décennie, ont atteint des pics alarmants parmi les secteurs les plus pauvres [4] ».

A la lecture de ce bilan, on en conclut que la Révolution bolivarienne a été un échec. Mais en fait, El País occulte la réalité factuelle. D’abord, le quotidien madrilène omet de souligner que si le prix du pétrole a presque été multiplié par dix, c’est avant tout grâce à Hugo Chávez qui a réussi à réactiver une OPEP moribonde en limitant la production de pétrole et faisant passer le prix du baril de 16 dollars en 1998 à plus de 100 dollars aujourd’hui.

Ensuite, le journal évoque la situation des « secteurs les plus pauvres » sans fournir de chiffres et présente « l’inflation et la pénurie » comme des conséquences de la politique chaviste. En réalité, l’inflation a caractérisé l’économie vénézuélienne depuis au moins 70 ans et les statistiques disponibles sur la réalité sociale du pays apportent un démenti implacable au point de vue de El País.

En effet, de 1999 à 2011, le taux de pauvreté est passé de 42,8% à 26,5% et le taux de pauvreté extrême de 16,6% à 7%. Le taux de malnutrition infantile a été réduit de près de 40% depuis 1999. Cinq millions d’enfants reçoivent désormais une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. Ils étaient 250 000 en 1999. Le taux de malnutrition général est passé de 21% en 1998 à moins 3% en 2012. Selon la FAO, le Venezuela est le pays d’Amérique latine et de la Caraïbe le plus avancé dans l’éradication de la faim [5].

Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé. Le coefficient de GINI, qui permet de calculer les inégalités dans un pays, est passé de 0,46 en 1999 à 0,39 en 2011. Selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de GINI le plus bas d’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d’inégalités [6].

En 1999, 82% de la population avait accès à l’eau potable. Ils sont désormais 95%. Avant 1999, seules 387 000 personnes âgées recevaient une pension de retraite. Elles sont désormais 2,1 millions à en bénéficier. Durant la présidence de Chávez, les dépenses sociales ont augmenté de 60,6%. Depuis 1999, 700 000 logements ont été construits au Venezuela. Le taux de chômage est passé de 15,2% en 1998 à 6,4% en 2012, avec la création de plus de 4 millions d’emplois [7].

Depuis 1999, le gouvernement a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples aborigènes du pays. La réforme agraire a permis à des dizaines de milliers d’agriculteurs de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres ont été distribués. En 1999, le Venezuela produisait 51% des aliments qu’il consommait. En 2012, la production est de 71%, alors que la consommation d’aliments a augmenté de 81% depuis 1999. Si la consommation de 2014 était similaire à celle de 1999, le Venezuela produirait 140% des aliments consommés au niveau national. Depuis 1999, le taux de calories consommées par les Vénézuéliens a augmenté de 50% grâce à la Mission Alimentation qui a créé une chaîne de distribution de 22 000 magasins alimentaires (MERCAL, Casas de Alimentación, Red PDVAL), où les produits sont subventionnés à hauteur de 30%. La consommation de viande a augmenté de 75% depuis 1999 [8].

Le salaire minimum est passé de 100 bolivars (16 dollars) en 1999 à 2047,52 bolivars (330 dollars) en 2012, soit une augmentation de plus de 2000%. Il s’agit d’un des salaires minimum en dollars les plus élevés d’Amérique latine. En 1999, 65% de la population active touchait le salaire minimum. En 2012, seuls 21,1% des travailleurs disposent de ce niveau de salaire. Les adultes d’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalant à 60% du salaire minimum. Les femmes seules et les personnes handicapées reçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum. Le PIB par habitant est passé de 4 100 dollars en 1999 à 10 810 dollars en 2011 [9].

Depuis 1998, près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela. Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 6 millions en 1998 à 13 millions en 2011 et le taux de scolarité dans l’enseignement primaire est désormais de 93,2%. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. Ainsi, le taux de scolarité dans l’enseignement secondaire est passé de 53,6% en 2000 à 73,3% en 2011. Les Missions Ribas et Sucre ont permis à des centaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. Ainsi, le nombre d’étudiants est passé de 895 000 en 2000 à 2,3 millions en 2011, avec la création de nouvelles universités [10].

Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens. Entre 2005 et 2012, 7 873 centres médicaux ont été créés au Venezuela. Le nombre de médecins est passé de 20 pour 100 000 habitants en 1999 à 80 pour 100 000 habitants en 2010, soit une augmentation de 300%. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 534 millions de consultations médicales. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. 1,7 millions de vies ont ainsi été sauvées entre 2003 et 2011. Le taux de mortalité infantile est passé de 19,1 pour mille en 1999 à 10 pour mille en 2012, soit une réduction de 49%. L’espérance de vie est passée de 72,2 ans en 1999 à 74,3 ans en 2011. Grâce à l’Opération Milagro lancée en 2004, 1,5 millions de Vénézuéliens atteints de cataractes et autres maladies oculaires, ont retrouvé la vue [11].

