Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Texte libre



VIDEO
Vea el documental
"Los Guerreros del Arcoiris"
Cooperativa Humana/YVKE Mundial
aporrea.org/internacionales/n113165.html

Recherche

2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 12:05

Par Nestor Francia *

 

Caracas, 25 mai 2009

La conspiration est en marche, comme une avalanche, sur tous les fronts, avec le soutien des médias de droite alliés de l’opposition radicale.

Sur le  front économique, ils prédisent l´atteinte á la propriété, la crise et la faillite.

Le Mouvement 2D, un groupe organisé par une vingtaine de journalistes et intellectuels partisans du néolibéralisme, á la tête duquel se trouve le propriétaire du quotidien de droite El Nacional, le dit sans ambages dans son dernier pamphlet publié par ce journal: “Le Venezuela va à la ruine!... ne sont á l´abri ni les voitures, motos, appartements, équipements, etc. ” (El Nacional, 24/05/09). Les gros titres à la une sont á l’avenant: “ On craint un enlisement de la production dans les secteurs sous contrôle de PDVSA et  Pétroles du Venezuela ” (El Universal, 24/05/09); “Les exportations agricoles chutent” (El Nacional, 24/05/09); ils clament leur indignation contre les nationalisations, brandissent leurs épées en défense de la propriété privée, attaquent chaque prise de décision du gouvernement révolutionnaire. Sur le front social, ils attisent ou inventent des conflits dans les entreprises, soutenus par les quelques syndicats minoritaires restés aux mains des survivants  des partis qui jadis dominaient le Venezuela. Sur le front politique, ils continuent leur campagne contre la révolution, accusent notre gouvernement d’autoritarisme et de dictature usant de mensonges et de tous types de manipulations.

Le Mouvement 2D lui-même accuse dans la presse : “L’envoi par le régime de ses hordes armées pour perturber, détruire et semer la violence dans le campus universitaire »,  en référence á l´étrange attaque de bandes armées au sein de l´Université Centrale du Venezuela UCV, lors d’une tentative de manifestation “d´étudiants”.   Le gouvernement est ainsi désigné responsable des violences organisées par l’opposition !

La doyenne de l’UCV, Cecilia Garcia Arocha, actrice de premier plan de la conspiration, qui avait appelé á  “l’arrêt de  la violence” dans l’Université, a mis  ensuite des obstacles à la réalisation d’une enquête par les services de sécurité de l’Etat.

Sur le front idéologique, ils manipulent les pions de la droite latino-américaine. Comme exemple, l´organisation récente d´un forum par CEDICE (l’un des groupes les plus actifs de dirigeants d’entreprises, de toutes les conspirations) sur le thème “démocratie”, qui se déroulera á Caracas, avec la participation d´illustres représentants du néo libéralisme et de l’anti chavisme les plus récalcitrants, comme Mario et Alvaro Vargas Llosa (Pérou), Enrique Krauze et Jorge Castañeda (Mexique), Jorge Quiroga (Bolivie), Plinio Apuleyo Mendoza (Colombie), entre autres, ainsi que plusieurs opposants.. Les déclarations anti communistes et anti socialistes se multiplient dans les médias.

Sur le front international, ils multiplient leurs actions. Les rapporteurs des Droits Humains de l’ONU et de l’ OEA (Organisation des Etats Américains), osent exprimer leur “ préoccupation”  quant à la démocratie vénézuélienne aux mains du gouvernement de Hugo Chavez. Le récent éditorial du Washington Post reproche á Obama de ne pas participer á la campagne de discrédit contre le Vénézuéla !

Face a cette marée médiatique, les présidents Chavez, Correa et Morales vont proposer á l’ UNASUR (Union de Nations Sudaméricaines) la constitution d’un front commun pour faire face à cette virulente campagne de mensonges et manipulations médiatiques.

Suite à ses échecs à motiver ses bases sociales à descendre dans la rue, l’opposition accélère la violence des propos et imagine de nouvelles stratégies.

Le Mouvement  2D a lance un pathétique appel aux bases sociales de l’opposition, à la limite de l’hystérie “Cela n’importe ni aux civils ni aux militaires? Comment est il possible qu’un pays se détruise sans que ne s’élèvent des voix pour réclamer le respect de la Constitution? Le Venezuela n’a t il pas de plaignants?”.

En attendant, les dirigeants de l’opposition continuent à rivaliser pour savoir qui ou lequel de leurs groupes s’appropiera  du pays quand se réalisera leur rêve doré de “se débarrasser de Chávez”. La derniére manifestation de cette compétition est le lancement sans masque dans l’arène politique de Cecilia Garcia Arocha,  militante connue de droite et doyenne de la principale université vénézuélienne, qui s’est transformée en l’un des repaires favoris de la conspiration. Probable pré candidate présidentielle, en concurence avec Antonio Ledezma, Julio Borges et autres? Nous ne le savons pas encore, mais dans une interview a la une du Nacional, la doyenne de l’ UCV a enlevé son masque d’universitaire pour se lancer en première ligne comme un facteur d’opposition: “…il faut travailler avec un agenda concerté avec tous les leaders qui existent dans ce pays et les présenter au peuple vénézuélien, l’approcher avec un discours simple, avec des idées qui enthousiasment et respectent la pluralité (…) Beaucoup de nouveaux leaders ont surgi, mais ignorer les partis politiques me semble une erreur”.

Finalement, rappelons que les membres de l´opposition ont d’autres cartes à jouer. Cependant, il leur serait difficile d’organiser un nouveau coup d’état et la voie électorale se présente bien difficile. Les élections pour l’Assemblée Nationale, prévues en 2010 vont accentuer leurs divisions. Quant à la présidentielle de 2012 il leur sera bien ardu d’affronter le candidat des candidats, Hugo Chavez Frias dont la popularité est toujours au beau fixe ; personne actuellement au Venezuela ne peut l’imaginer perdant.

Auparavant,  il est vrai, ils peuvent toujours tenter un référendum révocatoire l’année prochaine, mais dans les circonstances actuelles cela semble bien aléatoire.

 

* Article original en espagnol. Traduction Jean Araud

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:38

Jeudi 16 Avril 2009

Jean Araud    

 

Au Venezuela, les mois d´avril se suivent, mais ne se ressemblent pas. Le 11 avril est la commémoration du coup d´Etat de 2002 contre Chavez et le 13 est celle de la victoire du peuple de la révolution bolivarienne qui en 47 heures mit en fuite les putschistes. Avril 2009 est marqué par des décisions de la Justice et de la loi qui laissent à penser que l´opposition ne pourra plus continuer à faire n´importe quoi, n´importe comment. Ceci peut expliquer la nouvelle effervescence de ses médias et de ses internautes.

Le rôle des médias de l’opposition dans le coup d’Etat

Le verdict de la Justice pour les principaux responsables vient de tomber : jusqu’à 30 ans de prison pour certains.

Le coup d´Etat du 11 avril 2002 a déjà fait couler assez d´encre pour ne pas avoir à revenir sur ses aussi nombreux que sinistres détails. Seul l´essentiel passera à l´Histoire. Le 11 avril 2002, un rassemblement de l´opposition est transformé par ses leaders en une marche dirigée vers le palais présidentiel où se trouve déjà un groupe de partisans du président. Puis, les leaders d´opposition s´éclipsent vaillamment du cortège pour céder leur place à un véhicule blindé de la police métropolitaine qui dépend d´Alfredo Pena, maire d´opposition. C´est ainsi que les partisans du président voient débarquer sur l´avenue où ils se trouvent des policiers protégés par un blindé qui ouvrent la voie à une manifestation annoncée pourtant comme pacifique. 

Soudain, les policiers n´ouvrent plus seulement la marche, ils ouvrent le feu ! En quelques minutes  s’abat un déluge de balles et 19 manifestants trouvent la mort sans compter les nombreux blessés. Presque tous sont des partisans de la révolution bolivarienne. Étonnement, la plupart des victimes succombent à des balles reçues en pleine tête ou poitrine. On comprendra mieux ce fait étrange lorsqu’il sera démontré par la suite que ces manifestants sont aussi la cible de tireurs d´élites postés sur des toits d´immeubles. Ces mystérieux tireurs d´élites appréhendés sont rapidement libérés durant les 47 heures du coup d´Etat. Certains sont de nationalités étrangères et un autre fait démontre qu´en territoire vénézuélien opèrent également trois unités militaires étasuniennes de la marine et deux de ses hélicoptères.  

