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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 14:10
Venezuela : Sur la proposition de Macri de suspendre le Venezuela du MERCOSUR

Comme il était prévu, 12 heures ne s'étaient pas écoulées depuis sa victoire électorale quand, lors de sa conférence de presse d'hier, Mauricio Macri affirma sa vocation à devenir un proche de Washington dans la région. Dans la ligne des désirs de la Maison Blanche, il a menacé la République Bolivarienne du Venezuela et confirmé qu'il demanderait la suspension de ce pays en tant que membre du MERCOSUR parce que, selon lui, il aurait enfreint la clause démocratique en "persécutant les opposants et en ne respectant pas la liberté d'expression".

Renverser le gouvernement bolivarien est une vieille obsession du gouvernement des Etats-Unis pour laquelle il n'a ni limite ni aucun scrupule. Jusqu'à présent, son offensive n'avait trouvé qu'un associé disposé à avancer sur ce chemin scabreux: le narco-politique colombien Álvaro Uribe. Juan M. Santos qui lui a succédé au Palais de Nariño ne s'est pas prêté à un jeu aussi dangereux. Mieux encore, le président conservateur colombien n'a pas cessé de remercier le Venezuela pour sa collaboration dans le processus depaix en cours à La Havane.

Macri semble ignorer ces subtilités de la politique internationale et être un homme téméraire et à la mémoire courte, une combinaison dangereuse s'il y en a. Il faudrait lui rappeler que la soumission inconditionnelle à l'empire se pratiquait déjà en Argentine sous Menem sous le nom de "relations charnelles" et que ce pays a payé par le sang un tel manque de bon sens. On ne comprend pas pourquoi il faudrait répéter cette erreur sauf pour respecter un accord secret avec la Maison Blanche dont nous ne tarderons certainement à connaître la contrepartie.

Macri ne semble pas non plus avoir été informé que le 28 octobre dernier, la République Bolivarienne a été réélue au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies. L'Assemblée Générale de l'organisation a approuvé cette résolution par 131 voix sur 192.

Formuler les accusations que formule Macri en passant par-dessus une donnée aussi importante que celle-là, qui ratifie la présence du Venezuela dans un organisme auquel participent des pays comme la France, les Etats-Unis, l'Allemagne et le Japon, est pour le moins un acte d'irresponsabilité flagrante ou une démonstration d'amateurisme dans la gestion des relations internationales. Peut-être croit-il que les pays du MERCOSUR vont accompagner sa crise anti-bolivarienne? Ignore-t-il que les décisions du MERCOSUR demandent le consensus de tous ses membres? Pour commencer, le chancelier uruguayen Rodolfo Nin Novoa s'est empressé de déclarer que son pays "ne voit pas de raison d'appliquer la clause démocratique au Venezuela au MERCOSUR." Et le plus probable, c'est que le gouvernement brésilien suive le même chemin, auquel cas les menaces de Macri tomberaient, suite à leur infaisabilité politique.

Revenons au cas des opposants politiques au Venezuela. Que dirait Macri si ces prochains jours, suivant l'exemple de Leopoldo López, Daniel Scioli rendait public son refus de reconnaître les résultats des élections et peu après le 10 décembre, intensifiait cette campagne en mobilisant des contacts internationaux et en stimulant, avec de plus en plus de force, des violences en exigeant "la sortie" anticonstitutionnelle d'un "gouvernement illégitime" en appelant à des procédés interdits par la constitution et par les lois de la république? Appellerait-il dans ce cas Scioli "opposant politique" ou la qualifierait-il, en fonction des normes en vigueur, d'homme politique coupable du délit de sédition qui dans ce pays, encourt une peine qui va de 5 à 25 ans de prison?

La législation vénézuélienne est la même que celle de l'Argentine et les deux sont identiques à celle des Etats-Unis où ce délit est passible de peines qui, dans certains cas, vont jusqu'à la prison à perpétuité ou à la peine de mort. En réalité López, dont la femme était dimanche soir à la fête dans le bunker de Cambiemos, n'est pas un "dissident politique" injustement persécuté par le gouvernement bolivarien. C'est le chef de bande d'une tentative pour troubler par la force l'ordre constitutionnel en vigueur dans son pays et renverser le gouvernement né d’élections dont l'ex président des Etats-Unis Jimmy Carter a dit qu'elles étaient "plus fiables et transparents que les nôtres". Pour cela, il compte sur la collaboration d'Uribe pour recruter un important groupe de mercenaires qui, camouflés en héroïques "jeunes universitaires" luttaient vaillamment pour restaurer les libertés violées dans son pays.

Lancés dans les rues pour stimuler "la sortie" de Maduro et l'effondrement de l'ordre institutionnel en vigueur, ils ont fait usage de tout ce qui est imaginable en terme de violence, des incendies d'écoles et de garderies d’enfants à la destruction d'engins de transport publics et privés, tout cela combiné à des attaques violentes d'universités et de centres de santé, à l'installation de "guarimbas" (barricades à partir desquelles éteint contrôlés les mouvements de la population et étaient frappés ou assassinés impunément ceux qui osaient défier leur toute-puissance) et à des assassinats.

Suite à excès, 43 personnes sont mortes, la majorité d'entre elles étaient des sympathisants chavistes ou des membres des forces de sécurité de l'Etat. Peu après, on découvrit qu'une bonne partie des "guarimberos" étaient des paramilitaires colombiens et qu'il n'y avait presque pas d'universitaires vénézuéliens impliqués dans ces tristes événements. La justice de la "dictature chaviste" le condamna à une peine de 13 ans 9 mois 7 jours et 12 heures de réclusion. En désaccord avec la transition post-franquiste en Espagne, le 23 février 1981, le lieutenant colonel Antonio Tejero Molina voulut aussi troubler l'ordre constitutionnel en donnant l'assaut au Congrès des Députés. Dans sa croisade restauratrice "le tejerazo" ne provoqua pas une seule mort et il n'y aut à déplorer de pertes matérielles d'aucune sorte.

Cependant, la justice espagnole le condamna à 30 ans de prison, à être expulsé de l'Armée, à perdre son grade militaire et à la perte de ses droits civiques pendant le temps de sa condamnation. Personne ne l'a considéré comme un opposant politique mais comme un militaire séditieux. Le cas de López est pire à cause de la quantité de sang versé par sa faute et à cause de la destruction de biens provoquée par son apologie de la violence malgré quoi la sentence de la justice vénézuélienne a été étonnamment clémente. Mais Macri ne le voit pas ainsi et continue à le considérer comme un opposant maltraité par un pouvoir despotique. Il commence mal en politique étrangère. Et sa tentative pour avancer dans le "réformisme" néolibéral du MERCOSUR est préoccupante. C'est une autre vieille ambition des Etats-Unis pour le faire rejoindre l'allance du Pacifique et l'Union Européenne dominée par la Troïka.

Par: Atilio Borón (Cubadebate) 26 novembre 2015
traduction Françoise Lopez
http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/11/venezuela-sur-la-proposition-de-macri-de-suspendre-le-venezuela-del-mercosur.html

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- dans Le Venezuela
18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 19:56

Et si la vérité sur le Venezuela était plus dans une œuvre de fiction que dans nos médias ?

Avec la complicité active du responsable des Affaires politiques et de la presse à l’ambassade de la République Bolivarienne du Venezuela à Paris, le stand du Venezuela (au Village du Monde) accueillait plusieurs auteurs présentant leur livre, samedi 12 septembre après-midi.

J’ai eu le privilège de commencer et de parler sous le regard et le contrôle de redoutables spécialistes de l’Amérique latine : Maurice Lemoine, Ignacio Ramonet et Bernard Cassen. Par la grâce de l’éclairage qui m’empêchait de voir le public, j’ai subodoré pendant mon intervention qu’ils étaient venus se mettre à l’abri un moment (il pleuvait dru) avant de partir ensemble boire un mojito ou une « Polar Ice », en attendant que je leur donne le micro.

Christophe Ventura, chargé de cours à l’Institut d’études européennes de l’université Paris VIII, avait bien voulu animer le débat et j’y ai vu un honneur et un geste d’amitié.
Voici le texte (à peu près fidèle) de ma causerie.

Le 13 avril 2002, le président Chavez est renversé par un coup d’Etat militaire. Marcel Granier et d’autres barons des médias se rendent au Palais présidentiel de Miraflores pour jurer fidélité au tout nouveau dictateur, Pedro Carmona, qui venait d’abolir la Cour Suprême, l’Assemblée Nationale et la Constitution.

