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Cooperativa Humana/YVKE Mundial
aporrea.org/internacionales/n113165.html

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 17:49

Désertion massive au Parlement européen

avant le vote contre les inéligibilités au Venezuela

 

Strasbourg, France

Une résolution contre les inéligibilités au Venezuela a été votée avec à peine 6,5% des voix de la droite et de l'extrême droite du Parlement européen, suite à une massive désertion des eurodéputés.

 

Le vice-ministre pour l'Europe, Alejandro Fleming, a informé que la désertion massive des eurodéputés lors de la plénière du Parlement européen «a montré leur rejet des  groupes de droite et d'extrême droite qui ont utilisé les institutions européennes pour favoriser les intérêts de l'opposition vénézuélienne ».

Seulement 51 députés des 783 intégrant le Parlement européen (93,5% de désertion), ont soutenu la résolution.  Peu avant, le Parlement européen avait approuvé plusieurs textes concernant le budget de 2009 avec un quorum de plus de 500 députés.

 

"Cette désertion massive montre que la plupart des députés n’ont pas voulu faire le jeu de la droite et de l'extrême droite et ont rejeté un vote qui placerait  le Parlement européen du côté de la corruption au Venezuela.  La droite européenne a utilisé encore une fois, de manière abusive, la ressource d'urgence du Parlement européen,  n’ayant pas d'autres moyens d’ attaquer le Venezuela et ses institutions démocratiques »

 

."Le  Venezuela  est  un  pays  souverain  et  les  inéligibilités sont strictement notre affaire. Il est tout à fait contradictoire que la droite européenne condamne les inéligibilités refusant une décision administrative qui empêche un fonctionnaire corrompu d'être élu et qu’en même temps elle soutienne la Directive du retour, selon laquelle une décision administrative peut envoyer en prison un immigrant n’ayant commis aucun crime ».

 

Les groupes socialistes, les Verts et la Gauche Unitaire ont exprimé leur refus de cette ingérence   et  de  participer  à la rédaction d'une résolution contre le Venezuela  qui est une     « opération politique électorale » au bénéfice des candidats de l'opposition vénézuélienne aux prochaines élections de novembre.

 

Ministère du pouvoir populaire pour les Relations Extérieures / 23 octobre  2008

www.minci.gob.ve

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 10:16

Muriel Knezek
journaliste

La gangrène des méthodes agressives et subversives étasuniennes en Amérique latine déclenche une poussée de réactions multilatérales des pays du continent brocardé. De concert, les Etats du Sud refusent désormais très clairement l’escalade de l’ingérence américaine sur leurs territoires et s’organisent contre sa domination. Une guerre de position et d’intimidation mutuelle s’installe et présage un renversement du postulat actuel.

 

La tension monte le long des côtes Caraïbes.

Après le stationnement temporaire au Venezuela, début septembre, de deux bombardiers TU-160 des forces aériennes russes, dans le but d’effectuer pendant quelques jours des vols d'entraînement au-dessus des eaux neutres, à la mi-novembre, la flotte russe s’avancera sur les frontières maritimes du Venezuela. A la demande du président Hugo Chavez, ces manœuvres stratégiques viennent répondre à la menace grandissante des Etats-Unis dans cette région.

En réaction aux débordements des pressions et agressions organisées par le gouvernement américain depuis bientôt 10 ans sur le continent latino-américain, Chavez – aujourd’hui directement visé – manifeste sa combativité et son pouvoir face aux Etats-Unis. Ce déploiement militaire, conjoint et officiel, entre le Venezuela et la Russie enclenche une nouvelle guerre froide du XXIe siècle qui se situe dorénavant entre l’Amérique du Nord et celle du Sud – puissance à part entière.

La cause réelle et sérieuse de cette démonstration de force vient comme une réplique à la vieille histoire de l’application de la doctrine Monroe, née en 1854. A cette époque, l'idée majeure consignait le principe d'une « Amérique américaine » qui perdure encore et toujours. Après avoir abandonné la peur d’une colonisation espagnole voire européenne du continent latino-américain au cours du XIXe siècle, les Etats Unis ont depuis appuyé leur théorie d’une Amérique latine leur revenant. Sous prétexte de bienveillance américaine, une véritable hégémonie sur l’hémisphère s’est ainsi établie, mettant en place dictatures et tutelles. Une façon d’asseoir clairement les droits des Etats-Unis sur ces territoires et d’intervenir dans les événements latino-américains en protégeant activement leurs intérêts continentaux.

 

La goutte d’eau

Cependant, il est temps pour Hugo Chavez de dire que « trop c’est trop ». L’Amérique du Sud ne sera plus l’arrière-cour des Etats-Unis et sa « balkanisation » n’aura pas lieu. Quant au principe « pitiyankee » de guerre préventive, l’Amérique latine le considère comme inacceptable.

Cette réactivité vénézuélienne, ni gratuite ni paranoïaque, traduit plutôt un réflexe politique tactique vis-à-vis du danger d’ingérence nord-américaine flagrante et vérifiée.

Après les expériences désastreuses et meurtrières qui ont marqué l’histoire du continent au cours de ce XXe siècle – Colombie (1948-57, guerre civile et guérilla des Farc depuis 1960), Cuba (1961-62, crise des missiles et embargo), Equateur (1963-72, dictatures militaires), Bolivie (1964-82, dictatures militaires), Honduras (1972-83, gouvernements militaires), Argentine (1973-81, junte militaire), Chili (1973-88, dictature Pinochet), Nicaragua (1980-90, guerre anti-sandiniste), Salvador (1980-92, junte militaire), Grenade (1983, invasion américaine)… – le principe continue de se répéter.

Cette domination, qui s’exprime aujourd’hui non plus sous la forme de dictature directe mais sous couvert de coups d’état, d’embargos, d’espionnage, de sabotages, de subversion ou de sanctions, entretient un conflit à vif en permanence et met en danger la mouvance de gauche qui s’installe partout dans la zone Sud, et dont Chavez se fait le porte-parole.

 

Les derniers événements en date confirment la montée en puissance d’une activité américaine pernicieuse. Complices de cette déstabilisation, les groupes paramilitaires infiltrés, l’Usaid – l’agence américaine chargée du développement économique et de l’assistance humanitaire dans le monde –, le NED – l’association américaine dont l'objectif officiel est l'éducation et la formation vers la démocratie à travers le monde – font le travail. Sous couvert de non violence, mais finalement comme technique d’action politique qui peut être employée à n’importe quelle fin, l’Usaid – créée en 1961 par J.-F. Kennedy – et la Ned – créée en 1984 par Reagan – sont des paravents de la CIA qui les finance. Ainsi, sans soulever d’indignation internationale grâce à une vitrine idéologique, c’est à coup de millions de dollars que ces deux organisations commandites des formations politiques subversives, des paniques et des terreurs, des médiamensonges, des corruptions et infiltrations à l’intérieur des pays récalcitrants. Le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur et le Mexique sont de ceux qui subissent actuellement et de plein fouet ces fourbes manipulations

L’Otan, qui s’intéresse à ce mécanisme bien huilé, voit en lui la façon d’organiser la résistance à tout mouvement s’opposant à son dictat. L’Albert Einstein Institution, qui préconise depuis les années 50 cette doctrine de résistance individuelle non-violente, s’est faite par exemple la bonne école de l’Otpor – organisation insurrectionnelle opposante au gouvernement serbe entre 1995-2000, qui finira par se transformer en mouvement d'extrême droite visant à la déstabilisation. La période des expériences des révolutions de couleurs à l’Est prend ainsi de l’expansion à travers ces méthodes, et s’exporte aujourd’hui sournoisement sur le continent latino-américain.