Les médias d´opposition de leur côté sont particulièrement actifs, avant, pendant et après le coup d´Etat. Avant, par une campagne médiatique convoquant les manifestants et les incitant à la violence. Pendant, en diffusant une proclamation de l´opposition dénonçant la mort de manifestants dont elle responsabilise personnellement Chavez. Le témoignage, presque fortuit, d´un journaliste de CNN va permettre de découvrir qu´il s´agissait d´un vidéo montage préparé depuis la veille au domicile d´un journaliste de la chaîne Globovision. Ces médias sont actifs pendant aussi, puisque certains de leurs responsables, tels que ceux des chaînes Globovision et Radio Caracas Télévision ainsi que du quotidien El Nacional, sont présents durant la proclamation du président de facto, Pedro Carmona.

Et encore actifs pendant le coup d’Etat, lorsqu’ils appliquent un total «black-out» médiatique quand le peuple manifeste massivement dans les rues de Caracas pour exiger le retour de Chavez.

Pendant et après, en diffusant mille et une fois une vidéo prétendant que les victimes tombent sous le feu de bolivariens tirant sur la marche de l’opposition. Cette vidéo n’est en fait qu’un montage : d’une part, la manifestation de l’opposition est hors de portée des chavistes, d’autre part, ces derniers ne font que riposter avec de simples revolvers à l’attaque de policiers surarmés.

Toujours actifs après, ces médias ont le toupet de présenter ce montage vidéo pour obtenir un prix à la presse décerné par le Prince d´Asturies. Informée de la supercherie, la royauté espagnole ne jugera jamais nécessaire de retirer son prix « pour ne pas envenimer la situation ». Il s’agit en fait de rester discret vis-à-vis du chef de gouvernement espagnol, José Maria Aznar, qui avait été préalablement informé du coup d´Etat. Lorsque bien sûr le gouvernement ne reconduit pas pour le spectre national de télécommunication la licence arrivée á échéance de Radio Caracas Télévision, les médias d´opposition présenteront cette décision comme la fermeture d´une chaîne et une atteinte à la liberté d´expression. Pourtant, Radio Caracas Télévision continue depuis à diffuser normalement sur les divers câbles.

Enfin, les médias d’opposition ont continué à être actifs depuis 2002 jusqu´à ce jour, en diffusant par une campagne constante, toutes les versions mensongères possibles destinées à confondre l’opinion publique et en particulier l’opinion internationale.

 

« Ceux qui meurent pour la vie ne peuvent pas être appelés morts »

« Ceux qui meurent pour la vie ne peuvent pas être appelés morts » disait dès les années 60-70, Ali Primera, poète et chanteur révolutionnaire vénézuélien. Les révolutionnaires bolivariens ont repris sa pensée et adopté aussi le slogan qu’ «il n’existe pas de 11 sans 13» en souvenir du coup d´Etat. Un avertissement clair aux toujours permanentes tentatives de déstabilisation de l’opposition. 

Ce mois d´avril 2009, 3 des 19 victimes du 11 avril 2002 qui ont payé de leurs vies la défense de leur idéal sont à nouveau bien présentes, tout comme leurs familles et plusieurs des blessés. Représentés par ASOVIC, l´association des victimes du 11 avril, ils ont pu assister au verdict du tribunal. Après l´étude de milliers de photos, vidéos et témoignages versés au dossier, le tribunal prononça une sentence de 30 ans pour les principaux responsables de leurs assassinats, particulièrement pour les ex-commissaires Lazaro Forero, Henry Vivas et Ivan Simonovis.

Le maire Alfredo Peña lui n´a pas encore été jugé, et pour cause : après avoir dicté ses ordres, il a abandonné ses commissaires  à leur triste sort et se trouve depuis en fuite à l´étranger.  

Ainsi, la Justice a enfin commencé à se prononcer sur les auteurs matériels. Reste maintenant à attendre le jugement des auteurs intellectuels qui laisse prévoir de nouvelles manipulations médiatiques pour transformer, comme à l’habitude, une sentence judiciaire en preuve de persécution. 

Si l´image est facile à projeter à l´étranger pour une audience sciemment désinformée, elle l´est moins pour tromper le peuple vénézuélien qui sait faire la différence entre un « prisonnier politique » et un « politique emprisonné » pour délit. La différence est que ce peuple s´informe des délits objets des jugements.

 

Si la plupart des responsables du coup d´Etat sont en fuite, bien évidemment surtout à Miami, les médias eux sont toujours là et doivent commencer à se faire sérieusement du souci quant à leur avenir car tôt ou tard ils devront répondre de leurs actes devant la Justice. Leurs grossières manipulations et diffamations médiatiques sont démontrées depuis belle lurette. Reste maintenant à attendre que la Justice se prononce. Tôt ou tard, ces médias devront présenter les preuves de leurs accusations proférées sans cesse contre Chavez: assassin, tyran, dictateur, responsable de massacre et traître de la patrie. Il est maintenant facile de prévoir que, plus que jamais, ces médias vont redoubler de manipulations pour se poser en victimes, mais plus pour tenter de sauver leur peau que de la faire à Chavez.

 

Le bal des scorpions

Les sympathisants de l´opposition vénézuélienne se distinguent par une agressivité presque maladive à l´encontre de Chavez et de la révolution bolivarienne. Certains observateurs l´attribuent bien sûr à des différences d´idéologie, de classes sociales, parfois sur fond de racisme, et à une peur insensée pour leurs patrimoines face au nouveau système socialiste. Mais des spécialistes l´attribuent à une dissociation psychologique produite par les manipulations médiatiques incessantes. De leur côté, les dirigeants de l´opposition s´ils sont unanimes dans leur objectif de se débarrasser de Chavez pour récupérer leurs privilèges politiques passés, se livrent cependant entre eux à ce que l´un d´eux a défini très sérieusement comme un « bal de scorpions ». 

Tant bien que mal, l´opposition présente à tour de rôle des candidats supposés capables de vaincre Chavez. Mais après une succession de défaites électorales, elle a misé sur des candidats capables d´accéder au pouvoir par des méthodes pas forcément très démocratiques.  

L´un des derniers en dates, Manuel Rosales, semblait pourtant prometteur pour l´opposition et fut projeté à la une comme une nouvelle espérance avec tous les qualificatifs de rigueur inclus : miraculeux, courageux et démocrate.  

Vieux routard de la politique, ancien gouverneur de l´Etat de Zulia et récemment élu maire de la ville de Maracaibo, cet emblématique Rosales s´est retrouvé confronté à des accusations de corruption. Sa réaction fut aussi immédiate que violente. Il multiplia ses menaces en conférences de presse entouré des médias d´opposition pour accuser Chavez de persécution et pour le défier à « le vaincre sur tous les terrains ».  

Les fanfaronnades de Rosales seront de courte durée. Après avoir juré ses grands dieux qu´il démontrerait son innocence, il abandonna son poste de maire et disparut dans la nature  lorsque furent dévoilés à l´opinion publique les chefs d´accusations : comment l´instituteur Rosales, issu d´une famille humble et avec ses salaires de maire et de gouverneur peut-il justifier plusieurs haciendas et une villa de 1.5 millions de dollars à Maracaibo ? De plus, Rosales, des membres de sa famille et des proches possèdent en Floride plusieurs sociétés, un centre commercial et deux villas de 300 et 790 mille dollars. 

Il est probable que Rosales aura un autre souci. La Floride des démocrates d´Obama n´est peut-être plus la Floride des républicains de Bush. Il n’est donc pas exclu que les autorités étasuniennes demandent à Rosales la provenance des fonds de son immense fortune sur leur territoire. 

Et de nouveau, nous assistons à un show médiatique présentant comme une victime de persécution politique quelqu'un qui, de fait, n´est pour l´instant qu´accusé de corruption. 

Même si les médias d´opposition prétendent encore s´octroyer le rôle de juges, ce sera à la Justice d’établir si Rosales présentera ou pas des preuves acceptables sur l´origine de ses biens. Pour l´instant, il doit se présenter le 20 avril prochain devant un tribunal et la Justice, l´opinion publique et même bon nombre de ses sympathisants sont curieux de savoir s´il le fera.   

La lourde tâche de l´opposition de transformer la corruption en persécution politique  

Comme dans le cas de Rosales l´opposition s´était trouvé en le Général Isaias Baduel un autre chef de file, après l´avoir dénigré durant des années. 

Le général Baduel, très proche et ami personnel de Chavez, a été l´un des principaux acteurs de la déroute du coup d´Etat d´avril 2002. Commandant d´une unité de parachutistes, il a été l´un des premiers officiers à se prononcer publiquement comme fidèle à la défense de la Constitution. 