Marcel Granier, multimilliardaire, est un des propriétaires du groupe de presse 1BC (1 Broadcasting Caracas) qui compte 40 stations de radios et chaînes télévisées dont la chaîne vénézuélienne RCTV (Radio Caracas TV). Il a des intérêts dans une kyrielle d’entreprises diverses dont certaines sont basées aux USA et qui disposent de l’exclusivité mondiale pour la commercialisation des productions de 1BC. Bien entendu, et la chose ne surprend plus dans ce pays, il est en délicatesse avec le fisc à qui il doit 1,5 milliard de bolivares.

RCTV bénéficiait pour une durée de 20 ans, d’une licence de diffusion par voie hertzienne, venue à expiration le 27 mai 2007. Le gouvernement bolivarien a décidé de ne pas la renouveler, tout en laissant la chaîne libre de diffuser ses programmes par d’autres canaux (câble, satellite, internet).

C’est pratique courante (à l’époque, des non-renouvellement avaient eu lieu en Espagne, en Grande-Bretagne, au Pérou, aux USA, mais en silence). Pour RCTV, c’est devenu une affaire mondiale. Politique, médiatique. L’ensemble des médias dominants parlaient de fermeture de RCTV (voire de la dernière chaîne d’opposition…).

En ce début 2007, 37 journalistes ont déjà trouvé la mort dans une douzaine de pays. Aucun au Venezuela. De nombreux journalistes à travers le monde ont été emprisonnés. Aucun au Venezuela. De nombreux médias ont été fermés par des gouvernements. Aucun au Venezuela.
Depuis l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, ce sont des dizaines de journalistes, qui ont trouvé la mort. Parfois par accident, parfois par bavures, parfois par tirs délibérés de l’Armée US.
Mais c’est le Venezuela qui était dans le collimateur de RSF et de Robert Ménard.

Robert Ménard s’est rendu en ce mois de mai 2007 au Parlement de Strasbourg pour protester contre les atteintes à la liberté de la presse. Il était accompagné de Marcel Granier. J-Marie Cavada, ancien journaliste vedette de FR3, député Modem va rédiger une motion anti-chaviste à soumettre au vote.

Les députés européens de gauche la combattent. Un sénateur socialiste qui connaît bien l’Amérique-Latine et qui a toujours exprimé sa solidarité avec Cuba et le Venezuela bombarde les députés européens socialistes d’informations ( c’est Jean-Luc Mélenchon). Cavada va réécrire plusieurs fois sa motion qui finira par être sans consistance. Le 24 mai, sur 785 députés européens, 65 étaient présents pour la voter (J-M.Cavada ne ne sort même pas de son bureau). Elle est adoptée par 43 voix contre 22.
Aucun des parlementaires européens n’aurait accepté qu’une chaîne comme RCTV émette dans son pays. Le Cahier des charges de la plupart des chaînes (de toutes, sans doute, en tout cas c’est vrai pour France 2) interdit l’éloge de la violence, la propagation du racisme, les appels à la partition du pays, les programmes comportant des scènes de sexe à l’heure où les enfants regardent la télé, la publicité pour l’alcool dans les stades , l’attribution quasi exclusive du temps de parole à une fraction du champ politique, l’appel à l’insurrection contre le gouvernement élu, les images subliminales, etc.
En gros, toutes les télévisions se plient à ces contraintes. Pas RCTV.

Pour l’anecdote : en 2007, le gouvernement bolivarien a décidé de distribuer un repas gratuit quotidien aux pauvres. Je regardais sur une chaîne d’opposition un débat (bidon) réunissant sur cette décision trois messieurs bien habillés et bien cravatés, Trois complices faisant assaut d’indignation. Le comble du ridicule fut atteint quand l’un d’eux s’égosilla : « Maintenant, il veut même choisir ce qu’on met dans notre assiette ». L’argument me parut ridicule et contre-productif. Or en 2009, assistant dans un barrio à une élection communale, je fus abordé par une brave dame, pauvre, qui voulut mettre en garde le Français contre un risque d’endoctrinement : « Vous savez monsieur, ce n’est pas la démocratie, ici. Chavez choisit même ce qu’on met dans notre assiette » . Je lui ai répondu que ça existait aussi en France, que ça s’appelait « Les restaurants du cœur » et que la droite et la gauche ne se disputaient pas sur ça. Mais j’ai mesuré aussi l’extraordinaire puissance de la propagande des médias vénézuéliens.

Quatre jours après le vote piteux du Parlement européen, le 28 mai à 10 h du matin R. Ménard était au Venezuela, pour donner une conférence de presse contre Chavez à l’hôtel Hilton de Caracas.
J’enquêtais alors sur RSF pour écrire mon livre paru en 2008 : « La Face cachée Reporters sans frontières » et j’étais au Venezuela pour ça, en ce mois de mai, accueilli dans les locaux de Vive TV une des rares télévisions publiques.

Tandis que Ménard parlait au Hilton, le même jour, à la même heure, je me trouvais dans le bureau d’Eleazar Rangel (qui apparaît dans mon livre « Rouges les collines de Caracas » sous le nom de Randal). Directeur d’Ultimas Noticias (Las Noticias, dans mon livre). C’est le plus grand journal du Venezuela : près de 300 000 exemplaires, 90 pages.Il est également vendu dans toute l’Amérique latine. Politiquement ; il peut se comparer à ce qu’était Le Monde d’Hubert Beuve-Méry : un journal de référence dont les rédacteurs couvrent tout l’éventail des opinions. On y trouve en nombre à peu près égal, des chavistes et des anti-chavistes.

Dans mon livre, c’est mon héroïne qui rencontre Rangel/Randal (et qui le décrit fidèlement). Je parle donc à Eleazar Rangel de mon enquête, de RSF et de Ménard. Le lendemain, Ultimas Noticias publie un article avec un titre en gras et ma photo où RSF est dénoncée pour ses liens avec les USA. En dessous, espace réduit et sans photo, la conférence de presse de Robert Ménard.
Depuis, RSF prétend qu’Ultimas Noticias est un journal chaviste.

Mais ce qui est plus amusant, c’est qu’à l’hôtel Hilton, Robert Ménard avait dû faire face à des journalistes qui lui demandaient où il était pendant le coup d’Etat de 2002 (RSF l’a insidieusement soutenu, propageant de fausses nouvelles utiles aux putschistes), quand les journalistes étaient arrêtés, frappés, les chaînes de télé publiques fermées et leur matériel détruit. Et parmi ces journalistes, deux Français. L ’un d’eux est Romain Migus (Roman Margus dans mon livre ). C’est lui qui, depuis Caracas, avait démonté l’incroyable manipulation journalistique publiée par Libération sous le titre « Le Credo antisémite de Chavez » (voir : http://www.legrandsoir.info/Chavez-antisemitisme-et-campagne-de-desinf...). L’auteur de cette crapulerie se nomme Jean-Hébert Armengaud et il est aujourd’hui directeur du Courrier International.
L’autre Français qui affrontait Robert Ménard était Christophe Ventura, ici présent.
On s’était partagés le travail.

GAYA.
En 2002, Le président d’Attac était Bernard Cassen (que j’aperçois ici). Il avait confié à Marc Le Glatin, directeur du théâtre de Chelles (que j’aperçois aussi sous ce chapiteau) la responsabilité d’un groupe culture qui m’avait chargé de son secteur littéraire. J’avais monté un projet d’écriture : une série de polars altermondialistes avec une héroïne récurrente surnommée Gaya. Chaque aventure de Gaya devait être écrite par un auteur différent, un peu comme la série Le Poulpe. Au dernier moment, l’éditeur qui avait accepté le projet a changé d’avis. L’affaire a été enterrée pendant 5 ans, jusqu’à ce que mon voyage de 2007 au Venezuela pour enquêter sur RSF me donne l’idée de reprendre le projet à mon compte et de ressusciter la belle Gaya au bois dormant.

Qui est Gaya ?
Une journaliste indépendante, grand reporter, entre 30/40 ans, divorcée mère d’un enfant de 9 ans. Elle écrit pour des journaux très divers (écolo, gauche, droite, financiers.)

