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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 14:55

 avril 2013

Scrutin honnête et transparent, le peuple a parlé
Jean ORTIZ

La droite vénézuélienne, battue depuis 1998 par le chavisme, a affûté sa stratégie électorale et infléchi hypocritement son discours vers "plus de social".

Ultralibérale, elle s’est réclamée par exemple des "missions sociales" de Chavez. Le mensonge a payé..., mais il est une nouvelle fois battu, avec une marge plus limitée que celle que nous attendions.

Manifestement le "quotient personnel" de Chavez allait au-delà du "vote socialiste".

La campagne politique, très affective de Maduro, très émotionnelle après la mort
du "comandante" Chavez, n’a pas entraîné l’adhésion de l’ensemble du vote chaviste.

Les problèmes tels que la corruption, l’insécurité, sous-estimés depuis longtemps, endémiques, ont pesé lourd et donné une victoire plus courte que prévue, mais victoire quand même. Une défaite, après le vide laissé par le charisme et la personnalité exceptionnelle de Chavez, aurait constitué un coup porté à tout le mouvement d’émancipation continental.

Si la droite prenait la responsabilité de ne pas reconnaître le résultat, elle porterait une lourde responsabilité dans les conséquences prévisibles pour la démocratie vénézuélienne. Battue une nouvelle fois, soutenue par une coalition internationale puissante, agressive, haineuse, si elle optait pour la stratégie de la déstabilisation, elle choisirait la voie irresponsable du chaos et de l’aventure sanglante.

Nicolas Maduro, dont lélection est confirmée par le CNE, a appelé à un "gouvernement de l’honnêteté" et à "réimpulser" le processus de transformation sociale en cours.

L’heure est à l’humilité, en retenant l’essentiel : sans Chavez, la révolution, dans des conditions adverses, par la voie électorale, pluraliste, pacifique, a une nouvelle fois gagné.

Jean ORTIZ

Maître de Conférences, latino-américaniste
Université de Pau

URL de cet article 20175
http://www.legrandsoir.info/venezuela-nicolas-maduro-pour-continuer.html

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le Venezuela
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:49

Capriles-Radonski-copie-1.jpgLe candidat de la droite vénézuélienne se présentera aux élections du 14 avril 2013 face au Président de la République par intérim Nicolás Maduro. Mais qui est-il vraiment ?

 

 1. Né en 1972, Henrique Capriles Radonski est issu de deux des plus puissantes familles vénézuéliennes, qui se trouvent à la tête de plusieurs conglomérats industriel, immobilier et médiatique (Capriles) et possèdent le Circuit national d’exhibitions (Cinex), seconde chaîne de cinéma du pays (Radonsky).

2. Sa famille possède le quotidien Últimas Noticias, le plus diffusé au niveau national, des radios et une chaîne de télévision.

3. Dans les années 1980, il a milité au sein du parti d’extrême droite Tradición, Familia y Propiedad.

4. Capriles a été élu député en 1999 pour l’Etat de Zulia en tant que membre du parti de droite COPEI. Contre toute attente et malgré son manque d’expérience en politique, il a immédiatement été désigné président de la Chambre des députés, devenant ainsi le plus jeune député à diriger la Chambre basse du Parlement.

5. En réalité, Capriles a réussi à s’imposer face aux autres aspirants au poste, ayant une trajectoire politique plus importante grâce au pouvoir économique et financier de sa famille qui a financé les campagnes de nombreux députés.

6. En 2000, il fonde le parti politique Primero Justicia avec le conservateur Leopoldo López, et s’allie immédiatement à l’International Republican Institute, branche internationale du Parti républicain des Etats-Unis. Le président de l’époque n’est autre que George W. Bush, lequel apporte un large soutien à la nouvelle formation politique qui s’oppose au gouvernement d’Hugo Chávez, notamment par le biais de la National Endowment for Democracy (NED).

7. Selon le New York Time « la NED a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies. Elle dépense 30 millions de dollars par an pour appuyer des partis politiques, des syndicats, des mouvements dissidents et des médias d’information dans des dizaines de pays ».

8. Selon Allen Weinstein, père de la législation qui a donné naissance à la NED, « Beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait par la CIA il y a 25 ans de manière clandestine ».

9. Carl Gershman, premier président de la NED, a expliqué la raison d’être de la Fondation en juin 1986 : « Il serait terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d’être vus comme subventionnés par la CIA. Nous avons vu cela dans les années 1960, et c’est pour cela qu’on y a mis un terme. C’est parce que nous n’avons pas pu continuer à le faire que la fondation [la NED] a été créée ».

10. Durant son mandat de maire de la municipalité de Baruta, Capriles a signé plusieurs accords avec le FBI étasunien afin de former sa police municipale, et a reçu des fonds de l’ambassade des Etats-Unis pour cette mission.

11. Henrique Capriles a activement participé au coup d’Etat contre Hugo Chávez, organisé par les Etats-Unis, en avril 2002. Maire de Baruta, il a fait arrêter de nombreux partisans de l’ordre constitutionnel dont Ramón Rodríguez Chacín, alors ministre de l’Intérieur et de la Justice, lequel a été violemment agressé par les partisans du putsch devant les caméras de télévision.

12. A ce sujet, les propos de Rodríguez Chacín sont sans équivoque : « Je leur  ai fait part [à Henrique Capriles et Leopoldo López venus l’arrêter] du risque, du danger qu’il y avait pour mon intégrité physique [de sortir au milieu de la foule]. J’ai suggéré de passer par une autre sortie et la réponse que j’ai reçue de Capriles, précisément, a été négative, car, m’a-t-il dit, les caméras se trouvaient devant l’immeuble. Ils voulaient me faire sortir devant les caméras, pour m’exhiber, pour se vanter [d’avoir procédé à mon arrestation] ».

13. Quelques jours avant le coup d’Etat, Capriles est apparu devant les caméras de télévision en compagnie des dirigeants de son parti politique Primero Justicia pour réclamer la démission d’Hugo Chávez, des députés de l’Assemblée nationale, du Procureur de la République, du Défenseur du peuple et du Tribunal Suprême de Justice. Suite au coup d’Etat du 11 avril 2002, la première décision prise par la junte putschiste a été précisément de dissoudre tous ces organes de la République.

14. En avril 2002, Primero Justicia, a été le seul parti politique à accepter la dissolution forcée de l’Assemblée nationale ordonnée par la Junte putschiste de Pedro Carmona Estanga.

15. Durant le coup d’Etat d’avril 2002, Capriles a également participé au siège de l’ambassade cubaine de Caracas, organisée par l’opposition vénézuélienne et l’extrême droite cubano-américaine. Henry López Sisco, complice du terroriste cubain Luis Posada Carriles, qui est responsable de plus d’une centaine d’assassinats, dont l’attentat contre l’avion civil de Cubana de Aviación qui a coûté la vie à 73 personnes le 6 octobre 1976, était présent.

16. Après avoir coupé l’eau et l’électricité, Capriles, pensant que le vice-président de l’époque Diosdado Cabello, était réfugié au sein de l’entité diplomatique, est entré et a exigé de l’ambassadeur de fouiller les lieux, violant ainsi l’Article 22 de la Convention de Vienne, stipulant que les représentations diplomatiques sont inviolables.

17. Germán Sánchez Otero, à l’époque ambassadeur cubain au Venezuela, lui avait rétorqué : « Si vous connaissez le droit international, vous devez savoir le Venezuela tout comme Cuba ont le droit d’évaluer la possibilité d’octroyer l’asile politique à tout citoyen dans n’importe quelle représentation diplomatique. Un démocrate, un humaniste, ne peut pas permettre que des enfants soient privés d’eau, de nourriture et d’électricité ».

18. A sa sortie de l’ambassade, Capriles, loin de calmer la foule excitée, a déclaré à la presse qu’il n’avait pas été autorisé à fouiller la représentation diplomatique et qu’il était dans l’impossibilité de confirmer ou d’infirmer la présence de Cabello, attisant les tensions.

19. Pour sa participation au coup d’Etat, Capriles a été mis en examen et mis en détention préventive après s’être soustrait à la justice.

20. Le procureur de la République Danilo Anderson en charge du dossier Capriles a été assassiné en novembre 2004 lors d’un attentat à la voiture piégée.

21. En 2006, Capriles a été acquitté par les tribunaux.

22. En 2008, une nouvelle procédure pénale a été lancée et suit toujours son cours.

23. Suite à son élection en 2008 en tant que gouverneur de l’Etat du Miranda, Capriles a expulsé des installations de la région les fonctionnaires chargés des programmes sociaux mis en place par le gouvernement de Chávez.

24. Dans son programme électoral, Capriles promet de lutter contre la délinquance. Néanmoins, depuis son arrivée au pouvoir à Miranda, l’insécurité a explosé, faisant de l’Etat l’un des trois les plus dangereux du Venezuela. Entre 2011 et 2012, le taux d’homicides a augmenté de plus de 15%.

25. Malgré ce bilan, Capriles, réélu en 2012, refuse toujours l’implantation de la Police nationale bolivarienne sur le territoire dont il a la gestion.

26. Entre 2008 et 2012, Capriles a congédié plus de mille fonctionnaires dans l’Etat du Miranda – qui travaillaient dans le secteur culturel et étaient soupçonnés d’être proches de l’ancien gouverneur chaviste Diosdado Cabello. Capriles a ainsi procédé à la fermeture de dizaines de bibliothèques.

27. En 2012, Capriles s’est secrètement réuni en Colombie avec le général Martin Demsey, chef d’Etat Major des Etats-Unis. Rien n’a filtré de ces discussions.

28. Capriles ne cesse de se réclamer de l’ancien président brésilien Lula da Silva. Néanmoins, ce dernier a apporté à maintes reprises son soutien à Hugo Chávez, notamment lors des dernières élections d’octobre 2012. « Ton triomphe sera le nôtre », avait-il déclaré dans un message d’appui au Président Chávez.

29. Candidat à l’élection présidentielle de 2012, au nom de la Mesa Unidad Democrática qui a regroupé les partis d’opposition, Capriles a perdu le scrutin par plus de 10 points d’écart.

30. En cas de victoire aux élections présidentielles du 14 avril 2013, Capriles a promis l’amnistie à Pedro Carmona Estanga, ancien président du patronat vénézuélien qui avait pris la tête de la junte militaire lors du coup d’Etat d’avril 2002, actuellement en fuite en Colombie.

31. Le programme présidentiel de Capriles est d’essence néolibérale et préconise une accélération des privatisations dans une économie déjà contrôlée à plus de 70 % par le secteur privé, une autonomie et une décentralisation.

32. En cas de victoire de Capriles, l’entreprise pétrolière nationale Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), ne sera plus contrôlée par le pouvoir politique.

33. Le programme de Capriles prévoit la suspension de l’aide financière qu’octroie PDVSA au Fonds de développement national, lequel finance les infrastructures et les programmes sociaux.

34. Capriles imposera également une augmentation du prix de l’essence consommée sur le marché national.

35. Les réformes agraires réalisées sous le gouvernement de Chávez seront annulées et les terres restituées aux latifundistes.

36. La loi sur la pêche, dont ont bénéficié des dizaines de milliers de travailleurs de la mer, sera également abrogée.

37. Capriles autorisera la culture au Venezuela d’organismes génétiquement modifiés.

38. Capriles se propose « d’incorporer dans le système éducatif primaire et secondaire des thèmes démonstratifs sur la connexion entre la propriété, le progrès économique, la liberté politique et le développement social »

39. Capriles prévoit d’accorder une indépendance totale à la Banque centrale du Venezuela, afin d’éviter tout contrôle démocratique sur les politiques financières et monétaires, et lui « interdira de financer les dépenses publiques ».

40. Capriles a annoncé qu’il mettrait fin à la relation spéciale avec Cuba, ce qui affectera les programmes sociaux dans les domaines de la santé, de l’éducation, du sport et de la culture.

41. Capriles mettra un terme à l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), organisme d’intégration régionale.

42. Capriles supprimera le programme Petrocaribe qui permet actuellement à 18 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, soit 90 millions de personnes, d’acquérir du pétrole subventionné et d’assurer leur approvisionnement énergétique.

43. Capriles prévoit de signer des traités de libre échange (TLC), notamment avec les Etats-Unis et l’Union européenne.

44. Capriles prévoit de redonner la concession hertzienne à la chaîne RCVT, qui émet désormais par câble et satellite, malgré sa participation ouverte au coup d’Etat d’avril 2002.

45. Capriles interdira tous les programmes politiques sur la chaîne nationale Venezolana de Televisión, laissant ainsi le monopole du débat citoyen aux chaînes privées.

46. Capriles prévoit de « superviser et contrôler la prolifération des radios […] et de réguler la croissance des radios communautaires ».

47. Le programme de la MUD prévoit de réduire de façon substantielle le nombre de fonctionnaires.

48. Le FONDEN, fonds spécial destiné à financer les programmes sociaux, sera éliminé.

49. Capriles mettra un terme à la régulation des prix qui permet à toute la population d’acquérir les produits de première nécessité.

50. Capriles accuse le gouvernement vénézuélien et la famille d’Hugo Chávez d’avoir occulté la mort de ce dernier. Selon lui, son décès serait survenu avant le 5 mars 2013.

Salim Lamrani

Article publié initialement en portugais :

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/27872/50+verdades+sobre+henrique+capriles+candidato+opositor+a+presidencia+da+venezuela.shtml

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

 

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 14:30

 

Eric DRAITSER 4 février 2013

Qu’appelle-t-on "tiers monde" en 2013 ? Si nous prenons la définition classique du terme, alors le "tiers monde" comprend les pays (non blancs) qui luttent pour atteindre de hauts niveaux de développement économique et qui, généralement, restent à la périphérie de l’économie mondiale. Cependant, depuis la crise qui a commencé en 2007-2008, de nombreux problèmes de ces pays traditionnellement pauvres ont fait leur apparition parfois de manière plus flagrante encore dans les pays soi-disant développés. Les maux socio-économiques tels que la misère, la faim et le chômage se sont terriblement aggravés dans des pays capitalistes développés comme les Etats-Unis pendant que les politiciens et les médias continuent à faire miroiter le mirage d’un redressement économique. Il faut bien sûr se demander qui bénéficie de ce rétablissement économique... les pauvres ou Wall Street ? Par ailleurs, cela a forcé le monde à se pencher sur la nature du progrès. C’est intéressant par exemple de comparer les statistiques étasuniennes à celles du Venezuela. Quand on le fait, on commence à avoir un tableau plus clair, débarrassé des distorsions médiatiques et politiciennes, des progrès réalisés par la Révolution Bolivarienne pendant que la situation des pauvres et des travailleurs étasuniens continue de se détériorer.

Qu’est-ce que la pauvreté ?

Avant de pouvoir définir la pauvreté aux Etats-Unis et au Venezuela, il faut d’abord analyser les différences entre les deux pays dans la manière de mesurer la pauvreté. Aux Etats-Unis, la pauvreté est mesurée seulement par le revenu du foyer, à l’aide d’un certain seuil appelé "seuil de pauvreté" déterminé par le Bureau du Recensement. Cette mesure, basée sur une limite absolument arbitraire entre la pauvreté et las "non pauvreté" est celle qui préside à la plupart des analyses et décisions concernant les pauvres étasuniens. Comme cela devrait sauter aux yeux, ce système ignore le simple fait que les personnes qui sont juste au dessus du seuil de pauvreté n’on pas la vie beaucoup plus facile que celles qui sont juste en dessous. Dans les deux cas, la privation est la norme. Qui plus est, l’inflation croissante, la baisse des salaires et d’autres facteurs continuent à affecter le pouvoir d’achat et la vie des pauvres, ce qui rend le seuil de pauvreté de plus en plus problématique.

Le Venezuela, quant à lui, utilise une série de mesures tout à fait différentes pour déterminer la vraie pauvreté comme l’accès à l’éducation, à l’eau potable, au logement etc. Par conséquent la pauvreté au Venezuela n’est pas une question de revenus mais de qualité de vie. En mesurant la pauvreté de cette manière, le gouvernement vénézuelien offre un tableau beaucoup plus complet de la situation socio-économique du pays. Il faut noter que, à la différence des Etats-Unis, les statistiques sur la pauvreté font partie des principales données sur lesquelles le gouvernement du Venezuela s’appuie pour prendre ses décisions. Tandis qu’aux Etats-Unis la pauvreté est devenue un gros mot (comme le montre son absence totale des débats de la présidentielle, l’année dernière), Chavez et la Révolution Bolivarienne en ont fait la pièce centrale des politiques publiques dans tous les domaines.

Que disent les chiffres ?

Quand on examine les données réunies par le Bureau du Recensement des Etats-Unis, on constate de nombreux faits troublants. D’abord il faut absolument noter qu’en 2012, le seuil de pauvreté pour une famille typique de quatre personnes était un total de 23 050 dollars bruts annuels (17 000 euros). Notez que du fait que cette somme est brute et non nette d’impôts, elle ne reflète même pas la gravité réelle de la situation endurée par ces familles. Tous ceux qui ont la moindre notion du coût de la vie aux Etats-Unis se rendent tout de suite compte que le "seuil de pauvreté" est une farce cruelle. Ce niveau de revenu signifie une pauvreté abjecte, elle signifie le manque de ce qui est nécessaire à la vie humaine. De sorte que, en réalité, nous ne parlons pas ici des "pauvres" mais de ceux qui sont en danger de mort à cause de la malnutrition, des maladies graves qui pourraient être guéries et d’innombrables autres problèmes. De plus, il faut noter que le revenu moyen d’une famille (toutes les familles, pas seulement les pauvres) continue à baisser dramatiquement : il a baissé de 8.1% depuis 2007. Par conséquent il est évident que la pauvreté est non seulement importante mais qu’en plus elle augmente.

La Californie, qui a longtemps été le fleuron de l’économie étasunienne, possède maintenant, en plus de la Silicon Valley et de ses côtes magnifiques, le taux de pauvreté le plus haut des Etats-Unis. Selon La Mesure Supplémentaire du Bureau du Recensement des Etats-Unis, la Californie peut se vanter d’avoir un taux de pauvreté de 23,5%, et si on y ajoute les personnes qui ne répondent pas techniquement aux conditions pour être repris dans ce chiffre mais qui vivent en marge de l’économie, on peut dire que la pauvreté se répand comme une épidémie en Californie. Comme Timothy Smeeding, économiste à l’université de Wisconsin Madison l’a expliqué : "D’une manière générale, le filet de sécurité permet à beaucoup de gens de se maintenir à flot mais en Californie c’est relativement plus difficile d’obtenir des bons de nourriture et autres aides." Nous voyons donc que dans l’état le plus peuplé de la nation, et soi-disant le premier sur le plan économique, la situation des pauvres est catastrophique et de plus en plus de gens ne survivent que grâce à l’aide de l’état. Tout cela bien sûr avec en toile de fond l’austérité, sous la forme de la "entitlement reform" (réforme de l’admissibilité aux prestations, ndt) que veulent imposer les Démocrates comme les Républicains et qui aura pour effet de couper ces programmes d’aide qui sont absolument indispensables à la survie de millions d’étasuniens.

Le revenu ne peut pas et ne devrait pas être le seul indicateur de la pauvreté et de la situation économique. En réalité, il y a beaucoup d’autres facteurs importants comme l’accès à une nourriture correcte, chose cruciale pour les enfants dont les parents sont pauvres. En fait, les données les plus récentes de USDA montrent que, déjà en 2011, au moins 18 millions de familles étasuniennes étaient en situation de "précarité alimentaire". Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg si on pense aux millions de foyers qui n’ont pas été repris dans cette statistique mais qui pour autant n’ont pas les moyens de s’offrir une nourriture de qualité, et aux familles encore plus nombreuses qui échappent à la précarité alimentaire uniquement grâce aux programmes d’aide du gouvernement comme le Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP) connu sous le nom de tickets de nourriture. Le manque d’accès à la nourriture de bonne qualité est l’apanage des quartiers pauvres des villes où les noirs surtout ont du mal à offrir à leurs enfants autre chose que les plats préparés et les produits bas de gamme du magasin du coin.

Ce que nous constatons en examinant ces informations, c’est que la précarité alimentaire et la pauvreté ne sont pas seulement des indicateurs de difficultés économiques, elles délimitent des classes sociales. Les Etats-Unis abritent une sous-classe sociale de plus en plus large, qui regroupe de plus en plus d’anciens ouvriers et de blancs, mais qui touche encore plus les communautés de gens de couleur. Dans toutes les grandes villes et de plus en plus dans des quartiers blancs autrefois prospères, la pauvreté est devenue une réalité quotidienne, mais une réalité cachée par l’illusion collective du "rétablissement économique".

Le modèle vénézuélien

A la différence des Etats-Unis, le Venezuela progresse rapidement dans l’éradication de la pauvreté dans un pays qui, pendant des décennies, a été un des plus pauvres et des plus exploités du continent américain. En dépit de sa richesse pétrolière et de ses vastes ressources, la misère régnait au Venezuela, spécialement chez les indigènes et les paysans. C’était la conséquence du système colonial et post-colonial qui permettait à une petite élite à la peau claire de dominer le pays et de maintenir le reste de la population dans une misère abjecte. La situation a commencé à changer avec Hugo Chavez et la Révolution Bolivarienne. Chavez, qui était déjà un héro aux yeux des pauvres Vénézuéliens, s’est mis tout de suite au travail pour réaliser son modèle socialiste avec la lutte contre la pauvreté au coeur de son projet politique. Et il poursuit le même projet depuis qu’il est arrivé au pouvoir il y a 14 ans.

Comme je l’ai déjà dit, le Venezuela utilise plusieurs critères pour évaluer la pauvreté : l’accès à l’éducation, l’accès à l’eau potable, l’accès à un logement correct, les familles de plus de 3 personnes qui vivent dans une seule pièce, et les familles dont le chef de famille a fait moins de 3 ans d’école. Ces statistiques, connues sous le nom de système de calcul des Besoins Elémentaires non Satisfaits, donnent des résultats surprenants. Au cours des 10 dernières années, le nombre de Vénézuéliens vivant dans la misère (ceux qui souffraient d’au moins deux de ces signes de pauvreté) a diminué de 11.36% à 6.97%, une réduction de presque la moitié. En même temps, l’espérance de vie et la population totale ont augmenté de manière significative, ce qui montre l’amélioration des services de santé. Un chiffre intéressant concerne la population indienne autochtone, le groupe le plus marginalisé historiquement. Au cours des 10 dernières années, leur nombre a fortement augmenté et ils forment maintenant 3% de la population. Cela montre que non seulement les services de santé sont de meilleure qualité mais qu’ils sont devenus accessibles aux segments les plus démunis de la population.

Il faut noter que l’une des pièces maîtresses des programmes anti-pauvreté du gouvernement bolivarien de Chavez a été l’augmentation exponentielle de construction de logements publics et d’appartements bons marché. Le président Chavez a annoncé la Grande Mission Logement en 2011 pour combattre la misère à laquelle était confrontée tant de famille vénézuéliennes qui vivaient dans des logements insalubres et dangereux. En septembre 2012, plus de 250 000 logements avaient été construits et confiés à de pauvres familles vénézuéliennes. Ce chiffre doit encore augmenter dans les années à venir car les constructions continuent et il y a de plus en plus de logements abordables.

Malgré la crise économique mondiale, le gouvernement Chavez continue à développer ses programmes anti-pauvreté comme le logement et la santé, tandis que la plus grande partie du monde soi-disant développé se laisse gagner par l’hystérie générale de l’austérité. La Révolution Bolivarienne s’est donnée pour tâche de réduire et finalement d’éradiquer la pauvreté dans un pays où la pauvreté était une tradition historique et une réalité supposément incontournable. Pendant l’ère post-coloniale le Venezuela a connu la domination et l’oppression des Etats-Unis et le règne des multinationales pendant que les pauvres et les classes laborieuses vivaient dans la misère. Ce sont les efforts de Chavez pour corriger l’histoire qui l’ont rendu, plus que toute autre chose, si cher au coeur des Vénézuéliens.

Les économies capitalistes développées d’Amérique du nord et d’Europe essaient désespérément de maintenir leur hégémonie et leur survie économique grâce à des programmes d’austérité qui ont pour but de transférer le poids de la dépression des épaules des riches financiers et spéculateurs qui l’ont provoquée, à celles des pauvres et des classes laborieuses qui doivent la payer. Les coupes draconiennes dans les services sociaux dont dépendent des millions d’Etasuniens pour leur survie sont la preuve de ce processus. A la différence du Venezuela, les puissances impérialistes occidentales veulent détruire le filet de sécurité sociale et accroître la misère et le désespoir de leur population.

Il s’agit en fait de la crise du capitalisme post-industriel avancé —un système économique qui creuse le fossé entre les riches et les pauvres, crée des fortunes insensées et une misère extrême et se maintient en réduisant à la misère et à la pauvreté les classes inférieures. C’est pourquoi les Républicains et les Démocrates, le président Obama et Boehner, le président de l’Assemblée, sont tous au même titre responsables des souffrances et du désespoir des étasuniens pauvres qui peuvent encore se tourner vers le Venezuela et la Révolution Bolivarienne pour trouver le modèle d’une vision réellement progressiste de l’avenir.

Eric Draitser

Eric Draitser est le fondateur de StopImperialism.com. C’est un analyste géopolitique indépendant qui vit à New York City.

Pour consulter l’original et les références : http://www.counterpunch.org/2013/02/01/comparing-the-us-and-...

Traduction : Dominique Muselet

http://www.legrandsoir.info/pauvrete-et-progres-comparaison-entre-les-etats-unis-et-le-venezuela.html

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 14:32

Isidro López est un jeune au visage creusé par le soleil et par l’adversité, avec un air de vieux sage. Pour ce paysan venu du Paraguay et qui fend la foule en portant son « mate » (thé) à la main, « le peuple vénézuélien descend dans la rue pour défendre sa révolution ». Puis, rapidement, d’une voix douce : « parce que ce n’est pas sa révolution ; c’est la révolution du continent « . Il y a quelques années il débarquait au Venezuela, postulé par les organisations paysannes de son pays, pour étudier à l’Institut Universitaire d’Agroécologie Paulo Freire (projet initié par Chavez, Via Campesina et les Sans Terre du Brésil). Il reprend la phrase qui court de bouche en bouche : « Nous sommes tous Chávez. Tous les paysans du Paraguay appuyons la Révolution Bolivarienne ».

Walterio Lanz, lui, a toutes les années de la terre, du « llano » précisément. Né dans l’Orient vénézuélien, il vit sur les rives du fleuve Apure. Visage aimable, barbe blanche, il a semé aux quatre coins du pays. Il marche, attentif à ne piétiner aucune plante, livrant de brèves explications sur leur capacité à pousser malgré les habitants de Caracas. En souriant, il jette un regard à la ronde : « C’est un message fort que les gens envoient au Département d’État des États-Unis. Bien sûr que les idiots de certains secteurs ne comprennent pas ce langage ». Voir des centaines de milliers de personnes déborder l’avenue Urdaneta alors que sur le podium tout au fond, Chavez n’est pas là, ne le surprend pas. Pour lui c’est une preuve de la maturité politique que les vénézuéliens ont forgée en une décennie. « Le peuple montre la voie. Il a compris et assumé le fond de cette lutte : marcher vers le socialisme. Il n’y a pas d’autre voie.»

 

« Le peuple est sage et patient/Il sait calculer les temps… » Du haut du podium, la chanson d’Ali Primera salue la gigantesque concentration populaire, une des plus massives de l’histoire du Venezuela. Les chefs d’État, les ministres des affaires étrangères de 27 États latino-américains et des Caraïbes sont présents. La Caracas survoltée de ce 10 janvier 2013 rappelle irrésistiblement celle du 13 avril 2002. Le peuple s’était mobilisé pour faire échouer en 48 heures un coup d’État contre Chavez organisé par les médias privés nationaux et internationaux, le patronat, des militaires d’extrême-droite et les experts de la CIA. Ces dernières semaines, l’internationale du Parti de la Presse et de l’Argent a tenté de rééditer le coup d’État en martelant l’idée d’un « vide de pouvoir ». C’était compter sans un peuple « sage et patient » mais toujours prêt à descendre dans la rue quand il le faut pour défendre son vote.

Ce 10 janvier cette multitude a célébré le premier jour du nouveau mandat de six ans de Hugo Chavez, réélu en octobre dernier avec 54 % des suffrages. La prise de fonctions officielle se fera au terme de sa convalescence comme l’y autorise la Constitution (1). Mais en voyant ce peuple accompagné par le gouvernement bolivarien et ces chefs d’État venus de toute l’Amérique Latine, jurer main levée de mettre en oeuvre le programme socialiste sorti des urnes, on sent que le vieux rêve du président - « Chavez ce n’est plus moi, c’est toi enfant, c’est toi, femme, c’est toi paysan, je ne suis plus Chavez, je suis un peuple, carajo ! » – n’est pas si déraisonnable. Même Miss Monde est là, levant le poing. La vénézuélienne Ivian Sarcos est la cible des médias privés (majoritaires au Venezuela) qui ne lui pardonnent pas de s’être libérée de la condition de femme-objet et de prouver qu’on peut être à la fois « Miss Mundo» et citoyenne engagée. En 13 ans de révolution, la condition de la femme a avancé à pas de géants. « Pas de socialisme sans féminisme » a lancé un jour Chavez. Et ce 10 janvier elles sont là, Miss ou pas, en première ligne.

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Anita Castellanos n’aime pas qu’on lui parle de “prise de fonctions sans Chavez » ou de « serment symbolique« . Elle a revêtu les trois couleurs de la Patrie et pleure seule au bout du Pont Llaguno. « « Il est ici, tu sais pourquoi ? Parce que chacun de nous sommes lui; nous l’avons amené là où il est. N’oublie pas que nous sommes plus de huit millions à avoir voté pour lui. Pour nous cet homme a prêté serment depuis longtemps« . Elle vient de Santa Teresa del Tuy et avec la clarté de celle qui a lu et relu la constitution, rappelle que « la souveraineté réside de manière inaliénable dans le peuple ». « C’est le peuple qui décide. L’opposition se trompe : c’est le peuple qui a fait la constitution ». Pour Ana, les défis du mandat 2013-2019 sont la lutte pour les missions sociales et pour préserver les conquêtes sociales. Une pause, un soupir, un geste pour effacer ce qu’elle vient de dire : « le travail, c’est de ne pas laisser mourir cette révolution parce que bien sûr qu’elle existe par Chávez, mais le peuple existe en premier lieu».

Lugo y Maduro« Lugo, Lugo. Lugo ! ». Fernando Lugo, président légitime du Paraguay, victime il y a quelques mois d’un putsch parlementaire, monte à la tribune : « En voyant toutes ces banderoles qui disent je suis Chavez, je sais que même absent, il est ici, parmi vous, et pas seulement sur ces banderoles mais profondément au coeur de toute l’Amérique Latine… Le Venezuela subit une guerre médiatique mais personne ne peut nier le leadership et la victoire écrasante du président Chávez. Il a installé un modèle différent, c’est une personne sensible qui sent ce que sent le peuple, le capte et le comprend. Il y a un nouveau paradigme de leadership en Amérique Latine, avec un ingrédient principal : les demandes sociales qui furent toujours reportées. On ne peut nier que quelque chose de nouveau est en train de se passer. Le Venezuela changera avec Chavez ou sans Chavez,de même que le Paraguay changera avec ou sans Lugo, ces processus sont irréversibles»

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Carlos Timmerman, Ministre argentin des Affaires Étrangères informe que « la présidente Cristina Fernandez fait route vers La Havane pour y rencontrer le président Chavez. Nous, argentins, appuyons totalement votre victoire électorale d’octobre. Et nous savons qu’avec votre appui nous récupèrerons  les îles Malouines, et que nous vaincrons ensemble le colonialisme. »

Au nom du Président Correa retenu par sa campagne électorale, le chancelier équatorien Ricardo Patiño rappelle que malgré les experts en science politique, « Chavez est passé de 3 millions 600 mille votes en 1998 à 8 millions en octobre 2012. Que les ennemis de la démocratie ne s’y trompent pas, les peuples et les pays d’Amérique Latine sommes solidaires.».

Le vice-président du Salvador Sanchez Ceren, candidat de la gauche aux futures présidentielles dans son pays, dénonce « les mensonges des grands médias. Nous devons faire entendre notre voix dans le monde, pour un jour vaincre le mensonge ».

Pour le vice-président du Conseil des Ministres de Cuba : « ce ne fut pas facile de construire une révolution, en si peu de temps seul un peuple nourri de son histoire pouvait réaliser autant de conquêtes sociales. L’Amérique Latine ne permettra pas une déstabilisation de plus».

Pour le Président du Suriname « il n’y a pas que lorsque le soleil brille que nous sommes amis, nous le sommes aussi dans les moments difficiles, nous les pays pauvres d’Amérique Centrale, des Caraïbes et d’Amérique Latine, réunis par une lutte commune, contre la pauvreté, pour la souveraineté, et nous faisons confiance à Chavez et à son peuple. »

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Le président Evo Morales se dit « surpris par le caractère massif de cette concentration et la présence de tant de gouvernements. Nous aimerions, je le dis sincèrement, avoir cette quantité de mobilisation en Bolivie et en Amérique Latine. En arrivant ce matin, je me suis rappelé que Chavez nous attendait pour des réunions suivies de réunions, et pour les arepas du petit déjeuner. Aujourd’hui en mangeant l’arepa, je me suis senti de nouveau avec lui. Je me rappelle coment CNN disait que Fidel etait mort, et jamais il ne mourait… En Bolivie aussi nous avions des forces armées désidéologisées, qui faisaient peur aux enfants parce que les soldats étaient utilisés pour tuer. Nous avons expulsé les nords-américains de notre État-major, comme au Venezuela. Ce qui garantit la révolution bolivienne, ce sont les mouvements sociaux alliés à des forces armées conscientes. Si les images de Bolivar et de Sucre sont dans toutes nos écoles et dans les bureaux de nos  mouvements sociaux, l’image de Chavez est dans la conscience de tous les boliviens. Unité au Venezuela, unité en Amérique Latine, unité des peuples du monde contre l’impérialisme et le capitalisme ! »

Daniel Ortega

 

 Daniel Ortega, président du Nicaragua : « Je n’oublie pas la phrase de Bolivar qui avouait, amer, au terme de ses batailles, avoir labouré la mer. Aujourd’hui nous pouvons dire à Bolivar, à deux siècles de distance, qu’ici au Venezuela et dans toute l’Amérique Latine, Hugo Chavez n’a pas labouré la mer mais les coeurs de nos peuples. Je viens d’une région, le Salvador, le Guatemala, le Nicaragua où des centaines de milliers de vies furent détruites lors des conflits armés. Combien de sang Hugo Chavez n’a-t-il épargné aux vénézuéliens en choisissant la voie électorale pour mener sa révolution ! Ce fut comme défier les lois de la gravitation, nous étions sceptiques, nous pensions au coup d’État contre Allende, mais Chavez a réussi son pari, il a ouvert une nouvelle étape pour les peuples. Les vautours ne se rendent pas compte qu’ici le peuple est plus vivant, combatif que jamais

 

Ralph Gonsalves

Le soutien des chefs d’État des Caraïbes, ignoré par les médias, parle d’un tournant essentiel dans la politique étrangère du Venezuela qui avant Chavez tournait le dos à ces alliés pourtant si proches. Parmi eux, Ralph Gonsalves, premier ministre de San Vicente et Granadinas : « C’est la plus grande foule que j’ai pu voir dans ma pourtant longue carrière politique. Si l’impérialisme n’a pas reçu le message que lui ont envoyé les élections présidentielles, si l’impérialisme n’a pas reçu le message de l’élection des gouverneurs en décembre, il le recevra aujourd’hui. Chavez est un espoir, en particulier pour les travailleurs, les pauvres, les marginaux, toutes les victimes de discriminations. Nous l’aimons d’une manière qui ne sera jamais vaincue. Il nous a donné PetroCaribe et l’ALBA et a uni l’Amérique Latine et les Caraïbes. »

 

En concluant le meeting le vice-président vénézuélien Nicolas Maduro a mis en garde contre les plans d’une extrême-droite toujours prête à exécuter la commande médiatique mondiale de monter des affrontements pour fournir quelques morts aux caméras et déstabiliser le pacifisme électoral des bolivariens. « Les médias du monde entier mentent, mentent et mentent tous les jours en disant que la révolution est finie, nous le voyons bien quand les délégués étrangers débarquent ici la tête pleine de doutes et de préoccupations, et sont surpris de voir qu’ici nous ne nous battons pas entre nous, mais que nous sommes au travail. »

 

Les médias occidentaux qui nous ont refait pendant treize ans un remake de « Tintin et les Picaros » au lieu de s’intéresser à la démocratie vénézuélienne auraient dû y penser : il est plus difficile d’enterrer un peuple qu’un homme, surtout si ce peuple est plus conscient de jour en jour. Ont-ils cru vraiment à leur Fin de l’Histoire ? Voici nos petits soldats du Parti de la Presse et de l’Argent cherchant dans une dernière tentative d’arrêter l’Histoire en marche, un cimetière pour y enterrer Chavez, et vite.

On ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas essayé depuis longtemps. Les Jean-Pierre Langelier (« Le Monde ») qui depuis Rio de Janeiro annonçaient la « catastrophe économique » du « Parti Unique » ; les Sylvie Kaufman réduisant quelques centaines de milliers de manifestants chavistes à « une petite foule » ; les David Pujadas qui envoyaient tous les soirs Kadhafi et Al-Assad en exil chez-leur-ami-dictateur-du-Venezuela ; les Lamia Oualalou dénonçant la « militarisation croissante du régime » ; les Paulo Paraguana réussissant la performance d’attribuer la création de la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (Celac) au… Mexique ; les Gérard Thomas réduisant le Venezuela à un « castrisme new look » et à un « néopopulisme socialisant« ;  les Caroline Fourest reprochant à Chavez  »une vraie passivité envers le trafic de drogue (et ce qu’il génère), une vraie tendresse pour le Hezbollah et plus globalement une politique mégalomane, messianique et clientéliste qui n’a rien de socialiste » et dans le même rayon « bobo de gauche », les Marc Saint-Upéry « surpris par la chute vertigineuse de la popularité de Chavez dont il ne restera au fond qu’un coup de peinture rouge sur le capitalisme  ; les Plantu estimant qu’ » il n’est pas possible de s’exprimer librement quand Hugo Chavez est président de la république au Venezuela » ; les Jacobo Machover effondrés devant le résultat de la dernière présidentielle – « car c’est le conservatisme le plus rance qui se maintient au pouvoir, ce « socialisme du XXIe siècle » qui n’est, après tout, qu’une pâle copie du castrisme dans une république non pas bananière mais pétrolière » ; les Alexandre Adler et son « gorille bolivarien antisémite qui confisque le pouvoir » pour instaurer  « une dictature rouge-brune , étroitement alliée à Cuba »… sans oublier, dernier venu d’une morgue parisienne assumée comme esprit critique, un certain Francois-Xavier Freland que les télévisions invitent à répéter pour qui ne l’aurait pas encore compris que «le Comandante est un bavard égocentrique».

Après tout le Venezuela réel ne les intéressera jamais. Les latinoaméricains ne servent qu’à satisfaire le besoin interne de se positionner dans l’arène franco-française. Comme à l’époque où les courtisans se pressaient à Versailles pour voir les sauvages emplumés des “Indes Galantes”. Plus qu’un clivage idéologique, c’est un clivage sociologique que ce mépris royal pour les « sauvages » révèle. Ce sont les mêmes « journalistes » qui frappaient sur les doigts des français « ignorants » lorsqu’ils osèrent dire non à un traité libéral européen.

  

Comment transmettre la ferveur de ce jeudi 10 janvier 2013 à Caracas ? La célèbre chanson de Calle 13 y aide sans doute, accompagnée ici par l’Orquesta Sinfonica Simón Bolívar de la République Bolivarienne, exemple de la libération du talent de ceux qui jusqu’ici étaient écartés de la « Culture ». Les derniers vers de la chanson disent : « ce qui est à moi est à toi ». S’il est une chose que la plupart des médias français ne comprendront jamais, s’il est un exemple que peuvent offrir au monde les vénézuéliens, c’est que la politique peut être autre chose que le lieu de tous les cynismes et de tous les calculs et qu’elle peut encore être synonyme de solidarité désintéressée. 639x360_1357657410_jose-mujica

 

Au nom de la première république libre des Amériques, Haïti, le premier ministre Laurent Lamothe a rappelé l’aide offerte par le Venezuela : 300 000 personnes alphabétisées, 120.000 mille enfants bénéficiant de l’école gratuite : « C’est pour cette coopération désintéressée que le peuple haïtien aime de tout son coeur le Venezuela. ». Pour José « Pepe » Mujica, le président de l’Uruguay venu lui aussi à Caracas, « personne n’a pratiqué cette solidarité autant que le peuple vénézuélien. Chávez, au moment où nous en avions besoin, s’est souvenu de mon peuple, ne nous a pas tourné le dos et a mis en pratique un type de solidarité qui n’a plus cours dans le monde. Qu’il serait facile d’en finir avec la pauvreté dans le monde ! Mais nous aurions besoin de quelques gouvernants comme lui. »

 

Thierry Deronne, avec Neirlay Andrade (AVN), Caracas 11 janvier 2013.

 

  

 

Note:

(1) Ce qui a donné à l’AFP l’occasion de diffuser son premier mensonge de l’année : « La Constitution prévoit que le chef de l’Etat élu doit prêter serment le 10 janvier devant l’Assemblée nationale au cours d’une cérémonie qui doit se dérouler au Venezuela et ne peut être reportée ». C’est totalement faux, puisque la constitution vénézuélienne stipule, comme une sentence du Tribunal Suprême de Justice vient de le confirmer, qu’un président élu peut prêter serment à une date ultérieure si les circonstances l’exigent. En 2012 l’AFP avait diffusé un montage vidéo qui laissait entendre que le président Amadinejad et Hugo Chavez s’apprétaient à tirer des missiles depuis Caracas sur les États-Unis. Voir le billet de Théophraste (10/1/2012) dans Le Grand Soir et  http://www.legrandsoir.info/hugo-chavez-l-agence-france-presse-et-le-role-des-medias.html

 

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/01/11/le-jour-ou-miss-mundo-leva-le-poing/

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 15:00
Triomphe bolivarien aux élections du dimanche 16 décembre
Thierry DERONNE

Le Venezuela est plus bolivarien que jamais (1). Avec 20 états sur 23 – dont cinq bastions repris à l’opposition de droite, le triomphe des candidats du programme bolivarien aux régionales de ce dimanche 16 décembre 2012 rappelle à ceux qui l’auraient oublié que le Venezuela vit une double révolution.

La première est la transformation d’un peuple en sujet politique. En Europe, pour des raisons sociologiques et médiatiques, ce fait suscite moins d’intérêt que la question « qui va succéder à Chavez ? ». Mais le Venezuela n’est pas une monarchie : il y a dans ce pays une constitution républicaine, des élections pour choisir ou rejeter les programmes portés par des candidats et surtout, un peuple conscient, mobilisé, capable de critiquer et d’orienter la politique.

Il y a quinze ans ans, avant la première victoire bolivarienne aux présidentielles, le champ politique se caractérisait par un apartheid de fait. Une partie de la classe moyenne et de l’élite locales, minoritaires, rêvaient (et rêvent encore parfois) d’exterminer une myriade d’insectes grouillant dans les cerros, dans les barrios surplombant Caracas. Cette majorité sociale occupe aujourd’hui le centre de l’espace politique et, vote après vote, accélère le temps historique. Cette intensité génère de nouveaux problèmes à résoudre.

Jesse Chacón, ex-ministre et directeur de la fondation de recherches sociales GISXXI, pointe ainsi le retard de la forme politique sur l’électorat populaire en notant “la fragilité du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV, principal parti bolivarien) qui n’a pas réussi à se muer en “intellectuel collectif » (Gramsci), en parti capable de s’articuler territorialement et socialement avec les gens et de prendre la tête de la mobilisation. Au contraire cette fraction révolutionnaire maintient une trame interne trop complexe pour mener des processus d’organisation solides et permanents. Sa manière répétée de ne s’activer qu’en fonction des élections sans être présent dans la bataille autour des problèmes quotidiens des gens, le cantonne à n’être qu’un espace symbolique que le peuple identifie conme le parti de Chavez et auquel, comme tel, il donne son vote. Reste à penser comment construire un vrai détachement collectif capable de conduire la société vénézuélienne dans une transition difficile et ardue vers le socialisme. » (2)

L’autre révolution, c’est la renaissance de l’Etat et la multiplication de services publics de grande envergure. Il ne s’agit pas d’un simple refinancement, d’une simple « sortie du néo-libéralisme » mais de construire un nouveau type d’État. Prenons l’exemple de la Mission Logement. (3)

Avant la révolution bolivarienne, les quartiers populaires aux toits de carton et de zinc dépeints par la chanson « Techos de cartón » d’Ali Primera en 1974, n’étaient que l’expression la plus visible du drame de la pauvreté et de l’exclusion sociale. En faisant résonner le mot car-tón, Ali Primera disait la condition réelle d’une population sans État, sans défense face aux éléments, livrée à l’exploitation quotidienne. (4)

¡Qué triste, se oye la lluvia
en los techos de cartón !
¡Qué triste vive mi gente
en las casas de cartón !
Viene bajando el obrero
casi arrastrando los pasos
por el peso del sufrir
mira que es mucho el sufrir !
¡ mira que pesa el sufrir !
Arriba, deja la mujer preñada
abajo está la ciudad
y se pierde en su maraña
hoy es lo mismo que ayer :
es su vida sin mañana
Recitado
« Ahí cae la lluvia,
viene, viene el sufrimiento
pero si la lluvia pasa
¿ cuándo pasa el sufrimiento ?
¿ cuándo viene la esperanza ? »
Niños color de mi tierra
con sus mismas cicatrices
millonarios de lombrices
Y, por eso :
¡ Qué tristes viven los niños
en las casas de cartón !
¡ Qué alegres viven los perros
en casa del explotador !
Usted no lo va a creer
pero hay escuelas de perros
y les dan educación
pa’ que no muerdan los diarios,
pero el patrón,
hace años, muchos años
que está mordiendo al obrero
oh, oh, uhum, uhum
¡ Qué triste se oye la lluvia
en las casas de cartón !
¡ qué lejos pasa la esperanza
en los techos de cartón !
Comme elle est triste la pluie qu’on entend
sur les toits de carton !
Comme elle est triste la vie de mon peuple
dans les maisons de carton !
L’ouvrier arrive
d’un pas traînant
sous le poids de sa souffrance.
Regarde comme il souffre !
Regarde comme la souffrance lui pèse !
En haut il laisse sa femme enceinte,
en bas il y a la ville
et il se perd dans son maquis
aujourd’hui pareil qu’hier :
c’est sa vie sans lendemain.
Récité
Là-bas tombe la pluie,
elle vient, elle vient la souffrance.
Mais, si la pluie cesse,
quand la souffrance cessera-t-elle ?
Quand viendra l’espoir ?
Enfants de la couleur de mon pays,
comme lui, pleins de cicatrices,
millionnaires en parasites.
C’est pourquoi :
Qu’elle est triste la vie des enfants
dans les maisons de carton !
Qu’elle est gaie la vie des chiens
dans la maison de l’exploiteur !
Vous n’allez pas me croire
mais il existe des écoles pour chiens
où on les éduque
pour qu’ils ne mordent pas les journaux.
Mais le patron,
depuis de très longues années,
ne cesse de mordre l’ouvrier.
Oh, oh, mmm, mmm
Qu’elle est triste la pluie qu’on entend
dans les maisons de carton !
L’espoir, comme il passe loin
des toits de carton !

Avec la Grande Mission Logement Venezuela lancée en avril 2011, le gouvernement cherche à restituer un des droits fondamentaux dont furent privés pendant tant d’années ces millions de vénézuéliens contraints de construire des baraques sur des terrain à risques, maintenus à l’écart des centres urbains dont les terrains sûrs étaient aux mains de gros propriétaires et d’agences immobilières.

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Pour l’année 2012, cette mission offre un bilan de 311 mille 992 logements construits (soit 89% de l’objectif prévu pour 2012). Ils ont été remis principalement à ceux qui avaient perdu leur foyer lors des graves inondations de 2010, aux familles qui hier encore écoutaient « le triste bruit de la pluie sur les toits de carton ».

Dans des pays comme l’Espagne, la disparition progressive de l’État social a eu pour conséquence durant les quatre dernières années 350.000 saisies hypothécaires. Le bilan pour 2012 est de 18.668 expulsions, soit une hausse de 13,4% par rapport au deuxième trimestre de 2011. 34% des suicides, selon les statistiques officielles, sont dus à des expulsions.

À Caracas, Yana Coelli est formatrice populaire dans le secteur El Recreo. Elle se charge d’organiser les processus de formation et d’organisation communale. Un des problèmes qu’elle affronte avec les quasi 200 personnes des huit conseils comunaux de la commune en construction de sa juridiction, est précisément celui du logement.

« Nous avons commencé le 7 juin 2012 par des réunions d’orientation pour former les assemblées citoyennes techniques sur le logement. Lors des deux premières réunions nous avons utilisé la méthodologie de « l’arbre du problème » pour détecter ensemble les causes profondes du manque de logements, comprendre pourquoi nous étions obligés de louer ou d’être acculés dans des terrains à haut risque. Le but était que tous voient que ce besoin ne se réduit pas à nous seulement mais qu’il est vécu à l’échelle nationale. Nous avons dû remonter l’histoire du pays, les quarante ans de fausses promesses des gouvernements de la quatrième république, l’éléphant blanc d’Inavi (Institut National du Logement). Les gens ont beaucoup participé, un climat de confiance s’est noué. Après les élections nous avons repris les réunions, à chacune d’elles ont assisté en moyenne une centaine de personnes.

Pour Yana, la participation est fondamentale, mais plus encore la formation. Pour elle, seuls des conseils comunaux organisés, menant les recensements de logement et proposant des solutions élaborées collectivement, garantissent l’accès à un logement digne, qu’ils soient construits par le biais de la Grande Mission Logement ou en auto-construction avec la collaboration des Comités de Terre Urbaine ou du « Movimiento de Pobladores » qui se chargent de chercher les terrains ou les immeubles abandonnés afin de les destiner au logement.

« Les occupants des refuges sont prioritaires mais il y a beaucoup plus de gens qui ont besoin de logements, et qui doivent s’organiser pour transférer aux institutions gouvernementales l’information exacte sur leurs besoins. La Mission Logement devrait travailler davantage avec les conseils communaux, et qu’on le voie à la télévision, pour stimuler l’organisation citoyenne. La communauté qui ne s’organise pas n’obtiendra rien. C’est ainsi que va notre processus : essais, erreurs, essais, tout le temps » …

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Réunion du « Movimiento de pobladores » avec le président Chavez pour proposer des lois en faveur du logement public. L’objectif de ce mouvement social est de lutter contre la spéculation immobilière, pour la démocratisationde la propriété et la sécurité juridique en faveur des secteurs populaires. Il est formé par diverses organisations de base telles que le campement de pionniers (familles sans logement), Concierges Unis pour le Venezuela, Comité de Locataires, Comités de Terre Urbaine, Front de Locataires et Occupants, provenant de tout le pays.

Thierry Deronne.

17 décembre 2012, Venezuela Infos. http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/12/17/quand-seloign...

Avec Mariel Carrillo, AVN
http://www.avn.info.ve/contenido/vivienda-y-revoluci%C3%B3n-... et http://www.ciudadccs.info/?p=363025

 

Notes :

(1) Résultats définitifs disponibles sur le site du Centre National Électoral vénézuélien : http://www.cne.gob.ve/resultado_regional_2012/r/1/reg_000000...

(2) Jesse Chacón, “2012 y la intensidad de la trama política nacional” http://www.gisxxi.org/articulos/2012-y-la-intensidad-de-la-trama-politica-nacional-venezolana-jesse-chacon-gisxxi/#.UM51LuQmbld

(3) Infos chiffrées sur la Grande Mission Logement : http://www.mvh.gob.ve/index.php?option=com_content&view=category&id=45&layout=blog&Itemid=81

(4) La chanson engagée en Amérique du Sud (années 1960 et 1970) : définition, origine et caractéristiques, par Ana Luisa Polania-Denis, Doctorante, Université de Paris 10, thèse présentée en 2010.

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 14:41
Benoît HAMON s’est rendu au Venezuela du 24 au 26 novembre pour présider la clôture des travaux de la Commission de Haut Niveau et pour s’entretenir avec le premier Vice-président de la République bolivarienne du Venezuela. 
 

 

Paris, le 30 novembre 2012   N°253  

Benoît HAMON, ministre délégué en charge de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, a effectué à l’invitation du gouvernement vénézuélien une visite officielle de trois jours à Caracas, dans un contexte général de relance de nos relations avec l’Amérique latine
 

A cette occasion il a présidé la Commission de Haut Niveau, instance de coopération bilatérale, qui n’avait plus été réunie depuis 2008, mettant en suspens toute initiative commune de coopération.

La qualité du dialogue qui s’est noué tout au long du séjour, entre la délégation officielle française présidée par Benoît HAMON et la partie vénézuélienne, a permis à la Commission de Haut Niveau de voir aboutir la signature de deux accords intergouvernementaux, portant sur la coopération judiciaire et sur l’énergie ainsi que la signature de trois lettres d’intentions concernant l’industrie, le tourisme et la coopération universitaire. Un nouveau champ de coopération a également été créé avec la signature d’un accord de partenariat en matière d’économie sociale et solidaire.

Dans le domaine judiciaire, l’accord signé est une convention d’extradition. Sur le secteur énergétique, l’accord intergouvernemental ouvre de nouvelles perspectives d’investissements pour les entreprises françaises en créant un groupe de travail spécifique de haut niveau, dédié à l’énergie. A ces deux accords structurants pour les domaines concernés, s’ajoutent la signature, en présence du ministre, de lettres d’intentions permettant l’avancée de projets stratégiques pour la France dans le domaine automobile, du tourisme et de la recherche. Bénéficiant de la protection d’une signature officielle, de grands projets franco-vénézuéliens, jusqu’alors ralentis, vont pouvoir se concrétiser.

En tant que ministre économique, Benoît HAMON s’est réjoui du signal fort donné par le gouvernement vénézuélien aux entreprises françaises présentes sur place. Pour le ministre, la France, grâce à la reprise du dialogue bilatéral et à la compétitivité de son offre en matière d’ingénierie dans les transports, l’automobile et l’énergie notamment, est un des pays dont l’investissement va pouvoir progresser dans les années à venir. 

 
 

En marge de la Commission de Haut Niveau, Benoît HAMON s’est entretenu avec le premier Vice-président de la République, ministre des Relations extérieures, Nicolas MADURO. Il a également été reçu par le ministre de l’Industrie, Ricardo MENENDEZ, le ministre du Pétrole, Rafael RAMIREZ, la ministre de l’enseignement supérieur Yadira CORDOVA, la ministre des communes, Isis Ochoa, le ministre du tourisme, Alejandro FLEMING, ainsi que le ministre de la science et des technologies, Jorge ARREAZA. Ces entretiens ont permis d’envisager de nouveaux champs de coopération technologique et industrielle entre les deux pays, et de consolider les positions des entreprises françaises par le règlement de certaines questions pendantes.

A titre exceptionnel, le ministre a été convié par le gouvernement vénézuélien à un conseil des ministres du secteur social.

A l’issue du séjour, et du fait de l’excellent climat de dialogue instauré entre les deux parties, Benoît HAMON a invité son homologue Isis Ochoa à effectuer en France une visite officielle dès 2013.

http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/13686.pdf 

Contact presse :

Cabinet de Benoît HAMON : Anne-Sophie de FAUCIGNY : 01 53 18 41 04

 

 

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:10

Il y a une différence notable entre le peuple français et le peuple vénézuélien : le premier d’abord, est tellement plus apte à la démocratie, les choix qui lui sont proposés sont si clairement identiques dans leur perfection libérale, qu’il ne juge que moyennement intéressant de se déplacer à des urnes quasiment superflues. Ceci est un signe de maturité démocratique que le Vénézuélien moyen ne peut encore exprimer.

 

Par ailleurs, le Français, rompu à l’exercice électoral autant qu’au PMU, est joueur. En effet, dès qu’il élit un nouvel attelage, il n’a plus qu’une seule idée en tête : changer de canassons au plus vite. Ça fait des courants d’air. Ça change l’ambiance. Que fait le Vénézuélien ? Il élit toujours le même ! Cela témoigne d’un manque d’esprit ludique caractéristique des peuplades métissées et pour tout dire, dégénérées, d’Outre-chez nous.

 

D’aucuns, toujours les mêmes, prétendraient que les classes populaires du Vénézumachin éliraient à intervalles réguliers leur dictateur préféré sous prétexte que ce dernier pratiquerait une politique allant dans leur intérêt. Joker ! A ceci, le modèle français réplique, du tac-au-tac : c’est de la triche ! Faire une politique qui satisfait les électeurs, ce n’est pas de la démocratie, c’est du populisme ! Et toc !

 

L’indigène mal dégrossi par un colonialisme imparfait prétend s’exprimer, à partir de son village ou de son barrio comme on dit là-bas, comme si la politique d’un pays se faisait à la corbeille de la paysanne. Erreur ! Le Français, habitué des joutes électorales et de leurs subtilités, connaît la musique. Parfois, on lui demande de dire oui, et bien sûr il répond non. Il sait qu’on va lui redemander. C’est quand même plus marrant. Là, rebondissement ! La Compagnie Démocratique de l’Europe qui T’Emmerde met le holà : c’est que la démocratie n’est pas un jeu pour tout le monde. C’est une affaire sérieuse, trop sérieuse pour être confiée à des électeurs. Ce sera oui. Mais on a quand même bien rigolé. Démocratiquement.

 

Au pays des Picaros, pas pareil… Là-bas, c’est la dictature de l’électorat ! On leur demande toujours leur avis, ils ont toujours leur mot à dire, ce qui, d’après nos experts les mieux payés, banalise évidemment le concours démocratique. Quand un peuple se prend au sérieux, quand il est pris au sérieux, eh bien c’est tout l’esprit olympique qui est perdant. Comme on dit en France, le pays du fair-play et des Luminaires, comme on dit en France donc, après chaque élection : l’important, c’est de participer… Le reste appartient à qui vous savez…

Thierry Deronne connaît bien le Venezuela. Trop bien. D’ailleurs il est là-bas, ce qu’aucun reporter au monde ne ferait jamais. Par conséquent, il ne pollue pas les colonnes du Monde, ne fait pas de concurrence à Bernard Guetta sur France-Inter, n’est pas cité par BHL dans ses éditoriaux, et ne dîne pas avec Alexandre Adler. Non, Thierry Deronne (tiens, regardez par là : http://venezuelainfos.wordpress.com/ ), lui, il passe sur Radio Campus, ce mercredi, en direct de Caracas. Il a des goûts simples Thierry…

 

Après lui et La Semaine à Cuba, vous retrouverez notre « ¼ d’heure en Palestine », et Tawfiq Tahani et Yves Quetin. Le premier, membre de l’AFPS, familier de la Palestine et du village résistant de Bilin, évoquera la résistance non-violente. Le second, de l’association Afran Saurel, les camps palestiniens au Liban. On a enregistré ça le 1er septembre à Roubaix.

Comment on dit « c’est l’heure de l’mettre ! » en bolivarien ?

"l’heure de l’mettre"
radio campus lille 106,6
en direct sur www.campuslille.com



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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 14:28
John PILGER

Je suis entré avec Roberto Navarrate dans le stade national de Santiago, Chili. Le vent de l’hiver austral descendait des Andes et le stade était vide et fantomatique. Peu de choses avaient changé, dit-il : le grillage, les sièges brisés, le tunnel vers les vestiaires où résonnaient les cris. Nous nous sommes arrêtés devant un grand 28. « J’étais ici, face au tableau d’affichage. C’est ici qu’ils ont appelé mon nom pour me torturer ».

Des milliers de « détenus et disparus » furent emprisonnés dans ce stade au lendemain du coup d’état du Général Pinochet, soutenu par Washington, contre la démocratie de Salvador Allende, le 11 septembre 1973. Pour la majorité des peuples d’Amérique latine, les abandonados, l’infamie et la leçon historique du premier « 11 Septembre » n’a jamais été oubliée. « Dans les années Allende, nous avions l’espoir de voir l’esprit humain triompher » dit Roberto.

« Mais en Amérique latine, ceux qui croient qu’ils sont nés pour diriger se comportent avec une telle brutalité pour défendre leurs droits, leur propriété, leur mainmise sur la société qu’ils sont proches du véritable fascisme. Les gens qui sont bien habillés, dont les frigos sont pleins, cognent sur des casseroles dans les rues pour protester, comme s’ils n’avaient rien. C’est ce que nous avons vécu au Chili, il y a 36 ans. C’est ce à quoi on assiste actuellement au Venezuela. Comme si Chavez était Allende. C’est très évocateur pour moi. »

Lorsque je tournais mon film, The War on Democracy, j’ai tenté d’aider des Chiliens comme Roberto et sa famille, et Sara de Witt qui a courageusement accepté de retourner avec moi dans les salles de torture de la Villa Grimaldi, où elle a miraculeusement survécu. Avec d’autres Latino-américains qui ont connu les tyrannies, ils observent le même schéma de propagande et les mêmes mensonges à présent être déployés pour contrer une nouvelle aspiration à la fois pour la démocratie et la liberté sur le continent. Ironiquement, au Chili, qu’on présentait à Washington comme un « modèle de démocratie », la liberté se fait attendre. La Constitution, le système de contrôle électoral et les inégalités sont autant de cadeaux que Pinochet a laissé derrière lui.

La désinformation qui a aidé à détruire Allende et participé à la montée des horreurs de Pinochet a fonctionné de la même manière pour le Nicaragua, où les Sandinistes eurent la témérité de mettre en œuvre des réformes populaires modestes largement inspirées du mouvement coopératif anglais. Dans les deux pays, la CIA finançait les principaux média d’opposition, même si ce n’était pas vraiment nécessaire. Au Nicaragua, le faux martyr du journal « d’opposition » La Prensa devint une cause nationale pour les grands journalistes libéraux nord-américains, qui débattaient avec tout le sérieux du monde si un pays misérable de trois millions d’habitants représentait une « menace » pour les Etats-Unis.

Ronald Reagan le pensait et déclara l’état d’urgence pour repousser les hordes à ses portes. En Grande-Bretagne, où le gouvernement de Thatcher « appuyait sans réserves » la politique des Etats-Unis, la classique censure par omission fut appliquée. En examinant 500 articles traitant du Nicaragua au début des années 80, l’historien Mark Curtis a trouvé une censure quasi totale des réussites du gouvernement sandiniste - « remarquable à tous points de vue » - en faveur du mensonge sur « la menace d’une mainmise communiste ».

Les similitudes avec la campagne actuelle contre la montée phénoménale des mouvements démocratiques populaires sont frappantes. Prenant principalement pour cible le Venezuela, et particulièrement Hugo Chavez, la virulence des attaque laisse entendre que quelque chose est en marche, et c’est bien le cas. Des milliers de pauvres Vénézuéliens voient un médecin pour la première fois de leur vie, leurs enfants sont vaccinés et boivent de l’eau potable.

Le 26 juillet, Chavez a annoncé la construction de 15 nouveaux hôpitaux ; plus de 60 hôpitaux publics sont en cours de modernisation et seront ré-équipés. De nouvelles universités ont ouvert leurs portes aux pauvres, brisant le privilège des institutions compétitives contrôlées par la « classe moyenne » dans un pays où il n’y a pas de moyenne. A Barrio La Linea, Beatrice Balazo m’a dit que ses enfants étaient la première génération de pauvres à assister à une journée entière d’école et à recevoir un repas chaud et à apprendre la musique, l’art et la danse. « J’ai vu leur confiance s’épanouir comme des fleurs, » dit-elle. Une nuit au barrio La Vega, dans une salle nue éclairée par une seule ampoule, j’ai observé Mavis Mendez, 94 ans, apprendre à écrire son propre nom pour la première fois.

Plus de 25.000 conseils communaux ont été crées en parallèle des anciennes structures bureaucratiques locales corrompues. Beaucoup sont des phénomènes de démocratie à la base. Des porte-paroles sont élus, mais toutes les décisions, idées et dépenses doivent être approuvées par une assemblée communautaire. Dans des villages longtemps contrôlés par les oligarques et leurs médias serviles, cette explosion de pouvoir populaire a commencé à changer les vies de la manière que Beatrice a décrite. C’est cette nouvelle confiance du « peuple invisible » du Venezuela qui a enflammé ceux qui vivent dans les quartiers appelés Country Club. Derrière leurs murs et leurs chiens de garde, ils me font penser aux blancs Sud-africains.

Les médias vénézuéliens, caricatures du Far West, sont majoritairement entre leurs mains ; 80% des émissions et pratiquement la totalité des 118 sociétés de presse sont privées. Jusqu’à récemment, un présentateur de télévision aimait qualifier Chavez, qui est métisse, de « singe ». On le présente à la Une des journaux comme un Hitler, ou un Staline (le rapport entre les deux étant qu’ils aiment tous le deux manger les enfants). Parmi les médias qui hurlent le plus fort à la censure, on trouve ceux qui sont financés par la National Endowment for Democracy, qui n’est qu’une façade de la CIA. « Nous avions une arme létale, les média » a dit a Amiral qui faisait partie des comploteurs du coup d’état de 2002. La chaîne de télévision, RCTV, qui n’a jamais été poursuivie pour son rôle dans la tentative de renverser un gouvernement élu, a perdu sa licence d’émettre par voie hertzienne et émet encore par satellite ou par câble.

Et pourtant, comme au Nicaragua, le « traitement » subi par RCTV est devenue une cause célèbre pour tous ceux en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, offusqués par le culot et la popularité de Chavez, qu’ils qualifient de « assoiffé de pouvoir » et de « tyran ». Le fait qu’il soit le produit authentique d’un réveil populaire ne sera pas mentionné. Même sa description comme un « socialiste radical », généralement de manière péjorative, ignore volontairement qu’il est en réalité un nationaliste et un social-démocrate, une étiquette que le Parti Travailliste britannique était jadis fier de porter.

A Washington, le gang des anciens des escadrons de la mort Iran-Contra, revenus au pouvoir sous Bush, craignent les relations économiques que Chavez est en train de nouer dans la région, comme le recours aux revenus du pétrole vénézuélien pour mettre fin à l’esclavagisme du FMI. Le fait qu’il maintienne une économie néo-libérale avec un taux de croissance de plus de 10%, qui permet aux riches de devenir plus riches, et faisant selon le magazine the American Banker « l’envie du monde bancaire » est rarement mentionné comme une critique justifiée de ses réformes timides.

Evidemment, par les temps qui courent, toute réforme véritable est exotique. Et tandis que les élites libérales sous Blair et Bush s’abstiennent de défendre leurs propres démocraties et libertés fondamentales, ils observent le concept même de leur démocratie de privilégiés du haut vers le bas être remis en cause sur un continent dont Richard Nixon avait dit un jour que « tout le monde s’en fout ». Tout en cherchant par tous les moyens à lui inculquer les bonnes manières, à Chavez, leur arrogance les empêche d’accepter que les graines de l’idée de Rousseau sur la souveraineté populaire directe ait pu être semées chez les plus pauvres, une fois encore, et que « l’espoir dans l’esprit humain », dont Roberto parlait dans le stade, soit de retour.

John Pilger

http://www.johnpilger.com/articles/the-ghost-of-pinochet-hau...

Traduction « c’est vrai que le changement c’est maintenant. Mais pas ici : là-bas » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 17470
http://www.legrandsoir.info/L-esprit-de-Pinochet-hante-la.html

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 14:44

Le président Hugo Chavez a officialisé, mardi à Brasilia, l’entrée de son pays au sein du marché commun du sud de l’Amérique, un bloc au fort potentiel économique et commercial.

Le Mercosur agrandit son format. Le Venezuela a rejoint officiellement, mardi, le marché commun du cône sud de l’Amérique, lui permettant, selon le président, Hugo Chavez, de « récupérer des décennies de retard ». L’entrée dans le Mercosur de ce pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde a été approuvée après la suspension du Paraguay, après le coup d’État institutionnel ayant entraîné la destitution du président Fernando Lugo, le 22 juin dernier. Le Sénat du Paraguay bloquait l’intégration du Venezuela depuis 2006.

Lors d’un sommet extraordinaire à Brasilia, Hugo 
Chavez a été accueilli à bras ouverts par les président(e) s des pays membres : Dilma Rousseff (Brésil), Cristina Kirchner (Argentine) et José Mujica (Uruguay). Pour la présidente brésilienne, le Mercosur constitue désormais « la cinquième économie mondiale », tandis que son homologue argentine considère ce bloc renforcé comme un nouveau « pôle de pouvoir ». Pour sa part, Chavez s’est déclaré « très intéressé » par la perspective de « sortir du modèle pétrolier ». Il y voit une opportunité pour développer l’agriculture, l’industrie et le tourisme dans son pays. 
« Le Mercosur, a-t-il dit, représente sans aucun doute la plus grande locomotive existante pour préserver notre indépendance et accélérer notre développement global. »

Avec le Venezuela, le PIB du Mercosur va représenter plus de 80 % de la richesse produite sur le continent sud-américain pour une population de 270 millions de personnes (70 % de la population de l’Amérique du Sud). Peu avant son adhésion, Caracas a signé avec le Brésil un accord portant sur l’achat de 20 avions commerciaux au constructeur brésilien Embraer d’une valeur de 900 millions de dollars, et s’est engagé à poursuivre son partenariat avec la compagnie pétrolière argentine YPF, révélant le fort potentiel d’échanges entre 
les pays composant ce marché commun du Sud.

Bernard Duraud

http://www.humanite.fr/monde/le-venezuela-donne-de-la-dimension-au-mercosur-501815

lire aussi http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/08/02/le-venezuela-et-lamerique-du-sud-la-fin-de-deux-cents-ans-de-solitude/

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 15:08

 

 

vers un octobre rouge au Venezuela ?   Romain Migus

 

La campagne électorale bat son plein au Venezuela. Sept candidats sont en lice pour se disputer, le 7 octobre prochain, la présidence de la République. Parmi eux, Yoel Acosta Chirinos, ancien compagnon d’armes de Chávez lors de la tentative de coup d’Etat du 4 février 1992 ; Orlando Chirinos, syndicaliste trotskyste farouchement opposé aux politiques gouvernementales ; Henrique Capriles Radonski, candidat de la Mesa de Unidad Democratica (MUD), plateforme qui regroupe les partis néolibéraux ; et, bien sûr, Hugo Chavez, qui brigue un nouveau mandat.

Notons d´emblée que les deux derniers candidats mentionnés ci-dessus devraient réunir 99 % des suffrages exprimés. Dans un pays où la politique est aussi bipolarisée, il ne subsiste guère d’espace électoral pour des positions intermédiaires. Des partis politiques comme Patria Para Todos (PPT) ou Podemos qui avaient fait ce pari, ont été laminés lors de scrutins antérieurs où ils se présentèrent comme une « troisième voie ». Leurs dirigeants ont d’ailleurs fini par rejoindre les rangs antichavistes.

Comme lors de la précédente campagne présidentielle, en 2006, l’opposition est prise dans une contradiction. Le candidat Capriles, dans la droite ligne de ses origines sociales et de ses positions constantes à la droite de l’échiquier politique vénézuélien, propose un programme néolibéral classique, même si les médias le maquillent en projet social-démocrate. Mais comme ce programme, s’il est explicité, a peu de chances de séduire la majorité de l’électorat, Capriles a opté pour une stratégie de campagne avant tout émotionnelle, axée sur son opposition aux mesures gouvernementales. Cette posture stratégique diverge radicalement de la clarté idéologique de son projet.

Pour gagner l´adhésion des électeurs, Capriles recourt systématiquement à des stratagèmes. En premier lieu, il décontextualise de manière permanente les problèmes du Venezuela en faisant l’impasse sur les conséquences de plusieurs décennies de politiques néolibérales du pays avant l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez. De plus, il présente les mesures du gouvernement comme une anomalie dans le monde démocratique. Cette stratégie a néanmoins ses limites. Alors que l’opposition accusait le gouvernement d’isoler le Venezuela sur la scène internationale, l’entrée du pays dans le Mercosur, l´appui des partis de gauche de tout le continent lors du Foro de Sao Paulo récemment organisé à Caracas, et surtout le soutien de l’ancien président brésilien Lula da Silva à Chavez, ont pulvérisé cette manœuvre.

Conséquence de cette décontextualisation, l´opposition s´emploie à nier systématiquement toutes les avancées sociales et économiques du gouvernement. Enfin, prodige de la sémantique, l’unité des partis politiques qui appuient la candidature de Capriles devient l´unité de tous les Vénézuéliens. Disparus les antagonismes entre les ouvriers et le patron, entre les propriétaires fonciers et les mal-logés, entre les paysans exploités et les terratenientes, entre le propriétaire d´une clinique privée et le patient sans le sou…

Face à cette rhétorique, le candidat Chavez a présenté un programme de gouvernement dans la continuité des acquis de la Révolution bolivarienne [1]. A en croire les instituts de sondage, les Vénézuéliens semblent majoritairement adhérer à ce programme. En particulier, une enquête effectuée par l’agence Reuters montre une constante domination du candidat bolivarien [2]. Mais Hugo Chavez demande constamment à ses partisans de ne pas tenir la victoire pour acquise et de convaincre les indécis afin de l’emporter avec le plus large écart possible. Une victoire serrée de l´actuel président ne manquerait pas, en effet, de réveiller les vieux démons anti-démocratiques d’une opposition prête à tout pour s’emparer de l´exécutif. Comme le note Jennifer Lynn McCoy, du Centre Carter, “un résultat étriqué qui ne serait pas accepté déboucherait sur une vague de violence” [3].

L´enjeu des élections du 7 octobre 2012 dépasse donc la simple joute électorale. Si Hugo Chavez et les forces armées vénézuéliennes [4] se sont engagés à respecter les résultats proclamés par le Centre national électoral (CNE), aucun dirigeant de l´opposition n’a fait de même. Plus grave : une campagne médiatique s’est mise en branle pour semer le doute sur l´impartialité du CNE. L’hebdomadaire Zeta a récemment consacré une de ses livraisons à une prétendue fraude électorale qui serait organisée par ce même CNE [5]. En 2006, lors de la précédente élection présidentielle, son rédacteur en chef, Rafael Poleo, avait ouvertement appelé au coup d´Etat coloré, dans le pur style des révolutions « oranges »  [6]. Cet appel, lancé en direct sur la chaîne de télévision Globovision, n´avait pas été cautionné par le candidat de l’opposition de l’époque, Manuel Rosales. Qu´en sera-t-il éventuellement de Capriles ?

Cette accusation de fraude est reprise par le quotidien El Nacional [7]. Depuis sa cellule, le général Baduel, ancien ministre de la défense condamné pour corruption, appelle les Vénézuéliens à« étudier les préceptes du professeur Gene Sharp, dont se sont inspirées toutes les révolutions colorées, de la Serbie à l´Ukraine en passant par la Géorgie ou l´Azerbadjian » [8].

Les récents voyages de dirigeants de l’opposition en Espagne, en Israël et en Colombie, ainsi que l´appel du pied de Capriles aux militaires vénézuéliens [9], ont nourri les spéculations du camp chaviste. Le journaliste José Vicente Rangel, toujours très bien renseigné, a révélé l´intention d´une partie de la droite de ne pas accepter les résultats afin de jeter la suspicion sur la transparence démocratique du processus vénézuélien [10]. Le procureur général de la République, Luisa Ortega Díaz, a même alerté sur la possibilité d´un coup d´Etat post-électoral [11].

Pour mettre en échec le dessein d´une partie de la droite vénézuélienne, Hugo Chavez devra conquérir les suffrages d’une large majorité d´électeurs. Il lui reste un peu plus de deux mois pour y parvenir.

[1]  Propuesta del candidato de la Patria, Comandante Hugo Chávez, para la gestión bolivarianasocialista 2013-2019 :http://www.chavez.org.ve/Programa-Patria-2013-2019.pdf 

[2]  Reuters : Hugo Chávez lidera encuestas camino a las elecciones presidenciales : http://www.6topoder.com/.../elecciones-presidenciales-tabla-resultados/

[3]  “Centro Carter teme violencia en Venezuela ante posible resultado reñido en las elecciones del 7-O”, Noticias24, 6 mars 2012 : http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/95260/observadora-de-ee-uu-teme-violencia-en-venezuela-si-eleccion-es-renida/ 

[4]  “Rangel Silva : La Fanb reconocerá a quien gane las elecciones del 7-0, no a quien diga que ganó”, Noticias24, 6 avril 2012 : http://www.noticias24.com/.../dada-a-su-comandante-en-jefe/  

[5]  Carlos Julio Peñaloza, “La mecánica del fraude electoral”, Zeta, nº 1860, 6 juillet 2012.  

 [6]  Rafael Poleo explosivo 3, Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=Z3q2RRQ_k_s&feature=relmfu  

[7]  Nailibeth Parra Carvajal, “Miguel Henrique Otero : Hay que tener y cobrar los votos”, La Verdad, 16 juillet 2012 :http://www.laverdad.com/politica/.../votos-hay-que-cobrarlos.html 

[8]  “En exclusiva : video de Raúl Isaías Baduel desde el penal militar de Ramo Verde”, Noticias24, 9 avril 2012 :http://www.noticias24.com/.../baduel-desde-el-penal-militar-de-ramo-verde/   

[9]  “Capriles ofrece a la Fanb seguridad social, fin del “culto a la personalidad” y rechazo a la injerencia extranjera”, Noticias24, 12 juillet 2012. http://www.noticias24.com/.../militares-y-sus-familias/  

[10]  “JVR : La oposición apela a todo tipo de recurso para denunciar fraude el 7 de octubre”, Noticias24, 8 juillet 2012 :http://www.noticias24.com/.../denunciar-fraude-el-7-de-octubre/  

[11]  Fiscal general advierte sobre posible golpe de estado, Youtube, 10 mai 2012 : http://www.youtube.com/watch?v=9BaJfelgt1M

http://www.medelu.org/Les-strategies-a-risque-des


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