Par la suite, il occupa les postes de chef d´état-major de l´armée de terre puis de ministre de la défense, poste qu´il reçut en public de Chavez en personne et lui fit verser des larmes d´émotion. 

L´amitié qu´il partageait avec Chavez faisait qu´ils se dénommaient mutuellement « papa » et que dans une bibliographie sur Chavez, un chapitre lui étant consacré s´intitule  « Personne ne pourra jamais dire que Baduel a trahi Chavez ». 

Pourtant, assez inexplicablement, Baduel qui avait été tant critiqué par l´opposition devint l´un de ses nouveaux leaders lorsqu’il se déclara un beau jour adversaire de Chavez. Mais comme pour Rosales apparut le spectre de la corruption. Peu mentionnée dans les médias, l´affaire explosera lorsqu´en début de ce même mois d´avril un tribunal militaire ordonne la détention préventive du général Baduel accusé de corruption. Il est à penser que pour avoir ordonné cette détention, le tribunal militaire doit d´ores et déjà posséder pas mal de preuves. 

Et là encore, comme pour Rosales, nous assistons à un nouveau show médiatique présentant Baduel comme une victime de persécution politique qui de fait n´est pour l´instant qu´inculpé pour corruption. Et là encore, ce sera à la Justice de juger si le général Baduel présentera des preuves tangibles pour être jugé innocent ou condamné, non pour des motifs idéologiques mais bien pour une histoire de gros sous. 

 

L´éveil de la Justice et de la loi

L´opposition se plaît à accuser Chavez d´avoir la mainmise sur tous les pouvoirs, y compris la Justice. Pourtant, à la suite du coup d´Etat de 2002, alors que Chavez avait été arrêté, emprisonné puis déporté, un tribunal n´hésita pas à émettre une sentence définissant les événements comme « un vide de pouvoir ». C´est ainsi que ne furent pas inquiétés par exemple un gouverneur ayant fait retirer de l´antenne la chaîne publique de télévision, un maire ayant exigé de violer un territoire d´ambassade, un autre maire ayant bloqué une autoroute, ces deux derniers ayant participé personnellement à l´arrestation du ministre de l´Intérieur en son domicile, le soumettant volontairement à des agressions physiques d´opposants exaltés.

 

Le coup d´Etat de 2002 n´avait donc pas sa réelle figure juridique de délit constitutionnel et tous ses acteurs pouvaient vivre en toute tranquillité et en toute impunité, bien que la plupart d´entre eux se soient rapidement éclipsés. 

Par contre, le récent verdict rendu à l´encontre des policiers a cette fois juridiquement défini les événements d´avril 2002 comme un coup d´ Etat. 

Aux dernières élections l´opposition gagna démocratiquement quelques nouveaux gouverneurs et maires. Un peu moins démocratiquement, elle limogea massivement des employés de ses institutions. Des centres de santé, d´éducation, d´alimentation, de communication ou d´asiles de personnes âgées furent fermés ou saccagés, avec notamment  des tentatives d´incendies. 

Le nouveau maire d´opposition de la mairie métropolitaine de Caracas, Antonio Ledezma, n´échappa pas à la règle et fit preuve d’un zèle particulier. Élu surtout grâce aux votes de secteurs privilégiés de Caracas il était cependant loin d´avoir obtenu la majorité dans les secteurs populaires. Dès lors, l´affrontement avec le peuple devint inévitable et s´accentua à la suite du limogeage de plus de 7.000 employés de sa mairie, l´exclusion des sapeurs-pompiers s’affichant comme fidèles au gouvernement, ainsi que ses prétentions de diriger la mairie en marge de son rôle réel de coordinatrice des cinq municipalité de Caracas. Le nouvel élu entendait se poser comme autorité supérieure et autonome. 

Ce mois d´avril, l´assemblée nationale a donc voté par majorité absolue des parlementaires la loi organique du district capital de Caracas, district qui sera dirigé par un chef de gouvernement désigné par le président de la république. 

Ledezma doit pourtant comprendre facilement cette réorganisation administrative de Caracas puisque lui-même a été par le passé gouverneur de Caracas nommé par le président d´alors. 

Ledezma qui, à l´image de Rosales, multiplia ses défis et menaces contre Chavez en conférences de presse, se voit donc replacé par la loi à son rôle de maire de métropole. Le district de la capitale assume désormais la charge des hôpitaux, des centres d´éducation publique, du corps des sapeurs-pompiers et de leurs budgets. Ledezma doit également céder l´hôtel de ville ou il n´a d’ailleurs jamais pu siéger confronté aux manifestations des habitants du centre ville. Il avait alors dû se réfugier dans des bureaux de la chambre de commerce du secteur privé.

Le jugement des policiers coupables des assassinats du coup d´Etat, la fuite de Rosales et la détention de Baduel soupçonnés de corruption ainsi que l´échec de Ledezma à prétendre diriger sa mairie en autocrate confirment qu´au Venezuela d´avril 2009, la Justice et la loi sortent du silence malgré les multiples shows médiatiques de l´opposition.  

Si l´opposition prétend vaincre Chavez, c´est sur le terrain démocratique et dans le cadre de la loi qu´elle devra désormais jouer ses cartes en oubliant ses manipulations médiatiques habituelles..

http://www.michelcollon.info/  

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:30

Salim Lamrani

 

            Manuel Rosales, principal leader de l’opposition, candidat présidentiel défait lors du scrutin de décembre 2006 et actuel maire de la ville de Maracaibo, est dans la ligne de mire de la justice vénézuélienne. Celle-ci le soupçonne de corruption et d’enrichissement illicite lors de son mandat de gouverneur de l’Etat du Zulia entre 2002 et 2004. Confirmant les soupçons qui pèsent à son encontre, ce dernier, au lieu de se présenter à la justice et de prouver son innocence, a préféré prendre la fuite tout en accusant le président Hugo Chávez d’avoir ordonné son arrestation1.

 

            Le procureur de la République Katuiska Plaza a souligné que Rosales s’est montré incapable de justifier la provenance des fonds qui ont substantiellement augmenté la valeur de son patrimoine personnel. Ce dernier, s’il est reconnu coupable, risque entre 3 et 10 ans de prison. Interrogé par l’agence de presse étasunienne Associated Press, l’avocat de Rosales Alvaro Castillo n’a pas souhaité donner plus de détails2.

 

            Rosales, dont le procès a été transféré à Caracas après qu’il se soit entretenu avec quatre juges de l’Etat du Zulia, est soupçonné, entre autres, d’avoir fait don à ses proches de plus de 300 véhicules appartenant à l’Etat, d’avoir ouvert des entreprises à Miami dont les actifs dépassent les 11 millions de dollars et d’avoir touché des pots-de-vin de la part de l’entreprise allemande Siemens pour la construction du métro de Maracaibo. Cette multinationale a reconnu avoir versé certaines sommes pour obtenir le contrat, sans citer de noms3.

 

            Omar Barboza, président du parti Un Nuevo Tiempo auquel appartient Rosales, a confirmé la fuite du maire de Maracaibo, tout en accusant le gouvernement bolivarien de vouloir éliminer un adversaire politique. Mais il a omis de préciser que la mise en examen de Rosales en 2009 n’est en réalité que la conséquence d’une enquête ouverte en septembre 2004, c’est-à-dire il y a près de cinq ans4.

 

Cilia Flores, présidente de l’Assemblée nationale, a rejeté les accusations de Barboza : « Il a commis un certain nombre de délits qui ne sont pas politiques, ce sont des faits de corruption, des délits d’enrichissement illicite ». Elle a ajouté que Rosales, en plus de fuir ses responsabilités personnelles à l’égard de la justice vénézuélienne, n’assumait plus sa fonction de maire de la ville de Maracaibo5.

 

De son côté, le ministre de l’Information Jesse Chacón a affirmé que les preuves à l’encontre de Rosales étaient suffisamment nombreuses pour qu’il soit présenté à la justice : « Il y a une série de faits contenus dans un dossier, des maisons, des propriétés et des centres commerciaux qui sont inscrits à son nom et à celui des membres de sa famille. A lui de se défendre ». Il a rejeté les tentatives de politisation d’une affaire de corruption : « La question est de savoir s’il existe ou non suffisamment d’indices pour ouvrir une enquête et c’est le cas pour Rosales6 ».