Gaya est la narratrice du livre.
Gaya c’est un peu moi. En jupon (en plus jeune et sans la barbe).
Ce qu’elle a vu au Venezuela, je l’ai vu, les gens qu’elle a rencontrés, je les ai rencontrés (dont Eleazar Rangel, Thierry Deronne, Romain Migus…), la télévision qu’elle a vue, je l’ai vue, les journaux qu’elle a lus, je les ai lus, les manifestations de rue en faveur de Chavez, les manifestations de rue contre Chavez, je les ai vues aussi. Les banderoles, les pancartes, les affiches, je les ai vues. Les appels à peine voilés à l’assassinat de Chavez, je les ai vus. Les bidonvilles, je les ai vus. L’insécurité, je l’ai ressentie. Gaya c’est bien moi (sauf dans l’épisode, hum ! où elle échappe à une tentative de viol. Hum !).

Gaya part à Caracas, invitée par Las Noticias, pour écrire sur le Venezuela des articles neutres, objectifs, garantis par sa réputation. Elle accepte car un de ses amis a disparu au Venezuela et elle aimerait relancer les recherches.

Or, à peine arrivée, elle va être contactée par des services secrets qui vont lui promettre un scoop mondial. Mais cela va l’entraîner dans des aventures beaucoup trop violentes pour elles. Gaya n’est pas James Bond.

Gaya part au Venezuela avec des idées préconçues : Chavez est un apprenti dictateur, voire un dictateur, un caudillo. Chavez a fermé la dernière chaîne de télé d’opposition, il modifie la constitution pour être président à vie, il muselle la presse.

Par parenthèse, vous savez qu’Hugo Chavez se soumettait régulièrement au vote, qu’il gagnait chaque élection et que, quand il en a perdu une (un référendum) il a accepté le verdict des urnes (contrairement à ce qui se fait chez nous). Pour parer à toute accusation de fraudes, le gouvernement faisait surveiller les opérations de vote par de nombreux organismes internationaux, dont la Fondation Carter, de l’ex-président des USA, qui assure que « le Venezuela possède le meilleur système électoral du monde ».

Revenons à Gaya. A mesure qu’elle enquête et se documente, à mesure qu’approche la date d’un attentat qui doit tuer Chavez et des centaines de personnes en même temps, elle va voir les choses autrement.

Et ce que voit peu à peu Gaya, ce que j’ai vu, ce qui pourrait paraître comme un parti pris, je le fais corroborer à la fin du livre par un autre journaliste qui ne peut pas être soupçonné de chavisme. Je donne (en anglais et en français) l’article publié par ce journaliste du Los Angeles Times, le 30 mai, deux jours après la conférence de Ménard à Caracas, quatre jours après le vote du Parlement européen.

Je vous laisse découvrir ce qu’il dit.

Maxime Vivas

Et pour répondre à la question du titre, « Rouges, les collines de Caracas » (éditions Arcane 17), c’est du mentir-vrai, c’est un polar connecté à la réalité politique, économique, sociale, médiatique d’un pays.

Ignacio Ramonet : voir http://www.legrandsoir.info/hugo-chavez-conversations-avec-ignacio-ramonet.html

Maurice Lemoine : voir http://www.legrandsoir.info/les-enfants-caches-du-general-pinochet-pre...

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:13

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 13:54

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 18:32
LE VENEZUELA LUTTE CONTRE LES  TRANSNATIONALES EN PRODUISANT SES SEMENCES AUTOCHTONES

L’initiative a pris corps ce samedi 15 mai avec le semis par les organisations communales et paysannes de deux premiers hectares de mais, dans l’unité de Production Sociale Agricole (Upsa) « Los Caquetíos », située sur l’ancienne route Barquisimeto-Yaritagua (État de Lara, centre occidental du pays). La variété de maïs “Guanape” permet de produire entre 6 et 7 tonnes de semences par hectare. Le plan comprend d’autres semences de légumes comme la tomate, l’oignon, le piment rouge et le persil produits par l’Institut National de Recherches Agricoles (Inia) et concerne dans une première phase, la mise en culture de 38 hectares de semences agro-écologiques, pour être étendu à la région orientale du pays et dans les états d’Aragua et de Carobobo.

Cette avancée est le fruit d’un accord de coopération entre le Mouvement des Travailleurs Ruraux sans Terre du Brésil, représenté par Celia Rodrigues et Messilene Gorete, coordinatrices de la Brigade Internationaliste Apolônio de Carvalho, le Ministère vénézuélien de l’Agriculture et des Terres dont l’actuel titulaire est José Luis Berroterán, et la FAO (Nations Unies).

« Ce projet est basé sur l’usage de nos semences autochtones, sélectionnées par les producteurs. Il y a une avancée technologique qui va nous permettre de progresser de manière soutenable et sûre : les semences de légumes seront disponible en 70 jours et la semence de maïs en 140 jours. Sans production de semences dans l’agriculture nous continuerons à dépendre des transnationales et nous ne pourrions atteindre la souveraineté alimentaire” a déclaré le ministre Berroteran.

LE VENEZUELA LUTTE CONTRE LES  TRANSNATIONALES EN PRODUISANT SES SEMENCES AUTOCHTONES

FAO (Nations-Unies) : “Nous vivons une nouvelle époque au Venezuela”

Présent lors de ce lancement, le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation au Venezuela (FAO), Marcelo Resende, a déclaré : « Je veux, au nom des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, vous féliciter (…) Ici, nous avons un exemple très vivant de la façon dont les paysans, les paysannes, les conseils communaux, les communes, le Gouvernement sont en train de parvenir à la souveraineté et à la sécurité alimentaire. Par conséquent, félicitations à vous tous pour cette initiative ». Resende a réaffirmé la disposition de la FAO à soutenir le Venezuela dans le développement de sa souveraineté alimentaire : « Nous vivons une nouvelle époque, au Venezuela (…) La FAO se joint à ce projet qui est d’une importance fondamentale pour l’agriculture familiale », a-t-il ajouté au sujet du nouveau programme mis en place grâce à un accord entre le Venezuela et le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre du Brésil.

En juin 2013, à Rome, Italie, la FAO avait décerné un prix au Venezuela pour avoir relevé par anticipation le défi proposé par le Sommet Mondial sur l’Alimentation de 1996, et qui était de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans chaque pays avant 2015.

Selon les chiffres de l’Organisation, entre 1990 et 1992, au Venezuela, 13,5% de la population souffrait de la faim alors qu’entre 2007 et 2012, seulement 5% en souffrait encore.

Chaque jour qui passe, la lutte pour la semence continue.

Tandis que le jour se lève sur Montecarmelo (Sanare), les membres de la section locale des Guardianes de Semillas se préparent pour l’assemblée et le travail en commun.

Au même moment à Merida, Lalo boit son café avant de sortir pour prendre soin de la terre et semer des pommes de terre.

Quant à Analia, elle va confier à un laboratoire de Caracas, le soin d’analyser des échantillons de sols et de semences locales. A Carabobo, déambulant dans les couloirs de l’école d’agro-écologie, Magda s’apprête à quantifier la production de la semaine, avant de tenir conseil avec ses compagnons de travail, afin d’améliorer le cursus de formation pour la plantation et l’entretien des semences. Mariana et Alejandro chaussent leurs bottes, avant d’irriguer les différentes aires agro-productives (agriculture urbaine) se situant à Bellas Artes (Caracas).

Viana allaite Simon tout en mettant à jour le blog de la commune, en y ajoutant le projet de loi. Gerardo prend place devant l’ordinateur et envoie un email à ses interlocuteurs : « chers camarades, je vous adresse le projet de loi tel que nous l’avons rédigé en commun, faisant suite à 5 débats, une consultation publique organisée par l’assemblée locale, et des séances de travail avec la commission de l’Assemblée nationale, et les ministères de l’Agriculture et de la Terre ; de l’écosocialisme et de l’Eau. La Loi du Pouvoir Populaire est prête, et la lutte continue ».

Le mouvement Populaire pour la nouvelle Loi sur les Semences regroupe plus de 140 organisations et mouvements sociaux qui se sont donné pour tâche de mettre au point collectivement, une loi nouvelle et révolutionnaire sur les semences. Ce projet de loi, qui va faire l’objet d’une seconde lecture à l’Assemblée Nationale en 2015, s’incrit dans le combat mondial mené contre les organismes génétiquement modifiés (OGM), et toute forme de privatisation de la semence, via les brevets ou les licences d’exclusivité. Etant entendu, que dans cette optique, la semence est un organisme vivant et relève du patrimoine naturel commun. Il s’agit d’un des points-clés de la Loi.

