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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 11:54

Sommet des Amériques

Par Maurice Lemoine

 

Moment exceptionnel que ce cinquième Sommet des Amériques qui, réunissant trente-quatre nations (tous les pays de la région sauf Cuba), s’est tenu les 18 et 19 avril à Port-of-Spain, dans l’île de Trinité-et-Tobago. Après la rencontre de Mar del Plata (Argentine), en novembre 2005, au cours de laquelle des milliers de manifestants conspuèrent M. George W. Bush tandis que de fortes dissensions agitaient les pays membres, on attendait avec impatience le premier contact du « sous-continent » avec le président Barack Obama.

En ce sens, les attentes n’ont pas été déçues, la nouvelle administration des Etats-Unis opérant une franche rupture avec la condescendance, l’arrogance et l’interventionnisme de l’ère Bush. L’ambiance a été cordiale – y compris avec des pays comme le Venezuela, la Bolivie ou l’Equateur. On retiendra l’annonce faite par M. Hugo Chávez d’un rétablissement des relations diplomatiques avec Washington, suspendues en septembre 2008 par solidarité avec la Bolivie, qui avait elle-même expulsé l’ambassadeur américain pour ses liens avec une opposition alors en pleine tentative de déstabilisation de M. Evo Morales.

Toutefois, malgré l’a priori favorable manifesté par tous à l’égard du nouveau locataire de la Maison Blanche, la première puissance mondiale n’a pu imposer son agenda.

Cuba, le seul pays non invité, fut en effet très présent. L’ensemble des nations latino-américaines avaient, avant même le Sommet, insisté sur l’importance d’une normalisation des relations entre les Etats-Unis et l’île. Conscient de l’importance de cette demande pour la réussite de sa tentative de « dégel », M. Obama, dès le 13 avril, s’était employé à déminer le terrain en annonçant la levée de toutes les restrictions sur les voyages et les transferts d’argent des Cubano-Américains vers leur pays d’origine, revenant ainsi sur les mesures imposées par M. Bush en 2004. En revanche, il ne paraît pas encore disposé à lever l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba depuis 1962.

Dès le 16 avril (date anniversaire du débarquement de la baie des Cochons en 1961), marquant leur solidarité avec La Havane, les membres de l’Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)  (1), réunis à Cumaná (Venezuela), avaient défini une stratégie commune face à un projet de déclaration finale, en cours d’élaboration depuis deux ans, jugé insuffisant et inacceptable. A cette occasion, ils ont d’ailleurs approuvé et mis en œuvre (avec l’Equateur) le Système unique de compensation régional des paiements (Sucre), une monnaie virtuelle (et éventuellement physique à l’avenir) destinée à échapper au rôle hégémonique du dollar  (2).

De fait, il n’y a eu aucun consensus sur le document final du Sommet des Amériques – la « Déclaration d’engagement de Port-of-Spain » –, les membres de l’ALBA refusant, avec le soutien unanime de l’ensemble des autres pays latino-américains et caraïbes, de cautionner un texte qui ne demandait pas la levée de l’embargo imposé à Cuba. Les présidents ont annulé la cérémonie de signature de la déclaration finale et, pour sauver la face, le texte n’a été paraphé que par M. Patrick Manning, premier ministre du pays d’accueil et, à ce titre, président du Sommet.

Passés généralement sous silence par les observateurs, d’autres sujets de dissension expliquent également ce refus : l’absence de perspective claire face à la crise économique et financière déclenchée par « les banquiers aux yeux bleus », selon l’expression du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ; et, pour l’ALBA, le refus de laisser au seul G20 (dont font partie l’Argentine, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis et le Mexique) le privilège de décider des grandes affaires du monde.

Lors de la clôture du Sommet, le ministre des affaires étrangères du Brésil, M. Celso Amorim, a assuré que le président Lula considère « très difficile qu’un nouveau Sommet des Amériques ait lieu sans la présence de Cuba  (3) ».

Or, après les mesures d’assouplissement prises par l’administration Obama à l’égard de l’île, les Etats-Unis semblent considérer que la balle est maintenant dans le camp de Cuba. Le 16 avril, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton demandait la réciprocité et « pressait instamment Cuba de libérer les prisonniers politiques, de permettre le libre flux d’information et la liberté de réunion ».

A La Havane, le président Raúl Castro a déclaré que Cuba est disposé à négocier avec les Etats-Unis, « en terrain neutre, en conditions d’égalité et sans conditions ». 

On s’accordera à reconnaître que M. Obama n’a pas forcément les mains libres – la suspension de l’embargo implique un débat au Congrès, sous pression des exilés cubains affaiblis, mais toujours vivants ! – et que les relations entre les deux pays ne peuvent pas changer du jour au lendemain. La Havane, par ailleurs, ne souhaite pas précipiter le mouvement.

Néanmoins, la demande de l’ensemble des pays latino-américains (y compris Cuba) demeure parfaitement légitime : l’embargo doit être levé par Washington de manière « immédiate, unilatérale et inconditionnelle ». Dans cette affaire, avatar d’une guerre froide terminée depuis longtemps, l’agresseur a toujours été la Maison-Blanche. Dix-sept résolutions successives approuvées par l’Assemblée générale des Nations unies ont condamné cet embargo.

Quant à la volonté inébranlable du gouvernement américain, au nom des « droits de l’homme », de contraindre Cuba à renoncer à son système politique – quoi qu’on puisse penser de celui-ci –, elle fait sourire : c’est la Chine – parti unique ; contrôle total de l’information ; mille dix exécutions capitales en 2006 – qui, devenue le premier détenteur de bons du Trésor américain, finance une bonne part du déficit des Etats-Unis.

(1) Bolivie, Cuba, la Dominique, Honduras, Nicaragua et Venezuela. Le Sommet de Cumana a entériné l’adhésion d’un nouveau membre : Saint-Vincent et les Grenadines, Etat anglophone (120 000 habitants) des Petites Antilles.

(2) Lire Bernard Cassen, « Le Sucre contre le FMI », La valise diplomatique, décembre 2008.

(3) BBC Mundo, 18 avril 2009. 

