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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 16:00
Thierry Deronne

jeudi 10 février 2011

 

En ce début de 2011 le contraste est saisissant entre la France et le Vénézuéla. Le CEVIPOF, labo de recherches associé au CNRS, indique que seuls 38 % de français font encore confiance à leurs députés et que 57% considèrent que la démocratie ne fonctionne “pas bien” ou “pas bien du tout”. 39 % des français expriment de la méfiance, 23 % du dégoût, 12 % de l’ennui vis-à-vis de la politique (1). Au même moment, l’ONG chilienne indépendante Latinobarómetro, classe le Vénézuéla comme un des pays latinoaméricain où la population croit le plus dans la démocratie (84% des citoyen(ne)s). Les chercheurs attribuent ce record de confiance à la concrétisation effective de politiques sociales et économiques attendues par la population (2).

 

Deux sondages de janvier 2011 dont celui de Datanalisis, proche de l’opposition, montrent que la popularité du président se situe entre 50 et 54 % grâce notamment aux mesures prises en faveur des mal logés et à l’augmentation des budgets sociaux. Pour Latinobarometro "il est paradoxal que ce soit au Vénézuéla que les gens croient le plus à la démocratie et que ce soit en même temps le pays le plus critiqué sur l’état de sa démocratie”.

Exemple parfait de ce “paradoxe”, un texte paru dans “Le Monde” du 2 février 2011, sous le titre “Un parlement inutile” (3). Son auteur, Jean-Pierre Mr. Langellier, n’enquête pas au Vénézuéla et se contente de traduire depuis l’étranger les titres des médias de droite, majoritaires dans ce pays.

D’emblée l’auteur exprime avec émotion son empathie sociologique pour la minorité que ces médias recrutent essentiellement dans la classe moyenne et supérieure. Ces quinze minutes de casserolles “bruyantes”, qui “font écho sur les tours”, ce “fracas”, ce “tintamarre”, qui semblent exciter Mr. Langellier, proviennent parfois de CD où les ustensiles pré-enregistrées s’expriment en boucle, voire de casseroles réelles que la domestique stoïque frappe à la fenêtre à la demande de ses employeurs. Avant de replier son tablier et de rentrer chez elle, dans ce barrio où 80 % de la population du Vénézuéla apprend alors par Globovision, à défaut de pouvoir lire “Le Monde”, que le pays s’est “exprimé massivement pour exiger le départ du dictateur”.

 

Mr. Langellier : “en septembre 2010, le président n’a pu empêcher ses adversaires de l’emporter, avec près de 53 % des suffrages. Un "charcutage" préalable des circonscriptions a contenu leur poussée.” C’est faux. Les résultats du Conseil National Electoral ont été validés comme d’habitude par tous les observateurs internationaux.

Le “charcutage” que dénonce Mr. Mr. Langellier est la loi électorale adoptée par l’assemblée nationale, et acceptée par les toutes les parties avant l’élection. Le PSUV obtient 98 sièges sur un total de 165 contre 65 pour la très hétéroclite Coordination de l’opposition. Avec son mélange de scrutin majoritaire et de proportionnelle, la loi électorale reste perfectible. Dans l’état très peuplé du Zulia elle a entraîné une sous-représentation du camp bolivarien : bien qu’ayant obtenu 44,4% des voix, il n’a obtenu que deux députés sur douze.

Mais Mr. Langellier prend ses désirs pour la réalité lorsqu’il affirme comme le quotidien espagnol “El País” et la plupart des grands médias, que l’oppostion a battu le gouvernement avec.. 52% des voix. Ce mensonge de la droite consiste à engranger des voix de petits partis indépendants qui ne s’identifient pas à elle. Les chiffres officiels et validés internationalement montrent que les candidats bolivariens ont rassemblé 5.399.574 voix contre 5.312.293 pour l’opposition, soit 46,23 % des suffrages exprimés contre 45,48 %.” (4)

 

La courte victoire du camp révolutionnaire dans cette élection intermédiaire exprime un mélange d’impatience et de mécontement justifiés par certains échecs et par la lenteur des changements. Et même si l’accès aux bureaux de vote pour les secteurs populaires (qui rassemblent, répétons-le, 80 % de la population) s’est sensiblement amélioré, il reste des efforts à faire pour qu’ils jouissent du même confort logistique que la classe moyenne. Le secrétaire général de l’OEA (Organisation des États Américains) José Miguel Insulza, pourtant plus sensible aux thèses de Washington qu’à celles de Caracas, a déclaré le 5 février 2011 que “les élections qui ont eu lieu ces dernières années au Vénézuéla ont été parfaitement normales et nous ne voyons pas pourquoi il n’en serait pas ainsi dans l’avenir” (5)

Parce que le Vénézuéla a prévu, comme n’importe quelle démocratie, une responsabilité juridique pour ceux qui appelleraient au meurtre ou aux coups d’État à travers un média, Mr. Langellier dénonce que “radio, télévision et Internet sont contrôlés plus strictement”.

 

Le professeur de journalisme Aram Arahonian, directeur de la revue “Question” et l’intellectuel vénézuélien Luis Britto García rappellent qu’en 2011 l’opposition possède 90% du pouvoir comunicationnel, d’où elle lance des épithètes dénigrants contre la majorité du peuple vénézuélien – comme “singes, “plèbe”, “hordes”, “édentés” et autres adjectifs de discrimination ethnique et sociale (6) et d’où elle appelle régulièrement au coup d’État contre un president élu, comme l’a fait le chef du patronat en décembre 2010 (7). Une étude du Centre pour la Recherche Économique et Politique (CPER) basé à Washington sur les télévisions vénézuéliennes – médias les plus influents du pays – montre qu’en 2010 les chaînes publiques ne font que 5,4 % d’audience alors les chaînes privée font 94,5 % (neutres pour les moins politisées, radicalement opposées au gouvernement d’Hugo Chavez pour la majorité) (8). La proportion est la même pour la radio et pour la presse écrite.

Récemment le gouvernement argentin a promulgué une loi pour démocratiser le “latifundio” médiatique. Celle-ci répartit le spectre radio-électrique de manière plus équilibrée : 33% des ondes au secteur public, 33% à l’associatif et 33% au commercial. Aussitôt les grands groupes privés qui possèdent les médias ont crié à la “dictature”.

“La censure d’Internet au Vénézuéla” est un des thèmes favoris de la désinformation mondiale contre la révolution bolivarienne. Pourtant, même un opposant comme Federico Ravell, ex-directeur de Globovision (chaîne dont Mr. Langellier annonça la fermeture imminente en 2009 (9)) et actuel gérant d’une Web de news a reconnu en janvier qu’il n’y a aucune restriction : “En toute honnêteté, je dois dire que nous ne sommes sentis en rien limités” (10). En janvier 2011 l’UNESCO a décerné un prix au Vénézuéla pour la création d’un réseau national d’Infocentres qui connecte et forme gratuitement des centaines de milliers de citoyen(ne)s jusqu’ici exclu(e)s des technologies massives de l’information (11). Le gouvernement bolivarien a imposé l’usage de logiciels libres dans toute l’administration publique. Un des "gourous" de la communauté du logiciel libre, Richard M. Stallmann, recommande que l’on étudie les avancées du Vénézuéla dans ce domaine (12) . Twitter a fait son entrée dans tous les secteurs politiques. Le compte du président a dépassé le million de lecteurs et d’interlocuteurs. Il peut ainsi vérifier de première main la mise en oeuvre, les problèmes ou les retards dans l’application des programmes sociaux.(13)

Comble de l’ironie, la seule censure exercée sur Internet a été commise par des “Anonymous hackers” qui ont bloqué depuis l’étranger plusieurs sites… de l’Etat vénézuélien au nom de “la lutte contre Chavez, ennemi d’Internet” !... Preuve que la campagne mondiale de manipulation a porté. En 2008 déjà Mr. Langellier dénonçait la nouvelle loi de l’éducation parce qu’elle prévoyait une éducation critique aux médias dans les écoles, et préparait donc “la censure de la presse” (sic). Deux ans plus tard il n’en est rien, au point que l’opposition qui avait fait campagne sur ce thème, n’en parle même plus. (14)

 

Le “journalisme” de Mr. Langellier fonctionne ainsi, au fil des années : un bric-à-brac d’effets d’annonce empruntés aux médias de droite vénézuéliens, sans droit de suite pour le lecteur.

“Toutes les commissions parlementaires sont sous contrôle du pouvoir”. C’est faux. La plupart des commissions reviennent, démocratiquement, à la majorite élue. Mais de nombreux artistes sont préoccupés par la nomination à la tête de la Commission de la Culture de Miguel Angel Rodriguez, un animateur pugnace de RCTV (15) – cette télévision de droite dont Mr. Langellier avait faussement annoncé la fermeture en 2009 (16)). Rodriguez souhaite le retour à une culture plus “classique”, c’est-à-dire avec un peu moins de participation populaire…

Mr. Langellier affirme que les débats parlementaires sont contrôlés par le pouvoir, qui peut ainsi “éliminer les gêneurs”. C’est encore faux. Ce mardi 8 février 2011 les vénézuéliens ont eu droit à la retransmission en direct et sur toutes les chaînes d’un débat passionné. Pendant près de huit heures les députés de l’opposition ont pu interpeller et critiquer, parfois virulemment, plusieurs ministres bolivariens. Cette séance de questions se poursuivra dans les semaines prochaines avec d’autres membres du gouvernement.

Ironie de l’Histoire : plusieurs députés de l’opposition furent les acteurs du coup d’État sanglant de 2002 qui renversa le président élu pour le remplacer par le chef du patronat. Ils applaudirent alors le décret putschiste qui dissolvait l’Assemblée Nationale. Le premier député d’opposition à interpeller le gouvernement, Enrique Mendoza, fit fermer VTV, l’unique chaîne publique. C’est cette télévision qui transmet aujourd’hui sa parole intégrale, en direct, à l’ensemble de la population…

 

Mr. Langellier occulte le fait que les diverses institutions républicaines - qu’il qualifie de “chavistes” - comme le Tribunal Suprême de Justice ou l’Assemblée Nationale et ses commissions sont issues des décisions légitimes d’une assemblée élue au suffrage universel.

Ainsi, parce qu’une “loi d’habilitation” a été approuvée par les députés pour permettre au président de légiférer directement et de prendre ainsi les mesures d’urgence pour aider et reloger des dizaines de milliers de victimes d’inondations catastrophiques, Mr. Langellier en tire (comme tous les grands médias) que “le parlement est inutile”. C’est faux : le parlement continue de son côté à discuter des lois et à légiférer comme en temps normal. On n’a jamais vu au Vénézuéla un tel bouillonnement de lois d’initiative populaire. Syndicats, mouvements paysans, groupes féministes, victimes d’escroqueries immobilières, associations de locataires et de concierges : le parlement bruisse de projets législatifs. Les organisations citoyennes manifestent, débattent, critiquent les lois existantes ou en proposent de nouvelles, dans la rue, à la télévision, dans les réunions avec les députés et le président. Loi du travail, loi contre l’impunité sur les disparus sous les régimes “démocratiques” d’avant Chavez, loi sur le droit locatif, loi sur l’éducation, etc.. au point que l’assemblée nationale vient de créer un nouveau centre de réception des projets citoyens.