LE VENEZUELA LUTTE CONTRE LES  TRANSNATIONALES EN PRODUISANT SES SEMENCES AUTOCHTONES

Des 26 au 29 octobre 2012, s’est tenue la Rencontre internationale des Guardianes de Semillas, à laquelle 300 organisations et institutions sociales se sont associées, démontrant solennellement la participation des organisations du pouvoir citoyen à l’élaboration du projet de Loi sur les Semences, qui parachèvera sur le plan juridique/légal l’engagement historique du Venezuela à être un territoire libre d’OGM. C’est à ce titre, que les unes et les autres ont élaboré collectivement la Déclaration de Montecarmelo.

Quelque temps auparavant, le 28 juin 2013, le premier atelier d’élaboration collective de la Loi sur les semences a vu le jour, dans le but d’apporter ses propres contributions au débat. Le 22 octobre de la même année, c’était au tour des porte-parole des mouvements sociaux de se rencontrer, en présence de la seconde vice-présidente de l’Assemblée Nationale -Blanca Eechout- et du député à l’origine du projet de loi. Ces échanges ont débouché sur cet accord fondamental : bâtir sur le mode d’un débat populaire constituant, les termes de la Loi Nouvelle sur les Semences. Un pari fondé sur l’élaboration collective –et sur le mode participatif- du projet de loi, associant tout à la fois les pouvoirs exécutif, législatif et populaire.

Des discussions animées ont caractérisé les débats organisés autour de diverses tables-rondes et de déjeuners pris en commun. Par ailleurs, la résolution a fait valoir que « les semences dont il est question, excèdent un cadre purement local, autochtone, voire même paysan. Il s’agit plus profondément, de graines d’origine africaine, indigène ». Il a aussi été précisé ce qui suit : « nous ne voulons pas l’obtention de licences d’exclusivité. Nous souhaitons la mise en place d’une forme de protection alternative de nos semences, nous garantissant également un accès libre et gratuit à ces dernières ». Cette initiative collective a pris de l’ampleur, puisqu’elle a vu les débats se poursuivre à Lara, Carabobo, La Azulita, Mérida, Barinas, Anzoategui, avant de rejoindre à nouveau l’Assemblée Nationale. Le mouvement retient son souffle. Le législateur prend le relai. Et au sein des commissions techniques, on attend que le débat constitutionnel se traduise par un projet de loi proprement dit.

Le texte est proposé en première lecture à l’Assemblée Nationale. L’écart entre pouvoir constitué et pouvoir constituant est tangible. Puisque dans ce cas de figure, c’est le premier qui imprime sa marque, l’approche qui en résulte ne paraît pas tout à fait conforme aux attentes du peuple. A la suite de quoi, le processus de débat public (relatif au projet de Loi) qui s’enclenche, débouche sur une proposition de Loi, émanation du Pouvoir Populaire. Le peuple s’approprie la technique législative pour la faire sienne et la maîtriser. C’est le peuple législateur qui s’exprime ici. Celui qui participera à toutes les tables-rondes prévues dans le cadre de la consultation publique. C’est ainsi que le projet de Loi prend corps.

Le travail en commun se déroule dans le cadre d’un comité technique. (Ministères de l’Agriculture et des Terres ; de l’écosocialisme et de l’Eau) et Mouvement Populaire pour une Loi nouvelle sur les Semences. On aboutit à un accord, on discute de concepts. Gerardo s’assoit et rédige un email : « chers camarades, je vous adresse le projet de loi tel que nous l’avons rédigé en commun, faisant suite à 5 débats, une consultation publique organisée par l’assemblée locale, et à des séances de travail avec la commission de l’Assemblée nationale, et les ministères de l’Agriculture et de la Terre ; de l’écosocialisme et de l’Eau. La Loi du Pouvoir Populaire est prête, et la lutte continue ».

Deux ans déjà ont passé. Deux années de discussions, et le mouvement s’empare de la rue, essaimant, recherchant, lisant, se formant. C’est le Peuple Légiférant. Un communiqué est rédigé, qui demande que les dispositions suivantes soient appliquées :

– Reconnaissance du Pouvoir Populaire organisé en différentes instances telles que le Conseil Populaire de Sauvegarde et de Protection de la Semence Locale, Paysanne, Indigène et Afrodescendante, les systèmes participatifs d’assurance qualité, les installations de stockage et de préservation des semences, à l’instar des enseignants populaires et des formes traditionnelles d’organisation citoyenne.

– Application de licences libres aux semences, comme mécanisme de protection juridique/légale des connaissances et innovations relatives aux graines, pouvant faire l’objet de droits de propriété intellectuelle sous la forme de brevets. Dans ce secteur, on les appelle les « droits de l’obtenteur » ou « licences exclusives pour la production et la commercialisation ». Ces licences d’exclusivité favorisent la monopolisation, l’accaparement et l’appropriation des semences. Un état de fait allant à l’encontre de notre Constitution Bolivarienne, qui stipule que « le génome des êtres vivants ne peut être breveté ».

L’application de licences libres aux semences que la nouvelle Loi sur les Semences autorise, permet ainsi de protéger les graines contre toute forme d’appropriation privée, (qui restreint les droits d’améliorer, d’utiliser et de partager librement ces dernières) à travers l’établissement d’un contrat de droits non exclusifs. Autrement dit, l’application de licences libres aux semences garantit le caractère anti-brevet du projet de Loi.

-Interdire et sanctionner la production, l’importation, la commercialisation, la distribution, la propagation et l’usage de graines transgéniques, dont la menace qu’elles font peser sur l’agrobiodiversité, la santé des peuples, et la souveraineté de l’Etat est reconnue.

-Reconnaître et revitaliser les connaissances traditionnelles associées aux semences indigènes, paysannes et afrodescendantes, comme patrimoine des peuples et de la nation.

-Promouvoir la revitalisation des systèmes de production, de distribution, de circulation, d’échange et de consommation des semences indigènes, paysannes et afrodescendantes, reposant sur le principe de co-responsabilité.

Au final, une résolution qui engage l’ensemble du mouvement est mise au point : « nous déclarons l’adoption de cette loi révolutionnaire, dont les termes sont issus des discussions antérieures avec le Pouvoir Populaire. Partie prenante de la lutte anti-impérialiste et en défense de la Patrie ». De plus, cette loi nouvelle sur les semences, « reflète l’héritage que nous a légué le président Chavez. Un héritage présent dans notre Constitution Bolivarienne, qui établit ce qui suit : les êtres vivants, mais aussi les connaissances et innovations émanant des peuples indigènes, ne peuvent être privatisés. Par ailleurs, cette loi se place dans le droit fil d’un Venezuela libre d’OGM, selon les propres termes du Commandant Chavez, auxquels il associait la dénonciation de l’agro-business et des semences transgéniques, véritables menaces pour la souveraineté des peuples, et la santé de l’humanité ».

En définitive, l’on peut désormais s’appuyer sur une Loi nouvelle et révolutionnaire sur les semences, issue d’une proposition du Pouvoir Populaire, en accord avec les pouvoirs exécutif et législatif. En attendant le passage en seconde lecture de la proposition de loi à l’Assemblée Nationale, le temps passe, jour après jour, et le secteur de l’agro-industrie pro-OGM tisse sa toile, tandis que la lutte engagée contre lui continue.

Sources : 

http://www.avn.info.ve/contenido/fao-reconoce-avance-venezuela-materia-seguridad-y-soberanía-alimentaria

La Cultura Nuestra http://laculturanuestra.com/?p=438Texte: Liliana Buitrago. Photos :  Alejandra Teijido; Colectivo Agujero Negro; Yrleana Gómez

Traduction : Jean-Marc del Percio

Voir aussi : « Au Venezuela, le peuple légifère contre Monsanto », https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/20/comment-faire-une-loi-au-venezuela/ et « Le Venezuela signe avec les Sans Terre du Brésil un important accord de coopération », https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/10/30/le-venezuela-signe-avec-le-mouvement-des-sans-terre-du-bresil-un-important-accord-de-cooperation/

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 17:10

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 18:48
L’AMERIQUE LATINE DEFEND LE VENEZUELA FACE AU DECRET DU PRESIDENT OBAMA. Rapprochement de Caracas avec Athènes.

Après la décision du président Barack Obama, le 9 mars 2015, de décréter « l’urgence nationale aux États-Unis » face à la « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure qu’est le Venezuela » (sic), le président de Bolivie Evo Morales a demandé une réunion d’urgence de l’UNASUR (organisme regroupant la totalité des nations sud-américaines) et de la CELAC (Communauté élargie des États Latino-américains et des Caraïbes) « pour nous déclarer en état d’urgence et défendre le Venezuela face à l’agression de Barack Obama. Nous allons défendre le Venezuela » Il a souligné l’importance de l’unité des peuples face à l’Empire qui tentent de « nous diviser, pour nous dominer politiquement et nous spolier sur le plan économique ».

Le président Correa, à travers son chancelier, a exprimé son « rejet le plus ferme de la décision illégale et extra-territoriale contre le Venezuela, qui représente une attaque inacceptable pour sa souveraineté ». Il a rappelé le signal négatif que constitue la signature de ce décret par Obama 48 heures après la visite de travail de l’UNASUR à Caracas. Cette délégation a enquêté sur la récente tentative de coup d’État contre le président Nicolas Maduro, élu en avril 2013, a rejeté l’ingérence extérieure, demandant aux secteurs violents de l’opposition de revenir à la voie électorale.

« Comment le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis? A des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ni de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien ? Une telle déclaration faite dans une année d’élections législatives au Venezuela révèle la volonté d’ingérence de la politique extérieure étasunienne. » a déclaré pour sa part le gouvernement cubain.

L’AMERIQUE LATINE DEFEND LE VENEZUELA FACE AU DECRET DU PRESIDENT OBAMA. Rapprochement de Caracas avec Athènes.

Les mouvements sociaux latino-américains se sont mobilisés en défense de la démocratie vénézuélienne. Pour Joao Pedro Stédile, de la direction nationale du Mouvement des Sans Terre du Brésil : « Au Brésil il y a un peuple qui est avec vous, nous serons toujours solidaires et nous ne laisserons pas l’Empire envahir le Venezuela pour récupérer ses gisements de pétrole ». Le mouvement social bolivien a également manifesté sa solidarité. Rodolfo Machaca, dirigeant de la Confédération syndicale des travailleurs agricoles, a condamné l’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures vénézueliennes, et leur complicité avec les violences organisées par la droite. Selon Machaca : « La situation au Venezuela nous préoccupe, c’est pourquoi nous proclamons notre solidarité avec ce pays, mais aussi avec le président Maduro. Nous condamnons l’ingérence nord-américaine, et toutes les tentatives de coup d’État ou autres manœuvres visant à la déstabilisation du Venezuela. ».

Rafael Correa dénonce les manipulations médiatiques contre le Venezuela.

Le 1er mars, depuis Montevideo, où il assistait à l’investiture du président uruguayen Tabaré Vasquez, le président Correa a déclaré : «Le Venezuela est confronté à une guerre économique et médiatique, et se retrouve dans la situation d’autres gouvernements progressistes d’Amérique latine, avant lui. Cette situation, on l’a déjà vécu en Amérique latine. Souvenons-nous de ce qui est arrivé à (Salvador) Allende : la même guerre économique, le même type d’ingérence, les mêmes attaques médiatiques. De grâce, tirons les leçons de l’Histoire ». Selon Correa, cette ingérence « ne débouchera pas forcément sur ce qui est arrivé à Allende. Il n’en demeure pas moins que nous sommes confrontés chaque jour aux tentatives de déstabilisation de gouvernements démocratiques et progressistes d’Amérique latine, par la guerre économique, et à la manipulation mondiale en matière d’information ».

Au sujet de l’arrestation du maire d’opposition de Caracas, Antonio Ledezma, accusé d’implication dans un complot visant à déstabiliser le gouvernement de Nicolas Maduro, le président Correa a déclaré qu’il était « réducteur de commenter cet événement sans connaître les détails de l’affaire, en outre la souveraineté et les institutions de chaque pays doivent être respectées ».

Le Venezuela et la Grèce renforcent leurs relations bilatérales.

En visite officielle en Grèce le 6 mars, la ministre des Affaires étrangère Delcy Rodriguez a félicité le nouveau gouvernement du premier ministre Alexis Tsipras, au nom du Gouvernement Bolivarien et du peuple vénézuelien. Dès la victoire de Syriza, Maduro avait salué la décision des électeurs malgré « la campagne médiatique qui tentait de leur faire peur en présentant notamment Alexis Tsipras comme l’agent d’une dictature vénézuélienne »

La Chancelière vénézuélienne a été reçue par Alexis Tsipras qui a manifesté son intention d’accueillir prochainement en Grèce le président Nicolas Maduro, assurant de son soutien le Venezuela et son peuple et insistant sur l’affection qu’il lui porte.

L’AMERIQUE LATINE DEFEND LE VENEZUELA FACE AU DECRET DU PRESIDENT OBAMA. Rapprochement de Caracas avec Athènes.
Accompagnée de l’ambassadeur du Venezuela en Grèce – Farid Fernandez – Mme Rodriguez a eu aussi l’occasion de rencontrer son homologue grec Nikos Kotzias (photo). La réunion a porté sur la possibilité de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays dans le domaine économique et commercial. Nikos Kotzias a reçu des informations sur la situation actuelle au Venezuela et a souligné l’importance de nouer des relations solides dans les domaines de la technologie, de l’économie, du commerce et du tourisme.

Un désir commun s’est exprimé : qu’Athènes deviennent l’un des principaux partenaires de Caracas.

Cette visite officielle en Grèce répond à la volonté de Caracas de renforcer l’émergence d’un monde multipolaire, au sein duquel prévaudront le respect mutuel, la compréhension, la coopération, mais aussi le droit pour les peuples à l’autodétermination, à la liberté et à la souveraineté.

Traduction : Jean-Marc del Percio

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 14:14

Alors qu’en 1973 il restait des médias occidentaux pour s’émouvoir du coup d’État perpétré au Chili, ceux d’aujourd’hui scandent à l’unisson : “Président du Venezuela, laisse-toi te renverser ! C’est pour ton bien ! Renonce à défendre le choix des électeurs ! Renonce à la loi, à la Constitution. Si tu arrêtes un putschiste, nous dénoncerons la répression au Venezuela !”. Le bulldozer des news, déjà bien rodé pour créer le personnage Chavez, a été réactivé pour fabriquer le tyran Maduro qui agite au loin un poing brutal pour mieux écraser des foules fanatisées alors que la voix feutrée de l’opposition de droite ou du porte-parole de la Maison Blanche, de face, en plan proche, s’étonne de tant de violence.

Même lors du coup d’État manqué contre Chavez en 2002, jamais on n’avait observé une telle intensité dans le bombardement médiatique pour nous faire accepter la nécessité d’une intervention extérieure, ou d’un coup d’État, sans attendre les élections.

C’est sans doute l’erreur historique, et suicidaire, de la gauche européenne : ne pas avoir démocratisé la propriété des médias, avoir laissé le service public mimétiser “l’information” des grands groupes privés (1). Qu’arriverait-il au journaliste d’un grand média qui parlerait des 40.000 conseils communaux et de conseils du pouvoir citoyen qui apportent la matière grise de nombre de décisions gouvernementales au Venezuela ?

Et le Maduro réel ? Celui que n’isolent pas les téléobjectifs de l’AFP et de Reuters ?

Le jeudi 26 février, lors de la création du nouveau Conseil des personnes handicapées et des personnes âgées (2), il a approuvé les crédits pour octroyer 300 mille pensions de plus, ce qui élève les bénéficiaires de ce droit à trois millions de citoyen(ne)s. Il a confirmé l’octroi de 10.000 allocations de santé pour mieux protéger les personnes âgées. Il a félicité les employés de la nouvelle mission sociale “Foyers de la patrie” qui a visité en une fin de semaine 200 communautés populaires, soit 25 mille familles : “Cette méthodologie nous permet d’arriver directement jusqu’aux familles en évitant les mafias des intermédiaires”.

