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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 12:16

 

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 16:30
Jean ORTIZ

La révolution bolivarienne n’est pas un accident de l’histoire mais bien le fruit d’une histoire nationale, son prolongement. En 1989, un président social-démocrate fit tirer sur le peuple. Le "caracazo" se solda environ par 3000 morts. Ce jour là, le bipartisme (libéral) et l’alternance AD/COPEI, naufrageaient. Les jeunes militaires "bolivariens" qui tentèrent et assumèrent le "golpe" patriotique raté de 1992, voulaient "terminer l’œuvre de Bolivar" et non copier le "modèle cubain".

La révolution vénézuélienne n’est nullement arrivée, comme l’on disait jadis familièrement, ni dans les fourgons de l’Armée Rouge ni dans ceux des FAR cubaines.

Elle constitue un processus unique, original, endogène. Chavez et le mouvement populaire se sont "radicalisés" dans une relation dialectique d’inter-action, notamment à cause de l’hostilité bornée de Washington (comme à Cuba en 1959, 1960...), et des manœuvres déstabilisatrices orchestrées (ou soutenues) par le "géant du nord" . En 1998, Hugo Chavez penchait plutôt du côté de la "troisième voie blairiste".

Si le comandante en est arrivé à prôner un "socialisme du 21ème siècle", il le conçoit comme un chantier, un dépassement du capitalisme par la voie électorale, par la démocratie représentative et participative, dans le respect du pluralisme politique ; il s’appuie sur la bataille d’idées, la mobilisation et l’implication permanentes du peuple dans les "conseils communaux", les "communes socialistes", la socialisation... Nombreuses sont les déclarations où Hugo Chavez rejette le "soviétisme", l’étatisme, le parti unique...

Alors pourquoi donc la question vénézuélienne est-elle si paralysante pour la plupart des intellectuels occidentaux ? Si difficile à assume r ? Elle constitue un débat éthique et politique majeur pour l’avenir émancipateur, en Amérique latine comme ailleurs. Force est de constater que la solidarité, avec une révolution menacée quotidiennement par le plus puissant des impérialismes, n’est pas à la hauteur de la stratégie putschiste de l’opposition, pressée d’en découdre, par la violence, sans tenir compte du calendrier électoral, et des Etats-Unis, pressés de retrouver leur mainmise sur les immenses réserves de pétrolières du Venezuela.

Je connais de nombreux militants, des électeurs de gauche-gauche, qui sont retenus, freinés par l’incessant matraquage médiatique et la stigmatisation de la révolution bolivarienne, de ses dirigeants, démocratiquement élus. Pour la plus grande partie de l’opinion publique, l’image du Venezuela est mauvaise, liberticide. Sociaux-libéraux et néolibéraux consensuent en rond et en boucle pour dénigrer, souvent criminaliser, sur la base d’a priori, hier Hugo Chavez, aujourd’hui le président Nicolas Maduro ; leurs amis "démocrates" à Caracas n’ont pas reconnu l’élection de ce dernier, contrairement à la communauté internationale.

Le pilonnage idéologique est tellement violent que même lorsqu’il ne se passe rien, on l’impute aux chavistes. Chauffée à blanc, l’opinion publique paraît, à première vue, peu perméable à nos arguments. Faut-il pour cela "faire profil bas", céder à l’idéologie dominante ? Ce serait suicidaire tant du point de vue de l’internationalisme que de notre combat en France. En défendant le Venezuela on ne fait sans doute pas carrière, on ne gagne peut-être pas des millions de voix, mais on gagne en cohérence politique, en fidélité à des valeurs de base du mouvement ouvrier et révolutionnaire. Le courage, lorsqu’il s’agit d’aller à contre-courant, d’affronter les tempêtes sans perdre le cap, finit toujours par payer. Hier, ce qui freinait paraît-il la solidarité, c’étaient les relations amicales de Chavez avec le président iranien Ahmadinejad. Et aujourd’hui ?

Qui a dit par ailleurs que la solidarité internationaliste impliquait la cécité, l’inconditionnalité ? Elle suppose une attitude généreuse, ouverte, lucide, voire critique (en évitant de "donner des leçons" à ceux qui font l’histoire). Notre regard reste par trop européocentré. L’Europe et ses partis progressistes ne sont plus le nombril du monde, ni une référence, pour nos camarades "latinos". Sans nostalgie d’un quelconque modèle, nous avons cependant beaucoup à apprendre des expériences de transformation sociale au Venezuela, en Bolivie, en Equateur... des avancées révolutionnaires en cours. Toute victoire des peuples du continent est aussi la nôtre.

A Caracas, à La Paz, à Quito, à La Havane, comme hier à Madrid, se joue la possibilité de changer la vie et le monde. Cela suppose de notre part une solidarité politique et concrète qui aille au-delà des communiqués et des bonnes intentions.

 

http://www.legrandsoir.info/la-solidarite-avec-le-venezuela-n-est-pas-a-la-hauteur-requise.html

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 11:36

Gene Sharp (voir ci-dessous la Note de El Correo) est le principal théoricien de l’actuelle stratégie nord-américaine élaborée pour déstabiliser les gouvernements que les Etats-Unis ne contrôlent pas politiquement et économiquement. Il s’agit de ces pays qui possèdent d’immenses richesses naturelles comme le pétrole, par exemple, et où les gouvernements ne permettent pas qu’elles soient pillées par les transnationales nord-américaines et européennes, ni l’enrichissement frauduleux que celles-ci prétendent obtenir ainsi.

Les principes conspiratifs de cette tactique déstabilisatrice, apparemment « non violente », consistent à provoquer le chaos à l’intérieur du pays dans le but de parvenir à déstabiliser le gouvernement en place, puis à sa chute. Ensuite, dans un deuxième temps, on fait appel à des étudiants et plus généralement à la jeunesse pour qu’ils lancent des actions de protestations, qui génèrent de la violence afin que les médias et les agences de presse puissent diffuser des scènes de terreur, d’incendies et de pillages avec des morts et des blessés que l’on dira provoquer par les forces de l’ordre du gouvernement que l’on prétend renverser.

C’est précisément ce qui s’est produit cette semaine au Venezuela où les marches de la Journée de la Jeunesse ont été utilisées pour créer le chaos dans les rues des grandes villes.

Si ces révoltes juvéniles permettent de mettre le feu à d’autres secteur de la population, comme cela s’est produit en Géorgie, au Kirghizstan, en Ukraine, au Liban, en Iran et plus récemment en Tunisie, Egypte, Lybie et Syrie, alors l’étape suivante sera de créer un « gouvernement parallèle » en exil, suivi d’une intervention armée internationale prenant l’apparence d’une « action humanitaire » qui cherchera à renverser le gouvernement, ouvrant la voie à un autre gouvernement de marionnettes.

Le documentaire « Comment commencer une révolution », du réalisateur écossais Ruaridh Arrow, nous montre le travail conspiratif de Sharp et de l’Institut Albert Einstein pour déstabiliser les gouvernements auxquels les Etats-Unis et l’Union européenne n’ont pas donné leur aval.

Ce projet conspiratif inclut, comme force fondamentale du complot, les médias et les agences d’information. C’est pour cela qu’il est indispensable de filtrer l’information que l’on reçoit et, en plus, de chercher sur Internet des m0édias alternatifs qui dénoncent ces plans macabres.

Et il ne faut pas que nous, les Colombiens, restons inertes croyant que cela arrive uniquement au Venezuela et ne peut pas nous arriver. Les services secrets alternatifs ont pu vérifier que plusieurs personnes connues pour être proches de Alvaro Uribe Velez ont élu stratégiquement domicile dans différents pays latino-américains, ayant simultanément été entraînées dans les écoles qui préparent les agents nécessaires pour ces nouvelles voies d’imposition impérialiste.

Souvenons-nous de Berthold Brecht et n’oublions pas qu’ils viennent à présent pour nos frères vénézuéliens, mais qu’ils peuvent venir plus tard pour nous, si le processus de paix ne s’accommode pas avec leur objectif principal d’avoir les « mains libres » pour piller les mines qui se trouvent dans le territoire dominé par la guérilla et que, suite à la démobilisation de nos guérillas, les Nord-Américains et les Européens espèrent pouvoir exploiter dans le cadre des bien connus contrats léonins qui ne bénéficient en rien à notre pays et à sa population.