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-04-24-L-Amerique-latine-cordiale - avril 2009 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 15:36

Salim Lamrani

 

            Le 13 avril 2009, Barack Obama a effectué un premier pas constructif à l’égard de Cuba en annonçant la levée de certaines restrictions affectant les Cubains résidant aux Etats-Unis. Désormais, ces derniers pourront se rendre dans leur pays d’origine sans aucun obstacle et effectuer des transferts d’argent illimités à leurs familles. Le président étasunien tient ainsi sa promesse électorale et met un terme définitif aux sanctions économiques imposées par son prédécesseur George W. Bush en mai 2004, qui limitaient drastiquement les visites des émigrés cubains vers leur pays à 14 jours tous les trois ans et réduisaient l’aide financière à 100 dollars par mois1.

            Il s’agit du premier assouplissement significatif de la politique étasunienne à l’égard de La Havane depuis près de trente ans. En effet, en septembre 1977, le président James Carter avait levé les restrictions concernant les voyages pour les Cubains-américains. Mais en avril 1982, elles furent rétablies par son successeur Ronald Reagan. Ainsi, pour la première fois depuis 1982, les émigrés cubains, à l’instar des autres minorités résidant aux Etats-Unis, vont pouvoir se déplacer sans restrictions, mettant ainsi fin à une situation cruelle qui divisait les familles et violait les droits de la communauté cubaine2.

            Obama a également élargi la liste d’articles humanitaires qu’il est possible d’envoyer à Cuba aux vêtements, produits hygiéniques et matériel de pêche. Par ailleurs, les entreprises de télécommunications étasuniennes seront autorisées à fournir leurs services aux habitants de l’île3.

            L’annonce de la Maison-Blanche intervient à quelques jours du Sommet des Amériques qui se tiendra du 17 au 19 avril 2009 à Trinidad et fait suite au mouvement unanime des présidents latino-américains – dont pas moins de huit d’entre eux ont rendu visite à La Havane depuis janvier 2009 – en faveur d’une normalisation des relations entre Cuba et les Etats-Unis, désormais seul pays du continent à ne pas avoir de relations avec le gouvernement de Raúl Castro4.

En effet, le Costa Rica et le Salvador, qui étaient les seuls pays latino-américains à ne pas avoir de liens diplomatiques avec Cuba, se sont rapprochés de l’île. Oscar Arias a annoncé le 18 mars 2009 le rétablissement des relations entre San José et La Havane après presque cinquante ans de rupture. « Si nous avons pu tourner la page avec des régimes autant opposés au nôtre que l’étaient l’Union soviétique et plus récemment la Chine, comment ne pas le faire avec un pays qui géographiquement et culturellement plus proche tel que Cuba ? », a-t-il déclaré. Il a également lancé un appel à Washington en faveur d’une normalisation des relations avec La Havane : « Obama a affirmé lors de sa campagne qu’il voulait converser avec Téhéran sans condition aucune, sans restriction aucune, et je pense donc qu’il devrait avec d’autant plus de raisons en faire autant avec le régime cubain5 ».

Le Salvador en a fait autant. L’une des premières décisions du nouveau président Mauricio Funes, qui prendra ses fonctions le 1er juin 2009, a été d’annoncer le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, suspendues depuis 19596. San Salvador ne peut pas être la seule capitale « d’Amérique latine qui n’a[it] pas de relations diplomatiques avec Cuba », a souligné Funes7.

            En mars 2009, le Congrès et le Sénat étasuniens avaient déjà temporairement suspendu les restrictions imposées par Bush pour une durée d’un an8. Obama les a définitivement éliminées le 12 mars 2009. Il s’agit sans nul doute d’un pas encourageant mais insuffisant.

            Au sein du Congrès, les initiatives en faveur d’un allègement des sanctions économiques se sont multipliées. Un projet législatif, soutenu par plus de vingt congressistes démocrates et républicains, destiné à éliminer les obstacles pour la vente de produits agricoles et permettre les transactions financières directes avec Cuba, a été déposé le 26 mars 2009 par le représentant républicain Jerry Moran du Kansas. « Vues les difficultés qu’impose la situation économique actuelle à nos producteurs, il s’agit du moment opportun pour inciter les Etats-Unis à effectuer des changements dans sa politique commerciale à l’égard de Cuba », a souligné Moran. « Cuba est un important marché pour la production agricole étasunienne, ainsi que pour les produits manufacturés et distributeurs d’aliments », a-t-il ajouté9.

            Le 3 avril 2009, sept importants membres du Congrès étasunien se sont rendus à La Havane, pour une visite de cinq jours, afin d’établir un dialogue au sujet d’un éventuel rapprochement entre les deux pays. Barbara Lee, chef du groupe de représentants, a noté qu’il était « temps de parler de Cuba ». Elle a été reçue à la fois par Raúl Castro et Fidel Castro10. « Nous sommes convaincus que le président Castro voit que la normalisation et la fin de l’embargo serait bénéfique pour les deux pays », a-t-elle ajouté. Pour sa part, le congressiste démocrate de l’Illinois Bobby Robson a exprimé la bonne impression laissée par Fidel Castro : « Il est à l’opposé de ce que les médias disent de lui. Il m’a surpris [par] son grand sens de l’humour, sa connaissance de l’histoire et sa qualité d’être humain11 ».

De son côté, le sénateur républicain Richard G. Lugar a exhorté l’administration Obama de nommer un envoyé spécial pour Cuba dans une lettre datée du 30 mars 2009, faisant référence à « une politique qui a non seulement échoué […] mais qui nuit également à nos intérêts politiques et de sécurité12 ».

            Un groupe de douze militaires de haut rang à la retraite a lancé un appel à Obama le 13 avril 2009 afin qu’il soutienne et signe le projet de loi présenté par le congressiste démocrate Bill Delahunt, qui permettrait aux citoyens étasuniens de se rendre à Cuba, en reprenant les arguments du sénateur Lugar. « L’embargo a provoqué un mouvement diplomatique significatif contre la politique des Etats-Unis. En tant que militaires professionnels, nous comprenons que les intérêts des Etats-Unis sont mieux servis quant le pays est capable d’obtenir le soutien des autres nations envers notre cause », ont-ils déclaré. « Dans le monde entier, les leaders réclament un véritable changement politique basé sur les espoirs que vous avez suscité avec votre campagne. Cuba s’offre comme l’élément le plus accessible pour démontrer ce changement et ce serait de plus une manœuvre qui resterait profondément gravée dans la mémoire de nos partenaires et rivaux du monde », ont-ils conclu13.

            Fidel Castro a réitéré la disposition de Cuba au dialogue : « Il n’est pas nécessaire de souligner ce que Cuba a toujours dit : nous ne craignons pas de dialoguer avec les Etats-Unis. Nous n’avons pas besoin de confrontation pour exister, comme pensent certains imbéciles ; nous existons précisément parce que nous croyons en nos idées et que nous n’avons jamais eu peur de dialoguer avec l’adversaire. Il s’agit de la seule façon d’obtenir l’amitié et la paix entre les peuples14 ».

            Le leader révolutionnaire a également tenu à préserver le président étasunien : « Notre pays […] n’accuse pas Obama des atrocités commises par les autres gouvernements des Etats-Unis. Il ne questionne pas non plus sa sincérité et ses désirs de changer la politique et l’image des Etats-Unis. Il comprend qu’il a livré une bataille très difficile pour être élu, malgré les préjugés séculaires15 ».

            Le président Raúl Castro en a fait de même en faisant part de sa « disposition à discuter de n’importe quel sujet, en ayant comme seules prémisses l’égalité souveraine des Etats, le respect absolu de l’indépendance nationale et le droit inaliénable de chaque peuple à l’autodétermination16 ».

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré que c’était désormais au tour de Cuba de faire un geste « réciproque ». El País, important quotidien espagnol, a immédiatement repris la position de Washington dans un éditorial : « En levant les restrictions sur les transferts d’argent et les voyages dans l’île, Obama a placé Cuba et les pays jusqu’alors les plus hostiles à l’égard des Etats-Unis dans la nécessité de répondre par un geste qui contribue également à la détente ». Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. En effet, le président étasunien n’a fait que réparer une infime partie des nombreuses injustices commises par ses prédécesseurs à l’égard du peuple cubain. Cuba ne s’est jamais immiscée dans les affaires internes des Etats-Unis, ne les a jamais agressés, n’a jamais envahi militairement le territoire étasunien, n’a jamais cherché à subvertir l’ordre établi ou renverser son gouvernement, n’a jamais imposé de sanctions économiques, n’a jamais mis en place des lois extraterritoriales, n’a jamais financé une opposition interne, n’a jamais commis d’attentats terroristes contre le peuple étasunien, n’a jamais protégé de terroristes sur leur territoire, n’a jamais fomenté l’émigration illégale, n’a jamais occupé par la force une partie de son territoire contre la volonté souveraine de leur peuple et n’a jamais diffusé de programmes subversifs en direction des Etats-Unis17.

Le maximum que puissent faire les Cubains est de prendre acte de la rectification effectuée par la Maison-Blanche. Mais ils ne peuvent s’en contenter. Si Washington veut démontrer aux yeux du peuple cubain et du monde qu’il souhaite sincèrement établir un modus vivendi avec La Havane, il doit impérativement prendre les trois décisions suivantes :

1.                              Libérer immédiatement les cinq prisonniers politiques cubains injustement incarcérés depuis septembre 1998 pour avoir infiltré les groupuscules d’extrême droite de Floride impliqués dans des actes terroristes contre Cuba. Accusés de « conspiration en vue de commettre des actes d’espionnage », Gerardo Hernández Nordelo, Antonio Guerrero Rodríguez, Ramón Labañino Salazar, René González Sehweret et Fernando González Llort ont été condamnés à un total de quatre peines de prison à vie doublées de 77 ans lors d’une parodie de procès tenu à Miami. Trois militaires de haut rang, Eugene Carroll, contre-amiral de la Marine de Guerre des Etats-Unis actuellement à la retraite, Edward Breed Atkeson, général de division de l’armée des Etats-Unis, et James R. Clapper, lieutenant général des Forces aériennes des Etats-Unis, ont certifié à la Cour que les cinq Cubains n’avaient pas réalisé d’activités d’espionnage. Le procureur lui-même a reconnu qu’« à la lumière des preuves présentées lors du procès », prouver l’inculpation de Gerardo Hernández, accusé d’assassinat, « représente un obstacle insurmontable pour les Etats-Unis ». Malgré la confession du procureur, tous les membres du juré avaient reconnu Gerardo Hernández coupable d’homicide volontaire avec préméditation, sans poser une seule question à l’accusé ou au parquet, sans exiger la moindre clarification à ce sujet. La Cour d’Appel d’Atlanta a reconnu également qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’espionnage, ni d’une atteinte à la sécurité nationale. Le 30 janvier 2009, la défense décida de faire appel auprès de la Cour suprême. Pas moins de dix Prix Nobel – José Ramos-Horta, actuel président du Timor Oriental, distingué en 1996, Wole Soyinka, écrivain nigérian récompensé en 1986, Adolfo Pérez Esquivel, Argentin Prix Nobel de la Paix en 1980, Nadine Gordimer, écrivain sud-africaine distinguée en 1991, Rigoberta Menchú, Guatémaltèque et Prix Nobel de la Paix en 1992, José Saramago, écrivain portugais récompensé pour ses œuvres littéraires en 1992, Zhores Alferov, Prix Nobel de Physique en 2000, Dario Fo, auteur italien récompensé en 1997, Gunter Grass, écrivain allemand dont les écrits ont été distingués par le prix Nobel de littérature en 1999 et Mairead Corrigan Maguire, Irlandaise Prix Nobel de la Paix en 1976– ont présenté une pétition Amicus Curiae auprès de la Cour Suprême étasunienne exigeant un procès équitable et la libération des cinq Cubains18.

2.                              Juger ou extrader vers le Venezuela, où il est recherché par la justice le terroriste international Luis Posada Carriles, responsable de plus d’une centaine d’homicides, pour les crimes qu’il a commis tout au long de sa trajectoire criminelle de près de 40 ans. Il est, entre autres, l’auteur intellectuel avec Orlando Bosch du sanglant attentat commis le 6 octobre 1976 contre l’avion commercial cubain 445 de Cubana de Aviación qui a coûté la vie à 73 personnes à la Barbade, incluant toute l’équipe junior d’escrime cubaine qui venait de remporter les jeux panaméricains, et commanditaire de la vague d’attentats qui a ensanglanté l’industrie touristique cubaine entre avril et septembre 1997, et qui a coûté la vie à un jeune Italien. En novembre 2000, il a également placé 45 kilos d’explosifs C-4 dans l’amphithéâtre de l’Université de Panama où s’étaient réunis 2 000 étudiants pour écouter le discours du président Fidel Castro. Il a été impliqué dans de nombreux autres actes criminels y compris plusieurs tentatives d’assassinat contre Fidel Castro, notamment lors de sa visite à Salvador Allende en 1971, lors de son voyage au Venezuela en 1988 et durant le second Sommet ibéro-américain de Madrid en 1992. Il est également responsable des assassinats de plusieurs fonctionnaires cubains en Argentine en août 1976 et a collaboré avec les services secrets d’Augusto Pinochet au Chili dans la disparition de nombreux opposants politiques. Il se trouve actuellement en liberté à Miami car Washington refuse de le juger pour les crimes qu’il a commis alors qu’il était agent de la CIA19.