Avant d’entamer à travers le territoire un nouveau cycle de “gouvernement de rue” (3) Maduro a rappelé l’idée centrale de sa politique : malgré la guerre économique (4) et la chute des prix du pétrole, pas d’austérité mais l’approfondissement d’un État social et participatif. “Comme le dit le maire Rodriguez, on nous agresse parce que nous sommes un gouvernement des pauvres. Il n’y a que dans le socialisme que les ressources sont administrées en fonction de celui ou celle qui en a besoin”. Pendant cette assemblée un gros dossier arrive aux mains de Maduro. Anibal, affecté d’une incapacité de l’ouïe, un des porte-paroles du nouveau conseil national, prend la parole en langage de signes : “Nous sommes 120 porte-paroles venus des 24 états du pays, nous avons travaillé ensemble sur ces propositions”. “C’est pour cela que j’ai créé les conseils de gouvernement populaire, pour que le peuple prenne le pouvoir, pour qu’il assume le pouvoir politique, pour qu’il se convertisse en peuple président” lui répond Maduro. (5)

Le samedi 28 février lors d’une mobilisation populaire contre l’ingérence des États-Unis (photos), le président a poursuivi : “The Wall Street Journal a écrit récemment que l’heure est venue de m’appeler tyran, je réponds : je serais un tyran parce que je ne me laisse pas renverser ? Et si je me laisse renverser, je serais un démocrate ? Le peuple devrait permettre que s’installe un «gouvernement de transition», éliminant la Constitution ? Je ne le permettrai pas et s’il le fallait je me battrai dans la rue avec notre peuple et nos forces armées. Nous voulons construire la paix, la stabilité la coexistence, la vie en commun. Que ferait le président Obama si un coup d’État était organisé contre son gouvernement ? Celui qui persiste dans ses activités terroristes, putschistes, celui qui agit hors de la Constitution, sera arrêté pour être jugé même si The Wall Street Journal ou le New York Times m’appellent le tyran, ce n‘est pas la tyrannie, non, c’est tout simplement la loi. »

RENFORCEMENT DU POUVOIR CITOYEN ET DES DROITS SOCIAUX, SANCTIONS  ENVERS LES ETATS UNIS : LE VENEZUELA REPOND A LA TENTATIVE DU COUP D'ETAT

Durant cette marche qui a parcouru les rues de Caracas, Maduro a signé un décret indemnisant 74 familles de victimes du “Caracazo” (6) : en 1989, après deux jours d’émeutes populaires qui suivirent l’application des mesures néo-libérales exigées par le FMI, le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez avait suspendu les garanties constitutionnelles et avait envoyé l’armée “rétablir l’ordre”. En 72 heures, 2000 à 3000 personnes furent assassinées. Maduro a rappelé que cette même austérité de choc fait partie du programme que la droite vénézuélienne avait prévu d’appliquer en cas de succès du coup d’État le 12 février 2015 (7). Jusqu’à l’élection de Hugo Chavez, aucun gouvernement n’avait accepté de reconnaître les fosses communes, les disparitions, et les tortures. Les 74 indemnisations décrétées par Maduro s’ajoutent aux 596 accordées à d’autres familles par le gouvernement bolivarien.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du « Caracazo » du 27 février 1989.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du « Caracazo » du 27 février 1989.

Par ailleurs, le président a annoncé quatre mesures en réponse aux sanctions imposées par les États-Unis en violation du Droit international et dénoncées par l’ensemble des pays latino-américains (8), ainsi qu’aux 168 déclarations officielles émises par l’administration Obama contre le gouvernement bolivarien de 2014 à 2015 :

L’entrée du territoire vénézuélien est interdite aux fonctionnaires étasuniens complices d’actes terroristes, de violations de droits de l’homme, de crimes de guerre. Parmi ceux-ci l’ex-président George W. Bush, l’ex-vice-président Dick Cheney; l’ex-directeur de la CIA George Tenet, notamment liés au massacre de centaines de milliers d’irakiens sur la base du mensonge des “armes de destruction massive” et à la création de centres de torture – prisons secrètes en Europe, Abu Ghraib, Guantanamo, etc… «Interdit aussi d’accorder des visas aux citoyens américains qui ont violé les droits humains et ont bombardé des populations civiles « . La décision concerne aussi les congressistes d’extrême droite Bob Menendez, Marco Rubio, Ileana Ross-Lehtinen et Mario Diaz-Balart, proches du réseau terroriste du cubain Posada Carriles qui vit actuellement aux USA sous la protection des autorités.

Adéquation du nombre de fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Caracas. Le gouvernement étasunien y maintient plus de 100 employés alors que seulement 17 fonctionnaires vénézuéliens sont autorisés à travailler à l’ambassade vénézuélienne à Washington. La chancelière Delcy Rodriguez a rappelé que cette faculté de demander l’équilibre du nombre échoit à tout gouvernement en vertu de la Convention de Vienne.

Réciprocité en matière de visas.Les citoyens vénézuéliens qui voyagent aux États-Unis doivent payer pour obtenir un visa. A présent, pour rétablir l’égalité de traitement, les étasuniens qui nous visitent, devront obtenir un visa et payer ce que paye un Vénézuélien qui voyage aux États-Unis”.

Finies, les réunions des fonctionnaires étasuniens pour conspirer sur notre territoire. Les responsables de l’ambassade étasunienne à Caracas ont été informés que dorénavant «toute réunion réalisée par eux au Venezuela devra être notifiée et approuvée par le gouvernement du Venezuela« , conformément aux articles 41 et 41.2 de la Convention de Vienne. Maduro a révélé : « nous avons détecté et capturé certains étasuniens engagés dans des activités secrètes, notamment d’espionnage, essayant de recruter des gens dans les villages frontaliers avec la Colombie et sous influence paramilitaire. Dans l’État du Táchira nous avons capturé un pilote d’avion étasunien d’origine latino-américaine, avec toute sorte de documents. Il est en train de faire des révélations”.

En concluant son discours, Maduro a réaffirmé son respect pour le peuple étasunien ainsi que pour la communauté afro-américaine, hispanique et caraïbe souvent victimes des violations de droits de l’homme de la part de leur propre gouvernement, rappelant que ces mesures ne sont pas prises contre eux, mais contre l’élite qui persiste à s’ériger en policier mondial et à refuser de respecter le principe de souveraineté.

T.D., Caracas, 1er mars 2015

Notes :

(1) Cas récent d’une émission d’ARTE : http://vivavenezuela.over-blog.com/2015/02/le-venezuela-cartes-sur-table-l-humanite.html. En Europe le gouvernement Tsipras montre la voie en rouvrant la télévision publique fermée sur injonction de Bruxelles et en réembauchant tous ses salariés pour que la population jouisse d’un “service public démocratique et pluriel”. Toute révolution citoyenne devrait s’accompagner de la création d’un vaste réseau de médias populaires pour que les citoyens disposent réellement d’informations alternatives.

(2) Sur la nature de ces nouvelles instances de pouvoir citoyen, lire « Démocratisation de l’État, hausse des budgets sociaux : Nicolas Maduro met les bouchées doubles« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/12/31/democratisation-de-letat-hausse-des-budgets-sociaux-nicolas-maduro-met-les-bouchees-doubles/

(3) Sur le gouvernement de rue, lire « Nous t’écoutons Claudia« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/06/nous-tecoutons-claudia/

(4) « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les files d’attente au Venezuela sans jamais oser le demander« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/07/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-files-dattente-au-venezuela-sans-jamais-oser-le-demander/

(5) Voir le point (2) sur la démocratisation de l’État.

(6) « Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine », https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/16/comment-la-plupart-des-journalistes-occidentaux-ont-cesse-dappuyer-la-democratie-en-amerique-latine/

(7) Lire « L’«accord de transition » Machado-Ledezma-Lopez : ce que révèle et ce qu’occulte le programme de la droite vénézuélienne en cas de succès d’un coup d’Etat« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/22/laccord-de-transition-machado-ledezma-lopez-ce-que-revele-et-ce-quocculte-le-programme-de-la-droite-venezuelienne-en-cas-de-succes-dun-coup-detat/

(8) Lire « L’Amérique Latine serre les rangs autour du Vénézuéla : les États-Unis isolés (avec déclaration intégrale du sommet de la CELAC)« , https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/05/lamerique-latine-serre-les-rangs-autour-du-venezuela-les-etats-unis-isoles-avec-declaration-integrale-du-sommet-de-la-celac/

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 14:28
VENEZUELA : QUI EST ANTONIO LEDEZMA  ? (Telesur)

La justice vénézuélienne a arrêté Antonio Ledezma, le maire de la métropole de Caracas, accusé d’avoir participé à un Coup d’Etat qui comprenait le bombardement d’institutions gouvernementales et du siège de la chaîne d’information (teleSUR).