 

            Chacón a admis ne pas être surpris du comportement de l’opposition. Elle « s’est toujours comportée ainsi. On a pu le voir lors du coup d’Etat du 11 avril 2002, le 12, ils sont tous apparus dans la presse, ils avaient tous participé au coup d’Etat, mais le 14, personne n’a parlé, et il n’y a eu aucun coup d’Etat », a-t-il ajouté d’un ton sarcastique, en référence au refus du Tribunal suprême de l’époque contrôlé par l’opposition d’admettre la réalité du coup de force du putschiste Pedro Carmona Estanga7.

 

            En effet, Manuel Rosales avait activement participé au coup d’Etat d’avril 2002 contre le président Hugo Chávez. Il avait signé le décret qui avait dissout toutes les institutions de la nation. Il avait été ensuite acquitté par le Tribunal suprême lors d’un verdict qui a choqué l’ensemble de la société vénézuélienne. Le 3 avril 2009, la justice a condamné 3 commissaires et six policiers responsables des assassinats de manifestants en avril 2002. Ce furent les premières condamnations de responsables de crimes perpétrés lors du putsch8.

 

            Rosales doit se présenter au plus tard le 20 avril 2009 au tribunal pour répondre des 26 chefs d’accusations qui pèsent à son encontre. Dans le cas contraire, il sera considéré comme fugitif par la justice vénézuélienne9. Il a d’ores et déjà abandonné temporairement sa fonction de maire pour une durée de 90 jours10. Selon certaines informations, il se trouverait en Colombie11.

            La plainte déposée par les avocats de Rosales auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme n’a pas été admise par cette instance, montrant ainsi son désaccord par rapport à la tentative de politiser une affaire relevant du délit commun12.

 

Raúl Isaías Baduel en détention préventive

 

            L’ancien ministre de la Défense Raúl Isaías Baduel, général à la retraite et farouche détracteur d’Hugo Chávez, a été arrêté le 1er avril 2009 par les services de renseignements militaires. Il est soupçonné de détournement de fonds des forces armées durant son mandat ministériel pour un montant de 14,5 millions de dollars. Le général Ernesto Cedeño, procureur général militaire, a signalé qu’il existait « des éléments de preuves suffisants » pour mettre en examen liberté Baduel13.

 

            Tout comme Rosales, le général Baduel, au lieu de répondre aux accusations qui pèsent à son encontre, s’en est pris à Hugo Chávez, qu’il a accusé d’être le responsable de son incarcération14. En réalité, Baduel avait été cité à comparaître à cinq reprises pour être entendu et n’a répondu à aucune de ces convocations. Ce n’est que suite à ces refus réitérés qu’il a été arrêté, a souligné Cedeño15.

 

            De son côté, Chávez a catégoriquement rejeté les allégations de l’opposition16. Les accusations de Rosales et de Baduel à son encontre ne sont guère crédibles pour une raison bien simple. La justice vénézuélienne a également lancé un autre mandat d’arrêt à l’encontre de Carlos Giménez, un ancien gouverneur partisan du président, destitué en juin 2008 pour une affaire de corruption17.

 

L’appel au coup d’Etat de l’opposition vénézuélienne

 

            L’opposition vénézuélienne a opté pour la déstabilisation. Elle a lancé un appel à la « résistance démocratique » face aux réformes administratives, économiques et sociales du gouvernement bolivarien. En effet, l’Assemblée nationale a décidé de confier la gestion des ports, aéroports et autoroutes au gouvernement central afin de contrecarrer les plans sécessionnistes de certains gouverneurs18.

 

            Le maire de la capitale Caracas, Antonio Ledezma, a lancé un appel au coup d’Etat : « Je lance un appel aux Forces armées nationales pour qu’elles prennent en compte le concept de désobéissance ». Il a annoncé la création d’un « front national » contre d’Hugo Chávez19. Le leader bolivarien est un « grand cauchemar » pour les Vénézuéliens, a-t-il affirmé. Il n’a pas daigné expliquer pourquoi les électeurs ont choisi de voter en faveur de ce « grand cauchemar » quatorze fois sur quinze depuis 1998, date de la première élection de Chávez20.

 

            L’opposition vénézuélienne joue un jeu dangereux en refusant de reconnaître à la fois la volonté souveraine du peuple vénézuélien et l’autorité d’Hugo Chávez. Ce dernier est, sans nul doute, le président qui jouit de la légitimité démocratique la plus importante de l’histoire du Venezuela et de l’Amérique latine. En retombant dans les travers du passé et dans la tentation putschiste, l’opposition apparaît aux yeux du monde comme le principal obstacle à la démocratie.

 

Notes

1 El Nuevo Herald, « Fiscalía ordena arresto de alcalde y líder opositor », 20 mars 2009 ; Fabiola Sanchez, « Acciones contra opositores elevan tensiones en Venezuela », 20 mars 2009. 2 Fabiola Sanchez, « Venezuelan Prosecutor Calls for Arrest of Opposition Leader on Corruption Charge », 19 mars 2009. 3 Casto Ocando, « La corrupción chavista no se investiga », 21 mars 2009 ; Fabiola Sanchez, « Ordenan trasladar a Caracas el juicio al líder opositor Manuel Rosales », 25 mars 2009. 4 EFE, « Rosales en lugar ‘seguro’, pero el gobierno insiste en que huyó », 1er avril 2009.

5 Agencia Bolivariana de Noticias, « CNE podría aplicar abandono de cargo a Manuel Rosales », 31 mars 2009.

6 Agencia Bolivariana de Noticias, « Si Rosales está en Venezuela debe dar la cara ante la justicia », 31 mars 2009.

7 Ibid. 8 Agencia Bolivariana de Noticias, « Carlos Escarrá ratificó que Rosales no está en el país y evade justicia venezolana », 6 avril 2009 ; Fabiola Sanchez, « Condenan entre 17 y 30 años a policías por muertes de manifestantes », The Associated Press, 3 avril 2009. 9 EFE, « Rosales deberá comparecer ante la justicia el 20 de abril », 1er avril 2009.

10 The Associated Press, « Alcalde venezolano opositor se separa del cargo por proceso », 3 avril 2009.

11 Agencia Bolivariana de Noticias, « Carlos Escarrá ratificó que Rosales no está en el país y evade justicia venezolana », op.cit.12 Agencia Bolivariana de Noticias, « Cancillería aclara que CIDH no admitió denuncia de Manuel Rosales », 3 avril 2009.13 Jorge Rueda, « Detienen a ex ministro de Defensa en Venezuela », The Associated Press, 2 avril 2009.

14 The Associated Press, « Ex ministro responsabiliza a Chávez de su detención », 3 avril 2009. 15 Agencia Bolivariana de Noticias, « Privación preventiva de libertad de Baduel garantiza la investigación », 3 avril 2009.

16 Fabiola Sanchez, « Ex-Defense Minister Blames Chavez for Detention », The Associated Press, 3 avril 2009. 17 EFE, « Ordenan arresto de ex gobernador afín a Chávez », 5 avril 2009. 18 Agence France Presse, « Oposición venezolana eclara resistencia democrática a gobierno de Chávez », 25 mars 2009. 19 EFE, « Ledezma llama a militares a no respaldar a Chávez », 28 mars 2009.

20 EFE, « El frente antichavista ‘no es una aventura’ », 31 mars 2009.

 

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 11:22

LAMRANI Salim* 

 

Depuis son élection en 1998, Hugo Chávez a entrepris une vaste transformation économique et sociale au Venezuela dans le but d’améliorer le niveau de vie d’une population qui cultivait le paradoxe d’habiter dans l’un des pays les plus riches du continent américain et d’être en même temps plongée dans une singulière pauvreté. Retour sur les réformes du gouvernement bolivarien depuis dix ans.

Hugo Chávez est un président apprécié par son peuple. Lors d’un sondage réalisé en septembre 2008, il a recueilli 69% d’opinions favorables. Chávez est également le président qui peut se targuer de disposer de la plus forte légitimité démocratique du continent. En effet, il a largement remporté trois élections présidentielles successives en 1998, 2000 et 2006 avec plus de 60% des voix, et un référendum révocatoire en 2004 avec 59,1% des suffrages. La transparence de ces processus électoraux a été saluée par les plus éminentes institutions internationales. Seule ombre au tableau : le rejet de la réforme constitutionnel lors du referendum de décembre 2007 qui a mis un terme à douze victoires électorales consécutives depuis 1998 (1).

La popularité du leader vénézuelien s’explique par les réformes économiques et sociales spectaculaires qui ont permis d’améliorer le niveau de vie de la population. Pourtant, rien n’a été simple pour Chávez. Victime en avril 2002 d’un coup d’Etat orchestré par Washington, il fut sauvé par une extraordinaire mobilisation populaire. Par la suite, en 2003, il a dû faire face à un sabotage des infrastructures pétrolières qui a coûté 10 milliards de dollars à l’économie nationale, et est toujours confronté à de multiples tentatives de déstabilisation (2).