Gloria Gaitán Jaramillo pour ElCorreo

*Gloria Amparo de las Mercedes Gaitán Jaramillo, plus connue sous le nom de Gloria Gaitán est une femme politique colombienne, fille de Jorge Eliécer Gaitán, leader très populaire en Colombie et en Amérique Latine. Depuis sa jeunesse, elle asume la charge d’étudier et de maintenir l’héritage de son père. Elle est également éditorialiste et auteur de plusieurs livres. Elle a dirigé le « Centre Jorge Eliécer Gaitán » et l’ « Institut Colombien de la Participation « Jorge Eliécer Gaitán » - Colparticipar ».
NOTE DE EL CORREO :

Gene Sharp et l’Institut Albert Einstein (quelle perversité de lui avoir donné ce nom) sont un important think-tank de contre-révolution. L’exemple ci-dessus mérite d’être cité. Nous l’avons vu et nous continuerons de le voir en Ukraine. Il est intéressant de relever comment les assaillants à Caracas se sont mobilisés, ont usé des cocktails Molotov et même des boucliers de protection, comme à Kiev.

Les médias jouent effectivement un rôle important dans la propagation de ces pratiques violentes, et il est abject de voir comment les bureaux d’agences de presse, entre autres ceux de l’AFP, ont affirmé le premier jour que les deux morts étaient des opposants.

La campagne a commencé, mais pour le moment une partie de la droite vénézuélienne ne semble pas très intéressée par le script proposé, car elle craint la réponse (ce qui fait défaut en Ukraine) et les conséquences directes ou indirectes que pourrait déclencher une radicalisation du processus, avec tout ce que cela implique. Il appartient au gouvernement vénézuélien de répondre à l’agression avec la fermeté républicaine qu’il se doit et aussi d’apporter des solutions aux imperfections du système.

Mondialisation.ca, 16 février 2014

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 17:22

Occultés par les médias privés vénézuéliens et leurs relais internationaux (Le Monde, El Pais, Libération, NY Times, etc..) les chiffres révélés en janvier 2014 par l’Institut National de la Statistique indiquent une nouvelle baisse du chômage, tombé à 5,6% en décembre. Ce chiffre est le plus bas enregistré par le gouvernement bolivarien (rappelons que le chômage atteignait 11% lors de l’élection de Hugo Chavez en décembre 1998).

De 1999 à 2013, l’économie vénézuélienne a décollé grâce au rôle moteur de l’État et aux investissements publics, permettant à 4.185.697 personnes de trouver un emploi. L’étude indique également que le travail “informel” qui occupait 55 % de la population active en 1999 a reculé en 2013 à 37,9 %. Dans la même période l’emploi formel a fortement augmenté, passant de 45,0% à 62,1% de la population. Signe des temps, le Venezuela est devenu, après l’Argentine, le deuxième pays latino-américain en nombre d’immigrants (en grande majorité espagnols) qui fuient l’Europe en quête d’un travail.

En janvier 2014, le président Maduro a décrété une nouvelle augmentation de 10 % du salaire minimum, ce qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. De mai 2013 à janvier 2014 celui-ci a augmenté au total de 59% pour s’établir actuellement à 3270 bolivars. Parallèlement les droits des travailleurs vénézuéliens ont été renforcés par une nouvelle loi du travail qui a brisé le carcan néo-libéral (1).

grafico31

Pour gommer ces faits, les médias internationaux préfèrent insister sur l’inflation (qui, soit dit en passant, selon le FMI était bien plus forte sous les régimes antérieurs à la révolution bolivarienne) (2). Ils “oublient” qu’au Venezuela l’alimentation, les soins de santé, l’éducation à tous ses niveaux, le logement et l’ensemble des missions sociales sont subventionnés par l’État, sont dans certains cas totalement gratuits, et qu’une part croissante de la population bénéficie de la sécurité sociale. En 1998, à l’arrivée de la révolution, le Venezuela ne comptait que 380.000 pensionné(e)s ne percevant que 60 % du salaire minimum. On compte aujourd’hui 2.750.000 pensionné(e)s dont les allocations augmentent au même rythme que le salaire minimum et leur sont versées avec un mois d’avance. De sorte que les hausses du salaire et du pouvoir d’achat sont bien réelles.

Il faut y ajouter la loi des “coûts et des prix justes” qui vient de limiter à 30 % la marge bénéficiaire d’un secteur commercial privé pratiquant jusqu’ici des hausses de 200 à 1000 %, la réduction des bails pour les locataires ou les petits et moyens commerçants, les coups de pouce aux petits épargnants, et les divers mécanismes économiques qui dégonflent peu à peu la bulle spéculative du dollar.

L’investissement social (qui stagnait à 12 % avant la révolution) a totalisé en 2013 54% du budget de l’État et passe à 60 % en 2014.

On comprend pourquoi, malgré la guerre économique menée en 2013 par l’opposition, les politiques mises en oeuvre par le gouvernement bolivarien continuent de faire baisser la pauvreté. Celle-ci est passée de 21,6% en 2012 à 19,6 % en 2013. Sur la même période, la pauvreté extrême est passée de 6,3 à 5,5%. Ces chiffres sont confirmés par la CEPAL (Commission Économique des Nations Unies pour l’Amérique Latine). Le président Maduro a rappelé que l’objectif de la révolution bolivarienne est “la pauvreté zéro en 2019”.

T.D., Caracas, 22 janvier 2014.

Graphique 6  Graphique 1 Graphique 2 Graphique 3 Graphique 5

Notes :

1)    “La nouvelle loi du travail, un pas de plus vers la vraie viehttp://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/04/nouvelle-loi-du-travail-au-venezuela-un-pas-de-plus-vers-la-vraie-vie/

2)    Voir “Associated Press et le mythe d’une opposition muselée au Venezuelahttp://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/14/associated-press-et-le-mythe-de-lopposition-muselee-au-venezuela/ et “The Economist.. économise la vérité sur le Venezuelahttp://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/30/the-economist-economise-la-verite-sur-le-venezuela/

3)   Sur le mythe d’une économie en difficulté au Venezuela,  “L’apocalypse tant espérée n’aura pas lieu”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/11/10/venezuela-lapocalypse-tant-esperee-naura-pas-lieu/

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/01/22/venezuela-laugmentation-du-salaire-et-la-baisse-du-chomage-continuent/

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 18:17

Depuis la mort de Hugo Chavez, l’opposition vénézuélienne et les Etats-Unis considèrent que "le Venezuela est à prendre".

Une vaste campagne de déstabilisation économique et politique est engagée, assez semblable à celle que connut le Chili de Salvador Allende : sabotages électriques, économiques, violences de rue, organisation de pénuries de produits de base, d’une spéculation tous azimuts... L’objectif de l’opposition est de créer un climat de chaos qui permette à la fois de gagner les prochaines élections municipales, de défigurer l’image extérieure d’un pays qui serait devenu "dangereux", "incertain", "liberticide"... Le grand parti de l’opposition : Fedecamaras, l’équivalent du Medef, flanqué de la droite, de l’extrême droite et de trois partis affiliés à l’ex Internationale socialiste, compte sur cette stratégie pour susciter à terme et si nécessaire, une intervention des Etats-Unis, pas forcément armée.

L’autre axe de cette stratégie "à la chilienne" est l’élimination physique du nouveau président Nicolas Maduro, qui a acquis un poids et une dimension qui inquiètent "l’empire". Washington et ses satellites considéraient ce "vulgaire chauffeur de bus", ce "syndicaliste primaire", comme incapable de prendre la relève de Chavez. Il est vrai que le défi était et reste énorme, mais Nicolas Maduro s’avère compétent, lucide, énergique et innovateur. Il a mis en place "le gouvernement de rue" et s’attaque enfin concrètement à l’insécurité, la corruption... Il est donc l’homme à abattre pour liquider la révolution.

L’affaire de l’AIRBUS 319 CJ, acheté en 2002 à Airbus, s’avère très troublante. L’avion présidentiel est resté récemment cinq mois en France pour révision. Il est revenu au Venezuela avec une fuite de carburant et "un problème sur une aile". Des anomalies (sabotages ?) détectées par la Sécurité et les techniciens vénézuéliens. Un porte-parole d’Airbus a répondu à Caracas que l’avion avait été effectivement révisé en France mais qu’Airbus "ne s’occupe pas de la maintenance". Alors qui ? Réponse peu satisfaisante... Chacun connaît la compétence du personnel d’Airbus et son niveau d’exigence. Que s’est-il donc passé ? La direction d’Airbus doit s’expliquer en tant que telle, à visage découvert, sinon elle pourrait être accusée de complicité de sabotage et de tentative d’homicide sur la personne du président vénézuélien, et se retrouverait dans de sales draps...

Cette nouvelle affaire d’avion présidentiel vénézuélien, après celle de l’avion du président bolivien Evo Morales, doit susciter une solidarité redoublée des démocrates français avec ces pays et ces peuples engagés dans la construction, dans un cadre démocratique, pluraliste, pacifique, d’un "socialisme d’aujourd’hui".

Jean Ortiz    28 septembre 2013
Universitaire

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 17:38

 

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Ken Jones, professeur associé d’éducation à l’Université du Maine du Sud, États-Unis (1)

 

Lors de mon voyage au Venezuela au sein d’une délégation d’enseignants (1), je n’ai pas entendu une seule fois les mots “prise de responsabilité”ou “tests à haut risque” (2). En tant que professeur formant des enseignants aux États-Unis, je discute rarement des politiques éducatives et des réalités de mon pays sans devoir affronter ces concepts stressants. Mais dans les écoles et dans les systèmes éducatifs du Venezuela ? Cela n’entre pas dans la discussion.

Là-bas, le dialogue porte davantage sur l’éducation comme droit humain et comme responsabilité de l’État. Il ne s’agit pas des “produits” comme nous disons aux États-Unis mais davantage “d’accès” et de “possibilités”. Ce que notre petit groupe venu des États-Unis a découvert fut une foule de témoignages, pas un “test”.

Nous avons aussi appris certaines choses quant aux résultats très concrets et positifs obtenus depuis que le Président Chavez a commencé à s’occuper de l’analphabétisme et de l’absence d’accès à l’éducation en général, à la suite de son élection en 1998.

Par exemple en 2005, l’UNESCO a déclaré le Venezuela territoire libre d’analphabétisme, avec plus d’un 1,5 millions de personnes initiées à la lecto-écriture, principalement à travers un curriculum et une approche pédagogique développés par les cubains. Le taux d’inscription de l’école secondaire a augmenté de 53.6% en 2000 à 73.3% en 2011. Récemment l’UNESCO a placé le Venezuela à la cinquième place mondiale pour le pourcentage de personnes inscrites dans l’enseignement supérieur – la deuxième place en Amérique Latine après Cuba. L’éducation publique au Venezuela est gratuite pour tou(te)s, de l’école maternelle à l’université. L’État assure également la gratuité des repas et du transport.

Chavez a mis en mouvement un système scolaire novateur – les écoles bolivariennes s’inspirent de l’émancipateur de l’Amérique Latine Simón Bolivar, qui a aussi donné son nom à la République Bolivarienne du Venezuela. Le volet éducatif de la Révolution Bolivarienne, lancé par Chavez, fait partie du nouveau tissu socialiste qui émerge dans la société, articulé avec d’autres initiatives gouvernementales visant à encourager le pouvoir communal, le coopérativisme, la santé gratuite (là aussi en coopération avec Cuba) et l’alimentation subventionnée. Ensemble, ces initiatives et d’autres mesures cherchent à transférer le pouvoir à la majorité de citoyens pauvres jusqu’ici exclus du droit de vote, et s’inscrivent dans une perspective socialiste plutôt que capitaliste.

Notre délégation a visité une école maternelle bolivarienne, un école primaire, un lycée, une école professionnelle, un centre de formation d’adultes, une université, un conservatoire de musique et une académie de la police. Nous avons également visité une coopérative de femmes dans une communauté agricole, un centre culturel dans un quartier populaire, et une agence gouvernementale de droits humains. Le point commun qui relie ces différents lieux et initiatives est l’objectif de construire une société nouvelle par la construction de connaissances et de compétences nouvelles, d’une citoyenneté responsable, de coopérativisme, de collaboration et d’apprentissage avec la communauté locale. Nous avons observé le plaisir et la réussite dans l’expression artistique, un enseignement axé sur le concept de projet, et une attention particulière portée au bien-être des personnes et à la santé des différents éco-systèmes.

“Quelque chose de plus grand que soi”

On pouvait presque palper un sentiment d’espoir et d’énergie connecté à ces écoles, au sens de ne pas travailler seulement à produire une amélioration personnelle, mais aussi pour quelque chose de plus grand que soi. Il existe aussi une conscience politique incisive, informée sur le pays et sur le monde. Les personnes ont très envie de s’exprimer sur les changements en cours dans leur pays. Ils ont parlé de leur vision démocratique de l’avenir d’un pays libéré de l’exploitation des transnationales et de notre propre nation impérialiste. Ils ont parlé consciemment d’une histoire nationale faite de dictatures et de capitalisme extrême et ont versé des larmes sincères sur la mort de leur cher enseignant et dirigeant Hugo Chavez. Ils savaient que Chavez et la révolution qu’ils continuent à mener ont été diabolisés par leurs propres médias privés comme par ceux des États-Unis et du monde occidental. Ils voulaient que nous connaissions leur réalité, sur place.

Nous avons également rencontré un couple d’étudiants universitaires qui s’identifiaient comme opposants à Chavez. Ils n’étaient pas aussi positifs au sujet des changements, bien sûr, et mettaient en cause la qualité des nouvelles écoles et des missions éducatives, exprimant des réserves sur la viabilité de ces nouveaux programmes largement financés par les revenus pétroliers. Ils ont également exprimé leurs préoccupations au sujet de la réussite individuelle et des avantages compétitifs, ainsi que sur les effets dissuasifs et les inéquités générées par ce qu’ils voient comme un système éducatif  “d’aumônes”. Pour notre délégation venue des États-Unis, ceci avait une résonance familière : nous avons pu percevoir le fort contraste entre ces valeurs issues d’une vision globale du capitalisme et celles du socialisme. Simplification excessive peut-être, mais néanmoins évidente.

Les écoles bolivariennes prennent au sérieux l’idée d’éduquer tout le monde et offrent aux éducateurs états-uniens une vision de ce qui peut être fait d’une manière tout à fait différente de la réforme éducative de notre pays. C’est perceptible dans une foule de détails, dans les approches observées, dans les points de vue recueillis tout au long de notre séjour, de lieu en lieu.

Les écoles maternelles sont appelées Simoncitos (3), en référence à Simón Bolivar. Selon les statistiques gouvernementales, près de 70% des enfants du Venezuela sont accueillis par ces écoles gratuites, où le gouvernement paie les salaires des enseignants, et où les conseils communaux (fondés par les habitants et appuyés par le gouvernement) fournissent les immeubles et les matériels scolaires. Souvent, les parents viennent aussi en tant que bénévoles, s’ils le peuvent. Lors de notre visite à une école maternelle, nous avons vu un groupe de 14 petits avec 3 adultes. Ils nous ont dit leurs noms, âges, couleurs et animaux préférés, et ont dansé le hokey-pokey avec nous.simoncitos Les écoles primaires sont aujourd’hui des écoles à temps plein (dans le passé la plupart fonctionnaient avec deux horaires de demi-journées pour deux populations étudiantes séparées) qui offrent des repas et des soins de santé gratuits, ainsi que des activités extra-curriculaires. Les édifices scolaires sont remeublés et de nouveaux bâtiments sont rapidement construits. Tous les étudiants reçoivent un ordinateur portable (bien que comme nous l’avons appris il existe encore un grand besoin de formation professionnelle des enseignants sur comment les utiliser efficacement).

A travers les projets des étudiants et les services d’éducation d’adultes, ces écoles sont connectées à la vie des communautés avoisinantes. Notre groupe de dix a obtenu d’être invité d’honneur le jour d’une remise de diplômes dans une école primaire qui a présenté des performances très réussies et maîtrisées des élèves : danses, chants, costumes traditionnels et expositions d’art original. Les étudiants diplômés sont venus vers nous pour nous demander d’ajouter notre signature sur les t-shirts qu’ils portaient – une coutume semblable à la signature des albums de promotion aux États-Unis.

“Nous devons faire évoluer notre langage”

L’école secondaire que nous avons visitée se trouve dans une communauté rurale, Monte Carmelo. Elle vient d’emménager dans un bâtiment achevé en 2010 – un cadeau du président Chavez, personnellement convaincu de le faire par sa directrice charismatique, Gaudy Garcia. Le curriculum de l’école est centré sur les vies des habitants à travers des récits oraux, les manières naturelles de cultiver les aliments, les artisanats et traditions locales, les confiseries, les guérisseurs. Cette année les projets des étudiants tournent autour de l’histoire de leur propre communauté, dont l’histoire de l’éducation. Les projets sont réalisés en sous-groupes et doivent posséder un impact social, au-delà d’une simple enquête. Les thèmes choisis par les étudiants incluent l’agro-écologie, la coopérative locale féminine, les plantes qui protègent les cultures des insectes prédateurs, la lombriculture et les serres.

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Gaudy Garcia, directrice de l'école de Monte Carmelo.

Gaudy Garcia, directrice de l’école de Monte Carmelo.

Dans ce lycée l’accent est mis sur la collecte des semences et la fabrication de plats à partir des cultures produites par ces graines. Gaudy nous a parlé en connaissance de cause du problèmes des organismes génétiquement modifiés (OGM). En 2005, lorsqu’elle a mené un inventaire des semences locales, elle a réalisé qu’il y avait encore beaucoup de semences indigènes dans sa propre communauté et qu’on devrait collecter et protéger ces semences. "Monsanto a sa main partout", dit-elle. «Nous devons veiller à ce qu’ils ne volent plus nos semences, notamment le maïs. Nous ne voulons pas qu’il se passe chez nous ce qui s’est passé au Mexique.” L’école a créé sa «réserve» ou son «réservoir» de graines. Gaudy ne veut pas l’appeler «banque» de graines. “Nous devons faire évoluer notre langage du capitalisme au socialisme”, dit-elle.

La “Mission Robinson” est le programme d’alphabétisation d’adultes. Irlanda Espinoza, directrice régionale de ce programme dans la ville de Sanare, s’est entretenue avec nous. Elle nous a parlé avec émotion de ce programme comme une réponse à la dette sociale envers les pauvres, accumulée pendant de nombreuses années avant Chavez, lorsque la croyance dominante était que tous n’ont pas droit à l’éducation. Elle a expliqué qu’avant la révolution on avait cessé d’offrir une éducation aux jeunes filles enceintes, d’où la dette actuelle envers leurs enfants.

Irlanda nous a décrit les efforts intensifs menés pour tenter d’inclure tout le monde dans ce programme d’alphabétisation. Par exemple, le gouvernement a envoyé les statistiques de l’administration éducative réunies lors du recensement des habitants inscrits dans la nouvelle Mission « En Amor Mayor » qui offre des pensions à toutes les personnes âgées, même celles qui n’ont jamais cotisé.

Irlanda va de maison en maison pour visiter celles qui ont signalé dans ce recensement qu’elles ne savent pas lire ni écrire, et leur demande si elles souhaitent apprendre. Si non, elles signent qu’elles ne désirent pas ce service. Le programme vise une participation de 100%, qu’elle considère comme essentielle. «C’est une façon de faire de chacun un citoyen actif», dit-elle. "Si vous ne pouvez pas lire ni écrire, vous ne connaissez pas vos droits et vos responsabilités, vous ne pouvez vraiment pas faire partie d’un conseil communal." Elle sait tout de la philosophie éducative émancipatice de Paulo Freire.

"Lire le monde avant de lire le mot" : Paulo Freire (Recife 1921-São Paulo, 1997)

"Lire le monde avant de lire le mot" : Paulo Freire (Recife 1921-São Paulo, 1997)

“La musique, une manière naturelle d’être solidaire de l’autre”

Dans la ville de Barquisimeto, nous avons visité une branche locale du Conservatoire national de musique pour la jeunesse, “El Sistema”. Il s’agit d’un programme d’éducation à la musique classique financé par le gouvernement et qui concerne 350.000 jeunes dans 125 orchestres. Selon les rapports de l’institution, près de 70% des participants proviennent de secteurs de faible revenu. Le programme a démarré en 1975 et s’est transformé en un système reconnu mondialement au point d’être adopté partout en Amérique Latine et en Europe. Le célèbre directeur Gustavo Dudamel, qui travaille actuellement comme chef d’orchestre de l’Orchestre Symphonique Simón Bolívar et du Philharmonique de Los Angeles, s’est formé dans la branche de Barquisimeto. Le “Sistema” possède des programmes spéciaux pour les enfants handicapés et un choeur White Hands de sourds-muets. Le mois dernier, le fondateur du “Sistema” (4) José Antonio Abreu a rencontré le nouveau président Nicolas Maduro et a convenu avec lui d’étendre le programme pour intégrer un million d’enfants à l’apprentissage des instruments de musique.

Gustavo Dudamel, directeur de "El sistema"

Dante_happy-band-kidsNUCLEO-articleLargesistemaAvec 2000 étudiants inscrits dans ses programmes, l’école de Barquisimeto était une vraie ruche le samedi où nous l’avons visitée. Un groupe de vingt enfants de quatre ans se familiarisait avec des violons et des violoncelles dans une cour ouverte, les couloirs étaient pleins de personnes jouant toutes sortes d’instruments. Dans de petites salles travaillaient les sections de pratique. Deux orchestres de jeunes au complet se trouvaient en pleine répétition, ainsi qu’un ensemble avec chef d’orchestre et un orchestre de musique de chambre sans chef : “cela les aide à s’écouter l’un l’autre” a dit notre guide.

Il nous a expliqué que le système suivi au conservatoire dépend du coopérativisme. “Si vous savez un peu, vous pouvez enseigner un peu” est la maxime. Notre guide a expliqué que l’instruction musicale offre un équilibre parfait d’excellence individuelle et de coopération de groupe – des étudiants de tous les âges jouent dans un orchestre. “La musique est une manière naturelle d’être solidaire de l’autre” a-t-il dit.

A Barquisimeto, nous avons aussi visité une école professionnelle pour des étudiants de 14 à 25 ans qui avaient quitté l’enseignement formel. En tant qu’états-uniens nous fûmes surpris d’apprendre que cette école fait partie du réseau d’écoles catholiques mais est financée par l’État. Des cycles courts et longs sont offerts dans des matières telles que l’électricité, la plomberie, la coiffure, la cuisine, la céramique. On compte 222 de ces programmes à travers tout le pays, situés dans les secteurs les plus pauvres, selon le gouvernement. Il est encore plus surprenant d’apprendre que bien que ces écoles sont subventionnées par le gouvernement, l’Église catholique a adopté une position fortement anti-Chavez, voyant le gouvernement comme “castro-communiste.” L’enseignant qui nous a rencontrés nous a dit “c’est quelque chose qui est dans leur tête mais pas dans la réalité. Ils voient comme un droit le fait de recevoir de l’argent du gouvernement fédéral.” 

“Articuler les savoirs populaire et universitaire”

Un des aspects les plus intéressants du système scolaire bolivarien est la “territorialisation” de l’université. Les nouvelles universités ont été initiées par Chavez comme une alternative aux universités dites autonomes, traditionnelles, qui ont principalement servi les élites et qui conservent la part du lion dans le financement de l’enseignement supérieur par l’État. Les facultés des communautés locales sont converties en universités territoriales dans le but de former chacun mais aussi de contribuer aux projets stratégiques nationaux. L’université que nous avons visitée à Barquisimeto compte 12.500 étudiants en science et technologie, ergonomie, bibliothécologie, systèmes intégraux, administration publique, sciences informatiques appliquées, souveraineté alimentaire, sécurité, protection de l’environnement, entre autres domaines. Comme dans les écoles bolivariennes de niveaux inférieurs, les curriculums cherchent à contribuer à la solution de problématiques des communautés locales. Et contrairement aux universités traditionnelles, les études ne sont pas enfermées dans les départements de chacune des disciplines mais générés par la faculté et les étudiants à travers une approche intégrée, multidisciplinaire. Les professeurs et les instructeurs ne possèdent pas toujours de diplômes formels. “Il est important d’articuler les connaissances populaires avec le savoir académique”, nous a-t-on expliqué.

Une section unique de cette université est appelée Chaires Libres et offre des études sur la culture populaire, la transformation sociale, l’égalité de genre et le “bien vivre”. Ce dernier point est développé en collaboration avec les élèves pour dégager ce que « le socialisme peut nous apporter en termes de relations mutuelles » et s’inspire largement de la pensée indigène sur la vie en harmonie avec la nature.

UBV-Graduandos

Université Indigène du Venezuela, conçue par les peuples originaires

Université Indigène du Venezuela, conçue par les peuples originaires

D’autres universités sont encore en cours de création – parmi lesquelles une Université des Travailleurs (où les connaissances sont acquises au travail et construites sur base des savoirs des travailleurs), une Université Expérimentale des Arts (5) et l’Université Indigène du Venezuela (6) située dans l’État d’Amazonas et conçue par les peuples indigènes.

Peut-être le plus grand défi posé au système éducatif vénézuélien est-il le problème de la corruption policière et de la violence. Dans ce pays les forces armées sont considérées comme un appui solide du gouvernement et appuyées par la population en général. Chavez était un militaire et les membres des forces armées sont venus historiquement des secteurs pauvres et du monde du travail, aussi défendent-elles la révolution bolivarienne. La police, en revanche, ne bénéficie pas de la même confiance, vu son rôle dans la violence et dans la corruption tout au long des dernières années, et sa collusion dans les fréquents enlèvements et homicides à Caracas.

Afin de transformer la police, Chavez a créé une Police Nationale Bolivarienne (7) et a nommé Soraya El Achkar, ex-laïque de l’ordre Maryknoll et militante des droits humains, à la tête de la nouvelle académie de la police, l’Université Nationale Expérimentale de la Sécurité (UNES) (8). Nous avons rencontré Soraya à l’université de Caracas, dont les bâtiments sont encore en cours de construction. Sur ces lieux, avant Chavez, se dressait une prison haïe par la population. Soraya a persuadé Chavez de transformer ce site en académie, en lieu d’espérance sur les cendres du désespoir.

Fondée en 2009 pour transformer les méthodes policières, pour rendre les officiers plus attentifs aux droits humains et pour qu’ils travaillent en lien étroit avec les communautés, l’UNES dispose de neuf sièges à travers le pays et en prévoit sept de plus. Pour l’heure, selon le rapport de Soraya, elle accueille 25.000 étudiants et dispose d’un personnel de 4.000 professeurs, administrateurs et travailleurs. On y forme tous les niveaux de la police ainsi que des inspecteurs et du personnel pénitentiaire

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L’approche éducative passe par une prise de décision collective des policiers, enseignants et groupements de droits humains sur ce qui doit figurer dans les curriculums. Trois axes fondent ce curriculum, selon Soraya : éco-socialisme, droits humains et égalité de genre.

Le curriculum s’articule autour de quatre aspects du travail communautaire : la jeunesse; le désarmement (ce que nous appellerions aux États-Unis le contrôle des armes); la culture, les sports, la musique et l’art; et la vie en commun (à savoir la médiation des difficultés). Les partenariats et les accords communautaires sont encouragés et des efforts sont menés pour aider les jeunes à trouver du travail et s’insérer dans des activités productives.

Il y a deux thèmes transversaux dans l’ensemble du cursus policier :

1.      L’usage progressif et différencié de la force, pour adapter la réponse policière aux personnes impliquées et au contexte. La violence est interdite. On enseigne l’usage judicieux et approprié de la force.

2.      La police communautaire. La police apprend à développer des relations de travail et de collaboration avec la communauté et la recherche de solutions communautaires à la criminalité.

Soraya nous a dit que Chavez était “grand sur l’éducation” et qu’il disait “nous avons besoin de plus d’intelligence et de moins de force”. “La réforme de la police”, a-t-elle dit, “incarne l’esprit de Chavez sur la révolution et les droits humains.”

Sa vision de l’académie est qu’elle évoluera de l’UNES (université nationale) à l’ULES (académie latino-américaine) pour devenir un équivalent de l’École Latino-Américaine de Médecine (ELAM) de Cuba. Soraya voit aussi ce travail comme un contrepoids aux états-uniennes École des Amériques (SOA) et International Law Enforcement Academy (ILEA), toutes deux connues pour avoir formé des militaires et des policiers aux méthodes de répression et dont les diplômés sont réputés pour leurs tortures, assassinats et coups d’État. Le Venezuela vient d’assumer la présidence du MERCOSUR et la formation de la police sera peut-être un des axes de travail au sein de ce groupe de nations.

Conclusion

Après ce bref parcours à travers le système éducatif vénézuélien il est apparu à notre délégation que ce qu’on entend par “réforme éducative” dans ce pays est virtuellement à l’opposé de ce que nous appelons réforme éducative aux États-Unis. Ici, ce terme a fini par désigner une approche centralisée et standardisée dont les prémisses blâment et dévalorisent les enseignants des écoles publiques. Il fonctionne à travers l’individualisme et un régime de contrôle externe, une réduction du financement public, et une politique de privatisation appuyée par le gouvernement. Sa raison d’être est de générer une plus grande compétitivité sur la scène mondiale. L’effet est d’exclusion. C’est un modèle capitaliste, modelé sur des paramètres de domination du monde.

Au Venezuela, par contraste, la réforme éducative implique des aproches locales et diversifiées, inspirantes, dont les prémisses sont la valorisation et l’autonomisation de l’ensemble du personnel travaillant dans les écoles. Il fonctionne grâce à une éthique de responsabilisation interne et de travail collectif, l’augmentation du financement public, et l’appui par le gouvernement de la prise de décision au niveau local. Sa raison d’être est de construire une coopération accrue au niveau de la communauté. L’effet est d’inclusion. Il s’agit d’un modèle socialiste, formulé en termes de «bien vivre».

Un soir au Venezuela, alors que nous discutions à  quelques uns sur ce que nous considérons comme les agressions tragiques contre l’éducation publique aux États-Unis, une personne a demandé où nous pouvions voir un espoir. J’ai répondu: «Au Venezuela».

 Ken Jones

bachilleresSource : ZNet, 26 juillet 2013, http://www.zcommunications.org/bolivarian-education-in-venezuela-by-ken-jones

Traduit de l’anglais par Thierry Deronne

Notes :

(1)  Ken Jones, auteur de cet article, est professeur associé d’éducation à l’Université du Maine du Sud. Membre de l’American Educational Research Association (AERA) et du National Network for Educational Renewal (NNER). Éditeur de “Democratic School Accountability: A Model for School Improvement”. Du même auteur, on peut lire “la guerre contre les écoles publiques”, http://www.zcommunications.org/the-war-on-public-schools-by-ken-jones. Il peut être contacté à jonesk@maine.edu

(2)    Remis en vogue sous l’administration Obama, critiquées pour leur social-darwinisne, les “high stake tests” sont des épreuves du type “quitte ou double” qui fixent en une seule fois le sort d’un élève.

(3)   Sur les Simoncitos, voir http://www.slideshare.net/edelinbravo29/05-simoncito-comunitario

(4)   Site de “El sistema” : http://www.fesnojiv.gob.ve/

(5)   Site de l’Université Expérimentale des Arts : http://www.unearte.edu.ve/

(6)   Sur l’Université Indigène, voir “Nous sommes comme des herbes qui repoussent quand on les arrache”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/27/nous-sommes-comme-les-herbes-des-haut-plateaux-qui-repoussent-quand-on-les-arrache/

(7)    Voir “La sécurité au Venezuela : la solution depuis l’État et non comme offre électorale”, par Jesse Chacón, http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/07/14/la-securite-au-venezuela-la-solution-depuis-letat-et-non-comme-offre-electorale-par-jesse-chacon-fondation-gisxxi/

(8)   Site de l’Université Expérimentale de la Sécurité : http://www.unes.edu.ve/

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/30/education-bolivarienne-au-venezuela-par-ken-jones/

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 17:29

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Assemblée du gouvernement de rue, État de Lara, 14 juin 2013.

Assemblée du gouvernement de rue, État de Lara, 14 juin 2013.

79.120 kilomètres parcourus en treize semaines par les ministres à la rencontre des citoyen(ne)s; 3.324 activités dont 2.000 assemblées populaires. Contact direct avec 3.483.000 habitant(e)s; 2.450 projets approuvés par l’exécutif sur proposition des organisations populaires dans les 24 états du pays – écoles, centres de diagnostic intégral, autoroutes, métro, autobus, système alimentaire, etc.. pour un investissement total de 16,5 milliards de dollars. Qui veut savoir ce que sera la révolution bolivarienne dans les années à venir, peut s’en faire une bonne idée à partir du bilan d’étape des trois mois du “gouvernement de rue” lancé dès l’élection de Nicolas Maduro, le 14 avril 2013.

Lors d’une assemblée organisée le 28 juillet dans le quartier populaire “23 de Enero” (Caracas) à la mémoire du président Chavez (qui aurait eu 59 ans ce dimanche), le président Maduro a fait rire en citant les “agences spatiales d’information” AFP, AP ou Reuters dont la ligne épouse celle de la droite locale: invisibiliser le gouvernement de rue et tout en concédant que “Nicolas Maduro a stabilisé son pouvoir”, prédire une “catastrophe économique”.

Il a évoqué la récente réunion à Santiago du leader de la droite, Henrique Capriles Radonski (impliqué dans la violence et les assassinats de militants bolivariens le 15 avril 2013 (1) et dans le coup d’État contre le président Chavez en avril 2002) avec Jovino Novoa, sous-secrétaire de la présidence de Pinochet : "il n’y a vraiment que la droite vénézuélienne pour aller conspirer avec ce genre de personnages monstrueux qui supervisaient les disparitions et les tortures".

Pour la deuxième étape du gouvernement de rue qui démarre ce lundi 29 juillet 2013 à Sabaneta (État rural de Barinas), Maduro a fixé 12 lignes prioritaires (en plus des cinq objectifs généraux du Plan Patria) (2)  :

  • Réaliser de manière immédiate chacun des projets et des travaux publics approuvés au cours de la première étape du gouvernement de rue (avril-juillet).
  • Établir et approfondir le gouvernement de rue comme système intégral et permanent sur tout le territoire, pour mettre en oeuvre les projets à venir.
  • Intensifier et perfectionner le Mouvement pour la Paix et la Vie, avec la participation de tous les jeunes qui veulent sortir du culte des armes, de la drogue, pour qu’ils puissent s’inscrire dans des missions formatives et socio-productives.
  • Accélérer la récupération économique nationale (relancer la production nationale pour sortir de l’effet de la spéculation sur le dollar dans les importations).
  • Faire monter en puissance toutes les missions sociales, éducatives, culturelles qui vont de “En amor mayor” (dotation de pensions aux personnes âgées qu’elles aient cotisé ou non) à “Hijos e hijas de Venezuela” (appui économique direct aux mères en situation de pauvreté extrême), à la mission Logement, etc… Maduro a exigé que soient mises en place les coordinations ministérielles dans les régions : "dans certains états les délégués des différents ministères ne se connaissent même pas entre eux ! Cela doit finir, nous sommes un seul État !"
  • Fortifier la Mission “Efficacité ou rien” et poursuivre la lutte à fond contre la corruption au sein de l’État, du gouvernement comme du secteur privé. Une lutte “qui va apporter de nouvelles surprises dans les jours prochains”, pour laquelle Maduro a créé une équipe secrète et compte sur l’appui des organisations populaires.
  • Dès le mois d’août, passer à la vitesse supérieure dans la construction de la Commune, stratégie à laquelle Hugo Chavez donnait la plus haute priorité pour dépasser la structure de l’État bourgeois.
  • Accélérer le redressement du système électrique national qui a déjà permis de réduire de moitié les coupures de courant (en 100 jours 70 mégawatts ont été produits et 400 ont été économisés).
  • Approfondir le “gouvernement de rue” dans les forces armées en multipliant les visites sur le terrain.
  • Impulser une révolution dans la communication et dans la culture, notamment en créant un mouvement national de théâtre pour et par les jeunes et par la mise en valeur du répertoire national et latino-américain.
  • Maintenir le cap de la politique internationale d’intégration, en consolidant l’ALBA, Petrocaribe, l’UNASUR et la CELAC.
  • Constituer un front politique élargi entre le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV), les mouvements sociaux et les autres partis progressistes, en vue des élections municipales du 8 décembre 2013.

Sur ce point le président Maduro a critiqué la volonté anachronique de certains candidats “révolutionnaires” de vouloir se faire élire à une mairie par pur égocentrisme. Les critères pour approuver une candidature ne sauraient être autres que l’humilité, la capacité de servir la population et les qualités du travail réellement accompli.

Le matin à Barinas (village natal de Chavez) Maduro avait déclaré : “Je connais des gouverneurs "chavistes", nous les connaissons tous, qui reçoivent de l’argent des grands propriétaires pour freiner la révolution. Nous devons nous critiquer nous-mêmes, pour avoir commis une erreur – celle de laisser à Chavez tout le poids de la révolution, sans assumer assez notre responsabilité qui, aujourd’hui plus que jamais, est de construire le pouvoir populaire. Fidel Castro l’avait dit de manière prémonitoire il y a treize ans, en visitant ce même lieu : “Chavez ne peut être le maire de tout le Venezuela, personne ne peut en supporter autant” en voyant les milliers de papiers, de lettres qu’à chaque déplacement les gens lui glissaient dans les mains, désespérés par les carences et le silence des maires, gouverneurs, ou ministres."

"Aujourd’hui nous allons construire la commune mais dire commune ne signifie pas direvoilà, il y a une organisation qui s’appelle commune et j’en suis membre”, Beaucoup d’entre nous disonsje fais partie d’une commune. Mais combien peuvent dire réellement qu’ils font partie d’une commune ? Serait-ce qu’elles sont déjà construites ? La commune, c’est un espace militant, de travail, de solidarité, de nouvelles relations de production, pour nous former, pour y former nos enfants… Que chaque dirigeant, que chaque gouverneur se pose la question : “combien de communes ai-je aidé à construire ? combien de gens ai-je formés pour qu’ils puissent organiser le pouvoir populaire ?

Thierry Deronne, Caracas, 29 juillet 2013.

Notes :

  1. Lire http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/17/defaite-de-la-tentative-de-coup-detat-lex-president-lula-critique-lingerence-des-etats-unis-dans-les-elections-venezueliennes/
  2. Lire “Ce que la révolution bolivarienne va faire de 2013 à 2019”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/
  3. Photos ci-dessous : célébration populaire à titre posthume des 59 ans de Hugo Chavez. Crédits : Venezuelanalysis.com / AVN.

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Des habitantes de Caracas ont préparé le gâteau d’anniversaire pour Hugo Chavez.

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/29/deux-tours-du-monde-en-100-jours-revolution-dans-la-revolution-bolivarienne/

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 12:13

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Nous sommes à Caracas le 16 juillet 2013, à Miraflores (palais présidentiel). Nicolas Maduro s’adresse à vingt gouverneurs bolivariens : “Comment est-il possible qu’à une personne âgée, à une de ces personnes que nous rencontrons lorsque le gouvernement sillonne le pays, on fasse payer 20 millions pour pouvoir accéder à une mission sociale?  Certains, ils me l’ont dit, ont payé et ils ont été effectivement inclus ensuite dans la mission ! Qu’est-ce cela veut dire? Qu’au-dessus de ces extorqueurs il y a des hauts fonctionnaires qui couvrent ces agissements, comme ceux qu’on a arrêtés. Nous devons aller jusqu’au bout de chaque enquête et vous, les gouverneurs, qui avez mille témoins dans vos régions, faites le travail sur place, car nous avons détecté beaucoup de cas lors de nos déplacements”.

Quelque semaines ont suffi pour détecter des systèmes de corruption mis en place par des hauts fonctionnaires du service des douanes, de l’immigration, de l’inspection du commerce, de l’industrie sidérurgique, de la compagnie pétrolière publique, de la banque nationale du développement… Nicolas Maduro a promis de nouvelles surprises dans cette offensive-éclair contre la corruption “où qu’elle soit, et à tous les niveaux, coiffée d’un béret rouge chaviste ou dans les rangs de la droite, dans le secteur public comme dans le privé : il n’y aura plus d’intouchables. Personne ne me fera prendre des vessies pour des lanternes. Je ferai bientôt quelques inspections-surprises sur les chantiers publics”.

Dans le même temps, le plan “Patria Segura” a déployé sur tout le territoire une police mieux formée à la protection des citoyens. Un premier bilan parle d’une baisse de 200 % des enlèvements et de 38 % des homicides. Maduro veut aller plus loin. Il rappelle comment il a vu toute une jeunesse populaire – sa génération – décimée par la drogue, la violence à partir des années 80 et veut s’attaquer frontalement à l’imaginaire des médias privés resté très puissant malgré quatorze ans de révolution, en multipliant les missions culturelles, la récupération des espaces publics et la rénovation intégrale des quartiers populaires (plan"barrio tricolor"), le relancement de la musique populaire, l’appui aux artistes et aux mouvements de jeunes, le transfert de nouvelles technologies et la dotation de nouvelles chaînes de télévision aux secteurs jusqu’ici exclus.

Sans doute étaient-ce ces chantiers que le président Chavez voulait aborder en 2013 : quelques mois avant sa mort il appelait les jeunes du grand quartier populaire de Petare à renoncer à la drogue, à la violence pour mettre leur talent au service du pays.

La droite et les grands médias rêvaient d’enterrer la révolution bolivarienne avec son initiateur. Des politologues de gauche annonçaient la lutte fratricide des chavistes ou une “NEP” réformiste. 90 jours après la mort de Chavez, on découvre un homme d’Etat qui, s’appuyant sur une équipe élargie aux mouvements sociaux et aux partis progressistes, applique méthodiquement les cinq objectifs du “Plan Patria” légué par Chavez (1) et lance un “gouvernement de rue” (2).

BN-JYeYCUAADzyC.jpg largePresidente-Nicolás-Maduro-en-Sucre-4Né dans un quartier populaire de Caracas, militant syndical, bolivarien clandestin puis ministre de Chavez, Nicolas Maduro connaît bien les rouages de l’État et… du terrain. Avec une  moyenne de 102 projets pour chaque entité traversée – à savoir 23 états et le district de Caracas, le “gouvernement de rue” aligne déjà 2.037 projets financés par l’État. Un “banc d’essai” du pouvoir populaire que le président du Venezuela veut permanent et actif sur tout le territoire. Même la presse officielle et les partis de la gauche classique ont du mal à suivre ce dialogue direct de Maduro avec les problèmes du peuple.

"Combien de temps notre peuple s’est-il habitué à voir le pouvoir comme un concept lointain, étrange, comme le privilège d’une élite ? Et bien non: la révolution n’a d’autre sens, comme Chavez nous l’a rappelé sans cesse, que le transfert de la totalité du pouvoir aux mains d’un peuple qui doit se former sans cesse pour cela. Nous avons assez patienté, nous devons nous réveiller, redevenir des combattants de la rue, de tous les jours… Le pouvoir du peuple, quand il ne s’exerce plus, finit par s’atrophier. Comment faire une révolution avec un peuple passif ? Le pouvoir populaire sert à faire la révolution et pas n’importe laquelle : une révolution socialiste. Ou le peuple la fait, ou il n’y en aura pas. Le pouvoir populaire doit exister partout et tous les jours, dans les états, dans les rues, au palais présidentiel. Notre nouvel état sera l’État comunal, c’est un des axes principaux de notre programme, Chavez nous a exigé de lui donner la priorité (3). Nous allons redoubler d’efforts à partir du mois d’août pour construire partout la commune.”

"La commune ou rien"

venezuela_asambleacomunal7 venezuela_asambleacomunal2Deux jours plus tôt dans l’État de Lara, une assemblée d’organisations de base (photo) s’est réunie au nom des "trois R” – formule inventée par Chavez pour “revoir, rectifier, réimpulser” le gouvernement révolutionnaire. Ont fusé les critiques sur la gestion antérieure du ministère de la commune : mise sous tutelle du pouvoir populaire, arrogance de cadres auto-proclamés qui considèrent la masse populaire comme un simple champ de manoeuvres pour “ceux-qui-savent-comment-faire-la-révolution”, véritables boulets pour le travail populaire.

Le nouveau ministre de la Commune Reinaldo Itturizza (à droite), los d'une journée du "gouvernement de rue", mai 2013.

Le nouveau ministre de la Commune Reinaldo Iturizza (à droite), lors d’une journée du "gouvernement de rue", mai 2013.

 

Une grande partie des demandes que nous avons recueillies tout au long des assemblées populaires concerne une meilleure présence de l’État aux côtés des processus d’organisation” explique Reinaldo Iturizza, un sociologue critique devenu le nouveau ministre de la Commune sur décision de Maduro et qui a dû s’arracher au monde des thèses sur papier. “Je suis en train de créer une équipe qui racontera les histoires de ces journées dans la rue, qui vont continuer. Ce que nous voyons doit être connu”. L’équipe d’Iturizza met au point une méthodologie nouvelle réunissant les conseils communaux et les autorités du Ministère pour résoudre des problèmes tels que l’auto-construction de logements. 60 mille foyers de la Grande Mission Logement ont pu être construits par les habitants eux-mêmes. On en prévoit 100 mille de plus en 2013.

Alors que les médias privés qui dominent la majorité des ondes au Venezuela occultent cette école de pouvoir citoyen et ciblent Maduro, le “gouvernement de rue” est devenu en soi un véritable média populaire qui attaque vraiment la forme dominante, commerciale et représentative, de la communication politique, qui cultive la participation critique et ose prendre des décisions jusqu’ici freinées par une classe moyenne d’État peu ouverte aux propositions populaires.

006_ma_4086_1373321519Le 8 juillet, c’est dans l’état d’Amazonas, au Centre de Formation et de Production Agroécologique Matuwiniyu Yekuana Rene, que Maduro et son équipe font halte. Un militant indigène leur montre la maquette d’une maison autochtone : “Je vous présente une maison fluviale indigène totalement écologique, avec sa barque, sa batterie d’élevage de poules, son vivier à poissons, chaque famille peut y vivre et produire sans devoir quitter le fleuve”. “Bravo, c’est un des projets que nous voulons approuver !” applaudit Maduro pour qui c’est là tout le sens de ce “gouvernement de rue” : réactiver les propositions, la créativité du peuple. A ses côtés la Ministre des Peuples Indigènes Aloha Nuñez, précise : “nous sommes ici en territoire Jivi, l’État d’Amazonas compte 19 peuples indigènes et nous, les ministres, ne sommes pas restés en ville, par exemple la ministre de la santé a passé la nuit dans une communauté indigène. Ces populations étaient infiltrées par les “nouvelles tribus” (une ONG états-unienne), nos compagnons commençaient à parler anglais, à présent le travail est d’assurer l’intégralité des droits à la santé, à l’éducation pour nos peuples indigènes”.

Maduro en profite pour rappeler l’insistance du président Chavez : “Pourquoi les ministres ne pourraient-ils pas vivre deux ou trois jours durant dans les communautés ? Nous, gouvernement bolivarien, sommes du peuple, nous ne venons d’aucune élite, d’aucun groupe économique et même si nous devons nous protéger face aux menaces de l’ennemi, nous ne devons pas perdre le sens de qui nous sommes : des gens humbles, qui nous devons au peuple”.

Misión-Arbol-250x187Et d’évoquer le cinquième objectif du programme légué par son prédécesseur : l’éco-socialisme, qui prévoit notamment le reboisement massif de tout le pays – la Misión Árbol sèmera quelques deux millions d’arbres dans les deux ans à venir. Une mission grâce à laquelle la surface boisée du pays atteint 47,6 millions d’hectares, réduisant de 47 pour cent le taux de déforestation.

La biodiversité, poursuit Maduro, doit être pensée dans sa dimension macro-écologique. Nous n’allons plus comme le faisaient les gouvernements antérieurs recevoir les représentants de lobbies qui veulent acheter un morceau d’Amazonie. Mais pour nous qui sommes un pays amazonien, le plus incroyable c’est que nous n’ayons pas encore créé d’institut pour étudier cet immense patrimoine de biodiversité en fonction par exemple de nos besoins en médicaments, avant que ne les brevettent des transnationales. Nous ne pouvons pas attendre 15 ans, c’est aujourd’hui que nous devons prendre la décision. Créer un institut pas seulement pour produire des thèses universitaires mais pour générer des connaissances transfomatrices, des connaissances scientifico-populaires : on a souvent considéré les peuples indigènes, et le peuple en général, comme ignorants alors qu’ils produisent des milliers de savoirs vitaux, mille choses. C’est d’ailleurs pour cela que les élites nous méprisent, parce qu’au fond, nous sommes des indigènes.

007_mg_2703_1372195635-632x421Tout en menant tambour battant ces assemblées avec la population, Maduro a bouclé en deux semaines un agenda diplomatique très dense au service de l’unité du Sud et de l’intégration des organismes existants. En visite officielle en Haïti le 25 juin pour renforcer la coopération (photo) puis le 30 juin à Managua au sommet de PetroCaribe avec de nouveaux accords sur l’éducation, sur la “misión milagro” (chirurgie et soins oculaires gratuits), les politiques alimentaires et la création d’une zone économique élargie vers le Sud ; en prenant part à Moscou le 1er juillet au sommet des 18 états producteurs de gaz – le Venezuela est la quatrième réserve mondiale – pour plaider en faveur de la création d’une “OPEP” du gaz ; à Cochabamba, le 4 juillet, au sommet d’urgence d’UNASUR, pour joindre sa voix à celle de ses homologues face à la violation du droit international par des pays d’Europe qui, sur ordre de Washington, ont fermé leur espace aérien au président de la Bolivie (4); en invité d’honneur d’un sommet des 15 pays membres du Caricom (marché commun des Caraïbes) à Trinidad et Tobago ; enfin, le 10 juillet, à Montevideo, pour assumer la présidence du Mercosur et engager le “tournant social” de ce marché commun devenu le quatrième bloc économique mondial et proposer l’association stratégique avec PetroCaribe, l’ALBA et les BRICS.

Les 22 et 23 juillet, Caracas accueillera la première réunion ministérielle de la Communauté des États Latino-américains et de la Caraïbe (CELAC) pour élaborer de nouveaux plans contre la faim et la pauvreté. Elle sera suivie du 12ème sommet des présidents de l’ALBA, le 30 juillet, à Guayaquil (Équateur), consacré lui aussi à renforcer les programme sociaux.

 

 

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Pas de socialisme sans féminisme !

La maxime de Hugo Chavez s’incarne dans les choix ministériels de Nicolas Maduro.

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Maryann Hanson

Maryann Hanson (Éducation)

Maria Cristina Iglesias

Maria Cristina Iglesias (Travail)

Iris Varela

La Ministre du Système Pénitentiaire Iris Varela

Aux côtés de Maryann Hanson (Ministre de l’Éducation), de María Cristina Iglesias (Ministre du Travail) et d’Iris Varela, la Ministre du système pénitentiaire qui s’efforce d’humaniser un système encore dominé par des mafias et de réduire les retards dans le procédures de jugement, de nouvelles responsabilités et de nouveaux visages marquent l’équipe gouvernementale nommée en avril 2013 :

La ministre des peuples indigènes Aloha Nuñez - ici réunie avec des indigènes états-uniens dans le cadre de l’octroi de gazoile de chauffage gratuit par le gouvernement bolivarien (elle était alors vice-ministre) – travaille notamment à conclure au plus vite la restitution des territoires indigènes du Venezuela.

La nouvelle ministre des peuples indigènes Aloha Nuñez – ici réunie avec des autorités indigènes états-uniennes dans le cadre de l’octroi de gazoile de chauffage gratuit par le gouvernement bolivarien (elle était alors vice-ministre) – travaille notamment à conclure au plus vite la restitution des territoires indigènes du Venezuela.

La championne d’escrime Alejandra Benitez, nommée ministre des sports pour sa connaissance pratique des problèmes des athlètes, doit réduire la bureaucratie dans les organisations sportives et fortifier tous les niveaux de formation.

La championne d’escrime Alejandra Benitez, nommée ministre des sports pour sa connaissance pratique des problèmes des athlètes, doit réduire la bureaucratie dans les organisations sportives et fortifier tous les niveaux de formation.

Première mondiale : une femme ministre de la défense, Carmen Meléndez, elle aussi pratiquante du “gouvernement de rue” au sein des forces armées, alors que le Venezuela, toujours menacé par les États-Unis, vient d’installer un nouveau système de défense anti-aérienne.

Première mondiale : une femme ministre de la défense, Carmen Meléndez, elle aussi pratiquante du “gouvernement de rue” au sein des forces armées. Face aux menaces impériales et pour garantir la souveraineté du Venezuela, Nicolas Maduro vient d’annoncer l’installation d’un nouveau système de défense anti-aérienne.

La chirurgienne Isabel Iturria, présidente-fondatrice depuis 2006 de l’Hôpital Cardiologique Infantile latino-américain qui a effectué gratuitement des milliers d’opérations du coeur, est la nouvelle Ministre de la Santé. Elle hérite de la lourde tâche de remettre sur pied le système défaillant des hôpitaux publics.

La chirurgienne Isabel Iturria, présidente-fondatrice depuis 2006 de l’Hôpital Cardiologique Infantile latino-américain qui a effectué gratuitement des milliers d’opérations du coeur, est la nouvelle Ministre de la Santé. Elle hérite de la lourde tâche de remettre sur pied le système défaillant des hôpitaux publics.

L’avocate Andreina Tarazón est nommée Ministre de la Femme et de l’Égalité de genres. Priorités de cette militante féministe : former et intégrer les femmes des secteurs populaires dans les projets socio-productifs pour lutter efficacement contre la pauvreté et mettre fin aux violences et aux discriminations qui ont survécu dans une société marquée par le machisme.

L’avocate Andreina Tarazón est nommée Ministre de la Femme et de l’Égalité de Genre. Priorités de cette militante féministe : former et intégrer les femmes des secteurs populaires dans les projets socio-productifs pour lutter efficacement contre la pauvreté et mettre fin aux violences et aux discriminations qui ont survécu dans une société marquée par le machisme.

Thierry Deronne, Caracas, le 19 juillet 2013

Notes :

  1. Sur ces cinq objectifs : “Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/
  2. "Nous t’écoutons, Claudia", http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/06/nous-tecoutons-claudia/
  3. Le président Chávez exige d’avancer vers une communication plus profonde et plus populaire "avec les travailleurs, depuis les usines" et critique l’incapacité du gouvernement à mettre en place l’État communal.”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/10/21/le-president-chavez-exige-davancer-vers-une-communication-plus-profonde-et-plus-populaire-avec-les-travailleurs-depuis-les-usines/
  4.  “Face à une Amérique du Sud unie et souveraine, la France et l’Europe ridicules”, http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/05/face-a-une-amerique-du-sud-unie-et-souveraine-la-france-et-leurope-ridicules/ et la note de protestation du Venezuela : http://www.legrandsoir.info/note-de-protestation-aux-gouvernements-d-espagne-de-france-d-italie-et-du-portugal.html

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/07/19/nicolas-maduro-le-pouvoir-du-peuple-quand-il-ne-sexerce-plus-finit-par-satrophier

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 21:28

Cochabamba, État Plurinational de Bolivie le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a alerté sur l'intention de copier au Venezuela des formules appliquées en Égypte, où le président Mohamed Mursi a subi un coup d'État.

Au cours d'une rencontre avec des mouvements sociaux à Cochabamba, le mandataire a soutenu que la droite vénézuélienne essaie de faire dans le pays ce qui a été fait en Égypte avec le président Mohamed Mursi.

 

«    "Etant donné qu' en Égypte le président Mursi a été destitué, la Constitution

       abrogée et un gouvernement décrété extra-constitutionnellement, maintenant   

di   ils disent qu'ils vont faire la  même chose au Venezuela et vont renverser  

nn  le gouvernement vénézuélien."


Le Président Maduro a réitéré :
"La droite est devenue folle dans nos pays. La droite vénézuélienne est pleine de haine et désespoir contre le peuple. L'opposition a déjà fait plusieurs tentatives de ce genre dans le passé. Je fais ici dans cette assemblée populaire ces réflexions, parce que nous ne pouvons pas nous endormir sur nos lauriers. Nous luttons pour consolider un modèle anticolonial, anti-impérialiste.

N   Nous devons être toujours en alerte et mobilisés en permanence, conscients

d    des grands défis que représente la construction des pays indépendants.  

 

 

Personne ne peut douter que l'Empire a les yeux sur les richesses des pays du Sud.

 

La clef est que le peuple soit informé et mobilisé dans les rues pour construire la grande et nouvelle Patrie."

 

 

 

Ministère du Pouvoir Populaire pour la Communication et l'Information

 

Caracas, 5 juillet 2013

 

P       

Pe

P

 

 

 

 

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 15:02

APPEL AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN A NICOLAS MADURO
 LE  19 AVRIL à 18h30
sous la statue de Simon Bolivar, à l'angle du cours la Reine et du Pont Alexandre III
Métro Champs Elysées-Clémenceau ou Invalides

Le Parti de Gauche appelle au rassemblement de soutien à la Révolution bolivarienne initié par l’ambassade du Vénézuéla vendredi 19 avril à 18h30 Place Simon Bolivar à Paris.

Dimanche 14 avril, Nicolas Maduro a remporté les élections présidentielles. Les observateurs internationaux, dont plusieurs du Parti de Gauche, ont pu constater le bon déroulement du vote : 80 % de votants, une ambiance sereine dans les bureaux de vote où se trouvent systématiquement des témoins des deux camps, un scrutin électronique vérifié manuellement dans 52 % des bureaux comme la loi le réclame. A bien des égards, les élections au Venezuela constituent un exemple notamment pour les pays de l'Union Européenne.

Le Conseil national Electoral (CNE), dont l’indépendance est garantie par la constitution, a proclamé le 16 avril la victoire de Nicolas Maduro avec 50,75 % sur son rival Henrique Capriles crédité de 48,97 % soit au final 2 points de différence. Un écart qu’envieraient bien des partis dans le monde après 15 années au pouvoir et la succession toujours difficile d’un leader politique de l’ampleur d’Hugo Chavez.

Tout au long de la campagne, Henrique Capriles et la droite avaient mis en doute le scrutin et l’objectivité du CNE. Cette entreprise de déstabilisation s’est décuplée depuis dimanche. Non seulement Caprilès n’a pas reconnu le résultat mais il a appelé à des manifestations qui ont vite dégénéré. Dans plusieurs endroits du pays, des violences ont été organisées par la droite et l’extrême droite occasionnant 7 morts. Alors que chacun a pu constater le bon climat de la campagne, Capriles a ainsi pris la responsabilité de détériorer la situation rappelant les jours sombres qui ont précédé  la tentative de coup d’état contre Hugo Chavez en 2002. Il s’est appuyé pour cela sur les Etats-Unis d’Amérique. Le gouvernement américain a soutenu ses revendications de vérification manuelle de 100 % des voix ce qu’au passage ce pays, qui ne prévoit même pas de récépissé papier confirmant le vote électronique, serait bien lui incapable de faire ! Les hésitations des gouvernements européens n’ont rien amélioré même si la France, par la voix du Ministère des affaires étrangères, a timidement "pris acte" mercredi de la victoire de Maduro, en rappelant que le CNE était "l'autorité compétente". Soit le service minimum…

Il n’y a pas de doute possible : Capriles, la bourgeoisie vénézuélienne et les Etats Unis d’Amérique ont décidé de mettre à bas le plus rapidement possible le pouvoir légitiment élu dont l’importance est si grande pour le processus de révolution citoyenne en cours en Amérique Latine. S’ils ne parviennent pas encore à leur fin dans la rue voir militairement, l’armée restant fidèle à la Constitution, ils comptent bien asphyxier le pays économiquement en maintenant des troubles. La chute cette semaine des obligations du pays à leur plus bas niveau depuis 15 ans est le résultat tangible de cette politique.

 

Face  à tant d’intérêts conjugués, la solidarité internationaliste avec le peuple vénézuélien est plus que jamais nécessaire. Voilà pourquoi nous appelons à soutenir Nicolas Maduro le jour de sa cérémonie d’investiture vendredi 19 avril et nous engageons à ne pas relâcher notre soutien ensuite. Ce qu’est Chavez ne meurt pas : nous y veillerons. 

Venez nombreux !

 
Sylvie Aebischer & Jean-Michel Poullé

Secrétaires départementaux Parti de Gauche Paris.

Mail : pg75@lepartidegauche.fr
Site internet : http://75.lepartidegauche.fr/
Facebook : http://www.facebook.com/pages/Parti-de-gauche-Paris/346844059533

 



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