Antonio José Ledezma Díaz, est né à San Juan de los Morros, état de Guárico (centre) le 1° janvier 1955. Il est avocat de profession. Sa carrière politique a commencé au parti Acción Democrática (AD), une organisation membre du Pacte de Punto Fijo, un accord bi-parti qui gouverna le Venezuela dans la période 1958-1998.

Vie politique :

1984-1992 : Député de AD pour l’état de Guárico.

1992 : Gouverneur du District Fédéral de Caracas, désigné par le président de l’époque Carlos Andrés Pérez. Sa gestion a été caractérisée par la répression des protestations sociales, en particulier contre les étudiants et les journalistes.

1994-1996 : Elu vice-président de la Chambre des Sénateurs.

1996-2000 : Maire de la Municipalité Libertador. Acusé d’irrégularités et de répression contre des travailleurs de l’économie informelle (colporteurs) et des personnes âgées qui réclamaient une pension de vieillesse juste.

1998 : Chef de campagne de Luis Alfaro Ucero (candidat présidentiel de AD). Dans un acte de trahison politique, pour "freiner" l’ascension d’Hugo Chavez, participe à un arrangement qui prive de la candidature Alfaro Ucero pour soutenir Henrique Salas Romer.

1999-2000 : Président de l’Association Nationale des Maires du Venezuela.

2000 : renonce à AD et fonde le parti Alianza al Bravo Pueblo. Se présente comme pré-candidat présidentiel mais étant donné sa pénurie de soutien populaire, se désiste.

Se présente comme candidat à la Mairie de la Municipalité Libertador (Caracas), mais est vaincu par le candidat de la Révolution Freddy Bernal. Refuse les résultats.

2002 : Soutient le coup d’Etat contre le président Chavez. Soutient les militaires réunis sur la Place Altamira de Caracas qui refusèrent de reconnaître le gouvernement et la Constitution.

Participe activement à la grève des entreprises pétrolières qui prétendait renverser le Président Chavez et pervertir la volonté du peuple par la faim. Cette action causa des pertes de 21 000 millions de dollars au pays.

2004 : Coordonna des actions du “Plan Guarimba”. Accusé d’avoir incité les militants d’ Alianza al Bravo Pueblo et d’AD à brûler le siège du parti Movimiento V República à Caracas.

Refuse les résultats du Referendum Révocatoire contre le Président Chavez qui réaffirme le soutien du peuple au gouvernement Bolivarien.

2005 : Conduit ceux qu’on appelle les opposants à se retirer des élections législatives dans un effort manqué pour discréditer la démocratie vénézuélienne.

2008 : Elu Maire de la Métropole de Caracas. A son arrivée, il licencie 2.252 travailleurs et gèle le salaire des travailleurs retraités.

2012 : Se présente comme pré-candidat présidentiel mais n’obtient pas le soutien des rangs de l’opposition.

2014 : Participe au plan “La Salida” (La Sortie), mis en place par Leopoldo López et María Machado qui comprenait des violences qui ont causé la mort de 43 citoyens vénézuéliens. Suspecté d’avoir planifié l’assassinat de Lopez pour aggraver la crise politique et renverser le gouvernement constitutionnel.

2015 : Arrêté pour son implication dans le coup d’Etat manqué contre le président Nicolas Maduro Moros.

Plaintes contre Antonio Ledezma

a) L’affaire de la mort de la journaliste María Verónica Tessari :

Ledezma arrive au Gouvernement du District Fédéral désigné par le président Carlos Andrés Pérez le 13 janvier 1992. Son action est caractérisée par les actions répressives de la Police Métropolitaine sous son commandement, envers les étudiants, les journalistes, les personnes âgées. Celui qui est alors gouverneur soutient les décrets de Couvre-feu et de Suspension des Garanties Constitutionnelles consécutifs aux rébellions militaires du 4-F (4 février) et du 27-N de 1992.

Le jeudi 19 mars 1992, les étudiants vénézuéliens organisent des actions de protestation pour exiger la restitution des garanties constitutionnelles. Ces manifestations sont l’objet de répressions dans tout le pays et il faut souligner la rage avec laquelle agit la Police Métropolitaine dirigée par Antonio Ledezma.

La PM charge sur les journalistes. Les reporters ont signalé que tandis qu’ils étaient frappés, les fonctionnaires criaient : "Informez que nous, nous réprimons". Les blessés furent :

Herminia Serrano (Journaliste de la station RQ910) : Commotion cérébrale provoquée par un coup de sabre utilisé par les fonctionnaires de police sur le cou (coup de machette).

Oswaldo González Moreno (Journaliste de YVKE mundial) : coups de machette et sa caméra fut détruite par un fonctionnaire de la PM.

Francisco Solorzano (Journaliste, secrétaire général du Collège National des Journalistes) : arrêté par des fonctionnaires de la PM, reçut de multiples coups de machette donnés par les agents.

María Verónica Tessari (Journaliste) : commotion cérébrale, 15 points de suture dus au fait qu’une bombe lacrymogène lancée par la PM la toucha à la tête. Son état s’est aggravé parce que le gaz lacrymogène a réussi à pénétrer à l’intérieur de la structure craniène.

"Finalement, après presque 5 mois de clinique avec 7 interventions chirurgicales provoquées le 19 mars à l’UCV par la répression policière contre les médias de communication, le Venezuela continue à vivre la même répression. Je n’ai pas peur, je vais retourner dans la rue, il me faut encore une intervention de plus mais j’ai sais qu’avec moi, personne ne peut rien, ni avec moi ni avec mes camarades, tellement que nous nous verrons dans la rue, travaillant à faire des reportages pour vous informer, vous tous." María Verónica Tessari (1993).

La journaliste Tessari n’a jamais pu guérir, elle a souffert des mois d’agonie et après 7 interventions chirurgicales, est morte dans la nuit du vendredi 15 janvier. Aucun fonctionnaire de la PM n’a été accusé et ce crime n’a été imputé à personne.

b) Le massacre de la prison “Maison de Redressement de Catia” le 27 novembre 1992.

Dans l’ambiance de tension vécue pendant l’insurrection militaire du 27-N, le directeur de la Maison de Redressement de Catia, Eloy Mora, ordonna aux gardiens d’ouvrir les cellules de la prison pour que les prisonniers puissent sortir pacifiquement (il n’y a pas eu de fuite de prisonniers).

A ce moment-là, se mit en place une embuscade à laquelle, selon des témoins, participa Mora lui-même, accompagné de membres de la Garde Nationale et de la Police Métropolitaine (commandée par Antonio Ledezma), lesquels tirèrent, tuant plus de 200 détenus.

Le ministre de la justice admit la mort de 63 pensionnaires, le gouverneur Ledezma plus de 100 et le journaliste d’ El Nacional situait le nombre de victimes tuées à environ 200.

Antonio Ledezma lui-même justifia les faits et selon ce que rapporte une édition du 1° décembre 1992 du journal espagnol El País, l’actuel grand maire a affirmé :

"Celui de la Maison de Redressement de Catia est en relations avec l’insurrection putschiste parce qu’il n’y a aucun doute sur le fait qu’on voulait créer le chaos à Caracas et faire sortir dans la rue plus de 3 000 détenus et cela a dû être contrôlé au prix de nombreuses vies".

(http://elpais.com/diario/1992/12/01/internacional/723164402_850215.html)

c) Enquête pour malversations de fonds publics pendant son mandat de Maire de la Municipalité Libertador.

En 1996, le contrôleur municipal Moises Benaim accuse le maire Ledezma d’avoir dépensé 100 millions de bolivars lors de la visite du Pape Jean-Paul II.

L’Inspection des Finances a dénoncé en novembre 1997 Ledezma pour avoir facilité le fonctionnement de casinos et de bongos à travers des ordonnances : "Le maire prétend toucher des impôts sur ces locaux, encore sans que ceux-ci aient l’aval de la Commission Nationale des Casinos... Le maire est conscient de cette irrégularité mais c’est le besoin de poursuivre les rentrées d’argent nécessaires pour campear la crise économique de l’année qui commence qui le fait bouger. La police municipale restera incapable de fermer les casinos, ceux qui auront une activité, ce sera les inspecteurs des impôts qui iront leur rappeler qu’ils doivent payer les taxes fixées", souligne le rapport.

En 1997, l’’Inspection des Finances de la Municipalité Libertador ouvrit une enquête sur Ledezma pour :

Malversations de fonds publics, sur-prix, fractionnement et violations des ordonnaces sur les contrats de construction d’ouvrages. Ledezma a consacré 77% du budget à des "dépenses de bureau comme des dépenses de personnel et l’achat de matériel de bureau entre autres", rapporte le rapport de l’Inspection des Finances. La Mairie est passée de 900 à plus de 2 000 employés.

En août de cette année, l’Inspection des Finances a demandé que soit jugé le maire pour des malversations de 900 millions de bolivars.

d) La mort de Leonarda Reyes alors qu’il était Maire de la Municipalité Libertador.

28 novembre 1996 - La Police de Caracas, dirigée par Ledezma, réprime violemment les travailleurs de l’économie informelle non-voyants, les personnes du troisième âge, les enfants, les conseillers et les députés. L’action de la police provoque la mort de la travailleuse Leonarda Reyes qui fut enterrée en secret et illégalement. Ce crime est resté impuni.

Décembre 1998.- Répression de travailleurs de l’économie informelle dans le secteur La Hoyada du centre de Caracas. Leur délit, la vente non autrisée de marchandises.

e) Persécution politique et licenciement injustifié de travailleurs lors de sa gestion de Maire de la Métropole.

Entre décembre 2008 et juin 2009, Antonio Ledezma a licencié injustement 2 252 travailleurs identifiés comme ayant des idées socialistes.

En juin 2009, Ledezma se déclare en grève de la faim devant les bureaux de l’OEA à Caracas pour protester contre la création de l’Autorité Unique du District de la Capitale et exiger le "transfert des ressources financières" de l’Exécutif vers la Mairie de la Métropole. La "grève", qui dura 6 jours, bénéficia d’une grande couverture médiatique et a été à l’origine de longues tournées à l’étranger.

f) Plaintes pour malversations lors de sa gestion de Maire de la Métropole de Caracas.

En 2010, il est accusé de malversations de fonds publics et d’embauche illégales par le conseiller Juan Carlos Dugarte : "Nous avons des documents qui prouvent que le maire Ledezma a engagé des entreprises privées pour réaliser des ouvrages et des réparations qu’elles n’ont pas exécutées bien qu’elles aient été payées"..."utilise des juteux contrats qu’il obtient à des fins politiques. C’est seulement ainsi qu’il peut se rendre à Madrid, au, Chili, pour discréditer le Gouvernement Bolivarien, c’est seulement ainsi qu’il peut aller jusqu’au Pérou pour rencontrer des fugitifs de la justice vénézuélienne", a déclaré le fonctionnaire.

En 2011, la conseillère Deyanira Briceño dénonce Ledezma pour malversations de fonds en employant un crédit additionnel de plus de 16,5 millions de bolivars pour fermer des entreprises de sécurité et d’autres fournisseuses de la Mairie de la Métropole alors que ces ressources avaient été approuvées par le Conseil Municipal de la Métropole pour payer les salaires en retard des fonctionnaires depuis 2010.

( http://www.correodelorinoco.gob.ve/nacionales/antonio-ledezma-uso-dine...)

Ledezma est accusé de putschisme.

En juin 2014, María Corina Machado y Leopoldo López font partie de l’aile radicale de l’opposition de droite et depuis février, entreprennent des actions de protestations violentes dans la rue dans le cadre du plan "La Sortie".

Il fait plusieurs tournées qui procurent des soutiens à leurs activités de déstabilisation contre la Révolution. Parmi le groupe d’alliés qu’il a réussi à réunir, se détachent : Felipe González, Jose Maria Aznar, Mariano Rajoy, Sebastian Piñera, Andrés Pastrana, Álvaro Uribe, Mauricio Macri, Michael Bloomberg, Ileana Ros Lehtinen, Jose Sarney, Benjamín Netanyahu, parmi d’autres personnalités bien connues de la droite internationale.

Source en espagnol : http://www.telesurtv.net/news/Conozca-al-alcalde-detenido-en-Venezuela...

traduction Françoise Lopez

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/02/venezuela-qui-est-antonio-ledezma.html

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 14:48
VENEZUELA : DEMANTELEMENT D'UNE TENTATIVE DE COUP D'ETAT

Des jeunes officiers des Forces armées nationales bolivariennes ont permis qu’avorte, en la dénonçant, une tentative de putsch impliquant de hauts gradés de l’aviation militaire, et des civils liés surtout à

 

 

 

Le Venezuela est confronté depuis le coup d’Etat d’avril 2002 à ce que l’on pourrait appeler, pour reprendre la célèbre formule : un « coup d’Etat permanent » ; une « guerre de basse intensité », implacable, menée sous la supervision et la planification nord-américaine, par une opposition haineuse, revancharde, putschiste.

Il s’agit, pour cette coalition qui va de l’ultra-droite aux ex-sociaux-démocrates, de parvenir à battre le chavisme par la conjugaison déstabilisatrice de tous les moyens possibles :

  • 1/ guerre économique

Accaparement et stockage illégal à des fins spéculatives d’aliments, de médicaments, de produits sanitaires... Spéculation tous azimuts, hausse des prix, contrebande. Tout cela afin de fatiguer la population par des pénuries organisées, de provoquer la colère, d’inciter aux pillages.

Un embargo financier international se met également peu à peu en place...

  • 2/ guerre idéologique de tous les instants

Désinformation, mensonges, manipulations, faux sondages, afin de créer un climat défaitiste à l’intérieur et de brouiller l’image internationale du pays, de l’isoler, en créant un effet-repoussoir (les « experts » en intox ont attribué au Venezuela le plus important « risque pays » !! Il faut oser !)

  • 3/ stratégie de la violence

Sabotages, conspirations, infiltrations massives de groupes paramilitaires par la frontière colombienne (ils sont aujourd’hui disséminés partout dans le pays), assassinat de dirigeants chavistes, ingérences des diplomates nord-américains en poste à Caracas, de la CIA, des « fondations » made in USA ou Aznariennes, pour tenter de diviser le chavisme et l’armée. Et, au final, réussir la deuxième phase de l’opération « Salida (« sortie » du président légitime Nicolas Maduro)» par des « guarimbas » sanglantes, un soulèvement cette fois-ci réussi... Les Etats-Unis y « mettent le paquet » et sont décidés à aller jusqu’au bout afin d’abattre cette révolution populaire qui se prononce pour une « voie socialiste » et qui dispose de deux siècles de réserves pétrolières... au service du progrès social.

Le plan putschiste « Jericho », révélé le 12 février 2015, prévoyait notamment le bombardement de centres stratégiques de la capitale par un avion étranger « Tucano », repeint aux couleurs du Venezuela. Le plan impliquait des conspirateurs qui avaient tenté déjà l’opération en mars 2014 ; trois généraux furent arrêtés à l’époque. Les conjurés ont été arrêtés et emprisonnés le 11 et le 12 février . Les officiers impliqués étaient en contact avec l’ambassade nord-américaine qui leur avait octroyé un visa de sortie, au cas où, et une quantité importante de dollars. Le général de brigade de l’aviation, Oswaldo Hernández Sánchez, et le député Julio Borges, du parti « Primero justicia » apparaissent comme les principaux instigateurs, soutenus par un réseau de militaires qui avaient été mis à l’écart, et des civils de l’opposition, dont le maire (Antonio Ledezma) de la capitale métropolitaine. Sont impliqués également le lieutenant Henry Javier Salazar Moncada, le capitaine Héctor José Noguera Figueroa (en fuite), et le lieutenant écarté Peter Alexander Moreno Guevara, ainsi que le lieutenant Ricardo José Antich Zapata.

Le « golpe » devait avoir lieu, précisément ce 12 février, après publication d’un manifeste appelant à la constitution d’un gouvernement provisoire.

Dans les dernières semaines de 2014, le gouvernement nord-américain avait fait adopter une provocatrice loi d’ingérence, dite « loi de sanctions » contre un groupe de dirigeants et d’officiers chavistes, leur refusant entre autres l’obtention d’un visa s’ils souhaitaient se rendre aux Etats-Unis. Il s’agit, pour les instigateurs, les marionnettes et leurs marionnettistes, de saper le moral des Forces armées et de la population, d’attiser la déstabilisation d’un pays cauchemar de l’ordre (le chaos) néolibéral. Avec tous les fers au feu. Au prix du sang.

Rappelons-nous le Chili d’Allende et de Neruda. Ne laissons pas faire !

Jean ORTIZ  Samedi 14 février 2015

http://www.humanite.fr/blogs/venezuela-demantelement-dune-tentative-de-coup-detat-565626

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