Nationalisations
En 2003,  le  gouvernement  bolivarien  a  pu  reprendre  le  contrôle  de  l’entreprise d’Etat Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), alors entre les mains de l’oligarchie, ainsi que des ressources énergéti ques du pays en nationalisant les hydrocarbures. Désormais, PDVSA est propriétaire à hauteur d’au moins 60% des nouvelles entreprises mixtes. Par ailleurs, en mai 2007, le gouvernement vénézuélien a procédé à la nationalisation de la Bande pétrolifère de l’Orénoque, économiquement  très  lucrative  et  qui  contient  les  plus  importantes réserves mondiales  (3).
Auparavant, les transnationales pétrolières extrayaient le baril de pétrole pour un coût de production de 4 dollars et le revendaient à l’Etat vénézuelien au prix de 25 dollars pour sa commercialisation, empochant au passage une substantielle plus-value. Ce nouveau système a permis à l’Etat d’économiser 3 milliards de dollars pour la production de 500 000 barils par jour issus des concessions pétrolières de l’Orénoque. Ces nationalisations permettent désormais au pays de disposer de plus de 400 000 barils de pétrole de plus par jour (4).
Le gouvernement vénézuelien a également décidé d’augmenter l’impôt sur les bénéfices de 34% à 50%, après avoir constaté que plusieurs firmes internationales avaient recours à l’évasion fiscale. Un nouvel impôt sur l’extraction de brut de 33,3% a été créé et génère des revenus supplémentaires à la nation d’un montant d’un milliard de dollars, ainsi qu’une taxe sur l’exportation de brut de 0,1% (5).
Le gouvernement a lancé un processus de nationalisation de certaines entreprises électriques et de télécommunications qui se trouvent dans une situation de monopole. Les entreprises privées Compañía Anónima Nacional Teléfonos de Venezuela S.A. (CANTV) et Electricidad de Caracas, détenues en grande partie par des capitaux étasuniens, sont passées sous contrôle de l’Etat (6).
Au niveau agricole, Chávez a récupéré près de 2 millions d’hectares, soit 28,74% des terres productives, aux latifundiaires sur les 6,5 millions d’hectares qui doivent être nationalisés. L’objectif est de développer le domaine de l’agriculture et d’atteindre une certaine souveraineté alimentaire. 49% des terres récupérées ont été redistribuées aux paysans, 40% sont destinées à des projets stratégiques et 11% ont été remises à des coopératives (7).
Ces réformes ont eu un effet bénéfique sur l’économie vénézuelienne, qui présente 19 trimestres consécutifs de croissance à une moyenne de 11, 2% (8).
  

Une véritable révolution sociale
Les nationalisations des divers secteurs de l’économie, ajoutées à la hausse du prix du pétrole, ont généré d’importants revenus à l’Etat, qui a entrepris une véritable révolution sociale. La politique du gouvernement a  des résultats spectaculaires grâce à la multiplication des programmes en faveur des déshérités.
Grâce à la création du Fonden, un fonds spécial destiné à financer les programmes sociaux, le taux de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de 20,3% à 9,5% en dix ans. Au niveau de chômage, le taux est passé de 16,6% en 1998 à 7,1% en 2008. L’indice d’inégalité entre riches et pauvres a diminué de 13,7% entre 1998 et 2007. Le nombre de bénéficiaires de pensions de re
traite a augmenté de 218,4%. Les dépenses sociales sont passées de 47,9% du budget de l’Etat en 1998 à 59,5% en 2007 (9).
L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 millions de Vénézueliens ont appris à lire grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. A cela s’ajoutent les Missions Ribas et Sucre qui ont permis à plusieurs dizaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. En 2007, le Venezuela comptait près de 12,7 millions d’enfants scolarisés sur une population de 26 millions d’habitants. Le nombre d’inscrits n’a cessé d’augmenter depuis l’arrivée de Chávez au pouvoir. En 2001, il était de 6,9 millions ; en 2002, il a atteint le chiffre de 9,5 millions pour se stabiliser à 11,3 millions en 2004. En 2005, il y avait 11,8 millions de scolarisés et 12,1 millions en 2006 (10).
Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézueliens. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 300 millions de consultations dans les 4 469 centres médicaux créés depuis 1998. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées. En 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. Plus de 104 000 vies ont ainsi pu être sauvées. Le taux de mortalité infantile a été réduit à moins de 10 pour mille. Par ailleurs, grâce à l’Opération Miracle lancée par Cuba, qui consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de maladies oculaires, 176 000 Vénézueliens pauvres ont ainsi pu retrouver la vue (11).

Pour éliminer les problèmes de malnutrition, le gouvernement a lancé la Mission Alimentation avec la création de magasins alimentaires dénommés Mercal dont les articles sont subventionnés par l’Etat à hauteur de 30%. Près de 14 000 points de vente ont été installés à travers le pays. La moitié de la population, soit plus de 13 millions de personnes, effectue ses achats dans ces magasins. Par ailleurs, plus de 4 millions d’enfants reçoivent une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. En 1998, ils n’étaient que 250 000 à bénéficier de ce programme. Selon la CEPAL, le Venezuela dispose désormais du troisième taux de malnutrition infantile le plus bas d’Amérique latine derrière Cuba et le Chili (12).
En 1998, 80% des habitants des villes avaient accès à l’eau potable. En 2007, le chiffre a atteint 92% grâce aux énormes investissements réalisés dans ce secteur. Au niveau rural, des efforts ont également été accomplis passant de 55% en 1998 à 71% en 200711. Plus de 6,5 millions de personnes en ont bénéficié. Le Venezuela a ainsi atteint les objectifs du millénaire fixés par l’ONU pour 2015 dans ce domaine dès 2001 (13).
Le salaire minimum mensuel est passé de 118 dollars en 1998 à 154 dollars en 2003, et 192 dollars en 2005. Il est désormais de 286 dollars, le plus élevé du continent latino-américain. A titre de comparaison, sous la IV République, le salaire de base, dans le meilleur des cas, stagnait et parfois même diminuait. En 1996, alors que l’inflation du pays avait atteint un taux vertigineux de 100%, le salaire minimum était de 36 dollars seulement, alors qu’en 1994, il était de 101 dollars et en 1992 de 132 dollars (14).
De plus, les adultes d’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalent à 60% du salaire minimum. Les femmes seules ainsi que les personnes handicapées reçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum. Les mères au foyer âgées de 61 ans recevront désormais une pension complète avec une priorité donnée aux plus pauvres. Par ailleurs, le temps de travail passera à 6 heures par jour et 36 heures hebdomadaires à partir de 2010, sans diminution de salaire (15).
Au niveau du logement, les autorités ont entrepris une politique de grands travaux avec la construction massive de nouveaux habitats destinés aux couches populaires et ont initié une politique de micro-crédits. Grâce à cette révolution sociale, le Venezuela fait désormais partie de la liste des 70 pays disposant d’un indice de développement humain élevé (16).

Une solidarité internationale
Hugo Chávez, qui s’est retiré de la Banque mondiale et du FMI en remboursant par anticipation ses dettes, a étendu son aide aux autres nations américaines en mettant en place l’Alternative bolivarienne pour les Amériques et en créant la Banque du Sud, destinés a promouvoir une intégration économique régionale. Actuellement, le Venezuela offre un soutien financier direct au continent plus important que celui fourni par les Etats-Unis. Pour l’année 2007, Chávez a alloué pas moins de 8,8 milliards de dollars en dons, financements et aide énergétique contre seulement 3 milliards pour l’administration Bush. Même les citoyens étasuniens, délaissés par leur propre gouvernement, bénéficient également de la politique altruiste du Venezuela en recevant du combustible subventionné17.
Le Venezuela est la preuve même qu’un gouvernement peut rapidement contribuer à une réduction drastique de la pauvreté et à améliorer sensiblement le bien-être de sa population, à condition à la fois de disposer de la volonté politique nécessaire et de destiner une partie des richesses nationales aux plus démunis. Caracas constitue la parfaite illustration du renouveau latino-américain où les peuples ont porté à la tête de plusieurs nations des leaders représentatifs de l’intérêt général, avec une réelle volonté politique de mettre un terme aux inégalités qui dévastent le continent. A l’heure où l’économie mondiale est frappée par une crise financière sans précédent, le Venezuela est porteur d’une alternative crédible au néolibéralisme sauvage.
Le Monde Diplomatique (édition espagnole) 22 février 2009

Notes
1 ABN, « Gestión presidencial tiene 69% de aceptación », 6 octobre 2008 ; ABN, « Victoria Roja, Rojita », 3 décembre 2006.2 Salim Lamrani, « Soberanía petrolera, reformas sociales e independencia económica en Venezuela », Rebelión, 15 mai 2007. 3 Ibid. 4 Ibid. 5 Ibid. 6 Erika Hernández, « Cantv : ícono de la privatización a la venezolana vuelve a manos del Estado », ABN, 12 janvier 2007 7 ABN, « Casi 2 millones de hectáreas han sido recuperadas del latifundismo », 25 mars 2007. 8 ABN, « Venezuela entre los países con mayor índice de desarrollo Humano », 6 octobre 2008. 9 Ibid. 10 Ibid. ; Salim Lamrani, « La revolución social del presidente Hugo Chávez », Rebelión, 9 mai 2006. 11 Ibid. 12 ABN, « Venezuela entre los países con mayor índice de desarrollo Humano », op. cit. ; Salim Lamrani, « La revolución social del presidente Hugo Chávez », op. cit. 13 ABN, « Venezuela sanea las cuencas de sus ríos para reducir escasez de agua », 21 mars 2007 ; ABN, « Venezuela entre los países con mayor índice de desarrollo Humano », op. cit. 14 ABN, « Venezuela con el salario mínimo más alto de Latinoamérica », 20 avril 2007. 15 Ibid. 16 ABN, « Venezuela entre los países con mayor índice de desarrollo Humano », op. cit. 17 Salim Lamrani, « Soberanía petrolera, reformas sociales e independencia económica en Venezuela », op. cit. ; Natalie Obiko Pearson & Ian James, « Exclusiva AP : Venezuela ofrece miles de millones a Latinoamérica », The Associated Press, 26 août 2007 ; The Associated Press, « Ayuda venezolana a Latinoamérica y el Caribe en el 2007 », 26 août 2007. Salim Lamrani est enseignant, chargé de cours à l’Université Paris Descartes et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Contact :
lamranisalim@yahoo.fr  

* Salim Lamrani est enseignant, chargé de cours à l’Université Paris Descartes et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Contact : lamranisalim@yahoo.fr

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 10:17

Franck Brenner, le lundi 23 février 2009 à 04:00

     

Un élu frappe aux portes du Venezuela pour développer une coopération décentralisée. Objectif : échanger du pétrole contre des marchandises, des services ou des technologies.

Du pétrole vénézuelien à bas prix dans les bus des collectivités locales : l’idée lancée à Creil par l’adjoint communiste, Jean-Paul Legrand, a d’abord fait sourire. Mais depuis la visite, la semaine dernière, de l’ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela en France, au siège de la communauté d’agglomération creilloise, voilà qui rend le projet plus crédible.

 

Car Jesus Arnaldo Perez, ancien ministre, ne s’est pas déplacé dans l’Oise par simple courtoisie. Celui-ci s’est dit favorable à une coopération décentralisée avec les collectivités territoriales pour échanger le pétrole de son pays contre des services, des compétences ou des technologies : « A condition d’une volonté politique et sociale. »

 

Déjà effectif aux Caraïbes Ce modèle basé sur le troc et le libre-échange est d’ailleurs en marche en Amérique latine à travers la zone économique de l’Alba, mais aussi Petrocaribe, une alliance signée entre le Venezuela et 16 autres Etats des Caraïbes leur permettant de ne payer que 60 % de leur facture pétrolière. Le solde est réglé en contrepartie de marchandises ou de compétences dont manque le Venezuela.

Ainsi, le Nicaragua échange 40 % de sa dette pétrolière contre des haricots. A l’heure où les collectivités sont contraintes de réduire les dépenses publiques, Jean-Paul Legrand n’exclut pas que cette révolution économique puisse s’exporter localement : « Il y a une réelle volonté du Venezuela de mener ces expériences de coopération internationale avec des villes de taille moyenne. C’est possible, et pas seulement par le biais du pétrole, mais il faut maintenant convaincre les élus. »

 

Un an pour réussir

 

Le gouvernement d’Hugo Chavez, qui entretient de bonnes relations avec la France, s’intéresserait de près aux expériences locales dans les domaines du traitement des déchets, de la recherche et du développement, de l’ingénierie publique, de la logistique, de la biologie agroalimentaire, de la chimie mais aussi de la démocratie communale. Le sport et la culture pourrait dans un premier temps constituer des vecteurs d’échanges « réciproquement favorables ».

 

Des possibilités qui laissent cependant encore sceptique la communauté d’agglomération creilloise. Mais Jean-Paul Legrand croit en la révolution : « J’ai bon espoir que le projet avance d’ici un an. Si on ne saisit pas l’occasion, d’autres la saisiront. »

 

Edition France Soir du lundi 23 février 2009 page 10

http://www.creil-avenir.com/

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 10:08

par Elisa Nuria Cabot , Miguel Riera

25 février 2009

La création de conseils communaux et, in fine, de communes socialistes, constitue l’un des axes du projet de restitution du pouvoir au peuple. Cela fait partie du dessin d’une nouvelle géométrie du pouvoir, conçue pour démocratiser à la base la prise de décisions. C’est le pouvoir par le peuple, et pas seulement pour le peuple. Et c’est aussi un processus fragile, naissant, mais qui se consolide peu à peu, face à l’hostilité de ceux qui préfèrent une démocratie représentative, à condition que ce soit eux qui la représentent.

Pour comprendre ce que sont exactement les conseils communaux et les communes socialistes, la revue El Viejo Topo a fait le voyage jusqu’à Barquisimeto, capitale de l’Etat de Lara, où se trouve la Fudeco (Fondation pour le développement de la région centre-ouest du Venezuela), organisme qui, entre autres programmes, est chargé d’aider à la construction du pouvoir populaire (plus précisément : soutien à la création et au développement de conseils communaux et de communes socialistes) dans les Etats de cette partie du Venezuela.

A notre arrivée, nous avons rencontré Morelva Quintana et Carolina Novella, responsables de ce programme, en réunion avec le conseil communal de Las Palmitas. Au cours de celle-ci, les porte-parole (il n’y avait que des femmes) ont exposé leurs problèmes et Morelva et Carolina ont proposé les solutions. Puis, la réunion terminée, les deux responsables ont répondu à nos questions. Ce qui suit résume ce qu’elles nous ont expliqué.

Qu’est un conseil communal ?

Un conseil communal est un groupe d’habitants, en zone rurale ou urbaine. La participation aux conseils communaux est totalement volontaire et n’est pas rémunérée. A grands traits, les principales caractéristiques d’un conseil consistent en ce que les habitants qui le composent élisent en assemblée des représentants (porte-parole) qui traiteront des sujets d’intérêt pour la communauté au sein de différentes commissions (au moins sept) : santé, finances, production, infrastructures, culture, éducation, sport, etc. Il y a, au sein de la commission des finances, un élément essentiel : la banque communale (ou unité de gestion financière). C’est la banque qui reçoit les fonds des institutions de l’Etat, les comptes et le déroulement des projets étant surveillés par la communauté elle-même à travers le contrôle social, exercé par une (ou des) personne(s) élue(s) aussi par les membres du conseil eux-mêmes. La banque communale fonctionne comme une coopérative d’épargne et de crédit. Ces deux éléments, banque communale et contrôle social, sont capitaux pour l’avenir du conseil.

Au départ, les conseils communaux ont été établis sans cadre légal clair, mais dès 2006 une loi a été adoptée, instaurant la participation citoyenne dans le cadre de la Constitution vénézuélienne, qui affiche clairement une volonté participative et « protagonique » . A l’intérieur de leur zone géographique - notons qu’il existe des conseils formés par des communautés éloignées les unes des autres, certaines étant sur des territoires appartenant à des communautés indigènes -, les conseils peuvent décider, contrôler, et même mener à bien les projets que la communauté estime les plus nécessaires, que ce soit sur le terrain de l’éducation, de la santé, du travail ou de l’environnement, etc. A première vue, on pourrait penser qu’il s’agit de quelque chose ressemblant aux budgets participatifs, mais en réalité le conseil communal peut aller beaucoup plus loin. Ce n’est pas une mairie qui discute avec les habitants quelles sont les priorités qui devront être traitées et qui consacre une partie de ses moyens (généralement faible, du moins en Espagne) à réaliser les travaux ou projets demandés par les habitants. Dans le cas du conseil communal, l’initiative vient des habitants eux-mêmes, qui gèrent les ressources et contrôlent le déroulement des travaux (et peuvent même demander à s’en charger eux-mêmes). De plus, le conseil a –ou peut avoir- une dimension politique : il est l’interlocuteur entre la communauté et les instances du gouvernement au niveau national ou des Etats ; il peut développer, au travers de la commission correspondante, des activités de formation, y compris des activités de sensibilisation politique (non imposées de l’extérieur mais émanant de la communauté elle-même) ; il peut créer des émissions de radio ou de télé communales ; il doit récupérer l’histoire de la communauté, élaborer la cartographie et le recensement de sa zone ; etc. Un réel transfert de pouvoir à la communauté s’est donc produit : celle-ci renforce son pouvoir, se conscientise et joue un rôle actif.

http://www.risal.info/spip.php?article2487

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 21:14

Muriel Knezek

  
 Le bilan de la politique bolivarienne instaurée depuis 10 ans au Venezuela est satisfaisant à en rougir. L’heure est à la continuation qui effraie l’opposition désemparée. Peu de chance pour que ça ne continue pas de fonctionner, et pour longtemps.

 

Le 13 janvier dernier, Hugo Chavez, président de la République bolivarienne du Venezuela, s’est adressé à la nation lors d’un discours prononcé du Palais fédéral législatif afin de faire état du bilan de sa politique depuis 10 ans, et d’annoncer ses intentions pour les mois et années à venir.

Ce bilan relève, bien entendu, de l’application scrupuleuse d’une gestion et d’une orientation politiques en adéquation avec les principes d’un socialisme du XXIe siècle revendiqué dans le pays, mais également grâce à la Constitution mise en place durant cette dernière décennie, qui a rendu possible un tel projet national.

C’est effectivement en 1999, lors de l’arrivée de Chavez au pouvoir, que pour la première fois dans l’histoire du Venezuela le nouveau texte de la Constitution, élaboré par une assemblée constituante, est soumis et approuvé à presque 72% par référendum populaire. Durant tout le XIXe siècle et jusqu’à cette date, les différentes Constitutions amendées et réformées qui se sont suivies n’avaient jamais fait l’objet de consultation démocratique. Avec l’appui des partis politiques en place, défendant leur hégémonie politique et économique sur le pays, seul le Président s’appropriait jusqu’alors le pouvoir d’amender la Constitution. Le destin de la nation ainsi exclu de toute volonté et décision populaires, promus uniquement à une libéralisation sans contraintes et un maintien des relations de classes où tout ce qui pouvait être contradictoire à cette tendance était considéré comme menaçant et défavorable.

  

L’heure du bilan

Depuis cette première révolution législative impulsée par Chavez, associée à la mobilisation de la population vénézuélienne par sa participation et son éveil, ainsi qu’aux avancées sociales décrétées et menées par le gouvernement, les résultats sont là.

Sur la période 1998-2007, les progrès sont vertigineux.

Les indicateurs sociaux – premiers baromètres d’une société – annoncent un « indice de développement humain » (IDH) à 0,8836, en hausse de 27,7 %. Cet indice évalue, de 0 à 1, le niveau de bien-être individuel et collectif, calculé sur la base d’un rapport quantifiant santé, éducation et niveau de vie. Le coefficient de Gini – qui mesure, de 0 à 1, le degré d'inégalité de la distribution des revenus dans la société – a été réduit de 13,7 %, atteignant 0,4200, avec une perspective annoncée à 0,4099 à fin 2008. Indice le plus bas de toute l’histoire du Venezuela et le plus bas de tout le continent latino-américain. 

La dépense sociale dans le budget de l’Etat s’envole de 28,5 % avec des répercutions performantes.

Le seuil de pauvreté est passé de 48,7 % à 33,4 %, soit une baisse de 31,4 %. La compagnie pétrolière d’Etat, PDVSA, – nationalisée en 2007 – a ainsi financé à hauteur de 13 millions de dollars des programmes de missions sociales. Le salaire minimum a fait un bond de 120 à 799,5 bolivars, désormais le plus élevé d’Amérique latine. Le temps de travail a été réduit de 44 heures hebdomadaire à 36 et le taux de chômage est de 6,8 % à fin 2008. En 2005, l’Unesco a déclaré le Venezuela « territoire libre d’analphabétisme », et aujourd’hui 14 millions de vénézuéliens sont scolarisés, en rappelant que le pays compte 26 millions d’habitants dont 8 ont entre 0 et 14 ans, soit 31 % de la population. L’accès pour tous à l’université permet à 1,8 million de jeunes mais aussi d’adultes d’étudier contre 676 000, intégrés à l’époque au statut d’élite ou de classes aisées.

Les dépenses de l’Etat pour la santé sont passées de 8 % à 12,4 %. Les missions Barrio Adentro offrent l’accès aux soins et aux médicaments en toute gratuité à des millions de patients. 92 % de la population a désormais accès à l’eau potable contre 82 %. Le réseau public de supermarchés Mercal, aux produits à inflation zéro, accueille 11 millions de Vénézuéliens mensuellement et leur permet une économie de 39 % par rapport aux grandes surfaces privées.

La lutte contre la fraude fiscale des classes dominantes a permis de multiplier par 13 le montant des impôts perçus.

 

Cette liste non-exhaustive décrit une émancipation humaine sans précédent en un temps record. Fruit d’efforts intenses et constants répartis entre peuple et élus, et toujours dans la maîtrise parallèle d’une agressivité permanente et sournoise de l’opposition toujours prête à démonter ou enrayer la machine.

Chavez, dans l’ennoncé de son bilan et en exprimant sa satisfaction sur cette première partie de la révolution bolivarienne, n’oublie pas de mentionner les deux facteurs essentiels à la réussite de ce projet national qui sont la participation collective grâce à la formation du peuple et l’inclusion sociale.

L’approbation populaire de la gouvernance Chavez, sa reconduction aux élections présidentielles ainsi qu’aux référendums révocatoires sont les preuves qui défendent l’idée de prolonger cette marche socialiste jusqu’en 2013, date des prochaines élections présidentielles. Le Venezuela est aujourd’hui le pays du continent latino-américain où la démocratie est la plus aboutie, consolidée par des lois et des règles issues d’une reflexion permanente.

Les mécanismes technico-burocratiques d’antant, qui manipulaient et contrôlaient les masses, sont évacués. Les moyens mis en œuvre pour substituer le social et engendrer une alienation collective anéantis. Depuis 1999, l’inversion des valeurs est en marche par l’expression populaire et celle d’un pouvoir en place qui est là pour redistribuer les richesses et les transférer au peuple. Une transformation intégrale de la société et de l’économie de la nation est véritablement en train de se réaliser, où le noyau central de la politique du gouvernement sont les services publics. Et ça marche.

 

 

Chavez ne s'en va pas

Fort de ce constat, à la clôture de son discours, intercalé tout du long d’approbations et d’applaudissements nourris et enthousiastes, Hugo Chavez a sollicité toute l’attention de l’assistance sur une question d’actualité fondamentale. Son peuple a-t-il la volonté ou non de vouloir ancrer sa politique dans la durée ? Chavez a ainsi formulé le souhait d’entendre la voix des Vénézuéliens sur cette interrogation, seuls à même de décider selon lui.

Peut-il prétendre à un nouveau mandat au-delà de 2013 ?

La réponse, unanime et immédiate de l’assemblée, a été claire et enflammée : « Ici, celui qui commande c’est Chavez et la Révolution ».

Chavez, et sa verve rhétorique, a argumenté sa proposition sur la base de l’expression sportive : « On ne change pas une équipe qui gagne ». Ce qui, d’aucune façon, ne remet en question le choix électoral par des élections libres ni la possibilité d'un référendum révocatoire à mi-mandat. Il souhaite seulement pouvoir installer de façon durable une stabilité démocratique et prolonger le travail entamé, sans autoritarisme dont il s’est toujours défendu, vérité qu’il veut absolument faire passer.

Afin de poser ce principe de pluralisme et de liberté à sa suggestion, Chavez a soumis également l’idée que les maires, les gouverneurs et les députés puissent aussi être réélus. Chavez prétend ainsi dépersonnifier son image de pivot politique et continue d’ouvrir la voie aux régions. Le caractère de l’émancipation, de l’indépendance et de l’intégration régionale sur des bases progressistes une fois de plus démontrés, c’est dans une perspective de culture de la paix et de l’autodétermination qu’il désire asseoir l’avenir du Venezuela.

Faisant référence aux Etats tenus par l’opposition actuellement (Táchira, Zulia, Miranda, Carabobo et Nueva Esparta), Chavez met l’accent sur le fait qu’il n’abandonnera pas pour autant le peuple de ces régions, et ce dans le respect des choix électoraux qui ont été faits. Là-bas, depuis les dernières élections des gouverneurs en novembre 2008, la répression sociale, la fermeture de missions, la persécution des opposants et des syndicats voire d’assassinats sont monnaie courante, avec pour objectif de casser la révolution.

Mais puisqu’il est le Président, il persistera donc à être le Président de tous les Vénézuéliens.

 

  Consécration et campagne

Pour fermer la séance, la présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores, a annoncé qu’une large majorité des députés accréditait la possibilité d’amender la Constitution afin de cristalliser l’aplomb démocratique reconnu par tous, et convoquait une cession extraordinaire pour le lendemain afin d’en débattre.

Approuvé par le Parlement, le Conseil national électoral – l'autorité électorale du Venezuela – recevait le 16 janvier 2009 le projet d’amendement. Le referendum sur la modification de la Constitution du Venezuela visant le renouvellement illimité des mandats électifs, dont celui du Président Hugo Chavez, était par conséquent fixé au 15 février prochain.

Cet amendement, qui concerne la totalité des mandats électifs, modifie cinq articles de la Constitution (art. 160, 162, 174, 192 et 230) en reconfigurant uniquement les possibilités de réélection de tout élu. Pour autant, la durée du mandat présidentiel restera de six ans.

 

La campagne pour le « Si » est lancée. Hugo Chávez, dont l’émission télévisée hebdomadaire Aló Presidente est suspendue durant toute cette période, fait campagne en prenant un statut d’éditorialiste trois fois par semaine pour plusieurs quotidiens vénézuéliens. La jeunesse, de plus en plus nombreuse depuis 10 ans sur la pyramide des âges, est politisée, fraîche et mobilisée pour Chavez. La tendance est en faveur du Si à 51,5%.

L’opposition, furieuse, inquiète et qui dit « No », s’égare aujourd’hui dans une confusion la conduisant dans une dissociation psychotique risible. Elle se laisse dire sur la chaîne télévisée Globovision que « Voter Si, c’est voter contre la persécution perpétuelle » ou encore que « La solution, c’est de faire sortir Chavez en 2014 ». Chavez rend fou ce noyau de l’oligarchie vénézuélienne, qui montre peu à peu ses limites à la résistance sinon de prouver son état terminal. Rappelons ironiquement qu’aujourd’hui au Venezuela, les grèves sont des grèves patronales.

 

 Prolongation

20 ans plus tôt, le Caracazo de février 1989 fut le prémice d’un réveil populaire. Au cours d’émeutes de la faim tragiques, l’insurrection nationale enflamma tout le pays sous le régime de Carlos Andres-Perez soutenu par le FMI. Avec une inflation de 200 % sur les prix, le Caracazo fut à l’époque une révolte populaire sans leader qui montrait pour autant le début du chemin vers la révolution. La forte repression, qui fit environ 3 000 morts, laissa une trace indélibile faisant naître une nouvelle attente chez les Vénézuéliens. Le processus d’une idéologie progressiste allait se construire au sein de la population qui commença à croire que l’on pouvait changer les choses. Grâce à une mobilisation constante avec trois manifestations par jour entre 1992 et 1993, le peuple était décidé au changement. Carlos Andres-Perez fut finalement destitué en mai 1993 pour laisser place à un gouvernement social-chrétien « soupe au lait » de transition dirigé par Rafael Caldera, qui fera sortir de prison Hugo Chavez, enfermé suite à sa tentative de coup d’état en février 1992.

Celui-ci est en place aujourd’hui, avec à ses côtés cette jeunesse du Caracazo. Ceux qui naissaient à cette période ont 20 ans désormais, ceux qui avaient 10 ans en ont 30, ceux qui avaient 15 ans en ont 35, ceux qui avaient 20 ans en ont 40, et caetera.

Mais combien sont-ils?

Quel que soit ce chiffre astronomique, le Pape vous dirait « n’ayez pas peur ». Cette fois, il aurait raison !

 

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 14:29

NOUS SOMMES TOUS DES PALESTINIENS !

Todos somos Palestinos!

Luis Britto García , écrivain vénézuélien 

http://www.aporrea.org/actualidad/a70124.html
 

Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être exécrés pour une quelconque appartenance ethnique imaginaire ou un vrai choix culturel ou politique et de ce fait sélectionnés pour le ghetto, le camp d’extermination, l’Holocauste.

 

Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être persécutés dans notre propre pays, discriminés chez nous, constamment blessés par le regard, la pierre, le crachat de ceux qui se croient supérieurs car différents dans leur bestialité différente.

 

Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être expulsés de nore pays et réduits à des traces de pas qui vont d’un camp de réfugiés à l’autre sans autre horizon que le fil de barbelé.

 

Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être la faim sans le pain, la soif sans l’eau, l’intempérie sans le paysage, la mémoire sans les souvenirs, la maladie sans les médicaments, la blessure sans le bandage, la brûlure sans l’analgésique,

l’amputation sans l’anesthésie, la douleur sans la justice, la mort sans aucun sens.

 

Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être victimes du nettoyage ethnique, des bombardements contre la population civile, des bombes à fragmentation, de la fosse commune, des guerres éclairs qui opposent notre chair aux chars blindés et nos yeux à l’invasion de la mort.

 

Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être les orphelins, les proches, les survivants, les solitaires, les persécutés, sans autre compagnie que le souvenir, sans autre famille que la larme ni d’autre fils que le hurlement ni d’autre fraternité que l’insomnie.

 

 Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être les terrorisés par le hurlement des sirènes et l’anonymat des machines de guerre, les soldats inconnus, les pertes évaluées, les corps comptés ou les tombes sans noms.

 

Nous sommes tous, pourrions être, avons été la Nuit et le Brouillard, mais aussi le Plomb Fondu.

 

 Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être les coupables de vivre, les éxécutés pour le crime d’avoir raison, les morts  pour la reprise de l’espace vital, les sentenciés pour les dividendes, les condamnés pour les marchandages de l’énergie fossile, les égorgés au nom du Dieu de l’Amour, les diabolisés des médias, les agressés présentés comme agresseurs, les effacés par l’euphémisme, les dommages collatéraux, les jetables, les dispensables.

 

 Nous avons tous été, nous le sommes actuellement ou nous pourrions être les monstres qui exécutent les atrocités ou qui disent venger des atrocités en les commettant contre les innocents ou les validant avec l’indifférence, l’inactivité, la passivité, la complicité, le silence.

 

 Relayez ce texte magnifique,

envoyer votre signature d'adhésion à
brittoluis@gmail.com  

Traduction Claude Maryse  

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 12:06


Les communistes israeliens ont envoyé jeudi 8 janvier 2009 un message au Président de la Republique Bolivarienne du Venezuela; Hugo Rafael Chavez Frias, dans lequel ils donnent leur accord, au nom des membres du parti Communiste d'Israël, pour sa courageuse position face a l'offensive assassine menée par l'armée israélienne contre le peuple palestinien dans la Bande de Gaza, depuis 13 jours.

 

Dans leur message les communistes déclarent:"Nous croyons que ce que vous faites est un exemple à imiter, non seulement de la part des autres gouvernements latino-américains, mais cela doit être la position de tous les Etats de notre région, du Proche Orient".

 

La missive se termine avec les paroles"nous voulons aussi exprimer, une nouvelle fois, notre admiration pour le travail accompli dans votre pays et envoyer un salut de solidarité dans le chemin qui est le vôtre pour garantir l'indépendance et la justice sociale".

Al-Oufok

 

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne
7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 10:14




CARACAS - Le gouvernement du Venezuela a ordonné mardi l'expulsion de l'ambassadeur d'Israël à Caracas pour protester contre l'offensive israélienne dans la bande de Gaza et en solidarité avec le peuple palestinien, a annoncé dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

"Le Venezuela a décidé d'expulser l'ambassadeur d'Israël" Shlomo Cohen "et une partie du personnel de l'ambassade d'Israël, réaffirmant son attachement à la paix et son exigence de respect du droit international", est-il écrit dans le texte.

Le président vénézuélien Hugo Chavez avait fustigé lundi l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, qualifiant l'Etat hébreu d'"assassin" et de "génocidaire".

Mardi, il a estimé que le président israélien devrait être "traduit devant la Cour pénale internationale" (CPI) de La Haye à la suite de cette attaque.

(©AFP / 06 janvier 2009 22h19)

http://www.vtv.gov.ve/noticias-nacionales/13014

Partager cet article

Repost0
Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne