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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 19:03

"SOUTIEN A LA BOLIVIE D’EVO MORALES" - Appel de PARIS du Lundi 11 novembre 2019 - Manifestation et Pétition

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SOUTIEN A LA BOLIVIE D’EVO MORALES

Appel de PARIS du Lundi 11 novembre 2019

Appel de soutien et manifestation

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Réunis ce lundi 11 novembre 2019, l’ensemble des organisations politiques et sociales suivantes disent leur inquiétude quand à la situation politique en Bolivie.

Evo MORALES vient de démissionner sous la pression de militaires et d’une opposition illégitime.

Un véritable « coup d’Etat » est en cours en Bolivie.

Nous craignons pour la vie du président légitime de Bolivie.

Nous exigeons la garantie de son intégrité physique ainsi que celles de tous ses soutiens.

Nous demandons au gouvernement Français de s’engager à faire respecter les principes de la Charte des Nations-Unies, les Conventions de Genève et la Constitution de la Bolivie dans toutes ses dispositions.

La situation en Bolivie s’inscrit – bien sûr – dans un contexte régional où les interventions américaines insupportables menacent tous les peuples souverains. Cela suffit.

Nous appelons l’ensemble des Français à se mobiliser et à rejoindre cet appel national.

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APPEL NATIONAL A MANIFESTER

DIMANCHE 17 novembre 2019 – 15H00

ESPLANADE DU TROCADERO - PARIS

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LISTE des organisations SIGNATAIRES : PRCF, Penser la France, Rédaction de Politique-actu.com, (liste de 30 organisations en cours de publication)

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Petition publique 1.JPG

Liste pétition à signer : Pétition SOUTIEN A LA BOLIVIE D’EVO MORALES

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Contact mail evomorales.soutiendeparis@yahoo.com

 
 

 

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Published by RICHARD - dans Amérique Latine
20 août 2019 2 20 /08 /août /2019 15:53
VENEZUELA : LE TRESOR REBELLE DE L'AMERIQUE DU SUD

Par Mariel Carrillo García

L'histoire des Etats-Unis peut être brièvement décrite comme une succession d'actes de violence: invasions, agressions, vols, extorsions, intrusions, oppressions, racisme et génocide sur son propre territoire et en dehors, qui, par ailleurs, a l'ampleur que ce type de faits lui permet grâce aux actions mentionnées. Agitant des drapeaux de liberté, ils ont plongé l'Amérique (et le monde) dans la misère, comme l'a dit le Libérateur Simon Bolivar. Nous n'allons pas énumérer les cas ici, parce qu'au lieu d'un article, nous devrions écrire des livres, mais il est important de se rappeler de qui nous parlons lorsque nous parlons des Etats-Unis d'Amérique.

Nous savons clairement comment l'industrie culturelle américaine a réussi à pénétrer et à convaincre la moitié de la planète de son destin manifeste. Ses prétendus idéaux de liberté et de progrès déguisent une histoire sanglante et peignent en couleur un statut de pouvoir bâti sur les ressources des autres et les cadavres de millions de personnes, y compris ses propres citoyens.  Le pays qui "gouverne" aujourd'hui le magnat Donald Trump, ne fait que donner des coups de tigre blessé, devant les "menaces" qui ont surgi dans le monde et qui contestent son titre de première puissance mondiale. La guerre avec la Chine, qui a déjà annoncé des mesures de réciprocité contre les Etats-Unis [1], les mouvements stratégiques sur la route commerciale du Moyen-Orient et les élections de l'année prochaine génèrent de nouvelles actions désespérées dans l'empire de l'oncle Sam.

Le Venezuela, pays de petite extension, mais avec de grandes ressources naturelles et une position géographique privilégiée, semble - sous les yeux peu attentif - ne pas avoir trop d'importance au conseil d'administration international, cependant, en temps de crise du modèle capitaliste, dont la principale source d'énergie est les hydrocarbures, le fait que le Venezuela occupe la première place des réserves prouvées de pétrole brut dans le monde [2], clarifie un peu le tableau. Rappelons en outre que le pays possède d'énormes gisements de fer, d'or, de coltan, de nickel et d'autres minéraux stratégiques [3], convoités par les grandes sociétés transnationales, qui voient dans le territoire de la République bolivarienne un trésor qu'elles doivent posséder à tout prix. De plus, il n'est qu'à quelques heures de navigation des États-Unis. L'arrière-cour complète.

Mais qu'est-ce qui différencie le Venezuela des autres pays riches de la région? Eh bien, la révolution bolivarienne. Vilipendée par la droite et profondément incomprise par la gauche, la révolution menée par Hugo Chavez représente la possibilité d'un nouveau modèle, d'un nouveau mode de vie. Le projet socialiste vénézuélien, comme sa propre création, fait état de nombreuses erreurs, mais au-delà de toutes, la vérité est qu'il pose les fondations et contribue de manière concrète à la construction d'une véritable alternative au capitalisme.

Chavez a expliqué, dans la présentation du Plan de la Patrie 2013-2019, que "pour avancer vers le socialisme, nous avons besoin d'un pouvoir populaire capable de démanteler les complots d'oppression, d'exploitation et de domination qui subsistent dans la société (...) Cela implique de pulvériser complètement la forme bourgeoise de l'Etat dont nous héritons, qui se reproduit encore par ses pratiques anciennes et néfastes, et de donner continuité à l'invention des nouveaux modes de gestion politique" [4]. Le plan impliquait la transformation de toutes les structures sous la condition irremplaçable du " vivant, effectif et plein exercice du pouvoir populaire protagoniste ", qui au Venezuela a pris forme à travers les communes. Le peuple organisé appelé à créer le nouvel Etat Communautaire. Un peuple formé et conscient, en plein exercice du bon sens dont Gramsci a parlé.

Le Venezuela a commis le péché impardonnable de commencer à construire ce qui pour la gauche a toujours été des rêves. Malgré le coup d'Etat qui a représenté la perte de Chavez en tant que promoteur de ces changements, en tant que formateur par excellence des gens du peuple et en tant que locomotive régionale, moteur de ce qu'il a appelé le monde multicentrique et pluripolaire, la vérité est que son travail a donné ses fruits. Le peuple vénézuélien a une conscience politique admirable et une résistance qui doit paraître infinie à ses détracteurs. Il a appris qu'en tant que sujet collectif, il a des devoirs et des droits, il a appris que tout ce qui se trouve au-dessus et au-dessous de son sol lui appartient, il a appris que l'autocritique est nécessaire, mais que la loyauté est aussi nécessaire et, surtout, il a appris qui est le véritable ennemi.

Cet ennemi, qui ne peut pas laisser les rebelles " chez lui ", a mis en œuvre contre le Venezuela presque toutes les mesures possibles de guerre non conventionnelle, de 1999 à aujourd'hui. Coups d'Etat, paralysie de l'industrie pétrolière, encerclement international avec la complicité de gouvernements fantômes, menaces d'invasion militaire, blocus de fonds, vols de biens, coercition de pays tiers, financement de campagnes de déstabilisation et violence interne, proclamation d'un "président intérimaire" ayant le "pouvoir" de remettre les ressources du pays, la création de matrices médiatiques (crise humanitaire), la promotion des conditions de destruction de la monnaie et de l'économie, génératrices de migrations économiques pour la première fois de son histoire, le tout sous l'égide d'"ordres exécutifs" unilatéraux [5], qu'ils continuent à appliquer au XXIe siècle comme s'ils étaient la police du monde; tandis que des organisations comme les Nations Unies prouvent une fois de plus leur futilité en tant que garants du droit international et de la paix mondiale.

Le silence ou la complicité face à une attaque impitoyable contre un pays de la région (il est naïf de croire que les sanctions américaines n'affectent que les gouvernements), est une honte, qui augmente exponentiellement quand elle vient des secteurs de gauche. Permettre à un pays qui a l'histoire du sang des Etats-Unis de continuer à fonctionner comme si nous n'étions pas en 2019, en célébrant ou en réduisant au silence les atrocités qui pourraient être commises demain contre ses propres nations, ne va pas coûter cher à l'humanité. Le droit du Venezuela de prendre ses propres décisions n'est pas transférable, de même que le droit de tout peuple sur terre. Être anti-impérialiste aujourd'hui et élever la voix représente un acte de dignité et de survie. Ce qui vous paraissait lointain (Palestine, Syrie, Iran...) se passe dans la maison de votre frère. Le frère rebelle qui, il y a 200 ans, a également confronté et expulsé des empires.

Traduction Bernard Tornarehttp://b-tornare.overblog.com/2019/08/venezuela-le-tresor-rebelle-de-l-amerique-du-sud.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_reader_digest

 

 

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 17:46
 
 

J’ai appris à aimer le Mexique. Depuis 1969, j’y ai fait 18 séjours qui totalisent une trentaine de mois. Je lui ai consacré mon mémoire de maîtrise, ma thèse de doctorat et de nombreux écrits. Je l’ai parcouru à plusieurs reprises depuis la frontière nord jusqu’au Yucatán. Je reviens d’un séjour de trois semaines. Ce pays a occupé une grande place dans ma vie professionnelle. Mais depuis une trentaine d’années, j’accumulais déceptions et frustrations. Quatre problèmes accaparaient mon attention : 1- la pauvreté endémique et majoritaire; 2- la corruption verticale, du haut vers le bas de la pyramide sociale; 3- la violence systémique (domestique, patronale, policière, mafieuse); 4- l’impunité généralisée (une justice qui protégeait les puissants et une police incompétente et véreuse). La fraude électorale avait de plus entraîné un abstentionnisme croissant. L’horizon paraissait bouché.

Le 1er juillet 2018, 70 % des Mexicains sont allés voter, le meilleur taux de participation depuis des décennies. Ils ont élu Andrés Manuel López Obrador (AMLO), l’ancien maire de Mexico (2000-05), âgé de 65 ans, un politique aguerri issu du Tabasco, qui en était à sa troisième tentative d’arracher la présidence. Face à quatre autres candidats, il a obtenu une majorité absolue (53 %). Il a su gagner la confiance d’un peuple. Même les élites qui le redoutaient comme un dangereux « gauchiste » ou « populiste » n’ont pu lui opposer la fraude comme elles l’avaient fait en 2006. Sa popularité était trop grande, sa capacité de mobilisation trop évidente. Cette fois il a conquis la présidence à la tête d’un parti-mouvement qu’il a créé (Morena : Mouvement pour la Régénération Nationale) et d’une coalition (Ensemble nous ferons l’histoire) qui lui a assuré une majorité au Congrès. Morena doit son succès à la construction d’une base territoriale fondée sur des demandes locales, des mouvements revendicatifs et un tissu de loyautés traditionnelles ainsi qu’au grand capital de confiance dont AMLO disposait auprès de nombreux secteurs.

Homme réfléchi, d’une grande culture, auteur de six livres, modeste et pragmatique, AMLO a fait campagne au nom d’une « quatrième transformation » nécessaire. La première (1810-1821) avait abouti à l’indépendance. La seconde (1858-1861) avait réformé l’État désormais séparé de l’Église. La troisième (1910-1920) avait mis fin à la dictature et doté le pays d’une constitution avancée. La quatrième devrait mettre en place un véritable État de droit, une « vraie » démocratie et libérer le pouvoir politique de l’emprise du pouvoir économique. Et AMLO, en excellent connaisseur de l’histoire mexicaine, de citer ses modèles d’hommes publics : Juárez, Madero et Cárdenas. Le président a commandé l’élaboration d’une « Constitution morale » afin de  développer chez ses compatriotes une conscience éthique comme le proposait Alfonso Reyes dans sa Cartilla moral en 1944.

Il a proclamé l’« austérité républicaine » qu’il pratiquait déjà à l’époque où il était maire de Mexico, habitant un cottage de Tlalpan, un quartier de classe moyenne, avec sa conjointe Beatriz Gutiérrez Müller, historienne et spécialiste des communications, auteure de plusieurs ouvrages. AMLO a ainsi réduit de moitié son salaire mensuel, l’abaissant à 5 700 USD. Il a renoncé à la résidence présidentielle (Los Pinos) et en a fait un centre culturel au profit des citoyens, installant ses quartiers au Palais national sur le Zocalo. Tous les matins, à 7h, il y tient une conférence de presse afin d’informer les citoyens par l’entremise des journalistes. Il a mis en vente l’avion présidentiel et voyage sur des vols commerciaux, se soumettant aux mêmes contrôles que ses compatriotes. Désormais aucun fonctionnaire ne pourra gagner plus que lui. Dans les ministères l’écart entre le mieux payé et le moins payé ne devra pas dépasser un rapport de 12 pour 1, alors que présentement des cadres peuvent gagner 80 fois ce que gagnent les salariés les moins bien payés. Les juges ont accepté de s’imposer une baisse de traitement de 25 % ramenant leurs émoluments mensuels à 10 000 USD.

Il s’est engagé à réduire la pauvreté par la hausse du salaire et la création d’emplois. En vertu d’un pacte avec le patronat, il a décrété une hausse de 16 % du salaire minimum, la plus forte hausse en 23 ans. Le salaire minimum est ainsi passé de 88 à 102 pesos par jour (5,11 USD). Mais dans la zone frontalière nord, le salaire a été porté à 176 pesos (8,79 USD). Une étude du Coneval a établi que le pouvoir d’achat réel des ménages à faible revenu avait diminué de 20 % entre 1992 et 2016 et que 53,4 millions de Mexicains (43,6 % de la population totale) vivaient sous le seuil de pauvreté, dont 7,6 millions qui vivaient dans l’extrême pauvreté. La moitié des enfants mexicains – plus de 20 millions – vit dans la pauvreté. Le gouvernement veut développer l’économie sociale. Il prévoit doubler la valeur des prestations de retraite et accorder une pension universelle aux personnes souffrant d’un handicap. 

Il entend améliorer et étendre l’éducation en distribuant 10 millions de bourses (son slogan de campagne était : « Becarios sí, sicarios no »). Il parle de créer 100 universités publiques. Soucieux de valoriser le métier d’enseignant, il a mis fin aux évaluations arbitraires qu’avait instituées l’administration précédente. La création de deux millions de postes d’apprentis salariés en entreprise facilitera l’embauche des jeunes. Les entreprises ont déjà offert 300 000 postes. 

L’accès aux soins de santé sera amélioré pour tous. Actuellement bien des Mexicains, ceux qui travaillent dans le secteur informel, n’ont pas accès aux soins ni aux médicaments gratuits réservés aux salariés qui paient des cotisations rattachées à leur condition de syndiqués. 

Un combat sans merci sera mené contre la corruption et l’impunité. Une loi ferait de la corruption un délit grave, ce qui impliquerait que les membres du gouvernement, y compris le président, perdraient leur immunité et pourraient être jugés pour un tel délit au cours de leur mandat. Récemment AMLO s’est attaqué au vol de carburant qui afflige la rentabilité de Pemex. Ce vol a représenté des pertes de plus de 3,3 milliards USD en 2018, soit 60 % de ce que coûtera la hausse des pensions aux retraités! La « traite des oléoducs » s’est développée depuis 2000 sans que l’État ni Pemex n’interviennent. Des fortunes sont nées du détournement de carburant. En 2018, il y aurait eu 12 000 saignées. Les huachicoleros sont membres de cartels qui perforent les oléoducs, quitte à ce que de petites gens se servent ensuite, au risque de périr dans une explosion comme cela s’est produit dans l’État de Hidalgo. Les militaires ont été mobilisés pour la surveillance. Des oléoducs ont été fermés, obligeant Pemex à acheter des centaines de camions-citernes. Des pénuries de carburant en ont résulté, car le pays consomme 800 000 barils par jour.   

Le Mexique entend récupérer sa souveraineté. Il ne sera plus une «piñata » que les invités rompent pour s’approprier les friandises. Le Mexique s’est retiré du Groupe de Lima dont la seule fonction était était d’œuvrer à un changement de gouvernement au Venezuela pour le compte des États-Unis. AMLO a rappelé le principe de base de la diplomatie mexicaine : la non-ingérence dans les affaires des autres pays. Et de prôner la résolution pacifique des conflits par la médiation.  

Le commerce avec les États-Unis est un volet essentiel de l’économie mexicaine. Les échanges entre les deux pays totalisent annuellement 600 milliards USD et les investissements directs US dépassent les 100 milliards. Plus de 1,2 million d’emplois aux États-Unis reposent sur les exportations au Mexique. On doit comprendre que la construction d’un mur sur la frontière gênerait ces échanges. Il ne saurait être question que la facture soit refilée au Mexique d’aucune façon. Concernant l’émigration, le Mexique veut par la création d’emplois mieux rémunérés réduire à la source l’incitatif à l’émigration transfrontalière. Il a demandé au voisin du Nord de participer à un programme de développement pour les pays d’Amérique centrale d’où partent ces caravanes de migrants qui inquiètent tant Donald Trump et ses partisans.

AMLO devra s’attaquer à l’insécurité et à la violence, celles qui sont imputables aux cartels et celles qui proviennent des forces de sécurité, avec comme bilan plus de 100 000 morts et des dizaines de milliers de disparus depuis 2006. La disparition forcée a commencé en 1968 sous la présidence de Díaz Ordaz. D’abord occasionnelle elle est devenue une pratique courante vers 1974 et au-delà sous l’empire de la « guerre sale ». Elle a pris une grande ampleur sous Calderón à la faveur de la guerre contre les narcotrafiquants, puis a continué de plus belle sous Peña Nieto. Le nombre de disparus s’établissait en janvier 2019 à 40 180. Selon AMLO, les problèmes de sécurité publique sont liés à la décomposition des corps policiers et à la corruption qui les gangrène. Il vient d’obtenir du Congrès et des États l’aval pour la création d’une Garde nationale composée de soldats de la marine, de l’armée et de la police fédérale, sous le commandement du ministère de la Défense. La militarisation de la sécurité publique a néanmoins soulevé des objections et des inquiétudes tant il est vrai que les militaires en ont mené large sous les administrations antérieures. On peut déjà porter au crédit du gouvernement la libération de prisonniers politiques et l’annonce d’une révision d’autres détentions sans procès. Beaucoup des prisonniers libérés étaient des résistants à la réforme éducationnelle. La détermination à ne pas criminaliser la protestation sociale est aussi très encourageante. Le gouvernement a enfin créé une commission d’enquête sur la disparition (donc l’assassinat) en septembre 2014 des 43 étudiants d’Ayotzinapa et le rôle qu’a tenu le gouvernement Peña Nieto dans l’exécution et le camouflage.  

Si la « quatrième transformation » du Mexique peut soulever espoirs et enthousiasme, la tâche demeure titanesque. AMLO est pressé d’appliquer son programme, ce qui ouvre la porte à des improvisations et à des dérapages. Le président est élu pour un mandat de six ans non renouvelable. S’il n’est pas tout-puissant comme à l’époque de Porfirio Díaz, il dispose de beaucoup plus de pouvoir que le président des États-Unis, n’ayant pas à affronter une séparation des pouvoirs aussi rigide et un système de poids et de contrepoids. Il entend gouverner avec le peuple et le consulter au besoin quitte à bousculer les institutions et de gros intérêts. Déjà il a annulé le projet de construction d’un nouvel aéroport de Mexico après avoir consulté les citoyens affectés. Cette décision comme celle de relancer la production et la distribution d’électricité par l’entreprise d’État créent des remous et des résistances dans le secteur privé. Les uns en attendaient de juteux contrats de construction alors que les autres se sont enrichis de la vente de l’électricité à prix forts. La connivence entre les hautes sphères du pouvoir et les milieux d’affaires fut à l’origine d’enrichissements illicites. 

Il est évident qu’AMLO dérange : des médias puissants deviennent la voix de l’opposition à ses mesures, à ses projets. Le président se fait de nombreux ennemis, ce qui ne peut qu’inquiéter son entourage dans un pays où l’assassinat politique a pris une ampleur dramatique. La dernière campagne électorale fut la plus mortelle de l’histoire mexicaine. Nombre d’élus et de militants ont récemment payé de leur vie leur engagement pour le changement. 

Il n’empêche que la perception du public est toute autre. À près de 100 jours de son entrée en fonction, AMLO peut se targuer d’un taux d’approbation qui frise les 80 %, une situation totalement inédite dans le Mexique.  

Claude Morin

 

Claude Morin. Professeur (retraité) d’histoire de l’Amérique latine, Université de Montréal.

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 18:44

Déclaration de Bolsonaro pendant la campagne électorale contre les mouvements populaires

« Ou vous partez en exil ou vous partez en prison », a-il dit, ajoutant « nous allons balayer ces bandits rouges du Brésil », et annonçant un « nettoyage jamais vu dans l’histoire de ce pays ». Il a précisé qu’il allait classer le Mouvements des paysans sans Terre (MST) et le Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) comme des organisations terroristes, et menacé Fernando Haddad de l’envoyer « pourrir en prison aux côtés de Lula ».

 

Comme prévu et redouté c'est le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro du PSL (parti social libéral) qui a emporté l'élection présidentielle du 28 octobre : soit sur 147 millions d'électeurs, 57.8 millions (55,13%) pour Jair Bolsonaro, 47 millions (44,9%) pour Fernando Haddad et 40 millions de personnes qui n'ont voté pour aucun des deux candidats.

Ce résultat est analysé d'abord comme un vote de classe, entre « Brésil riche »* et « Brésil pauvre » mais pas seulement. Le noyau dur de l'électorat de Bolsonaro est constitué du premier ; les états du nordeste les plus pauvres et les bénéficiaires des programmes sociaux ont voté Haddad. Mais il y a aussi des secteurs pauvres qui ont voté Bolsonaro. Comme ceux qui sont influencés par l'église évangéliste ( qui aurait 40 millions d'adhérents ) .

Quelques explications :

Les deux mandats de Lula 2002-2006 et 2006-2010 ainsi que les deux premières années de Dilma Rousseff ont été assez favorables économiquement ce qui a permis de contenter les classes pauvres (sans mécontenter pour autant les classes dominantes) grâce à l'investissement public et au secteur exportateur favorable. Les salaires et les allocations sociales ont été développés. Des programmes sociaux conséquents ont permis de sortir 40 millions de personne de la pauvreté.

La situation économique et sociale d'abord favorable s'est dégradée ensuite. A partir de 2012 , les revenus d'exportation baissent comme le cours des matières premières. La désindustrialisation, le chômage augmentent ainsi que la dette. Les pressions des dominants s'accroissent sur Dilma (élue en 2010) qui nomme un banquier d'affaires au ministère de l'économie afin de mettre en œuvre une politique de rigueur. En 2013 un grand mouvement social se développe pour sauvegarder les services publics; en particulier les transports trop chers et insuffisants; mais rapidement des secteurs de droite s'emparent du mouvement. Survient le scandale de corruption dit « lava jato » (lavage express). La droite et les médias s'y engouffrent pour dénoncer le PT et seulement le PT ; les alliés de droite du gouvernement de Dilma* se désolidarisent du gouvernement pour ne pas être entraînés eux mêmes dans le scandale dans lequel ils sont largement impliqués. Scandale de financement des partis qui touche une bonne partie de la classe politique et 14 partis sur 30; la droite et les médias ont accablé le PT le présentant comme le seul responsable, ce qui était loin d'être le cas. Mais indéniablement ce parti a été impliqué. Dilma Rousseff est destituée en Août 2016  de façon non fondée ( sur une procédure banale d'équilibre des budgets qui est une pratique courante au Brésil ) par le parlement (composé notamment de 200 députés du lobby agrarien, et de 87 évangélistes sur 513 parlementaires ). C'est ce qu'on a appelé le « coup d'état parlementaire ». En octobre 2016 le PT perd les élections municipales.

Mais le discrédit général, la dégradation sociale depuis Temer en particulier : le chômage passé de 4 à 13 %, les salaires baissés, la faim quasi éliminée revient en force, l'insécurité- pas nouvelle- mais grandissante ( le Brésil a un taux d'homicides record ) ont fini par faire sortir un candidat qui a fait campagne sur le retour de la sécurité (en se référant clairement à la dictature militaire) et se présentant comme anti corruption. Son discours ferme a convaincu : fin de la violence, armement des « bons citoyens », baisse à 16 ans de l'age de la majorité. Bolsonaro était député fédéral depuis 27 ans, il a appartenu à 7 partis avant d'intégrer le PSL (parti social libéral).

Aux législatives de 2018, la plupart des partis s'effondrent sauf le PT, qui recule cependant de 69 à 56 députés mais demeure le premier parti. Le PSL de Bolsonaro est passé lui de 1 à 52 députés et le parti républicain allié de 1 à 30.

Lula en prison

Lula était régulièrement très largement en tête des sondages. C'est pour éviter ce scénario qu'il a été mis en prison et empêché de se présenter à tout prix. C'est le juge Sergio Moro qui l'a fait condamner tout en reconnaissant « qu'il n'avait pas de preuve... mais une intime conviction de sa culpabilité ». La constitution prévoit qu'on ne peut condamner quelqu'un tant que les recours ne sont pas terminés. Et il s'avère que le juge est un proche de Bolsonaro.

Lula écarté, la campagne anti-PT a repris le dessus et sans doute favorisé l'abstention de nombreux électeurs du PT. La voie était alors ouverte pour Bolsonaro.

La campagne dans un climat radicalisé et violent : 10 militants de gauche assassinés entre le 15 Mars et le 15 Avril dont Mariela Franco, conseillère municipale de Rio du parti socialisme et liberté, elle avait eu la mauvaise idée de demander une enquête sur l'assassinat de citoyens noirs.

L'essentiel de son programme, en plus de ses propos racistes et sexistes (à la Trump) est plus qu’inquiétant : anti écologique il veut s'affranchir des réglementations environnementales, l'Amazonie déjà mal en point va souffrir plus encore au profit de l'agro-industrie et de l'élevage, et les indiens qui se sont tant battus pour leurs territoires aussi; programme de privatisation générale de toutes les entreprises publiques, gel pour 20 ans des dépenses publiques, annulation ou réduction des prestations sociales. Sur le plan international, sans surprise : rapprochement avec les USA, sortie de l'accord de Paris sur le climat, alignement avec Israël ( l'ambassade du Brésil va déménager à Jérusalem, la représentation des palestiniens va s’arrêter) ; sortie de l'UNASUR (union sud américaine sans les USA), confrontation avec le Venezuela et Cuba; suite aux déclarations hostiles de Bolsonaro à l'encontre de Cuba et du personnel médical de ce pays qui exerce dans un programme d'aide depuis 2013, le gouvernement cubain va rapatrier 8000 médecins remplacés par … rien ou presque.

L'association nationale des maires du Brésil (FNP) a tiré la sonnette d'alarme, rappelant dans un communiqué que près de 80 % des municipalités du pays « dépendent exclusivement du programme d'aide et que 90 % de la population indienne est traitée par des professionnels cubains ». Et la majorité des médecins brésiliens sollicités se sont désistés.

C'est à partir du 1er Janvier 2019, date de l'investiture que tout cela va se mettre en œuvre .

Mais comment, dans quelles conditions, avec quelles résistances ? Quelle va être la capacité des secteurs organisés, syndicats ouvriers, mouvement des sans terre, des sans logis à résister et à empêcher la réalisation de ce programme funeste ? C'est une partie de la question. L'autre étant la revitalisation du PT, affaibli mais encore important, à condition qu'il puisse faire son autocritique de son passage au pouvoir.

  • « Pour les catégories aisées qui ont voté Bolsonaro, il n’est plus possible de voir tous ces gens venus de classes « inférieures » accéder à l’université. Pour elles, les seuls qui peuvent suivre des études supérieures au Brésil, ce qui coûte cher, ce sont les riches. Autre exemple : la mesure qui a fait entrer les employés de maison – qui sont 8 millions dans le pays – dans le code du travail a suscité une rancœur terrible parmi ces catégories aisées. » Laurent Delcour (site du ETRI)                                                                                                                                Guy Maunoury

SOLAL Solidarité Amérique Latine de l'Agglomération caennaise  www.comite-amerique-latine-14.fr

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Published by Guy Maunoury - dans Amérique Latine
27 octobre 2018 6 27 /10 /octobre /2018 17:47

 

Trump intensifie ses efforts pour provoquer des changements de régime dans les pays d’Amérique latine qui refusent de se plier à ses desiderata, tout en gardant un silence hypocrite sur les violations des droits humains commises par des alliés américains comme l’Arabie saoudite.

Ces dernières années, la droite a refait surface en Amérique latine. La première étape de l’élection du prochain président du Brésil a vu le candidat de droite Jair Bolsonaro remporter 46 % des voix. À deux semaines du scrutin final, il mène de 16 %.

Même si les gouvernements progressistes qui placent l’égalité, l’éducation, les soins de santé et la lutte contre la pauvreté au premier plan de leur politique, sont toujours puissants dans la région, la dernière période a été difficile, y compris au Venezuela.

Mais il est également vital, en temps de crise, de se rappeler pour quoi se battent ceux qui, comme nous, participent à des campagnes de solidarité. Le décès d’Hugo Chavez en 2013 nous a tous bouleversés, mais les idéaux et les progrès sociaux pour lesquels il s’est battu ne sont pas morts avec lui. Ceux qui écoutent les médias de droite, ne voient en Chavez qu’un dictateur brutal, et refusent d’admettre qu’il a changé Venezuela en mieux. Chavez ne s’intéressait d’ailleurs pas uniquement à son propre pays : il voulait remodeler le continent tout entier. Il a été une inspiration pour ceux qui, comme lui, voulaient s’attaquer aux énormes inégalités et sortir du système néo-libéral qui nuit à la population.

J’ai eu l’honneur de le rencontrer lorsqu’il est venu à Londres en 2006 et de travailler avec lui par la suite. Ce qui m’a le plus frappé chez lui, c’est que contrairement à tant d’autres présidents et premiers ministres, c’était un homme simple, complètement dépourvu de la vanité ou de l’obsession de célébrité qui défigure tant de nos dirigeants. Il n’était pas issu d’un milieu politique et il avait passé sa carrière militaire à mener la lutte contre les guérillas qui tentaient de renverser le gouvernement réactionnaire du Venezuela. J’ai été très ému quand il m’a dit ce qui l’avait fait changer. C’est au cours d’une escarmouche où l’un de ses hommes, un de ses bons amis, a été abattu. Chávez l’a tenu dans ses bras pendant son agonie, et c’est à ce moment que Chavez a décidé que lui-même et son pays devaient changer.

J’ai pris la parole le week-end dernier lors de la campagne de solidarité avec le Venezuela, organisée pour commémorer le vingtième anniversaire de la première victoire électorale de Chávez. J’ai dit que nous devions faire connaître son vrai bilan.

Malgré les campagnes de diffamation des États-Unis et des médias, la tentative de coup d’État et les efforts incessants de l’opposition pour le chasser par des moyens antidémocratiques, Chávez est resté fidèle à son objectif de sauver le Venezuela. Comme on peut le voir par ses actes politiques :

– Il a mis en place le Programme Mission Miracle qui a sauvé plus de 3,5 millions de personnes de la de cécité en Amérique latine.

– Il a fourni 1,2 million de logements bons marchés aux plus démunis du Venezuela, et ce nombre ne cesse de croître depuis 2010.

– Ses programmes d’éducation ont éradiqué l’analphabétisme au Venezuela, 1,5 million d’adultes ont appris à lire et à écrire.

– Le nombre de Vénézuéliens bénéficiant d’une pension d’État a sextuplé.

– Il a également mis en place un service national de santé qui a permis de sauver la vie de millions de personnes.

Malheureusement, l’économie vénézuélienne est aujourd’hui confrontée à de réels défis, la chute massive des prix du pétrole a sapé l’économie, les exportations de pétrole étant la principale source de revenu du pays. Mais ce qui a causé le plus de dégâts, ce sont les sanctions américaines contre le Venezuela, qui ont commencé sous l’administration Obama, et qui ont été considérablement aggravées par Trump. Il s’agit notamment de l’interdiction pour les États-Unis d’acheter toute dette ou créance du gouvernement vénézuélien et du géant pétrolier public PDVSA.

Il n’est pas surprenant que les sanctions économiques aient accru les pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels tout en limitant la capacité du gouvernement à résoudre les problèmes économiques du pays. Ce sont les Vénézuéliens à faible revenu qui souffrent le plus. Les sanctions ont également accru la polarisation politique, rendant le dialogue indispensable plus difficile au moment où des voix internationales viennent soutenir les efforts du pays pour sortir de la crise.

Pendant sa campagne présidentielle, Trump a clairement indiqué qu’il voulait provoquer un changement de régime au Venezuela et on ne peut pas l’accuser de ne pas tenir sa promesse. Les sanctions contre le Venezuela, en sont la preuve d’autant qu’elles s’accompagnent de menaces d’une intervention armée.

On a appris le mois dernier, grâce au New York Times, que des officiers vénézuéliens dissidents avaient tenu une réunion secrète avec des responsables de l’administration Trump pour discuter du renversement de l’actuel président Nicolas Maduro. L’article expliquait que l’administration Trump avait refusé de les soutenir, mais les sanctions continuent. La Maison-Blanche a refusé de répondre aux questions sur ces entretiens mais a admis ’dialoguer avec tous les Vénézuéliens qui manifestent un désir de démocratie afin d’apporter un changement positif à un pays qui a tant souffert’.

Il y a déjà eu deux tentatives ratées pour renverser le gouvernement de Maduro, dont une en août pendant un rassemblement à Caracas, où deux drones ont explosé sans toucher leur cible.

Ce n’est pas la première fois que Trump menace publiquement d’intervenir militairement. En août 2017, il a dit ’nous avons le choix entre plusieurs options pour le Venezuela, y compris une option militaire si nécessaire.’

Cela fait des décennies que les Etats-Unis s’efforcent renverser des gouvernements progressistes ou parfois même des gouvernements qui affirment simplement leur souveraineté nationale, en utilisant toutes sortes de méthodes qui vont des coups d’État par des moyens détournés et discrets aux coups militaires, des sanctions aux blocus et de l’isolement international aux interventions militaires.

Les manifestations de belligérance tous azimuts de Trump, y compris sa volonté de construire un mur le long de la frontière avec le Mexique, sont accompagnées du versement de millions de dollars à des organisations qui œuvrent contre des gouvernements qui refusent d’obéir aux Etats-Unis, pour réaffirmer le contrôle américain dans la région.

Il n’y a pas que le Venezuela qui subit des sanctions, la République du Nicaragua et Cuba en subissent depuis près de soixante ans. Ce qui n’est jamais dit dans les médias, c’est que ces sanctions sont illégales en vertu du droit international. Mais l’Amérique a un droit de veto aux Nations-Unies et domine les principales institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Des investissements dans son économie et une diversification qui lui éviterait de dépendre totalement du pétrole permettraient au Venezuela de résister à la politique de Trump. Espérons que le processus de dialogue qui se déroule au Venezuela et le succès des récentes élections régionales permettront de revenir à la normale et de relever les défis auxquels le pays est confronté.

Mais Trump n’a pas que le Venezuela en ligne de mire. Après la réélection des Sandinistes (FSLN) en 2016, la dernière attaque des États-Unis contre le Nicaragua est le Nicaraguan Investment Conditionality Act qui vise à bloquer les prêts de la Banque mondiale, de la Banque internationale de développement et d’autres institutions au Nicaragua. Le Nicaragua reçoit chaque année des millions de dollars de prêts pour investir dans les infrastructures et les programmes éducatifs et sociaux. Cette loi a été largement condamnée, notamment par les représentants des entreprises, le parlement et les syndicats.

Trump reprend l’attitude hostile de George W Bush vis à vis Cuba. En juin de l’année dernière, Trump a promis de revenir sur les modestes progrès réalisés sous Obama et de renforcer le blocus étasunien de l’île, malgré l’opposition de la plupart des Cubano-américains. Trump a aussi expulsé 60% des diplomates cubains pour satisfaire les partisans de la ligne dure.

Il faut savoir qu’il y a une alternative à l’agenda de Trump. L’opposition à Trump se renforce aux Etats-Unis, en Amérique latine et dans le monde entier, y compris ici en Grande-Bretagne, où le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a fait preuve d’une réelle intégrité en étant la première personnalité politique nationale à demander à Theresa May de renoncer à recevoir Trump. Corbyn a dit : ’Soyez sûrs que je m’opposerai et que le parti travailliste s’opposera à tous ceux qui attisent les peurs chez nous et à l’étranger, et le parti travailliste se tiendra sans équivoque aux côtés de ceux qui manifestent contre Trump et il le fera jusqu’à notre victoire’.

Ken Livingstone

Traduction : Dominique Muselet

URL de cet article :
https://www.legrandsoir.info/belligerance-tous-azimuts-trump-veut-reprendre-le-controle-de-l-amerique-latine-rt.html
https://www.rt.com/op-ed/441282-latin-america-regime-change/
Publié par Venezuela infos dans Guerre économique, histoire de la révolution bolivarienne, Médiamensonges / désinformation / propagande

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 14:07

2 Août 2018, 16:44pm|  Publié par Bolivar Infos

Dans un Etat qui a subi un coup d'Etat, rien n'est ce qu'il semble être. Rien de ce que dit la TV n'est vrai. Des autorités ? Aucune. Seulement des escrocs ou des porte-parole du pillage.

Pacaraima, dans l'état de Roraima, au nord du Brésil, est redevenue une municipalité en 1995. Frontalière avec le Venezuela, elle compte environ 12 000 habitants et c'est une invasion de commerçants dans une réserve indigène, la Réserve de São Marcos. Le siège de la Mairie est un hangar de distribution de produits. Le seul charme de la ville est le commerce sur son avenue principale, la Rue du Commerce.

L'électricité de Pacaraima vient du Venezuela. Dans l'unique station service, l'essence vient du Venezuela. Les habitants de Pacaraima dépendent du Venezuela pour le commerce de la municipalité et pour leur consommation d'énergie. Sans essence, le commerce et la circulation s'arrêtent à Pacaraima. Sans acheteurs vénézuéliens, le commerce s'arrête à Pacaraima. 

Pacaraima compte plus de 90 taxis qui passent librement la frontière entre les 2 pays pour assurer le service de transport entre les frontières. Les Brésiliens non indigènes et les Vénézuéliens sont associés depuis des décennies et ces alliances soutiennent Pacaraima.

Et la haine surgit aujourd'hui ?

La politique locale est dirigée par les grands propriétaires terriens, envahisseurs des terres indigènes. Difficile de trouver un maire qui n'ait pas un long casier judiciaire, un parcours obligatoire pour obtenir un siège au Congrès National pour Roraima.

Des conflits entre ces envahisseurs et les Indiens sont constants et l'extermination des Indigènes dans la région de Pacaraima est alarmante depuis des années. Le lobby favorable à la disparition de la Réserve de São Marcos fait bouger la politique locale.

Une ville commandée par la politique de la violence, des assassinats commandités et de la xénophobie depuis longtemps était l'endroit parfait pour le conflit de ce week-end. 

Le surveillant Wandenberg Ribeiro Costa, fier d'avoir organisé l'acte fasciste de Pacaraima, figure sur la liste des gens payés par la Mairie. Le maire, Juliano Torquato, qui, en octobre 2017 avait renversé 2 enfants vénézuéliens, était comme par hasard hors de la ville lors de l'action honteuse de son employé.

En juin de cette année, une autre « protestation » avait été organisée contre les Vénézuéliens grâce à la création d'une commission qui, lors d'une réunion avec le Ministre de la Justice, avait demandé des renforts au Gouvernement illégitime et plus d'argent pour la Ville. Les dirigeants de cette commission étaient 3 secrétaires de mairie, 2 conseillers municipaux , 1 représentant du Commerce et 3 habitants.

Les dirigeants qui ont provoqué cette attaque violente contre les Vénézuléiens ont déjà dirigé une attaque contre le siège de la FUNAI (Fondation Nationale de l'Indien), ont déjà créé des bandes de bandits pour attaquer les Indiens et faire un énorme lobby au Congrès National pour la disparition de la Réserve Indigène de São Marcos pour repousser les limites de la Ville en envahissant plus de terres indigènes et déforester la région pour étendre la culture du riz.

Ces mêmes grands propriétaires terriens qui soutiennent le coup d'Etat, s'organisent à présent pour provoquer, avec la barbarie de ce week-end, un affaiblissement du Venezuela et organiser une provocation contre ce pays, quelques jours après que le Secrétaire à la Défense des USA, le « petit chien fou » ait discuté avec le Ministre de la Sécurité Publique Raul Jungmann, de la Défense, Joaquim Silva y Luna et avec le Ministre des Affaires Etrangères Aloysio Nunes de « solutions » pour l'immigration vénézuélienne au Brésil.

Il n'est pas étonnant que l'armée ne soit pas intervenue dans le pillage fasciste de Pacaraima.

Il est important de comprendre le contexte historique de la région, ses conflits et les bases sur lesquelles ils sont fondés. Il est important de revoir le calendrier des événements pour analyser ce qui, en fait, se produit quand une mobilisation dans ce domaine, en rien spontanée, a lieu. Elle n'a pas surgi ainsi, de rien. Elle n'a pas été faite seulement pour nous faire honte bien qu'elle ait atteint rapidement cet objectif mais elle a toujours une caractéristique : faire passer pour « populaire » ce qui est criminel et politique.

L'attaque de Pacaraima a été organisée par des politiciens locaux, de gros propriétaires génocides par nature unis à des sphères du gouvernement illégitime et putschiste sous le commandement des USA. Ils ont chanté l'hymne brésilien parce qu'ils n'ont pas encore appris l'hymne étasunien.

Source : Brasil de Fato  Traduction du Portugais : Pilar Troya

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infolivarinfos.over-blog.com/2018/08/venezuela-a-qui-est-pacaraima-a-la-frontiere-du-bresil-et-du-venezuela.html

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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 18:10
 
Amérique Latine : Le castro-chavisme est une peur fabriquée par la presse occidentale

INTERVIEW D'OLIVER STONE par Laura Campos Encinales, journaliste à SEMANA 11 novembre 2017; reprise ici en hommage au Président Hugo Chavez pour le 64° anniversaire de sa naissance.

SEMANA: votre cinéma, comme aucun autre, reflète la politique et le pouvoir du XX° et du début du XXI° siècle et est, en plus, extrêmement polémique. Pourquoi ?

Oliver Stone: C'est très simple : je ne suis pas d'accord avec la politique étasunienne et je le dis clairement dans les films. Pour cela, je me focalise sur les situations qui mettent en évidence l'hypocrisie de la politique étrangère de mon pays.

SEMANA: On critique votre admiration pour Fidel Castro et Hugo Chávez et la façon dont vous remettez peu Poutine en question dans votre dernier documentaire, « Conversations avec Poutine » (2017). Un réalisateur ne devrait-il pas être neutre ?

Oliver Stone: Le problème n'est pas que je sois neutre ou pas, le problème est que les gens qui critiquent mon travail, généralement, ne le voient pas. Alors, comment pouvons-nous avoir une discussion intelligente ? Ni mon documentaire sur Castro, « Comandante » (2003) ni celui sur Poutine ne sont arrivés sur les grandes chaînes de télévision aux Etats-Unis : tous 2 ont été diffusés sur le câble, c'est à dire que la plupart des gens ne les ont pas vus et ne les verront pas. Dans ce pays, qui sans doute a eu une conscience, il n'y a pas d'espace pour de telles réflexions. Et pour parler de la presse parce qu'il n'y en a pas.

SEMANA: Les gens pensent que les Etats-Unis sont l'un des pays qui a le plus de liberté de la presse au monde...

Oliver Stone: La presse étasunienne est totalement commerciale et appartient à de grandes corporations. Le professeur Noam Chomsky, un intellectuel de gauche, n'a pas le droit de s'exprimer sur les grandes chaînes de télévision. Et quand j'ai sorti « Au Sud de la frontière » (2009), on ne m'a invité à aucune émission de radio nationale. Ca, c'est, évidemment, avoir un ordre du jour.

SEMANA: Alors, il n'y a pas moyen d'être objectif ?

Oliver Stone: Pour faire ces 2 documentaires, j'ai passé beaucoup de temps avec Poutine et avec Castro. Cela, pour certains, peut me rendre enclin à la subjectivité et pour d'autres, à l'objectivité. A moi, personnellement, peu m'importe. Ce qui est réellement important, c'est d'écouter attentivement le personnage. Objectif ? Mon cul !

SEMANA: A ce propos, que pesez-vous du fait qu'on vous qualifie d'intellectuel de gauche ? Croyez-vous encore en la gauche et en sa réussite politique ?

Oliver Stone: aujourd'hui, le concept de gauche est une plaisanterie, en particulier dans mon pays. Je suis ce que je suis : un cinéaste, un dramaturge qui va interviewer des chefs d'Etat. Rien de plus. Ce qui est évident, c'est que les Etats-Unis contrôlent une grande partie du monde et que celui-ci n'est plus divisé en gauche, droite et centre. La division est simple : les Etats-Unis et les autres.

SEMANA: Hugo Chávez apparaît dans 2 de vos documentaires « South of the Border » («  au sud de la frontière ») (2009) et « Mon ami Hugo » (2014). comment voyez-vous aujourd'hui le Venezuela sans lui ?

Oliver Stone: Je ne suis pas retourné au Venezuela depuis 4 ans, depuis que Chávez est mort mais une chose : Chávez a fait beaucoup de changements positifs, sa réforme a été équivalente à celle qu'a fait Franklin Delano Roosevelt aux Etats-Unis pendant la Grande Dépression. Il a amené d'énormes changements dans l'éducation, le bien-être et l'économie et il a donné de l'espoir aux nouvelles et vieilles générations. Evidemment, la révolution a causé des turbulences mais les turbulences sont venues des plus riches.

SEMANA: Alors, pourquoi le monde perçoit le contraire ?

Oliver Stone: Parce qu'il y a toute une infrastructure conçue pour produire cet effet, soutenue, en dernier ressort, aux Etats-Unis et par leur rejet de Chávez et des Gouvernements qui soutiennent la révolution. C'est pourquoi l'idée que ce qu'il a fait est un échec s'est tellement imposée. Mais cette tentative de révisionnisme concernant les changements qu'a fait Chávez ne va pas triompher parce que les 2 générations auxquelles il a donné du pouvoir et la révolution socialiste resteront et les gens ne reviendront jamais à l'ignorance, à la stupidité et à la pauvreté auxquelles ils étaient soumis auparavant.

SEMANA: Mais comment nier la répression que jour après jour montrent les informations ?

Oliver Stone: Aujourd'hui, on voit dans les médias qu'il y a des protestations et des problèmes d'ordre public au Venezuela. Cependant, on oublie qu'en 2002 aussi, il y a eu des protestations et de la répression quand ils ont essayé de se défaire de Chávez avec le coup d'Etat soutenu et reconnu par les Etats-Unis. Alors, même si les médias montrent le Venezuela comme un endroit soumis au chaos, je ne suis pas là pour le vérifier. Je ne sais pas non plus si Maduro a les mêmes aptitudes que Chávez pour diriger les hommes, je ne vais pas le critiquer. Mais quelque chose attise a curiosité : pourquoi le Venezuela attire-t-il toute l'attention de la presse étasunienne et pourquoi pas la Colombie?

SEMANA: Dans quel sens ?

Oliver Stone: La Colombie, je crois, a eu beaucoup plus d'assassinats que le Venezuela. Même cette année et l'année dernière. La Colombie est un pays bien pire pour une personne pauvre que le Venezuela. En Colombie, autant que je sache, et je l'ai entendu de sources de première main, maintenant qu'ils ont signé la paix avec les FARC, les paramilitaires tuent encore des gens : des syndicalistes et des professeurs. Cela me fait penser qu'il y a peut-être une histoire occulte de la Colombie qu'on ne raconte pas.

SEMANA: Et vous aimeriez la raconter ?

Oliver Stone: Je ne sais pas. Je sais seulement que les Etats-Unis voient dans la Colombie un grand allié et qu'Álvaro Uribe a beaucoup de pouvoir et de popularité. Je sais aussi que les Etats-Unis ont soutenu les paramilitaires dans 4 pays d'Amérique Latine : le Honduras, le Guatemala, le Nicaragua et le Salvador et que probablement, ils font la même chose en Colombie. Tirez vos conclusions.

SEMANA: En Colombie et dans d'autres pays d'Amérique Latine, il y a une peur générale du “castro-chavisme”. En d'autres termes, les gens ont peur que leur pays devienne un autre Venezuela ou une autre Cuba. Que pensez-vous de cela ?

Oliver Stone: Le castro-chavisme est une peur fabriquée par la presse occidentale. Penser que la Colombie sera « castro-chaviste » est une pensée très pauvre. Ils devraient bien plus penser à quoi faire avec tous ces oligarques corrompus qui possèdent la terre et l'industrie. Pour moi, ce terme ridicule de castro-chavisme n'est rien d'autre qu'une simple diabolisation du changement et de la révolution.

SEMANA: N'avez-vous pas parfois l'impression que votre cinéma politique et social ternit d'autres de vos films comme « Tueurs nés » ou « Les Doors »?

Oliver Stone: J'aime faire du cinéma divertissant et à la fois social et je crois que j'y suis arrivé. En particulier avec « Tueurs nés » (1994), « Savages » (2012) et « U turn » (1997), qui sont des films policiers. Et parce que l'entreprise criminelle, pourrait-on dire, a une signification sociale. 

SEMANA: Vous êtes de ceux qui croient qu'on peut sauver l'humanité grâce à l'art ?

Oliver Stone: Je ne crois pas que l'humanité puisse être sauvée. Je crois que les films sont importants mais sont également fragiles et ne pourront jamais changer le politique stupide d'un pays. Sans cinéma, la race humaine perdra et la politique, avec son absence d'émotion et de cœur, détruira encore plus les pays. Peut-être le cinéma aide-t-il mon pays à conserver son âme. Mon pays a besoin d'une âme et la Colombie aussi. Je ne sais plus où est l'âme de la Colombie depuis qu'Álvaro Uribe est au pouvoir.

SEMANA: Pourquoi êtes-vous ambigu envers Trump? Vous l'aimez ou non ? Pourquoi ?

Oliver Stone: Je le verrai de cette façon : moi, je suis un homme de paix et je pense que mon pays a la responsabilité de travailler à la paix du monde sans intervenir dans d'autres pays. Aux dernières élections, nous avons eu 2 candidats : Clinton était une belliciste, une interventionniste de haut vol et Trump, la vérité, c'est que je ne sais pas ce qu'il était. J'avais espéré qu'il ne soit pas interventionniste mais les guerres, les attaques avec des drones, la surveillance continuent. Rien n'a changé. Ses positions sont aussi stupides que celles de Bush mais Trump a dit quelque chose de plus dangereux : qu'il veut gagner la prochaine guerre. Qu'est-ce qu'il veut dire ? Je ne sais pas mais nous devrions avoir peur.

SEMANA: Quelle solution voyez-vous ?

Oliver Stone: Mieux encore, quelle solution je ne vois pas. Clinton n'est pas une solution parce qu'aux Etats-Unis, il n'existe pas de parti de la paix. Et le fait que les Etats-Unis sont très à droite et que c'est de pire en pire doit inquiéter l'Amérique Latine. Ce que nous devons faire, c'est trouver une autre façon de chercher la paix. Tous, en tant qu'humanité.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos  http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/07/amerique-latine-le-castro-chavisme-est-une-peur-fabriquee-par-la-presse-occidentale.html

Source en espagnol : http://www.resumenlatinoamericano.org/2018/07/28/oliver-stone-el-castrochavismo-es-un-miedo-fabricado-por-la-prensa-occidental/

 

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 18:33
MEXIQUE : LETTRE DU NOUVEAU PRESIDENT LOPEZ OBRADOR A DONALD TRUMP

Mexico, 12 juillet 2018

A Mr. Donald J. Trump

Président des Etats-Unis d'Amérique.

 

Je souhaite, en premier lieu, vous remercier pour la bonne disposition et le traitement respectueux que vous nous avez manifestés dès 2 juillet dernier, lors de notre longue conversation téléphonique. J'apprécie aussi l'assistance d'une délégation de secrétaires de votre cabinet et d'autres hauts fonctionnaires à mon bureau pour engager des conversations sur l'avenir des relations entre nos pays.

Comme je l'ai dit lors de notre conversation, je vous soumets la proposition suivante dont le but est d'engager une nouvelle étape dans les relations entre le Mexique et les Etats-Unis basée sur le respect mutuel et l'identification des domaines d'entente et d'intérêts communs.

Je vous propose, en premier lieu, de faire un effort pour avancer complètement dans les domaines importants dans lesquels réside l'essence des relations bilatérales : le commerce, la migration, le développement et la sécurité. Bien entendu, il y a d'autres domaines très importants dans notre avenir mais je considère qu'il faut trouver une voie commune dans ces 4 domaines pour avancer sur d'autres points des relations bilatérales.

Le Mexique, Monsieur le Président Trump, est le foyer de la plupart des Etasuniens qui vivent hors de l'Union Américaine. De même, les Etats-Unis sont le foyer de la plupart des Mexicains qui vivent hors de nos frontières. Je considère que l'entente que je vous propose dans cette lettre devrait nous conduire à un traité digne qui respecte ces communautés.

En matière de commerce, il me semble qu'il vaut la peine de faire un effort pour conclure la renégociation du Traité de Libre Commerce de l'Amérique du Nord. Je pense que prolonger l'incertitude pourrait freiner les investissements à moyen et à long terme, ce qui évidemment, rend plus difficile la croissance économique au Mexique et, par conséquent, la stratégie du Gouvernement que je vais devoir diriger qui cherche à générer des emplois et à améliorer les conditions de vie de tous les Mexicains. Sur ce point, je vous propose de reprendre les négociations avec les représentants du Mexique, du Canada et des Etats-Unis. Notre équipe de transition y participera en coordination avec les fonctionnaires de l'actuel Gouvernement mexicain.

Au sujet de la migration, je dois dire que le but principal de mon Gouvernement sera d'obtenir que les Mexicains n'aient plus besoin de migrer à cause de la pauvreté ou de la violence. Nous ferons que la migration soit un choix et non une nécessité. Nous nous efforcerons d'obtenir que les gens trouvent du travail et le bien-être sur leur lieu d'origine où sont leur famille, leurs coutumes et leur culture. Pour atteindre ce but fondamental, le Gouvernement entrant mènera à bien le plus gros effort qui ait jamais été fait au Mexique. 

Le nouveau projet de pays que nous mettrons en pratique consistera à éradiquer la corruption, abolir l'impunité, agir avec austérité et destiner tout ce qui sera épargné au financement du développement du pays.

Dès le 1° décembre de cette année, nous ferons plus d'investissements publics qui sera utilisé comme capital d'amorçage pour fomenter l'investissement privé et pour consacrer des budgets importants à la production, à la création d'emplois, à la réactivation du secteur agro-alimentaire et énergétique, à l'éducation, à la culture et à la santé ainsi qu'au développement régional du sud au nord en mettant en pratique des projets pour retenir la population dans ses villages en lui donnant plus d'opportunités de travail et de bien-être.

Ainsi, par exemple, nous allons semer un million d'hectares d'arbres fruitiers et d'arbres à bois dans le sud-est du pays autant pout leurs effets de rétablissement de l'écologie que pour créer 400 000 emplois. On organisera le tourisme dans les Caraïbes et dans les zones archéologiques des cultures olmeca et maya, c'est pourquoi nous allons construire une voie ferrée pour un train à grande vitesse qui fera le trajet Cancún-Tulum-Bacalar- Calakmul-Palenque.

On créera aussi un corridor économique et commercial dans l'isthme de Tehuantepec. Ce projet implique de profiter de la situation stratégique de cette bande du territoire national pour unir le Pacifique et l'Atlantique et ainsi faciliter le transport de marchandises entre les pays d'Asie et la côte est des Etats-Unis.

Il s'agit d'un corridor de 300 kilomètres dans lequel on construira une voie ferrée pour le transport de conteneurs. La route existante sera élargie, on rénovera les ports de Salina Cruz et Coatzacoalcos, on profitera du pétrole, du gaz, de l'eau, du vent et de l'électricité de la région et on installera des usines pour assembler des pièces et fabriquer des articles manufacturés.

Toute cette zone de l'Isthme deviendra une zone libre ou franche. Evidemment, ce projet sera mené à bien sans qu'il soit porté atteinte à notre souveraineté et on encouragera la participation du secteur public, privé et social. Dans ce cas, dans tout autre projet, on tiendra compte de l'impact environnemental et on ne portera pas atteinte aux droits des populations et des propriétaires des terres. Au contraire, ils seront pris en compte, consultés et incorporés au projet comme une partie importante.

En particulier, les propriétaires des terres qui feront partie de ce corridor seront invités à participer en tant qu'actionnaires de l'entreprise qui sera constituée. La construction de ces œuvres et les usines qui seront installées génèreront un grand nombre d'emplois et on évitera, grâce à cela, que les jeunes de la région continuent à émigrer vers le nord pour trouver du travail.

De même, nous fomenterons le développement, tout le long des 3 185 Km de frontière avec les Etats-Unis et là, on créera une zone libre ou franche pour promouvoir l'investissement, le développement de la production et de la technologie ainsi que la création d'emplois. Ce sera le dernier rideau pour retenir les travailleurs sur notre territoire.

Précisément, je signale ce qui suit : les douanes mexicaines vont pouvoir agir vers le sud, à 20 ou 30 km de la ligne frontière. Dans la zone libre ou franche, on réduira l'Impôt Sur le Revenu (ISR) à 20%, l'Impôt sur la Valeur Ajoutée (TVA) sera de 8% en moyenne, la moitié de son taux actuel.

En particulier dans les villes frontalières, on appliquera le même taux d'imposition que du côté étasunien, c'est à dire qu'en Californie, ils paient 8,5%, en Arizona, 8,2%, au Nouveau Mexique, 7,5% et sur la frontière avec le Texas, 8,2%. On réduira les impôts Spéciaux sur la Production et les Services (IEPS) pour que l'essence, le diésel et l'électricité soient au même prix qu'aux Etats-Unis : dès le 1° décembre, dans toute la zone libre de la bande frontalière, on doublera le salaire minium par rapport à celui en vigueur actuellement.

Il s'agit d'une question de justice et il n'y a aucun risque d'inflation parce qu'il y aura, comme nous 'avons dit, une réduction des impôts et des prix de l'énergie de sorte que, en augmentant les salaires et en baissant les autres prix, le niveau général des prix restera le même ou même pourrait baisser. Dans toutes les villes de cette zone libre, on mettra en place un plan urbain intégral qui comprendra une mise en ordre de l'utilisation du sol, l'introduction de l'eau potable, le drainage, le pavage des rues, la construction de logements, de garderies, d'unités sportives, d'espaces culturels, d'écoles, d'hôpitaux et d'autres travaux et d'autres services.

Il y aura beaucoup de changements, Monsieur le Président Trump et dans cette nouvelle ambiance de progrès et de bien-être, je suis sûr que nous pourrons arriver à des accords pour affronter ensemble aussi bien le phénomène migratoire que le problème de l'insécurité sur la frontière, sur la base de la coopération pour le développement et sous le principe que la paix et la tranquillité sont les fruits de la justice. Tout cela dans le respect absolu des droits de l'homme.

Je considère également, comme je l'ai dit lors de notre conversation téléphonique, qu'on doit s'occuper totalement et aller jusqu'au fond du problème migratoire grâce à un plan de développement qui comprenne les pays d'Amérique Centrale dans lesquels des millions d'habitants n'ont aucune opportunité de travail et se voient obligés de quitter leur village pour trouve une vie meilleure et faire baisser leur faim et leur pauvreté.

Je vous affirme que mon Gouvernement est prêt à présenter à notre Congrès de l'Union cette initiative et cette proposition de budget pour contribuer avec des ressources économiques et notre propre expérience à cet effort conjoint. Si nous participions à ce plan, nous, les Etats-Unis et le Mexique, et nous y incluions les pays d'Amérique Centrale et que nous apportons chacun selon la dimension de notre économie, nous pourrions réunir une quantité considérable de ressources pour le développement de la région qui seraient destinées à 75% au financement de projets pour créer des emplois et combattre la pauvreté et à 25% au contrôle de la frontière et à la sécurité.

De sorte que, je le répète, nous nous attaquerions aux causes qui provoquent le phénomène migratoire. En même temps, chaque Gouvernement, du Panamá au Río Bravo, travaillerait à rendre inutile la migration économique de ses citoyens et à s'occuper de ses frontières pour éviter la transport illégal de marchandises, d'armes et le trafic de drogues et ce serait, pensons-nous, la façon la plus humaine et efficace de garantir la paix, la tranquillité et la sécurité de nos peuples et de nos nations.

Monsieur le Président Trump, j'attends vos commentaires concernant mes propositions destinées à une entente amicale et de respect mutuel avec vous, avec votre peuple et avec la grande nation que vous représentez.

Le Mexique et les Etats-Unis ont été 2 pays qui, entre autres choses, par leur situation géographique, ont eu une histoire commune hors du commun. Il y a eu des moments de tension et de différends ainsi que d'autres d'entente et de respect. Beaucoup de bonnes choses nous unissent. Des liens qui ne peuvent être rompus : la culture, la langue, les traditions et surtout une longue amitié et beaucoup de solidarité. En l'honneur de tout cela, nous devons continuer à travailler la main dans la main pour nous aider mutuellement. 

En ce qui concerne la politique, le fait que tous 2, nous sachions faire ce que nous disons et que nous ayons affronté l'adversité avec succès m'encourage. Continuons à mettre nos électeurs et nos citoyens au centre et à évincer l'establishment ou le régime prédominant. Tout est prêt pour commencer une nouvelle étape dans les relations de nos sociétés sur al base de la coopération et de la prospérité. Faisons-le.

Je vous adresse une accolade affectueuse.

Andrés Manuel López Obrador

  • Source: LA JORNADA

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos  http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/07/mexique-lettre-de-lopez-obrador-a-trump-texte-integral.html

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21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 20:30

La XXIV° Rencontre qui a eu lieu les 15, 16 et 17 juillet 2018 se prononce sur les événements qui se sont déroulés depuis le mois d'avril dans la République sœur du Nicaragua :

Nous condamnons l'ingérence et l'interventionnisme étranger du Gouvernement des Etats-Unis à travers ses agences au Nicaragua qui organisent et dirigent l'extrême-droite locale pour appliquer encore une fois sa formule connue appelée « coup d'Etat doux » pour renverser des Gouvernements qui ne correspondent pas à leurs intérêts, ainsi que l'action partiale des organismes internationaux subordonnés aux desseins de l'impérialisme comme la Commission Inter-américaine des Droits de l'Homme (CIDH).

Nous condamnons les actions de déstabilisation violentes et terroristes de la droite putschiste qui, conformément à la stratégie appliquée dans d'autres pays comme le Venezuela, prétend en pas reconnaître l'ordre constitutionnel du Nicaragua après l'échec de son objectif initial de renverser le Gouvernement sandiniste présidé par le Commandant Daniel Ortega Saavedra qui a encouragé le dialogue et le consensus en tant que moyen pour surmonter la crise.

Nous dénonçons les graves actes de barbarie et les violations des Droits de l'Homme commises par la la droite nicaraguayenne putschiste et terroriste grâce à la négation du droit à la libre circulation, à la destruction et à l'incendie de logements et d'édifices publics, à des enlèvements, des tortures et des assassinats ainsi que la prise en otage de villes entières par les hordes criminelles des groupes fascistes au service de impérialisme nord-américain qui ont imposé la terreur et la mort parmi leurs habitants, en particulier dans la population sandiniste.

Nous reconnaissons le droit légitime à se défendre exercé par le Gouvernement sandiniste face aux agressions perpétrées contre lui par les laquais de l'Empire, la légitime défense qui a été présentée par les médias de droite comme des massacres du peuple comme ils cherchent à présenter comme des prisonniers politiques les criminels et les tortionnaires capturés par les autorités nicaraguayennes.

Nous manifestons notre profond chagrin pour les morts survenues suite à la vague de violence qui a secoué le Nicaragua, instaurée et soutenue par les secteurs réactionnaires proches de l'impérialisme nord-américain. Des morts que les médias de droite ont manipulées en les présentant comme le produit de massacres perpétrés par les autorités alors qu'en réalité, elles ont été la conséquence d'affrontements provoqués par al droite fasciste comme l'a démontré le fait qu'il y a autant de morts dans les rangs de l'opposition que dans les rangs sandinistes, selon les propres experts envoyés par l'OEA. Pendant ce temps, pour sa part, la CIDH, malgré son évidente partialité contre le Gouvernement, s'est vue obligée de reconnaître qu'il n'y a pas eu de torture contre les personnes arrêtées par la Police nationale, ce qui contraste avec les agissements des groupes putschistes envers les personnes qui sont tombées entre leurs mains.

En conséquence, nous soutenons la poursuite des enquêtes et l'éclaircissement de tous les crimes commis ainsi que la sanction envers les responsables. En ce sens, nous soulignons le rôle de la Commission pour la Vérité.

Nous soutenons les convocations du Gouvernement du Nicaragua en faveur de la paix et nous affirmons qu'il faut surmonter cette situation grâce au dialogue dans le cadre de la Constitution et de la loi.

Nous soutenons le Gouvernement du Nicaragua à cause de ses avancées dans la rétablissement de l'ordre et des droits du peuple nicaraguayen, dont le droit à la libre circulation, violés par les putschistes de droite.

Nous appelons toutes les forces progressistes et révolutionnaires du monde à renforcer la solidarité envers la lutte du peuple frère du Nicaragua pour le rétablissement de la paix face aux tentatives criminelles de déstabilisation de l'oligarchie et de la droite pro-impérialiste en se joignant tous au slogan #NicaraguaQuierePaz.

Fait à la Havane, Cuba, le 17 juillet 2018.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos  http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/07/nicaragua-resolution-du-forum-de-sao-paulo.html

 

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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 14:55
AMERIQUE LATINE : ON GAGNE PLUS QU'ON NE PERD

Le 23 décembre 2017, dans un Brésil qui affronte la revanche néo-libérale effrénée du président de facto Michel Temer, le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans terre a inauguré un terrain de football au cœur de son université populaire, l’École Nationale Florestan Fernandes. Parmi les joueurs, des amis tels que l’ex-président Lula, le chanteur-compositeur Chico Buarque, compagnons de la lutte contre la dictature militaire issue du coup d’état de 1964, et les chanteurs Lirinha, Mano Brown et Otto.

Par Alfredo Serrano Mancilla @alfreserramanci

Ne serions-nous pas en train de surestimer la capacité de victoire électorale des projets politiques conservateurs ? Ou ne sous-estimons nous pas tous les acquis obtenus pendant ce changement d’époque progressiste ? Il ne suffit certainement pas de choisir entre deux hypothèses aussi opposées. Tout n’est pas noir ou blanc lorsqu’il s’agit de politique, mais tout n’est que nuances et subtilités.

Au cours des deux ou trois dernières années, parler de « fin de cycle », de « restauration libérale » en Amérique Latine était à la mode. Et ce n’est pas sans fondement. Il est vrai qu’il y a eu certains changements d’ordre politique très importants dans la région. Le cas du Brésil est bien sûr le plus emblématique, tant pour sa dimension que pour son rôle géopolitique. Celui de l’Argentine, après la victoire de Macri en octobre 2015, est également une source d’inquiétude parce que son arrivée au pouvoir marque un changement rapide de restauration des l politiques néolibérales. Dans le reste de la région, dans le camp progressiste, des échecs significatifs ont également eu lieu : les élections parlementaires de décembre 2015 au Venezuela et le référendum de Bolivie de février 2016. Certains retiendront également la perte pour la Révolution Citoyenne des plus grandes villes de l’Equateur lors des dernières municipales de 2014.

Ce sont des faux pas qui nous obligent à réfléchir et à faire une analyse critique de tout ce qui n’a pas été fait correctement, menant à un tel résultat. Mais cette remise en question, si caractéristique des intellectuels progressistes, nous fait perdre de vue que, malgré ces obstacles, on gagne plus que l’on ne perd.

Dans ce bilan, il faudrait considérer qu’après dix ans de corréisme en Equateur, la droite a perdu en avril 2017 et ce, bien que tout le monde se soit uni contre la candidature de Lenin-Glas. Et la victoire n’a pas été gagnée sans Correa, bien au contraire. Elle l’a été avec Correa en première ligne, qui parcourait le pays et faisait campagne.

Au Venezuela, en 2017, la Révolution Bolivarienne a remporté trois victoires : lors des élections à la Constituante (30 juillet), aux régionales (15 octobre) et aux municipales (10 décembre). La victoire est à nouveau dans le camp des chavistes qui démontrent ainsi bénéficier d’un vote solide (40-45%) qui représente un socle solide et loyal malgré les obstacles.

Au Nicaragua, le sandinisme a remporté une victoire écrasante tant aux présidentielles qu’aux municipales, qui oblige le président Trump à ressusciter l’arsenal reaganien dont le « Nica Act » pour contrer le développement de la nation centre-américaine.

Reste à voir ce qui va se passer au Brésil. Dans ce pays, Temer n’est pas arrivé au pouvoir porté par une victoire électorale de la droite. La dernière gagnante aux urnes a été Dilma; et tout semble indiquer que Lula a toutes les chances de remporter le prochain combat. Le Paraguay aura bientôt lui aussi rendez-vous avec les urnes (avril 2018) ; il est probable que la nouvelle alliance Libérale-Frente-Guasu (avec d’autres partis de gauche) gagne et empêche le Parti Colorado d’avoir un président.  Il est inutile de rappeler que ce pays a lui aussi connu un coup d’état pour empêcher l’arrivée de Lugo au pouvoir.

Si on fait le total de toutes les élections présidentielles, dans le bloc progressiste formé depuis le XXI siècle (Venezuela, Argentine, Nicaragua, Uruguay, Bolivie et Equateur) il y a eu 24 victoires et deux défaites, celle de Macri face à Scioli et celle de Piñera face à Guillier. Si on faisait ce calcul en tenant compte de toutes les élections, le résultat serait encore plus flagrant.

Tout cela ne signifie pas que tout est parfait ni que le bloc progressiste vit ses meilleures heures. Loin de là. Mais il ne faut pas non plus gonfler les avancées électorales du camp conservateur quand il a dû jouer sur le terrain progressiste. Le cas argentin est probablement le plus énigmatique de tous car la première victoire du macrisme s’est vue confirmée et renforcée lors des élections législatives partielles suivantes (octobre 2017). Désormais les choix de Cristina dépendront de sa capacité à relever le plafond, parce que jusqu’à présent cela n’a pas suffi pour gagner seule face au macrisme. Les divisions à l’intérieur du péronisme facilitent la progression du néolibéralisme argentine du XXIème siècle.

Lors des dernières élections au Honduras,  tous les organismes internationaux ont constaté trop d’irrégularités pour confirmer la victoire de Juan Orlando Hernandez.  L’heure est à la répression sanglante, et à la reconnaissance du dictateur par les Etats-Unis, mais aussi d’une volonté forte de résistance populaire.

Des élections sont prévues au Mexique en juillet 2018 et López Obrador est le principal favori à ce jour. En Colombie, tout peut arriver car Santos et Uribe sont en perte de vitesse et les gens sont fatigués de la vieille politique. Des candidates comme Piedad Córdoba reçoivent un accueil favorable auprès de  la population, même si les enquêtes tentent de le dissimuler. Au Pérou, des élections municipales auront lieu l’an prochain et Kuczynski est au plus bas dans les sondages alors qu’il est au pouvoir depuis peu; en revanche Verónika Mendoza a de plus en plus de chances de gagner.

Le panorama est incertain. La Bolivie et le Venezuela auront des élections présidentielles en 2019 et 2018 respectivement. Beaucoup de ce qui se dit sur la « fin de cycle « dépendra de ce qui va se passer à ce moment-là. A priori, Evo Morales et Nicolas Maduro devraient renouveler leurs mandats. En Equateur il est certain que le revirement de Lenín a entraîné un contretemps imprévu. Mais le retour de Correa est un fait, ce qui pourrait déboucher sur un panorama politico-électoral extrêmement complexe et encore difficile à prévoir.

En définitive, chiffres et analyses à l’appui, la restauration conservatrice est  loin de remporter les élections dans des pays qui sont passés par un cycle progressiste, exceptions faites de l’Argentine et du Chili. Qui plus est, elle se trouve en difficultés dans les pays où elle est au gouvernement. Et sans aucun doute, le Brésil sera le facteur déterminant. Si Lula remporte à nouveau la victoire, ce goal devra compter double. Et si de son côté le Mexique choisit Lopez Obrador, alors la victoire sera la plus large.

Source : http://www.celag.org/se-gana-mas-se-pierde/  

Traduction : Pascale Mantel

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