 

Toutes les lois que Mr. Langellier et la droite vénézuelienne traitent de “paquet cubain” et qu’ils accusent de renforcer le contrôle de l’État, sont, au contraire, un des moteurs de la démocratisation. La loi du pouvoir comunal, approuvée par l’assemblée en 2010, approfondit la démocratie participative. Elle permet aux comunes et aux conseils communaux de diriger et de réaliser des travaux publics, de les superviser, de les financer. Plus de 40.000 de ces conseils communaux agissent déjà au Vénézuéla, outil efficace de la participation populaire.

« L’opposition dit qu’avec ces réformes, les parlements régionaux et les mairies vont disparaître, mais c’est faux. Ces institutions sont replacées dans une véritable unité dynamique. Désormais, au lieu d’avoir un gouverneur dans l’incapacité de résoudre un problème, les Communes pourront immédiatement y répondre » explique Ulises Daal, un des députés qui ont défendu la loi (17). Une des innovations majeures est le Conseil de l’Economie Communale, instance chargée de promouvoir le développement économique de la Commune. Son rôle sera de surveiller, évaluer et exercer le contrôle social sur les projets et les activités d’intérêt collectif. La Banque des Communes se charge de tout ce qui tient à la gestion économique de caractère social : administration, transfert, collecte et contrôle des ressources. Depuis 2008 le transfert de l’État aux organisations citoyennes atteint une dizaine de milliards de dollars (18).

Le nouveau règlement parlementaire, que Mr. Langellier dénonce comme “une camisole de force” satisfait une vieille revendication des députés : disposer du temps suffisant de parcourir sa circonscription, à la rencontre des habitants et de leurs problèmes, et veille ainsi à ce que certains parlementaires n’oublient pas la mission pour laquelle ils ont été élus.

 Démocratie politique, très bien, mais justice sociale ? Rappelons, car Mr. Langellier n’en dira rien à ses lecteurs, que l’ONU, l’UNESCO, la CEPAL, le PNUD et la FAO ont confirmé récemment dans leurs rapports publics que le Vénézuéla a réussi à faire baisser de manière importante la pauvreté, à promouvoir la souveraineté alimentaire, l’éducation pour tous, la santé puiblique et qu’il est devenu en douze ans de révolution un des pays les plus égalitaires de la région. (19)

Le mensonge final de Mr. Langellier reprend les campagnes du FN local sur “la gabegie financière de la présidence”. Cynique, il conclut : “Après tout, la révolution n’a pas de prix”.

Par contraste avec les présidences antérieures célèbres pour leurs fêtes très somptueuses, l’actuelle présidence du Vénézuéla a créé divers services qui attribuent quotidiennement des pensions à des personnes âgées qui n’ont jamais cotisé à la sécurité sociale ou des financements pour des patients cardiaques qui n’ont pas les moyens de payer des opérations de haut niveau. Comme les autres ministères, le palais présidentiel vient de déménager certains de ses services pour pouvoir accueillir, loger, nourrir et appuyer la réinsertion sociale des familles de victimes des inondations de décembre 2010.

Peut-être que le dégoût des français envers la politique provient-il aussi de cette inintelligence du monde entretenue par des médias cotés en bourse. Un matin, le réveil sonne, des peuples surgissent du silence, on ne comprend pas. Comme la Tunisie ou l’Egypte, le Vénézuéla fut aussi une carte postale. En 1989 son peuple manifestait contre les mesures néo-libérales du FMI et fut massacré sur ordre du président social-démocrate Carlos Andrés Pérez. De jeunes officiers “nassériens”, parmi lesquels un certain Hugo Chavez, indignés par la répression, décidèrent de se rebeller au nom de la pensée d’un certain Simón Bolívar :”maudit le soldat qui retourne son fusil contre le peuple”.

Thierry Deronne, Caracas, février 2011.

Notes.

1. CEVIPOF, baromètre de la confiance politique, http://www.cevipof.com/fr/le-barome...

2. Voir http://laradiodelsur.com/?p=1298

3. “De l’inutilité d’un Parlement, Le Monde, 02.02.11, http://www.lemonde.fr/ameriques/art...

4. Lire “Une défaite à l’envers”, de Renaud Lambert, le Monde Diplomatique, http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

5. Déclarations de José Miguel Insulza, http://www.abn.info.ve/node/41764

6. Aram Arahonian, “un polo para descongelar la revolución”, http://www.rebelion.org/noticia.php...

7. Lire, de Eva Golinger, “Quelques points sur les “i” à propos du Vénézuéla et de Hugo Chavez”, 9 janvier 2011, http://www.larevolucionvive.org.ve/...

8. “Médias et Vénézuéla : qui étouffe qui ?” http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

9. Voir http://www.legrandsoir.info/Le-Mond.... Autre exploit journalistique : le 2 octobre 2009, Mr. Langellier avait relayé la campagne du Parti de la Presse et de l’Argent brésilien reprochant au président Lula d’accueillir dans son ambassade au Honduras le président Zelaya, victime d’un coup d’État qui a ramené son pays à l’ère des escadrons de la mort et des traits de libre commerce.

10. Interview de Federico Ravell parTelesur, http://www.telesurtv.net/secciones/...

11. Voir sur le site de l’UNESCO ; http://portal.unesco.org/geography/...

12. Voir http://www.somoslibres.org/modules.php ?name=News&file=article&sid=650

13. Voir http://www.medelu.org/spip.php?arti...

14. Voir "Mr. Langellier prend un aller simple pour le pays des soviets", http://www.alterinfos.org/spip.php?...

15. Voir http://www.rctv.net/galerias/Galeri...

16. “La fuite en avant de Hugo Chavez”, de JP Langellier, http://www.lemonde.fr/idees/article...

17. Sur la loi du pouvoir communal, voir http://www.larevolucionvive.org.ve/...

18. Interview récente de la jeune Ministre de la Commune Isis Ochoa : http://www.mpcomunas.gob.ve/noticia...

19. Voir notamment l’article du quotidien chilien El Ciudadano —http://www.elciudadano.cl/2009/02/1...

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1448&lang=fr
 

 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 09:07
MIKE WHITNEY, pour Venezuelanalysis.com

jeudi 27 janvier 2011

 

Ses ennemis l’appellent tyran ou dictateur, il n’est ni l’un ni l’autre. Hugo Chavez est l’infatigable champion des pauvres et un chrétien socialiste engagé. Et la seule différence entre le christianisme de Chavez et celui de Barack Obama, c’est que Chavez passe des paroles aux actes.

 

Par exemple, ce mardi, Chavez a usé des pouvoirs autorisés par la constitution pour décréter le "droit à un refuge digne" et rendre ainsi permanent, légal, le droit à un logement “digne et humain" pour tous les vénézuéliens. Le parlement vénézuélien a approuvé “la loi d’habilitation” controversée (et temporaire) parce que le pays fait face à une crise du logement sans précédent à la suite des inondations massives de décembre 2010. (1)

Plus de 125.000 personnes ont perdu leur maison dans ce désastre, ce qui exigeait une réponse rapide du gouvernement. Chavez s’est aussitôt lancé dans l’action, en transformant le palais présidentiel en refuge pour sans-abris (photo), tout en donnant le coup d’envoi d’une campagne de construction de logements permanents pour les victimes. Et il vient de créer une loi décisive qui va obliger tout gouvernement à venir en aide aux sans-abris.

 

 

 

 

 

Quel contraste entre la réponse de Chavez et celle d’Obama lors de la marée noire provoquée par la British Petroleum, cette compagnie autorisée à dévaster l’environnement et à détruire le milieu de vie des gens sans aucune conséquence. Obama a même offert une couverture au géant pétrolier en prenant la pose sur une plage de Louisiane pour dire “je ressens votre douleur” et participé à une campagne de relations publiques destinée à éloigner la rage populaire de BP. Donc, maintenant que sont dévastées les industries du poisson et de la crevette, que des estuaires sensibles et des écosystèmes sont détruits, le niveau de toxines dans le sang des personnes vivant sur place a explosé et le pire de tout, c’est que BP s’en est tiré impunément. Merci, Barack.

 

Imaginons une seconde ce qui se serait passé si Chavez avait été au pouvoir. Les opérations de BP aux États-Unis auraient été stoppées net, ses avoirs saisis, et Tony Hayward et ses complices jetés en prison. Il y a un problème ?

 

La semaine dernière, tandis qu’Obama chantait les louanges de la "dérégulation" dans les pages éditoriales du Wall Street Journal (".. les règles ont dépassé la mesure, alourdissant de manière non raisonnable les affaires — et ce poids freine l’innovation et a un impact négatif sur la croissance et sur l’emploi...") et tandis que la première dame, Michelle Obama vantait les "saines nourritures" pour le géant alimentaire Walmart dans les médias nationaux, Chavez était en train de transformer les refuges en “institutions d’État” pour garantir que les gens aient un toit pour vivre pendant qu’ils se remettent sur pied.

 

La nouvelle loi stipule que ces personnes doivent recevoir une aide alimentaire et une assistance médicale (au Vénézuéla les citoyens disposent d’une couverture universelle de soins) mais aussi des "moyens d’étudier, de pensions et d’allocations spéciales" selon les besoins de chacun.

Ces nouvelles aides de l’État mises en place par Chavez visent avant tout "les personnes les plus vulnérables : enfants, adolescents, personnes âgées, handicaps, et femmes enceintes.”

La question n’est pas de savoir si le gouvernement le veut ou pas”, a déclaré Chavez, “dorénavant, c’est une obligation légale.”

 

Bien joué. Et comment Washington a-t-il réagi aux programmes d’urgence et aux nouvelles lois ? Voici un extrait d’un article d’Eva Golinger qui en dit long :

" Cette semaine des dirigeants de l’opposition vont rencontrer leurs homologues à Washington. Ils ont déjà déclaré que leur mission est de chercher davantage de soutien pour chasser le Président Chavez du pouvoir. Malheureusement leurs actions antidémocratiques sont déjà les bienvenues au Capitole. La représentante Connie Mack (R-FL), à présent chef du sous-comité des Relations Étrangères pour l’Hémisphère Occidental, a annoncé dès le premier jour de session du congrès, que son seul objectif pour l’année était de placer le Venezuela sur la liste des "États soutenant le terrorisme". La Représentante Ileana Ros-Lehtinen (R-FL), à présent chef du Comité des Relations Extérieures, a appuyé cet objectif, allant même jusqu’à souhaiter publiquement l’”assassinat de Fidel Castro ou de tout autre leader répressif" comme Hugo Chavez." (2)

 

Surpris ? Pourquoi ? Tout leader étranger qui tente de contrôler les ressources de son pays, d’améliorer les droits de l’homme ou de répartir la richesse nationale plus également entre les citoyens, n’est-il pas de facto l’ennemi des États-Unis ? Les gens pensaient que les choses pouvaient changer sous Obama, mais ils avaient tort. Il est aussi mauvais que Bush.

 

Texte original (anglais) : Walking the Walk : The Contrast between Chavez and Obama, By MIKE WHITNEY - CENTRE FOR RESEARCH ON GLOBALIZATION, January 27th 2011, http://venezuelanalysis.com/analysis/5961

Traduction (français) : Thierry Deronne, pour La revolución Vive

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1422

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 22:51

Il aura fallu qu’en décembre 2010 le président Chavez, parcoure une enième fois le pays, organise les secours face aux inondations catastrophiques, pour qu’apparaissent les conséquences des lenteurs de la réforme agraire. En cohortes faméliques, les ouvriers agricoles sans terre et privés de toit par les pluies, rappelèrent que l’État du Zulia, ce bastion de la droite régionaliste, était aussi un latifundio préhistorique.

Lorsque le président a ordonné la récupération immédiate de 47 grandes propriétés totalisant 25000 hectares, l’opposition a dénoncé une “atteinte a la propriété privée et à la productivité”. Les médias privés ont montré des images de la Garde Nationale récupérant ces terres pour les petits paysans, comme preuves de la “dictature chaviste”. Le samedi 8 janvier à l’aube les grands propriétaires envoyèrent leurs hommes de main incendier le siège de l’Institut National des Terres (INTI), à Santa Bárbara.

La réponse de Chavez fut rapide : “Accélérons la réforme agraire !”. L’armée reçut l’ordre de renforcer la protection des fonctionnaires publics et des paysans parmi lesquels beaucoup avaient déjà payé de leur vie l’appui à la réforme agraire.

Dépêché sur place pour superviser personnellement la concrétisation de la remise des terres, le ministre d’Agriculture et des Terres, Juan Carlos Loyo (à gauche sur la photo), dressa un premier bilan : “Depuis 2004, sur 30 millions d’hectares de vocation agricole, d’élevage et forestière, réparties sur 450.000 propriétés de taille petite, moyenne et grande, l’Etat a pu récupérer 3 millions d’hectares, dont 72 % sont redevenus productifs ce qui signifie que la majorité des terres est aux mains de producteurs et de paysans. Mais la chose la plus surprenante que nous avons découverte ici, c’est l’esclavage : pour l’heure nous avons recensé 1150 travailleurs esclaves dont plus de la moitié provient de la Colombie voisine.

Dans 27 des 47 propriétés rurales ont été constatées des “conditions de travail terribles, des violations des droits humains et de la Loi du Travail”.

Nous traduisons ici les paroles de deux de ces ex-esclaves, recueillies par la journaliste vénézuélienne D’yahana Morales, du Correo del Orinoco, publiés le 13 janvier 2011 sous le titre “Deux femmes témoignent des abus auxquels furent soumises les personnes qui travaillaient dans un domaine récupéré par le gouvernement national.

Thierry Deronne

"Johana Muñoz (photo), a 22 ans. Fillette, elle apprit à se taire et à se résigner face aux abus des propriétaires de l’hacienda où elle vivait. Sa mère se mettait à genoux pour l’en supplier. Protester aurait signifié l’expulsion de la précaire maison où elles vivaient, voire la mort. “Vivre dans une hacienda de cette sorte est quelque chose de terrible, personne ne peut se l’imaginer. Ceux qui vivent dans les grandes villes ou dans la capitale s’asseyent pour manger du fromage, de la viande et boire du lait sans même penser à combien d’agressions subissent ceux qui les produisent, à tout ce qu’il y a derrière une bonne assiette de nourriture”.

Le père de Johana Muñoz a travaillé comme tractoriste et conducteur de machines lourdes pendant 28 ans pour les ex-propriétaires de l’hacienda Bolívar – aujourd’hui rebaptisée “Bolívar Bolivariana”. “Il a offert sa vie à un groupe de vandales, qui ne faisaient rien d’autre que de le traiter comme le pire des esclaves”. “Mon père a commencé à souffrir de convulsions et nous sommes allés parler au chargé de l’hacienda, Lino Quiroz. Nous lui avons demandé d’aider mon père malade, il avait besoin d’être vu par un médecin, d’acheter des médicaments. Ils nous ont tout refusé. Les seules fois où ils ont acheté des médicaments, ils les lui ont décomptés du salaire mensuel. Ils étaient tellement inhumains que ma mère a été parler directement aux propriétaires pour leur dire que mon père ne pouvait plus travailler, qu’ils lui donnent sa retraite. Ils lui ont dit que s’il ne travaillait pas il ne serait pas payé. Qu’ils préféraient le voir mort plutôt que de le payer sans travailler. Cela faisait 25 ans qu’il travaillait pour eux”, raconte Johana.

La jeune fille qui est à présent chargée de l’administration de l’hacienda Bolívar Bolivariana, explique que depuis le gouvernement révolutionnaire les conditions sont différentes. Son père s’est fait diagnostiquer une arythmie cérébrale due à l’activité physique. Il continuera de vivre dans le domaine Bolívar Bolivariana, avec une pension.

Ces choses ne sont possibles que dans une révolution, que dans le socialisme. Nous en étions à imaginer que mon père allait mourir faute de pouvoir cesser de travailler, malgré sa maladie, parce qu’il était obligé de couvrir nos besoins. Lino Quiroz refusait de lui donner sa retraite et nous, nous avions besoin d’un endroit pour vivre et d’argent pour manger. Ce furent des heures terribles

La jeune fille raconte qu’elle et ses six frères vivaient dans un espace pas plus grand qu’une chambre de couple d’un appartement de Caracas. “Les conditions de vie étaient terribles. Mon père n’a jamais touché de sécurité sociale mais on la lui décomptait toutes les semaines. Les propriétaires profitaient de ce que la majorité des ouvriers n’avaient pas d’instruction, pour les tromper. Quand j’ai commencé à avoir un peu plus d’information à travers Internet et que j’ai su ce qu’étaient les bénéfices sociaux, j’ai cherché les données de mon père sur la page de la sécurité sociale et je me suis rendue compte de l’escroquerie”.

Ici nous vivions comme des esclaves. Si quelqu’un osait élever la voix, ils le frappaient, ils tiraient en l’air. Ils te disaient qu’ils allaient te tuer ou qu’ils allaient te chasser du domaine et te priver de toit. Aux hommes on leur disait de ne pas chercher de problèmes parce que leurs enfants pourraient payer les pots cassés”.

Johana Muñoz a raconté que pendant de nombreuses années elle s’est crue inférieure aux autres. Sentiment renforcé quand elle voyait des fourgonnettes passer sous son nez, occupées par des femmes élégantes qui la toisaient du regard.

Je suis étudiante du sixième semestre d’administration d’entreprise agricole et parfois ils ne me laissaient pas aller au cours. C’était terrible. Quand les propriétaires venaient, ils faisaient de grandes fêtes et nous, on ne nous laissait nous approcher pour rien au monde de ce qu’on appelait la “zone des riches”. Ils fermaient le portail qui séparait les ouvriers de la zone résidentielle, pour ne pas nous voir, même de loin. Ils se baignaient dans la piscine, écoutaient de la musique, faisaient de grandes fêtes et nous, reclus dans des pièces sans lumière, avec peu d’eau, de la mauvaise nourriture. Eux (les latifundistes) nous faisaient sentir qu’ils pouvaient nous piétiner. Le chargé d’affaires était un despote, grossier, qui s’exprimait par cris, il se fichait de savoir s’il s’adressait à un homme ou à une femme".

Yesiré Hernández (photo), autre travailleuse de l’hacienda, se dit “libérée” depuis l’arrivée des représentants du gouvernement national. En plus de se déplacer librement, elle peut entrer dans des endroits qu’elle n’avait jamais foulés auparavant, bien qu’ayant passé toute sa vie dans ce domaine.

Nous avons eu accès aux installations qui étaient réservées aux propriétaires. Nous pouvons même nous baigner dans la piscine et les enfants peuvent vivre leur vie d’enfants, alors qu’avant on les obligeait à réaliser des travaux réservés aux hommes, et à l’école on les frappait, du moins ceux qui pouvaient y aller”.

La jeune femme raconte qu’il y a 10 ans à peu près le tracteur de son père s’est abimé et qu’ils l’ont menacé de licenciement. “Mon père a travaillé durant 13 ans et 7 mois dans cette hacienda, ils l’ont renvoyé sans justification, nous avons beaucoup souffert. Ce n’était pas sa faute, la machine ne pouvait supporter autant d’heures de travail, mais le chargé Lino Quiroz ne l’a jamais compris. Nous sommes revenus parce que maintenant c’est aux mains de l’État. Je me sens heureuse de vivre ce changement. Maintenant nous avons les missions sociales, les médecins cubains, le réfectoire qui offre un service de qualité : nous pouvons vivre en paix”.

Interview : D’Yahana Morales Photos : Héctor Lozano

La revolución vive


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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 14:13
par Eva Golinger

dimanche 9 janvier 2011

 

Original (anglais) : Setting the Record Straight on Venezuela and Hugo Chavez (9 janvier 2011)

Traduction (français) : Thierry Deronne pour La revolución Vive

Tant de désinformation est distillée dans les dépêches de tant de médias dans le monde au sujet du Venezuela et du Président Hugo Chavez, qu’il est temps de remettre les points sur les “i”. Le Venezuela n’est ni une dictature, ni le Président Chavez un dictateur.

Hier soir le chef de l’État participait à une réunion avec un groupe de militants du droit au logement (photo). Non seulement ceux-ci ont critiqué – en direct, à la télévision – les politiques du gouvernement et son inaction sur les thèmes des loyers et du logement, mais ils ont aussi proposé des lois, des règlements et des projets reçus les bras ouverts par Chavez lui-même. La semaine dernière le Président vénézuélien a usé de son droit de veto sur la loi de l’éducation supérieure votée par l’assemblée majoritairement pro-Chavez de l’an dernier, et il a appelé à un débat plus "large et ouvert" sur ce thème, qui prenne en compte les critiques de ceux qui avaient manifesté leur opposition à la loi. Est-ce là l’attitude d’un dictateur brutal ?

Allant et venant au Venezuela depuis plus de 17 ans, je peux certifier qu’une extraordinaire transformation a eu lieu dans les dix ans écoulés depuis la première élection de Chavez en 1998. Il a été réélu depuis à deux reprises par d’écrasantes majorités (lors de scrutins pleinement validés par l’UE et l’OEA, NDT).

Lorsque je suis arrivé au Venezuela pour la première fois en 1993, le pays était en plein désarroi. Les droits constitutionnels avaient été suspendus et un couvre-feu national imposé. La répression était partout à l’oeuvre, l’économie en crise, plusieurs journaux, télévisions et radios fermés ou censurés. Le gouvernement avait imposé une conscription militaire visant les jeunes des communautés pauvres. Un président par interim avait remplacé Carlos Andrés Pérez – salué par Washington comme un "remarquable démocrate" – qui venait d’être démis et arrêté pour corruption. Pérez échappa á la prison et s’envola pour Miami où il résida jusqu’au mois dernier, non sans avoir joui des millions qu’il avait volés au peuple vénézuélien.

Même après l’élection d’un nouveau président en 1994, les garanties constitutionnelles restèrent suspendues par intermittence jusqu’à ce que les élections de 1998 portent Chavez au pouvoir. Depuis, malgré un bref coup d’État en 2002, le sabotage économique de l’industrie pétrolière en 2003 et de multiples attentats ultérieurs contre son gouvernement, le Président Chavez n’a pas une seule fois limité les droits constitutionnels ni imposé de couvre-feu à la population. Il n’a jamais ordonné d’état d’urgence qui limiterait les droits ou fermerait la voix des médias. Il a même, en 2007, décrété un pardon général sous la forme d’une amnistie pour tous les participants au coup d’État de 2002, à l’exception des responsables directs de crimes contre l’humanité ou d’homicide.

Sous l’administration Chavez, la pauvreté a été réduite de moitié, une santé et une éducation universelle et de qualité ont été garanties pour tous les Vénézuéliens, de nouvelles industries ont été créées et surtout, de plus en plus de pouvoir a été placé dans les mains d’une majorité de gens "ordinaires" jusque là exclus de la vie politique par les élites qui ont gouverné le pays tout au long du 21ème siècle.

Alors, pourquoi tant de journaux, de radio ou de télévisions traitent-ils le président vénézuélien de “dictateur” ?

On peut ne pas aimer la manière de parler de Hugo Chavez, le fait qu’il soit né pauvre, qu’il vienne du secteur militaire, qu’il soit de gauche ou qu’il ne corresponde pas à l’image stéréotypée du chef d’État. Cela ne fait pas de lui un “dictateur”.

Au Vénézuela, plus de 80% des télévisions, radios, imprimés restent aux mains d’intérêts privés qui critiquent le gouvernement. Donc, malgré ce qu’affirme certaine presse internationale, il n’ y a ni censure ni violation de la libre expression. Les appels à renverser le gouvernement ou incitant les forces armées à se rebeller contre l’État, qui seraient clairement interdits dans d’autres pays, sont ici transmis par une télévision sous contrôle de l’opposition et bénéficiant de concessions publiques (signaux en clair, non par cable). Le mois dernier le chef du patronat vénézuélien (FEDECAMARAS), au cours d’une conférence de presse en direct, a traité les forces armées de “traîtresses” qui devraient “payer le prix” si elles ne désobéissaient pas aux ordres du gouvernement et refusaient d’ "obéir" aux diktats du monde des affaires.

J’imagine le dirigeant patronal des États-Unis se rendant à la télévision pour dénoncer la "trahison" de l’armée des États-Unis au cas oú elle ne désobéissait pas au gouvernement fédéral. Les services secrets l’arrêteraient immédiatement et les conséquences seraient graves. Mais ce genre de choses ne se produirait jamais aux États-Unis. Aucune télévision ne transmettrait un appel à la rébellion ou à la désobéissance contre le gouvernement. C’est illégal.

Il n’y a donc pas de censure au Venezuela, mais bien un excès de "libre" expression. Un aspect positif de l’attitude permissive assumée par le gouvernement Chavez envers les médias est la prolifération de médias alternatifs ou communautaires dans tout le pays, espaces et voix de ceux qui ont toujours été ignorés par les médias privés. Sous les gouvernements antérieurs à l’administration Chavez, ces mêmes médias alternatifs ou communautaires étaient interdits.

Récemment l’assemblée nationale a voté une loi sur la “Responsabilité Sociale de la Radio, Télévision et des Médias Digitaux”. La loi ne censure ni internet ni aucune autre forme de média. Elle prohibe les appels à assassiner un président ou tout autre individu, ainsi que toute incitation au crime, à la haine, à la violence sur des sites web opérant au Venezuela. C’est la norme de toute démocratie et plutôt une signe de civilité. La loi rappelle enfin aux médias leur devoir de contribuer à l’éducation des citoyens. On sait le pouvoir considérable dont disposent aujourd’hui les médias sur la société. Pourquoi ne pourraient-ils être responsables de leurs actes ?

Autre thème fortement manipulé par les grands médias, la "loi d’habilitation" approuvée le mois dernier par l’Assemblée Nationale et qui permet à l’exécutif de prendre des "décrets" sur des thèmes spécifiques et stipulés par la loi. Cet article n’usurpe, n’inhibe, ni ne limite les fonctions de l’assemblée, il n’est ni inconstitutionnel, ni antidémocratique. Le parlement peut continuer à débattre et à approuver des lois avec la même autorité. Cet article - prévu dans la constitution d’avant Chavez - permettra de donner des réponses rapides à une situation d’urgence nationale causée par les pluies torrentielles qui ont dévasté des communautés dans tout le pays à la fin de l’an dernier et ont laissé plus de 130.000 personnes sans abri. La loi n’affecte donc aucun droit constitutionnel et n’impose aucune “dictature”, elle n’est qu’une réponse valide à une situation d’urgence appellant des solutions rapides.

Et pusique nous parlons de législature, on trouve beaucoup d’informations malhonnêtes reprises et recyclées par les grands médias dans le monde entier, à propos de la composition du nouveau parlement issu des élections législatives de septembre 2010. Les partis d’opposition anti-Chavez ont remporté 40% des sièges. Certains médias qualifient ce pourcentage de majorité, ce qui est étrange. Le parti pro-Chavez PSUV a remporté 60% des sièges. C’est-à-dire 97 des 165 sièges + un remporté par le PCV, autre parti pro-Chavez, soit un total de 98 députés.

Le bloc de l’opposition a pour sa part remporté 65 sièges sur base d’une coalition de 13 partis politiques (qui sont loin d’être d’accord sur tout). Deux autres sièges ont été remportés par un troisième parti indépendant, le PPT. Le parti chaviste PSUV a gagné 97 sièges et le premier parti qui le suit sur la liste est Accion Democratica (AD) avec 22 sièges. Qui a la majorité ?

En 2005, les partis d’opposition avaient boycotté le processus électoral et perdu les quelques 50% de sièges qu’ils détenaient depuis 2000. Aujourd’hui leur bloc n’atteint plus que 40%, mais ils affirment avoir grandi en nombre. Cette affirmation a été reprise dans de nombreux médias, malgré sa fausseté évidente.

Ce bloc d’opposition a déjà annoncé qu’il cherchera une intervention étrangère pour aider à renverser le gouvernement. C’est non seulement illégal mais incroyablement dangereux. Beaucoup des candidats ainsi que la plupart des partis qui forment l’opposition ont reçu des millions de dollars annuels de diverses agences états-uniennes telles que le National Endowment for Democracy (NED) ou l’Agency for International Development (USAID), toutes deux financées par les impôts des citoyens nord-américains. L’objectif déclaré de ces fondations est de "promouvoir la démocratie" au Venezuela et d’aider à construire les forces d’opposition à Chavez. C’est une claire violation de la souveraineté du Venezuela et un gaspillage des impôts. Citoyens des États-Unis : est-ce ainsi que vous souhaitez que soit dépensé l’argent que vous avez durement gagné ?

Cette semaine des dirigeants de l’opposition vont rencontrer leurs homologues à Washington. Ils ont déjà déclaré que leur mission est de chercher davantage de soutien pour chasser le Président Chavez du pouvoir. Malheureusement leurs actions antidémocratiques sont déjà les bienvenues au Capitole. La représentante Connie Mack (R-FL), à présent chef du sous-comité des Relations Étrangères pour l’Hémisphère Occidental, a annoncé dès le premier jour de session du congrès, que son seul objectif pour l’année était de placer le Venezuela sur la liste des "États soutenant le terrorisme". La Représentante Ileana Ros-Lehtinen (R-FL), à présent chef du Comité des Relations Extérieures, a appuyé cet objectif, allant même jusqu’à souhaiter publiquement l’”assassinat de Fidel Castro ou de tout autre leader répressif" comme Hugo Chavez.

Le 1er janvier le Président Chavez a eu une brève rencontre informelle, amicale, avec la secrétaire d’État Hillary Clinton à Brasilia, à l’occasion de l’accession de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil. Aucun accord ne fut noué mais l’échange de poignées de main et de sourires stabilisa une escalade de tensions produite par la crise diplomatique de l’an dernier. Dès son retour à Washington, Clinton fut sévèrement critiquée par les médias et en particulier par le Washington Post, qui l’accusa d’être trop "douce" envers le Venezuela.

Les appels du Washington Post à une guerre contre le Venezuela sont dangereux. Faut-il le rappeler, le conditionnement de l’opinion publique est nécessaire pour justifier une agression contre un autre pays. Les campagnes de démonisation de Saddam Hussein, de l’Iraq et de l’Islam furent essentielles pour lancer les guerres au Moyen Orient, qui ne sont pas encore finies. Est-ce que la population acceptera d’être influencée par des médias dont l’agenda politique (et économique) vise à renverser des gouvernements démocratiquement élus et qui bénéficient d’un soutien populaire, uniquement parce que l’administration nord-américaine n’aime pas leur politique ?

Les récents événements tragiques de l’Arizona montrent de manière encore plus flagrante ce pouvoir des médias et leur influence sur des actions individuelles. Le discours de la haine, les campagnes de démonisation, les informations malhonnêtes et les manipulations sont dangereuses car elles peuvent mener à des conséquences abominables comme la guerre.

Il est temps de stopper l’escalade aggressive contre le Venezuela et d’accepter les faits : le Venezuela n’est pas une dictature. On peut ne pas aimer Hugo Chavez, mais une majorité de vénézuéliens qui ont voté pour lui, si. Et dans cette affaire, ce sont eux qui comptent.


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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 14:17
samedi 8 janvier 2011
Mike WHITNEY

En novembre dernier, il est tombé sur le Venezuela des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations qui ont causé la mort de 35 personnes et ont laissé environ 130 000 personnes sans abri. Si Georges Bush avait été président au lieu de Hugo Chavez, les personnes rescapées auraient été transférées à la pointe du pistolet dans des camps-prisons de fortune - tels que le Superdome - comme ce fut le cas après l’ouragan Katrina. Mais ce n’est pas comme ça que Chavez fonctionne. Le Président vénézuélien a rapidement fait passer des "lois habilitantes" qui lui ont donné des pouvoirs spéciaux pour fournir une aide d’urgence aux victimes de l’inondation. Chavez a alors vidé le palais présidentiel et l’a aménagé pour héberger 60 personnes, ce qui revient à transformer la Maison Blanche en refuge pour les sans abri. Les victimes du désastre sont maintenant prises en charge et nourries par l’état jusqu’à ce qu’elles soient capables de retourner travailler.

Les péripéties des efforts de Chavez ont été largement ignorées des médias étasuniennes dans lesquels il est régulièrement diabolisé et traité de "potentat gauchiste" ou de dictateur. Les médias refusent de reconnaître que Chavez a diminué le fossé entre les revenus, a éliminé l’analphabétisme, a mis en place un système de sécurité sociale pour tous les Vénézuéliens, a réduit les inégalités et a augmenté le niveau de vie de façon générale. Pendant que Bush et Obama multipliaient les guerres à l’étranger et faisaient voter des réductions d’impôts pour les riches, Chavez s’employait à améliorer la vie des pauvres et des nécessiteux tout en se défendant contre la dernière vague d’agressions des USA.

Washington en veut à Chavez parce que ce dernier refuse de céder les vastes ressources du Venezuela aux élites économiques et aux banquiers. C’est pour ça que l’administration de Bush a essayé de limoger Chavez en 2002 par un coup d’état qui a échoué et c’est pour ça que maintenant le beau parleur Obama ne cesse de proférer des attaques à mots couverts contre Chavez. Washington veut que le régime change pour pouvoir installer un homme de paille qui lui fera don des réserves vénézueliennes en pétrole tout en faisant de la vie des travailleurs un enfer.

Des documents récemment publiés par Wikileaks montrent que le niveau d’ingérence de l’administration Obama dans les affaires du Venezuela a augmenté. Voici un extrait d’un article publié sur le net par Eva Golinger, qui est avocat et écrivain :

"Dans un document secret rédigé par Craig Kelly, l’actuel Député Secrétaire d’Etat Adjoint aux Affaires de l’Hémisphère Occidental et envoyé par l’ambassade étasunienne de Santiago en juin 2007 au Secrétaire d’Etat, à la CIA et au Commandement Austral du Pentagone, ainsi qu’à d’autres ambassades étasuniennes de la région, on peut lire que Kelly a proposé "six axes d’action qui permettraient au gouvernement étasunien de limiter l’influence de Chavez" et de "réaffirmer l’hégémonie des USA sur la région."

Kelly, qui a joué un rôle majeur comme "médiateur" pendant le coup d’état de l’année dernière contre le Président Manuel Zelaya, qualifie le Président Hugo Chavez "d’ennemi" dans son rapport.

"Connaître l’ennemi : Nous devons mieux comprendre comment Chavez raisonne et ce qu’il veut faire... Pour contrer efficacement la menace qu’il représente, il nous faut mieux connaître ses objectifs et la manière dont il cherche à les atteindre. Cela nécessite de meilleurs services secrets dans tous nos pays." Plus loin dans le rapport, Kelly admet que le Président Chavez est un "ennemi formidable" mais, ajoute-t-il, on peut certainement le vaincre." (Wikileaks : Documents Confirm US Plans Against Venezuela, Eva Golinger, Postcards from the Revolution)

Les dépêches du Département d’Etat montrent que Washington a financé des groupes anti-Chavez au Venezuela par le truchement d’organisations non gouvernementales (ONG) qui prétendent promouvoir les libertés civiles, les droits humains et la démocratie. Ces groupes se cachent derrière une façade de légitimité mais leur vrai but est de renverser le gouvernement de Chavez démocratiquement élu. Obama soutient ces manoeuvres de subversion avec autant d’enthousiasme que Bush. La seule différence est que l’équipe d’Obama est plus discrète. Voici un autre extrait de l’article de Golinger qui contient des détails sur le mode de financement :

"Au Venezuela, les USA soutiennent des groupes anti-Chavez depuis plus de huit ans, y compris ceux qui ont été les instigateurs du coup d’état d’avril 2002. Depuis, leur financement a augmenté substantiellement. Un rapport de mai 2010 de la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED : National Endowment for Democracy) qui évalue l’assistance étrangère à des groupes politiques du Venezuela a révélé que plus de 40 millions de dollars étasuniens est distribué chaque année à des groupes anti-Chavez, la majorité en provenance d’agences étasuniennes...

Le Venezuela se distingue comme le pays où la NED a le plus investi dans des groupes d’opposition en 2009 en distribuant 1 818 473 dollars étasuniens, soit plus du double de l’année précédente... Allen Weinstein, un des fondateurs initiaux de la NED a confié au Washington Post "ce que nous faisons aujourd’hui, la CIA l’a fait clandestinement il y a 25 ans..." …" (America’s Covert "Civil Society Operations" : US Interference in Venezuela Keeps Growing", Eva Golinger, Global Research)

Lundi dernier, l’administration Obama a annulé le visa de l’ambassadeur du Venezuela à Washington par mesure de rétorsion après que Chavez eut refusé que Larry Palmer soit nommé ambassadeur des USA à Caracas. Palmer avait ouvertement critiqué Chavez en disant qu’il y avait des liens avérés entre l’administration de Chavez et les guérilléros gauchistes de la Colombie voisine. Ce qui est une manière détournée d’accuser Chavez de terrorisme. Pire encore, les antécédents et l’histoire personnelle de Palmer permettent de penser qu’il pourrait représenter une menace pour la sécurité nationale du Venezuela. Voici ce qu’en dit James Suggett de Venezuelanalysis on Axis of Logic :

"Il ne faut pas oublier les antécédents de Palmer, sa coopération avec l’oligarchie soutenue par les USA de la République Dominicaine, du Paraguay, de la Sierra Leone, de la Corée du Sud et de l’Honduras "pour promouvoir l’Accord de Commerce Libre Nord Américain (NAFTA)." Exactement de la même manière que la classe dominante étasunienne a installé un étasunien noir, Barak Obama, à la place de Bush sans rien changer d’autre, Obama de son côté a donné à Palmer le poste de Patrice Duddy qui était impliqué dans la tentative de coup d’état contre le Président Chavez en 2002 et qui s’est comporté en ennemi du Venezuela pendant toute la période où il a occupé les fonctions d’ambassadeur au Venezuela."

Le Venezuela est déjà plein d’espions et de saboteurs étasuniens. Ils n’ont pas besoin de l’aide d’agents travaillant à l’ambassade. Chavez a eu bien raison de refuser Palmer. En plus, Chavez a prouvé la fausseté des accusations de Palmer en extradant la semaine dernière le commandant ELN Nilson Albian Teran Ferreira, alias "Tulio" vers la Colombie "la première extradition d’un guérilléro colombien vers son pays natal." (Colombia reports). Cette nouvelle ne fut publiée NULLE PART dans les médias occidentales. (Parce qu’elle prouve que Chavez ne soutient pas les groupes paramilitaires qui opèrent en Colombie).

La nomination de Palmer signifie "toujours plus de la même chose" : plus d’ingérence, plus de subversion, plus de problèmes. Le Département d’Etat a eu une large responsabilité dans les soi disantes révolutions de couleur (ou des fleurs) en Ukraine, au Liban, en Georgie, au Kirghizistan, etc. Toutes étaient à l’emporte-pièce, des événements parfaits télévisuellement qui opposaient les intérêts de riches capitalistes à ceux des gouvernements élus. Maintenant les gens d’Hillary veulent essayer la même stratégie au Venezuela. Il revient à Chavez de les en empêcher et c’est la raison pour laquelle il fait passer des lois qui "régulent, contrôlent et interdisent le financement d’activités politiques". Pénaliser les ONG est le seul moyen qu’il ait de se défendre contre l’ingérence étasunienne et de protéger la souveraineté du Venezuela.

Chavez utilise aussi ses nouveaux pouvoirs pour réformer le secteur financier. Voici in extrait d’un article intitulé "L’Assemblée Nationale du Venezuela vote la loi qui transforme le secteur bancaire en "service public" :

"L’Assemblée Nationale du Venezuela a approuvé vendredi une nouvelle législation qui définit le secteur bancaire comme une industrie de "service public" et qui oblige les banques à contribuer à des programmes sociaux, aux efforts de construction de logements et à d’autres besoins sociaux spécifiques tout en facilitant l’intervention de l’état au cas où les banques ne respecteraient pas les priorités nationales."...

"La nouvelle loi protège les avoirs des clients des banques en cas de malversations de leurs propriétaires ... et stipule que le Directeur Général des institutions bancaires doit prendre en considération l’intérêt de ses clients - et pas seulement celui des actionnaires- quand il prend des décisions susceptibles d’affecter les opérations bancaires."

Alors pourquoi Obama ne fait-il pas la même chose ? A-t-il trop peur du véritable changement or est-il simplement le valet de Wall Street ? Voici un autre extrait du même article :

"Pour essayer de contrôler la spéculation, la loi limite le montant du crédit que les individus ou les entreprises privées peuvent contracter en réduisant à 20% le montant maximum de capital qu’une banque peut prêter. La loi limite aussi la formation de groupes financiers et interdit aux banques d’avoir des intérêts dans des compagnies de courtage ou d’assurances.

La loi aussi stipule que 5% des bénéfices avant impôts de toutes les banques doivent être consacrés uniquement à des projets élaborés par les conseils communaux. 10% du capital de la banque doit aussi être mis de côté pour financer les salaires et les retraites en cas de faillite.

Selon des chiffres de 2009 fournis par Softline Consultores, 5% des profits avant impôts de l’industrie bancaire du Venezuela aurait représenté 314 millions de bolivars, soit 73,1 millions de dollars, supplémentaires pour financer les programmes sociaux destinés aux pauvres majoritaires au Venezuela."

"Le contrôle de la spéculation" ? Voilà une idée originale ! Naturellement les leaders de l’opposition qualifient les nouvelles lois "d’attentat à la liberté économique" mais c’est de la foutaise. Chavez protège simplement le public contre les pratiques prédatrices de banquiers assoiffés de sang. La plupart des Etasuniens voudraient bien qu’Obama fasse la même chose.

Selon le Wall Street Journal, "Chavez a menacé d’exproprier de grandes banques dans le passé si elles n’augmentaient pas leurs prêts aux petits patrons et aux personnes désireuses d’acheter un logement, cette fois-ci il fait ouvertement monter la pression pour montrer au peuple qu’il s’occupe du problème du manque de logements disponibles pour les 28 millions de Vénézuéliens."

Caracas souffre d’une grande carence de logements qui s’est encore fort aggravée du fait des inondations. Des dizaines de personnes ont besoin d’un toit maintenant et c’est la raison pour laquelle Chavez met la pression sur les banques pour qu’elles aident. Et comme les banques ne veulent bien sur pas aider elles se sont mises à pleurer comme des bébés. Mais Chavez ne s’est pas laissé intimider et de fait, mardi dernier, il les a fermement mises en garde :

"Si une banque fraude... je l’exproprierai, que ce soit Banco Provincial, Banesco ou Banco Nacional de Crédito."

Bravo Hugo ! Dans le Venezuela de Chavez, les besoins primordiaux des travailleurs ordinaires ont plus d’importance que les profits des féroces banquiers. Est-ce surprenant que Washington le déteste ?

Mike Whitney

Le blog économique de Mike Whitney se trouve sur Grasping at Straws

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/whitney...

Il y a aussi un article de Stephen Lendman du 15.8.2008 sur ce sujet à : Les médias commerciaux se déchaînent contre les nouveaux décrets-lois de Chavez
http://vive-be.org/spip.php/article56

Traduction : D. Muselet

http://www.legrandsoir.info/Le-Venezuela-et-les-banques-Pourquoi-Washington-deteste-t-il-Chavez.html

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:25
 

par Thierry Derrone

                                                                                 mADUREO-copie-2.jpg

jeudi 23 décembre 2010

 

En 2010 le Venezuela a remporté de nombreuses victoires dans sa transformation structurelle : la démocratie participative vient d’être renforcée par de nouvelles lois qui multiplient le pouvoir des conseils communaux et des communes dans l’État ; la loi sur l’université, autre exemple, resserre ses liens avec ces organisations citoyennes.

 

La CEPAL, organisme de l’ONU qui mesure les progrès économiques et sociaux en Amérique Latine, a fait l’éloge en novembre du Venezuela “en tête, avec l’Argentine, le Brésil et la Bolivie, de la réduction de l’inégalité et de la pauvreté pour les dix dernières années”.

 

Ces derniers mois le gouvernement bolivarien a récupéré des entreprises immobilières aux mains de mafias qui escroquaient la classe moyenne, indemnisé leurs victimes, nationalisé au bénéfice des travailleurs et des usagers des entreprises ou des banques pratiquant la fraude.

 

Les récentes inondations qui ont privé de toit des dizaines de milliers de familles donnent un coup de fouet à la politique du logement et à la réforme agraire (24000 hectares remis aux petits producteurs du Zulia en décembre) tandis que Hugo Chavez demande aux révolutionnaires de se “radicaliser à gauche et de travailler au sein du peuple, dans la rue, dans les quartiers, main dans la main”.

 

Les grands groupes médiatiques (les propriétaires de El Pais, du Monde, de Libération, etc..) ont occulté cette transformation, pour ne parler que d’un article de la Constitution qui permet de décréter des mesures d’urgence en matière économique et sociale …preuve de la “dictature”.

Déjà, en 2007, lorsque le président Chavez avait usé du même article, le choeur médiatique avait martelé la même interprétation. Un simple suivi montre pourtant que les décrets de cette époque ne visaient qu’à accélérer le développement économique et social (nationalisations de l’électricité, sidérurgie, cimenterie, etc..). * Comptons sur les mêmes journalistes pour éviter tout suivi sur les mesures à venir…

Nous offrons par contraste quelques pages du “journal de bord” d’un certain Hugo Chavez.

 

suite  http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1387&lang=fr

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 14:39

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Des milliers de partisans du président vénézuélien Hugo Chavez ont envahi, samedi, les rues du centre-ville de Caracas pour manifester leur appui à l'intervention musclée de leur leader socialiste contre des entreprises immobilières et de construction supposément corrompues.
Brandissant le drapeau national et portant des t-shirts où étaient inscrits des slogans pro-gouvernementaux, environ 5000 supporters de M. Chavez ont marché dans le centre-ville de la capitale. Certains scandaient «Viva Chavez!», tandis que d'autres tenaient des bannières sur lesquelles étaient inscrites les ordres présidentiels de la saisie de plus d'une dizaine de complexes résidentiels.
La marche était organisée pour démontrer aux hommes d'affaires qu'ils ne peuvent plus duper le peuple en raison du gouvernement défendant ce dernier, a indiqué Carlos Sierra, un membre du parti au pouvoir.
Le président Chavez a ordonné l'expropriation de six de ces complexes et «l'occupation temporaire» de huit communautés enclavées de Caracas et d'autres villes il y a plus d'une semaine, affirmant que des entreprises immobilières et de construction avaient injustement gonflé les prix.
L'agence vénézuélienne de protection du consommateur et des procureurs d'État enquêtent sur des plaintes selon lesquelles certaines compagnies auraient illégalement facturé à des acheteurs des taux d'intérêts élevés sur des appartements pas encore totalement construits, bien que certains de ces acheteurs se soient entendus sur un prix il y a plusieurs années, et eurent même versé des acomptes.
 

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 13:35

Jeudi 7 octobre 2010  

Par Numancia Martínez Poggi

       

Le dimanche 26 septembre 2010 les Vénézuéliens ont voté pour élire les 165 députés de leur Assemblée nationale, chambre unique de la République bolivarienne. Allié à quelques petits partis, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) obtient 98 députés ; le PPT, parti qui a récemment quitté l’alliance révolutionnaire, obtient 2 députés ; La MUD , alliance hétéroclyte de l’opposition, obtient 65 députés.  

 

Enjeu limité  

L’opposition ferait donc son « entrée » dans l’Assemblée nationale et les médias du système impérialiste signalent avec insistance le grand événement démocratique. En fait dans l’Assemblée qui finira en décembre prochain il y a déjà une dizaine de députés qui appartiennent à l’opposition. Ismaël García par exemple, membre du parti Podemos, élu en 2005 avec les voix révolutionnaires, avait vite retourné sa veste afin que la chaîne de télévision Globovisión lui fasse concession de quelques minutes d’écran. Son parti est l’une des voix de l’opposition dans l’Assemblée depuis déjà longtemps. Il vient d’être réélu député, cette fois avec les voix réactionnaires, ce qui est somme toute un peu plus naturel. La situation dans l’Assemblée nationale n’est donc guère modifiée, excepté le fait que les députés de l’opposition sont plus nombreux qu’auparavant, bien que toujours minoritaires.  

On souligne, pour s’en réjouir ou pour le regretter, le fait que si les chavistes obtiennent bien la majorité absolue ils ne parviennent pas aux 110 députés (sur 165), ce qui aurait signifié une majorité de deux tiers. Ils ratent également, d’un siège, la majorité des trois cinquièmes. Ces majorités, des 2/3 ou des 3/5, dites majorités qualifiées, sont parfois nécessaires, par exemple pour effectuer certaines modifications de type institutionnel, voire constitutionnel. Cette difficulté que pourrait rencontrer la Révolution bolivarienne est cependant très relative parce que l’Assemblée nationale n’est hélas qu’un théâtre parmi d’autres de la confrontation politique, et certainement pas le plus important. Les chavistes ont eu cette majorité des deux tiers ces cinq dernières années, et n’avaient pourtant pas toujours la partie facile pour réaliser certains projets d’une urgence criante. Les forces principales de l’opposition, bien que boudant hors de l’Assemblée nationale, n’avaient pas cessé d’exister politiquement et elles mobilisaient d’immenses ressources pour continuer d’entraver ou de dévier tous les projets révolutionnaires.  

S’il est vrai que dans une démocratie parlementaire, fonctionnant normalement, l’Assemblée nationale est le lieu de prédilection pour le débat, au Venezuela c’est loin d’être le cas. L’opposition a pris l’habitude de disposer de structures, économiques, sociales, universitaires, médiatiques, etc., autrement plus efficaces que quelques députés pour peser sur la vie politique. Les héritiers de l’ancienne culture politique peuplent encore fortement les structures de l’État, ce sont autant de militants de l’opposition. Quoi qu’en dise Reporters Effrontés, les grands médias sont encore très majoritairement entre les mains des secteurs oligarchiques. Leur impact sur la vie sociale, sur la vie politique, est beaucoup plus fort que celui d’un simple élu du peuple. Le cas d’Ismaël García est de ce point de vue encore tout à fait parlant : c’est sa soif d’exposition médiatique qui l’avait mené à rejoindre le camp de l’opposition.  

Ainsi s’explique le choix fait par l’opposition de boycotter les élections parlementaires en 2005. Le prétexte était que le système électoral n’offrait pas les garanties de transparence suffisantes ; la réalité est que l’opposition avait acquis la certitude qu’une déroute l’attendait. Chávez avait en août 2004 réuni près de 60% des voix, et fin 2006 63%. Si l’opposition avait participé loyalement au scrutin, on peut imaginer qu’en 2005 les pourcentages eussent été du même ordre. Pour l’oligarchie et l’impérialisme la présence à l’Assemblée nationale n’est pas un objectif stratégique. L’opposition vénézuélienne ne se trouve pas dans la situation d’un parti de gauche qui jugerait, avec raison, que d’entrer dans une assemblée parlementaire est une grande victoire, une avancée stratégique. Quelques militants de gauche devenant députés peuvent gagner en surface médiatique et en aura politique. Dans certains pays cela peut même représenter une protection, et c’est parfois pour un parti l’occasion de mieux se structurer, de se développer. Que la gauche emporte la mairie de Lima, c’est pour nous une grande victoire qui comble de joie toute la gauche latino-américaine. Cependant toutes ces considérations ne sont pas pertinentes pour l’opposition vénézuélienne : la droite emporte la mairie de Caracas, cela ne change pas grand-chose à sa capacité d’action. Elle dispose déjà des ressources de l’immense capitalisme vénézuélien, médias compris, des confédérations patronales, des confréries de professionnels indépendants organisés, du système de distribution économique, etc. Culturellement, l’opposition contrôle encore bien des rouages décisifs. Le monde universitaire traditionnel, l’un des filtres d’accès à la bourgeoisie, est encore souvent contrôlé par l’opposition. Toutes les universités catholiques cultivent le militantisme anti-chaviste, et c’est également le cas de bien des universités publiques. Enfin last but not least l’opposition dispose de toutes les forces de l’impérialisme – en  fait c’est même plutôt le contraire.

   

Stérilité politique de l’opposition  

Au cas où l’opposition vénézuélienne s’astreindrait à venir parler politique dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, elle pourrait bien, en raison de son propre caractère composite, se retrouver piégée. Elle est truffée de cadres qui se prétendent de gauche, pour des raisons bassement électoraliste le plus souvent. Or, au sein de l’opposition c’est la droite qui commande.  

Que se passerait-il à l’Assemblée nationale en cas de débat pour la privatisation de l’entreprise CANTV, grande entreprise de téléphone, jadis d’État, privatisée avant la Révolution , puis à nouveau nationalisée sous Chávez ? Pour la politique étrangère le débat risque d’être très tendu à l’intérieur de l’opposition sur des sujets aussi importants que l’ALBA ou l’UNASUR. Le député Stalin González, sous-marin bien connu du parti « maoïste » Bandera Roja, pourra-t-il longtemps pratiquer le propos alambiqué ? Lorsqu’il sera en réunion avec María Corina Machado, caricaturale représentante de l’oligarchie traditionnelle, de quoi parlera-t-il ? Andrés Velásquez, ancien syndicaliste, vainqueur de l’élection présidentielle volée par Rafael Caldera en 1993, pourra-t-il résister au plaisir de faire faux bond aux truands de la IVème République  ? Les députés qui affectent de faire croire qu’ils sont de gauche pourront-ils, avec la droite décomplexée, défendre le patronnat étranger face à la législation sociale avancée de la République bolivarienne ?  Sur les thèmes de société les 65 députés s’aligneront-ils tous sur les positions extrémistes de l’Église vénézuélienne ?  

Le Chávez manœuvrier pourrait s’en donner là à cœur joie, avec ses coups de barre à gauche, ses coups de barre à droite, et dans toutes les autres directions. Des débats vont nécessairement s’ouvrir, qui certainement gêneront l’opposition, alors que les chavistes se présentent comme bloc politique de granite.

   

52% pour l’opposition, 100% mensonge  

Les résultats électoraux du dimanche 26 septembre dernier ont été présentés comme une victoire par l’opposition vénézuélienne. Elle a très vite affirmé avoir rassemblé 52% des électeurs, précisant que les chavistes battus dans les urnes avaient davantage de députés en raison de trucs et de magouilles. Últimas Noticias, le quotidien le plus lu du pays, présenté comme chaviste par Reporters Effrontés, titre : « MUD logró 52% del voto popular » (soit «  La MUD obtient 52% des voix »). Le quotidien El Nacional titre : « MUD : Candidatos representados en la unidad recibieron el 52% »  (soit « Selon la MUD , les candidats représentés dans l’alliance ont reçu 52% des voix »). Le quotidien Tal Cual sous le titre « Ganan y sin embargo pierden » (soit « Ils gagnent et pourtant ils perdent ») écrit : « Le dirigeant de la MUD Ramón Guillermo Aveledo affirme que l’opposition a obtenu 52% des voix »El Universal titre « Unidad asegura que obtuvo el 52% de los votos » (soit «  La MUD affirme avoir obtenu 52% des voix »). Ce ne sont là que quelques échantillons de la presse vénézuélienne que certains décrivent comme « muselée » par le très autoritaire président castriste du Venezuela. Le chiffre de 52% a également été diffusé par la presse française et par la presse états-unienne.  

En fait la MUD obtient 5 320 364 voix, soit 47,16%, et les chavistes 5 423 324 voix, soit 48,19%. Il n’est pas du tout normal que la MUD s’auto-octroie toutes les voix non chavistes, comme il ne serait pas normal que les chavistes s’attribuent toutes les voix non-MUD. Le PPT, qui obtient 353 709 voix, est de plus politiquement proche des bolivariens, même s’il est vrai que Chávez, parfois radical, a publiquement reproché à ce parti d’avoir intégré dans ses rangs le gouverneur Henri Falcón. Le parti MEP, également extérieur aux deux grands blocs, est lui-aussi plus proche de Chávez que de l’opposition. Une fois convaincus leurs électeurs qu’ils avaient gagné les élections, comme souvent, les dirigeants de l’opposition ont bien voulu accepter l’idée qu’ils n’avaient pas gagné les élections.  

Une autre polémique a alors surgi en raison de la différence dans les proportions, en voix et en sièges. La MUD a 47% des voix mais obtient à peine 40% des sièges, les chavistes ont 48% des voix et presque 60% des sièges. Chávez a expliqué à la journaliste de RFI Andreína Flores, qui avec insistance l’interpellait sur ce point, que les bolivariens ont aussi, à une plus petite échelle, été victimes de ce genre de déséquilibre. Dans l’État du Zulia les bolivariens ont obtenu 45% des voix, mais ils n’ont que 3 députés sur 15, soit 20%. Dans l’État d’Anzoátegui l’opposition obtient 52,24% des voix, lesquelles se transforment en 7 députés, soit 87,50% des sièges de l’État. Autre facteur important, les chavistes sont souvent majoritaires dans les provinces, et cela est un avantage. Les électeurs des États ruraux sont en effet surreprésentés parce que l’Assemblée nationale est en partie l’héritière du Sénat de la IVème République où ce déséquilibre était de rigueur. Finalement les classes aisées ont tendance à résider en des zones très homogènes socialement. Dans certaines zones, comme à Baruta et à Chacao, l’opposition emporte largement plus de 80% des suffrages. Le pays « normal » est plus mixte, socialement et politiquement.   

   

Tassement du vote chaviste  

Il reste vrai que ces résultats sont inquiétants pour le mouvement bolivarien. L’opposition est maintenant capable de réunir facilement plus de 5 millions de voix – c’est la deuxième fois. Dimanche 26 septembre 2010 il ne s’en est pas fallu de beaucoup que l’opposition ne fût majoritaire, quelque 100 000 voix de différence sur 17 millions d’inscrits. Depuis 2006 l’opposition croît et beaucoup croient encore au Venezuela que ce n’est pas très important parce que Chávez garantit à la Révolution les victoires électorales nécessaires. Nous pourrions prendre les chiffres des représentants au Parlement latino-américain, qui ont été élus sur des listes nationales, également le dimanche 26 septembre. Les chavistes obtiennent une victoire un petit peu plus nette, la différence atteignant en ce scrutin presque 200 000 voix.  

Cela ne change rien au rapport de force global dans les joutes électorales. Chávez avait obtenu 7 gros millions de voix en décembre 2006. La tendance global pour les chavistes est bien au tassement, même s’il est perceptible que l’électorat révolutionnaire continue d’exister, ne se mobilisant en force que quand la figure de Chávez est l’enjeu. Ainsi lors du référendum pour l’amendement constitutionnel en février 2009 Chávez avait obtenu plus de 6 millions de voix.  

Après la victoire de l’opposition lors du référendum pour la réforme constitutionnelle de fin 2007 Chávez avait parlé de la nécessité d’adopter la stratégie des 3R : « Réviser, Rectifier et Ré impulser ». Certains documents avaient repris ces trois orientations, certains les avaient même transformées en slogan. Mais les faits, comme souvent, n’ont pas suivi les slogans. Le dimanche 3 octobre 2010, une semaine après les élections, le président lui-même souligne dans Las Líneas de Chávez que le haut niveau de mobilisation observé pendant la campagne électorale ne s’est pas traduit en votes effectifs, ce qui revient à admettre que le compte des voix n’est pas satisfaisant. Chávez indique donc qu’« une vigoureuse relance des 3R s’impose, maintenant au carré (…) », si bien que « la formule d’aujourd’hui c’est 3R² ! », avec une petite nuance : « Réviser, Rectifier et Relancer ». Il propose aussi d’ouvrir « un ample débat interne sur la base de ce qui était la proposition électorale : ‘‘Le Peuple à l’Assemblée !’’ ». Ce slogan électoral doit, poursuit le président, « devenir notre devise et notre praxis, avec efficacité politique et qualité révolutionnaire. »  

Vladimir Acosta, brillant intellectuel vénézuélien qui accompagne la Révolution bolivarienne, s’exprime sur Radio Nacional de Venezuela (RNV) (www.aporrea.org/actualidad/n166947.html). Il signale qu’il y a « une tendance inquiétante » dans l’évolution des scores électoraux. « C’est un avertissement, et ce n’est pas le premier avertissement », insiste-t-il. Acosta propose ensuite quelques explications très vraisemblables. Il parle d’une gestion « arrogante », de citoyens qui se sentent « humiliés » dans les services publics, de « bureaucrates inefficaces », etc. Il signale le mauvais fonctionnement de certains services, où le public souffre, ce qui provoque « lassitude » et « déception ». Les voix que Chávez gagne en campagne avec son enthousiasme communicatif sont en effet neutralisées par le nombre des ex-électeurs chavistes refusant de voter, « las » de s’être trop heurtés à des bureaucrates insensibles.  

Durant la période parlementaire de 2001 à 2005, l’opposition avait plus de 80 députés présents dans l’Assemblée nationale. Ils étaient des acteurs mineurs des grandes offensives de l’opposition, en avril 2002, en janvier 2003, en août 2004, etc. Les forces les plus menaçantes étaient alors, plutôt, les grands médias, les militaires putschistes, les oligarques qui tenaient séquestrée l’économie pétrolière, etc., autant de dangers nettement diminués aujourd’hui. Espérons que les 65 députés qu’aura l’opposition entre 2011 et 2015 joueront le jeu du débat démocratique.  

Lula est très populaire, au Brésil comme à l’étranger, on parle parfois de 80% d’acceptation. Dilma Rousseff, la candidate qu’il soutient, a obtenu 44,63% des voix. 48,18% pour les chavistes au Venezuela, c’est donc somme toute un score très enviable au bout de onze années de navigation face à la tempête impérialiste.  

Il reste que des décisions simples, élémentaires et connues, doivent être prises pour éliminer certains inconvénients qui compliquent la vie quotidienne au Venezuela.

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 00:00

Par Jérôme Leroy

 

Publié le 2 octobre 2010 à 10h58            http://www.causeur.fr/one-more-time,7477          

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   C’est toujours ennuyeux, un dictateur qui gagne les élections. Le dimanche 26 septembre, le parti socialiste unifié vénézuélien (PSUV) et le parti communiste vénézuélien (PCV), les deux principales formations qui soutiennent le président Hugo Chavez ont remporté les législatives du 26 septembre. Apparemment, le peuple vénézuélien ne comprend rien à l’économie de marché, ni à l’actualité internationale. Il faudrait le dissoudre.

 

Pragmatique, donc très à gauche
On pourrait essayer par un coup d’Etat. Le coup d’Etat est une spécialité latino-américaine, mais contrairement aux empanadas, ce n’est pas dans les cuisines des barrios qu’on la prépare mais dans celle de la CIA.
Depuis quelques années, la CIA est occupée sur d’autres fronts et n’en finit plus de payer son inconséquence au moment du 11 Septembre. Ils en sont encore à rechercher des espions qui parlent arabes sans l’accent de Brooklyn. Cela laisse un peu de temps pour la construction d’un socialisme du XXIème siècle du côté de Caracas, Quito, La Paz, Managua, Montevideo. Il faut tout de même faire attention, la bête mord encore. Elle a déposé l’année dernière le président bolivarien Zelaya et l’a remplacé par un gouvernement de droite soutenu par l’armée. Zelaya, il avait fait fort, tout de même, avec son chapeau de cow-boy. Il avait été élu sur le programme d’Alain Madelin et s’était mis à faire la politique de Mélenchon. Par pragmatisme.
C’est dur à comprendre aujourd’hui, dans un monde de droite, mais dans certains pays, être pragmatique, c’est être très à gauche. Comme De Gaulle en 1945, tiens. Et puis, là, ces jours-ci c’est Correa en Equateur qui a été obligé à coups de flingue de sortir l’hosto où il recevait des soins parce qu’une partie de sa police n’était pas contente.
Partout la gauche gagne des élections, en Amérique. Même la gauche à la Lula qui est une gauche très raisonnable qui plaît à la droite. En même temps, avec une croissance à 7%, c’est facile d’enrichir les pauvres sans appauvrir les riches. Lula est de gauche parce que le Brésil est riche. Le resterait-il s’il avait pris, comme le Venezuela, le choc de la crise mondiale de 2008 de plein fouet ? Chavez, lui, il l’est resté. Il a décidé que ce ne serait pas le peuple qui paierait. On n’est pas chez Sarkozy, il s’est dit, comme ça, Chavez. Moi je vais continuer à financer la santé gratuite, l’éducation pour tous et la consommation. Je vais même faire des magasins d’Etat. On y trouve la même chose que dans les supermarchés privés (qui existent toujours) mais en moins cher. Tant pis si monsieur Casino n’est pas content, on l’a nationalisé pour lui apprendre que la distinction valeur d’usage/valeur d’échange. Quand il s’agit de nourrir une population, ça ne se fait pas. Sinon après, on revient à la situation d’avant du Venezuela, potentiellement un des pays les plus riches d’Amérique Latine où l’on crevait de faim.
Il m’a toujours fait rire, d’ailleurs, cet argument d’un Chavez finançant le socialisme dans son pays avec sa rente pétrolière. Et alors ? On a l’impression, quand on entend ça, qu’il n’y avait pas de pétrole avant Chavez, que les gisements ont été découverts, coup de chance, juste après son élection de décembre 1998. Ils faisaient quoi, les gouvernements du Venezuela, avant, avec la rente pétrolière ? Et puis si tous les pays qui avaient du pétrole étaient des modèles de développement social et humain, ça se saurait. J’aimerais bien, moi, que l’Arabie Saoudite, elle se serve de son pétrole pour l’éducation des filles et l’émancipation féminine plutôt que de couper des mains et de lapider.

 

Un observateur international derrière chaque votant                                                        

  On aimerait bien pouvoir se dire que Chavez triche aux élections. Ce serait bien. Au Venezuela, qui a été le premier pays à initier ce mouvement que l’on appelle bolivarien et qui gagne tout le continent, il y a à peu près un observateur international derrière chaque votant. On ne sait jamais, c’est tellement vicieux, un vrai socialiste. Mais là, manque de pot, les seuls qui ont essayé de tricher dans la récente histoire électorale du Venezuela, c’est la droite. Une tentative de putsch particulièrement ridicule. Le président du Medef local, Carmona, s’est senti pousser des ailes en 2002 et a déposé Chavez en l’envoyant en prison pour moins de 36 heures après lesquelles une manifestation monstre comportant civils et militaires restés fidèles l’a ramené à son palais de Miraflores, qui ne sera pas la Moneda, désolé pour les nostalgiques de Pinochet.
Là, l’opposition a décidé de jouer le jeu démocratique. Elle s’est présentée et elle a été raisonnablement abjecte en jouant sur l’insécurité (tiens, tiens, tiens..) : on a notamment eu le droit à une photo de la morgue de Caracas en une de Nacional, le principal quotidien d’opposition. Il est actuellement poursuivi en justice pour ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une manip de type Timisoara. L’insécurité, ça n’a pas marché plus que ça, au Venezuela. Il faut croire que ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que le Venezuela souffrait avant Chavez de l’insécurité ET de la misère noire. Maintenant, il n’y a plus que l’insécurité. Ce n’est pas parfait, mais c’est mieux, surtout quand on vit dans une société plus juste. Ca nous rappelle ce que Ferrat chantait dans Cuba si, en 67 :
Je sais que l’on peut vivre ici pour une idée
Mais ceci est une autre affaire.
Incroyable, inouï, difficile à admettre, mais apparemment les pauvres ne se sont pas laissés avoir par la propagande médiatique. Mais comment, me direz-vous ? Chavez, ce dictateur, ne contrôle pas toute la télé ? Eh bien, non ! La première à annoncer les résultats électoraux, ce fut une chaine d’opposition, Globo TV, trop heureuse d’annoncer que la majorité des deux tiers permettant l’adoption de lois organiques ne serait pas atteinte par les partis chavistes.
Je suis très content pour la pluralité du PAV (paysage audiovisuel vénézuélien). Vraiment. Parce que moi, une télé d’opposition, en France, je n’en connais pas. Ah, si TF1, mais seulement quand la gauche est au pouvoir.
Bon, que nos libéraux ne pleurent pas trop. Il y a une élection au Venezuela en 2012. Une présidentielle, en plus. Chavez va s’y présenter. Il sera peut-être battu, le dictateur.
En attendant, puisque la même année, il y en a aussi une chez nous de présidentielle, je lui proposerais bien de faire candidat unique de la gauche de la gauche, à Chavez. Je pourrais enfin voter au premier tour pour un candidat qui fera un score à deux chiffres, ce qui ne m’est pas arrivé depuis…
Depuis jamais en fait.

 

Jérôme Leroy est écrivain.   http://www.causeur.fr/auteur/Jleroy

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 20:30

23 Septembre, 2010 

Humanité Quotidien  Enquête au Venezuela



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Ce 26 septembre, plus de 17 millions de Vénézuéliens vont élire leurs députés. Les partisans de la «révolution bolivarienne» entendent conserver une majorité confortable, essentielle pour les réformes à venir. Mais l’opposition de droite signe son grand retour sur la scène législative.

Les drapeaux s’agitent depuis les terrasses des foyers de briques multicolores qui grimpent sur les hauteurs du quartier populaire de San Agustín, dans le centre de Caracas. Passage de la longue caravane de véhicules aux couleurs du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) qui, dimanche 26 septembre, joue, dans les urnes, sa majorité absolue au sein de l’Assemblée nationale. Hymne officiel de la campagne des législatives aux rythmes enfiévrés, concours de Klaxon, la marée humaine rouge arbore ses slogans sur les   tee-shirts : «La terre appartient à tous et non à celui qui en possède le plus», ou encore «La révolution des droits, c’est le peuple législateur ».

Des milliers de militants socialistes s’étaient donné rendez-vous, dimanche dernier, au pied des barres insalubres de Parque central. Une démonstration de force à la veille des élections législatives, aux côtés d’Andreina Tarazon, la plus jeune candidate présentée par la formation du président Hugo Chavez, au terme de primaires internes où seuls 22 députés sur les 165 sortants ont été reconduits.

Occupation de l’espace public donc, dans un pays où la polarisation entre les forces soutenant le processus de la révolution bolivarienne – PSUV, Parti communiste (PCV), Tupamaro, entre autres – et l’opposition hétéroclite de droite et d’extrême droite rassemblée au sein de la Table d’unité démocratique (MUD) atteint des extrêmes. Occupation de l’espace public également dans une circonscription, la troisième de la capitale, où les deux camps se livrent une bataille acharnée. «Ce quartier englobe des couches populaires très pauvres mais également moyennes et hautes, explique Carlos Rodriguez, responsable du commando de campagne socialiste de Parque central. Nous partions avec une différence de plus 30 points que nous avons réussi à résorber. La motivation est là.» Et elle est d’autant plus nécessaire, assure le militant, que «le 26 septembre, on joue un pas important de la révolution. Il s’agit de construire des avancées qualitatives».

Sur l’avenue Bolivar, toute proche, les activités sportives côtoient les services d’aides à la population. «Faits sous le socialisme», proclament les banderoles de PDVAL, filiale publique de distribution de l’entreprise pétrolière PDVSA. Les étals proposent des produits de première nécessité, ou des fournitures scolaires à des prix défiant toute concurrence. «L’objectif est d’éviter la chaîne spéculative, en contournant les intermédiaires, et d’avancer vers la sécurité et la souveraineté alimentaire», affirme un employé de PDVAL.

Descendue de la colline de San Agustín, Rosa vient s’approvisionner à bon marché car sans cette aide, dit-elle, et «avec les prix qui ne cessent d’augmenter», elle ne pourrait pas faire face. Plus loin, un poste médical fait la promotion d’une campagne de vaccination. Les programmes sociaux – plus connus au Venezuela sous le nom de missions – ont constitué l’épine dorsale du projet développé cette dernière décennie. Le bilan de ces politiques permet d’ailleurs de comprendre la popularité dont jouit encore Hugo Chavez, notamment auprès de cette population paupérisée et tenue jusqu’alors en marge de la société.

La démocratisation de la santé, du logement, de l’éducation ont contribué à éradiquer l’analphabétisme, ou encore à réduire la pauvreté de 55% à 23%. Le taux de chômage est passé de 10,2% en 1995 à 7,5% en 2009. Ces avancées substantielles ont offert jusqu’à présent une confortable assise électorale au chavisme. Dimanche, l’Alliance révolutionnaire ne devrait d’ailleurs pas être inquiétée dans sa majorité. En revanche, l’enjeu du scrutin est de savoir si elle obtiendra les 2/3 des 165 sièges à pouvoir, seuil incontournable pour promulguer les grandes réformes ou modifier la Constitution.

« Cette majorité absolue est fondamentale pour le développement de cette révolution et son approfondissement», soutient Andreina Tarazon, la candidate du PSUV de la 3e circonscription. À l’inverse, «ce n’est pas seulement la révolution tournée vers tous les Vénézuéliens qui sera freinée mais également la solidarité internationale et les accords alternatifs», qui sont eux aussi votés au sein de l’Assemblée. La candidate de vingt-deux ans a axé sa campagne sur «la matérialisation des propositions émanant d’un peuple qui légifère», dans le cadre des conseils communaux, lieux d’élaboration politique et de contrôle social.

« Cette nouvelle assemblée implique de nouveaux objectifs», soutient Carolus Wimmer, responsable du Parti communiste vénézuélien, et candidat au Parlement latino-américain (Parlatino) dont le renouvellement a lieu également dimanche. «S’il convient de relever les avancées de transformation de cette révolution atypique, il faut également souligner qu’elle est d’abord une révolution de libération nationale avec une vision socialiste, poursuit-il. Pour sortir de l’actuelle domination et avancer vers une économie et une organisation sociale et populaire alternative, la lutte prend désormais un caractère de classe.» En ce sens, insiste le député sortant, les conseils communaux, comme les conseils socialistes des travailleurs, chers à la formation communiste, «doivent déboucher sur des nouvelles conceptions et consciences de la propriété sociale».

C’est là l’autre enjeu de l’élection. Le camp présidentiel mettra-t-il le coup de collier à même de changer la nature même de l’État? Les transformations ont certes été importantes ces dix dernières années. Ce pays, doté d’immenses ressources pétrolières, reste pauvre, et peine à se défaire d’une culture rentière. Les intrusions, à commencer par celles des États-Unis, les coups d’État, qu’ils soient institutionnels ou économiques, de la part d’une opposition ouvertement financée par la première puissance mondiale, ont pesé dans le développement des desseins nationaux. Mais ces tentatives de déstabilisation n’expliquent pas les écueils. «Il nous faut regarder les expériences qui ont échoué, comme les coopératives, estime Carolus Wimmer. Des changements sont nécessaires dans l’appareil d’État, car des failles se répercutent négativement sur le peuple.» Selon le responsable communiste, «la corruption, la bureaucratie et l’inefficacité sont les trois ennemis visibles et invisibles, même s’ils sont d’abord l’héritage du système dominant vieux de deux siècles». À ces points noirs s’ajoute une inquiétante inflation (en moyenne de 22,2%). Bien que nettement inférieure aux précédents gouvernements de Carlos Andres Pérez ou de Caldera (respectivement 45,3% et 59,6%), elle n’en annule pas moins les politiques d’augmentations salariales (20%). Autre fléau préoccupant: l’insécurité. En 2009, le taux d’homicides a dépassé le nombre de 19000 morts, dont près d’un quart sont imputables à la garde nationale et à la police malgré les efforts tardifs pour créer une nouvelle force de sécurité en vue d’éradiquer ce problème. Problème que l’opposition exploite pour rassembler son électorat mais également les couches populaires, premières victimes de cette violence, même si le discours accusateur, selon lequel Chavez conduirait le pays au chaos, ne semble pas prendre.

« Ici, on construit la Caracas socialiste. Communauté de Santa Rosa.» Aux abords de l’immense chantier de futurs logements sociaux, la caravane de l’opposant Richard Blanco, de l’Unité démocratique, pousse les amplis, en attendant l’arrivée triomphale du candidat de la droite. Arrêté et emprisonné pour avoir frappé un policier, le président de l’Alliance, Bravo Pueblo, se présente volontiers comme un «prisonnier politique». Aux côtés de Stalin Rodriguez, leader du mouvement étudiant Les mains blanches et prétendument apolitique, Richard Blanco affiche sa confiance pour ce dimanche. «Nous voulons un meilleur pays, déclare-t-il. Un pays où la tolérance et la réconciliation existent, particulièrement au sein de l’Assemblée nationale.»

Divisée et atomisée par les succès électoraux du président Chavez, l’opposition avait boycotté le précédent scrutin législatif dans une vaine tentative de discréditer la majorité issue des urnes. Changement de stratégie donc, dans l’espoir de mettre un terme au «communisme» qui serait à l’œuvre au Venezuela. «Ce régime qui ne tolère pas, qui emprisonne, et qui divise», jure Richard Blanco. Son programme? «Ce que veut le peuple, le sauvetage des valeurs», assure-t-il, avant d’étayer: «Nous allons faire en sorte que la Constitution soit respectée. Il ne s’agit pas de faire plus de réformes mais de créer plus de services pour les citoyens, le plein-emploi et ouvrir la porte aux investissements étrangers. Nous allons faire une loi de sécurité sociale où la mère au foyer, qui fait le ménage et s’occupe de ses enfants, puisse recevoir une allocation permanente.»

Le discours, rodé, n’est pas à une contradiction près. Ces onze dernières années, l’opposition n’a eu de cesse de démolir la Constitution, en la présentant comme le jouet de Chavez. Les investissements privés ont considérablement augmenté, au point de peser pour 65% du PIB. Quant aux aides aux mères au foyer, elles existent au travers de la mission Madres del barrio…

À quatre jours du scrutin, la droite, qui va pourtant refaire son entrée dans le Parlement, crie déjà à la fraude. Des accusations dont elle use systématiquement à chaque élection, en dépit de la présence massive d’observateurs et d’organismes internationaux, telle la fondation de l’ex-président états-unien Jimmy Carter, qu’on ne saurait accuser de complaisance à l’égard de la révolution bolivarienne. Ainsi va la démocratie versus communisme, selon l’opposition. Les drapeaux, eux, continueront de flotter lors des dernières caravanes prévues aujourd’hui dans la capitale. Rideau de fin de campagne mais pas de l’affrontement…

Caracas (Venezuela),envoyée spéciale. Cathy Ceïbe

http://www.humanite.fr/node/454063

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