 

3.                              Abroger la loi d’Ajustement cubain votée par le Congrès le 1er novembre 1966. Unique au monde, elle a pour but de stimuler l’émigration illégale et le vol de cerveaux et de politiser la problématique migratoire dans la guerre idéologique contre La Havane. Elle permet à tout Cubain émigrant légalement ou illégalement, pacifiquement ou par la violence, vers les Etats-Unis, d’obtenir automatiquement au bout d’un an la résidence permanente et de nombreux autres avantages. Dans le même temps, les Etats-Unis refusent d’accorder des visas aux Cubains souhaitant émigrer légalement, encourageant ainsi l’émigration clandestine et les coups de force. Le caractère criminel de cette loi est très clair. En limitant le nombre de visas accordés, Washington promeut l’émigration dangereuse qui coûte la vie à beaucoup de Cubains chaque année. Cette législation singulière pousse également les délinquants et les criminels à commettre l’irréparable pour quitter le pays, comme ce fut le cas le 3 mai 2007 lors d’une prise d’otages à l’aéroport de La Havane qui a coûté la vie au lieutenant-colonel Víctor Ivo Acuña Velásquez20.

Si Obama adopte ces trois mesures, il gagnera en partie la confiance de La Havane, élément indispensable pour une éventuelle normalisation des relations. Le gouvernement révolutionnaire répondra alors positivement à la demande de Washington du 18 mars 2009 de libérer « les prisonniers politiques », en référence aux personnes arrêtées et condamnées en 2003 pour avoir accepté les émoluments offerts par Washington, violant ainsi la loi cubaine21.

Washington n’a pas l’intention de lever immédiatement l’état de siège contre Cuba, qui empêche même l’île d’acquérir des appareils médicaux de première nécessité. Le vice-président Joseph Biden l’a confirmé le 28 mars 2009 lors de sa visite au Chili22. Il a néanmoins reconnu la nécessité d’un changement dans la politique étrangère des Etats-Unis à l’égard de La Havane23.

Pourtant, hormis huit congressistes, incapables d’accepter le cours de l’histoire et défendant les intérêts les plus rétrogrades, qui se prononcent en faveur du statu quo actuel – à savoir les représentants républicains Ileana Ros Lehtinen (Floride), Mario Díaz Balart (Floride), Lincoln Díaz Balart (Floride) et démocrates Kendrick Meek (Floride), Debbie Wasserman-Schultz (Floride), Albio Sire (New Jersey) ainsi que les sénateurs Bob Menéndez (démocrate / New Jersey) et Mel Martinez (républicain / Floride) –, l’immense majorité des acteurs de la société étasunienne, à commencer par l’opinion publique, est en faveur d’une normalisation des relations avec Cuba. Selon un sondage de la chaîne étasunienne CNN du 10 avril 2009, 71% des citoyens étasuniens sont en faveur d’un rétablissement des relations diplomatiques24. Un autre réalisé le 15 avril 2009 par l’organisation World Public Opinion montre que 70% sont favorables à la levée des interdictions pour les ressortissants étasuniens de voyager dans l’île25.

Une chose est sûre : Barack Obama, qui dispose d’une opportunité historique de mettre un terme à un demi-siècle de conflit insensé, ne peut conditionner la normalisation des relations avec Cuba à un changement de la structure politique, économique et sociale du pays, car les Cubains sont dans l’incapacité d’accepter toute atteinte à leur souveraineté ou de céder au langage de la force. Par ailleurs, Washington a normalisé ses relations avec la Chine, le Vietnam et en partie avec la Corée du Nord, sans pour autant émettre une telle exigence. Faire preuve de discrimination à l’égard de La Havane à ce sujet, en plus d’être une tactique vouée à l’échec, minerait singulièrement la crédibilité de la Maison-Blanche dans sa volonté de limer les aspérités entre les deux nations.

 

Notes

1 Jennifer Loven, « Obama Allowing Travel, Money Transfers to Cuba », The Associated Press, 13 avril 2009.2 Ibid.

3 John Dorschner & Monica Hatcher, « Liberan a los viajes a Cuba », El Nuevo Herald, 13 avril 2009.4 Ibid.5 Marianela Jiménez, « Costa Rica restablece relaciones con Cuba », The Associated Press, 18 mars 2009.6 EFE, « Funes anuncia que en su futuro Gobierno restablecerá relaciones con Cuba », 18 mars 2009 ; Marianela Jiménez, « Costa Rica, El Salvador Promise Ties With Cuba », The Associated Press, 18 mars 2009.7 El Nuevo Herald, « Costa Rica y El Salvador reanudan lazos con Cuba », 19 mars 2009.8 Anne Flaherty, « Congress Vote to Ease Travel Restrictions », The Associated Press, 10 mars 2009 ; Lesley Clark & Frances Robles, « Senado suaviza controles sobre los viajes a Cuba », The Miami Herald, 11 mars 2009.

9 Wilfredo Cancio Isla, « Presentan legislación para facilitar las ventas agrícolas a Cuba », El Nuevo Herald, 27 mars 2009.

10 EFE, « Congresistas de EEUU se reúnen con funcionarios cubanos en La Habana », 4 avril 2009.11 Andrea Rodriguez, « Fidel Castro recibe a congresistas de EEUU », The Associated Press, 7 avril 2009.12 Wilfredo Cancio Isla, « Congresistas demócratas viajan a Cuba a abrir diálogo », El Nuevo Herald, 2 avril 2009.13 Fidel Castro Ruz, « Militares con criterios acertados », Cuba Debate, 15 avril 2009.14 Fidel Castro Ruz, « Con los pies sobre la tierra », Cuba Debate, 5 avril 2009.

