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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 18:45

 

El Circulo Bolivariano de Paris quiere felicitar al pueblo venezolano por la reciente jornada electoral del 20 de mayo del 2018, donde con total tranquilidad y conciencia se movilizó para ir a ejercer su derecho a votar por su Presidente y los consejos legislativos municipales y regionales de la República Bolivariana de Venezuela.

 

A pesar de la guerra económica y política que se viene desarrollando contra Venezuela y su principal afectado que es el Pueblo venezolano, este ha resistido con paciencia, con consciencia, con creatividad, con organización y con solidaridad. 

 

Su masivo voto por el candidato a la reelección Nicolás Maduro muestra que ha madurado políticamente y que expresa su total apoyo a su autodeterminación, a la defensa de su soberanía y su independencia frente a propuestas del los sectores de la derecha nacional e internacional que aspirar vender el pais a los intereses de las transnacionales y subordinarse a los intereses del gobierno estadounidense y sus aliados que, aún creen que porque ellos se expresan con medidas de injerencias, de sabotajes, de violencia, de desestabilización y bloqueo económico, financiero y mediático van a someter al los pueblos.

 

El 20 de mayo del 2018 el pueblo venezolano ha dado una muestra más al mundo que quiere la paz, la tranquilidad, la democracia participativa que es perfectible en la medida que ellos deciden libremente todos los días el camino que ellos quieren transitar y que con el voto a Nicolás Maduro, reafirman su confianza al Proceso Bolivariano.

 

No hay dudas que el pueblo venezolano con su voto ha fijado la pauta para ir hacia una transformación productiva de la economía, que pasa por el cambio cultural de retorno a la producción de la tierra, para asegurar la soberanía alimentaria que tanto habló Hugo Rafael Chávez, comandante eterno. 

 

Votando por Nicolás Maduro más de 6 millones de venezolanos han expresado que quieren continuar en democracia su transición a una economía productiva, una recuperación de sus logros disminuidos por la guerra económica liderada por el sector privado apatrida y apoyada por líderes de derecha nacional que cómodamente desde el exterior mueven con mentiras y Relaciones sus viles intereses de apropiarse de la riqueza material de Venezuela.

 

Pero el 20 de mayo del 2018 el pueblo venezolano, acompañado por la fuerza y solidaridad de muchos otros pueblos del mundo ha dicho:

 

NO al neoliberalismo, No a la dolarizacion de las economías, No al FMI, No a la abstención política.

 

SI a la economía productiva, Justa y Social en transición al socialismo, SI a la moneda venezolana con su Bolívar Soberana, SI al intercambio financiero multilateral responsable, SI a la participación democrática y protagónica social y política.

 

Vivan el Pueblo Venezolano !!!

Viva la Revolución Bolivariana !!!

Viva el Presidente reelecto Nicolás Maduro !!!

Viva la Soberanía, la Independencia !!!!

Viva Chávez !!!

 

 

Miembros del Círculo Bolivariano de Paris.

21 de Mayo del 2018

 

 

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Published by Maigualida Rivas - dans La Revolution Bolivarienne
7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 15:41
 IL Y A 5 ANS A CARACAS, LE 5 MARS 2013 A 16h24...  par Romain Migus
Il y a 5 ans, à Caracas, le 5 mars 2013, vers 15h30, ma compagne et moi étions partis marcher au Parc de l´Est, le plus grand espace vert de la ville, situé comme son nom l´indique, dans l´est de la capitale vénézuélienne, en plein cœur d´un ilot territorial où se concentrent les classes les plus aisées du pays. Nous étions partis marcher et nous détendre, car les dernières semaines avaient été particulièrement éprouvantes pour nous et pour la plupart des vénézuéliens. Le cancer du président Hugo Chávez tenait le pays en haleine, et tout le monde était suspendu aux annonces sporadiques d´Ernesto Villegas, ministre de la Communication de l´époque, qui informait les citoyens de l´état de santé du Comandante. Ces annonces nationales, était retransmises en direct par toutes les chaines du pays et donnaient lieu à d´intenses réactions et rumeurs qui ne manquaient pas de nous mettre sous pression.
 
La ballade terminée, à 16h15 nous nous sommes engouffrés dans l´hypermarché qui fait face à l´entrée principale du parc pour aller faire quelques courses. De par sa position géographique, ce temple de la consommation semble avoir été hermétique aux bouleversements sociaux initiés par Hugo Chávez. Ce supermarché est même un symbole de l´Histoire coloniale du Venezuela. Celle qui, conjuguée aux années de néolibéralisme féroce des années 90, a conduit à l´avènement de la Révolution Bolivarienne.
 
Les caissières, ceux qui rangent les courses des clients dans leurs sacs, les employés dans les rayons, à la fromagerie, au snack ou en boucherie viennent tous des classes populaires, ils ont tous la peau très mate à l´image de « leur » président Chávez. Les clients, dans leur grande majorité, sont blancs et riches, et ne manquent pas de faire de leur opulence un acte de prosélytisme. La méritocratie, tant vantée par ces mêmes clients, s´est arrêtée aux portes du supermarché, pourtant situé à seulement 10 minutes d´un des plus grands barrios d´Amérique Latine.
 
Il est 16h29, et nous arrivons au rayon boucherie. Derrière l´employé qui s´affaire à nous couper des steaks, trois télés sont branchées sur une chaine privée qui diffuse une émission de variété. Il est 16h40 quand l´émission est brusquement interrompue pour laisser place au générique des annonces nationales. Tous les clients du supermarché affluent alors vers le rayon boucherie pour savoir ce qui va se dire.
 
Pas besoin d´attendre longtemps. La première image suffit. Ce n´est pas Ernesto Villegas qui est devant le micro. C´est le vice-président et dauphin déclaré, Nicolas Maduro, en guayabera blanche et entouré des hautes instances politiques et militaires de la Révolution. Avant même qu´il ne commence à parler, son visage trahit la tragique nouvelle. Puis, la voix enrouée par une émotion qu´il ne parvient pas à contenir, Nicolas Maduro annonce ce que la plupart des chavistes, la plupart d´entre nous, se refusait à imaginer : « Nous avons reçu l´information la plus dure et la plus tragique que nous pouvions donner à notre Peuple. Aujourd´hui 5 mars, à 16h25, le comandant-président Hugo Chávez Frías est décédé ».
 
Devant l´écran, c´est un monde qui s´écroule. Ma compagne et moi sommes physiquement pétrifiés, en état de choc, incapable de dire quoi que soit. Et c´est lui qui nous tira de notre torpeur.
 
Lui, c´est le boucher. Un jeune type, 25 ans, de la génération qui a grandi avec Chávez mais qui a aussi connu comment était le pays avant. Le teint foncé de sa peau nous indique sa condition populaire et son identité politique. Derrière le comptoir des viandes, il hurle aux clients amassés devant les écrans de télévision : « Vous, les bourgeois, si vous croyez que la Révolution va s´arrêter parce que le Comandante est mort, vous pouvez toujours attendre. Viva Chávez !».
 
Son cri du cœur aura eu le mérite de nous faire sortir de notre léthargie. Désormais, plus question de courses. Il faut que l´on rentre au plus vite chez nous, dans l´ouest sauvage de la capitale, il faut que l´on soit avec les nôtres. Dans les quartiers populaires, l´annonce de Nicolas Maduro a entrainé une clameur spontanée, comme celles qui normalement accompagnent un gol de la Vinotinto, l´équipe nationale de football ou un homerun lors d´un classico de baseball Magallanes-Leones. Mais cette fois c´était un cri de tristesse qui est sorti à l´unisson des fenêtres des ranchos, ces habitations des quartiers populaires.
 
Avec grande difficulté, nous parvenons à trouver un taxi dans ce quartier où normalement ils fourmillent. Pas un bruit dans la voiture. Le chauffeur, en regardant nos têtes et nos yeux embués de larmes, nous lâche: « Je suis chilien. Je suis venu au Venezuela pour fuir la dictature de Pinochet. Je sais ce que vous ressentez. Vous venez de perdre votre Allende… ».
 
Il nous laisse Place Bolivar où affluent des milliers de « comme nous », venus pour collectiviser la tristesse et le désarroi, trop lourd à porter individuellement.
Cette nuit là fut très longue et très noire…
 
Je me suis toujours demandé ce qu´était devenu le boucher après le 5 mars 2013. Cracher son identité de classe à la gueule des clients de l´autre classe, celle qui selon Warren Buffet, est en train de gagner la lutte, c´était quand même un sacré acte de bravoure politique. J´imagine que ça a certainement du provoquer son licenciement.  J´ai même essayé pendant un temps de le retrouver, pour que ce soit lui qui raconte cette anecdote à ma place. Peine perdue.  
 
Aujourd´hui, 5 ans après, je sais où il se trouve.  Ou plutôt je sais que « l´esprit du boucher », celui de ce  muchacho rebelde est la marque d´une identité politique collective qui s´est construite autant dans la pratique révolutionnaire quotidienne que dans l´opposition à cette élite qui prétend reprendre le contrôle du pays.
 
Malgré les tentatives de coup d´Etat institutionnel et de « révolutions » de couleur, malgré les offensives diplomatiques des Etats-Unis et de leurs laquais du Groupe de Lima ou de l´Union européenne, malgré les opérations psychologiques pour miner le moral des chavistes, malgré la guerre non conventionnelle et les incursions de paramilitaires étrangers, malgré la spéculation contre le Bolivar, la contrebande de produits de première nécessité et le trafic de monnaie – symptômes d´une guerre économique qui dit bien son nom –, malgré le ciel que la contrerévolution essaie de faire tomber sur la tête des vénézuéliens, « l´esprit du boucher » court encore les rues du Venezuela. Et le chavisme reste insoumis à la volonté de cette élite qui, pour reconquérir ses privilèges politiques, n´hésite plus à saigner le pays tout entier.
 
Là où beaucoup auraient jeté l´éponge devant tant d´adversité, les vénézuéliens continuent de résister. Ils continuent d´exiger le respect de leur souveraineté et d´affirmer leur volonté de résoudre leurs problèmes internes comme bon leur semble, avec les dirigeants qu´ils se sont librement choisis.
 
Aujourd´hui, ce Peuple rebelle a besoin de toute la solidarité de ceux qui défendent une alternative au désastre néolibéral. En face, ils sont plutôt bien organisés. Peu importe leur étiquette politique du moment, tous sont au diapason pour décrier la Révolution Bolivarienne, diaboliser le président Maduro, relayer des mensonges médiatiques, et faire passer les victimes pour des bourreaux. Si eux le font si bien, alors nous aussi, nous pouvons et nous devons faire entendre notre voix.
 
Nous devons soutenir le combat actuel des vénézuéliens car il est aussi le nôtre. Ou plutôt, il préfigure ce que nous devrons affronter dés lors qu´un gouvernement progressiste, en rupture avec le dogme néolibéral, gouvernera nos pays. Ce jour-là, nous nous rappellerons de « l´esprit du boucher »…cet esprit rebelle, indépendant, irrévérencieux. Cette identité politique collective, qu´on appelle aussi au Venezuela…l´esprit de Chávez.
 
 
 

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 18:42
LES DOUZE VICTOIRES DU PRESIDENT MADURO EN 2017,  par Ignacio Ramonet

URL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-3XP

Commençons par rappeler que le président Nicolas Maduro est le mandataire le plus injustement harcelé, calomnié et agressé de l’Histoire du Venezuela. Plus encore que le commandant Hugo Chávez, fondateur de la Révolution Bolivarienne… Chasser à tout prix Nicolás Maduro du palais présidentiel de Miraflores a été et reste l’objectif maladif de la réaction politique interne et de des puissants alliés internationaux, à commencer par le gouvernement des États-Unis d’Amérique.

A peine l’année 2017 avait-elle débuté que les attaques contre le Président furent enclenchées. La première agression vint de l’Assemblée Nationale, contrôlée par la contre-révolution, qui décida, le 9 janvier, de « ne pas reconnaître » le Président. Et accusa Nicolás Maduro d’avoir « abandonné sa charge ». Ce qui était faux et absurde.

Face à cette tentative de coup d’État constitutionnel – inspiré du modèle de coup d’État parlementaire qui fit tomber Dilma Rousseff au Brésil en 2016 -, le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) est intervenu pour signaler qu’en vertu de la Constitution, l’Assemblée Nationale ne peut destituer le chef de l’État, élu directement par le peuple.

Pour sa part, le Président a répondu à cette tentative de coup d’État en organisant, le 14 janvier, des manœuvres civico-militaires massives baptisées « Exercice d’action intégrale anti-impérialiste Zamora 200 ». Quelques 600.000 effectifs se mobilisèrent : militaires, miliciens et militants des mouvements sociaux. Il a ainsi offert une imposante démonstration d’unité des forces armées, du Gouvernement, du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) et des masses populaires. Ce fut la première victoire de 2017.

Enhardie par l’élection, aux États-Unis, de Donald Trump – candidat de la droite suprématiste qui prit possession de sa charge à Washington le 20 janvier -, l’opposition vénézuélienne tenta d’intimider le gouvernement de Maduro par une grande marche le 23 janvier, date de la chute du dictateur Marcos Pérez Jiménez en 1958. Mais là aussi elle échoua pathétiquement. Entre autres raisons, parce que le Président Maduro répondit énergiquement en organisant, ce même jour, le transfert populaire des restes de Fabricio Ojeda, leader révolutionnaire du renversement de Pérez Jiménez, au Panthéon National. A l’appel du mandataire, des centaines de milliers d’habitants de Caracas remplirent les avenues de la capitale. Et on put voir clairement que le chavisme populaire dominait la rue, alors que l’opposition exhibait ses divisions et sa très faible capacité de mobiliser. Ce fut la seconde victoire du Président Maduro.

Peu après se produisit l’intervention du Tribunal Suprême, qui souligna que l’Assemblée Nationale se trouvait en situation de « désobéissance à la loi » depuis 2016. En effet, comme on s’en souviendra, lors des élections législatives de décembre 2015, des fraudes avaient été dénoncées dans l’état d’Amazonas. Des fraudes démontrées par des enregistrements dans lesquels la Secrétaire du gouvernement de cet état offrait des sommes d’argent à des groupes d’électeurs pour qu’ils votent en faveur des candidats d’opposition. En conséquence, le TSJ suspendit ces députés. Mais l’Assemblée Nationale persista à vouloir leur faire prêter serment. L’addition de ces trois députés aurait en effet conféré à l’opposition une majorité absolue qualifiée (deux tiers de l’assemblée) et le pouvoir de déroger des lois organiques ainsi que de limiter l’action du Président lui-même …

Les tensions entre un parlement et un Tribunal Suprême sont relativement fréquentes dans toutes les grandes démocraties. En Europe par exemple, quand surgit un conflit institutionnel entre pouvoirs, il est habituel que le Tribunal Suprême assume les compétences du Parlement. Et aux Etats-Unis, même un Président aussi ésotérique que Donald Trump a dû se conformer aux décisions récentes de la Cour Suprême…

Mais, à Caracas, la contre-révolution a utilisé ce débat pour relancer une campagne internationale sur la prétendue « absence de démocratie au Venezuela ». Avec la complicité de la nouvelle administration états-unienne, elle a monté une colossale opération de lynchage médiatique mondial contre Nicolás Maduro. En mobilisant les principaux médias dominants : depuis CNN et Fox News jusqu’à la BBC de Londres, en plus des principaux médias d’Amérique Latine et des Caraïbes, et les plus influents journaux globaux, piliers de l’hégémonie communicationnelle conservatrice, ainsi que les réseaux sociaux.

Dans le même temps, la droite vénézuélienne a manœuvré dans l’intention d’internationaliser le conflit en le transférant au sein de l’Organisation des États Américains (OEA), « ministère des colonies des États-Unis » selon Che Guevara. Obéissant aux consignes du nouveau gouvernement de Donald Trump et avec l’appui de régimes conservateurs d’Amérique Latine, Luis Almagro, secrétaire général de l’OEA, a alors assumé le rôle misérable de cette manœuvre en réclamant l’application de la Charte Démocratique contre le Venezuela.

Mais Caracas contre-attaqua sur le champ, et obtint la solidarité diplomatique de la majorité des États latino-américains et des Caraïbes. Malgré les ruses malhonnêtes et les faux arguments du Secrétaire Général de l’OEA, le Venezuela n’a jamais pu être mis en minorité. Il a vaincu de manière irréfutable. Et les ennemis de la Révolution Bolivarienne, parmi lesquels Washington, se sont cassé les dents contre la solide stratégie imaginée par le Président Maduro, basée sur la réalité des faits, l’honnêteté politique et l’éthique. Finalement, en avril, Caracas décida de se retirer de l’OEA, accusant cette organisation d’« actions intrusives contre la souveraineté du Venezuela». Avec imagination et audace, dans un contexte international complexe, Nicolás Maduro a ainsi obtenu sa troisième grande victoire.

