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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 16:49

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Carola Chavez     http://carolachavez.blogspot.com/      lundi 20 juin 2011 
 

En ces heures où le débat est servi et que les révolutionomètres mesurent tout ce qui bouge – vers la droite ou vers la gauche, où l’on exige des définitions préétablies sous peine de pêcher par hérésie, en ces instants où les chaussures me serrent les pieds et où les bas me font transpirer, maintenant plus que jamais je me définis comme chaviste.

Ohhh sacrilège ! crieront certains et moi je les laisserai crier comme si mes oreilles disaient « sourds ! » … « Mais qu’est-ce que le chavisme ? » osera encore quelque incrédule.

Le chavisme, selon ce que je comprends chavistement, n’est que la somme des volontés en faveur d’un objectif commun. Un large mouvement, ouvert aux vieilles béates, aux athées fervents, aux peintres au gros pinceau, aux artistes conceptuels, aux professeurs, aux couturières, aux violonistes de conservatoire, aux guitaristes du coin de la rue, aux paysans, aux mototaxistes, aux femmes qui emmènent leurs enfants à l’école - publique, privée, laïque ou religieuse -… Des gens différents qui trouvent trop serré le corset de la gauche et qui rejettent l’idiotie de jouer contre eux-mêmes en pariant sur la droite.

Le Chavisme est un mouvement national et aussi populaire. Quelque chose qui surgit de nous-mêmes et que nous allons développer à partir de la nécessité de construire notre Patrie en rêvant à la Grande Patrie. Tel est l’objectif commun qui rassemble des gens aussi différents : la Patrie, mais pas n’importe quelle patrie. Une patrie à nous, juste, libre et souveraine.

Pour y arriver nous devons opérer des changements ou faire des révolutions que nous définirons nous-mêmes et que nous mesurerons selon nos aspirations, autrement dit il n’y a pas de révolutionomètres préfabriqués. Nous avons à mener nécessairement une révolution sociale pour atteindre la justice, une révolution technologique, indispensable en cette époque pour atteindre la souveraineté, et une autre, culturelle, pour arriver à être vraiment libres.

La liberté commence par nous défaire des boulets résiduels de siècles de colonisation. Donc développer une pensée située dans notre contexte, gérer nos propres idées, nous citer nous-mêmes. Construire à partir de notre propre réalité, inventer des solutions à nos problèmes, reconnaître notre identité, l’exprimer sans complexes, sans essayer d’ajuster nos chaussures à des tailles qui ne sont pas les nôtres… marcher à notre pas, sans tuteurs étrangers, sans références obligatoires.

Nous voulons écrire notre histoire avec nos mots, avec nos faits, avec nos erreurs et nos méthodes, inventer nos méthodes, créer nos doctrines. Nous nous refusons à croire que tout a déjà été inventé.

Le Chavisme est l’expression politique du peuple vénézuélien face à sa propre réalité, c’est pourquoi je crois qu’il faut apprendre du chavisme au lieu d’essayer de lui apprendre comment il doit être. Tout le reste serait arrogance...

Traduction (FR) : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

Source : http://carolachavez.blogspot.com/


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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 16:43
ERNESTO VILLEGAS, journaliste vénézuélien

jeudi 23 juin 2011

Un ton de déception est perceptible dans certains textes qui circulent dans les cercles de gauche à la suite de la déportation du colombien Joaquín Pérez Becerra, directeur de l’agence Anncol, et de l’arrestation dans l’état de Barinas du commandant Julian Conrado, membre de l’Etat Major des FARC.

On peut critiquer l’envoi de JPB en Colombie et œuvrer pour le droit de Conrado au statut de réfugié, mais de là à dire « je jette l’éponge et je ne joue plus », il y a une sacrée distance.

Essayer de comprendre les raisons de Chavez avant de le traiter de « traître » demande une certaine dose de compréhension. A peine un pourcentage de la compréhension nécessaire, par exemple, pour tenter de digérer les raisons des FARC d’avoir perpétré quelque chose d’aussi brutal que la prise d’otages civils, militaires et policiers pendant des années et sans jugement.

Il y eut un temps où les groupes révolutionnaires de tout le continent, dont des vénézuéliens, prenaient des avions et les déviaient vers Cuba. Vint le jour où le gouvernement cubain, soumis aux normes internationales, mit fin à cette pratique : il souscrivit une convention selon laquelle les responsables de telles actions seraient remis aux pays qui les réclameraient pour les juger. J’ignore si quelqu’un accusa alors Fidel de trahison. Il y eut, je crois, compréhension.

En septembre dernier, les FARC et l’ELN ont signé un accord pour stopper les combats entre les deux groupes dans l’Arauca colombien. De manière insolite, ils venaient de causer de nombreuses victimes mortelles entre eux et parmi les paysans de la zone. “Nous avons réalisé une profonde réflexion sur les causes qui ont motivé la confrontation et nous travaillerons pour apporter des solutions, mais surtout en évitant de répéter dans l’avenir une aussi grave erreur. Nous sommes autocritiques dans la reconnaissance des dommages et des souffrances subis par la population, ce sont des épisodes douloureux et les conséquences sont lamentables. Nous présentons par conséquent nos sentiments de considération et nos excuses à toutes les victimes”, dit un texte signé par les FARC et par l’ELN, diffusé par Anncol le 14/09/2010.

Pour certains il est plus difficile de se mettre dans la peau de Chávez que de comprendre, par exemple, les erreurs de la guérilla colombienne. Il est possible que cela soit du au manque d’explications à l’intérieur et à l’extérieur du Venezuela, ainsi qu’à la manière brutale avec laquelle sont accomplies certaines décisions. Il ne suffit pas que le leader assume la responsabilité des décisions pour fermer un débat.

Mais, par chance le peuple en général semble comprendre, lui, que Chávez marche en politique interne et externe sur un champ miné, plein de pressions et de guetteurs à l’affût, avec des alliances tactiques qui lui permettent d’avancer lentement dans la stratégie, et avec des passifs tels que la situation des prisons, dont la solution structurelle ne dépend pas de sa volonté exclusive. Ces gens simples prient en ce moment pour que Chávez achève de se rétablir à Cuba et rentre rapidement au palais présidentiel de Miraflores. Il suffit de voir la troupe qui veut le remplacer pour savoir que l’alternative ne lui ressemblerait en rien, pas même à Lula mais à Alvaro Uribe. Cela dresse les cheveux d’imaginer le pétrole vénézuélien au service, non de la paix et de l’intégration, mais de la guerre et de l’impérialisme. Loin de nous, mauvais œil ! Prompt rétablissement, commandant.

ERNESTO VILLEGAS POLJAK, journaliste vénézuélien.

Traduction (FR) : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1660&lang=fr

Fuente : Ciudad Caracas, http://www.ciudadccs.info/?p=183925


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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 15:57
Quand Pierre Bourdieu rencontre Simon Bolivar...

samedi 11 juin 2011

La vaste Mission Logement Venezuela récemment lancée par le gouvernement bolivarien, a suscité des réactions abondantes et divergentes dans la population. Alors que des centaines de milliers de citoyen(ne)s se sont rendus massivement aux points d’inscription sur les places publiques, réaffirmant leur participation à cette mission, la droite vénézuélienne pari

e sur l’échec de cette initiative de politique sociale du gouvernement.

Parmi ses arguments, il y a “l’inviabilité” de cette mission. C’est le même argument qu’elle a utilisé il y a une décennie contre les objectifs ambitieux de réduire la pauvreté, de garantir la santé et l’éducation que proposait le premier plan de développement de la nation. Ceux-ci sont aujourd’hui des réalités palpables, validées non seulement par le peuple vénézuélien comme principal bénéficiaire mais aussi par les organismes internationaux de référence et par le cadre normatif dans la protection de ces droits formé par l’ONU, l’UNESCO, l’Organisation Mondiale de la Santé, entre autres.

Aujourd’hui, malgré le rejet de ces politiques par l’opposition, la population opte avec enthousiasme et espoir pour une stratégie qui renoue avec l’obligation politique et morale d’un état qui construit des garanties et prend sur lui la grande dette sociale que l’élite bourgeosie a toujours invisibilisée.

Le rêve social et cette espérance se reflètent dans notre enquête de mai 2011. 74.3 % des vénézuéliens considèrent que cette mission contribuera à la solution du problème du logement. Ce chiffre monte à mesure qu’on descend dans les classes sociales. Les chiffres vont de 78.4 % dans la classe D, à 76.9 % dans la classe E. La “mission logement” reçoit son plus grand appui parmi les jeunes avec un taux de 79,9 %.

De la même manière 63.5 % de la population croit que le gouvernement respectera ses engagements de construire ces logements. Ces fortes attentes sont plus grandes dans la classe D (65,5 %), la classe E (70,1 %) et la jeunesse (66,9 %).

Question : pourquoi l’opposition vénuézélienne commet-elle de nouveau l’erreur d’affronter une politique qui approfondit la qualité de vie de la population ?

Nous croyons que trois éléments expliquent cette réaction :

1. - La culture égalitaire va contre la logique culturelle de la distinction bourgeoise. L’opposition est l’expression politique de cette élite qui pendant 50 ans au gouvernement a fait preuve d’avarice, accaparant la rente pétrolère alors que les exclus ne trouvaient pas d’espace dans la ville. Cette élite n’a pas construit un tissu industriel capable d’absorber l’immense vague de migrants ruraux et n’a pas permis une appropriation ordonnée des espaces urbains par cette population émigrée. La construction sociale de l’espace a été le produit de la lutte des habitants, qui a tourné à leur désavantage en les repoussant dans les cordons de quartiers populaires et les a obligés á développer des processus d’urbanisation en zone inapte et avec des matériels inadéquats.

La bourgeoisie jouit culturellement de cette ségrégation et de cette différenciation car la distinction spatiale a élevé son statut comme élite. C’est comme cela qu’ont surgi les “hauteurs” pour les pauvres et les “collines” pour les riches. Ce fut sans aucun doute une inversion morale propre du capitalisme : se sentir bien quand on est différent et qu’on a plus, tandis que d’autres n’ont rien.

2. - L’inexistence dans le camp de l’opposition, d’un programme alternatif politique et social différent de la recette néo-libérale qui a été rejetée par la mobilisation sociale de 1989, la mobilisation militaire de 1992 et par la mobilisation électorale de 1998. Faute de programme, l’opposition n’a pu que parier sur l’échec du processus bolivarien comme possibilité de prendre le pouvoir pour des secteurs méprisés et politiquement exclus. A chaque fois cette stratégie s’est révélée désastreuse pour eux car les bases populaires ont trouvé dans la proposition bolivarienne la dignité historique qui leur a toujours été refusée.

3. - La politique de création de garanties face au problème du logement qu’assume le gouvernement bolivarien, déstructure le logement comme marchandise, comme valeur d’échange et lui rend le statut de valeur d’usage lié à “l’être” plus qu’à “l’avoir”. En définitive, on brise la logique capitaliste du logement comme marchandise qui génère un excédent financier. On transforme le logement en un droit véritablement réalisable et réalisé, un droit qui va au-delà du formalisme annoncé dans la constitution et dans la déclaration de Vancouver, signée par l’Etat vénézuélien pour garantir le logement comme droit.

On connaît bien la phrase “le droit au logement ne peut être réalisé que dans le socialisme”, phrase qui a été vue comme un simple slogan de l’orthodoxie marxiste ; cependant on constate dans la réalité sociale que la bourgeoisie immobilière est par nature une bourgeoisie profondément financière, qui ne voit pas le logement comme une nécessité sociale mais comme un négoce hautement lucratif.

Sa voracité n’a pas seulement converti le logement en un bien positionnable sur le marché afin d’augmenter ses bénéfices, mais l’a conditionné à des offres sophistiquées qui ont engendré des pratiques usurières. La bourgeoisie a offert des crédits basées sur des formules d’intérêt mixte, sur des crédits indexés qui ont pillé les poches des vénézuéliens. C’est dans la nouvelle société qui se construit sur la base de critères socialistes que sont démontées ces pratiques d’usure, et qu’on a réussi à protéger des milliers de débiteurs.

Ensuite les entreprises financières et immobilières ont forcé des milliers de familles à subir l’escroquerie des préventes, des ventes sur plans jamais concrétisés, jamais remis. De nouveau c’est la révolution qui fut appelée à démanteler ces escroqueries et à protéger les victimes.

Toute cette impulsion politique qui situe le logement sur le plan du droit social, en lui retirant son signe mercantile, va requérir un haut niveau d’efficacité dans l’exécution des politiques du Gouvernement Bolivarien.

Le succès de cette mission consolidera la connection du peuple vénézuélien avec un processus qui l’a sorti des oubliettes auxquelles l’ont jeté 50 ans de farce démocratique. Son échec engendrera un climat de frustration qui éloigne les plus nécessiteux de leur unique voie vers le paradis : la révolution !

Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de l’efficacité révolutionnaire.

Jesse Chacón Directeur de la Fondation GISXXI

http://www.gisxxi.org/

Traduction (FR) : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve


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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:28

mercredi 1er juin 2011

Le vice-ministre de Développement Industriel, Carlos Farías, a annoncé que les travailleurs assumeront l’administration de Vidrios Venezolanos Extras (Vivex), industrie qui se consacre à la fabrication de vitres pour véhicules. Farías a souligné que les travailleurs de l’entreprise située dans la zone industrielle de Barcelona, municipalité de Bolívar, état d’Anzoátegui luttent depuis près de trois ans pour leurs revendications.

Il a indiqué que le décret 8.260, qui émane de la présidence de la république, constitue un acte de justice sociale envers les travailleurs. La disposition légale, publiée au Journal Officiel 39.685 du 31 mai 2011, ordonne la réquisition des biens meubles, immeubles et autres ajouts ou dépendances de VIVEX.

Les installations sont prêtes à fonctionner. Basiquement ce que nous avons à faire, c’est de préparer un projet, connaître le niveau d’investissement financier, le matériel et les ressources humaines qui manquent pour pouvoir la réimpulser” a expliqué le fonctionnaire du gouvernement bolivarien.

Il a souligné que le droit au travail de tous les employés de Vivex est garanti et il a rappelé l’importance de l’entreprise pour le gouvernement bolivarien dans le secteur de la production nationale d’automobiles pour la population.

De son côté le porte-parole syndical de Vivex, Jean Sabino, a rappelé que “après que les anciens propriétaires ont déclaré de manière frauduleuse la faillite et ont refusé de payer les droits aux travailleurs, nous, les travailleurs avons décidé de commencer la lutte pour réaliser nos revendications”.

Il a raconté comment pendant les trois dernières années le mouvement a organisé des réunions de travail et des assemblées avec les communautés voisines pour discuter des possibilités de réactivation de l’entreprise, et que de toutes les possibilités c’est la nationalisation qui a été retenue par la majorité.

Le syndicaliste Sabino a remercié le président Hugo Chávez pour cette décision de nationaliser l’entreprise et il a rappelé l’engagement de tous les travailleurs de Vivex d’impulser la production en faveur du peuple vénézuélien.

Sur le thème du contrôle ouvrier au Venezuela, on peut lire également : Venezuela, 24.05.2011. Les travailleurs de « La Gaviota » veulent approfondir le contrôle ouvrier

Source : http://www.correodelorinoco.gob.ve/...

Voir le reportage de VIVE Oriente en espagnol

Traduction : Thierry Deronne URL de cet article : http://www.larevolucionvive.org.ve/...


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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 18:46

 Elias Jaua "Il ne peut y avoir de changements sociaux sans confrontation                  avec le capital"

mercredi 4 mai 2011

Les deux dernières semaines ont vu une accélération sans précédent de la démocratie et de la révolution au Venezuela. Augmentation du salaire minimum de 25%, augmentation des salaires des universitaires et travailleurs du secteur public de 40 à 45%, financement par l’état d’un "new deal" en matière de logement qui va permettre la construction d’un logement décent pour chaque famille pauvre. Plan national de création d’ emploi pour 3,5 millions de chômeurs sur les 8 prochaines années. Le parlement discute actuellement de nombreuses lois structurantes : sur les droits du travail, sur la protection du pouvoir d’achat, contre la spéculation et les hausses de prix illégales, ou sur la démocratisation - à la suite de l’Argentine - du spectre radio et TV jusqu’ici monopolisé comme partout ailleurs par de grands groupes économiques. Cette loi équilibrera le patrimoine public des ondes - 33% pour le public, 33% pour le privé et 33% pour le secteur associatif, participatif.

Dotés de plusieurs milliards de dollars ces trois dernières années, 42000 conseils communaux appliquent le budget participatif que la gauche altermondialiste avait découvert à Porto alegre (Brésil) et mobilisent les citoyens dans la reconstruction de leurs services publics et d’un nouveau type d’état. La Mision Agrovenezuela vient de financer 34.000 producteurs agricoles à hauteur de 1,4 milliards de bolivars, pour ancrer définitivement le pays dans une souveraineté alimentaire qui refuse les biocarburants ou les OGM. De la CEPAL à l’UNESCO, de l’ONG indépendante chilienne Latinobarometro a la firme privée Gallup, les rapports publics récents indiquent que le Venezuela est devenu le pays le plus égalitaire de la région mais aussi celui où les citoyen(ne)s croient le plus dans la démocratie. Ces transformations en profondeur passionnent, mobilisent les vénézuéliens mais sont invisibles à l’extérieur. La gauche occidentale, qui vit un fort désamour des secteurs populaires, impuissante face à la montée de l’extrême-droite, semble ignorer, voire mépriser, ces douze années d’une vaste construction du socialisme bolivarien et sa forte dose de démocratie participative. Une partie croissante d’entre elle préfère mettre son énergie dans des prises de distance médiatiques vis-à-vis de Chavez.

Au moment où la réalisation du programme historique de la gauche s’accélère au Venezuela, il nous a paru utile de rencontrer un personnage peu connu de la nouvelle génération révolutionnaire, et actuel vice-président de la République bolivarienne, Elias Jaua. Né à Caucagua, état de Miranda, il y a 41 ans, il est licencié en sociologie de l’Université Centrale du Venezuela (UCV). Avant d’être nommé au poste de vice-président de la république, il fut ministre de l’Agriculture et des Terres, ministre de l’Économie Populaire et chef du cabinet présidentiel.

Q/ Certains dirigeants de l’opposition viennent de dévoiler ce que sera leur programme électoral. Un thème qui, jusqu’ici, était entouré du plus grand mystère : il s’agit de privatiser tout ce qu’il y a à privatiser. Que vous inspire ce soudain élan de transparence ?

R/ Ceci met en évidence les contradictions internes de l’opposition. D’un coté, ceux qui se présentent comme sociaux-démocrates se sont lancés dans la promotion d’un programme électoral démagogique en prétendant faire croire au peuple qu’il est possible de construire un état social de droit et de justice avec un gouvernement de droite et sans confrontation avec le capital. Mensonge ! Le peuple sait bien que tout ce qui a été acquis au niveau de l’inclusion sociale, des pensions, de l’éducation et de la santé le fut à travers une confrontation avec le capital. Il est impossible d’y arriver autrement. (1) D’un autre coté, Le patronat, qui finance l’opposition, trouve le programme électoral présenté par ce secteur, pour le moins indigeste. C’est donc sous la pression du patronat qu’un autre secteur de l’opposition exprime plus ouvertement l’objectif réel de leur projet à savoir la restauration du système de domination du capital sur l’État et les politiques publiques.

Q/ Et dans le camp révolutionnaire ? Il y a des dirigeants qui devraient croitre mais dont l’évolution semble limitée par le leadership d’Hugo Chavez. Cela n’engendre-t-il pas une pression interne dangereuse pour le camp bolivarien ?

R/ Non. Nous qui accompagnons Chavez, avons la maturité politique nécessaire et un idéal commun. Ceci nous permet de comprendre que cette période est marquée par le leadership d’Hugo Chavez. En tant que dirigeants issus de la révolution, désignés, formés et stimulés par Chavez, notre rôle est d’accompagner le leader que le peuple s’est choisi. Chavez n’est ni le fruit d’une imposition , ni issu de primaires , ni d’aucun décret. La légitimité de son pouvoir est née des espérances et des aspirations de notre peuple. Aucun de nous n’éprouve de complexes à cet égard.

Q/ De fait, le président a déclaré que l’actuel cabinet ministériel est le meilleur qu’il est eu en 12 ans. Quel est le secret de ce succès ?

R/ Il faudrait le lui demander. Je dirais cependant qu’aussi bien dans la direction du parti (PSUV) qu’au gouvernement, après tant de remaniements, de trahisons et de déceptions, le président est parvenu à conformer une équipe homogène politique et idéologiquement.

Q/ Les spécialistes du PSUV assurent que vous êtes à la tête d’un courant interne. Existe-t-il un « jauisme », à qui s’opposerait-il ?

R/ Non, cela n’existe pas. Je peux le nier et ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas partisan de ce genre de choses. Je suis bolivarien, socialiste et chaviste. C’est le seul courant auquel j’appartienne. Je me suis efforcé de contribuer à ce que les positions se basant sur des tendances personnalistes ne fassent pas partie de la révolution. Je crois au débat d’idées au sein de notre parti et de notre projet, à la lutte contre les déviations et le réformisme mais ceci ne saurait être personnalisé.

Q/ Mais en tant que jeune et ex-membre de Bandera Roja (1), comment vous traite la droite endogène, à l’intérieur du camp bolivarien ?

R/ Je me demanderais tour d’abord, s’il existe vraiment une droite endogène. Ce concept est utilisé comme une accusation par certains secteurs du chavisme. Je n’y souscris pas car ce concept n’a pas d’existence organique. Les idées de droite seront toujours présentes dans une révolution aussi ample et démocratique que la nôtre, mais l’orientation stratégique claire, courageuse et décidée du président Chavez élimine de fait toute possibilité qu’auraient ces idées de devenir hégémoniques au sein du parti ou de la révolution.

Q/ Que vous inspire la présence de Bandera Roja (BR) dans la Mesa de Unidad Democratica (MUD, regroupement de la droite vénézuélienne) ?

R/ Ceci a été digéré il y a longtemps car nous fumes expulsés de Bandera Roja (1) en 1991 à l’issu d’une rupture interne. Maintenant, tous ces mauvais exemples de dirigeants de gauche se retrouvant dans les rangs de la droite ne font que renforcer notre éthique mais aussi la conviction que ce triste rôle de traitre est exactement celui que nous ne voulons pas jouer.

Q/ Vous faites partie de l’équipe opérationnelle de ce gouvernement. Qui de mieux placé que vous pour nous dire quelle serait le problème interne le plus grave ? Le bureaucratisme, le manque d’efficience, la corruption, la culture capitaliste ?

R/ Ce qui nous a manqué jusqu’ici, c’est la capacité de suivi et de contrôle dans notre gestion. C’est cette défaillance qui nous rend vulnérable à tous ces maux. Quand nous aurons réussi à exercer un suivi et un contrôle sur notre gestion, aucun de ces fléaux ne pourra prospérer. Pour sur, cette faiblesse démontre que nous n’avons pas un État omnipotent contrôlant le moindre détail. Il faut une consolidation des institutions afin que ce contrôle soit possible.

Q/ Si on suit les analyses les plus pessimistes postérieures à l’intervention militaire en Libye, quand cela sera-t-il le tour du Vénézuéla ?

R/Une des grandes vertus du président et de la révolution bolivarienne est d’avoir empêché ce scénario avec beaucoup d’audace, une diplomatie courageuse, une capacité de nouer des relations avec différents pôles de pouvoir dans le monde et par le renforcement de l’organisation et de la conscience de notre peuple. L’impérialisme nous habitue depuis le Vietnam à agresser les peuples qu’il sait organisés et assez dignes pour défendre leur territoire et leur souveraineté. Nous allons continuer à lutter pour que notre pays ne soit jamais agressé.

L’effort de renouer des relations avec la Colombie par exemple a neutralisé les plans impériaux d’attaquer à travers un pays voisin et frère. Cela reste possible, en particulier vu la rareté du pétrole dans le monde, et c’est pourquoi nous devons nous préparer mieux chaque jour. C’est la meilleure barrière contre l’impérialisme.

“J’ai trait des vaches... et semé de la yucca”

Q/Le président a défié les grands propriétaires à un moment très difficile. Comment avez vous relevé le défi d’assumer le ministère de l’agriculture sans avoir trait des vaches ?

R/ Si, j’ai trait des vaches lorsque je suis allé me réunir avec les paysans de Mérida. J’ai coupé des bananes à Barlovento. Et j’ai aussi semé de la yucca (rires). Le thème de l’agriculture requiert beaucoup de directionnalité politique et de compréhension du phénomène social. Tout le reste, les aspects techniques, sont déjà élaborés et nous avons l’appui de puissances en la matière telles que la Chine, l’Argentine et le Brésil. Nous sommes arrivés dans ce secteur pour nouer un grand débat dans lequel ont participé tant la droite récalcitrante que les mouvements paysans. Les dirigeants patronaux du secteur privé n’ont pas voulu l’admettre publiquement mais ils savent que nous avons fait un grand effort pour arriver à des accords.

Q/Les avancées de la révolution agraire ont coûté beaucoup de sang. Pourquoi n’a-t-on pu faire justice dans les cas de paysans assassinés par des mercenaires des grands propriétaires ?

R/ Les cas de "sicaires" ne sont pas faciles, mais les assassins professionnels ne laissent pas de trace et dans la majorité des cas, ce sont des personnes qui viennent de l’étranger, commettent le crime et repartent. Sur ordre du commandant Chávez, on a cherché à garantir la sécurité sociale des survivants des victimes de ces assassinats. Dans les dernières années il y a eu moins de cas et ce sont des cas résolus par la police, certains auteurs matériels et parfois intellectuels ont été arrêtés. Deux grands propriétaires ont été arrêtés et un autre a fui du pays, un avis de recherche a été lancé contre lui.

Traduction : Yerko Ivan.

URL de la version FR de cet article : http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1525&lang=fr

Source : http://www.minci.gob.ve/entrevistas...

(1) ("Drapeau rouge". Organisation stalinienne des années 70, passée peu à peu à droite et qui a participé au coup d’état contre Chavez en 2002)


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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 12:06

Caracas, 2 mai 2011.

 

En 2007, dans le cadre de la naissante Unasur, s’est noué un débat intense autour des agrocombustibles. Rappelons que ces agrocombustibles (éthanol) d’origine biologique sont obtenus de manière renouvelable à partir de restes organiques. Ces restes proviennent en général du sucre, du blé, du maïs, du soja ou des semences oléagineuses.

Le débat s’est renforcé après l’accord entre Brésil et États-Unis pour impulser les biocombustibles. De son côté le Venezuela a considéré et considère toujours que l’éthanol mène à une réduction des terres destinées à la production des aliments et à la génération d’une monoculture qui décourage la production des aliments.

Le président Chávez a déclaré que le Venezuela n’acceptait la consommation des “agrocombustibles que si elle n’affecte pas les aliments”, et vient “complémenter le pétrole” afin de “ne pas enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire pour remplir les automobiles”.

Ce débat a acquis une signification plus forte dans la mesure où les agrocombustibles apparaissent comme l’élément structurant dans la crise alimentaire mondiale. L’impact est clair quand on calcule que pour produire cinq litres d’éthanol on a besoin de 230 kilos de maïs, une quantité qui alimenterait un enfant pendant un an.

Malgré les inerties héritées dans la production agroalimentaire, le Venezuela bolivarien a choisi la stratégie d’alimenter les gens, ce qui a permis d’atteindre une augmentation de 25% dans la consommation par habitant, en passant de 396,39 kg par personne/année en 1999 à 499,76 kg par personne/année en 2010.

De la même manière la production du maïs a augmenté pour garantir la souveraineté alimentaire et la consommation de la population vénézuélienne et non pour grossir les bénéfices du capital transnational qui se consacre de plus en plus à la production d’éthanol. Aujourd’hui selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), un tiers de la production mondiale de maïs est voué à la production de biocombustibles, au détriment de la consommation humaine et animale.

Cette stratégie de privilégier la production de céréales pour la consommation humaine, plutôt que son usage pour la génération d’énergie, n’est possible que dans une société qui se construit sur des critères socialistes. Dans le reste d’Amérique Latine et du monde, le contrôle du capital a mené à la consolidation d’un nouveau modèle appuyé sur les agrocombustibles.

Le nouveau mode capitaliste de développement rural amène la concentration de la terre de la part des transnationales, l’expropriation des paysans, leur expulsion violente ou leur réorganisation comme prolétariat agricole dépendant des grandes entreprises des agrocombustibles, où on les articule en modèles de tercérisation à partir de coopératives « paysannes » où on sous-traite l’exploitation de zones étendues sans respecter les relations de travail. Nous assistons à la radicalisation et à la consolidation du capitalisme dans l’agro et à la décomposition du paysannat comme classe et sa reconfiguration comme prolétariat.

Un autre impact dramatique des biocombustibles est la déforestation mondiale. Au Brésil, en particulier, les zones boisées du Mato Grosso ont disparu au fil des dernières années. L’agriculture mécanisée pour des cultures comme le soja a détruit les forêts.

Ces impacts ont amené les environnementalistes et les mouvements sociaux à conclure que la soi-disant recette qu’on a voulu nous vendre sur les agrocombustibles pour freiner les émissions de gaz et l’effet de serre, n’est qu’une escroquerie de plus produite par l’intérêt effréné du capitalisme.

Aujourd’hui, l’effet annoncé des biocarburants sur le changement climatique est une grande déception : alors qu’on produit de l’éthanol pour substituer le pétrole, le numéro d’affamés augmente et commencent à disparaître les grands poumons de la terre, dévasté par les machines et les grands latifundios transnationaux de soja, maïs et canne à sucre.

Caracas, 2 mai 2011.

JESSE CHACÓN. DIRECTEUR DE LA FONDATION GISXXI, EX-MINISTRE DU GOUVERNEMENT CHAVEZ.

Source : http://www.gisxxi.org/noticias/venezuela-contracorriente-maiz-para-alimentos-para-combustibles/

Traduction : Thierry Deronne


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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 16:02

lundi 25 avril 2011

Le Gouvernement National augmentera de 25% le salaire mínimum national en deux parties, à savoir de 15% le premier mai puis de 10% le premier septiembre 2011.

Ce salaire qui est déjà le plus élevé de l’Amérique Latine passe ainsi de 1.224 à 1.548 bolivars nouveaux. A cette augmentation il convient d’ajouter le bénéfice du ticket alimentaire et des diverses allocations sociales. C’est ce qu’a annoncé le président Hugo Chávez, lors du conseil des ministres qui a suivi les vacances de páques. Celui-ci a souligné que dans le secteur privé près d’um million de travailleurs percevront cette augmentation de salaire, obligation légale pour tous les patrons.

Il a expliqué que le salaire mínimum concerne 21,1% de la population économiquement active, tandis que le reste de la population économiquement active au Vénézuéla gagne un salaire supérieur.

Dans le secteur public l’augmentation bénéficie à 345 mille 877 employés, 62 mille 441 ouvriers et à deux millions 52 mille 295 retraités et pensionnés de l’Institut Vénézuélien de Sécurité Sociale (IVSS) pour un total de 2 millions 558 mille 613 persones.

TICKET ALIMENTATI0N POUR TOUS

“A ceci il faut ajouter le ticket alimentation et d’autres droits ou allocations qui forment le salaire intégral” a précisé le président en signant le décret portant modification de la loi qui règle ce droit. Les changements concernent l’élimination du minimum requis de vingt travailleurs par entreprise : le ticket sera un droit de tous les travailleurs indépendamment de la taille de l’entreprise et du nombre d’employés.

La loi oblige les patrons du public comme du privé à payer ce ticket alimentation à tout le personnel. Cette mesure bénéficie également aux travailleurs en congé comme c’est le cas des femmes enceintes ou des vacanciers.

Source : CIUDAD CCS Traduction : Thierry Deronne

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1512&lang=fr


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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 20:06

dimanche 24 avril 2011

 

Dans les rapports publiés à la fin de 2010 et au début de 2011 par la CEPAL, le PNUD et l’UNESCO, organismes de l’ONU, et selon les récentes mesures faites sur base de l’indice GINI, entre autres études, le Venezuela apparaît d’ores et déjà comme la nation la plus égalitaire de la région.

Or, une récente enquête de la firme privée Gallup (avril 2011) place le Venezuela au sixième rang mondial avec 5 % de plus que les Etats-Unis, pour la perception qu’a la population de son bien-être pour les cinq prochaines années. 64 % de la population considère en effet qu’elle jouit de bien-être.

A la fin de l’an dernier l’ONG chilienne indépendante Latinobarometro avait enquêté sur ce thème et conclu dans son rapport que le Venezuela figure aussi parmi les premiers pays de la région latino-américaine où les citoyen(ne)s croient dans la démocratie (à 84%).

 

Tenant compte de l’envolée des cours du pétrole, et des hausses astronomiques de bénéfices des compagnies pétrolières, le gouvernement bolivarien vient de décider de relever le taux de taxation des entreprises privées qui possèdent des concessions d’exploitation du pétrole vénézuélien, afin de redistribuer à la population ces fonds en multipliant les programmes sociaux (santé, éducation, infrastructures diverses).

Une nouvelle augmentation du salaire minimum, qui est déjà le plus élevé de l’Amérique Latine, sera décrétée cette semaine. Le président vénézuélien Hugo Chavez a confirmé que cette semaine débuteront également des programmes sociaux sur l’habitat et la souveraineté agroalimentaire. Le président a aussi annoncé le début, ce 29 avril 2011, de la seconde étape de la Mission Agro Venezuela, en vertu de laquelle des centaines de milliers de producteurs agricoles (petits et moyens) reçoivent une aide gouvernementale qui prend la forme de financement, crédits, vente des machines, des outils et d’autres facilités en échange de leur contribution pour garantir la souveraineté alimentaire.

 

 

 

 

Dans ses déclarations, il a signalé que le coup d’envoi de la Mission Habitat Venezuela, sera donné à la fin du mois. Pas moins de deux millions d’appartements seront construits durant les sept prochaines années, ce qui a mené à revoir à la hausse les indices de croissance pour l’économie vénézuélienne.

 

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1510

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 17:08

 

Le court métrage "MIRA"  (Regarde)  dirigé par Daniel et Juan Carlos YEGRES de la Coopérative HUMANA est la première fiction sur les événements du 11 avril 2002.

 

« Ce film est un hommage à toutes les victimes des événements du 11 avril, non seulement à ceux qui y ont perdu la vie, mais aussi à leur famille et à ceux qui les ont vécus directement et porteront toujours le poids de ce drame. »

Le matin du 11 avril, deux frères aimants et une mère attentionnée… Mais l’un des frères est un des francs tireurs de Puente LLaguno.

 

                                     

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 19:50

Eva Golinger  Le 18 février 2011 

 

Le gouvernement états-unien se prépare pour l’élection présidentielle vénézuélienne de 2012 en demandant des fonds pour soutenir les organisations anti-chavistes et pour aider à lancer un « candidat » qui se présentera contre Chávez. Les Républicains, quant à eux, demandent un « embargo » contre le Venezuela.

 

Le président Barack Obama a présenté au Congrès un budget de 3700 milliards pour 2012, le plus élevé de l’histoire des États-Unis. Il prévoit d’importantes baisses dans les programmes sociaux et dans les emplois publics fédéraux partout dans le pays, mais il prévoit une ligne budgétaire pour le financement des organisations anti-chavistes du Venezuela.

 

Sur ces 3700 milliards, 670 milliards iront au Pentagone, dont le budget continue de croître, 75 milliards aux différents services d’intelligence et 55,7 milliards au département d’État et à l’Agence états-unienne pour le développement international (USAID).

 

Pour la première fois dans l’histoire récente, le Foreign Operation Budget, qui relève du département d’État, détaille ouvertement le financement des organisations anti-chavistes à hauteur de 5 millions de dollars. Les justifications du budget sont ainsi détaillées : « Ces fonds aideront à renforcer et soutenir la société civile vénézuélienne qui protégera l’espace démocratique et qui cherchera à servir les intérêts et les besoins du peuple vénézuélien. Ces financements renforceront les possibilités d’accès à une information objective pour les citoyens, faciliteront le débat pacifique sur des questions clés, apporteront un soutien aux institutions démocratiques et aux processus démocratiques, promouvront la participation citoyenne et encourageront les leaderships démocratiques. »

 

Ce langage pourrait sembler « joli » pour justifier la dépense de millions de dollars du contribuable états-unien pour des organisations politiques dans un pays étranger. Mais ces financements ont été à l’origine de la subversion et de la déstabilisation du Venezuela subie ces huit dernières années par le gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. Selon certains documents, aujourd’hui disponibles, rien qu’entre 2008 et 2011 le département d’État des États-Unis a envoyé plus de 40 millions de dollars à l’opposition vénézuélienne, ces fonds étant principalement destinés à la propagande, notamment à l’encontre du président Chávez lors des campagnes électorales.

 

Les fonds demandés par Obama dans le budget 2012 pour les organisations anti-chavistes au Venezuela appartiennent à un budget du département d’État appelé Economic Support Fund [Fonds pour le soutien économique] (ESF), lequel, selon le porte-parole du département d’État Philip Crowley, sert à financer des ONG et différentes organisations dans « des pays stratégiques clés très importants » pour les États-Unis. En plus des financements de l’ESF pour l’opposition vénézuélienne, des millions de dollars pour les campagnes politiques, pour la propagande médiatique et d’autres activités déstabilisatrices en Amérique du Sud sont envoyés par le National Endowment for Democracy (NED), l’International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute (NDI) et plusieurs autres agences états-uniennes ou internationales qui soutiennent les organisations favorables aux États-Unis.

 

Financements illégaux

 

Le département d’État états-unien fait connaître les financements de l’opposition vénézuélienne pour 2012 alors que l’Assemblée nationale vénézuélienne a voté une loi, en décembre 2010, qui interdit tout financement étranger pour les activités politiques. La Loi de défense de la souveraineté politique et pour l’autodétermination rend clairement illégal tout financement de campagne politique, de parti, d’organisation, y compris les ONG, qui s’implique dans la vie politique. Comment les États-Unis vont-ils faire exactement pour envoyer cet argent, alors qu’il s’agit d’une claire violation de la loi vénézuélienne ?
 

Ces dernières années le Foreign Operations Budget [budget pour les opérations extérieures] ne stipulait jamais clairement le financement d’organisations politiques vénézuéliennes. Depuis 2002 Washington a utilisé un département de l’USAID, l’Office for Transition Initiatives [Bureau pour les opérations de transition] (OTI), pour faire parvenir ses millions de dollars à ses partenaires vénézuéliens. Le bureau de l’OTI, qui fonctionnait de façon clandestine à Caracas et qui n’a donc jamais reçu d’autorisation du gouvernement vénézuélien pour s’installer dans le pays, a brutalement fermé ses portes fin 2010 pour poursuivre ses activités depuis Washington et Miami. Ce fut l’opération la plus longue de l’histoire de l’OTI.

 

Il est clair que le financement et le soutien politique à l’opposition vénézuélienne représentent maintenant une priorité qui sera gérée directement par le département d’État. Les fonds demandés pour le budget du département d’État pour 2012 seront très probablement orientés vers des campagnes politiques, puisque au Venezuela cette année-là, décisive, se dérouleront des élections locales et l’élection présidentielle.

 

Le département d’État demande par ailleurs 20 millions de dollars pour financer les organisations anticastristes, à Miami et ailleurs, pour fragiliser la Révolution cubaine.

 

Est-ce que les contribuables états-uniens savent que leurs dollars durement gagnés vont financer des activités politiques dans d’autres pays au lieu d’être investis pour la création d’emplois, pour la santé et pour des programmes sociaux dans leur propre pays ?

 

L’embargo contre le Venezuela

 

Le chef du sous-comité des Affaires étrangères pour l’Hémisphère occidental de la Chambre des représentants, le républicain Connie Mack, a demandé au gouvernement Obama d’imposer un embargo économique contre le Venezuela, arguant de ses liens supposés avec des organisations terroristes.

 

Connie Mack, un néo-conservateur représentant le sud de la Floride, a également demandé que les États-Unis incluent le Venezuela cette année dans la liste des « États qui sponsorisent le terrorisme », une demande qu’il a déjà formulée en vain ces trois dernières années.

 

Lors d’un discours à la Conservative Political Action Conference [Conférence pour l’action politique conservatrice] (CPAC), Connie Mack a parlé du président élu du Venezuela comme d’un « voyoucrate » qui utilise des « armes », telles que « l’oppression, l’agression, le terrorisme et la drogue » pour « détruire la liberté et la démocratie en Amérique latine ». Connie Mack n’a pas présenté la moindre preuve pour étayer ses scandaleuses accusations. Le républicain de la Floride est allé jusqu’à déclarer que le président Hugo Chávez « est devenu le Ossama ben Laden et le Ahmadinejad de l’hémisphère occidental ».

 

Ces dernières années, les secteurs droitiers à Washington ont lancé des appels de plus en plus osés à agresser directement le Venezuela et à intervenir dans ce pays. Leurs déclarations ont été accompagnées d’une augmentation des financements pour les organisations anti-chavistes afin de provoquer déstabilisation et désordre au Venezuela, tout en essayant, sur le plan international, d’« isoler » le gouvernement vénézuélien et de diaboliser le président Chávez.

 

Cependant le chef d’État vénézuélien conserve une popularité de 60% dans son pays et reste l’un des leaders les plus admirés dans le monde.

  

Traduction : Numancia Martínez Poggi     Source : http://venezuelanalysis.com/analysis/6006

 

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