15 Fidel Castro Ruz, « Del bloqueo no se dijo una palabra », Cuba Debate, 13 avril 2009.16 Andrea Rodriguez, « Fidel Castro recibe a congresistas de EEUU », op. cit. 17 The Associated Press, « Clinton : US Waiting for Cuba’s Next Move », 16 avril 2009 ; El País, « La hora de Cuba », 14 avril 2009.18 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).19 Ibid.20 Ibid.21 EFE, « EEUU insta a Cuba a liberar presos políticos y mejorar en derechos humanos », 18 mars 2009.22 EFE, « Biden rechaza que Estados Unidos vaya a levantar el bloqueo sobre Cuba », 28 mars 2009 ; Agence France Presse, « Biden : pas de levée de l’embargo contre Cuba, mais une politique différente », 29 mars 2009.

23 Agence France Presse, « EEUU espera compromiso de Cuba en derechos humanos », 31 mars 2009. 24 CNN, « Poll: Three-quarters favor relations with Cuba », 10 avril 2009.25 Agence France Presse, « Mayoría de estadounidenses quiere viajar libremente a Cuba, según sondeo », 15 avril 2009.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr

 

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 08:49

jeudi 19 mars 2009
Maurice Lemoine
Le Monde Diplomatique
 
                              


Dix-sept ans après avoir déposé les armes sans avoir été vaincu militairement, le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) a porté son candidat Mauricio Funes à la présidence du Salvador, le 15 mars 2009. L’ex-guérilla s’était convertie en parti politique après les accords de paix qui, le 16 janvier 1992, à Chapultepec (Mexique), ont mis fin à douze années d’une terrible guerre civile (soixante-quinze mille morts). Dans un conflit au cours duquel, d’après la Commission de la vérité créée par les Nations unies, 85 % des assassinats ont été commis par l’armée et les escadrons de la mort, et 5 % par la guérilla, les forces armées salvadoriennes ont été massivement soutenues par les Etats-Unis (4,6 milliards d’euros).

Journaliste sur la chaîne 12 de télévision – et ancien correspondant de CNN en espagnol –, M. Funes, de tendance sociale-démocrate, n’a pas participé à la lutte armée. En revanche, son vice-président Salvador Sánchez Cerén est un ex-commandant de la guérilla.

Cette victoire du FMLN met un terme à vingt années d’hégémonie de l’Alliance républicaine nationaliste (Arena). Fondé par l’ « âme damnée » des escadrons de la mort, Roberto d’Aubuisson, et émanation de l’extrême droite, ce parti a peu à peu laissé en chemin ce passé sulfureux, mais n’en demeure pas moins le représentant d’une droite dure. Pour tenter de barrer le chemin à la gauche, les deux autres formations conservatrices, le Parti de conciliation nationale (PCN), représentant des gouvernements militaires (1961-1976), et le Parti démocrate-chrétien (au pouvoir de 1984 à 1989), ont renoncé à présenter un candidat et se sont ralliés d’emblée à l’Arena.

Dans la grande tradition, cette sainte alliance a mené une « campagne de la peur » qui a bénéficié de l’appui de la plupart des médias. A un archaïque langage de guerre froide s’est ajouté le thème récurrent lors de chaque élection, en Amérique latine, ces dernières années : le danger représenté par les liens (réels et/ou supposés) entre le FMLN et le « dictateur (sic !) vénézuélien Hugo Chávez ». Les Salvadoriens ne se sont pas laissés abuser.

Principal parti d’opposition depuis sa première participation au jeu démocratique, lors des législatives de 1993, le FMLN est devenu la première force politique du pays (mais sans détenir la majorité à l’Assemblée nationale) lors du scrutin législatif du 18 janvier 2009.

Il n’est guère surprenant de voir le Salvador rejoindre le groupe des pays latino-américains gouvernés à gauche et au centre gauche. La désastreuse situation sociale de ce petit pays de 5,7 millions d’habitants a obligé plus de 2,5 millions d’entre eux à émigrer, essentiellement aux Etats-Unis ; 47,5 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et 19 % dans l’extrême pauvreté – quand 0,3 % accaparent 44 % du revenu national. Un chômage massif et le taux d’homicides le plus élevé du continent (67,8 pour cent mille habitants) complètent le tableau.

Lors de la campagne électorale de 2004, le gouvernement de M. George W. Bush était intervenu sans pudeur pour faire barrage au FMLN et appuyer l’Arena. Prédisant les pires catastrophes « si le communisme s’emparait du Salvador », Washington était allé jusqu’à menacer d’empêcher l’envoi d’argent au Salvador – les remesas – des immigrés salvadoriens vivant aux Etats-Unis. L’annonce n’avait rien d’anodin : seconde source de revenus du pays, ces remesas pèsent pour 17 % du produit intérieur brut (3,8 milliards de dollars en 2008). L’élection de M. Antonio Saca permit la persistance de la relation privilégiée San Salvador–Washington, constante de la politique des deux pays. M. Saca sera d’ailleurs le dernier dirigeant latino-américain à maintenir des troupes en Irak (depuis, le président colombien Alvaro Uribe a pris la relève en annonçant l’envoi de troupes colombiennes en Afghanistan).

Comme à l’accoutumée, aux Etats-Unis, les représentants républicains Dana Rohrabacher et Conni Mark ont sonné le tocsin à la veille de l’élection : « Si le FMLN gagne ce dimanche, le Salvador se transformera rapidement en un satellite du Venezuela, de la Russie et peut-être de l’Iran (1).  »

Changement d’époque ? Il est trop tôt pour le dire. Toutefois, l’arrivée à la Maison Blanche de M. Barack Obama semble changer la donne. Après que le porte-parole du département d’Etat Heidi Bronke a affirmé que le gouvernement des Etats-Unis n’appuierait aucun candidat, Washington a réaffirmé sa détermination à coopérer avec quelque président que ce soit. En l’occurrence M. Funes, qui sera investi le 1er juin.

Reste à savoir si sa politique sociale s’inspirera du camp des « modérés » (Brésil, Chili, Uruguay) ou des « radicaux » (Bolivie, Equateur, Venezula).

Maurice Lemoine

(1) BBC Mundo, 14 mars 2009

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-03-19-Salvador.

Autres infos :
http://www.vtv.gov.ve/noticias-internacionales/15721

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 13:59

            à la Fontaine des Innocents   
Châtelet-Les Halles
Place Joachim du Bellay
  

JUSTICE ET LIBERTE POUR LES 5 !

Qui sont les 5 Cubains prisonniers aux États-Unis ? Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez, Gerardo Hernandez, Ramon Labañino et René Gonzalez avaient infiltré des groupes d’extrème droite tels que « Alpha 66 », « Omega 7 », « Brothers to the Rescue », et la « Cuban American National Foundation » impliqués dans des activités violentes et terroristes comme des attentats à la bombe, des assassinats et des actions de sabotage dirigés contre des civils Cubains.

En 1997 une série de sabotages et d’attentats perpétrés à Cuba contre des hôtels de la capitale, allait coûter la vie à un jeune touriste italien, Fabio di Celmo. A la suite de ce drame Fidel Castro envoya une note au président des Etats-Unis de l’époque, Bill Clinton, par le biais de l’auteur colombien Gabriel García Márquez.

Les conséquences ont été immédiates parce que -fait peu commun- s’est instauré une sorte de coopération formelle entre La Havane et Washington. Vers la mi-juin, des spécialistes cubains et des officiels du FBI se sont réunis dans la capitale cubaine pour analyser les preuves et les documents sur les actions terroristes qui avaient comme cible Cuba. La sécurité d’État cubaine a fourni au FBI 230 pages, ainsi que des enregistrements et conversations téléphoniques et des vidéos sur les plans en cours. Les agents du FBI ont quitté La Havane avec la promesse de donner une réponse rapide aux inquiétudes cubaines …et…

Trois mois plus tard, le 12 septembre 1998, le FBI a procédé à l’arrestation des cinq Cubains : Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez, Gerardo Hernandez, Ramon Labanino et René Gonzalez. Leur crime ? Avoir infiltré, au risque de leur vie, les groupuscules criminels d’origine cubaine responsables de plusieurs attentats violents qui ont coûté la vie à de nombreux innocents. Depuis 1959, le terrorisme contre le peuple cubain a fait près de 3.500 morts et a rendu infirmes plus de 2.000 personnes.

À l’injustice s’ajoute le caractère inhumain avec lequel sont traitées les familles des prisonniers. De fait, les Etats-Unis font tout ce qui est à leur portée pour ne pas donner de visas aux familles. Olga Salanueva, l’épouse de René González, et Adriana Pérez, la compagne de Gerardo Hernández, attendent depuis dix ans un visa. Leonard Weinglass, célebre avocat étasunien qui défend Antonio Guerrero, a souligné que la façon avec laquelle a agi la Justice étasunienne viole toutes les conventions existantes.

En mai 2005, le groupe de Travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a justement considéré que l’arrestation de ces Cubains constituait une détention arbitraire.

La même année -en août 2005-, après que les cinq Cubains aient fait appel du jugement devant la onzième Cour d’Appel d’Atlanta -en Géorgie- trois juges de cette Cour ont rendu public un document de 93 pages dans lequel ils annulaient le verdict. La troika a estimé que les cinq Cubains n’avaient pas eu un procès équitable à Miami et a ordonné un nouveau jugement.

Bien que la troïka ait ordonné la tenue d’un autre procès, les cinq Cubains continuent à attendre. Alberto González, ex conseiller de George Bush et ministre de la Justice des Etats-Unis, est intervenu ensuite devant le tribunal pour lui demander qu’il révise la décision de la troïka d’Atlanta. Et le 31 décembre 2005 les juges ont accepté de réviser ce qui était déjà révisé.

Les irrégularités du procès contre les cinq sont innombrables, en particulier la première : les accusés n’ont commis aucun crime, n’ont pas attenté contre la sécurité des Etats-Unis, le procès contre eux s’est déroulé à Miami, une ville que la même Cour Fédérale d’Appels des Etats-Unis a considérée comme « hostile et irrationnelle » avec le gouvernement cubain.

Pire encore, les 5 Cubains peuvent rester dans ces limbes d’injustice pour un temps indéfini.

 

Premiers signataires : AAW-France (Americans Against the War),Alba France, AMULP (Association de Femmes Uruguayennes Lourdes Pintos), ARAC, Cercle Bolivarien de Paris, Comité Valmy, Consejo pro-Bolivia, Cuba Si France, Cuba Si Bretagne, Droit et solidarité, Espace Che Guevara, Forum pour un autre Monde, France Cuba, MRAP, PCF,  le Parti de Gauche, le Parti Humaniste, Pôle de Renaissance Communiste en France, Racines Cubaines, Réseau International Frantz Fanon, Terre et Liberté pour Arauco, TIO France (Tribunal international d’Opinion) ........

 

 

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 17:34

COLOMBIE: "UN ETAT QUI TUE 

ET QUI APPELLE AU MEURTRE"

« Nous, organisations signataires, sommes réunies pour exprimer notre solidarité avec l'appel lancé par le Mouvement national des victimes des crimes d’Etat en Colombie (MOVICE) à des rassemblements aux côtés des victimes du conflit politique, social et armé qui endeuille la Colombie depuis près d’un demi-siècle ».

Cette année, le MOVICE a placé, au centre de cette journée internationale d’action, la dénonciation des exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces armées colombiennes. Cette pratique consiste à tuer des civils, et les présenter ensuite comme des combattants morts au combat. Cela permet aux militaires d’obtenir des récompenses ou de gonfler les chiffres de la guerre, encouragés en cela par des directives officielles. 

A Paris, le rassemblement du 6 mars 2009 se tiendra à la Fontaine des Innocents, Place Joachim du Bellay, aux Halles à 18h00.

La Colombie vit l’une des crises humanitaires les plus graves de la planète : quatre millions de personnes déplacées de force à l'intérieur du pays et 60.000 réfugiés politiques à l’étranger.  Depuis août 2002, plus de 14 000 personnes sont mortes ou ont disparu hors combats pour des raisons sociopolitiques, dans la plupart des cas, la responsabilité de l'Etat est engagée de manière directe ou par le biais de son soutien aux groupes paramilitaires. Six millions d'hectares de terres ont été arrachés par la violence à la petite paysannerie au cours de campagnes de terreur organisées pour obliger les populations rurales à abandonner leurs terres et laisser ainsi place nette, principalement pour des projets économiques au profit de multinationales. L’impunité de leurs crimes a permis aux paramilitaires et à leurs soutiens politiques de contrôler 35% du Parlement et d’occuper de nombreuses charges publiques ou diplomatiques.

Depuis son accession au pouvoir en 2002, le président Uribe, tout en niant l’existence du conflit, l’a exacerbé en polarisant davantage la société colombienne et en impliquant dangereusement la population civile dans le conflit. Il a bloqué systématiquement toutes les propositions alternatives qui appuient la défense des Droits de l’Homme et des issues humanitaires et de dialogue politique en Colombie. L’initiative de la société civile « Les Colombiens et Colombiennes pour la paix » qui a obtenu la libération de 6 otages des FARC il y a quelques semaines est l’objet d’une campagne odieuse de la part du gouvernement colombien et la vie de ses animateurs est en danger. Il en est de même de journalistes qui ont couvert ces libérations. Tous ont été fustigés publiquement par le chef de l’Etat.Criminaliser et stigmatiser les militants des organisations sociales, des syndicats, des défenseurs des Droits de l'Homme, des journalistes  et  l'opposition démocratique, revient à les désigner comme cibles des escadrons de la mort.

La Colombie est aussi le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Ce pays détient en effet le record mondial de syndicalistes assassinés, déplacés de force, menacés de mort. 4.000 syndicalistes ont été assassinés en Colombie ces 20 dernières années, dont 474 en six ans de Présidence Uribe, 97 % de ces crimes sont impunis. Lorsque les conflits sociaux s'amplifient dans le pays, le gouvernement colombien répond par des balles et des arrestations arbitraires à l'exigence de justice sociale et de démocratie, comme il l’a fait contre la Minga, grande marche indigène et paysanne qui manifestait pacifiquement, en novembre dernier.

Enfin, tous les acteurs armés (guérilla, armée/paramilitaires) violent le principe de distinction entre les combattants et les non combattants, au mépris de la vie et de la dignité de la population civile.


Parce que nous croyons aux côtés de la majorité des
Colombiens que l’avenir de ce pays ne peut pas être la guerre, 

Parce que des millions de victimes réclament vérité, justice, réparation et la garantie que les crimes contre l’humanité ne seront pas répétés, 

                                                             

Le 6 mars 2009, nous nous rassemblerons :

o       Pour la fin de la guerre et de la violence avec une solution politique négociée du conflit, 

o       Pour un échange humanitaire des prisonniers dans les plus brefs délais, 

o       Pour encourager et accompagner ceux qui œuvrent pour la paix et l’arrêt de la barbarie, 

o       Pour que les auteurs de crimes contre l’humanité soient traduits en justice, 

o       Pour la construction d’un État démocratique, incluant et pluriel.

Premiers signataires :

 o       FRANCE AMERIQUE LATINE

o       COOORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE à PARIS

o       POLO DEMOCRATICO ALTERNATIVO. Paris et Région Parisienne 

o       ACAT-FRANCE, ACTION DES CHRETIENS POUR L'ABOLITION DE LA TORTURE 

o       ATTAC-FRANCE

o       TRIBUNAL INTERNATIONAL D’OPINION TIO FRANCE

o       COMMISSION INTERECCLESIALE JUSTICIA Y PAZ

o       COMITE D'INFORMATION SUR L'AMERIQUE LATINE DE NANTERRE 

o       TEJE (TRAVAILLER ENSEMBLE, JEUNES ET ENGAGES)

o       ASOCIACION SIMON BOLIVAR

o       CERCLE BOLIVARIEN DE PARIS

o       TERRE ET LIBERTE POUR ARAUCO

o       COMITE PRO-BOLIVIE FRANCE

o       ALBAFRANCE


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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 16:03

Rassemblement enthousiaste et chaleureux des Associations de soutien

 



Nous remercions notre camarade "Norgare" , r'éalisateur de cette video

http://www.youtube.com/watch?v=YhLPonUqQzU

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 11:33

MARDI 17 FEVRIER 2009 de 17h à 19h

RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BOLIVIEN

ET LE GOUVERNEMENT QU'IL S'EST CHOISI

PLACE DE LA CONCORDE - PARIS

 
 Le Président de la République de Bolivie, Evo Morales Ayma, sera de passage à Paris le 17 février prochain. A cette occasion, le collectif national de solidarité avec la Bolivie appelle à  manifester notre soutien face au processus démocratique profond engagé depuis son élection et à renouveler notre solidarité au peuple bolivien.

 

  Elu avec 54% des voix dès le premier tour en janvier 2006, Le Président Evo Moralès a été conforté dans ses fonctions lors du référendum révocatoire du 10 août 2008 avec plus de 67% des voix. Le triomphe du oui au référendum constitutionnel le 25 janvier 2009, avec 62% des voix,  qui reconnaît la Bolivie comme «un Etat plurinational et démocratique» confirme la volonté du peuple bolivien de voir la fin de l'Etat colonial et la construction d'une Bolivie «pour le bien de tous».

 

En trois ans , des changements profonds ont vu le jour: récupération du contrôle de l'eau ainsi que des ressources naturelles, réappropriation de l'exploitation des hydrocarbures permettant une redistribution des richesses pour le plus grand nombre, refus du modèle néolibéral, cause de l'appauvrissement et destructeur de l'environnement.

 

Les peuples indigènes ont retrouvé les droits dont ils avaient été spoliés pendant 5 siècles.

 

Le 20 décembre 2008, la Bolivie a été déclarée «territoire libre d'analphabétisme», devenant avec Cuba et le Venezuela le 3ème pays d'Amérique Latine à s'être débarrassé de ce fléau.

Le gouvernement bolivien a mis en place des consultations ophtalmologiques et chirurgicales gratuites,  a construit de nouveaux hôpitaux et organise actuellement de nouvelles campagnes de santé pour tous.

Alors que 87% de la terre productive est entre les mains de 5% de grands propriétaires, la nouvelle Constitution va permettre la redistribution des millions d'hectares aux paysans et aux communautés indigènes.

 

La nouvelle Constitution bolivienne, fidèle au respect des peuples indigènes à la «Pacha Mama» rend imprescriptible les délits contre l'environnement, interdit la production, l'importation et la commercialisation d'OGM »,  permet de prendre « des mesures de restrictions partielles ou totales, temporelles ou définitives sur l'extraction de ressources », mesures visant à la sauvegarde et préservation des espèces en voie de disparition.

Alors que l'Europe s'apprête à renforcer la «directive de la honte» , bafouant ses propres conventions  sur les droits humains,  le Président Morales lui, a adressé à tous les sans papiers, cette magnifique lettre de «solidarité avec tous les clandestins»,

Avec l'accès au pouvoir des mouvements sociaux, la politique menée actuellement en Bolivie constitue une véritable rupture dans un pays marqué jusqu'alors par l'héritage raciste du colonialisme et par la domination d'une oligarchie soutenue par le grand patronat international.

L'oligarchie bolivienne, celle qui a soutenu les coups d'Etat, les dictatures militaires et le libéralisme le plus sauvage, a cherché par tous les moyens à empêcher la progression du processus en cours, elle s'est appuyée pour cela sur des groupes fascistes et racistes soutenus par l'ex administration Bush.

 

Ce que le peuple bolivien est en train d'accomplir concerne l'humanité toute entière. La Bolivie avec d'autres pays latino-américains nous prouve qu'il existe d'autres solutions, qu'un autre monde est possible, un monde à visage humain. Ils représentant un  espoir.

 

C'est pourquoi nous tenons à exprimer au Président Evo Morales, lors de son passage à Paris,  NOTRE ENTIERE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE DE BOLIVIE ET LE GOUVERNEMENT QU'IL S'EST CHOISI.

 

A L'APPEL DU COLLECTIF NATIONAL DE SOLIDARITE AVEC LA BOLIVIE

 

Organisations signataires: AAW (Americains Against the War), Les Alternatifs, Argentinos en el Exterior, Cercle Bolivarien de Paris, Consejo pro-bolivia-France, CSIA-Nitassinan, Cuba Si France, Cuba Si Provence, Coordination Populaire Colombienne à Paris, Espace Che Guevara,  France Amérique Latine, France Cuba,  IJAN (Réseau International Juif Antisioniste), MRAP, NPA, PCF,  Les Verts, Petit Amerique,Quipus de Bolivia ALBA,FRANCE,Raices cubanas,

 

 

 

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 21:43

COLOMBIE : SOLIDARITE AVEC LA MINGA DE RESISTANCE INDIGENE ET POPULAIRE 

http://coordinadora.popular.googlepages.com/home 

 

Nous appelons à entourer de solidarité ce sommet historique et à veiller à sa sécurité.

Ce vendredi 21 novembre, les 12.000 marcheurs de la Minga seront sur la place de Bolivar à Bogota, haut lieu de rassemblement des mobilisations sociales en Colombie. De nombreuses organisations colombiennes préparent leur accueil.

A PARIS,

nous appelons à un rassemblement de solidarité :

VENDREDI 21 NOVEMBRE

de 18h à 21h

Fontaine des Innocents (Chatelet / Les Halles)

Signataires :  Association France Amérique Latine, Coordination Populaire Colombienne à Paris, Collectif étudiant COPAL, Commission Inter-ecclesiale de Justice et Paix, Comité Polo Democratico Alternativo-Paris, CSIA-Nitassinan (Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques), TIO-Tribunal International d'Opinion (Sud Bolívar), Association des ex-prisonniers politiques chiliens  en France, Terre et Liberté pour Arauco, IJAN-Réseau International Juif Antisioniste à Paris, Association "Americana Latina Publicaciones-El Chasqui de America Latina", Ligue Communiste Révolutionnaire, Les Verts, Parti Communiste Français, Confédération Nationale du Travail CNT-France, Comité  MNS Oscar Romero de Paris, SICSAL- Service International Chrétien de Solidarité avec l'Amérique Latine, Union des Associations Latino-américaines en France, Conseil Pro-Bolivia, Comité Pérou, Comité Manos Limpias (Pérou), ICRA International-Commission Internationale pour les droits des peuples autochtones, Cercle Bolivarien de Paris, AlterCultures, MRAP-Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples

Pour les organisations qui souhaiteraient s'associer à cet appel, contact :  coordinadora.popular@gmail.com ou falnationale@franceameriquelatine.

 

 

La Colombie assiste aujourd'hui à la mobilisation indigène la plus importante et la plus généralisée de ces dernières années. Depuis le 11 octobre, les indiens colombiens ont entamé un sommet itinérant de résistance dans toutes les régions du pays et leurs luttes convergent avec d’autres luttes populaires et paysannes. Ils se mobilisent depuis 40 jours en affirmant : "Que l'Etat d'Exception n'éteigne pas la voix des peuples et le cri de la terre mère" et pour exiger du gouvernement colombien le respect de leur vie.

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 12:34

Chavez appelle à davantage d’unité face à l’effondrement du néolibéralisme

MANAUS, le 30 septembre. – 
 Le président du Venezuela Hugo Chavez a déclaré  aujourd’hui
 dans la ville brésilienne de Manaus, où il a participé à un sommet
 avec les dirigeants du Brésil, Luis Inacio Lula da Silva ; de Bolivie,
Evo Morales ; et d’Equateur, Rafael Correa, que la Banque du Sud
 devait commencer ses activités pour faire face à la crise financière,
rapporte l’agence ANSA.

« Tandis que le néolibéralisme s’effondre, nous avançons dans l’unité, et de manière très concrète dans la mise en route de la Banque du Sud », a indiqué Chavez.

« Nous ne pouvons pas perdre un seul jour dans le démarrage de la banque du Sud. C’est un projet que le Venezuela a en tête depuis une dizaine d’années et nous l’avons enfin signé il y a un an à Buenos Aires », a déclaré le dirigeant, qui a mis l’accent sur la nécessité de développer des mécanismes propres qui s’écartent du modèle de Bretton Woods, afin de protéger les pays latino-américains des remous internationaux.

Selon l’agence Reuters, les présidents sud-américains ont abordé pendant la réunion des sujets d’ordre bilatéral et régional, et ils ont critiqué les Etats-Unis pour leur gestion de la crise financière qui secoue les marchés et menace les économies du monde entier.

Lula a réitéré ses critiques exprimées lors de son intervention aux Nations unies contre Washington, en raison des turbulences financières provoquées sur le marché international.

De son côté, le chef d’Etat bolivien, Evo Morales, a souligné que cette crise financière a démontré que « le capitalisme n’est pas la solution pour l’humanité ».

Au terme d’une réunion de travail entre le Brésil et le Venezuela, sept accords ont été conclus sur le pétrole, les aliments, l’industrie et les programmes de promotion sociale.

http://www.granma.cu/frances/2008/octubre/mier1/chavez.html

 

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 17:30
COLOMBIE : SESSION PUBLIQUE de la COMMISSION ETHIQUE de la VERITE et AUDIENCE CITOYENNE INTERNATIONALE

assistez à l’audience citoyenne internationale en mémoire des victimes de l'Etat Colombien : exilés, réfugiés et demandeurs d'asile.

Organisé par : Le Mouvement National des Victimes de Crimes d'Etat de Colombie
Avec le soutien de : France Amérique Latine, Coordination Populaire
http://www.franceameriquelatine.org/
http://coordinadora.popular.googlepages.com/

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