Entretemps, les tensions augmentèrent à Caracas lorsque, le 29 mars, la Salle Constitutionnelle du TSJ déclara que “tant que persistera la situation de désobéissance à la loi et de non-validité des actes de l’Assemblée Nationale, la Salle Constitutionnelle garantira que les compétences parlementaires soient exercées directement par cette Salle ou par l’organe qu’elle désigne, afin de veiller à l’État de Droit”. Antérieurement, le TSJ avait déjà signalé « que l’immunité parlementaire n’est garantie que durant l’exercice de leurs fonctions », ce qui n’était pas le cas puisque l’Assemblée Nationale se trouvait dans cette situation de « désobéissance à la loi »…

L’opposition antichaviste poussa des cris d’orfraie. Et avec l’aide – une fois de plus – des forces conservatrices internationales, se mit à propulser un plan séditieux contre-révolutionnaire. C’est ainsi que commença la longue et tragique « crise des guarimbas » (violences de rue menées par l’extrême droite, NdT). Durant quatre mois interminables – d’avril à juillet – la contre-révolution a lancé la plus désespérée, la plus brutale offensive de guerre contre le gouvernement bolivarien. Financées en dollars par la droite internationale, les forces antichavistes – avec à leur tête Primero Justicia et Voluntad Popular, deux organisations d’extrême droite – n’ont pas hésité à utiliser des paramilitaires, des agents terroristes et des mercenaires du crime organisé dans un déploiement de tactiques irrégulières simultanées, ainsi qu’une élite d’experts en guerre psychologique et en propagande « démocratique ». Avec la finalité pathologique de renverser Nicolás Maduro.

Ivres de violence, les hordes de ‘guarimberos’ se sont lancées à l’assaut de la démocratie vénézuélienne. Elles ont attaqué, incendié et détruit des hôpitaux, des centres de santé, des garderies, des écoles, des lycées, des maternités, des entrepôts d’aliments et de médicaments, des édifices gouvernementaux, des centaines de commerces privés, des stations de métro, des autobus, du mobilier public … tandis qu’elles multipliaient les barricades dans les quartiers bourgeois sous leur contrôle.

Les violents, lançant des dizaines de cocktails Molotov, s’acharnèrent particulièrement sur les effectifs des corps de sécurité. Cinq d’entre eux furent assassinés par balles. D’autre part, beaucoup de ‘guarimberos’ firent preuve d’une terrible sauvagerie en tendant de fins câbles d’acier en travers des voies publiques pour égorger des motards… Ou, débordant de haine et de racisme, en brûlant vifs de jeunes chavistes. Vingt-neuf au total, parmi lesquels neuf sont morts. Résultat: cent vingt et une personnes assassinées, des milliers de blessés et des pertes millionnaires.

Pendant ces quatre mois d’emportement contre-révolutionnaire, l’opposition appela également à attaquer des bases militaires, et tenta de pousser les forces armées à marcher contre le gouvernement légitime et à prendre d’assaut le palais présidentiel. L’extrême droite a tout tenté pour générer une guerre civile, fracturer l’union civico-militaire, et détruire la démocratie vénézuélienne.

Parallèlement, à l’échelle internationale, se poursuivait la frénétique campagne médiatique présentant à ceux qui incendiaient des hôpitaux, assassinaient des innocents, détruisaient des écoles et brûlaient des personnes vivantes, comme des « héros de la liberté ». C’était le monde à l’envers, celui de la ‘post-vérité’ et des ‘faits alternatifs’…

Ce ne fut pas facile de résister à tant de terreur, tant d’agression, et de contrôler l’ordre public avec une vision d’autorité démocratique, de proportionnalité et de respect des droits humains. Le président Nicolás Maduro, constitutionnel et légitime, a pu le faire. Et il a réussi à trouver ce qui semblait impossible : la sortie du labyrinthe de la violence. Avec une idée géniale, que personne n’attendait. Et qui a déstabilisé et déconcerté l’opposition: revenir au pouvoir constituant originaire.

Le prétexte du terrorisme ‘guarimbero’ résidait en effet dans le désaccord entre deux légitimités : celle du Tribunal Suprême de Justice et celle de l’Assemblée Nationale. Aucune des deux institutions ne voulait céder. Comment sortir de l’impasse ? En se basant sur les articles 347, 348 et 349 de la Constitution chaviste de 1999, et en s’appuyant sur son statut de chef de l’État et d’arbitre supérieur, le Président Maduro décida de réactiver un processus populaire constituant. C’était le seul moyen de trouver, par la voie du dialogue politique et de la parole, un accord avec l’opposition. Et de réguler le conflit historique, pour dégager des solutions aux problèmes du pays. Il mûrit ce plan en attendant le moment adéquat. Jusqu’à ce que le 1er mai, furent réunies toutes les conditions. Ce jour-là, le président annonça que l’élection des délégués à l’Assemblée Constituante s’effectuerait le 30 juillet. C’était la seule option pour la paix.

Mais, une fois de plus, confirmant sa désespérante maladresse politique, l’opposition rejeta la main tendue. Sous les vivats de la presse mondiale, comme partie de la campagne brutale et sans pitié contre la Révolution Bolivarienne, les partis d’opposition se mirent d’accord pour ne pas participer… Et se consacrèrent, au contraire, à saboter les élections, à empêcher l’accès au suffrage, à dresser des barricades, à brûler des urnes et à menacer ceux qui désiraient exercer leur droit de vote.

Ils échouèrent. Ils furent incapables d’empêcher que ce 30 juillet, les gens sortent massivement pour parier sur la démocratie contre la violence et la terreur. Plus de huit millions et demi de citoyens se rendirent à l’isoloir. En venant à bout de toutes sortes d’obstacles. En affrontant des paramilitaires et des ‘guarimberos’. En franchissant des rues bloquées. En traversant des rivières et des fleuves. En faisant l’impossible pour accomplir leur devoir civique, politique, éthique et moral… En surmontant les menaces du dedans et du dehors.

Peu de monde s’attendait à un niveau aussi élevé de mobilisation populaire, à une telle affluence de votants et au succès électoral éclatant. Le jour suivant, comme l’avait prédit le président, les ‘guarimbas’ se dispersaient. La violence s’évanouissait. La paix régnait de nouveau. Avec subtilité, patience, courage et décision, le président Maduro réussit de cette manière à faire échouer les ‘guarimbas’ et à faire avorter l’évidente tentative de coup d’État. Il se dressa avec fermeté face aux menaces et le fit sans altérer la substance de sa politique. Telle fut sa victoire la plus spectaculaire de l’année 2017.

« L’arrivée de la Constituante – expliqua Nicolás Maduro- signifia, sans aucun doute, l’arrivée d’un climat de paix qui permit l’offensive politique de la Révolution Bolivarienne. » Et cette offensive favorisa ce que beaucoup tenaient pour impossible : deux autres – sensationnelles et écrasantes – victoires électorales. Celle des gouverneurs des états, le 15 octobre, avec la conquête de 19 de ces gouvernements sur 23 possibles… Parmi lesquels, ceux de Miranda et de Lara, deux états dont la politique sociale se trouvait pratiquement en voie d’extinction aux mains de l’opposition. Et plus tard le triomphe au Zulia, un état stratégique, de grand poids démographique et possédant d’importants gisements de pétrole et de gaz…

De même, la Révolution Bolivarienne a gagné les élections municipales du 10 décembre, en obtenant 308 mairies sur 335, soit 93% des municipalités…  Le chavisme s’est imposé dans 22 (des 24) capitales, dont Caracas. Tandis que la contre-révolution confirmait son impopularité avec une chute libre de ses électeurs. Perdant plus de 2 millions 100 mille votes…

En montrant au monde la vitalité de son système démocratique, le Venezuela fut le seul pays à organiser, en 2017, trois grandes élections nationales… Toutes trois gagnées par le chavisme. Alors que la droite, démoralisée par tant de désastres successifs, se retrouvait atomisée, désunie, groggy… Ses leaders se battant entre eux. Ses sympathisants sonnés. Même si elle conservait l’appui de ses protecteurs internationaux. En particulier celui du plus agressif d’entre eux : le nouveau Président des Etats-Unis, Donald Trump.

Tout au long de 2017 – dans la continuité de l’ordre exécutif du 8 mars 2015, signé par Barack Obama, qui déclare le Venezuela « menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité de États-Unis. »-, Donald Trump a émis une liste de sanctions contre la Révolution Bolivarienne.

Le 11 août en particulier, il brandit la menace d’une action militaire. Parlant aux journalistes sur son terrain de golf du New Jersey, Trump déclara: « Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, parmi lesquelles une possible option militaire, si nécessaire. » Ensuite, le 25 août, dans le cadre du blocus financier contre Caracas, Trump interdit à « toute personne, entité, entreprise ou association, légalement sise ou réalisant des activités aux Etats-Unis, d’effectuer des négoces avec des titres de la dette émis par toute instance du gouvernement vénézuélien, à savoir des titres de la République émis par la Banque Centrale Vénézuélienne ou par l’entreprise d’état PDVSA« .

Ces sanctions cherchent à faire tomber le Venezuela dans un default (non-paiement de sa dette externe) en fermant à l’État et à PDVSA (la compagnie pétrolière de l’État, NdT) les portes des marchés financiers associés aux États-Unis. En l’empêchant d’y offrir des titres et de pouvoir obtenir des devises.

Déjà, Lawrence Eagleburger, ex-Secrétaire d’État du Président George W. Bush, avait ouvertement reconnu, dans un entretien accordé à Fox News, que la guerre économique contre le Venezuela avait été effectivement élaborée à Washington : « Nous devons user des outils économiques – affirma l’ex-Secrétaire d’État – pour faire en sorte que l’économie vénézuélienne empire, de telle sorte que l’influence du chavisme dans le pays et dans la région s’effondre (…) Tout ce que nous pouvons faire pour que l’économie vénézuélienne s’enfonce dans une situation difficile, est bon à prendre. » L’actuel secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, a confirmé officiellement que les nouvelles sanctions ont pour objectif d’« étrangler le Venezuela ».

Face à d’aussi insolentes agressions, Nicolás Maduro a déclaré que le default « n’arrivera jamais ». D’abord parce que le Venezuela  est le pays sud-américain qui a le plus payé sa dette. Dans les quatre dernières années, Caracas a déboursé quelques 74 milliards de dollars… Et ce parce que le gouvernement bolivarien “aura toujours une stratégie claire” visant à renégocier et à restructurer la dette externe. Le mandataire a dénoncé que ce que cherchent les ennemis du chavisme est l’isolement financier de la Révolution Bolivarienne jusqu’à lui couper toute possibilité de crédit. Pour le noyer peu à peu. Ils veulent générer la crainte parmi les investisseurs privés, pour qu’ils n’achètent pas de titres, ne participent pas à la renégociation de la dette et qu’il n’y ait pas d’investissement. Nicolás Maduro a expliqué qu’au-delà d’un blocus, ce que le Venezuela affronte est une véritable « persécution » à laquelle participent des pays comme le Canada et ceux de l’Union Européenne. Une persécution active contre le commerce, les comptes bancaires et les mouvements financiers.

Mais le mandataire a su esquiver ces attaques. Et a surpris, une fois encore, ses adversaires, en annonçant, le 3 novembre, la création d’une Commission pour consolider le refinancement et la restructuration de la dette externe, avec pour objectif de surmonter les agressions financières. « Nous allons effectuer un reformatage complet des paiements externes pour atteindre l’équilibre – a-t-il déclaré – Nous allons briser les schémas internationaux. » Et il en fut ainsi. Quelques jours plus tard, défiant le blocus financier, et comme première étape d’un rapprochement pour la renégociation et la restructuration projetée par le président, débarquait à Caracas, pour se réunir avec le gouvernement bolivarien, un groupe de détenteurs de dette vénézuélienne provenant des Etats-Unis, du Panama, du Royaume-Uni, du Portugal, de Colombie, du Chili, d’Argentine, du Japon et d’Allemagne. Ce qui constitua une indéniable victoire pour le président Maduro.

Il faut préciser ici que le conflit de quatrième génération contre la Révolution Bolivarienne se joue sur plusieurs fronts et comprend de manière simultanée et constante quatre guerres : 1) une guerre insurrectionnelle élaborée par des experts en subversion, sabotage et psychologie de masses, avec emploi de mercenaires, explosion cyclique de ‘guarimbas’ criminelles et attaques terroristes contre des casernes, des objectifs militaires et des infrastructures globales (réseau électrique, raffineries, distribution de l’eau, etc.) ; 2) une guerre médiatique, avec la presse écrite, la radio, la télévision et les réseaux sociaux convertis en nouvelles armées de conquête par le biais de l’emploi planifié de la propagande destinée à domestiquer les esprits et à séduire les coeurs ; 3) une guerre diplomatique avec le harcèlement dans certains forums internationaux, en particulier à l’OEA, et les attaques des pays du groupe baptisé “groupe de Lima » auxquels se joignent régulièrement les Etats-Unis, le Canada et l’Union Européenne ; et 4) une guerre économique et financière avec accaparement et création de pénuries alimentaires et de médicaments, manipulation du type de change de la monnaie par des bureaux illégaux, inflation induite, blocus bancaire et distorsion du risque pays.

A propos du risque pays, il ne faut pas oublier que, dans les quatre dernières années, comme nous l’avons mentionné, Caracas a honoré tous ses engagements de paiement de dette, sans exception, pour plus de 74 milliards de dollars. Ce qui devrait avoir fait baisser drastiquement le risque pays. On ne court en effet aucun risque à continuer à prêter au Venezuela puisqu’il paie religieusement toutes ses dettes. Cependant, le risque pays a continué à augmenter… Actuellement, selon la banque JP Morgan, ce risque pays se situe à 4.820 points, c.-à-d. trente-huit fois plus élevé que celui du Chili, pays qui a le même ratio dette/PIB que le Venezuela… On fait ainsi payer, très cher, à Caracas le fait d’avoir opté, démocratiquement, pour un système politique socialiste.

Quant au blocus bancaire, tout au long de 2017, et en particulier après les sanctions de Donald Trump, les ruptures unilatérales de contrats se sont multipliées. En juillet, par exemple, l’agent de paiement Delaware a informé que son correspondant bancaire, le PNC Bank des Etats-Unis, refusait de recevoir des fonds provenant de la compagnie pétrolière d’État Pdvsa. En août, le Novo Banco de Portugal a notifié à Caracas l’impossibilité de réaliser des opérations en dollars à la suite du blocus des banques états-uniennes intermédiaires. Plus tard, le Bank of China Frankfurt, allié de Caracas, n’a pu davantage payer 15 millions de dollars dus par le Venezuela à l’entreprise minière canadienne Gold Reserve… En novembre, plus de 39 millions de dollars – destinés au paiement de 23 opérations d’achats d’aliments pour les fêtes de Noël – furent renvoyés à Caracas parce que les banques intermédiaires des fournisseurs n’acceptaient pas d’argent du Venezuela…

D’autre part, au début de septembre, on a appris que l’entreprise financière Euroclear, filiale de la banque états-unienne JP Morgan, a bloqué un paiement de 1.200 millions de dollars effectué par le gouvernement bolivarien pour acquérir des médicaments et de l’insuline. Ce qui empêcha l’acquisition de 300.000 doses d’insuline… Dans le même temps, un laboratoire colombien, appartenant au groupe suédois BSN Medical, a refusé d’accepter le paiement par le Venezuela d’une cargaison de primaquine, médicament pour le traitement du paludisme et de la malaria.

L’objectif de tous ces blocus est d’empêcher que le gouvernement bolivarien puisse utiliser ses ressources pour acquérir les aliments et les médicaments dont sa population a besoin. Tout cela dans le but de pousser les gens à protester et de générer du chaos dans le système de santé, mettant en danger la vie de milliers de malades.

Dans ce cas, grâce à ses relations internationales, le président a concrétisé en novembre, l’importation urgente d’importantes cargaisons d’insuline en provenance de l’Inde. Des centaines de patients ont pu sauver leur vie. Ce qui, sans doute, a constitué une nouvelle victoire de Nicolas Maduro.

Pour briser le blocus financier, le président a annoncé, en novembre, une autre initiative: la création d’une monnaie numérique, le petro. Cette annonce a déclenché un grand enthousiasme dans la communauté d’investisseurs des crypto-monnaies, situant le Venezuela à l’avant-garde de la technologie et des finances globales, et a suscité d’énormes expectatives. D’autant plus que le prix du pétrole ne sera pas lié aux caprices et aux spéculations des marchés, mais sera associé à la valeur internationale d’actifs réels comme l’or, le gaz, le diamant et le pétrole. Le Venezuela a ainsi franchi un pas considérable pour disposer d’un mécanisme révolutionnaire de financement auquel aucune puissance étrangère ne pourra imposer de sanctions, ni boycotter l’arrivée de capitaux. En ce sens, le petro est une nouvelle et claire victoire du président Maduro.

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Il faut ajouter qu’au milieu de toutes ces batailles, et malgré la faillite totale du modèle de dépendance pétrolière, le président s’est soucié tout particulièrement de maintenir la continuité du socialisme bolivarien et de ce que les plus pauvres ne soient pas dépourvus d’école, de travail, d’un toit, de soins médicaux, de revenus, d’aliments… Le gouvernement révolutionnaire n’a cessé de financer des grands travaux publics fondamentaux. Ni de construire des logements : en 2017, plus de 570 mille logements ont été remis à la population… La Mission Barrio Adentro (centres de santé publique, NdT) et toutes les missions sociales ont été maintenues. Le Plan « Semailles » a été renforcé. La Mission Approvisionnement Souverain a été étendue. Les Foires de Production Rurale Souveraine se sont multipliées. On a pris son courage à deux mains et, au milieu de tant de tempêtes, le président Maduro a réussi un miracle social de sauvetage du pays. La contre-révolution n’a pu arrêter l’avancée du socialisme.

Dans cette perspective, les Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP), modèle centralisé de distribution directe d’aliments, ont continué à se développer dans tout le pays. Quatre millions de vénézuéliens des secteurs populaires bénéficient de cette protection face aux pénuries causées par la guerre économique.

En outre, le président Maduro a pris, tout au long de 2017, de nouvelles initiatives sociales. La plus spectaculaire fut celle du Carnet de la Patrie, un nouveau document d’identification qui permet de connaître, à travers un système de codes QR, le statut socio-économique des citoyens. Il favorise de cette manière l’accès des familles qui en ont besoin aux aides sociales des missions socialistes. A la fin de décembre 2017, un total de 16 millions et demi de citoyens s’étaient inscrits au registre du Carnet de la Patrie.

Le président a également impulsé la création du mouvement ‘Somos Venezuela’ dont la finalité est d’accélérer le processus d’octroi des aides sociales. Les deux cents mille brigadistes de ‘Somos Venezuela’ ont pour tâche l’identification, maison par maison, des besoins des familles inscrites. Ensuite, les aides sont octroyées aux familles en fonction de leurs besoins réels. Un autre objectif important du mouvement ‘Somos Venezuela’ est de garantir 100% de pensionnés dans tout le pays, comme l’a promis Nicolás Maduro.

Le président a proposé aussi le plan ‘Chamba Juvenil’ destiné aux jeunes d’entre 15 et 35 ans, dans le but de les intégrer à l’emploi dans des secteurs visant à satisfaire les besoins humains identifiés à travers le Carnet de la Patrie, et dans le cadre du mouvement ‘Somos Venezuela’. Le plan concerne, en particulier, les jeunes universitaires sans emploi, les jeunes non scolarisés, les mères célibataires qui ont une charge familiale, et les jeunes sans domicile fixe. On estime que ce nouveau Plan génèrera 800 mille emplois.

Toutes ces avancées sociales ont constitué, sans aucun doute, quelques unes des plus précieuses victoires du Président Maduro en 2017.

Nous pourrions citer aussi les succès obtenus dans le domaine de la politique extérieure, en particulier l’extraordinaire tournée internationale du mandataire, en octobre, en Biélorussie, Algérie, Russie et Turquie, qui a débouché sur d’importants accords bilatéraux visant à gagner la bataille de la guerre économique et sociale. Ou les incessantes négociations maintenues par le président avec les pays producteurs de pétrole (OPEP et non-OPEP) qui ont permis, en 2017, une augmentation spectaculaire des prix du baril de plus de 23% !

Citons également la grande offensive contre la corruption initiée, enfin, en novembre, avec l’annonce de plusieurs dizaines d’arrestations spectaculaires parmi les hauts cadres de gestion et direction de Pdvsa et Citgo (filiale de Pdvsa aux Etats-Unis, NdT), parmi lesquelles des dirigeants de première ligne. Rien de tel ne s’était produit en cent ans d’industrie pétrolière vénézuélienne. Celle-ci fut sans doute la victoire du président Maduro dont on a le plus parlé, à la fin de 2017.

Pour finir, il faut rappeler que la destruction de l’image de Nicolás Maduro est la finalité principale des campagnes mondiales de propagande pilotées par les grandes corporations de la communication. Sans oublier la permanente guerre digitale depuis la sphère d’Internet à travers de multiples plates-formes du Web, et les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, WhatsApp, Youtube, Instagram, etc. Toutes ces armes de manipulation massive tentent de dégrader la figure du président et de manipuler la réalité vénézuélienne. Elles invisibilisent le niveau de soutien réel de larges secteurs de la population envers le mandataire, et occultent les violences de l’opposition. L’objectif est politique : faire plier le Venezuela bolivarien, acteur-clef du système-monde, non seulement par ses considérables richesses mais, surtout, par son modèle révolutionnaire et social. Et bien sûr de par son importance géopolitique en tant que puissance anti-impérialiste d’influence régionale.

Jusqu’ici, tous ces plans pour défenestrer Nicolás Maduro ont échoué. Comme lui-même l’a affirmé « l’impérialisme n’a pu nous asphyxier, et ne pourra rien contre la Révolution Bolivarienne, sur quelque terrain qu’il nous cherche. » Au contraire, le président s’est renforcé en 2017.

Cela lui a permis de reprendre l’initiative stratégique de la pacification du pays. Préoccupé par la défense des grands intérêts nationaux, et fidèle aux principes d’honnêteté et d’humilité majeure, Nicolás Maduro a proposé à l’opposition de s’asseoir à la table de négociations et de reprendre le dialogue. Cette fois dans le cadre neutre de Santo Domingo (capitale de la République Dominicaine, NdT). Sur la base du respect et de la reconnaissance mutuelle. Avec l’idée de rétablir une négociation nationale permanente comme méthode démocratique pour défendre l’intérêt supérieur de la nation et pour réguler le conflit qui surgit naturellement des divergences politiques au cours d’une révolution. Une telle avancée vers la paix a peut-être été la victoire la plus appréciée du président.

Dans cette année héroïque d’attaques brutales et d’agressions sans fin, le chavisme a démontré sa force et sa capacité de lutte. Et il a réussi à élargir sa base d’appui, en augmentant les forces politiques et sociales favorables à la révolution. Le voici plus solide que jamais. Ce qui signifie un soulagement et une espérance lumineuse pour toute l’Amérique Latine. N’en déplaise à ses ennemis, le président Nicolas Maduro a confirmé – avec ses douze brillantes victoires de 2017 – qu’il reste, comme disent ses admirateurs, « indestructible ».

IGNACIO RAMONET

Traduction : Thierry Deronne

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 18:12

 

 

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Des entreprises multinationales et nationales qui ont le monopole de la production et de la distribution d’aliments et de médicaments violent les Droits de l’Homme des vénézuélien en leur empêchant l’accès à des produits de première nécessité voire vitaux, a affirmé l’économiste vénézuélienne Pascualina Curcio dans une conférence à l’Université de Séville.

“C’est une agression contre le peuple, ce n’est pas une agression contre le Gouvernement car c’est le peuple qui subit ce type d’agressions dont le but est d’attaquer le modèle politique et de déstabiliser le Gouvernement, frappant les revenus des familles, créant du désespoir. »

Madame Curcio a signalé qu’aujourd’hui les Etats ne sont pas les seuls responsables de garantir la vie de ses citoyens, « il existe même la catégorie de délits économiques pour qualifier ce type d’actions entreprises par le secteur privé, comme l’accaparement des produits, l’inflation induite et le blocus économique et financier, mécanismes de l’attaque menée de manière vertigineuse et massive contre la vie des vénézuéliens ».

La Professeure a donné des conférences en Espagne, à l’Université Complutense de Madrid et à l’Université de Séville, sous les auspices de l’Ambassade du Venezuela en Espagne. Elle a également eu des réunions avec des intellectuels, des universitaires, ainsi qu’avec des Maires, des députés et des sénateurs du Congrès espagnol de différentes tendances politiques. Elle a exposé une partie de ses recherches où elle montre qu’au Venezuela il n’y a pas de crise économique, mais une guerre économique cachée. Elle a participé aussi à des rencontres avec des groupes de solidarité avec le Venezuela, autant à Madrid qu’aux Canaries, intéressés par la portée de cette nouvelle attaque contre le peuple vénézuélien et par les actions entreprises par le gouvernement vénézuélien pour la contrer.

“Il s’agit d’une opération cachée, dont le but fondamental est d’attaque le modèle d’inclusion et d’égalité développé au Venezuela dont bénéficie la majorité de la population. C’est pourquoi quand on dit que le modèle a échoué, on se demande : pour qui ? Pour la majorité ou pour les grands capitaux?”

Pascualina Curcio, auteure du livre « La main invisible du marché » a signalé que la guerre économique au Venezuela connaît plusieurs mécanismes : l’accaparement de produits essentiels de haute consommation (aliments, médicaments, produits d’hygiène) ; l’inflation induite par la manipulation des taux de change et le blocus financier. A cela il faut ajouter les sanctions imposées par les Etats Unis et l’Union Européenne.

La spécialiste a affirmé qu’aucune théorie économique ni aucun événement catastrophique n’est survenu au Venezuela qui puisse justifier l’altération grotesque de la distribution d’aliments ni le taux d’inflation, par un secteur entrepreneurial qui a obtenu du gouvernement des devises à taux préférentiel pour leurs importations.

Les recherches de Curcio ont montré que l’attaque contra la population vénézuélienne par ces mécanismes s’est intensifiée ces dernières années ponctuellement, à la veille d’élections ou dans des moments hautement conflictuels politiquement. « Ce phénomène existait déjà en 2012, soit avant la réélection du Président Chávez »

Aujourd’hui – affirma-t-elle – nous sommes dans une situation similaire, car le 10 décembre il aura des élections municipales et le taux de change illégal est monté en flèche, ce qui entraîne l’augmentation des prix des produits et la pénurie. Ce sont des mécanismes qui font pression vers la dévaluation sans qu’il y ait de dévaluation »

 

Entreprises en situation de non-respect de la loi

Concernant le contrôle des prix sur les produits de première nécessité décrété par le Gouvernement, Madame Curcio a affirmé qu’actuellement les entreprises vénézuéliennes sont dans une situation de non-respect de la loi, ce qui mènera le gouvernement à prendre de nouvelles mesures de contrôle fiscal.

Ella a insisté sur le fait que la Guerre économique contre le Venezuela implique une guerre médiatique qui amplifie les effets de ces actions, pour mener la population au désespoir et rendre l’opinion publique contraire au modèle bolivarien.

Elle a rappelé que cette stratégie, promue par les centres mondiaux de pouvoir capitaliste et financier, n’est pas nouvelle. « Cette stratégie a été mise en œuvre au Chili lors de la présidence socialiste de Salvador Allende, au Nicaragua avec le sandinisme, à Cuba et d’autres continents aussi. Et l’objectif a toujours été le même : renverser le gouvernement pour anéantir le modèle socialiste ».

Elle a dit que dans le cas du Venezuela, l’attaque est plus intense étant donné l’importance stratégique du pays pour être en possession des richesses en ressources minérales et aquifères.

Elle a écarté la possibilité d’un « default » du Venezuela, car le pays dispose d’actifs patrimoniaux suffisants pour garantir le règlement de la dette jusqu’à 2038. « Pendant ces 4 dernières années le Venezuela a réglé régulièrement 71 milliards de dollars de ses engagements du capital et des intérêts de la dette ; la qualification élevée de risque pays n’est donc pas justifiée »

 

Le peuple protégé

L’économiste a assuré que cette guerre n’a pas provoqué dans la population autant de dommages que ses auteurs auraient souhaité, grâce aux mesures prises par le Gouvernement pour protéger le peuple vénézuélien pour protéger les travailleurs. Elle a expliqué que pour briser le sabotage de la distribution, le gouvernement importe directement les aliments de première nécessité et les distribue à la population à travers les Comités locaux d’approvisionnement et production, avec le concours des Conseils communaux.

Madame Curcio a cité les Comités productifs de Travailleurs (CPT), encouragés par le Gouvernement pour que les travailleurs assument la supervision directe de la production, distribution et fiscalisation des prix. « Le président Maduro a récemment convoque un congrès des CPT et à l’Assemblée nationale constituante il y a une présence importante des travailleurs organisés, et cela aura une influence sur la rédaction de la nouvelle Constitution ».

Elle a saisi l’occasion pour démentir les affirmations selon lesquelles la pauvreté a augmenté au Venezuela ces dernières années, tandis que « selon la CEPAL, malgré la guerre économique et la chute des prix du pétrole, le Venezuela demeure le pays le moins inégalitaire de l’Amérique Latine, en 2015 ».

Pour conclure, l’économiste a signalé que malgré la guerre économique et la chute brusque du prix du pétrole, la production du secteur publique a augmenté ces quatre dernières années, el celle du secteur privé se maintient. « Le secteur privé produit, mais plutôt que de distribuer ses produits dans le marché formel, les détourne ver le marché illégal, à des prix qui ne se justifient pas ».

“Au Venezuela l’emploi demeure stable. Les ressources de la rente pétrolière continuent à être orientées vers les programmes sociaux : santé, éducation, logement. Avec cette politique l’Etat a diminué de 50% le taux de pauvreté, ce qui a été reconnu par des organisations internationales dont l’OMS, la FAO et l’ONU elle-même ».

 

 

  http://Pascualina Curcio en Espagne: les multinationales des secteurs agroalimentaire et pharmaceutique violent les Droits de l’Homme des vénézuéliens

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 18:07
Mobilisation du Grand Pôle Patriotique   (juin 2017)    Maurice Lemoine Journaliste
Mobilisation du Grand Pôle Patriotique   (juin 2017)    Maurice Lemoine Journaliste

Mobilisation du Grand Pôle Patriotique (juin 2017) Maurice Lemoine Journaliste

Le 15 octobre, alors que plus de 18 millions de Vénézuéliens étaient invités à élire leurs gouverneurs, le Grand pôle patriotique Simón Bolivar (GPP), constitué autour du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), a triomphé dans 18 Etats sur 23, n’en abandonnant que 5 à la coalition de la Table d’unité démocratique (MUD ; opposition). Malgré ce résultat sans équivoque, on se gardera bien ici d’accabler le malheureux Paulo A. Paranagua, deskman Amérique latine au service international du quotidien du soir Fake News (ex-Le Monde) pour le titre de son article du 17 octobre : « Le pouvoir s’attribue la victoire aux régionales ». C’est bien sûr le Conseil national électoral (CNE) et non « le pouvoir » qui a annoncé le résultat des élections. Simplement, ayant écrit quelques jours auparavant (14 octobre) « tous les pronostics évoquent une progression de la MUD, qui pourrait l’emporter dans 12 à 18 Etats, au lieu de 3 actuellement », l’infortuné journaliste ne pouvait qu’invoquer « une fraude à l’échelle nationale », sous peine de passer pour une diseuse de bonne aventure de troisième catégorie.
De la même manière, on recommandera l’indulgence pour Anthony Bellanger, l’ex-directeur de l’information de Courrier international aujourd’hui chroniqueur éditorialiste aux Inrocks, à BFM TV et à France Inter. Devant courir de l’un à l’autre pour y disserter sur des pays dont il ne connaît strictement rien, il s’en tire avec talent en racontant n’importe quoi. Ayant constaté en parcourant rapidement les dépêches que, malgré « les fraudes », l’opposition avait fait élire deux gouverneurs de plus que lors de l’élection précédente, il a levé le mystère pour les auditeurs du « service public » le 16 octobre à 18h55 : « On n’est plus à l’époque soviétique où les dictateurs remportaient 99,8% des voix. On gagne les élections, il ne faut pas exagérer, mais on perd un peu de terrain, pour ne pas être ridicules. » Précaution franchement inutile : quiconque a déjà entendu Bellanger parler du Venezuela sait pertinemment que, fort heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas.

Avec une participation de 61,4 %, certes « non soviétique », mais néanmoins supérieure à celles affichées dans des pays aussi hautement démocratiques que la Colombie, le Chili, l’Argentine, le Mexique, la France, l’Allemagne ou les Etats-Unis, le chavisme s’est donc imposé (54 % des suffrages), infligeant un dur camouflet à ceux qui avaient fait de cette élection un référendum contre le chef de l’Etat Nicolás Maduro [1]. Ajoutant au poids des chiffres, il a reconquis deux juridictions hautement symboliques : l’Etat de Barinas, où se trouve Sabaneta, le village natal de feu Hugo Chávez, a élu l’un de ses frères, Argenis Chavéz ; l’Etat-clé de Miranda, qui inclue une partie du Grand Caracas, dirigé jusqu’ici par un des leaders de l’opposition, le multimillionnaire Henrique Capriles Radonsky, déclaré inéligible par la justice [2], a vu triompher l’un des jeunes espoirs de la révolution bolivarienne, Héctor Rodríguez.

Au lendemain de l’annonce des résultats, les dirigeants de l’opposition ont semblé complètement groggies. Puis, selon un scénario rôdé depuis presque deux décennies, le porte-parole Gerardo Blyde a annoncé que la MUD ne reconnaissait pas les résultats issus d’une « fraude sans précédent » alors que les prévisions lui annonçaient une « victoire gigantesque ». Avant d’ajouter : « Nous demandons aux candidats d’organiser des activités de rue pour soutenir notre accusation d’irrégularité. »
Pour l’instant, sans grand résultat, hormis celui qui voit les médias nationaux mais aussi internationaux, de la droite assumée à la gauche la plus décervelée, dérouler le tapis rouge à tous les poncifs : « pays à l’agonie », « dérive autocratique », « régime autoritaire », « installation d’une dictature »… Car, en matière de journalisme de basse intensité, Paranagua et Bellanger, épinglés ici non en vertu d’une haine personnelle mais en tant qu’archétypes du dévoiement partisan de l’information, ne constituent hélas en rien des exceptions.

L’œuvre en cours de formatage de l’opinion est devenue telle qu’il convient désormais de remettre systématiquement en mémoire les épisodes passés pour permettre un minimum de compréhension du présent. Ainsi…
Une crise sans précédent (récent) a mis à genou le Venezuela. Le « madurisme » serait « en train d’achever le chavisme » (Marianne, 1er août 2017). Qu’est-ce à dire ? Si le pouvoir de ce pays pétrolier ne commettait aucune erreur, cela se saurait ; il serait bien le seul au monde à rendre une copie parfaite. Mais, les ratés de sa gestion n’expliquent pas tout. Des pénuries organisées et de l’accaparement des aliments, médicaments et biens de première nécessité aux conséquences désastreuses du marché noir, en passant par une inflation démente sciemment provoquée, c’est bien, depuis l’arrivée de Maduro au pouvoir, une déstabilisation économique qui sème le chaos dans le pays [3]. Elle a, affectant, décourageant et provoquant un mal-être social, enfanté la victoire de l’opposition lors des législatives de décembre 2015. Majoritaire à l’Assemblée nationale, celle-ci, en faisant prêter serment à trois députés non élus car suspectés de fraude, s’est mis en janvier 2016 dans l’illégalité, amenant depuis le Tribunal suprême de justice (TSJ) à invalider toutes ses décisions. Confronté à un tel défi à l’ordre institutionnel, aucun Etat de droit ne procéderait autrement.
 

« Prisonnier politique » emblématique, le dirigeant de Volonté populaire (VP) Leopoldo López n’a pas été condamné pour ses « opinions », mais pour avoir déclenché une vague de violence destinée à renverser le chef de l’Etat – « La Salida » (la sortie) – qui, en 2014, a fait 43 morts et plus de 800 blessés. Président du gouvernement espagnol et membre de la noble « communauté internationale » qui, de Donald Trump à Emmanuel Macron, traite le Venezuela de dictature, Mariano Rajoy a appelé López le 12 juillet dernier et l’a « félicité pour son courage » avant d’exiger, pour la énième fois, sa libération « totale » (le « dissident » effectuant désormais sa peine à domicile) [4]. Sacré Rajoy ! Le 16 octobre, accusés d’être « les principaux promoteurs et directeurs » des incidents qui se sont produits en Catalogne le 20 septembre, sans faire aucune victime mortelle, les présidents de deux associations indépendantistes, Jordi Sanchez (Assemblée nationale catalane) et Jordi Cuixart (Omnium cultural), ont été mis en examen pour sédition et placés en détention préventive. L’Union européenne s’est contentée de « discrètes critiques », trop occupée qu’elle est à menacer Caracas de sanctions.

D’avril à juillet 2017, ce n’est pas, comme l’ont dit et répété les commentateurs disciplinés de nos radios et télés, « la répression des manifestations de l’opposition » mais « la vague de violence » qui a fait plus de 125 morts. Bavures policières, mais aussi assassinat de membres des forces de l’ordre, crimes de haine dans les rangs des manifestants, citoyens lambda victimes d’accidents dus aux barricades ou assassinées pour avoir voulu les contourner ou les déblayer, protestataires se faisant sauter avec leurs propres armes artisanales ou engins explosifs, etc., la camarde a frappé tous les camps, des opposants aux chavistes et aux indifférents.

Pourtant, le 1er septembre, dans Fake News (ex-Le Monde), l’inévitable Paranagua écrit encore : « Depuis cinq mois, les manifestations de l’opposition se déroulent selon le même scénario, rappelle Mme Tamara Taraciuk [analyste de Human Right Watch sur le Venezuela]  ; les rassemblements et les cortèges commencent de manière pacifique ; les forces de l’ordre les dispersent de manière brutale ; des jeunes radicalisés s’interposent alors avec des boucliers improvisés et renvoient les grenades lacrymogènes sur les policiers ou ripostent avec des jets de pierres ou de cocktails Molotov. » Comme la représentante de l’organisation de défense des droits humains notoirement proche du Département d’Etat dont il rapporte les propos, Paranagua n’a soit jamais couvert, comme est censé le faire un journaliste, les démonstrations de l’opposition, soit ment délibérément.

Pourtant, le 1er septembre, dans Fake News (ex-Le Monde), l’inévitable Paranagua écrit encore : « Depuis cinq mois, les manifestations de l’opposition se déroulent selon le même scénario, rappelle Mme Tamara Taraciuk [analyste de Human Right Watch sur le Venezuela]  ; les rassemblements et les cortèges commencent de manière pacifique ; les forces de l’ordre les dispersent de manière brutale ; des jeunes radicalisés s’interposent alors avec des boucliers improvisés et renvoient les grenades lacrymogènes sur les policiers ou ripostent avec des jets de pierres ou de cocktails Molotov. » Comme la représentante de l’organisation de défense des droits humains notoirement proche du Département d’Etat dont il rapporte les propos, Paranagua n’a soit jamais couvert, comme est censé le faire un journaliste, les démonstrations de l’opposition, soit ment délibérément.


« Jeunes radicalisés s’interposant alors que la Police réprime avec férocité les manifestants » (Fake News – ex-Le Monde).

Photos à l’appui, on constatera sur ce site que l’inversion des séquences qu’il opère dénature sciemment les événements [5] : Garde nationale et police bolivarienne ne répriment pas les manifestations pacifiques (ni ne les provoquent en les « encageant » comme l’ont fait les forces de l’ordre françaises, suivant des ordres ineptes de leur hiérarchie, lors des défilés contre la loi Loi El-Khomri). Elles n’interviennent que quand « les jeunes radicalisés » et surtout les groupes de choc fascisants équipés pour la guérilla urbaine, loin de s’interposer pour protéger les citoyens d’une répression qui alors n’existe pas, s’émancipent de la tête du cortège et entreprennent de provoquer les affrontements.

Violence insurrectionnelle, vandalisme, énormes dommages matériels, rupture de l’ordre démocratique, tragédie humaine, refus de l’opposition de s’asseoir pour dialoguer : pour sortir de ce piège mortel, Maduro se tourne vers le peuple et convoque l’élection d’une Assemblée nationale constituante (ANC), faculté que lui donne sans aucune équivoque l‘article 348 de la Constitution [6]. L’opposition qui, en 2014, réclamait une telle Constituante, la rejette en bloc et refuse de participer à la Commission présidentielle chargée d’en élaborer le fonctionnement et le mode d’élection. Celui-ci combinera finalement un vote par circonscriptions municipales (364 membres) et un vote sectoriel (176) permettant d’élire spécifiquement : 79 travailleurs ; 28 retraités ; 24 membres des conseils communaux ; 8 paysans et pêcheurs ; 8 indigènes (élus selon leurs us et coutumes) ; 5 chefs d’entreprise ; 5 handicapés ; 24 étudiants. Tandis que la Conférence épiscopale vénézuélienne encore plongée en pleine Guerre froide dénonce « l’inscription dans la Constitution d’une dictature militaire, socialiste, marxiste et communiste », les bourreaux en col blanc du pilori médiatique s’accordent peu ou prou sur le fait que la Constituante a été « désignée grâce à un scrutin sur mesure et contraire au suffrage universel et à la Constitution ».

Hormis le dernier point, parfaitement mensonger, cette polémique mérite qu’on s’y arrête un instant. Reposant sur l’égalité impliquée par le suffrage « direct et universel » – un individu, une voix – la démocratie s’opposerait par définition à tout mode de scrutin favorisant certaines catégories de citoyens, sauvegardant ainsi la volonté du bien général face aux intérêts corporatifs, sectoriels ou particuliers. Toutefois, il ne manque pas d’analystes, généralement progressistes, pour noter, voire dénoncer, le fossé qui sépare le « monde politique » de la société. La fracture entre les électeurs et leurs représentants « professionnalisés ». Ou le mode de reproduction des élites. Beaucoup se retrouvent dans le constat suivant : « Il ne faut pas minimiser les effets de l’appartenance sociale de ceux qui concentrent le pouvoir – fût-il local – sur le contenu même des politiques qu’ils mènent. On peut en outre douter de leur capacité à représenter d’autres catégories de population que la leur, ou que celles qui savent se faire entendre d’eux… et qui sont rarement éloignées de la leur [7].  » Qui contesterait qu’en France, par exemple, la majorité « macroniste » de l’Assemblée nationale est composée de chefs d’entreprises et de yuppies issus des start-up ? Combien d’ouvriers ? Combien de paysans ? Le constat valant peu ou prou pour l’ensemble des partis.
Quand bien même le Venezuela se voudrait une démocratie « participative » et « protagonique », ce phénomène sociologique y existe également. Dès lors, ne peut-on considérer que le type de représentativité partiellement choisi pour la Constituante s’inscrit dans l’histoire des mouvements d’émancipation, riches des combats menés pour impliquer les classes populaires ? Avec des arguments philosophiques également respectables, on peut être d’accord ou non. Mais, plutôt qu’une excommunication automatique, la question mériterait un vrai débat de « philosophie politique » – en particulier chez les « rebelles professionnels », prompts à s’enflammer dès qu’il s’agit du Tiers-état de la Révolution française ou de la Commune de Paris, mais particulièrement timorés et distants dès qu’il s’agit du Venezuela d’aujourd’hui [8]. D’autant que, dans le cas présent, les arguments avancés par l’opposition ne tiennent pas.

A la veille du scrutin, d’El Universal et El Nacional (Venezuela, 16 et 29 juillet), à Clarín (Argentine, 10 juillet), La Razón (Bolivie, 17 juillet), El Espectador (Colombie, 27 juillet et 10 octobre), El Universo (Equateur, 18 juillet), El Excelsior (Mexique, 16 juillet), CNN (Etats-Unis, 10 juillet), El Nuevo Herald (Miami, 11 juillet), El País (Espagne, 8 juillet), L’Obs (25 avril), Le Point (15 juillet) et La Croix (16 juillet), sans parler de Fake News (ex-LeMonde, quasiment un jour sur deux !), le club planétaire de la pensée conforme diffuse avec délectation ou inconséquence les chiffres de l’institut de sondage vénézuélien Datanalisis : « Près de 70 % des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80 % d’entre eux dénoncent la gestion du chef de l’Etat. »
Dans ces conditions, et avec un tel rapport de forces, comment imaginer un seul instant que même dans des collèges d’ouvriers, de paysans, de chefs d’entreprises, d’étudiants (fers de lance supposés des manifestations !), ou, sur le plan territorial, dans les plus modestes des « municipios » [9], l’opposition ne puisse obtenir des élus, voire même une majorité ? A moins, bien sûr, que les fameuses estimations reprises unanimement par la sélecte confrérie du bourrage de crâne ne relèvent de la plus extrême fantaisie… Ce qu’on n’ose imaginer.
 En réalité, en refusant de participer au scrutin et de siéger dans la Constituante, l’opposition a commis la même erreur qu’en 2005 ou, en ne présentant aucun candidat aux législatives du 4 décembre, elle s’était exclue de la représentation à l’Assemblée nationale pour cinq années – ce que les plus lucides de ses dirigeants ont ensuite amèrement regretté et critiqué.
 

Le 30 juillet, jour de l’élection de l’ANC, non seulement la MUD boycotte le scrutin, mais ses dirigeants les plus radicaux appellent à le saboter. Dans le cadre d’une grève générale (non suivie !) de deux jours, Freddy Guevara, principal porte-parole du parti Volonté populaire, incite les Vénézuéliens à « rester à la maison ou à sortir uniquement pour ériger des barricades ». Dans les quartiers des classes aisées de Caracas, épicentres des violences d’avril à juillet, les électeurs potentiels sont menacés d’agressions physiques et même de mort s’ils vont voter. Le CNE devra ouvrir dans la capitale des « bureaux d’urgence » pour permettre la participation de milliers de citoyens empêchés de le faire dans leurs circonscriptions. Au cours de cette escalade de violence qui voit, en province, des bureaux de vote attaqués à la grenade ou à coups de fusils, près de 200 terminaux de vote électronique sont incendiés (dans les Etats de Mérida Táchira, Zulia et Trujillo), un sergent de la Garde nationale et un candidat chaviste sont assassinés, vingt-et-un fonctionnaires de police blessés par arme à feu, huit gardes nationaux brûlés par un engin explosif dans le quartier caraqueño d’Altamira.


Au moins quinze morts tombent au cours de ce week-end. En vain. A la surprise générale (forcément !), 8 089 320 Vénézuéliens se rendent aux urnes pour élire leurs Constituants, soit 41,5 % de l’électorat. Une claque pour ceux qui pensaient Maduro au bord d’une tombe sur laquelle ils rêvaient d’aller cracher.

Ces chiffres seront bien sûr contestés. D’abord, semant légitimement le doute, par Antonio Mugica président de la firme Smartmatic, qui fournit le software des machines à voter. « Nous estimons que la différence entre la participation réelle et celle annoncé par les autorités est d’au moins 1 million de voix », déclare-t-il, depuis… Londres, trois jours après le scrutin


Une bien curieuse affaire… Sans jamais aucun incident, et défendant l’intégrité des résultats de douze élections successives, cette entreprise en encadre techniquement le déroulement depuis 2004 – le vote étant complètement automatisé. Dans le cas présent, non seulement Mugica sort précipitamment ses vingt employés du Venezuela et ferme ses bureaux « jusqu’à nouvel avis », mais il s’abstient de tout contact avec le CNE, son partenaire familier, avant de s’envoler pour la Grande-Bretagne, où il organise sa spectaculaire conférence de presse. Ensuite, il disparaît des radars, sans jamais avoir soumis à quiconque un quelconque rapport technique détaillé expliquant la supposée fraude « d’au moins 1 million de voix » (on admirera la précision), qui l’a réalisée et comment elle a été détectée.
 Devant ce qui demeure un (relatif) mystère, on avancera une hypothèse. Dans un contexte d’agression permanente, les Etats-Unis viennent alors d’annoncer des sanctions contre, entre autres, la présidente du CNE Tibisay Lucena pour son rôle dans l’organisation de cette élection « illégale ». « Cette action du gouvernement américain affecte également d’autres fournisseurs de notre institution qui, nous en avons connaissance, ont vu bloquer leurs comptes à l’extérieur », révélera Lucena [10]. De là à en conclure que les entreprises travaillant avec le gouvernement vénézuélien risquent de se couper définitivement du marché américain, voire d’être condamné à de très fortes amendes par la justice de ce pays, il n’y a qu’un pas – que nous franchissons (en compagnie des dirigeants de Smarmatic, manifestement)…

Trouvant sans doute le président de Smartmatic un peu mollasson, Henry Ramos Allup, député d’Action démocratique (AD, membre de la MUD) n’estime lui la participation qu’à 12 %, soit à peine 2,4 millions de personnes. Inspiré par ces savantes « expertises », le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro, la bave aux lèvres, s’empresse de tweeter : « On confirme la plus grande fraude de l’histoire latino-américaine en pourcentage et millions de votants ».Par la voix de la chef de sa diplomatie Federica Mogherini, l’Union européenne déclare qu’elle refuse de reconnaître cette ANC et annonce qu’elle est prête à « accentuer graduellement » les pressions sur Maduro. Parmi ses membres, c’est l’Espagne qui pousse le plus pour des mesures de rétorsion. Sacré Mariano Rajoy (bis) !

 

Le 16 juillet, deux semaines avant l’élection de la Constituante, l’opposition avait défié le pouvoir en organisant un plébiscite présenté avec sa mesure habituelle comme « l’acte de désobéissance civile le plus grand de l’humanité », « détonateur » de la dernière phase de la mobilisation visant à forcer le départ du chef de l’Etat. Au milieu des questions posées, la première sur le rejet de la Constituante, la dernière sur la formation d’un gouvernement d’union nationale, la deuxième attirait particulièrement l’attention : « Demandez-vous à la Force armée nationale et à tous les fonctionnaires publics d’appliquer et défendre la constitution de 1999 et de respecter les décisions de l’Assemblée nationale ? » Un appel non dissimulé à une intervention militaire.
Arrivé la veille en compagnie de quatre autres anciens présidents latino-américains en tant qu’« observateurs internationaux », le Mexicain Vicente Fox jugea que le scrutin marquait le début « du chemin vers la fin » du gouvernement Maduro.

« Le Venezuela a envoyé un message clair à l’exécutif national et au monde », déclarera deux jours plus tard la rectrice de l’Université centrale du Venezuela, Cecilia García Arocha, en précisant que 6 492 381 personnes avaient voté dans le pays et 693 789 à l’étranger (alors que 101 000 seulement y sont enregistrés par le CNE !). Permettant ultérieurement à Freddy Guevara d’annoncer une nouvelle étape de la lutte baptisée « Heure Zéro », cette consultation anticonstitutionnelle et dépourvue de valeur légale, menée sans aval ni participation du CNE, sans registres électoraux ni bulletins de vote vérifiables puisque brûlés à la fin du scrutin, se déroula dans le plus grand calme et sans intervention du « gouvernement dictatorial » [11].
 
Quel contraste avec la gestion calamiteuse par le gouvernement de droite au pouvoir à Madrid du référendum (déclaré également illégal par la Cour constitutionnelle espagnole) organisé le 1er octobre par les indépendantistes catalans. Dix mille policiers et gardes civils casqués et armés jusqu’aux dents pour garantir le maintien de l’ordre ! Des charges policières sur la foule pacifique, des écoles prises d’assaut, des dizaines de blessés, des personnes âgées en sang… En fin de journée, près de 900 manifestants auront été examinés par les services de secours (de même que près de 40 policiers). Heureusement pour lui, Rajoy n’est pas Maduro.

Dix-huit gouverneurs à cinq ! L’élection du 15 octobre confirme la tendance observée le 30 juillet. Et provoque les mêmes accusations : « Fraudes, violences, irrégularités, manipulations, extorsions et chantage destinés à nier la volonté des Vénézuéliens »… L’opposition dénonce notamment l’absence d’observateurs internationaux. Pourtant, le 4 octobre, c’est Nicanor Moscoso, le président du Conseil des experts électoraux latino-américains (Ceela), qui, en conférence de presse au siège du CNE, a confirmé que, au terme de douze audits de chacune des phases du système électoral, tant le Grand pôle patriotique que les partis d’opposition ont signé le document en manifestant la conformité.
En l’occasion fort de cinquante observateurs, dont vingt ex-présidents, vice-présidents et magistrats d’organismes électoraux dans leurs pays respectifs, le très respecté Ceela a accompagné et observé plus de trois cents scrutins, partout sur le continent (sauf aux Etats-Unis !). Son porte-parole, le colombien Guillermo Reyes qui, à Caracas, affirme que les vérifications effectuées offrent « confiance, sécurité et transparence », peut difficilement être considéré comme un redoutable gauchiste : il a été président du CNE colombien – pays où la droite monopolise le pouvoir depuis la nuit des temps ! Tous confirmeront après coup la sincérité du scrutin. Tenu dans les mêmes conditions d’ailleurs, avec les mêmes software et hardware, que celui qui a entériné la victoire de la MUD en décembre 2015.

Dans son communiqué, l’opposition met également en cause le déplacement de bureaux de vote dans les heures qui ont précédé le scrutin. Et pour cause… Il s’agit des centres où, lors de l’élection de la Constituante, des voyous à la solde de l’extrémisme ont créé le chaos et menacé les citoyens pour les empêcher de voter. Ne s’étant pas évaporés, échappant au contrôle des dirigeants de la MUD qui ont décidé de la participation à ces élections régionales, ils font peser une menace potentielle sur la journée. Raison pour laquelle le CNE déplace effectivement et à juste titre, dans sept Etats, 282 centres (sur 13 599) vers des endroits plus aisément protégés par les forces de sécurité.

A l’exception de l’opposant Andrés Velásquez qui, battu de très peu (0,26 % des suffrages) dans l’Etat de Bolívar, présente des documents susceptibles de mettre en évidence des irrégularités, l’ensemble des leaders se contentent de dénoncer « le système électoral le plus corrompu du monde » (Henrique Capriles) et d’en appeler à la communauté internationale. Et omettent évidemment de remettre en cause le CNE pour les résultats annoncés dans les Etats qu’ils ont gagné. Il est vrai que…
« Mieux encore ! Les Chavistes perdent des Etats périphériques, un peu comme s’ils concédaient quelques broutilles sans importance à l’opposition », assène Anthony Bellanger aux infortunés auditeurs de France Inter, dans sa brillante chronique du 16 octobre. S’il avait autre chose qu’un petit pois à la place du cerveau, il saurait que c’est précisément trois de ces Etats – Zulia, Táchira et Mérida – que le pouvoir, s’il avait fraudé, aurait tout fait pour contrôler.
 
Dans le Zulia, le candidat de Justice d’abord (Primero Justicia), Juan Pablo Guanipa, s’est imposé avec 51,6 % des suffrages. Principale zone pétrolière, disposant d’une sortie sur la mer caraïbe à travers le lac de Maracaibo, et donc vitale pour l’économie du pays, le Zulia, s’appuyant sur des particularités historiques et culturelles, a régulièrement manifesté des velléités de sécession. En 1863, dans le cadre de la « guerre fédérale », le général Jorge Sutherland y proclama l’Etat souverain du Zulia, qui deviendra en 1866 la République du Zulia (incorporant les Etats de Trujillo, Mérida et Táchira) avant d’être soumise.
Sans remonter aussi loin, en 2003, Julio Portillo, directeur de l’Ecole de sciences politiques de l’Université [privée] Rafael Urdaneta, le comparant au Québec et au Panamá, propose un référendum sur l’indépendance du Zulia, avec comme argument qu’il « est une Nation du fait… de ses richesses » [12]. En 2005, la directrice du département des sciences politiques de l’Université de Zulia, Lucrecia Morales, exhortera encore à détacher l’Etat de « ce gouvernement » (de Chávez) par la voie de « l’émancipation définitive [13] ».
Peu de temps avant les élections législatives tenues cette année-là, l’ambassadeur des Etats-Unis William Bromfield, lors d’une visite au gouverneur d’opposition Manuel Rosales, déclara à Maracaibo : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai vécu deux années dans la République indépendante et occidentale du Zulia [c’est nous qui soulignons], et je sais parfaitement ce qu’est un climat chaud  [14 ! » Avant d’évoquer la possible signature d’un « accord bilatéral » entre le Zulia et les Etats-Unis.
 
Situés sur la frontière colombienne, le Táchira et Mérida ont été, hors les quartiers huppés de Caracas, deux épicentres de la vague de violence d’avril à juillet 2017. La victoire des deux gouverneurs élus, Laidy Gómez (Táchira, 63,3 % des votes) et Ramón Guevara (Mérida, 51,05 %), impliqués dans l’appui à ces « guarimbas », laisse augurer une absence d’enthousiasme dans les tâches de maintien de l’ordre en cas de reprise des hostilités dans cette région particulièrement sensible. Alors que les acteurs locaux des troubles récents ont pu compter sur l’aide de paramilitaires colombiens, Laidy Gómez semble faire d’une large ouverture de la frontière avec le pays voisin une priorité, sans trop sembler se préoccuper de la contrebande des biens de première nécessité qui, dans le cadre de la « guerre économique », mine le Venezuela.

Du fait de sa continuité géographique, ce triangle stratégique (Zulia, Táchira, Mérida) pourrait déclencher une crise d’une gravité exceptionnelle si, comme l’ont fait en 2008 les riches provinces pétrolières et gazifières de la « demi-lune » en Bolivie – Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija – pour tenter de déstabiliser Evo Morales, elles venaient à refuser l’autorité du pouvoir central, organisant une quasi-sécession. Ou même si elles fermaient les yeux sur une forte pénétration paramilitaire venue du pays voisin. Ou encore si elles favorisaient la création d’une « zone libérée » d’où pourrait surgir l’appel d’un gouvernement dit « légitime » – prémisse peut-être d’un « gouvernement en exil », un Tribunal suprême de justice parallèle a déjà pris ses quartiers, à Washington, au siège de l’OEA. Ou enfin si, dans le cadre de l’éventuelle « opération humanitaire » invoquée par Washington et l’OEA, elles favorisaient une intervention également venue de Colombie.
Complotisme ? Qui peut avoir oublié les inquiétantes déclarations du directeur de la CIA, Mike Pompeo, lorsqu’il a révélé que la Colombie « est disposée à collaborer à la récupération de la démocratie au Venezuela »  ?
Bref, il eut été vital pour le PSUV de contrôler directement ces trois Etats. Mais, par pitié, ne dites pas à la mère d’Anthony Bellanger qu’il est analphabète, elle le croit chroniqueur dans la matinale de France Inter
En attendant, de fortes turbulences secouent la MUD. Déjà, les primaires organisées le 10 septembre pour choisir ses candidats, avaient engendré de fortes tensions. Minoritaires, les partis « ultras » Vente Venezuela, de María Corina Machado, et Alianza Bravo Pueblo, du maire de Caracas Antonio Ledezma actuellement assigné à résidence, avaient décidé de ne pas participer aux élections régionales « pour ne pas trahir le peuple ». Ces primaires opposèrent donc Action démocratique (de Henry Ramos Allup), Volonté populaire (de Leopoldo López et Freddy Guevara), Justice d’abord (d’Henrique Capriles), Un Nouveau temps (de Manuel Rosales), Avancée progressiste (de Luis Romero et Henry Falcón) et le Copei (d’Enrique Mendoza). Marquée par une forte abstention, la confrontation « entre amis » permit au vieux parti social-démocrate Action démocratique de rafler la plupart des candidatures grâce à sa relative modération et à son implantation en régions. Promoteur de la violence au cours des mois précédents, Volonté populaire s’effondra. Trahisons, insultes et même horions agitèrent les centres de vote. Justice d’abord accusa son ex-militant Ismael García, passé à Action démocratique, d’avoir eu recours à la fraude et à l’aide d’une bande criminelle – le Train d’Aragua – pour intimider ses adversaires. Dans l’Etat d’Amazonas, le gouverneur sortant Liborio Guarulla dénonça la MUD pour avoir séquestré le matériel électoral et imposé un candidat.
Après l’inattendue victoire chaviste, les camps en présence ne jouent plus le même jeu. La furibonde María Corina Machado accuse les « cogollos » [15] d’être complices de la fraude pour avoir accepté les conditions, imposées par le pouvoir, dans lesquelles se dérouleraient ces élections. Plus ou moins trotskiste, censé représenter la gauche politique, le politologue Nícmer Evans reproche à la MUD (la droite et l’extrême droite) de « ne pas avoir inclus le chavisme critique dans sa stratégie [16] ». Les candidats d’opposition vaincus hurlent au scandale, avec plus ou moins de conviction. Mais pas tous. Gouverneur sortant de l’Etat de Lara et candidat de la MUD Henri Falcón déclare : « De façon responsable, je dis que nous avons perdu, c’est aussi simple que ça, et il faut l’accepter parce qu’il faut aussi savoir faire preuve de courage. » Député anti-Maduro, José Guerra ne mâche pas plus ses mots : « Nous nous sommes battus nous-mêmes, nous n’avons pas été capables de mobiliser nos sympathisants ! » L’ex-premier secrétaire de la MUD, Jesús « Chuo » Torrealba, se montre particulièrement agacé : « La déclaration de la MUD me préoccupe, on n’y comprend rien. Il ne s’agit pas de croire ou de ne pas croire dans les résultats (…) Elle doit pouvoir dire ici j’ai les actes [de chaque table], ici j’ai les résultats, et ils ne coïncident pas. »
Tout comme le vice-président de son parti Action démocratique, Antonio Ecarri Bolívar – « Les résultats sont dus à l’abstention, pas à une supposée fraude » – Henry Ramos Allup constate , le 16 octobre, sur la chaîne Globovisión : « Déjà, dans l’après-midi [de dimanche], j’avais des informations m’indiquant que l’affluence des électeurs de l’opposition avait diminuée, ce qui laissait prévoir un résultat positif pour le chavisme. » Puis, interrogé sur la position du secrétaire général de l’OEA Luis Almagro, qui critique la participation aux régionales, il fait exploser une bombe (qu’on aurait dû entendre au moins jusqu’à Bruxelles, Paris et, pourquoi pas, la Maison de la Radio)  : « Je crois qu’Almagro se trompe complètement (…) Je lui recommande de reconsidérer sa position et de cesser de donner tant de leçons depuis l’extérieur. »

Pour expliquer ce spectaculaire retournement de perspective, on précisera que sur les cinq gouvernorats gagnés par l’opposition, quatre l’ont été par Action démocratique – ce qui fait de Ramos Allup le potentiel leader de l’opposition dans la perspective de l’élection présidentielle de 2018.
 
La stratégie insurrectionnelle de la MUD n’a pas payé. Alors que le pays sombrait dans la folie, l’Assemblée nationale constituante convoquée par Maduro a ramené un calme dont rêvaient une majorité de Vénézuéliens. D’une façon inattendue, l’une de ses premières décisions, la destitution de la procureure générale Luisa Ortega, passée avec armes et (surtout) bagages à l’ennemi, et son remplacement par Tarek William Saab, a permis l’enclenchement d’une lutte inédite et spectaculaire contre la corruption – fléau qui a causé un tort considérable à la révolution bolivarienne, scandalisant les citoyens, toutes tendances confondues [17]. La montée en puissance des Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP) entraînant la distribution de kits de nourriture subventionnée par le gouvernement à neuf millions de familles leur permet d’échapper aux pénuries organisées pour faire tomber Maduro, manœuvre cynique, mais également bouillon de culture du mécontentement populaire. Les menaces de Donald Trump et l’ingérence de pays de la région suscitent un viscéral rejet. « C’est juste dingue ! » : Bolivar et Chávez redeviennent plus vivants que jamais.
En un mot : malgré un contexte social et économique délicat, le cœur du chavisme s’est remobilisé.

La MUD, elle, a fait tout ce qui était humainement possible pour échouer. Pendant quatre mois, elle a jeté la classe moyenne dans la rue au nom d’une « rébellion civique » lui assurant la chute imminente de la tyrannie de Maduro. Sans résultat. La sauvagerie et les excès de ses escadrons de choc militaro-délinquants ont fini par effrayer la fraction modérée de ses partisans. Après le plébiscite du 16 juillet, Julio Borges, le président du Parlement, affirmait encore, évoquant la « partialité » du CNE : « La Constituante est inacceptable et nous ne tomberons pas dans le piège des élections des gouverneurs. » Leitmotiv : « Dans une dictature, on ne vote pas », ce serait « légitimer le régime ». Soudain, Ramos Allup, puis Freddy Guevara, changeant leur fusil d’épaule, annoncent qu’Action démocratique et que Volonté populaire participeront – de manière « tactique » pour Guevara –à ce scrutin. « Tactique » peut-être, mais tout de même… Smartmatic vient juste de dénoncer une manipulation « d’environ un million de voix » par le CNE ! Guevara s’attire des rangs de son propre camp l’accusation de « traître » et d’« opportuniste ». Ce qui n’empêche pas les autres partis de suivre le mouvement et 196 candidats d’opposition de postuler aux primaires. Amenant les « durs » à la rupture. Désarçonnant complètement militants et sympathisants, qui ne savent plus à quel Saint se vouer.


Autre malaise chez les modérés : la MUD ne propose aucun programme crédible, aucune mesure, aucune solution concrète susceptible d’atténuer la crise économique. Juste « renverser la dictature ». Qui plus est, les leaders du « G-4 » – Justice d’abord, Volonté populaire, Un Nouveau temps, Action démocratique – les yeux rivés sur la présidentielle de décembre 2018, passent leur temps à se faire des croche-pieds. Annoncent qu’ils dialoguent avec le pouvoir, mais attention, sans dialoguer. Vivent luxueusement dans des avions volant entre Caracas, Lima, Washington et Bruxelles, où ils quémandent des sanctions et l’asphyxie… économique du pays. Voire même une intervention, certes « humanitaire », mais tout de même un peu militarisée… Chez les chavistes, on parle de « trahison de la patrie » – ce qui fait hurler la bien-pensance planétaire – , mais, chez les plus raisonnables des anti-Maduro, la démarche choque et inquiète : la réponse à la crise qui les affecte aussi se situe peut-être ailleurs, non ? Comme leurs compatriotes « bolivariens », ils aimeraient bien un minimum de raison et un peu de tranquillité.
 
15 octobre. La diabolisation permanente du CNE a atteint son but (même si ce n’est pas le moment !) : elle incite nombre d’opposants à s’abstenir de voter. Les divisions et trahisons lors des primaires ont laissé des traces : les mécontents du candidat demeuré en lice restent également à la maison. Les enragés de Maria Corina Machado crachent sur tout le monde. Par rapport aux législatives de décembre 2015, la MUD perd trois millions de voix. Pas en raison de fraudes, du fait d’un vote sanction.
Comme il se doit, ses dirigeants avaient annoncé qu’en aucun cas leurs cinq élus ne prêteraient serment devant l’Assemblée nationale « prostituante », démarche exigée par le pouvoir. Mais, pour les intéressés, c’était prendre le risque, comme l’Assemblée nationale l’a fait depuis janvier 2016, de se retrouver hors-jeu. Le 23 octobre, dynamitant la MUD, les quatre gouverneurs d’Action démocratique – Laidy Gómez (Táchira), Alfredo Díaz (Nueva Esparta), Ramón Guevara (Mérida) y Antonio Barreto Sira (Anzoátegui) – ont franchi le Rubicon et, de ce fait, pourront exercer leur fonction. Seul Juan Pablo Guanipa (Justice d’abord), élu dans le Zulia, a refusé de reconnaître la légitimité de l’ANC et risque donc de voir son élection invalidée.
En apprenant la nouvelle de cette victoire hautement symbolique, le président Maduro s’est prononcé avec mesure à la radio et à la télévision : « J’ai appelé tous les gouverneurs d’opposition et je leur ai dit qu’on tourne la page. Je leur tends la main pour qu’on travaille ensemble. Dieu fasse qu’on puisse maintenir ce climat de bonne volonté. » Pas sûr qu’il soit entendu par tous. Evoquant les quatre gouverneurs, Leopoldo López les a accusés de « trahison et de tromperie ». Et la droite dure a annoncé une (nouvelle) tournée internationale pour dénoncer la tyrannie.

L’intrusion de ces opposants raisonnables troublera-t-elle le jeu ? Pas sûr. Car celui de Washington semble clair : imposer de l’extérieur ce que ses protégés sont incapables d’obtenir dans le pays. Trump accentue les sanctions économiques. A l’OEA où, le 14 octobre, il a présidé la cérémonie d’investiture d’un Tribunal de justice vénézuélien parallèle et où il manigance pour faire déférer le gouvernement vénézuélien devant la Cour pénale internationale (CPI), la dérive de Luis Almagro prend une telle ampleur que le président bolivien Evo Morales estime qu’il faudrait lui envoyer un psychiatre. Toutefois, bien que parfois gênés aux entournures par un activisme que ne lui permettent nullement les statuts de l’OEA, l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, Panamá, le Paraguay et le Pérou suivent le mouvement. Alors que chaque jour, en Colombie, tombent des dirigeants populaires sous les balles assassines, le président Juan Manuel Santos assure que la résolution de la crise du Venezuela passe par « la célébration d’élections générales » anticipées, avec « un CNE indépendant ».
Les vingt-huit Etats membres de l’UE ont récemment donné leur « accord de principe » à la mise en place de sanctions contre « le régime » de Maduro. « Il faut un retour à l’Etat de droit » au Venezuela, a affirmé de son côté le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

 Dans son édition datée du 20 octobre, le quotidien du soir Fake News (ex-Le Monde) a publié un long reportage de sa correspondante Claire Gatinois contant les tristes tribulations d’une jolie étudiante en comptabilité de Caracas qui se prostitue pour 80 reais la passe (20 euros) au Brésil, à Boa Vista (Etat de Roraima). Tonalité de l’article : « Même une vie misérable vaut mieux que le Venezuela ».
Rien, en revanche, sur le tout récent recours en nullité déposé auprès de la Cour suprême fédérale par Dilma Rousseff, visant à révoquer le pseudo « impeachment » qui a interrompu son mandat présidentiel en 2016. Un nouveau témoignage a révélé que l’ex-député Eduardo Cunha, bras droit de Michel Temer et alors président de la Chambre des députés, a reçu un million de reais (265 809 euros) afin d’acheter le vote de députés pour obtenir sa destitution.
Rien non plus, jamais, sur les femmes des quartiers populaires (et autres) qui, au Venezuela, votaient hier Chávez et aujourd’hui Maduro.

http://www.medelu.org/Insoumission-venezuelienne

 

Notes

[1] Le PSUV a gagné les Etats d’Amazonas, Apure, Aragua, Barinas, Bolivar, Carabobo, Cojedes, Falcón, Guárico, Lara, Miranda, Monagas, Portuguesa, Sucre, Trujillo, Yaracuy, Delta Amacuro, Vargas, et a reconnu sa défaite dans les Etats d’Anzoátegui, Mérida, Táchira, Nueva Esparta et Zulia.

[2] Capriles aurait bénéficié de pots-de-vin de la part d’Odebrecht, le grand groupe de BTP brésilien impliqué dans un scandale qui touche des fonctionnaires et hommes politiques de toutes tendances dans douze pays d’Amérique latine et d’Afrique.

[3] Lire Mémoire des luttes, « La guerre économique pour les nuls (et les journalistes) », 11 août 2017.

[4]  ABC, Madrid, 12 juillet 2017.

[5] http://www.medelu.org/Au-Venezuela-la-fable-des

[6] Article 348- L’initiative de la convocation de l’Assemblée nationale constituante pourra être prise par le président ou la présidente de la République en conseil des ministres, l’Assemblée nationale avec l’accord des deux tiers de ses membres, les conseils municipaux réunis en conseil municipal avec l’accord de deux tiers de leurs membres ou de 15% des électeurs inscrits sur les listes électorales.

[7] Michel Koebel, Le Monde diplomatique, janvier 2014.

[8] D’autres réflexions et propositions existent de par le monde, telles, par exemple, celles du politologue américain James Fishkin qui suggère notamment la formation de comités, d’assemblées de citoyens tirés au sort et statistiquement représentatifs, ayant compétence pour se prononcer sur des dossiers compliqués.

[9] Hormis le vote sectoriel, 364 des Constituants ont été élus sur la base d’un par commune, deux pour les capitales des provinces et sept pour Caracas.

[10]  Misión Verdad, Caracas, 3 août 2017.

[11] Seule exception notable, une fusillade provoqua la mort d’une femme devant un bureau de vote situé dans l’ouest de Caracas. Supposément « chaviste », le présumé coupable a depuis été arrêté.

[12]  La Verdad, Maracaibo, 26 octobre 2003.

[13]  La Jornada, Mexico, 11avril 2007.

[14]  Ibid.

[15] Terme péjoratif venant de la IVe République : les notables de la direction des partis.

[16]  BBC Mundo, Londres, 16 octobre 2017.

[17] Lire « Comment le nouveau procureur général Tarek William Saab a repris et accéléré la lutte contre la corruption au Venezuela, Venezuela Infos, Caracas, 21 octobre 2017 – https://venezuelainfos.wordpress.com/




 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 14:25

2 août, peu après la forte mobilisation citoyenne qui s’est manifestée lors de l’élection d’une Assemblée Constituante, les vénézuéliens ont pu voir sur Globovision (une des télévisions privées majoritaires dans le pays) Henry Ramos Allup, un des plus belligérants leaders de l’opposition, déclarer: « nous avons décidé de participer aux élections régionales, à celles des maires et aux présidentielles. » (1). Un secteur important de la droite se démarque publiquement des violences de l’extrême droite de Leopoldo Lopez et admet la validité du Centre National Électoral (qu’il dénigrait jusqu’ici comme instrument chaviste). Légitimer le retour à la voie démocratique préconisé par le président Maduro ? Le storytelling distillé à toute heure, tous les jours et par tous les moyens, et auquel croient par conséquent dans leur quasi totalité les citoyens occidentaux, commence à tourner dans le vide.

Plus le temps passe, plus le mammouth de la concentration mondiale des médias éprouve des difficultés à empêcher la diffusion d’éléments qui lui échappent. L’image d’une guerre civile ou celle d’une opposition démocratique en lutte contre un régime répressif ne tient plus. On sait que la majorité des victimes a été causée par les violences de l’extrême droite (2), que cette violence est confinée à quelques pour cents du territoire – zones riches ou paramilitarisées (municipalités de droite et frontière avec la Colombie), que la grande majorité vit en paix et rejette ces violences, y compris parmi les électeurs de droite (3). Le « régime » (en réalité un gouvernement élu) a arrêté et jugé rapidement les membres des forces de l’ordre qui ont fait un usage excessif de la force (4).

« Je ne comprends pas pourquoi Maduro ne se dépêche pas d’adopter la constitution de l’Arabie Saoudite pour faire plaisir au gouvernement états-unien ».

Il faut aussi détruire le périlleux exemple d’une Assemblée Constituante. Alors que ce 4 août des militants chavistes, féministes, écologistes, militants de la culture populaire ou contre la spéculation immobilière étrennent à Caracas leurs sièges de députés constituants (5), les grands médias dénigrent le suffrage des vénézuéliens en relayant les dénonciations de « fraude » lancées depuis Londres par le directeur de Smartmatic – une société commerciale qui a fourni les machines du Centre National Electoral (CNE) mais n’a pas accès aux données du vote (6).

Les médias ne mentionnent pas une source bien plus sérieuse. Après avoir observé le scrutin sur place, le Conseil des Experts Électoraux d’Amérique Latine (CEELA) formé de juristes et d’ex-présidents des tribunaux électoraux de plusieurs pays d’Amérique Latine, conclut que « le résultat des élections au Venezuela est véridique et fiable. » Le CEELA précise que le Conseil National Électoral (CNE) a employé « le même système qu’il a utilisé pour toutes les élections, y compris celles de 2015 où l’opposition a remporté la majorité des sièges à l’Assemblée Nationale ». Ce système électoral, qualifié par l’observateur Jimmy Carter de « meilleur du monde » (7) permet à « toute personne de vérifier que ceux qui sont venus voter étaient bien les 8.089.320 annoncés par le CNE » (8)

Une des conséquences de la vitesse émotionnelle, de l’instantané satellitaire, de l’absence de contexte, etc.. qui caractérisent toute campagne de propagande s’appelle l’obligation de moyenne. D’un côté mille médias nous martèlent exactement la même version, de l’autre le Venezuela réel reste lointain, difficile d’accès. La plupart des citoyens, intellectuels ou militants en sont réduits à faire une moyenne forcément bancale entre l’énorme quantité de mensonges quotidiens et une minorité de vérité. Ce qui donne, dans le meilleur des cas : « il y a une lutte entre blocs, il y a des problèmes de droits de l’homme, une symétrie de la violence, une guerre civile, je condamne la violence d’où quelle vienne, etc.. ». Et dans le pire, ce plaisir lâche de répéter les titres de 99,9 % des médias sans rien connaître du Venezuela, de crier avec la meute pour se sentir puissant, de montrer du doigt et de faire la chasse aux « suppôts du dictateur ». En France surtout, mais aussi en Espagne, le Venezuela est remplacé par un écran blanc pour projections privées et règlements de compte entre courants politiques. Le problème est que la quantité de répétition, même si elle crée une qualité d’opinion, ne fait pas une vérité en soi. Le nombre de titres ou d’images identiques pourrait d’ailleurs être mille fois plus élevé, cela ne signifierait toujours pas qu’on nous parle du réel.

Comment, dès lors, nous reconnecter au réel ? Quand le Mouvement des Sans Terre du Brésil, comme l’ensemble des mouvements sociaux (9) et les principaux partis de gauche d’Amérique Latine (10) ou 28 organisations vénézuéliennes des droits humains (11) dénoncent la déstabilisation violente de la démocratie vénézuélienne et soutiennent la mobilisation des citoyens pour élire une assemblée constituante, on dispose d’un large éventail d’expertises provenant d’organisations démocratiques. C’est-à-dire de sources directes et d’une connaissance plus profonde de la réalité que la « moyenne » d’un « science-po » européen obligé de préserver un minimum de respectabilité médiatique pour protéger sa carrière.

Pour ne pas laisser assassiner Salvador Allende sans le savoir et ne pas agresser ceux qui rejettent la fièvre de la propagande et dont on découvrira demain qu’ils avaient raison sur le Venezuela, la société occidentale a besoin d’une démocratisation radicale de la propriété des médias – le développement du pluralisme de l’information est en France l’obligation légale du CSA – (12) et parallèlement à la création et à la multiplication de médias hors marché, qu’ils soient publics ou associatifs, de développer de nouvelles écoles ou seront rétablis comme facteurs centraux d’un journalisme au service des citoyens : le temps d’enquête, l’acquisition d’une culture historique, la possibilité de voyager sur place (13) et l’écoute d’un secteur aussi vivant que les mouvements sociaux.

Thierry Deronne, Caracas, le 4 août 2017

Photos (invisibles dans nos médias et pour cause..) : l’Assemblée Constituante s’installe au Congrès, à Caracas, le 4 août.

s’installe au Congrès, à Caracas, le 4 août.

Notes

  1. Voir l’interview complète par la télévision privée Globovision : https://www.youtube.com/watch?v=9unGt_pSCnM. Au Venezuela la majorité des médias, comme l’économie en général, sont privés et s’opposent aux politiques sociales du gouvernement bolivarien. Lire : Thomas Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France Culture, http://wp.me/p2ahp2-1M7
  2. Pour un graphique et un tableau précis et complet des victimes, des secteurs sociaux, des responsables et des personnes condamnées, voir https://venezuelanalysis.com/analysis/13081; Sur les assassinats racistes de la droite : Sous les Tropiques, les apprentis de l’Etat Islamique 27 juillet 2017 ; Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out) 24 juillet 2017
  3. Sur les sondages de la firme privée Hinterlaces : Nouveaux sondages surprises au Venezuela (juillet 2017) 25 juillet 2017
  4. Sur l’arrestation de membres de forces de l’ordre, voir Droits de l’Homme au Venezuela : deux poids, deux mesures 17 juillet 2017 et un tableau complet sur : https://venezuelanalysis.com/analysis/13081
  5. Sur la mobilisation citoyenne pour élire la Constituante : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/08/01/photos-medias-contre-droit-au-suffrage-des-venezueliens/ et sur les candidats et enjeux de cette assemblée, on peut lire entre autres : Quels sont les enjeux du vote du 30 juillet pour l’Assemblée Nationale Constituante ? 28 juillet 2017, De qui ont peur les Etats-Unis et la droite mondiale ? 28 juillet 2017, Génération « chaviste rebelle » : les visages et les voix des candidat(e)s député(e)s à la Constituante, par Angele Savino (L’Huma) 27 juillet 2017.
  6. Voir « Le CNE rejette les allégations de fraude », http://www.cne.gob.ve/web/sala_prensa/noticia_detallada.php?id=3554
  7. « Former US President Carter: Venezuelan Electoral System “Best in the World” », https://venezuelanalysis.com/news/7272
  8. Informations données en conférence de presse du CEELA et reprises par El Universal (journal d’opposition) http://www.eluniversal.com/noticias/politica/ceela-sistema-electoral-venezuela-confiable_90933
  9. Réunion de mouvements sociaux du Brésil, avec liste de signataires : http://baraodeitarare.org.br/index.php?option=com_content&view=article&id=1571:comite-brasileiro-pela-paz-na-venezuela-lanca-manifesto&catid=12:noticias&Itemid=185
  10. Les partis de gauche et les mouvements sociaux d’Amérique Latine appuient un peuple qui écrit sa constitution à la barbe de l’Empire. 21 juillet 2017
  11. 28 organisations des droits humains demandent le respect du droit au suffrage pour l’Assemblée Constituante 29 juillet 2017
  12. C’est en effet, selon la loi, une des obligations du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). La loi française n° 86-1067 du 30 septembre 1986 modifiée et complétée, relative à la liberté de communication (et qu’on aimerait voir appliquer) dit : ARTICLE 29 : … Le CSA veille, sur l’ensemble du territoire, à ce qu’une part suffisante des ressources en fréquences soit attribuée aux services édités par une association et accomplissant une mission de communication sociale de proximité, entendue comme le fait de favoriser les échanges entre les groupes sociaux et culturels, l’expression des différents courants socioculturels, le soutien au développement local, la protection de l’environnement ou la lutte contre l’exclusion…
  13. L’entrée en force de grands actionnaires privés dans le champ médiatique a entraîné des coupes claires dans les budgets internationaux avec pour conséquence la suppression des correspondants étrangers et la dépendance accrue d’agences comme l’AFP, Reuters ou EFE. Or celles-ci ont récemment blanchi le terrorisme d’extrême droite en le relookant comme un « combat pour la liberté » (Reuters) ou ont fait passer les photos d’électeurs chavistes pour des électeurs de droite (EFE).

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-38L

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:26

Election Constituante réussie au Venezuela: un sacré bras d'honneur !

par Bernard Tornare 31 Juillet 2017, 11:46

Election Constituante réussie au Venezuela: un sacré bras d'honneur !

Par VICTORAYOLI

http://b-tornare.overblog.com/2017/07/election-constituante-reussie-au-venezuela-un-sacre-bras-d-honneur.html

Malgré les actions meurtrières menées par quelques milliers de nervis fascisant à la solde des grands propriétaires et de la bourgeoisie nantie, avec le soutien actif des États-Unis, les élections pour la mise en place d’une Assemblée Constituante se sont bien déroulées au Venezuela. Avec un fort soutien populaire. C’est déjà une énorme victoire pour la démocratie dans ce pays.

Ce n’est évidemment pas ce que nous assènent à longueur d’antennes les me (r) dias à la solde de quelques milliardaires. Ces mé (r) dias ne sont pas à un paradoxe près – plus c’est gros, plus ça marche – lorsqu’ils s’offusquent de la tenue d’élections ! L’élection au suffrage universel n’est-elle pas l’essence même de la démocratie ?

Plutôt que de subir ce bourrage de crâne, essayons de comprendre. Et tout d’abord, quels sont les objectifs de cette Assemblée Nationale Constituante (ANC) tant honnie par la droite vénézuélienne et tant démonisée par les mé (r) dias internationaux ?

En voici les thèmes prioritaires :

- La paix. Une convocation au dialogue national pour contenir la violence, reconnaissant la nouvelle réorganisation de l’État, rétablissant la coordination des pouvoirs publics, et pour garantir le plein fonctionnement de l’État démocratique.

- L’amélioration du système économique national vers un « Venezuela puissance », qui développera un nouveau modèle d’économie post-pétrolière, mixte, productive, diversifiée, intégratrice. Créatrice d’outils pour dynamiser le développement des forces productives, ainsi que d’un nouveau modèle de distribution transparent qui puisse satisfaire aux besoins de toute la population.

- La constitution des Missions et grandes Missions Socialistes, assurant le développement de l’État démocratique, social, de droit et de justice, vers un État du Suprême Bonheur Social. Faire croître le droit à la pleine jouissance et au plein exercice des droits sociaux du peuple.

- L’élargissement des compétences du système judiciaire, pour en finir avec les crimes et délits impunis, particulièrement ceux commis contre les personnes, ainsi que ceux qui sont commis contre la Patrie et la société, comme la corruption, la contrebande aggravée [contrevenant à la loi dite des « Precios Justos », Prix Justes, NdT], la spéculation, le terrorisme, le trafic de stupéfiants, la promotion de la haine sociale et l’ingérence extérieure.

- La démocratisation des nouvelles formes de la démocratie participative et protagoniste, à partir de la reconnaissance des nouveaux acteurs du Pouvoir Populaire, comme les Communes et les Conseils communaux, les Conseils de Travailleurs/Travailleuses, ainsi que les espaces territoriaux et sociaux d’organisation.

- La défense de la souveraineté nationale et la protection de la Nation contre l’intervention étrangère, en élargissant les compétences de l’État pour préserver la sécurité des citoyens, assurer la garantie de l’exercice intégral des droits humains, la défense de l’indépendance, la paix, l’immunité et la souveraineté politique, économique et territoriale du pays. La consolidation d’un monde multipolaire et polycentrique qui garantisse le respect du droit et de la sécurité au plan international.

- Le caractère pluriculturel de la Patrie, développant les valeurs spirituelles et reconnaissant toutes et à tous comme citoyens vénézuéliens, dans leur diversité ethnique et culturelle, comme garantie de cohabitation pacifique, contre la haine sociale et raciale d’une minorité de la société.

- Les droits de la jeunesse, l’utilisation libre et consciente des technologies de l’information, le droit à un travail digne qui libère leur créativité, la protection des jeunes mères, l’accès à un premier logement, et la reconnaissance de leurs goûts et de leur pensée.

- La préservation de la vie de la planète, en protégeant la biodiversité et le développement d’une culture écologique.

La moitié des représentants seront élus dans les circonscriptions électorales ordinaires. L’autre moitié sera élue par et parmi huit groupes spécifiques de « travailleurs », « agriculteurs », « employeurs », etc. Voilà la « terrible dictature qui menace le pays » !

La partie la plus riche de la population ainsi que les lobbies et les gouvernements étrangers ont essayé d’empêcher ou de saboter cesélections. Les États-Unis ont utilisé divers modes de pression économique contre le gouvernement vénézuélien, y compris la guerre économique et l’augmentation des sanctions. L’opposition a organisé de violents rassemblements de rue, a attaqué des institutions et les partisans du gouvernement, a appelé à des grèves générales, a même assassiné un candidat..

La violence qui sévit au Venezuela n’est pas due à une action spontanée de l’opposition, mais à la mise en œuvre d’un plan concocté par les « stratèges » de la CIA et qui a vu le jour depuis, au moins, mai 2016. Il suit le scénario des révolutions de couleur mises en œuvre par la force, par les États-Unis, dans plusieurs pays (Ukraine, Géorgie, etc.) au cours de la dernière décennie. L’approvisionnement en armes et le soutien mercenaire de l’opposition arrivent par les pays voisins, notamment Colombie et Mexique.

Mais l’opposition que les me (r) dias nous montrent n’est vivace que dans les couches les plus riches de la population et seulement dans quelques grandes villes. Les régions rurales pauvres ont vu leur situation s’améliorer sous les gouvernements socialistes et elles continuent de les soutenir Ces médias nous montrent la grande misère de ce pays, pourtant assis sur la fortune du pétrole. Avec de gros plans sur des queues pour avoir un bout de pain, des étals de magasins vides, des familles ne mangeant qu’une banane par jour, des files de « migrants » traversant la frontière colombienne, etc. Tout ça pue la manipulation. Le but, là encore, c’est de faire table rase de toutes les avancées sociales apportées par le régime de Chavez, dont la mort reste plus que suspecte, et de son successeur Maduro.

Au Venezuela, le but de toutes les manips, c’est de virer Maduro pour le remplacer par un pantin à la solde de Washington et recommencer à voler les profits du pétrole que Chavez a récupéré pour son peuple. La baisse du prix du pétrole coupe les subsides du gouvernement vénézuélien. Les propriétaires et les forces de droite du pays organisent la pénurie de biens de consommation courante, attisant ainsi la ire des populations. L’inflation devient galopante. De grandes manifestations secouent le pays, les « étudiants » de droite excitant et manipulant les sans-dents. Dès lors, on lance, à travers la presse inféodée aux forces les plus conservatrices, une pétition pour demander, comme au Brésil, la destitution du président Maduro, et on tente par tous les moyens de laisser le peuple s'exprimer avec cette élection Constituante.. Même objectif, mêmes éléments…

Derrière ces troubles, c’est le spectre d’un coup d’État orchestré par Washington qui se fait jour. Les fachos de la CIA manœuvrent pour reproduire au Venezuela leur coup du Chili. Sans effusion de sang si possible, sinon… Des armes circulent, des mercenaires se tiennent prêts. Ils doivent déjà avoir leur Pinochet en réserve. L’option de l’assassinat du président successeur de Chavez, Nicolas Maduro, est activée. La CIA et ses complices au premier rang desquels les médias, tous inféodés à la droite extrême, voudraient profiter du niveau élevé d’exposition du président au cours de ses contacts directs avec la population pour s’en débarrasser radicalement. Ils trouveront bien un « Lee Arvey Oswald »…

La CIA, la droite et l’extrême droite sud-américaine (ainsi que certains dirigeants européens) n’ont jamais digéré le virage radical vers leur émancipation de l’oppression étasunienne opérée par beaucoup d’États d’Amérique du Sud. Nostalgique des périodes où elle semait la terreur, la CIA veut prendre sa revanche sur le chavisme. Ce mouvement n’est pas exempt de reproches et notamment le fait qu'il s'est trop reposé sur la rente pétrolière, mais il a ouvert des horizons et redonné espoir à des millions de personnes, malgré un climat international particulièrement injuste et hostile à son égard.

Le camarade Chavez a tout de même de très belles choses à son actif. D’abord il a foutu dehors les compagnies pétrolières rapaces étasuniennes et européennes pour rendre à son peuple le profit de cette manne pétrolière sur laquelle son pays, le Venezuela, est assis. Ensuite il a mis ces masses énormes de pognon récupéré au service de son peuple : éducation, santé, réduction des inégalités, élimination de la grande pauvreté. Enfin il a suscité partout en Amérique du Sud des mouvements de libération politique de gauche qui se débarrassent enfin de la mainmise ultralibérale des multinationales et des officines étasuniennes.

Le succès de Chavez, une révolution en construction, c’est son pays décrété « territoire libre d’analphabétisme » par l’Unesco en 2005, c’est près de 60 000 nouveaux établissements, 55 000 enseignants incorporés chaque année, 75 000 bibliothèques, un accès gratuit à la santé avec la coopération de Cuba, la création de dispensaires et de médecins dans les banlieues et le secteur rural, la production nationale de médicaments génériques gratuits, 178 000 Vénézuéliens pauvres récupérant la vue grâce à la mission « Miracle », le traitement du Sida gratuit, 4 millions de personnes engagées dans le sport, la reconnaissance des peuples indigènes, la distribution de terres aux paysans, 3 millions d’hectares distribués, des pensions de vieillesse à plus de 20 000 agriculteurs et pêcheurs qui ont atteint l’âge de la retraite sans avoir cotisé, la nationalisation des secteurs de l’économie qui, adossée à la hausse des prix du pétrole, ont généré d’importants revenus dont bénéficie la majorité de la population. Excusez du peu !

Il va de soi que de telles réalisations au profit du peuple n’ont pu se faire qu’au détriment des parasites. On comprend dès lors que ceux-ci veuillent se débarrasser de Maduro, cet empêcheur de magouiller en rond…

La « révolution bolivarienne » n’est pas allée assez loin. Elle n’a pas su, comme la révolution cubaine, couper radicalement les ponts. Si l’on veut changer le cours des choses, il faut agir sur les structures. La nationalisation des secteurs clé, la protection contre la mondialisation libérale, la restauration de l’indépendance nationale, la consolidation d’une alliance internationale des États souverains, la mobilisation populaire pour une meilleure répartition des richesses, l’alphabétisation, l’éducation et la santé pour tous sont les différentes facettes d’un même projet progressiste. Mais de telles perspectives ne pouvaient que déchaîner la haine revancharde des nantis et susciter l’hostilité mortifère des USA. Comme Allende au Chili, Sukarno en Indonésie, Lumumba en Afrique, Mossadegh en Iran en 1953, etc. Sans oublier Chavez en 2002 qui ne dut son salut et la vie qu’à la fidélité de sa garde présidentielle et au soutien de la rue.

La tenue de ces élections est une grande victoire de la démocratie et un sacré doigt d’honneur à tous ses ennemis !

Arriba Venezuela !

Sources :

https://www.washingtonpost.com/world/national-security/trump-administration-hits-13-venezuelans-with-sanctions-in-advance-of-critical-vote/2017/07/26/d80a6ac0-721e-11e7-9eac-d56bd5568db8_story.html%22%20rel=%22external

http://www.moonofalabama.org/2014/01/libya-syria-and-now-ukraine-color-revolution-by-force.html%22%20rel=%22external

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/venezuela-quels-sont-les-enjeux-du-195474

http://www.medelu.org/La-tentative-de-coup-d-Etat-contre

http://www.wikistrike.com/2016/03/les-indices-s-accumulent-autour-de-l-empoisonnement-d-hugo-chavez-par-la-cia.html ?

http://aspensecurityforum.org/wp-content/uploads/2017/07/The-View-from-Langley.pdf

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/01/05/les-10-victoires-du-president-nicolas-maduro-en-2016-par-ignacio-ramonet/

https://red58.org/la-cia-confirma-que-está-trabajando-para-derrocar-a-venezuela-c485f0754487                          

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 15:16

Ce 30 juillet auront lieu au Venezuela les élections de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), expression de la démocratie participative et « protagonique » comme on dit au Venezuela pour exprimer le concept de souveraineté populaire. Jeudi une grande mobilisation a rempli les rues de Caracas en soutien à ce vaste chantier qui consiste à écrire une constitution pour l’enrichir de nouveaux droits et aller vers un nouveau modèle économique. Mais comment faire coller cette information, occultée par les médias, avec la fable de la « féroce répression » à laquelle la plupart d’entre nous ne pouvons que croire ?

D’abord les secteurs populaires, soit 90% de la population, ne participent pas aux manifestations de la droite et rejettent leurs violences. Ensuite il faut saisir que les news inversent la chronologie des faits : quand les manifestants pacifiques de droite rentrent chez eux, leur succèdent de manière parfaitement organisée les groupes armés qui incendient des ministères, missions sociales, des autobus, détruisent et pillent des commerces, brûlent vifs des êtres humains, tirent avec des mortiers, des grenades, des armes lourdes. La majorité des victimes est causée par ces violences. Quand les forces de l’ordre répondent à cette insurrection armée, les images de la bataille sont présentées par les journaux télévisés comme preuve de la « répression » en général, et à priori, contre des manifestants pacifiques qui ne feraient que se défendre contre un « régime ». Bref le Venezuela restera dans les annales comme un cas de manipulation majeure, plus puissante que celles qui en leur temps ont pesé sur le Chili ou sur le Nicaragua. Notons aussi – il est bon de le rappeler car cela est assez exceptionnel en Amérique Latine – que les membres de force de l’ordre qui ont désobéi en faisant un usage excessif de la force, ont été rapidement arrêtés et jugés.

Mais alors, quel est ce peuple qui résiste dans le black-out médiatique à une déstabilisation financée par la droite mondiale et appuyée par les paramilitaires d’Alvaro Uribe, quel est ce peuple qui terrifie tant les puissants du monde? L’appel et les revendications pour l’Assemblée Nationale Constituante reflètent, au bout du processus constituant, la diversité du peuple vénézuélien organisé, tant au niveau territorial que sectoriel. Il y aura donc des candidats à la Constituante de chaque municipalité du pays, ainsi que par secteurs: travailleurs et travailleuses, paysans, paysannes, pêcheurs et pêcheuses, étudiants; pensionnés et pensionnées, personnes avec un handicap; peuples indigènes; entrepreneurs et entrepreneuses; communes et conseils communaux. Il s’agit, naturellement, d’un peuple hétérogène, mais uni dans un rêve commun: la construction d’un monde plus juste. C’est cela que vise l’ANC, parce qu’à travers elle le peuple pourra débattre du système politique, économique, et social pour ainsi transformer les bases légales de l’Etat et refonder la République à partir de changements profonds.

Depuis Alba Tv nous avons interviewé trois clameurs candidates à l’ANC, dans une tentative pour montrer des exemples concrets du peuple, combattif et organisé, qui y participe de façon protagonique : un peuple conscient de son héritage historique, fort de ses apprentissages et clair dans ses objectifs.

Nous sommes en train de construire les rêves

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L’auteur-compositeur-interprète, poète et écrivain Gino González, né au début des années 60, appartient à cette génération et à ce militantisme politique qui  a rêvé  collectivement et participé aux débuts du processus bolivarien, et qui continue à le construire.  » Je viens du peuple que je suis, des circonstances historiques qui m’ont correspondu, du moment où j’ai vécu » raconte Gino. « Je suis né et j’ai grandi dans une famille pauvre, d’origine paysanne, du Socorro (Etat de Guárico). Depuis l’adolescence j’ai participé à la lutte révolutionnaire, à la fin des années 70 et ensuite au long des années 80 et 90, à Valle de la Pascua, à Carabobo et au Socorro. Un militantisme politique et une activité révolutionnaire durant toutes ces années devait inévitablement et, de manière très heureuse, coïncider avec la lutte révolutionnaire impulsée par le Commandant Chávez, née au sein des Forces Armées mais qui ensuite a eu une connexion hors de la caserne vers les autres courants révolutionnaires de l’époque. Je me suis inséré alors dans cet appel, dans les conglomérats collectifs, et après nous avons construit ensemble les propositions, le sentiment et les arguments de la Révolution Bolivarienne: révolution que notre Commandant Chávez a menée , et que continue de mener le camarade ouvrier Nicolás Maduro et que chaque jour nous affinons. Nous comprenons que ce n’est pas un chemin court, qu’une transformation fondamentale, comme la culture générale, n’est pas facile. Mais nous y allons ».

Participer à la Constituante en ce moment, c’est une conséquence inévitable » affirme Gino González « parce que les pauvres, à travers l’histoire, nous avons toujours laissé la politique aux autres. Ils nous ont parlé de démocratie, mais l’unique démocratie que nous avons eue ça a été de participer majoritairement en donnant le travail, la sueur, en donnant les morts dans les guerres, en donnant les votes aussi pour que d’autres prennent le pouvoir: nous n’avons jamais participé réellement. De là l’importance de la proposition qu’a faite notre Commandant Chávez en 98: une assemblée constituante, en laissant façonné dans cette même Constitution le concept de démocratie participative et la possibilité du pouvoir originaire, du pouvoir constituant, pour continuer à nous construire comme patrie, à nous construire comme rêve. Aujourd’hui il y a des forces impériales qui veulent s’emparer de nous, peut-être pour nous prendre l’audace d’être libres: en cet instant d’autant plus nous devons discuter du pays que nous voulons, et nous avons besoin de le faire en paix. Malgré la grande attaque médiatique, le culot du mensonge, nous devons mener à terme cette constituante avec l’attachement, avec l’amour, avec la joie qui nous caractérise et avec la force historique bolivarienne. »

Candidat pour le secteur de l’économie populaire indépendante, Gino González met en lumière comment l’indépendance politique, la possibilité d’être un peuple maître de son propre destin est indissolublement liée à l’indépendance économique. Cela requiert non seulement des dépasser le modèle rentiste, mais aussi de démocratiser le système productif, explique Gino, en empêchant les monopoles et de créer les conditions pour que le Venezuela se transforme en « un peuple réellement en production, dans tous les sens. Nous remplir d’artisans, d’entreprises d’aliments, de petits paysans, de fermes, de tout. Voilà des idées dont il faut discuter avec les gens, avec celui qui produit et avec nous comme pays: de là doivent surgir les propositions concrètes ».

Pour un socialisme féministe

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María J. Berríos, membre du Mouvement Femmes pour la Vie, est candidate à l’ANC pour le secteur des pensionnés et pensionnées, appuyée par la Plateforme Populaire Constituante et le Réseau  » l’Araignée Féministe ». María J. fait aussi partie de la diversité du peuple organisé qui est à l’origine et a donné vie à la Révolution Bolivarienne. « Mon militantisme a commencé à 19 ans, avec les groupes chrétiens de base, la théologie de la libération: à partir de là j’ai compris le socialisme, et mon militantisme politique a commencé, et a continué toujours dans les mouvements sociaux » raconte María J., racontant comment au travers du travail communautaire elle entre en contact avec la réalité des femmes en situation de violence. Femmes pour la Vie a son origine là, en 1992, à Barquisimeto. « A cette époque il n’y avait aucune loi qui nous protège en ce sens: c’était seulement notre parole et l’accompagnement des femmes [1] » raconte María J.,  » ainsi, les années 90 ont été marquées pour nous par la lutte contre la violence envers les femmes, ainsi que contre la mise en oeuvre des politiques néolibérales dans nos communautés et pour survivre à la pauvreté extrême. Nous nous sommes engagées dès le premier instant dans le processus chaviste, depuis qu’on a connu Chávez en 1992. » Aujourd’hui Femmes pour la Vie a grandi, c’est un mouvement dont font partie plus de femmes, profondément lié à la Communauté Ataroa et d’autres communautés voisines.  » Notre travail dans les Communes est ce que nous croyons que doit être le socialisme. Là nous, nous approfondissons le thème de la dépatriarcalisation des communautés, en encourageant les Comités de Femmes et l’Egalité de Genre » explique María J. Berríos.

En ce moment nous sommes dans un engagement total pour la Constituante, vue comme un processus de débat et de renforcement du pouvoir populaire, du pouvoir communal, mais aussi pour rendre visible l’agenda des femmes » soutient María J. Berríos, notant que malgré toutes les avancées obtenue en révolution, il y a toujours de nombreuses dettes historiques et des taches en attente. Par exemple, souligne María J., le fait que les femmes n’apparaissent ni comme secteur ni comme sujet, dans la convocation à la Constituante est un reflet patriarcal: « donc, nous devons travailler dur » note-t-elle.

Parmi les propositions figure la dépatriarcalisation de la société, comme principe constitutionnel: l’élimination du système d’oppression patriarcal, allié du système capitaliste, c’est une mesure nécessaire pour pouvoir construire un socialisme féministe. Un autre élément est la reconnaissance de l’attention et la protection sociale comme un droit de l’homme universel dans toutes les étapes de la vie, qui doit être garanti à travers la corresponsabilité de la famille, la communauté, la société dans son ensemble et l’Etat. Pour le débat constitutionnel est proposé aussi l’approfondissement des droits sexuels et reproductifs: l’obligation et le droit à une éducation sexuelle dans toutes les étapes de la vie, l’inclusion de l’accouchement humanisé comme droit constitutionnel, le droit à l’accès au contraceptifs, la légalisation de l’avortement. Ce dernier point est une des principales dettes historiques de la révolution en ce qui concerne les droits des femmes: « je crois que le moment est approprié pour donner ce débat, à partir de nos réalités, nos ressentis, les expériences de milliers de femmes qui sont passées par cette difficile situation » dit María J. Berríos.

Le peuple fait pouvoir

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José « Yoda » Solorzano, né en 1984 appartient à la génération de jeunes qui a commencé sa participation politique dans la révolution bolivarienne. Yoda est une des clameur de l’organisation populaire « Communautés au pouvoir – Projet Notre Amérique » (CAM-PNA), qui participe aux élections de l’ANC depuis le milieu territorial. « Je suis né dans la vallée insurgée de Caracas, depuis mes ancêtres rebelles et guerriers » raconte Yoda « originaires des cumbes de noirs et d’indiens rebelles de la Sierra Falconiana et des indiens des plaines à l’esprit indomptable, comme les lanciers qui ont accompagné Boves et ensuite bolivar – quand celui-ci a compris que la lutte était avec les descamisados – et Zamora au cri de « horreur de l’oligarchie ». Je me sens héritier du courant historique et social de lutte de notre Amérique, de revendication des peuples exclus, de l’héritage indigène et de l’héritage afro-descendant marron que nous avons. Ma famille fait partie de ces millions de vénézuéliennes et vénézuéliens qui ont lutté avec leur cœur et amour pour que Chávez soit une réalité concrète au pouvoir, et le Venezuela une espérance pour construire un monde meilleur, depuis la perspective de faire et dire de la politique depuis le pouvoir aux pauvres. »

« Depuis qu’a commencé le processus révolutionnaire, nos méthodes de lutte ont changé: plus que résister au système capitaliste, nous avons commencé à construire un nouveau mode de vie. Dans notre cas ça a commencé par le culturel, comme exercice pour construire petit à petit un  autogouvernement dans nos communautés, un autogouvernement communal » dit Yoda, qui fait partie de l’expérience communautaire culturelle et productive de la Maison des Mouvements culturels « la Minka » à La Pastora (Caracas). « Dans cette tache que nous construisons chaque jour, nous avons vu la nécessité de répondre à l’appel de notre président Nicolás Maduro pour l’ANC, pour construire des dialogues de paix et neutraliser le fascisme: mais aussi pour contrecarrer la contrerévolution avec beaucoup plus de révolution ».

Parmi les propositions que depuis les expériences territoriales de CAM-PNA ils apportent à la Constituante figure le rapatriement des capitaux évadés (produit de la corruption et du pillage des grandes entreprises privées) « pour les réinvestir dans ce que la révolution a su faire: dans le social, dans la santé, dans l’éducation, dans les communautés » dit Yoda. Il  propose aussi d' »encourager la production libre et associée, avec force dans la production d’aliments et connectée à un nouveau mode de vie, à l’habitat et à la commune, comme autres façons de nous mettre en relation et de produire, en générant des processus qui fassent que les enchaînements productifs soient  toujours plus souverains, et que la propriété collective soit de plus en plus importante ». Il insiste aussi sur la revendication d’un système national de santé « public, gratuit, de qualité, préventif et amoueux », contrecarrant l’accaparement du budget de la santé par les assurances et les cliniques privées. D’autres propositions sont inhérentes à l’éducation (« un projet éducatif national dans, pour et par la vie, la démocratie et l’éducation publique de qualité centrée sur l’humain »), à une nouvelle organisation territoriale (« depuis les conseils communaux, parlements communaux et communes, pour l’exercice de l’autogouvernement. Les paroisses, les municipalités et les mairies sont des figures de la politique représentative de la IV République et opèrent comme un filtre ») et à la défense intégrale du territoire.

Des exemples dangereux

Les trois expériences que nous avons présentées, constituent un petit exemple du peuple organisé qui se prépare à participer au processus constituant: entre le sectoriel et le territorial, dans tout le pays ils sont plus de 6000 à présenter leur candidature pour l’ANC. Nous avons voulu les montrer telles qu’elles sont: des hommes et des femmes de chair et d’os, conscients de l’importance historique et politique du processus bolivarien d’appropriation populaire qui s’est  renforcé tout au long de ces années de révolution, mais dont le chemin vient de bien plus loin.

Le processus de l’ANC a été, et continue d’être, absolument diabolisé par les grandes corporations médiatiques, au niveau mondial. La planète serait très différente si dans ces pays où la presse contrerévolutionnaire s’acharne le plus, ce n’étaient pas les élites de toujours qui gouvernaient et le credo néolibéral, qui fait de l’humain un commerce et qui leur permet de se maintenir au pouvoir. Ils mentent insolemment sur ce qui se passe au Venezuela, parce qu’à leurs yeux nous sommes un exemple dangereux.

Source : http://www.albatv.org/Descubra-a-quien-le-tienen-miedo.html

Traduction : Cathie Duval

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 20:57

Chers compagnons des mouvements sociaux et des organisations populaires du continent et du monde entier :

En ce moment se joue au Venezuela une grande part du destin de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est pour cette raison que toute l’artillerie de la droite internationale –en particulier les médias – se consacre à légitimer le soutien aux actions terroristes (déguisées en révolte populaire) et à rendre invisible le peuple chaviste. Les déclarations de Trump et du sénateur états-unien Marco Rubio; la participation du Secrétaire Général de la OEA, Luis Almagro, à une réunion du Sénat des États-Unis et le dernier plan présenté par les porte-paroles de la droite vénézuélienne (MUD) sont autant de signes clairs : on prépare le terrain pour généraliser une guerre civile et prendre le pouvoir politique par la force.

Au milieu de ce harcèlement sans précédent et de ce lavage de cerveau médiatique d’une intensité inouïe, le peuple vénézuélien ira aux urnes le 30 juillet pour élire ses députés à l’Assemblée Nationale Constituante. Dans ce contexte, il nous semble indispensable d’unir nos efforts de communication pour rendre visible une image différente de celle qui a été construite par les médias.

Nous lançons un appel à participer à la campagne “Venezuela Coeur de l’Amérique pour apporter notre soutien à la Révolution Bolivarienne, défendre le droit au suffrage des vénézuéliens et l’Assemblée Nationale Constituante comme processus légitime, populaire, défendu par tous los peuples qui défendent l’autodétermination, la souveraineté et la paix face à l’agression.

Outre la réalisation d’activités de rue, des manifestations de solidarité et des concentrations dans chaque pays, nous proposons une stratégie pour mener une bataille unifiée sur le web et les réseaux sociaux.

1.          La campagne débutera lundi 24 juillet –Jour de l’Intégration d’Amérique Latine, jour anniversaire de la naissance de Simon Bolivar- avec une intervention les réseaux sociaux

Entre 12 et 14h (Heure de Venezuela) nous posterons des messages de soutien avec les étiquettes #VenezuelaCorazóndeAmerica y #VamosConLaConstituyente.

–   Nous répèterons l’opération de 19 à 21 h (Heure de Venezuela).

  • Pendant toute la journée nous diffuserons le document envoyé en fichier joint. Nous invitons à envoyer votre adhésion à la campagne au courriel venezuelacorazondeamerica@gmail.com

2.   Réaliser des vidéos sur les portables (máximum 30 secondes) avec : prénom, organisation, pays, avec votre point de vue sur l’importance de l’Assemblée Constituante pour le continent et les peuples du monde et une invitation à participer et à diffuser la campagne “Venezuela corazón de América”. Envoyer les vidéos à venezuelacorazondeamerica@gmail.com  ou au tél: +541132948521

 3.     Le 28 juillet nous unirons de nouveau nos forces sur les réseaux sociaux, de 12 à 14 h et de 19 à 21 h (heure du Venezuela) avec les étiquettes #VenezuelaCorazóndeAmerica et #VamosConLaConstituyente

 4.      Le 29 et 30 juillet nous activerons la couverture alternative des activités de solidarité qui se dérouleront dans différentes parties du monde ainsi que sur le déroulement de la journée de vote au Venezuela. Nous t’invitons à suivre le compte Twitter:  @Vzla_Corazon

Un abrazo bolivarien !!

Gonzalo Armúa

Secrétaire Exécutif

Mouvements Sociaux de l’ALBA

Tel: +541132948521

Déclaration intégrale: En route vers la Constituante

En ce moment se joue au Venezuela une grande part du destin de l’Amérique Latine et des Caraïbes. C’est bien pour cette raison que toute l’artillerie des secteurs conservateurs –en particulier les médias – se consacre à légitimer le soutien aux actions terroristes (déguisées en révolte populaire) et à rendre invisible le peuple chaviste. Les déclarations de Trump et du sénateur nord-américain Marco Rubio; la participation du Secrétaire Général de la OEA, Luis Almagro devant le Sénat des États-Unis et le dernier plan présenté par les porte-paroles de la droite vénézuélienne sont autant de signes très clairs : ils préparent le terrain pour généraliser une guerre civile et prendre le pouvoir politique par la force.

C’est pourquoi le 30 juillet nous devons livrer une bataille qui a des répercussions sur tout notre Continent Américain. En tant que mouvements populaires, ne pouvons rester immobiles.  L’Assemblée Constituante est l´outil démocratique pour défendre et promouvoir la paix face aux secteurs fascistes internationaux et locaux qui essaient de violer la souveraineté populaire. C’est un outil pour défendre et approfondir cette révolution qui livre une bataille depuis 19 ans.

Ce scrutin est non seulement est un frein à la violence fasciste et soumise, c’est aussi un exemple d’ émancipation populaire, l’expression du plein exercice de pouvoir des gens que participent, discutent et décident du destin du pays, un peuple rebelle qui, avec son président Nicolas Maduro, mène héroïquement une guerre multidimensionnelle de quatrième génération créée dans les laboratoires expérimentés de la déstabilisation de la CIA.

En cette heure que vit la Patrie Grande, où des amis et alliés d’hier aux moments victorieux se retranchent dans une critique abstraite, nous, mouvements populaires du continent, continuons à soutenir de toutes nos forces la révolution bolivarienne.

Nous sommes persuadés que c’est en ce moment précis où les peuples montrent leurs signes majeurs de libération, et il ne fait aucun doute que les vénézuéliens sont sur cette voie, que le rôle des peuples frères est de continuer à dénoncer les atrocités de la droite fasciste que les grands médias ne publieront jamais, de nous mobiliser pour démontrer que le projet bolivarien est toujours vivant dans nos cœurs, d’assumer l’assemblé constituante dans chaque parcelle de terre d’Abya yala.

Parce que le Venezuela est le coeur de ce moment historique, et qu’on peut sentir les battements du projet d´intégration révolutionnaire pour nous mener à la seconde indépendance définitive, nous déclarons le Venezuela “coeur de l’Amérique”.

Nous, peuples de Notre Amérique et du monde entier, nous continuons de lever la bannière du président Chávez, solidaires du peuple vénézuélien et défendons le gouvernement élu, légitime de Nicolas Maduro. Voilà pourquoi nous lançons la campagne “Venezuela Coeur de l’Amérique”, comme manifestation de soutien à l’Assemblée Constituante, outil démocratique, participative, populaire et révolutionnaire pour atteindre la paix.

 

En route avec l’Assemblée Constituante

Venezuela Coeur de l´Amérique

NOUS VAINCRONS !

 

ADHESIONS à venezuelacorazondeamerica@gmail.com / Twitter: @Vzla_Corazon

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 17:58

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