Loin de l’image apocalyptique présentée par El País, la Révolution bolivarienne a été une indéniable réussite sociale. Ainsi, selon le rapport annuel World Happiness de 2012, le Venezuela est le second pays le plus heureux d’Amérique latine, derrière le Costa Rica, et le 19ème au niveau mondial, devant l’Allemagne ou l’Espagne [12].

Le cas du journal El País illustre l’incapacité des médias occidentaux – dont la plupart sont entre les mains de conglomérats économiques et financiers – à représenter de manière impartiale et équilibrée la Révolution bolivarienne. Il est une raison à cela : le processus de transformation sociale initiée en 1999 a bouleversé l’ordre et les structures établis, a remis en cause le pouvoir des dominants et propose une alternative sociétale où – malgré tous ses défauts, ses imperfections et ses contradictions qu’il convient de ne pas minimiser – les puissances d’argent ne règnent plus en maître, et où les ressources sont destinées à la majorité des citoyens et non à une minorité.

Salim Lamrani

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité (Paris, Editions Estrella, 2013) et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A...

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

[1] Mario Vargas Llosa, “La libertad en las calles”, El País, 9 mars 2014.

[2] Correo del Orinoco, « James Carter : Proceso electoral de Venezuela es ‘el mejor del mundo’ », 20 septembre 2012. http://www.correodelorinoco.gob.ve/nacionales/james-carter-proceso-ele...

[3] Juan Carlos Figueroa, « Medios públicos venezolanos casi se triplicaron en 12 años », El Tiempo, 12 août 2012. http://eltiempo.com.ve/venezuela/politica/medios-publicos-venezolanos-... (site consulté le 10 mars 2014).

[4] Maye Primera, « Un año sin el ‘comandante supremo’ », El País, 5 mars 2014.

[5] Salim Lamrani « 50 verdades sobre Hugo Chávez y la Revolución Bolivariana », Opera Mundi, mars 2013.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Ibid.

[10] Ibid

[11] Ibid.

[12] Ibid.

 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 14:18
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"Vous m'etedez Fernando ?" En direct du Vénézuela avec les "jeunes étudiants contestataires" : Fernando Rincon de CNN.

"Vous m’entendez Fernando ?" En direct du Vénézuela avec les "jeunes étudiants contestataires" : Fernando Rincon de CNN.

Poussées par la faim et les pénuries, les masses vénézuéliennes protestent contre la terreur du castro-communisme.

Poussées par la faim et les pénuries, les masses vénézuéliennes protestent contre la terreur du castro-communisme.

Par Roberto Lovato – Latino Rebels, le 14 mars 2014

Caracas – Les news et l’imagerie disponibles sur le Venezuela de ces dernières semaines mèneraient l’homme de la rue à conclure que les jeunes d’opposition sont des “manifestants pacifiques” dans la lignée de l’activisme global des jeunesses du “printemps arabe”, du mouvement Occupy ou d’autres pays d’Amérique Latine. Une telle conclusion serait erronée tant les informations sur le Venezuela relèvent de pratiques journalistiques très contestables, sur une échelle sans précédent.

Qu’on considère, par exemple, les personnes tuées dans les deux camps. Les médias privés (en anglais ou en espagnol) ont omis de couvrir les huit (et plus) victimes pro-chavistes des violences perpétrées par les étudiants ou par le reste de la droite. Aucun n’enquête sur les dénonciations selon lesquelles les morts sont en majorité imputables à l’opposition. Le gommage radical des victimes pro-chavistes est surprenant.s6gjS9fl

L’image ci-dessus montre, par exemple, des membres de la droite vénézuélienne tendant un fil barbelé qui a décapité un cycliste innocent, Rafael Durán de La Rosa, mort omise par la plupart des médias. Autre exemple du silence, l’assassinat de l’étudiante chilienne Gisella Rubiar le 9 mars à Mérida, tombée sous les balles de militants d’extrême droite alors qu’elle tentait de dégager une rue obstruée par leur barricade.

Certains des interviewés m’ont dit s’identifier à des militaires tels que le Généralissime Marcos Pérez Jiménez, ancien et très répudié dictateur. Ils se sont également reconnus dans l’opposition vénézuélienne, emmenée par trois membres de l’élite du pays —Henrique Capriles, María Corina Machado et Leopoldo Lopez— tous trois impliqués dans le coup d’État de 2002 contre Hugo Chávez et possédant des liens familiaux direct avec les propriétaires ou les plus hauts dirigeants des plus importants conglomérats privés du Venezuela et du continent.

Or, si l’opposition du Venezuela est dirigée par des milliardaires dans un pays pauvre et si, au lieu de combattre les initiatives multi-millionaires de la politique des USA (comme le font la plupart des mouvements latino-américains), cette opposition reçoit des millions de dollars du département d’État, comment comprendre toutes ces images d’étudiants portant un symbole associé aux mouvements de gauche ?

La réponse est triple. La première est que l’idée de porter ce masque face aux caméras fait partie de la très sophistiquée formation aux médias que les étudiants ont reçue de OTPOR/CANVAS et d’autres consultants loués avec les millions de dollars US. La deuxième est que des étudiants commettant des violences et qui craignent les sanctions ont besoin de se cacher. Enfin, c’est la logique du marché, il y a des personnes achetant des masques parce que c’est cool ou d’autres qui y voient une aubaine commerciale, comme j’ai pu l’observer dans les photos que j’ai prises la semaine passée.fauxccupy-vRL2Faux4RL-1024x9813Sans analyser de près l’imagerie dominante, sans examen minutieux de ce qu’est l’opposition vénézuélienne, on risquerait de la confondre avec quelque chose comme le Che Guevara ou Occupy ou le Printemps Arabe. Mais avec des dirigeants de la droite étudiante comme Lorent Saleh, lié aux paramilitaires de l’ex-président Uribe et à des groupes néo-nazis colombiens (voir El Espectador du 21/7/13) (1) ou Yon Goicochea qui a reçu les 500.000 dollars du prix “Milton Friedman” et d’autres financements privés ou gouvernementaux des États-Unis, il y a beaucoup plus derrière les masques de Guy Fawkes au Venezuela que ceux que nous laissent voir les médias. Et peut-être que nous voyons naître quelque chose de nouveau et radicalement différent dans le continent insurgé de l’Amérique : Fauxccupy

Note :

(1)  http://www.jornada.unam.mx/2014/03/04/opinion/021a1pol

Roberto LovatoL‘auteur : Roberto Lovato est écrivain, journaliste et co-Fondateur de  Presente.org, une des principales associations on-line de défense des droits des immigrants latino-américains aux États-Unis. Une de ses enquêtes sur l’exploitation des travailleurs immigrés à New Orleans après les ravages de Katrina, Gulf Coast Slaves, a servi de matériel pour une enquête du Congrès. Producteur de programmes de radio et collaborateur régulier de dizaines de médias dont Nation magazine et Huffington Post. Lire son blog. Twitter : @robvato.

Source : http://www.latinorebels.com/2014/03/13/fauxccupy-the-selling-and-buying-of-the-venezuelan-opposition/

Photos : Roberto Lovato

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/15/fauxccupy-sous-les-masques-de-guy-fawkes-de-lopposition-venezuelienne/

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 10:13

O tempora, o mores ! En 1973 même des jounaux conservateurs condamnaient le massacre de la démocratie au Chili. Quarante ans plus tard la Sainte Alliance des actionnaires de “l’actu” piétine la démocratie vénézuélienne, en légitimant les violences d’une droite qui refuse sa défaite lors de scrutins validés par les observateurs internationaux et veut s’emparer du pouvoir sans passer par les électeurs. Converties à la pensée unique (libre-échange + droit d’ingérence), les grises copies d’AFP et Reuters que sont devenus Le Monde, RTL, TF1, France 2, La Libre Belgique, El Pais, Libé ou le NY Times n’ont d’autre issue que de censurer la voix des présidents latino-américains s’ils défendent le droit des vénézuéliens à élire qui ils veulent, et d’invisibiliser les mobilisations de la majorité de la population contre une tentative de coup d’État.

-José mujica_0Le président Uruguayen José Mujica rappelle que “sortir du cadre de la Constitution est une forme de violence” et demande “que cesse l’intervention extérieure dans les affaires intérieures du Venezuela”. Source :  bit.ly/1j9pPGN

image_previewLe président bolivien Evo Morales explique que "Washington utilise des groupes de jeunes vénézuéliens pour déstabiliser" le Venezuela et “provoquer l’intervention extérieure. Demander la démission du président Maduro est une conspiration ouverte contre la démocratie. Quand ils ne peuvent plus dominer politiquement, non seulement en Amérique Latine mais dans d’autres pays du monde, les États-Unis financent la violence de groupes terroristes pour tenter de justifier une intervention des casques bleus ou de l’OTAN. Telle est la nouvelle stratégie. Ce qui s’est passé en Bolivie en 2008 est en train de se passer au Venezuela. Ici, des groupes violents ont pris d’assaut et brûlé des administrations, ont frappé des policiers et des militaires. Mais le peuple s’est soulevé et a fait échouer cette tentative de coup d’État. Aujourd’hui il est de notre devoir de défendre la démocratie vénézuélienne”. Source : http://www.telesurtv.net/articulos/2014/02/18/evo-morales-pide-a-latinoamerica-y-el-caribe-defender-la-democracia-9795.html

rafael_correa1324143682Le Président Correa évoque “la mise en route d’un coup d’État “mou”, processus concerté et hautement financé de déstabilisation de la démocratie au Venezuela, tel que l’Équateur en a déjà connu et peut encore en connaître”. Source : http://www.radiomundial.com.ve/article/correa-advirti%C3%B3-que-est%C3%A1-en-marcha-un-golpe-blando-en-venezuela

Bgy3IgoIcAAZVmSLe Chancelier équatorien Ricardo Patiño a déclaré : “nous ne tolèrerons pas que des groupes politiques cherchent à prendre le pouvoir au Venezuela par une voie non démocratique” et a rappelé que “l’UNASUR dispose déjà d’instruments qui découragent les tentatives de putsch et peut adopter des décisions sévères en cas de rupture de la démocratie”. Source : http://www.telesurtv.net/articulos/2014/02/18/canciller-de-ecuador-no-podemos-tolerar-acciones-antidemocraticas-en-venezuela-8714.html

BrasilLe chancelier brésilien Luiz Alberto Figueiredo soutient les prises de position énergiques et unanimes du MERCOSUR et de l’UNASUR contre les plans de déstabilisation du Venezuela, rejette ”la violence comme mécanisme au sein d’une démocratie” et demande “le respect des institutions”. Source : http://www.ciudadccs.info/?p=534827

BgxxHGuIcAAmMeY MADURO-4181Mardi 18 février à Caracas : mobilisation pacifique d´étudiants et de travailleurs pétroliers pour défendre le verdict des urnes et la poursuite du programme socialiste. A cette occasion, Nicolas Maduro (de dos) a signé le nouveau contrat collectif en faveur des travailleurs de ce secteur (dont les États-Unis cherchent précisément à reprendre le contrôle via la tentative de coup d’État).013__YM_1612_PLe 15 février, Maduro (lui-même ex-syndicaliste) a participé aux travaux du sommet du Mercosur ouvrier organisé à Caracas en présence de 31 dirigeants syndicaux latino-américains. Il a annoncé la mise á disposition par son gouvernement d‘un fonds spécial de 1000 millions de dollars (créé par Hugo Chavez) pour soutenir au sein du MERCOSUR la récupération d’entreprises, l’intégration d’un modèle productif qui dépasse le capitalisme ainsi que la création d’un centre de formation syndicale, dont le siège sera installé à Caracas.

T.D., Caracas, 19 février 2014

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-1et 

http://venezuelainfos.wordpress.com/category/imperialisme/

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 11:36

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A lire les media internationaux en ce mois de février 2014, on pourrait croire que le Venezuela est –de nouveau- à feu et à sang. Le coupable désigné par les grandes entreprises de communication est toujours le même depuis maintenant 15 ans: le gouvernement bolivarien massacrerait –de nouveau- son peuple comme s´il s´agissait du passe temps favori des élites politiques révolutionnaires depuis l´accession d´Hugo Chavez à la présidence de la République. Oubliés les onze chavistes assassinés au lendemain de la victoire électorale de Nicolas Maduro en avril 2013, passée sous silence la large victoire du camps bolivarien aux municipales de décembre 2013, gommé le soutien populaire dont bénéficie la Révolution, les vénézuéliens seraient désormais face à un « régime » qu´ils réprouvent et qui n´hésite pas á faire feu contre ses compatriotes.  Un retour sur les derniers évènements qui ont secoué le Venezuela est donc nécessaire pour prendre la mesure de ce qui se déroule en ce moment au pays de Bolivar et de Chavez. Retour d´autant plus nécessaire pour capter, après la Libye, la Syrie ou les derniers évènements ukrainiens á quel point l´Empire fait preuve d´un cynisme sanguinaire pour éliminer les gouvernements qui ne s´alignent pas sur ses intérêts.

Guerre interne dans l´opposition

L´opposition vénézuélienne n´est pas un bloc monolithique. Même si tous les partis partagent un programme commun (1) , les stratégies de prises de pouvoir et surtout les ambitions personnelles ne manquent jamais de raviver les tensions au sein de la contrerévolution, Or le leadership qu´Henrique Capriles s´était construit depuis sa victoire aux primaires de la plateforme unitaire de l´opposition (Mesa de Unidad Démocratica -MUD) en février 2012 s´est quelque peu érodé au fil des quatre défaites électorales (2) . Lors des élections municipales de décembre 2013, le parti de Leopoldo Lopez, Voluntad Popular a même remporté plus de mairies que  Primero Justicia, le parti de Capriles.

Le questionnement interne suite aux défaites dans les urnes a ravivé les vieux démons d´une opposition prête à considérer légitime tous les chemins possibles pour conquérir le pouvoir.

Profitant d´un mécontentement compréhensible d´une partie de la population face à une guerre économique qui affecte quotidiennement les vénézuéliens (3) , le secteur le plus extrême de l´opposition a décidé de passer à l´attaque.

Dés les premiers jours de l´année 2014, Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado ou Antonio Ledezma appelaient au "soulèvement" comme moyen "démocratique" pour chasser le gouvernement (4) . Les vrais démocrates apprécieront l´oxymore. Rappelons que l´unique moyen démocratique pour changer de gouvernement est la convocation d´un referendum révocatoire à mi-mandat, c´est à dire à partir d´avril 2016.

Leopoldo Lopez ne s´arrêtera pas là. Au cours d´un meeting, le 2 février 2014, il lance à ses partisans : "les problèmes dont souffre le peuple ont un coupable. Ce coupable est le pouvoir national (…) nous ne pouvons plus dire que le problème c´est seulement Nicolas Maduro. Le problème ce sont tous les pouvoirs publics nationaux"(5) . Coup d´Etat, vous avez dit coup d´Etat ?

 Au cours du même meeting, Maria Corina Machado affirmera que "la seule réponse possible, c´est la rébellion (…). Certains disent qu´il faut attendre les élections dans je-ne-sais-trop combien d´années (…) Le Venezuela ne peut plus attendre" (6) . Le message de confrontation est lancé au gouvernement mais aussi à la MUD et à Capriles. La tentative de mainmise sur l´opposition par les secteurs les plus anti-démocratiques de l´antichavisme est confirmé par Leopoldo Lopez lorsqu´il convoque une manifestation pour le 12 février 2014 : "Notre lutte passe par la rue (…) je suis sûr que ce 12 février, nous verrons Henrique Capriles dans la rue. Je lance un appel [à tous les dirigeants de l´opposition] mais surtout à Henrique, qui a une très grande responsabilité, pour qu´il nous rejoigne dans cette clameur de changement" (7) . Les urnes ou le putsch. Les leaders de l´opposition ont les cartes en mains…

lire la suite :

http://www.romainmigus.com/2014/02/venezuela-coup-de-projecteur-sur-les.html

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 17:19

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Un bon écrivain dit beaucoup en peu de mots. Le dernier article de The Economist sur les élections municipales de décembre 2013 au Venezuela dit beaucoup sur la valeur des faits pour la feuille de chou préférée de l’idéologue néo-libéral. Malgré une forte concurrence, The Economist remporte aisément la palme pour la quantité de mensonges déversés dès le deuxième paragraphe de son “analyse”.

 

The Economist déclare que “la perte la plus douloureuse pour le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) fut Barinas, berceau de la famille Chávez”. Ce serait une perte douloureuse… si c’était vrai. En réalité Hugo Chavez est né à Sabaneta, capitale de la municipalité Alberto Arvelo Torrealba. Si The Economist avait vraiment examiné les résultats de l’élection, il aurait remarqué qu’Anibal Chavez (frère de l’ex-président) a remporté facilement la mairie avec 62.87% des suffrages. Pour être juste, Chavez vécut dans la capitale de l’État de Barinas lorsqu’il fréquentait l’école secondaire mais c’est Sabaneta qui est reconnue au plan national comme la demeure de l’ex-président, et non Barinas.

“Nous avons un pays divisé, aucun n’a obtenu 50%…”

Cette ignorance de The Economist à propos de celui qui fut président du Venezuela pendant 14 ans, n’est qu’un avant-goût. Suit une régurgitation acritique de la complainte du leader de la droite Henrique Capriles pour qui le Venezuela est “coupé en deux moitiés” et “la moitié du président est celle qui dispose de tous les leviers du pouvoir réel”.

Le premier point est exact… à l’instar de la plupart des démocraties représentatives. Lors des élections municipales, le PSUV et ses alliés ont remporté 49% du vote populaire alors que la coalition de droite, la MUD, a réuni 43% des suffrages. L’écart entre les deux camps tourne donc autour de 6%. L’an dernier, Barack Obama s’est maintenu à la Maison Blanche avec 51,1% des votes tandis que Mitt Romney faisait 47,2%. Ces quelques points de différence signifient que les États-Unis sont divisés ? Bien sûr ! C’est ainsi que fonctionne la démocratie représentative.

Si The Economist veut comprendre pourquoi il arrive aux électeurs de se diviser, nous l’invitons à lire l’appui résigné à Obama de The Economist pour se faire une idée des raisons qui poussent des électeurs différents à voter pour des candidats différents.

Le problème commence lorsque l’auteur de l’article affirme que “tous les niveaux de pouvoir réel” appartiennent à Maduro.

Pas exactement…

Non seulement une part importante des médias, la plus grande fédération patronale et la majorité du secteur privé national ne sont nullement les amis du gouvernement bolivarien mais ils mènent contre lui, de concert avec les États-Unis et la droite locale, une guerre économique. Sans doute The Economist considère-t-il que les grandes entreprises ne constituent pas un “niveau de pouvoir”. Ce ne serait pas la première fois que le magazine publie un article s’apitoyant sur ces victimes que sont les élites du secteur privé.

“Je crois que le message d’un possible changement n’a pas été compris par la population … si j’avais réussi cela, alors nous aurions aujourd’hui un pays repeint en bleu.”

Dans le paragraphe suivant, on nous informe que “les médias télévisés – maintenant sous contrôle de l’État ou intimidés pour qu’ils obéissent – ont ignoré Mr Capriles”. Si The Economist se soucie tant de Capriles, pourquoi n’est-il pas alarmé par les apparitions répétées à la télévision vénézuélienne d’un imposteur affirmant être Capriles ? L’imposteur s’est récemment glissé dans les studios de Venevision pour y répondre à une fausse et longue interview, un faux Capriles qui semble si réel qu’on vous pardonnera de croire que c’est lui ! Venevision n’est pas le seul grand média à s’être laissé duper par le sosie du leader de la droite : Globovision a retransmis un discours du même imposteur le soir de l’élection, en croyant évidemment qu’il s’agissait de Capriles! Et le revoici sur TeleSUR ! L’habile imposteur a même trompé CNN en espagnol en faisant croire qu’il était le vrai Capriles. Tout se passe comme si tout le monde ouvrait l’antenne à l’imposteur alors que le véritable Capriles est ignoré, de toute évidence. Heureusement, The Economist est capable, lui, de percer les apparences et sait bien que le vrai Capriles a été absent des programmes de radio et télévision. (1)

“Le gouvernement est un tricheur qui joue salement, il ne respecte pas les lois…”

The Economist déclare ensuite que les “[c]andidats et les leaders de la droite ont été menacés de prison”. Il est vrai que dans l’offensive en cours contre la corruption, des membres de l’opposition ont été arrêtés… mais The Economist a décidé d’occulter que cette offensive a permis d’arrêter également des alliés de Maduro, également pour faits de corruption. Si pour le magazine ceci n’est pas la preuve que certaines arrestations n’ont pas de motivation politique, elle nous autorise à rester sceptique quand la droite affirme que ses membres imputés sont tous honnêtes (2).  

Le même scepticisme serait de rigueur quand The Economist prétend que “la totalité de l’appareil gouvernemental a été déployée pour aider le PSUV”. Vraiment ? Par le passé, le Carter Centre a exprimé sa préoccupation au sujet du mauvais usage des ressources de l’État lors des élections, et, de nouveau, des rapports sur le mauvais usage de biens gouvernementaux ont surgi le 8 décembre. Pourtant le degré de ce “mauvais usage” n’est pas clair (les observateurs internationaux n’ont pas noté de fraude). L’idéal serait que The Economist cite quelque témoignage lorsqu’il affime que “la totalité de l’appareil” a été déployé (les refroidisseurs d’eau dans les bureaux du gouvernement ont-ils également enrôlés ?). Sans preuves à l’appui, il semble que The Economist exagère juste un petit peu. Pire encore est le péché par omission. Capriles aura fait campagne dans 117 municipalités de 21 états à l’approche des élections. Au cours de 2013 ses escapades internationales (par exemple à Santiago, pour se réunir avec Jovino Novoa, ex-secrétaire de gouvernement de Pinochet) ont commencé à agacer certains des habitants de l’État de Miranda pour qui il est censé travailler en tant que gouverneur élu. Mais le magazine ne semble pas très concerné par l’hypothèse que Capriles délaisse ses obligations de gouverneur. L’idée que les deux camps puissent avoir des comptes à rendre ne semble pas explorée très souvent par ce magazine.

 

 

Le leader de la droite vénézuéliene Henrique Capriles Radonski (à gauche) réuni avec l'ex-secrétaire de gouvernement de Pinochet (à droite) Jovino Novoa, à Santiago le 19 juillet 2013. Capriles Radonski est impliqué dans la violence et les assassinats de militants bolivariens le 15 avril 2013 et dans le coup d’État meurtrier contre le président Chavez en avril 2002.
Le leader de la droite vénézuélienne Henrique Capriles Radonski (à gauche) réuni à Santiago le 19 juillet 2013 avec Jovino Novoa, sous-secrétaire de gouvernement de Pinochet. Capriles Radonski est impliqué dans la violence et les assassinats de militants bolivariens le 15 avril 2013 et dans le coup d’État meurtrier contre le président Chavez en avril 2002. (3)

Au paragraphe suivant, The Economist nous resort le refrain usé de la destruction de l’économie du Venezuela à cause des “politiques populistes de Chavez qui ont plongé le pays dans le chaos”, l’entraînant vers une “spirale d’inflation”. De nouveau cela n’a tout simplement pas de sens. Même si l’inflation a connu une hausse cette année (causée notamment par la guerre spéculative du secteur privé), en général l’inflation a été plus basse sous Chavez que sous les présidences précédentes. Selon le FMI, pourtant peu suspect de “chavisme”, l’inflation tournait autour de 90 % sous la social-démocratie de Carlos Andrés Pérez et autour de 25 % pendant la révolution bolivarienne. Et plutôt que de me croire simplement sur parole, prenez votre calculette et comparez l’indice de l’inflation vénézuélienne avant et après l’élection de Chavez. Étonnant, non ? Le FMI dit qu’elle a baissé mais The Economist dit qu’elle a augmenté.

The Economist termine son article en demandant si les Vénézuéliens "accepteront docilement une forte baisse de leur niveau de vie" sauf que la question est purement hypothétique. Selon la CEPAL (ONU), rien que durant l’année dernière, la pauvreté a chuté de 19%. Les salaires continuent  à augmenter, la croissance se maintient et le chômage poursuit sa chute  (6,6 % en novembre 2013). Le gouvernement dispose de réserves monétaires suffisantes pour amplifier les politiques sociales (Voir "l’apocalypse tant espérée n’aura pas lieu") (4)

Le Centre National Électoral et la Cour Suprême sont des tricheurs, tout est contre nous … » 

Parmi les préoccupations de The Economist pour de fictives dégradations du niveau de vie ou débâcles générales de l’économie, une autre perle s’est glissée dans “l’analyse” : “Quand Mr Capriles a remis en cause les résultats de l’élection d’avril, le Centre National Électoral et la Cour Suprême ont refusé d’examiner ses preuves”.

…Sauf qu’ils l’ont fait.

Lorsqu’elle a annoncé la décision de la Cour Suprême de rejeter la demande d’annulation du scrutin par la droite, la Magistrate Gladys Gutierrez a déclaré que Capriles n’avait pas présenté de “preuves suffisantes” à l’appui de ses dénonciations d’une victoire frauduleuse de Maduro, ajoutant que le dossier de l’opposition était tellement léger qu’il “dépréciait le débat démocratique”.

Le malheur pour The Economist, c’est que lorsqu’on détecte l’origine de ses opinions, on comprend aisément pourquoi les faits ne comptent pas à ses yeux. L’analyse du magazine ressemble en réalité à la copie de l’écolier qui a oublié d’étudier la veille au soir et remet un plagiat de son voisin de pupitre, fautes y comprises. Les réponses fournies par The Economist sont extraordinairement semblables à celles de Capriles. Sa récente interview à l’Universal égrène les points qui résument exactement la position de The Economist. Avec tant d’exactitude que ces phrases de Capriles m’ont été très utiles pour ordonner mes notes et rédiger les intertitres de cet article. Voici quelques échantillons de ses propos :

“Nous avons un pays divisé, aucun n’a obtenu 50%…”

 “Je crois que le message d’un possible changement n’a pas été compris par la population … si j’avais réussi cela, alors nous aurions aujourd’hui un pays repeint en bleu (couleur de la droite, NdT).”

“Le gouvernement est un tricheur qui joue salement, il ne respecte pas les lois…”

Le Centre National Électoral et la Cour Suprême sont des tricheurs, tout est contre nous … »

Ryan Mallett-Outtrim 

Source : Venezuelanalysis.com

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

Notes :

(1)  En plus des médias privés qui font 80 % d’audience au Venezuela, les opposants peuvent compter sur les chaînes publiques qui, en vertu des règles du Centre National Électoral, donnent la parole à tous les candidats. Pour l’anecdote, le président Maduro a décidé de recevoir le 18 décembre 2013 au palais présidentiel l’ensemble des maires de droite élus aux dernières municipales. La réunion a été retransmise en direct par la télévision publique, et les téléspectateurs ont écouté les maires exprimer leurs désaccords en toute liberté. Ce genre de réunion ne s’était jamais produite sous les régimes “démocratiques” d’avant Chavez.
(2)  A ce jour, la droite n’a dénoncé ni expulsé un seul de ses membres pour faits de corruption, se contentant de dénoncer via ses médias une “persécution politique”, tactique qu’elle utilise également en Equateur ou en Bolivie. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela, lui, a commencé à mettre de l’ordre dans ses rangs, comme en témoigne entre autres l’arrestation pour corruption en bande organisée de Edgardo Parra, maire PSUV de Valencia, une des principales villes du Venezuela. Par ailleurs, les enquêtes que mène le gouvernement bolivarien ministère par ministère pour détecter les réseaux mafieux a entraîné la mise en examen de centaines de fonctionnaires dans les quatre derniers mois.
(3) Voir http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/19/lunion-des-nations-sud-americaines-unasur-demande-a-lopposition-venezuelienne-de-reconnaitre-la-decision-des-electeurs-et-va-enqueter-sur-ses-violences/
(4) Sur le mythe d’une économie mal en point au Venezuela, lire "L’apocalypse tant espérée n’aura pas lieu", http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/11/10/venezuela-lapocalypse-tant-esperee-naura-pas-lieu/

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URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/30/the-economist-economise-la-verite-sur-le-venezuela/

 

  http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/30/the-economist-economise-la-verite-sur-le-venezuela/

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 17:53

(NdT : pour comprendre quatorze ans de désinformation dans Libération, le Monde, les Échos, le Figaro, l’AFP, TF1, RFI, France-Inter, RTL, etc…, on gagne à remonter à la “matrice”. Les français ne font en général que traduire avec un jour de décalage ce que disent les médias privés dominants du Venezuela ou des États-Unis.)

Par Joe Emersberger- ZNet

Un des mensonges que martèle sans relâche la presse internationale est que “l’opposition est muselée au Venezuela”. Il est certain que le gouvernement, depuis le coup d’État qui l’a renversé brièvement en 2002, a fortement travaillé pour modifier le paysage médiatique. On est passé d’une situation où un média appartenant à un oligarque avait tellement de pouvoir qu’il était capable d’organiser un coup d’État, au paysage actuel où – si on lit attentivement l’étude détaillée des médias télévisés du Centre Carter – ces médias conservent un avantage, qui n‘a plus rien de commun cependant avec ce qu’il était il y a dix ans.

Une analyse attentive montre que la facilité avec laquelle, en mai dernier, l’opposition a diffusé l’enregistrement de Mario Silva dans l’ensemble des médias, est aux antipodes d’un quelconque baillonnement..

Par ailleurs le rejet public généralisé des médias privés a modifié la donne sur les dix dernières années, et cela n‘incombe pas simplement à l’action du gouvernement.

Les médias privés n’ont pas seulement été le fer de lance du coup d’État de 2002. Ils ont aussi appuyé un sabotage économique massif. La presse internationale a usé d’un langage apocalyptique pour décrire les malheurs économiques actuels du Venezuela en omettant de dire que l’économie a crû en 2013 (1). Par contraste, lors du coup d’État  médiatique du début des années 90, l’économie s’est contractée de 30% sous l’effet combiné du putsch militaire-patronal et du sabotage économique. Ces destructions appuyées par les médias privés ont valu à leurs propriétaires et journalistes une forte hostilité de la part des millions de personnes gravement touchées.

capriles1604tarde

Une conférence de presse du leader de la droite vénézuélienne Henrique Capriles Radonski (2013)

Cet article d’AP est donc “typique” dans sa manière de dépeindre un gouvernement “resserrant son emprise” sur les médias (2). Cependant une phrase très curieuse y apparaît :

Les propriétaires-fondateurs de la chaîne Capriles ne sont pas directement liés au politicien dont ils partagent le nom.

Ce qui revient à dire que les fondateurs du plus grand conglomérat de presse écrite du Venezuela ont “un lien” avec Henrique Capriles, le leader de la droite vénézuélienne.

L’auteur de l’article, Fabiola Sanchez, est obligée de mentionner ce fait embarrassant. Il serait difficile en effet, même pour AP, de ne rien dire de l’homonymie du géant médiatique et du  leader de l’opposition. Des lecteurs, mêmes occasionnels et pas très bien informés, pourraient se gratter le crâne. Sanchez pourrait aussi mentir en disant qu’il n’y a “pas de lien”, elle a donc écrit “pas de lien direct” dans une faible tentative d’éviter de parler de la vraie nature des médias vénézuéliens.

Au lendemain des élections municipales du 8 décembre, la mise à jour d’Associated Press prolonge le mensonge : l’article d’AP admet à contrecœur que l’opposition n’a pas réussi à faire une percée significative aux élections municipales de dimanche, le gouvernement et ses alliés ayant remporté la majorité des mairies et du suffrage populaire global.

Mais une vraie dépêche d’AP sur le Venezuela ne saurait se passer de « bourdes ». Par exemple, l’article prétend que "les difficultés économiques du Venezuela se sont approfondies, avec une inflation qui atteint un sommet, sur les deux dernières décennies, de 54 pour cent…"

En 1996 (c’est à dire il y a deux décennies), le taux d’inflation au Venezuela était de 99,9% selon les données du FMI. Ainsi, contrairement à ce qu’affirme AP, l’inflation actuelle n’est pas « la plus forte en deux décennies ». En outre, un examen des données du FMI citées ci-dessus montre que l’inflation moyenne était d’environ 40% au cours des 15 ans qui ont précédé l’élection de Hugo Chavez à la présidence. A partir de là, le taux d’inflation a été en moyenne d’environ 25% (même si l’on inclut la pointe de 2013 qui n’est pas encore reprise dans les données du FMI)…

Bonne chance si vous voulez trouver ces chiffres, pourtant faciles à vérifier, dans un média privé ! Les mensonges par omission facilitent la malhonnêteté d’airain de AP.

Joe Emersberger- ZNet, 13 décembre 2013

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

Notes :
(1) Lire "L’apocalypse tant espérée n’aura pas lieu", http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/11/10/venezuela-lapocalypse-tant-esperee-naura-pas-lieu/
(2) Voir "Noam Chomsky, Greg Grandin, Michael Moore, Oliver Stone et une douzaine d’experts états-uniens demandent au New York Times d’enquêter sur sa désinformation quotidienne au sujet du Venezuela", http://wp.me/p2ahp2-TZ
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Le cinéaste Oliver Stone a rencontré ce mercredi 11 décembre 2013 le président Maduro, à qui il a offert une copie et une affiche de son récent documentaire “L’histoire non contée des États-Unis”. En août 2009, à l’occasion de la projection de “South of the border” à la Mostra de Venise, Stone expliquait : “Les médias mainstream aux États-Unis font campagne contre les gouvernements progressistes d’Amérique Latine. Or, le manque de liberté d´expression que dénoncent les médias et l´opposition vénézuélienne est un mensonge. Celui qui va au Venezuela se rend compte que 80, 90 % des médias sont contre Chavez. Ils disent des choses trés dures sur lui et il le tolère. Il ne punit pas ces personnes, elles sont toujours en place. Aux États- Unis cela ne se passerait pas ainsi.

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/14/associated-press-et-le-mythe-de-lopposition-muselee-au-venezuela/

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 13:03

 

Fils d’une des deux plus riches familles du Venezuela, qui possède un empire médiatique, ex-militant d’extrême droite, soutenu par la National Endowment for Democracy (NED), un paravent de la CIA, ce maire de la municipalité de Baruta avait fait arrêter le ministre de l’Intérieur et de la Justice pendant le coup d’Etat d’avril 2002 contre Chavez. Il avait été le meneur des excités qui avaient tenté en vain d’envahir l’ambassade de Cuba à Caracas (dont ils avaient coupé l’eau et l’électricité) et organisé un blocus du bâtiment pour affamer les diplomates et leur famille.

Pour faire un portrait à la française d’Henrique Capriles, il faudrait emprunter aux traits de Tapie, Dassault, Le Pen (de l’époque parachutiste) et Balkany.

Nos médias le présentent comme un gendre i

 

 

http://www.legrandsoir.info/venezuela-dix-sept-mariages-et-un-enterrement.html

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