 

Crise

De par ces multiples façons, l’infiltration se veut insidieuse, dangereuse et encore efficace. Le 1er mars dernier, l’armée colombienne s’est permise d’éliminer Raul Reyes, n°2 des Farc, à l’intérieur du territoire équatorien. Cette agression sans foi ni loi a bien failli déclencher un conflit ouvert entre les deux pays, mais l’Equateur s’en est arrêté à rompre ses relations diplomatiques avec Bogota. Au mois de juillet, les Etats-Unis ont décidé de réactiver leur 4e flotte – mise en veille depuis 1958 – dans la mer des Caraïbes et de l'Atlantique sud avec l'intention de combattre le terrorisme, les activités illégales et d'envoyer un « message » au Venezuela et au reste de la région. Le 10 septembre, Evo Morales – président de la Bolivie – a sommé l’ambassadeur américain à La Paz de quitter le pays dans les 72 heures, accusé d’attiser les revendications autonomistes des cinq provinces les plus riches du pays et de conspirer contre la démocratie en tentant d’organiser l'éclatement de la Bolivie. Pour manifester son soutien à Evo Morales, le 11 septembre, Chavez a mis également un terme aux relations diplomatiques avec les Etats-Unis en annonçant l’expulsion de l’ambassadeur américain au Venezuela. « Allez au diable, Yankees de merde » s’autorisera Chavez, exaspéré par le culot permanant du gouvernement américain. Le ton de la crise et la réplique sont bel et bien donnés.

Au même moment, le 10 septembre à Caracas, 7 militaires vénézuéliens, soutenus par des filières extérieures, sont arrêtés pour complot putschiste contre Chavez, avec pour programme tentative de renversement et d’assassinat.

 

Les Etats-Unis, présentement affaiblis et discrédités, et déjà embourbés sur d’autres fronts au Moyen-Orient, se mettent dans une situation provocante risquée de ce côté du monde. Leur stratégie expansionniste de plus en plus hasardeuse s’expose à un retour de bâton inconfortable. « Détruire pour reconstruire » dans cette région ne semble plus faire partie des techniques incontestables que les Etats-Unis ont l’habitude de certifier et de mettre en œuvre. La résistance est implantée et la politique d’intégration du Sur – Sud – florissante (MercoSur, BancoSur, TeleSur, Alba…). L’intention latino-américaine est dirigée vers le développement économique et social et l’indépendance, non vers la guerre. Les Etats-Unis ne le souhaitent pas ainsi, mais pourtant il serait temps qu’ils se fassent une raison.

 

Muriel Knezek

journaliste

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 10:11

L'éditeur du journal El Nuevo Pais, Rafael Poleo, a fait une déclaration dans le programme "Alo Ciudadano" de la chaîne Globovision qui a provoqué une polémique et la réponse du Ministre de la Communication et de l'Information.

"Tu regardes la trajectoire de Benitto Mussolini et celle d'Hugo Chavez et c'est pareil. C'est pour ça que je dis avec préoccupation que Hugo va terminer comme Mussolini: pendu la tête en bas. Méfies toi Hugo ! Ne termines pas comme ton homologue Mussolini, pendu la tête en bas, parce que tu ressembles à Mussolini.
Chávez, ce qu'il est, c'est un fachiste retardé. Un fachiste !" a dis Poleo.

Les paroles de Poleo ont provoqué la réponde d'Andres Izarra, ministre de la Communication et de l'Information sur Venezolana de Television.
"Depuis la chaîne Globovision, on appelle au magnicide" a expliqué le ministre. "Nous devons dénoncer ce cas avec toute la fermeté et gravité que cette situation mérite.
" (…)

Pour le ministre Izarra, il y a apologie de délit et appel au magnicide dans cette émission de Globovision. "C'est détestable qu'ils continuent à utiliser la peur, à faire peur au peuple du Venezuela, à inciter à des solutions non démocratiques. Voilà bien un autre gangster qui s'ajoute au gangster Otero [directeur du journal El Nacional, impliqué dans la récente tentative déjoué de Coup d'Etat, NDT]

"Je lance un appel au département de Responsabilité Sociale à la Radio et à la Télévision: messieurs, s'il vous plait, faites quelque chose. Il y a là plusieurs facteurs pour que vous puissiez vous prononcer contre ce type d'attentat contre la liberté d'expression" a déclaré Izarra.

"Nous faisons aussi un appel aux personnes conscientes au Venezuela, aux organisations qui veillent à la liberté d'expression et à la démocratie dans le pays. S'il vous plait, messieurs, ce type de menace ne peut pas être permis"

"Ce que nous avons entendu dans l'émission "Alo Ciudadano" est un attentat à la liberté d'expression. C'est un abus que le peuple vénézuélien ne peut pas tolérer. C'est un affront à la démocratie vénézuélienne, contre la volonté du Peuple, contre la Constitution."

Izarra a assuré qu'il a tenté d'appelé les responsables de l'émission mais qu'il n'a pas réussi car le programme touchait à sa fin. "Ce type de déclaration est très, très, très grave et le Peuple vénézuélien ne peut pas accepter ce type de comparaisons et ce genre d'offenses contre le chef de l'Etat".  

Cabena Global /ABN   traduction: Romain Migus

http://www.aporrea.org/oposicion/n122264.html

 

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 10:52

 

Sarah Testard    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article72413  

 

Tandis que les membres des gouvernements néolibéraux du G7, du FMI et de la Banque Mondiale se réunissent ce vendredi à Washington, se cachant derrière une fausse volonté de trouver des solutions á un système économique en crise si enrichissant pour les élites, feignant le compromis avec les peuples et l’unité politique, tentant de dévier l’attention des citoyens sur les causes et solutions réelles de cette crise, cherchant des boucs-émissaires, promettant la lune et offrant des chiffres et des chimères, une autre voix se lève, celle des peuples du sud, et propose une alternative de développement économique durable et respectueux de tous les citoyens du monde.
Des économistes, chercheurs, dirigeants politiques et dirigeants sociaux des quatre coins du monde participent depuis mercredi 8 octobre à Caracas, capitale du Venezuela, à La Conférence Internationale d’Économie Politique : Réponses du Sud face á la Crise Economique Mondiale, où ils analysent et débattent sur l’actuelle crise économique mondiale, cherchent et proposent des solutions alternatives comme réponse au besoin urgent des peuples à se confronter á l’actuel système économique mondial, s’affrontant ainsi au modèle et aux organismes capitaliste actuels et au supposé plan de sauvetage des élites machiavéliques.
Ce forum, qui durera jusqu’au samedi 11 octobre, est organisé par le Centre International Miranda et par le Ministère de Planification et Développement du Venezuela. Il réunit des experts de différents pays d’Amérique Latine et des Caraïbes (Venezuela, Argentine, Chili, Équateur, Pérou, Paraguay, Mexique, Cuba), d’Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada), d’Europe (Allemagne, Espagne, France, Angleterre, Belgique), d’Asie (Chine, Corée, Corée du Sud, Philippines), d’Océanie (Australie) et d’Afrique (Egypte).
Les thèmes à débattre comprennent entre autres la chute financière et économique mondiale, la crise et les modèles économiques, la désarticulation des politiques néolibérales et du Consensus de Washington, les axes et défis pour le développement économique des peuples, les nationalisations versus privatisations. Les problématiques suivantes seront de même développées : quels sont les paradigmes qui assoient les relations économiques internationales aujourd’hui : nouvelles alternatives ou néo dépendance? Quelles sont les politiques économiques appliquées par les pays du sud pour contrer les forces hégémoniques des centres de pouvoir économiques mondiales ? Comment se consolident les processus d’intégration régionaux qui aident á dépasser les asymétries entre les nations ?, entre autres.
Les résultats de ces discutions et les propositions qui découleront de ces dernières seront publiées, tout comme une série de recommandations pour les peuples, dans leurs différentes formes d’organisation.


  Intervention des experts, quelques mises en bouche

« Le processus de transformation que l’humanité et l’histoire nous exige est urgent. (…) L’humanité doit se demander quelle est la dimension objective du problème. La question est comment transformer ces rêves en réalité ». Pedro Páez, ministre de l’Économie d’Équateur.

« La crise financière mondiale est le résultat de l’irresponsabilité des politiques capitalistes mises en place par les gouvernements des pays mal nommés développés. (…) Mais heureusement, nos gouvernements se sont opposés à temps et ont créé des projets socialistes alternatifs à l’acharnement néolibéral qui veut nous imposer son schéma ». «Où sont les recettes de ces instruments multilatéraux qui prétendaient détenir les solutions à tous les problèmes liés au capitalisme ? ». Haiman El Troudi, ministre de Planification et Développement du Venezuela.
« Les pays latino-américains doivent s’unir pour se confronter, affronter et vaincre le capitalisme. (…) Il est nécessaire de changer le modèle productif, de réactiver l’économie, mais le faire de n’importe quelle façon sert les intérêts des classes dominantes. Le thème est de savoir pour qui on veut se développer, et il faut en finir avec l’insatisfaction des peuples et de leurs nécessités». Julio Gambina, économiste argentin.
« Cette crise marque le déclin idéologique du néolibéralisme ». Claudio Katz, économiste argentin.

Quand les utopies se veulent réalité… Quelques bribes du projet…

« Nous devons redéfinir des propositions spécifiques, basées sur les nécessités des peuples, garantissant les droits de l’homme et les nécessités basiques, avec des alternatives comme l’ALBA ou l’UNASUR », exprima Pedro Páez. Il a aussi proposé durant la conférence d’ouverture ce mercredi la création d’un Fond Monétaire Alternatif, et d’un réseau de banques centrales, entre autres.
Haiman El Troudi a lui exigé le control des mouvements de capitaux, la création de mécanismes de commerce juste, l’éradication du secret bancaire et la suppression des paradis fiscaux, la création d’un fond de sécurité social pour tous les peuples du monde et l’implantation d’un revenu social fixe, entre autres.
Le Président du Venezuela, Hugo Chavez, a exigé pour sa part la dissolution du FMI. « Les bases du capitalisme doivent disparaitre », a-t-il annoncé lors de la conférence d’ouverture. « Nous sommes dans une période cruciale, un modèle économique pervers touche à sa fin. (…) Heureusement qu’il existe ici les germes de l’ALBA et plusieurs initiatives économiques tel que la Banque du Sud ». Il a ainsi ajouté que “tandis qu’ils (les membres des gouvernements néolibéraux) discutent les possibilités de survie des banques de nord, ici au Venezuela jaillissent des profondeurs les banques communales ».

Note : La Fondation “Centre International Miranda” rattachée au Ministère du Pouvoir Populaire pour l’Education Supérieure du Venezuela, a pour objectif principal la promotion et diffusion des valeurs du système politique de démocratie participative et protagoniste à travers l’investigation, la réflexion et la formation, sur des problématiques stratégiques du processus de transformations politiques et de leurs liens avec les transformations économiques, sociales et culturelles impulsées par la Révolution Bolivarienne. Pour plus d’information : http://centrointernacionalmiranda.gob.ve/ (page en espagnol)

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 13:35

Bush, pas touche au Venezuela !
Jean-Paul Legrand 

La semaine dernière le président vénézuélien,  Hugo Chávez, a dénoncé l'existence d'un plan d'agression des Etats-Unis consistant à camoufler des  avions F16 de l'armée US sous les couleurs et les insignes du  Venezuela  pour simuler une rébellion militaire.

 

Chavez a expliqué que ce projet de la maison Blanche visait, en lien avec les opposants pro-yankees, à préparer un nouveau coup d'Etat contre le pouvoir démocratiquement élu du Vénézuéla. Rappelons qu'en 2002, le patronat, la grande bourgeoisie et quelques responsables de l'armée  et des médias, utilisant une manipulation médiatique montée de toute pièce par les télévisons privées, avaient arrêté le Président Chavez et annoncé sa destitution, mais que ce coup d'Etat avait  échoué grâce à une formidable mobilisation populaire qui a permis au Président légitime d'être libéré et de retrouver ses responsabilités à la tête du pays.

 

Ces derniers jours, le peuple s'est de nouveau mobilisé notamment à l'occasion d'un immense meeting où le leader de la révolution a pris la parole. Chavez avec l'ardeur et l'enthousiasme qu'on lui connaît a été très offensif pour dénoncer l'impérialisme. Il a rappelé que le 11 septembre 1973, les Etats-Unis avaient organisé avec les putchistes chiliens le coup d'état criminel contre le président élu Salvador Allende. Il a expliqué que le socialisme c'était la construction de la paix mais que plus de 30 ans après le Chili, la leçon avait été retenue, que cette fois-ci les Etats-Unis ne devaient pas s'aviser à toucher au Venezuela, sous peine d'une  riposte militaire et populaire. 

 

Hugo Chávez a par ailleurs affirmé qu’il apporterait le soutien militaire du Vénézuéla à la Bolivie d’Evo Morales si c’est nécessaire pour contrer une attaque du même genre en Bolivie.

Le gouvernement vénézuelien souhaite la paix, "mais nous ne sommes pas disposés à mourir comme Bolivar à Santa Marta ou comme Allende à La Moneda (...) Si l’oligarchie et les pitiyankis, pilotés, financés et armé par l’empire, renversent un de nos gouvernements, nous aurons le feu vert pour toute opération, de n’importe quel type, destinée à restituer le pouvoir au peuple dans ces pays frères.

“Caballero (George Bush), occupez vous de vos oignons et laissez nous tranquille, peuples d’Amérique latine ! Laissez nous en paix construire notre propre histoire, laissez nous en paix construire notre propre monde. Nous sommes nés pour être libres, pas pour être les laquais de l’impérialisme yanqui"

http://www.creil-avenir.com/article-22816797.html

 


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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 16:23

Muriel KNEZEK

Journaliste


 

Dans les couloirs du palais présidentiel vénézuélien Miraflores, la pression monte. Résolu à poursuivre les transformations dans le pays, Chavez se place aujourd’hui avec détermination sur le front des nationalisations. Parallèlement, en novembre prochain, le pays s’engagera dans une nouvelle phase d’élections dans les régions. Si les résultats se révèlent favorables au gouvernement, ils marqueront le pas de l’avancement de la révolution bolivarienne. Mais, face à la critique de l’opposition « pitiyankee » et à une population essoufflée, le chemin s’annonce malaisé et le travail acrobatique.

 

De source sûre le monde ne s’est pas fait en un jour, alors la révolution vénézuélienne aurait du mal à prétendre à son aboutissement après dix ans de chavisme. Aujourd’hui, le président Chavez et son gouvernement sont à la veille d’une nouvelle étape dans la réforme du pays avec les prochaines élections des gouverneurs des régions qui auront lieu le 23 novembre 2008. Celles-ci seront décisives et essentielles pour l’expansion sereine de la politique chaviste sur l’ensemble du territoire. Pour continuer à avancer, il va falloir encore convaincre et jouer l’efficacité, car – même si l’opposition toujours virulente s’éparpille dans ses candidatures multiples – le peuple vénézuélien attend des évolutions et des avancements concrets répondant à leurs préoccupations. Il faut rappeler qu’en décembre 2007, lors du referendum sur la réforme de la Constitution, plus de 4 millions de voix chavistes pour 14 millions d’électeurs ont été perdues par une lassitude dans la motivation populaire et un attentisme quant aux changements. La bataille s’annonce donc serrée.

 

Qu’en est-il aujourd’hui, à peine 3 mois avant le scrutin ?

La révolution et les fermes décisions qu’elles doivent engendrer poussent enfin Chavez à entreprendre une politique volontaire de nationalisations des activités centrales de la société vénézuélienne. Grâce à des revenus pétroliers conséquents, favorisés par le boom du prix du baril, le portefeuille gonflé du gouvernement autorise largement rachats, investissements, coopérations et… nationalisations. C’est dans ce sens, et à grands pas, que se feront les transformations. Avec une poigne de fer, Chavez est décidé aujourd’hui à user de la réforme pour montrer à son peuple qu’il continue de tracer le chemin, sans s’arrêter à de simples promesses. Egalement décidé à faire face à une opposition agressive, destructrice, menteuse et totalement libre d’expression, contrairement à ce qui est dit. Il est temps d’associer au travail des missions gouvernementales, efficace mais de longue haleine, une politique socialiste suprême par le biais de lois et de décrets. Le moteur est là, la vitesse supérieure enclenchée – celle qu’il faut pour que le peuple vénézuélien puisse se redéfinir comme « suiveur sain », fidèle, et qu’il y trouve de nouvelles satisfactions.

Pour Chavez, ce programme de nationalisations est l’outil majeur pour répondre aux manipulations, pressions et coups bas de l’opposition possédante. Le seul moyen pour avoir les mains libres et construire la société socialiste qu’il propose en tant que « militaire révolutionnaire » non comme « dictateur ».

Le travail sournois et déstabilisateur de l’opposition « pitiyankee » crée actuellement une véritable guerre de position presque sans issue si Chavez ne fait pas dès à présent autorité. Dans ce contexte, le gouvernement est donc résolu à utiliser ses pouvoirs souverains et à les exercer sans états d’âme. Ce que le peuple attend, ni plus ni moins.

 

Les solutions

Après un premier processus de nationalisation de la sidérurgie, de la téléphonie (Cantv-Movilnet) il y a un an, puis de l’électricité (Corpoelec) il y a quelques mois, le plan d’Etat s’élargit de façon stratégique.

 

Quelle solution a Chavez pour lutter contre la contrebande du pétrole, organisée à l’étape de son transport et de sa distribution majoritairement privés, conduisant à des pertes de revenus flagrantes ? Sinon celle de supprimer ces intermédiaires (Texaco, BP et Shell) et de nationaliser les stations services pour les intégrer au circuit Petrosur-Petrocaribe de PDVSA. Sur le principe du « rendre à César ce qui appartient à César », PDVSA se déploiera dorénavant comme entreprise de production sociale (empresa de producion social), en se définissant nouvelle PDVSA du peuple (la nueva PDVSA es del pueblo).

 

Quelle solution a Chavez pour entreprendre et mener à bien sa politique de grands travaux face aux entraves, mélis-mélos et divers pots-de-vin du bâtiment qui ralentissent ou empêchent les processus ? Sinon de nationaliser deux des plus grosses sociétés de ciment – Cemex, filiale vénézuélienne du groupe mexicain, et Lafarge, compagnie française – et ses succursales afin d’avoir les moyens de son programme.

 

Quelle solution a Chavez pour modifier le fonctionnement du système bancaire et financier actuels – manipulés par des intérêts « pitiyankees » extérieurs au pays, pour qui les profits sont étonnants – allant à l’encontre des nécessités de la société vénézuélienne ? Et quelle solution a Chavez, lorsque ce mécanisme en place pousse au surendettement de la population, engagée dans un modèle américain de consommation et ainsi de crédit pour payer le crédit ? Sinon de nationaliser la Banco de Venezuela – propriété du groupe espagnol Santander – afin d’en rectifier les principes et de stopper cette machine infernale qui ruine les foyers.

Le système des banques communales, mis en place depuis 4 ans, a ainsi permis de financer nombre de coopératives agricoles qui se développent comme champignons en forêt et qui révèlent d’excellentes performances. Sur l’exercice 2007-2008, la surface des terres cultivées a augmenté de 20% et la production oscille, selon les cultures, entre +10 et +25%.

 

Quelle solution a Chavez quand il décide de rehausser le smic de 30% et que – pour répondre à cette évolution sociale – les distributeurs « pitiyankees » augmentent le prix des aliments de base de 30% ou organisent le lock-out ? Sinon celle d’ouvrir des supermarchés d’Etat – les Mercal – où les prix pratiqués équivalent à ceux de nos discounters européens. Ou encore d’organiser des marchés populaires dans tout le pays où se retrouvent en direct producteurs et consommateurs faisant ainsi chuter les prix jusqu’à 50%.

 

Guerre à la guerre

Par nécessité absolue, Chavez est en permanence sur le terrain, accompagné de sa flotte de ministres. Ici pour expliquer et clarifier, là pour démentir et dénoncer. Menaçant l’ingérence « pitiyankee » d’une réplique digne de l’art martial, non-violente et imparable. Les Conseils des ministres, en direct du palais présidentiel Miraflores, sont diffusés à la télévision en toute transparence. Chavez, comparable à un David du XXIe siècle socialiste contre un Goliath « pitiyankee », défie en tout intelligence et grâce uniquement au matériel social.

La traînée de poudre révolutionnaire, synonyme d’Alba – collaborations, ententes et coopérations inters pays latino-américains –, se confirme et renforce la tendance. Le Honduras, le Paraguay, l’Equateur, la Bolivie, l’Argentine signent aujourd’hui sans hésiter, avec Chavez comme pivot central dynamique. L’objectif étant de construire une indépendance sud-américaine, l’arme unique.

 

Pour l’heure, dans le pays, la campagne officielle de ces élections des gouverneurs des régions débutera le 23 septembre prochain. Le parti socialiste vénézuélien (PSUV) commence dès à présent à occuper le terrain. Ses bataillons de militants décidés à en découdre, et la télévision d’Etat là pour les suivre et en faire part. La population, sensibilisée à son devoir de vote et à son inscription sur les registres électoraux, afflue sur les places publiques ou dans les couloirs de métro pour se faire enregistrer.

A ce jour, 7 états sur 23 dans le pays sont à droite, une minorité mais pas des moindre puisqu’il s’agit d’Etats riches et puissants tels que ceux de Zulia, Sucre, Caraïbo, Carabobo, dotés d’un fort potentiel pétrolier, agricole et industriel. Dans cette bataille du pouvoir, la corruption reste un point d’achoppement qui va rendre le parcours difficile. Le Venezuela est loin d’échapper au phénomène de l’attrait pervers de l’argent et des intérêts personnels, et ce même au sein des troupes chavistes – la « cinquième colonne » socialiste opportuniste ! Sans oublier la vieille oligarchie vénézuélienne qui n’est pas en reste.

 

Alors prudence ! Chavez se doit d’être ni aveugle ni dupe, et encore moins conciliant. L’enjeu est primordial pour l’avenir du socialisme vénézuélien et latino-américain. Le peuple le suivra si la confiance, la méthode et les preuves sont là. La révolution n’est qu’entamée, Chavez le sait. A Cuba, il a fallu 50 ans de résistance et de combat pour concrétiser, matérialiser et stabiliser, non sans inquiétude ni incertitude encore aujourd’hui. Les « pitiyankees » sont aux aguets, leur crédibilité toutefois bien entamée. C’est donc dans la ténacité et grâce à l’accompagnement du peuple vénézuélien que Chavez arrivera à ses fins – qu’il se le dise.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 18:43

DE CHAVEZ 

LENDMAN Stephen


En janvier 2007, Hugo Chavez a annoncé son projet de “Socialisme bolivarien” pour le 21ème siècle et  expliqué qu’il dépendait de 5 moteurs révolutionnaires :

- la réforme constitutionnelle ;
- l’éducation populaire bolivarienne ;
- la redéfinition et la réforme des organes du pouvoir ;
- l’explosion du pouvoir communal depuis la base ;
- la “Loi-mère” (habilitante) pour rendre tous les autres moteurs possibles

Selon le droit constitutionnel vénézuélien, la Loi Habilitante est une habilitation légale mais limitée. Ainsi, malgré les affirmations des médias et de l’opposition, celle-ci n’octroie pas de pouvoir général de “gouvernement par décret” et ne fait pas de Chavez un “dictateur”. Quand l’Assemblée Nationale (AN) a voté la loi habilitante (à l’unanimité), même le sous-secrétaire d’Etat états-unien pour l’Hémisphère Occidental, Thomas Shannon, a admis la “validité du processus au regard de la Constitution vénézuélienne. Comme pour chaque instrument de la démocratie, cela dépend de l’utilisation qui en est faite”. Chavez en a déjà disposé à deux reprises et en a usé de manière responsable selon toute mesure ou standard reconnus. Il est également le cinquième président venezuélien à en faire la requête sous la Constitution de 1961 et celle de 1999, en son article 203. L’habilitation s’étend sur 18 mois et expire après ce terme.

 
L’habilitation la plus récente a pris fin le 31 juillet et a octroyé à Chavez le pouvoir de légiférer dans les matières suivantes, toutes relatives au fonctionnement interne du pays :
- transformer les institutions bureaucratiques et sclérosées de l’Etat pour les rendre plus efficaces, plus transparentes, plus honnêtes et permettre une plus grande participation citoyenne ;
- réformer le service civil et éliminer la corruption enracinée, qui demeure un problème majeur ;
- faire avancer les “idéaux de justice sociale et d’indépendance économique” à travers un nouveau  modèle économique et social basé sur une distribution équitable de la richesse nationale dans le domaine des soins de santé, de l’éducation et de la sécurité sociale ;
- moderniser les secteurs financiers vénézuéliens, les politiques bancaires, d’assurances et d’impot ;
- développer les domaines scientifiques et technologiques pour le bénéfice de tous les secteurs de la  société ;
- réformer la santé publique, les prisons, l’identification, les règles concernant les migrations et le système judiciaire pour améliorer la sécurité citoyenne et juridique ;
- développer l’infrastructure nationale, les transports et les services publics ;
- développer et améliorer les forces militaires nationales ;
- établir des normes d’organisation territoriale dans les Etats et les communautés, en ce qui concerne les élections et la taille des circonscriptions électorales ;
- permettre un plus grand contrôle de l’Etat sur le secteur énergétique, vital pour la nation
.

Dans tous les domaines susmentionnés, Chavez s’est vu octroyer un pouvoir constitutionnel limité à 18 mois – et ne concernant que les domaines autorisés par l’AN. Il n’avait pas le droit de violer les droits civils ou humains, d’affaiblir ses concurrents ou de les mettre hors-jeu, d’exproprier la propriété privée ou d’interférer avec le droit des citoyens à demander l’abrogation de toute loi si 10% ou plus des électeurs inscrits en font la demande (le seuil étant fixé à 5% en ce qui concerne les décrets-lois). De plus, l’AN peut modifier ou abroger les décrets-lois par un vote de la majorité de ses membres. Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, les systèmes de contrepoids entre les pouvoirs existent au Venezuela – ce que nient les médias états-uniens hostiles. Je développerai ceci plus bas.

Lors du dernier jour de l’habilitation, Chavez a promulgué 26 nouvelles lois par décret – relatives aux forces armées, à l’administration publique, à la sécurité sociale, à l’agriculture, au tourisme, à la réforme de la Loi Financière et Bancaire Nationale et à la nationalisation du Banco de Venezuela. Celle-ci a été une institution privée jusqu’en 1994, date à laquelle l’Etat venezuélien est devenu son actionnaire majoritaire. Après quoi elle a de nouveau été privatisée en 1996 suite au rachat de la majorité de ses actions par la plus grande banque espagnole, Banco Santander.

Cette entreprise désirait vendre le Banco de Venezuela et en a demandé la permission, tel que le prévoit la loi. Chavez a répondu en réclamant les ressources de la banque pour tous les Vénézuéliens. Il a assuré au Banco Santander qu’il lui octroierait de justes indemnités, comme cela a été fait dans le cas des autres nationalisations et a demandé aux clients de la banque de ne pas s’inquiéter “Vous serez plus que garantis dans les mains de la République (et) vous savez que le secteur bancaire venezuélien est l’un des plus solides au monde”. Sans doute plus que ça, comparé aux banques branlantes des Etats-Unis qui connaissent de sérieux problèmes.

Chavez a annoncé que les nouvelles lois allaient améliorer le “grand secteur public”, longtemps “subordonné” dans le passé, dans le but de donner la priorité aux domaines sociaux, en accord avec les standards nationaux et internationaux.  Mais  les dirigeants de l’opposition n’ont pas été convaincus. Ils considèrent ces mesures “autocratiques” et “non consultatives” et ont pressé leurs ouailles de répondre à celles-ci lors des scrutins régionaux et municipaux de novembre prochain.
 
Malgré les plaintes émises par l’opposition, toutes les nouvelles mesures respectent complètement les dispositions constitutionnelles et sont donc parfaitement légales. Nombre d’entre elles ont été proposées plus tôt dans la période d’habilitation, débattues pendant un an à l’AN et 16 autres lois ne sont pas passées et sont toujours à l’étude. En tout, 67 lois ont été décrétées entre janvier 2007 et juillet 2008, et couvrent de nombreux domaines, dont : 
- la conversion monétaire ;
- des nationalisations dans les secteurs bancaire, de l’acier, du ciment, du pétrole et de l’électricité ;
- la nouvelle loi sur l’espionnage et le contre-espionnage – révoquée et en phase de réécriture pour éliminer les dispositions susceptibles de controverse ;
- la réorganisation des forces armées ;
- la réorganisation des institutions financières nationales ;
- a réforme des lois concernant l’administration publique ; ainsi que des mesures relatives au contrôle des prix, à la politique agricole, à la sécurité alimentaire et à la souveraineté.

Eruption de contestations de rue mises en scène

Dans ce qui est devenu commun sous Chavez, selon AP [l’Associated Press, ndt], “Les Venezuéliens ont protesté contre ses nouvelles mesures socialistes”, mais il ne s’agit pas vraiment d’une dénonciation basée sur des faits. A Caracas, 1000 personnes, tout au plus, se sont rassemblées pour hurler “liberté” et “la police anti-émeutes a utilisé des gaz lacrymogènes pour bloquer des centaines de Venezuéliens qui protestaient contre ce qu’ils appellent une nouvelle concentration des pouvoirs entre les mains du Président Chavez." Leurs accusations, grotesques et sans fondements, faisaient également état de “listes noires empêchant des candidats de l’opposition de se présenter aux élections et de décrets socialistes détruisant ce qu’il leur reste de démocratie”.

La soi-disant “liste noire” est en réalité un arrêt du Tribunal Suprême de Justice du Venezuela (TSJ) datant du 5 août dernier qui interdit à 272 candidats du gouvernement et de l’opposition de se présenter aux élections de novembre pour cause de corruption, qu’ils aient été condamnés ou qu’ils soient en procès à ce sujet. Le Tribunal a expliqué que son arrêt est “acceptable au regard des lois relatives à l’intérêt général, à la sécurité des citoyens et au bien commun, en accord avec les articles 30 et 32.2 de la Convention Américaine des Droits Humains. Cette interdiction est totalement compatible avec les dispositions des articles 19 et 156 de la Constitution nationale”. Le TSJ a également rappelé le respect de l’article 105 concernant le bureau du Contralor general car les droits de la défense ont été pleinement respectés.

Le Contralor general Clodosbaldo Russian dispose du mandat légal de gardien de l’anticorruption au Venezuela. Il a soumis une liste de 368 noms au Conseil National Electoral du Venezuela (CNE) et a demandé leur inéligibilité pour les élections de novembre car ils sont en procès pour corruption ou détournement de fonds publics ou ont déjà été condamnés à ce sujet. Le CNE a approuvé la liste et a demandé l’avis du TSJ sur la question. Le Tribunal a retenu 272 noms.

Le Venezuela Information Centre (VIC), créé en 2005 et basé à Londres est une organisation “solidaire avec le peuple du Venezuela”. Ses membres sont des ONG, des universitaires, des étudiants, des journalistes et des syndicalistes. Son but est de diffuser “une information objective et précise sur toutes les syndicats, mouvements sociaux et organisations politiques au Venezuela”, contrer les informations mensongères et “soutenir le droit du peuple venezuélien à décider de son propre futur hors de toute intervention étrangère”. 
 
L’évaluation faite par le VIC du travail réalisé par le Contralor general est la suivante :
- il a été conduit strictement selon les dispositions légales et administratives ;
- mis en oeuvre en tant qu’obligation constitutionnelle et légale du Bureau du Contralor general ;
- entrepris selon les arrêts du TSJ de 2005 ;
- autorisé par la Loi Organique du Bureau du Contralor general et par la Constitution vénézuélienne ; et  les personnes mentionnées dans la liste ont été dûment informées au cours de la procédure.

Les médias commerciaux répondent – De manière hostile, comme d’habitude.  Aux commandes, on retrouve le New York Times et son envoyé spécial Steve Romero, qui, le 5 août dernier, signe un article intitulé “Les nouveaux décrets de Chavez reflètent des mesures impopulaires”. Romero indique que Chavez “utilise ses pouvoirs de décrets pour mettre en place une série de mesures ‘d’inspiration socialiste’ qui semblent basées sur un paquet de réformes constitutionnelles” préalablement rejeté par les électeurs [lors du référendum du 2 décembre 2007 portant sur la révision de la Constitution, ndt]. Ce qui prépare le terrain à de “nouvelles confrontations entre son gouvernement et l’opposition politique”.

Il cite l’éditeur d’opposition Teodoro Petkoff, qui considère que “quand le gouvernement agit, comme c’est le cas actuellement, sans respecter la Constitution, mais en répétant qu’il respecte la loi, un acte de tyrannie est commis”. Romero semble partager ses propos.

Le journaliste s’insurge ensuite contre “une vague de reprises d’entreprises privées”, incluant la nationalisation “d’une grande banque de propriété espagnole”. Il ne s’intéresse pas aux décrets-lois “de moindre importance”, mais se concentrent sur les points d’envergure, dont certains qu’il considère comme des efforts pour “formaliser des politiques d’inspiration socialiste confinant à l’économie informelle, comme une mesure faisant du troc un système légitime de paiement.” Romero a l’espoir que les “prochaines élections régionales peuvent éroder la base du pouvoir du Président” et nous aurons droit à de nouveaux articles de lui durant la campagne.

Fabiola Sanchez, journaliste d’AP, critique les mesures de Chavez “vers une économie sociale” et ses plans destinés à “créer des milices de quartier... à imposer le contrôle de l’Etat sur l’agriculture”, les nouveaux pouvoirs des militaires, les crédits pour les petites entreprises et cite des critiques pour qui les lois ont été “imposées de force” sans “consulter les cercles d’affaires les plus importants”.

Le journaliste de l’AFP, Carlos Diaz, fait état de “Chavez mett(ant) en oeuvre avec un poing de fer de nouvelles lois affermissant le pouvoir de l’Etat sur l’économie, dans la période précédant les élections régionales”. C’est un signe de son “envie de créer un Etat socialiste, d’agrandir significativement ses pouvoirs et [les décrets-lois, ndt] ressemblent à des dispositions d’une réforme constitutionnelle rejetée par les électeurs lors du référendum de décembre”.

Même le Financial Times (FT) s’y est mis, par le biais de son envoyé à Caracas, Benedict Mander, qui intitule son article “Chavez accusé de faire passer de vieilles réformes” et cite des opposants au gouvernement “qui s’insurgent devant une volée de décrets-lois qui sont, selon eux, des répliques des réformes constitutionnelles” que les électeurs ont rejeté. Il mentionne des critiques “mettant en garde” contre “la peur qu’elle pourrait provoquer chez les investisseurs privés” et considérant que [les décrets-lois, ndt] sont “des symboles de des tendances autoritaires de M. Chavez (et lui permettront) d’exproprier la propriété privée sans devoir demander la permission de l’Assemblée Nationale”. Mander critique également (le 2 août) l’interdiction de participation aux élections de candidats de l’opposition et cite la directrice du Programme Amériques du Centre Carter, Jennifer McCoy, qui s’inquiète de ce qu’elle perçoit comme une décision dégageant la route pour les candidats soutenus par le gouvernement.

Le Wall Street Journal est encore plus hostile. Dans un article signé par José de Cordoba et Darcy Crowe, intitulé “Par le passage de décrets, Chavez s’arroge de nouveaux pouvoirs”, les décrets-lois sont définis comme “ambitieux... qui formalisent la création de milices populaires et consolident encore plus le pouvoir de l’Etat dans des domaines-clés comme l’agriculture et le tourisme”. Les auteurs se réfèrent au “contournement de l’AN par Chavez en faisant des lois et (en revenant) à l’offensive après avoir subi une défaite humiliante en décembre (qui aurait pu lui permettre) de rester au pouvoir à vie”.

Ils citent des “accusations selon lesquelles M. Chavez esquive la volonté du peuple” et reprennent les termes d’une figure de l’opposition, Luis Miquilena, pour qui “nous sommes en présence d’un gouvernement dictatorial qui a mené un coup d’Etat contre la Constitution. Ici, nous n’avons pas de Constitution, pas de lois et le Président fait exactement ce qu’il veut”. On dirait qu’il confond Chavez avec George Bush, car il décrit exactement les conditions de vie sous ce dernier, qui sont en contraste total avec la démocratie venezuélienne.

Les journalistes du Wall Street Journal voient les choses différemment... Ils comparent le gouvernement de Chavez à celui de l’Iran et déchaînent de féroces critiques à ce sujet. Ils mentionnent également une opposition publique au “modèle cubain” en suggérant qu’il le suit, et cite Peter Hakim, du Dialogue Inter-Américain, qui soutient que “tout (ce qu’il fait) est en rapport avec les prochaines élections, et il est difficile d’imaginer qu’il ne considère pas cela important dans ses efforts pour garder le pouvoir”.

Les diatribes les plus hallucinantes et dénuées de fondements du quotidien coulent cependant de la plume de Mary O’Grady. Dans son dernier article, du 11 août, intitulé “Chavez considère Cuba comme un modèle”, elle indique que “le dictateur venezuélien agit de plus en plus comme Fidel” et j’en passe. Ses accusations incluent “l’annihilement” de ses opposants politiques, “la mise hors-jeu, par la force si nécessaire, de ceux qui défient son pouvoir”, la transformation du pays en “une économie planifiée”, l’utilisation [par Chavez] de “sa propre version de la loi”, la déclaration des opposants “coupables (de corruption) par décision de justice”, “l’agrandissement de sa collection de prisonniers politiques” et condamnent presque Jimmy Carter et le Sénateur Chris Dodd qui appellent “le Venezuela de Chavez une démocratie”. Selon elle : “Mettez-vous dans le chemin des aspirations caudillistes de M. Chavez à vos risques et périls”.

Des commentaires de ce genre ne sont pas surprenants quand on considère son parcours : des années à Wall Street pour de grands groupes financiers, la collaboration avec la “Heritage Foundation”, organisation de la droite dure. Elle a rejoint le Wall Street Journal en 1995 et est devenue éditorialiste sur les Amériques en 1999. Elle est très douée pour l’agit-prop, mais peu soucieuse de rapporter les faits.

Pas de surprises à avoir donc si aucun de ces critiques de Chavez n’explique la loi venezuélienne, ni l’interprétation de celle-ci dans les arrêts du TSJ. Ils n’expliquent pas non plus comment fonctionne la Loi Habilitante, que la Constitution l’autorise, que cinq autres présidents l’ont utilisée, que Chavez respecte scrupuleusement ses dispositions et que l’Assemblée Nationale (par un vote à la majorité) et le peuple venezuélien (par référendum) peuvent abroger ces décrets. Mais comment pourraient-ils parler de cela ? Cela montrerait la fausseté de leurs accusations et jetterait le discrédit sur leurs arguments, qui risquent de se radicaliser encore à l’approche des élections de novembre. Restez en ligne.
Stephen Lendman, 15 août 2008, Countercurrents.org
Traduction d’Alexandre Govaerts, membre du collectif ViVe Belgique, passerelle entre les médias communautaires vénézueliens et la population francophone et source d’informations sur le Venezuela
http://www.vive-be.org  
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7040

 

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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 08:26
 
KNEZEK Muriel
 
 Aujourd’hui, la télévision occupe le temps libre des citoyens, laisse à croire au libre-arbitre, mais finalement fabrique un étonnant formatage pour une société ultra-libérale. Le bonheur se révèle dans la consommation et la subjectivité devient règle.
Il existe pourtant d’autres pratiques pour que ce média apporte tout autre chose. Le Venezuela s’attelle à cette tâche et y réussit pour la plus grande satisfaction de ses téléspectateurs qui en sont également les acteurs.

Notre télévision donne actuellement une information diluée, éphémère, ciblée et chronométrée. Sa forme et son contenu sont devenus des produits de grande consommation, où la justesse et l’intérêt des propos ne sont plus des priorités. Sujets survolés, course au « prime time », zapping sans liant d’un événement à l’autre, mépris de la gravité de l’actualité, futilité et médiocrité des thématiques, gavage et répétition, lobbying et influences politique et commerciale, partialité et orientation, véracité et vérification des faits de plus en plus problématiques… Cet inventaire désastreux remet en question le regard et la considération que l’on porte à ce média ancré dans le quotidien de chacun.

La télévision se doit de donner quelque chose avant de vendre quelque chose. Informer, former et divertir résument la mission et la stratégie majeures de l’outil. Au contraire, seul son caractère commercial – immuable à notre société – et sa propagande nettement dirigée en sont les phares. L’enjeu est transformé, l’idée malmenée et le résultat catastrophique. Cette déviance se fait ainsi dangereuse parce que véritablement abrutissante, globalisante, et vide de sens intellectuel et culturel. L’estime du téléspectateur et son enrichissement ne sont plus des objectifs essentiels et prioritaires, la part belle est donnée au développement et à l’épanouissement du panurgisme, du discours unique et de la peopolisation. La dimension informative n’est plus qu’un ramassis haché menu de communication massive, dénuée de toute grandeur humaine.

Noam Chomsky, professeur émérite de linguistique et altermondialiste, a su parfaitement résumer la méthode : « La contrainte de la concision impose de limiter le propos à des lieux communs ».

Plus loin dans son développement sur les médias actuels, Noam Chomsky précisera : « Le noeud de la question est qu’on doit travailler. Et c’est pourquoi le système propagandiste a tellement de succès. Très peu de gens auront le temps et l’énergie ou l’engagement de mener une constante bataille… [...] Le plus simple, vous le savez, quand vous rentrez du travail, vous êtes fatigué, vous avez été occupé toute la journée, vous n’allez pas passer la soirée à effectuer un projet de recherche. Alors, vous allumez la télévision, vous dites que c’est probablement vrai, ou vous regardez les titres de la presse écrite, et après vous regardez du sport ou quelque chose d’autre. C’est fondamentalement comme cela que le système d’endoctrinement fonctionne. C’est sûr que les autres informations sont là, mais vous allez devoir travailler pour les trouver ».

Alternative

Une autre télévision existe pourtant ailleurs. Le Venezuela travaille à cela. En 2000, Hugo Chavez, président actuel, élu en 1998, rend légaux les organes de communication locaux et leur donne droit à l’expression. Le ministère de l’Information et de la Communication prononce une loi de responsabilité sociale des médias, avec des règles éthiques, déontologiques face aux dérives des médias privés. La Conatel, l’équivalent de notre CSA, se doit de soutenir la production indépendante et de créer « un espace de communication conforme à l’esprit du processus de changement social en cours dans le pays ».

Pour rompre avec les pratiques traditionnelles journalistiques – qui reproduisent et favorisent la logique de présentation, qui prive le peuple de toute participation –, pour être le contraire de l’information passive, pour fabriquer une « chaîne du continent », le gouvernement met à disposition des populations, cinéastes, réalisateurs et distributeurs des canaux hertziens, où l’indépendance est totale en matière d’information. La production devient collective, en rupture avec les oligopoles qui s’accaparent la communication. Un tel système encourage les communautés les moins organisées à faire leur propre information par des cellules locales de production. La caméra est donnée – véritable fusil pour recouvrer la vue. La notion de temps dans l’information est revisitée, un nouveau journalisme revit.

Pour Hugo Chavez, la communication du XXIe siècle se conjuguant avec le socialisme du XXIe, il faut construire un nouveau modèle de télévision. Son peuple bienveillant, qui prend conscience que son avenir est dans l’action citoyenne, se trouve sensibilisé spontanément à la politique et à la révolution en marche. Un des moyens pour y collaborer est aujourd’hui la télévision participative.

Cette nouvelle télévision ouvre un canal d’information entre le peuple et Chavez, qu’il reprend dans son émission Alo Presidente – émission hebdomadaire diffusée tous les dimanches sur la chaîne Canal 8 –, et qui oriente l’agenda ministériel. Un « contraloria social » – « inspecteur social » – s’installe, efficace et constructif. L’objectif : une éducation citoyenne, collective et individuelle, pour aboutir à une société consciente, critique et participative.

Ouverture

Catia TV sera l’exemple de cette ouverture dans le pays. Initiée par Blanca Eekhout en 1990, cette télé communautaire est une chaîne de quartier émettant dans les « barrios » ouest de Caracas. Son message : « No vea televisión, hágala » – « Ne regardez pas la télévision, faites-la ! ». En décembre 2000, Catia TV obtient sa licence grâce à la loi organique sur les télécommunications, sans aucune condition politique ou idéologique exigée à son lancement. Son indépendance est totale et à tous les niveaux. Parce qu’il n’y a pas de liberté d’expression sans moyens de communication, Catia TV défend une télévision intelligente, l’antidote aux formats imposés. « Se demander où est le besoin pour y donner la réplique » symbolise l’action et le travail de la chaîne. La télévision donne enfin la parole. Catia TV, qui informera sur la réalité du coup d’Etat du 11 avril 2002 et qui sera un facteur important de son échec, sera brutalement fermée en 2003 par Alfredo Peña – maire du district fédéral de Caracas et ex-journaliste, farouche opposant au gouvernement. En cadenassant son transmetteur, en confisquant son matériel, Peña privera les communautés populaires du droit de s’exprimer et d’informer de façon indépendante. Catia TV reprendra ses droits grâce à la Commission nationale des télécommunications, seul organe disposant d’un contrôle sur les médias alternatifs. Catia TV émet aujourd’hui quotidiennement de 10 h à minuit.

De cette veine, naîtra en novembre 2003, Vive TV – chaîne nationale publique vénézuélienne – dont la présidente, bien entraînée, ne sera autre que la même Blanca Eekhout. Cette fois encore, Vive TV a la dimension d’un projet politique, culturel, pluraliste et participatif, critique et sans propagande. L’intention : donner la parole au peuple dans son contenu comme dans son fonctionnement. Son slogan : « Te gustara saber » – « Tu aimeras savoir ». Ainsi, les protagonistes sont les membres de la communauté, le citoyen, tous ces vénézuéliens invisibles dans un monde où les médias dominent la culture et le monopole du message.

Cette liberté est d’emblée et de nouveau assurée. Lorsqu’à l’ouverture de la chaîne, à la question de Blanca : « Quelle est notre marge d’autonomie ? », Chavez répondra : « J’ai besoin de critiques, mais si l’une d’elles pouvait faire tomber le gouvernement, prévenez-moi une heure avant ».

Dans ce média, les pratiques de travail et les relations sociales à l’intérieur sont hors du commun. Ici, la hiérarchie est horizontale, la considération et le respect de chacun essentiels. Les journalistes sont extrêmement jeunes, souvent recrutés directement dans les communautés et se forment sur le tas. Les techniciens de l’image, du montage et du son ont souvent accédé à leur fonction par démarche personnelle professionnelle avant de sortir d’une quelconque école spécifique, élitiste et déformatrice.

Thierry Deronne, vice-président et responsable des programmes d’information à Vive TV, a ainsi créer au sein de Vive, une école de l’audiovisuel. On y trouve une formation qui ne fige pas les fonctions, une autre manière politique de filmer, de nouvelles formes d’expression où le documentaire se substitue au reportage, le zoom dénoncé comme une fausse impression de proximité, la notion du temps de parole et de tournage revisitée, la voix off remise en question… On y aborde la philosophie, la politique, la technique, le cinéma, la culture, l’éducation…

Ces méthodes amènent, bien entendu, à tout autre chose. A Vive TV, une équipe qui réalise des investigations dans les communautés part une semaine, va au cœur des situations en se donnant déjà deux jours d’échanges avec les protagonistes dans le but de bien appréhender le sujet avant de filmer – du jamais vu. L’équipe entretient la relation après le tournage, afin d’avoir un regard de veille qui confirme l’intérêt et l’implication vis-à-vis des problématiques soulevées, leurs solutions et aboutissements. A ses débuts, Vive TV venait tourner et faisait ensuite pression, aujourd’hui son influence est si forte et si efficace que ce sont les campesinos (paysans) qui appellent ViVe TV. En décembre 2004, lors du conflit économique et social chez Venepal (devenu Invepal) – usine à papier sauvée de la faillite par les travailleurs, depuis nationalisée et cogérée avec l´Etat –, c’est un technicien de Vive qui formera les ouvriers aux prises de vues et de son de l’événement.

Vive TV se fait aussi l’écho des radios communautaires locales, en venant filmer leur organisation, leur mode et conditions de travail, leur méthode de diffusion et de programmation. Vive TV diffuse une émission d’information sur la production de ses programmes. On y découvre, en toute transparence, le fonctionnement de la chaîne et la construction de l’information. On y apprend que seulement 40% des programmes sont produits en interne, une manière d’accorder sa juste part à la production nationale indépendante et d’assurer un réel pluralisme.

Vive TV est une télévision ultramoderne et parfaitement équipée : écrans TV et ordinateurs nombreux, salles de réunions, d’enregistrement, de stockage, de montage, de matériel, espace de travail… Après 5 ans, elle salarie aujourd’hui 400 personnes et émet 24h/24 dans le pays.

D’autres modèles existent. Celui de TeleSur, lancée en juillet 2005 à l’initiative du Président vénézuélien Hugo Chávez. En partenariat avec l’Argentine, l’Uruguay et Cuba, l’objectif est de permettre aux habitants de l’Amérique latine d’avoir un média défendant « leurs propres valeurs, divulguant leur propre image, débattant de leurs idées et diffusant leurs propres programmes, de façon libre et égale ».

TVes – Television Venezolana Social – créée au lendemain de la non-reconduction de la licence de RCTV, en mai 2007, porte la même philosophie de la communication et de l’information. Une diversité des programmes pour une diversité sociale, promotion de la culture et de l’éducation s’opposant à une télévision commerciale, portes ouvertes aux producteurs indépendants.

Sans organisation, pas de révolution

Au Venezuela, le processus de démocratisation du spectre radioélectrique et des communications est lancé. Défendu et soutenu par le gouvernement, il redessine le paysage médiatique en remaniant la propriété et la gestion des moyens de communication. De par une démocratisation et une socialisation de la communication, l’intégration solidaire des peuples à celle-ci, l’appropriation et la régionalisation populaire participative, et la libéralisation du langage, les résultats sont époustouflants.

Alors que Paulo A. Paranagua écrit dans Le Monde que les paysans latinos sont des illettrés, la seule répartie possible à ce petit journaliste aliéné sera la pertinente remarque de Hugo Chavez : « La domination n’est jamais aussi parfaite que lorsque les dominés pensent comme les dominants ».

KNEZEK Muriel
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6725

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 20:59

    Le Cercle Bolivarien de Paris comprend parmi ses membres un citoyen français qui vient d'être réélu aux dernières élections municipales à Creil. Jean-Paul Legrand est maire adjoint à l'urbanisme et au logement de cette ville de 32.000 habitants qui se trouve à 50 km au nord de Paris. Partisan de la Révolution Bolivarienne, marié à une Vénézuélienne, il avait brillamment témoigné l'an dernier à la fête de l'Humanité  des transformations en cours au Venezuela qu'il a pu constater lors de ses voyages.

   Enthousiasmé par les évolutions positives du processus révolutionnaire, Jean-Paul Legrand a pris contact avec  les autorités diplomatiques du Venezuela en France afin d'étudier les possibilités de coopération.


 
L'élu creillois a appris ainsi que le Vénézuela serait prêt à vendre du pétrole pour les collectivités locales qui en auraient besoin pour le chauffage des cités populaires voire pour les carburants utilisés par les transports publics. Creil qui se trouve en région Picardie pourrait favoriser pour sa part le développement d'échanges avec le secteur agro-alimentaire ou encore avec l'Université technologique de Compiègne qui a déjà une convention avec l'Université Simon Bolivar de Caracas.
 

   En ce sens,  Jean-Paul Legrand s'est adressé aux citoyens et aux autres élus de sa région pour que soit envisagée cette possibilité. Le maire de Creil, dans la presse, s'est dit prêt à étudier la proposition de coopération. D'autres élus devraient dans les prochaines semaines, après consultation de leurs collègues, donner leur avis. Reste à connaître précisément les besoins en hydrocarbures que les pouvoirs publics de ces collectivités pourraient satisfaire avec l'achat d'un pétrole vénézuélien. 

   Outre l'étude des aspects techniques et juridiques d'une telle coopération,  l'essentiel est de permettre aux habitants et à leurs représentants de mieux connaître le Venezuela  et la vérité sur la politique menée par le Président Chavez.  Pour cela l'élu de Creil envisage d'inviter à l'automne le Cercle bolivarien de Paris à co-organiser  une soirée d'amitié qui permettra aux habitants de cette ville composée principalement de quartiers populaires de découvrir la réalité du processus en cours dans le pays de Bolivar.

Rappellons le lien de l’excellent  site animé par ce dynamique Français Bolivarien
http://creil-avenir.com/

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 11:45


La Bolivie vote dimanche

Pour la première fois de l’histoire de la Bolivie, les plus hautes autorités de l’État, à savoir le président et le vice-président, ainsi que les préfets (gouverneurs) des régions, remettent en jeu leur mandat, le 10 août, lors de référendums révocatoires.

Proclamant l’égalité entre les communautés et entre hommes et femmes, Evo Morales est farouchement combattu par la droite et l’oligarchie. Les réformes constituent le véritable enjeu du scrutin bolivien de dimanche.

De l’issue de ces consultations dépend la poursuite des réformes engagées par Evo Morales, trois ans après sa victoire qui a constitué une véritable rupture dans un pays marqué jusqu’alors par l’héritage raciste du colonialisme. S’il devait échouer, c’est la droite néolibérale et réactionnaire incarnée par la coalition Podemos qui reviendrait aux affaires.

Selon les dernières enquêtes, Evo Morales et son vice-président Alavaro Garcia Linera ne devraient pas être inquiétés.

D’autant que, pour être révoqués, le pourcentage de votes négatifs doit excéder les 53,7 % (le score obtenu par Evo Morales à la présidentielle de 2005). Concernant une éventuelle révocation des préfets, ce sont les autorités qui nommeraient leurs remplaçants avant la tenue de nouvelles élections départementales. 

À La Paz, on espère surtout que ces référendums assainiront un climat politico- institutionnel délétère. Le bras de fer que livre l’opposition au gouvernement du MAS (Mouvement vers le socialisme) freine depuis trois ans la mise en oeuvre des réformes et de la nouvelle constitution. Et polarise aussi férocement la vie politique. Les actes violences se sont multipliés au point que le secrétaire général de l’Organisation des États américains, José Miguel Insulza, a fait part de sa « profonde préoccupation » à la veille des référendums.

Un retour à la normale est-il possible  ? C’est tout l’enjeu des prochains jours. D’autant que le point clé de la crise bolivienne (les réformes transformatrices et leur rythme) continueront de se poser avec acuité. Il n’y a pas de raison non plus pour que le conglomérat formé par l’opposition (droite, propriétaires terriens, patronat), et déterminé à conserver les privilèges financiers qu’il s’est octroyés, change de stratégie. C’est d’ailleurs à l’aune de cette fracture qu’ont eu lieu, en mai et juin derniers, quatre référendums d’autonomie illégaux dans l’est du pays, qui abrite les principales ressources économiques du pays.

Sur fond de racisme, les Blancs ou les métis riches ne devant pas, selon eux, débourser le moindre sou pour ces hordes d’Indiens. À commencer par le président et son gouvernement que soutiennent les organisations sociales, tout aussi animées de la volonté d’imposer une répartition équitable des richesses.

Cathy Ceïbe
(paru dans l’Humanité du 8-08-2008)

http://www.humanite.fr/Bolivie-referendum-revocatoire-10-aout-Morales


Mes impressions de Bolivie

Evo en danger au référendum révocatoire du 10 août ?

Michel Collon 

www.michelcollon.info

 

La Bolivie a bien changé. A La Paz, j’assiste à une grande réception donnée par l’ambassadeur de Cuba. Mojitos, buffet, danses, grosse ambiance. Où sommes-nous ? Dans la salle des fêtes de… l’armée bolivienne. Oui, celle qui a tué le Che. 

 

La Bolivie a bien changé, mais tout le monde ne lui veut pas que du bien. Nous sommes venus nous  en  rendre  compte sur place avec quelques intellectuels progressistes d’une quinzaine de pays : Frei Betto, Ernesto Cardenal, Ramsey Clark, François Houtart, Luis Britto Garcia, Pascual Serrano… Quelques journées de rencontres et d’échanges avec des intellectuels boliviens, des représentants des communautés indiennes, des artistes…

 

Le moment est tendu. La droite essaie de provoquer une scission des riches régions de l’Est. Pour déjouer la manœuvre, le président Evo Morales, à mi-mandat, appelle à un référendum révocatoire, ce 10 août. Une sorte de vote de confiance. Il remet son mandat en jeu, mais aussi celui des préfets de départements, y compris ceux tenus par l’opposition. La droite tente de saboter le référendum et on craint des incidents…

Nous allons voir qui est derrière ces incidents, quel rôle jouent ici les Etats-Unis, et la CIA, et un ambassadeur vraiment curieux, et aussi l'Europe...

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-08-08%2018:59:58&log=articles 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne