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"Los Guerreros del Arcoiris"
Cooperativa Humana/YVKE Mundial
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 18:00
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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 16:52

Voilà un peu plus d'un an que Cuba et les Etats-Unis ont amorcé un rapprochement diplomatique historique après l'imposition d'un embargo sur la petite île des Caraïbes par Kennedy en 1962. Les deux pays ont même rouvert officiellement leurs ambassades respectives. La France aussi cherche à se rapprocher de l'île. Après une visite très médiatisée à Cuba en mai 2015, François Hollande a reçu Raul Castro à l'Elysée début de cette année. Comment expliquer ce revirement diplomatique à l'égard d'un gouvernement cubain longtemps diabolisé ? Si Barack Obama a affirmé vouloir changer de stratégie, poursuit-il les mêmes objectifs que ses prédécesseurs ? Quel impact ce rapprochement aura-t-il sur Cuba ? Animateur du site Le Grand Soir et co-auteur du livre Cuba est une île, Viktor Dedaj répond à nos questions.

CUBA "LE RAPPROCHEMENT EST UNE VICTOIRE CUBAINE, UNE DECULOTTEE POUR LES ETATS-UNIS"
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 18:14
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 14:01
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 16:54

Depuis 1994, sous les auspices de l’Organisation des Etats américains (OEA), tous les pays du continent, à l’exception de Cuba exclue depuis 1962, se réunissent périodiquement dans le cadre du Sommet des Amériques pour débattre des questions d’intérêt commun. Sa septième édition se tiendra les 10 et 11 avril au Panamá et, présentée comme « historique », devrait compter sur la présence de Barack Obama et Raúl Castro.

La première rencontre d’Obama avec ses pairs a eu lieu lors du sommet tenu en avril 2009 à Puerto España (Trinité et Tobago). Nombre d’observateurs attendaient avec gourmandise le moment où le locataire de la Maison-Blanche croiserait le Vénézuélien Hugo Chávez, victime en 2002 d’une tentative de coup d’Etat soutenue par George W. Bush – également impliqué dans la tentative de déstabilisation du président bolivien Evo Morales en septembre 2008. Ceux qui espéraient un clash en ont été pour leurs frais. Obama a salué Chávez, en espagnol, d’un cordial « Cómo estás ? » et celui-ci lui a répondu en anglais « I want to be your friend ».

Sommet de Trinidad et Tobago (2009). Le président Chavez offre au président Obama “Les Veines ouvertes de l'Amérique Latine” de l'uruguayen Eduardo Galeano (1971), récit implacable du pillage des ressources de l'Amérique latine depuis le début de la colonisation européenne des Amériques jusqu'à l'époque contemporaine. On ignore si l’occupant du Bureau Ovale l’a lu.

Sommet de Trinidad et Tobago (2009). « I want to be your friend ! » : le président Chavez offre au président Obama “Les Veines ouvertes de l’Amérique Latine” de l’uruguayen Eduardo Galeano (1971), récit implacable du pillage des ressources de l’Amérique latine depuis la colonisation européenne des Amériques jusqu’à l’époque contemporaine.

Face à la majorité de chefs d’Etat catalogués « de gauche » ou « de centre gauche » arrivés au pouvoir depuis la fin des années 1990, Obama avait alors offert un dialogue « d’égal à égal », « un nouveau commencement », tout en confirmant qu’il maintiendrait l’embargo imposé à Cuba. Cette annonce a empêché la signature d’une « Déclaration finale » commune, mais, marquant un évident changement d’époque, il n’y a pas eu de confrontation.

Toutefois, rapidement, l’espoir de relations équilibrées s’est converti en déception. C’est bel et bien avec l’assentiment et parfois la participation directe de Washington, sous le mandat du même Obama, qu’ont été renversés les présidents hondurien Manuel Zelaya (2009) et paraguayen Fernando Lugo (2012), et qu’un soulèvement policier à caractère putschiste a tenté de « sortir » l’Equatorien Rafael Correa (2010). La réactivation de la IVe flotte US – pour patrouiller au large de l’Amérique centrale et du Sud – ainsi que l’utilisation par le Pentagone de sept bases militaires en Colombie ont fortement indisposé les gouvernements progressistes du sous-continent. En septembre 2013, furieuse de l’espionnage de la NSA, dont elle et ses collaborateurs avaient été victimes, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a dénoncé l’administration Obama devant l’Assemblée générale de l’ONU et, en signe de protestation, a annulé une visite d’Etat prévue à Washington. Peu de temps auparavant, en avril 2012, lors du Sommet des Amériques de Carthagène (Colombie), une majorité de pays avaient témoigné leur solidarité envers Cuba en menaçant de ne pas participer à celui de 2015, au Panamá, si l’île n’y prenait pas part.

L’annonce était assortie de dangers trop précis pour être prise à la légère, un tel boycott réduisant encore un peu plus l’influence de Washington dans son « arrière-cour » et infligeant publiquement un camouflet à la Maison-Blanche. En effet, depuis la création en 2008 de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR ), à l’initiative de Chávez et de son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, puis, en 2011, de la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (CELAC : tout le continent sauf les Etats-Unis et le Canada), l’OEA demeure la seule instance régionale au sein de laquelle le Département d’Etat peut faire entendre sa voix. Plutôt que d’affronter un outrage tout en torpillant le forum le plus important à ses yeux, Obama, dans le registre « puisque les événements nous échappent, feignons de les organiser », a annoncé, le 14 décembre 2014, l’ouverture de négociations avec La Havane en vue de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays. Se sortant ainsi d’une situation délicate. De fait, cette décision a été saluée par l’ensemble de la communauté internationale, particulièrement sa composante interaméricaine, qui y a vu – une seconde fois ! – le début d’une nouvelle ère dans les Amériques.

Las ! Chassez le naturel, il revient au galop… Au Venezuela, incapable de l’emporter dans les urnes, la droite radicale, depuis février 2014, s’est lancée dans une campagne de déstabilisation du successeur de feu Chávez, Nicolás Maduro. Alors que cette situation conflictuelle est généralement présentée, dans les médias, comme de la seule responsabilité du gouvernement bolivarien, dès le 7 mars 2014, au nom de l’UNASUR, la présidente du Chili, la modérée Michelle Bachelet, a donné le ton : « Nous n’appuierons jamais un mouvement qui refuse le résultat des élections et cherche à renverser par la violence un gouvernement élu librement et démocratiquement. » Ce qui n’empêchera pas le dirigeant d’opposition vénézuélien Leopoldo López d’encourager ses partisans, le 19 mars suivant : « Je lance à un appel à tout le pays pour maintenir et augmenter la pression jusqu’au renversement de la dictature » – ce qui lui a valu d’être inculpé et arrêté.

Après quarante-trois morts – dont de nombreux civils victimes des enragés de l’opposition et six membres des forces de l’ordre tués par balles -, une nouvelle tentative putschiste a été neutralisée le 12 février 2015, entraînant l’arrestation de plusieurs militaires et du maire de Caracas Antonio Ledezma. Se portant au secours des éléments factieux, Obama a réagi en signant le 9 mars un « Executive Order » décrétant une « urgence nationale » pour répondre à « la menace inhabituelle et extraordinaire » que représente le Venezuela « pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis ».

Au terme d’une visite à Caracas où, en compagnie des ministres des Affaires étrangères Mauro Vieira (Brésil), María Ángela Holguin (Colombie) et Ricardo Patiño (Equateur), il a pris connaissance des preuves de la conspiration réunies par le gouvernement vénézuélien, le président de l’UNASUR, l’ex-président colombien Ernesto Samper, a recommandé à l’opposition « de jouer le jeu électoral et de renoncer à la violence ». Réunis en session extraordinaire à Quito le 14 mars, les Etats membres de l’organisation ont manifesté leur rejet unanime du décret « impérial » et, déclarant que l’ingérence des Etats-Unis dans la région « crée une très forte tension », réclament son abrogation. Depuis, la CELAC s’est prononcée dans le même sens, de même que la Russie, le G-77 + Chine (plus de 130 membres), le Mouvement des pays non-alignés (120 pays, soit deux tiers des pays membres de l’ONU) – c’est-à-dire le gros de la « communauté internationale » (qui ne se limite pas aux Etats-Unis, à l’Union européenne et à leur excroissance, l’OTAN).

Lorsqu’il atterrira au Panamá, le 10 avril, Obama n’y sera sans doute pas accueilli avec des fleurs par ses partenaires latino-américains. Malgré la présence tant attendue et commentée de Cuba, ce Sommet des Amériques risque davantage d’être celui de la discorde que celui de la réconciliation.

Maurice Lemoine au Honduras avec Giorgio Trucchi

Maurice Lemoine (à droite) et Giorgio Trucchi (à gauche) au Honduras en 2013 pour couvrir la résistance populaire au coup d’État mené par l’oligarchie contre le président Zelaya avec l’appui des États-Unis.  Journaliste et ex-rédacteur en chef du Monde diplomatique, Lemoine couvre l’Amérique Latine depuis plus de quarante ans. Derniers ouvrages parus : “Chávez Presidente !”, « Sur les eaux noires du fleuve », “Cinq cubains à Miami” et récemment  “Les enfants cachés du général Pinochet” (Editions Don Quichotte, en librairie depuis le 2 avril 2015). Lire l’interview à ce sujet : http://wp.me/p2ahp2-1PD

Source : http://huff.to/1yP250Y

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-1RH

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 18:30

Hernando Calvo Ospina    Potosi (Bolivie)   18 octobre 2014

Maintenant, les indigènes ne descendent plus du trottoir pour laisser passer un métis ou un blanc

 « Si le Che nous a choisis pour continuer sa révolution, c’était bien pour quelque chose », m’a dit à La Paz, un bolivien très fier.

Les véhicules sont nombreux, trop. Ceux du service public, en particulier. On ne comprend pas pourquoi il n’y a pas plus de collisions. Les piétons doivent calculer pour passer d’un trottoir à un autre sans se faire renverser. Mais ça a l’air de ne déranger personne. Seulement nous, qui ne sommes pas d’ici. Quelqu’un a dit une fois que cette ville était “la Shangai latino-américaine”.

 

L’ODEUR DE LA BOLIVIE D'EVO ET D'ALVARO

Je m’arrête pour observer. En regardant bien pendant quelques minutes, je comprends que maintenant, les indigènes, qui sont la grande majorité dans ce pays, ne descendent plus du trottoir pour laisser passer un métis ou un blanc.

Je me souviens quand, il y a deux ans, j’avais vu les femmes indigènes avec leurs jupes et leurs chapeaux au Parlement. Et aussi les ouvriers avec leurs vêtements pauvres, mais très propres. Cela m’avait frappé. C’est parce que la culture occidentale, la « civilisée », nous a appris que l’on allait dans cette enceinte qu’en veste et en cravate, jupes bien coupées et chaussures à talons, et nous a habitués à cela.

Il y a moins de pauvreté. Ce qui signifie qu’il y a maintenant très peu d’enfants et de vieillards demandant l’aumône. Il y a quelques années, on ne pouvait être tranquilles lorsqu’on mangeait au restaurant : ils venaient régulièrement demander un morceau de nourriture ou de l’argent. On se sentait coupable d’avoir de quoi manger. Il était normal que le propriétaire du lieu les chasse à coups de bâton. Jamais on ne voyait d’autres visages que ceux des indigènes. Eux, les maîtres d’origine de ces terres, avaient été considérés depuis l’arrivée des espagnols au XVI° siècle seulement comme des bras pour travailler ou saleté gênante. Ce qui a changé, à pas de géants, depuis qu’Evo, l’indigène, est arrivé au gouvernement en janvier 2006.

L’ambiance de la capitale et des autres cités respire l’optimisme. Evidemment, il manque des hôpitaux. Et il manquera des médecins pour soigner le plus grand nombre dans ceux qui sont en construction : la formation médicale reste encore élitiste, comme presque partout dans le monde. Depuis les premiers pas de ce gouvernement, des milliers de médecins cubains sont arrivés. Ils se sont installés pour exercer dans des lieux reculés, où le soleil et l’air arrivaient à peine. Des milliers de boliviens ont découvert l’existence d’une île nommée Cuba, ainsi que des femmes et hommes en blouse blanche qui les considèrent comme des êtres humains.

Beaucoup, trop, ne savent pas parler espagnol, parce qu’ils communiquent en aymara, quechua ou guarani. Des langues ancestrales, reconnues il y a peu.

A La Paz, ce gouvernement, celui du “président frère”, a construit un téléphérique, le « amarillo » (« jaune »), qui est le plus long du monde. Cette semaine est inauguré le « vert », qui, je crois, est plus long que l’autre. Pour ceux qui vivent là-haut, dans la commune d’El Alto, cela représente une heure de trajet en moins pour arriver en bas, à La Paz. Le trajet complet, qui dure presque vingt minutes, coûte trois bolivianos. Le téléphérique est très moderne. Quand on regarde les cabines les unes derrière les autres, on dirait une invasion d’ovnis. Les paceños, les habitants de La Paz, en sont fiers.

Et Evo a gagné d’autres élections. Tout le monde l’espérait. Ce fut la grande fête nationale. Ce qui est le plus impressionnant sont les dégâts occasionnés dans la « forteresse » de l’opposition à Santa Cruz, là où actions terroristes, attentats contre la vie d’Evo et projets séparatistes ont été fomentés. A cet endroit, la majorité est blanche. En regardant à la télévision les résultats dans cette ville, je me suis souvenu de la reine de beauté d’il y a plus ou moins trois ans. Lors du concours de Miss Univers, cette habitante de Santa Cruz avait osé dire qu’il n’y avait pas d’indigènes en Bolivie. Dans cette ville et à Sucre, la capitale d’origine du pays, la publicité se fait avec des mannequins de blanches.

A Santa Cruz, de nombreux industriels ont compris qu’en réinvestissant dans la nation, ils pourraient y gagner aussi. Une bourgeoisie nationale qui revendique la souveraineté est en train de se former avec Evo. Alliée du processus de changement. Maintenant, ses ouvriers et ses travailleuses ne sont plus de semi-esclaves, et ils sont rémunérés de façon juste.

La presse, celle qui fait encore le plus de ventes, celle des élites, celle qui continue d’adorer les Etats-Unis et d’espérer leur retour pour gouverner avec eux, tient le même discours que celle d’Equateur et celle du Venezuela. Je crois que leurs propriétaires millionnaires épargneraient de l’argent si quelques-uns de leurs journalistes se coordonnaient pour écrire les articles de politique nationale et internationale. Il suffirait seulement de changer des noms et des données pour les remettre dans le contexte de chacun de ces pays. Car leurs textes sont uniformisés. Le discours est le même. Quoi qu’il en soit, j’admire les tours de passe-passe qu’ils font pour expliquer autrement la réalité.

J’ai revu les propositions de l’opposition en question. Les boliviens ont eu raison de lui donner une telle raclée avec leurs votes. C’est bien parce qu’elle ne proposait rien. La base de son discours consistait à critiquer et inventer des choses contre Evo et Alvaro García Linera, le vice-président blanc cultivé au cœur métis et guerrier. Elle, l’opposition, parlait de « changement », de « démocratiser », de « servir les majorités ». Et, l’on ne sait s’il faut en rire ou rester dubitatif, mais oui, ce sont les mêmes ou leurs comparses, leurs grands-parents et arrière-grands-parents qui ont dirigé le pays pendant des décennies, presque des siècles, comme s’il était leur propriété. Ils ont maintenu le pays prosterné devant le capital étranger et les décisions de l’ambassade étasunienne. Avant Evo, la Bolivie était le deuxième pays le plus pauvre du continent, après Haïti. Alors que les immenses richesses dont son sol regorge partaient vers les Etats-Unis et l’Europe.

Je me rappelle quand Evo est entré dans le palais présidentiel, le Palacio Quemado, situé sur la petite Place Murillo. Je suppose que les fonctionnaires qui servaient ici, se préoccupaient du fait que cet indien allait salir les parquets cirés. Evo voulut savoir à quoi servait chaque bureau. Après avoir vu le sien, il demanda quel était celui se trouvant juste à côté. On ne voulut pas l’ouvrir. Il fallait demander l’autorisation à une personne non bolivienne. Ou il fallait appeler un bureau en dehors. Devant l’insistance du nouveau président, il fallut l’ouvrir. Mieux : forcer la porte, car aucun Bolivien n’avait la clé. Le service de sécurité non plus. Il s’agissait du bureau de l’ambassade des Etats-Unis, celui du responsable de la CIA, plus particulièrement. Evo, avec assurance, ordonna d’appeler le responsable de la délégation diplomatique pour le déménager du bureau et du Palais. Ce fut son premier acte de souveraineté.

Deux nations ont touché l’orgueil européen et ont dû le payer : Haïti et la Bolivie. En Haïti, les esclaves noirs africains se rebellèrent à la fin du XVIII° siècle. Ils humilièrent la puissante armée française de Napoléon, déclarèrent l’indépendance d’Haïti, le premier jour de 1804, ainsi que la fin de l’esclavage, trois ans avant l’Angleterre.

C’est en Bolivie que sont nées les plus grandes révoltes indigènes contre la domination espagnole. Cela depuis le XVII° siècle. A la fin du siècle suivant, ce sont Tupac Katari et sa femme Bartolina Sisa qui prirent les armes. Des milliers d’indigènes les suivirent. Ils assiégèrent La Paz. Ils voulaient en finir avec l’esclavage auquel étaient soumis leurs frères de sang. Evidemment, cela ne s’appelait pas esclavage car les rois espagnols et le Vatican avaient décidé, depuis le XVI° siècle, que les indigènes possédaient une âme, qu’ils étaient des humains. Ce qui n’était pas le cas pour les noirs africains. Mais comme il fallait des bras dans les mines et dans les champs, on donna d’autres noms à l’esclavage. Après de nombreuses batailles, Tupac Katari et Bartolina furent capturés. Ils furent dépecés et leurs membres exhibés dans de nombreuses régions, pour que les autres sachent ce qui leur arriverait s’ils continuaient à s’insurger. Mais les cendres restèrent brûlantes, et peu après, les combats contre la domination espagnole, et européenne en général, éclatèrent sur tout le continent.

Depuis lors, les puissances européennes ont décidé que les peuples de ces deux nations devraient payer leur audace. Leur désir de liberté. Ils les ont condamnés à la misère.

La Bolivie, avec ses mines d’or et d’argent fit rayonner les nations européennes. Au prix de millions de vies, ces dernières ont volé tant d’argent que l’on dit qu’avec une quantité pareille, on aurait pu construire un pont jusqu’à Séville, la ville où arrivaient les trésors volés.

Ana Rosa, un petit bout de femme dont la tête contient une bibliothèque remplie de renseignements sur l’histoire, m’a surpris quand elle m’a raconté que le militaire Cornelio Saavedra avait pris une part décisive dans la « Révolution de Mai », qui fut le premier pas vers l’indépendance de l’Argentine. Il devint une figure éminente de la politique, jusqu’à devenir le président de la Première Assemblée du gouvernement des Provinces Unies du Río de la Plata. Saavedra était un bolivien, né à Oyuno, dans l’actuelle province de Potosí. Un grand détail que les argentins se sont un peu gardés pour eux.

Aujourd’hui, avec Evo et Alvaro, la Bolivie a repris sa souveraineté. Et la majorité de sa population, l’indigène, comprend que l’empire Inca est en train de renaître.

Hernando Calvo Ospina*, depuis Potosi (Bolivie)

*Journaliste et écrivain, collaborateur du Monde diplomatique.

Traduction : Hélène Vaucelle.

http://www.legrandsoir.info/l-odeur-de-la-bolivie-d-evo-et-d-alvaro.html

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 17:34

 par Mémoire des luttes

Rafael Correa

Mercredi 6 novembre 2013, le grand amphithéâtre de la Sorbonne a accueilli une conférence du président de l’Equateur, Rafael Correa, consacrée à la crise financière mondiale. Dans cette dernière, le dirigeant Latino-américain – en français – a développé quelles étaient, selon lui, les alternatives à cette crise causée par les seuls « fondamentalistes de marché » . Rafael Correa y appelle également les peuples d’Europe à prendre en main le destin du Vieux-Continent.

http://www.medelu.org/Conference-a-Paris-de-Rafael

Source : http://epresence.univ-paris3.fr/1/watch/298.aspx?startTime=1055

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 19:53

L’ONG Latinobarómetro vient de publier son rapport 2013 (1). Basée a Santiago du Chili, cette ONG est soutenue entre autres par le BID (Banque Inter-Américaine de Développement), le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), l’OEA (Organisation des États Américains), l’états-unien Office of Research et les agences de coopération des gouvernements suédois, norvégiens et canadiens. Depuis 1995, Latinobarometro produit un rapport par an sur base de 20.000 interviews dans 18 pays d’Amérique Latine – ce qui représente plus de 600 millions de citoyen(ne)s – avec une marge d’erreur de 3%.

Le Venezuela décroche le record absolu de confiance de la population dans la démocratie (87 %) suivi par l’Équateur (62%). Ce résultat confirme les chiffres récents d’autres organismes indépendants, que les médias internationaux ont pris le soin d’occulter (2). L’ONG remarque d’ailleurs que “le Venezuela est le pays où on observe la plus grande différence entre ce que pensent ses citoyens de leur démocratie et l’image qui circule dans la communauté internationale”.

Ainsi, en septembre 2013 le rapport World Happiness Report for 2013 rédigé par des experts des Nations Unies, a conclu que le Vénézuéla est le pays le plus heureux d’Amérique du Sud. De même, sur les 150 pays étudiés dans le World Happiness Report 2012 ("Rapport sur le Bonheur dans le Monde 2012"), l’Université de Columbia (États-Unis) constatait que le pays le mieux positionné en Amérique Latine est le Costa Rica (12ème rang mondial) suivi par le Venezuela (19ème rang mondial). De son côté, la société d’études d’opinion Gallup, a publié en mars 2012 un rapport (paru dans le Washington Post) portant sur 124 pays et qui établit que le Venezuela est le cinquième pays le plus heureux au monde. Tous ces rapports s’accordent en général sur l’explication : c’est parce qu’il apporte des réponses a leurs besoins et a leurs critiques que les citoyen(ne)s vénézuélien(ne)s ont retrouvé la confiance dans le système démocratique.

S’il est un signe que le Venezuela actuel a beaucoup évolué par rapport à celui d’avant la révolution, on peut le lire dans la participation électorale des citoyen(ne)s et dans leur capacité a critiquer librement les politiques publiques. Au sein du camp bolivarien, le très visité “Aporrea.org” diffuse quotidiennement, depuis une dizaine d’années, des témoignages en faveur du processus révolutionnaire mais aussi des critiques incisives, parfois virulentes, de l’action des fonctionnaires publics, qu’ils soient maires, ministres ou président de la république.

Si le paysage politique vénézuélien foisonne avec ses quarante partis de l’extrême gauche à l’extrême droite et ses nombreux scrutins, tous validés par les observateurs internationaux (Jimmy Carter considère après avoir observé 98 scrutins dans le monde, que c’est le Venezuela qui offre le meilleur système électoral à ses citoyens), on ne peut pas en dire autant du paysage médiatique – presse écrite, radio et télévision – resté en majorité (comme l’économie) aux mains de grands groupes privés et donc moins pluraliste (3). En voici une liste commerciale :  http://www.guia.com.ve/medios/. Dominants aux plans satellitaire, national, régional et local ces médias font de 80 a 90 % d’audience (dans le cas des télévisions, grâce notamment à la diffusion de télénovélas) contre à peine 10 à 15 % pour les chaînes publiques et communautaires. Ils constituent également une force considérable d’opposition aux transformations en cours.

Paradoxalement, depuis la révolution, le nombre de concessions accordées par l’État à ce secteur privé a augmenté, et plus encore depuis la mise en oeuvre récente de la télévision numérique par le gouvernement bolivarien. Il faut ajouter le boom des télécoms (le Venezuela est un des premiers pays d’Amérique Latine en nombre d’usagers de la téléphone mobile ou de Twitter). Il est intéressant de consulter une enquête de OpenNet - initiative de la Faculté de Droit de Harvard et du Citizen Lab de l’Université de Toronto- qui révèle une carte des pays qui censurent Internet, quels contenus ils filtrent et comment ils le font. En Amérique Latine, des pays comme le Mexique, le Venezuela, l’Equateur, la Bolivie, le Chili et le Paraguay n’exercent aucun type de censure.

Parmi les 18 pays étudiés dans le rapport 2013 de Latinobarómetro, on trouve une autre puissance pétroliére : le Mexique. Par contraste avec le Vénézuéla, seuls 21 % de la population s’y disent satisfaits du fonctionnement de la démocratie. 37 % des personnes interrogées – l’équivalent de 43 millions de mexicains – disent que la grande majorité ne voit plus la différence entre un régime démocratique et un régime non démocratique.

John M. AckermanCe rapport a fourni l’occasion à John M. Ackerman de publier une analyse comparée sur le thème de la démocratie entre le Mexique et le Vénézuéla. Ackerman est chercheur et professeur de Droit de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), président de l’Association Internationale de Droit administratif, et docteur en Sociologie Politique de l’Université de Californie. (Blog : http://johnackerman.blogspot.com/)

"Le président Peña Nieto, entre Pyrrhus y Chávez" (La Jornada, 11 novembre 2013)

En 279 avant Jésus-Crist le roi Pyrrhus défit l’armée romaine lors de la bataille d’Ausculum mais au prix de pertes si grandes parmi ses propres troupes qu’il s’exclama : « une victoire de plus comme celle-là et je serai complètement défait ». Telle est l’origine de l’expression “victoire pyrrhique” qui évoque celle qu’on ne fête pas parce qu’elle annonce une défaite écrasante.

De même, l’éventuelle victoire de Enrique Peña Nieto en matière énergétique au Congrès mexicain pourrait signifier la fin du semblant de démocratie qui a justifié jusqu’ici le maintien au pouvoir d’une classe politique anachronique.

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Le président mexicain Enrique Peña Nieto et son homologue états-unien.

L’élection de Hugo Chávez à la présidence du Venezuela en 1998 fut en grande partie liée à l’ouverture pétrolière mise en oeuvre par ses prédécesseurs Carlos Andrés Pérez (1989-1993) et Rafael Caldera (1994-1999).

L’application aveugle de l’idéologie néo-libérale au secteur des hydrocarbures généra un transfert massif de la rente pétrolière à des entreprises transnationales. Cet événement aggrava simultanément la crise fiscale de l’État et mina la légitimité du semblant de démocratie qui avait gouverné pendant plus de 40 ans à la suite du Pacte de Punto Fijo de 1958. L’indignation sociale croissante et la généralisation de la recherche d’alternatives politiques, créèrent les conditions de la victoire électorale de la révolution bolivarienne de Chávez.

Comme Peña Nieto, ses homologues vénézuéliens Pérez (social-démocrate) et Caldera (démocrate-chrétien) symbolisaient le pire de la vieille classe politique. Tous deux avaient déjà été présidents auparavant : Caldera de 1969 à 1974, et Pérez de 1974 à 1979. À leur retour sur le trône de Miraflores leur orgueil n’avait plus de limites.

Comptant aveuglément sur l’appui de l’oligarchie nationale et de leurs alliés de Washington, ils méprisèrent les protestations sociales et imposèrent avec entêtement leur volonté à la population. Ce fut le pas décisif vers leur défaite.

roqueAu Mexique en 1995, au milieu du désastre économique engendré tant par les politiques économiques néo-libérales de Carlos Salinas que par la corruption sans scrupules d’Ernesto Zedillo, le député fédéral du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel, NdT) Humberto Roque serra les poings et baissa avec force les deux bras pour exprimer sa joie obscène face au “succès” de l’approbation de l’augmentation de la TVA de 10 à 15 %.

Le geste de Roque fut le prélude à l’historique et temporaire déroute électorale du vieux parti d’État, d’abord aux élections législatives, ensuite pour le poste de chef de gouvernement de la Capitale en 1997 et, finalement aux présidentielles de 2000. La victoire se mua de nouveau en défaite.

Mais les temps de l’innocence démocratique sont loin, où la population canalisait ses espoirs à travers les urnes et cherchait à punir les malfaisants par son vote. Notre inexistante transition démocratique depuis 2000 nous a enseigné qu’une alternance de partis est insuffisante. C’est toute une classe politique qu’il nous faut chasser du pouvoir. Le Mexique est le pays qui souffre du plus haut niveau de déception vis-à-vis du système démocratique dans toute l’Amérique Latine.

Selon le dernier rapport 2013 de Latinobarómetro (disponible ici: http://www.Latinobarometro.org/latContents.jsp), seuls 21 % des mexicains se disent satisfaits du fonctionnement de la démocratie. 37 % des personnes interrogées – l’équivalent de 43 millions de mexicains – disent que la grande majorité  ne voit plus la différence entre un régime démocratique et un régime non démocratique. C’est, semble-t-il, le chiffre le plus élevé enregistré à cette deuxième question posée dans les 18 pays étudiés par l’ONG depuis 1995.

Le Mexique enregistre aussi le taux de rejet le plus élevé vis-à-vis des partis politiques existants. Un clair indicateur est que 45% de la population est convaincue que la démocratie peut fonctionner sans partis politiques. Seuls la Colombie, le Paraguay et le Panama s’approchent de ces chiffres, avec respectivement 43 %, 39 % et 38 %.

Certains analystes s’attristent face à ces réponses parce qu’elles signifieraient une faiblesse de la culture politique dans notre pays. Ils interprètent l’énorme déception citoyenne comme un symptôme d’indifférence envers les processus démocratiques, et le rejet des partis politiques comme le résultat d’une carence de valeurs nécessaires pour appuyer les institutions politiques.

En réalité, nous vivons la situation inverse : ces chiffres sont profondément porteurs d’espoir. Ils sont le reflet d’une conscience critique sophistiquée et des hautes attentes du peuple mexicain à l’égard de la vocation réelle du système politique. La majorité des mexicains se rend compte, en effet, que notre démocratie n’a engendré aucun changement pour la grande majorité et ils souhaitent du plus profond de leur être un nouveau système politique qui les prenne en compte et apporte des solutions à leurs besoins fondamentaux. Après tant de simulacres et tant d’impunité, il serait préoccupant que la citoyenneté accepte encore les choses comme elles sont et fasse confiance aveuglément à la classe politique, au lieu d’exprimer son insatisfaction et son exigeance d’un pays meilleur.

Les conditions sont réunies pour que surgissent de nouveaux leaderships politiques qui pourront canaliser pacifiquement l’indignation et les attentes populaires. Comme pour Pirrhus a Ausculum, la prochaine victoire de Peña et la pré-privatisation pétroliere pourraient bien constituer le pas décisif vers la défaite historique de l’autoritarisme renouvelé au Mexique.

J.M. Ackerman

"Le pétrole est à nous!" Manifestation populaire au Mexique contre la privatisation du pétrole.

"Le pétrole est à tous!". Manifestation populaire au Mexique contre la privatisation du pétrole.

Source : La Jornada (Mexique) "Peña entre Pirro y Chávez", http://www.jornada.unam.mx/2013/11/11/opinion/028a2pol

Traduction : Thierry Deronne

Notes :

(1) Rapport intégral de Latinobarometro 2013 : http://www.Latinobarometro.org/latNewsShow.jsp

(2) Le Vénézuéla hors de LCP (“La Caverne de Platon”)", http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/06/02/le-venezuela-hors-de-la-caverne-de-platon-2eme-pays-le-plus-heureux-damerique-latine-selon-luniversite-de-columbia-et-5eme-pays-le-plus-heureux-du-monde-selon-gallup/

(3) Médias au Venezuela, qui étouffe qui ?”, http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-14-Medias-et-Venezuela

(4) Exemple parfait de l’abîme entre le réel vénézuélien et la Caverne de Platon médiatique, l’ONG française Reporters Sans Frontières. Un de ses fondateurs (Robert Ménard, aujourd’hui militant d’un parti d’extrême-droite) avait dans sa revue Médias défini la ligne politique de son organisation en traitant le président Chávez de “dictateur d’opérette”. Une position alors critiquée par l’ex-président et cofondateur de RSF, l’éditeur et journaliste Jean-Claude Guillebaud (Prix Albert Londres 1972) : “Je trouve que sur certains sujets, RSF a été assez imprudent, même si le régime de Chavez n’est pas parfait, je les ai trouvés beaucoup trop proches de la presse anti-Chavez au Venezuela. Il aurait sans doute fallu être plus prudent. Je trouve qu’on les entend très peu sur les Etats-Unis.

En 2013, Reporters Sans Frontières continue à puiser ses “informations” dans les médias de droite vénézuéliens, ce qui revient à créditer les affirmations du Mercurio chilien accusant en 1973 le président Allende “d’atteintes à la liberté d’expression” comme le faisaient tous les médias qui préparaient le coup d’État, ou à valider le puissant groupe médiatique Clarin qui traite aujourd’hui de “totalitaire” ou de “chaviste” la présidente argentine Cristina Fernandez parce qu’une loi récente démocratise la propriété des médias. On peut lire à ce sujet la récente analyse de Luis Alberto REYGADA Lettre ouverte au responsable du Bureau Amérique de Reporters Sans Frontières. Sans oublier l’indispensable enquête de Maxime VIVAS : La face cachée de Reporters sans frontières

URL de cet article : http://bit.ly/HRLw0m T.D., Caracas le 14 novembre 2013

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 16:07

 

 

Dilma.jpgPour plusieurs dirigeants latino-américains de premier plan, la 68e session de l’Assemblée générale des Nations unies (24 septembre-1er octobre 2013) a constitué l’occasion de remettre en cause les politiques hégémoniques des Etats-Unis. Et ce, dans plusieurs domaines : dénonciation de l’espionnage de masse et des gouvernements, même « amis » (Dilma Rousseff, Brésil), du caractère prétendument « exceptionnel » de la nation nord-américaine (Elias Jaua, Venezuela) et des pratiques des multinationales états-uniennes en Amérique latine (Ricardo Patino, Equateur, au sujet de Chevron) ; remise en cause de la légitimité des Etats-Unis à héberger le siège des Nations unies ( Evo Morales, Bolivie) ; critique des politiques bellicistes de Washington et des menaces contre la Syrie (Cristina Kirchner, Argentine).

Mémoire des luttes propose l’intégralité des interventions des représentants de ces pays en vidéo ou avec la retranscription (en espagnol) du discours d’Elias Jaua.  http://www.medelu.org/Des-dirigeants-latino-americains

1° octobre 2013

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 18:41

 

MauriceLemoine-copie-1   mardi 12 mars 2013

 

« En dépit des discours sur l’unité de l’Amérique latine, le chavisme a nui à l’intégration régionale », affirme Paulo A. Paranagua dans « Le Monde » du 7 mars. Une assertion à comparer aux témoignages et réactions des différentes figures politiques latino-américaines suite à la mort du commandante Hugo Chávez, le 5 mars dernier…

Antigua-et-Barbuda (membre de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique ; ALBA)

« La contribution de Chávez au développement d’Antigua-et-Barbuda et des Caraïbes en général ne sera jamais oubliée. Les Caraïbes ont une dette de gratitude envers le Venezuela pour avoir partagé avec elles un fils de la terre, dont l’imposante présence physique n’avait d’égale que l’intelligence exceptionnelle et la compassion. »
Winston Baldwin, premier ministre.

Argentine

« C’est le meilleur ami qu’a eu l’Argentine lorsque personne ne nous tendait la main. (...) Les hommes comme Chávez ne meurent jamais. Il vit et il vivra dans chaque vénézuélien et vénézuélienne qui ont cessé d’être invisibles et sont devenus protagonistes [de leur histoire]. Cet homme leur a ouvert l’esprit. Personne ne pourra le leur refermer, jamais. Avant de repartir [en Argentine], je me suis approchée et, sans le regarder, j’ai touché le drapeau posé sur le cercueil. (...) Ne vous l’ai-je pas dit : Chávez est vivant. Pour toujours. »
Cristina Fernández de Kirchner, présidente.

Bolivie

« Nous sommes blessés par le décès du frère, du compagnon Hugo Chávez, mon frère solidaire, mon compagnon révolutionnaire, latino-américain qui a lutté pour la “grande patrie” comme le fit Simón Bolívar en donnant sa vie pour la libération du peuple vénézuélien. Je regrette de dire que les oligarchies impériales sont sûrement en train de faire la fête, que les médias et l’opposition à Chávez ont démontré leur inhumanité, leur incapacité de respecter un patient et un peuple qui souffrent. Mais, tant pis, le plus important est que nous luttons pour cette libération pour laquelle a lutté Chávez. Et les peuples qui luttent pour leur liberté sont aujourd’hui unis : c’est le plus important. Chávez demeurera présent dans toutes les régions du monde, parmi tous les mouvements sociaux, pour accompagner ces grands processus de changement, de construction de l’égalité, après tant d’années de soumission et de pillage. »
Evo Morales, président.

Brésil

« Le gouvernement brésilien n’était pas toujours entièrement d’accord avec le président Chávez (...) mais [celui-ci] laissera un vide dans le cœur de l’histoire et dans les luttes de l’Amérique latine. Je le regrette en tant que présidente et en tant que personne qui avait une grande tendresse pour lui. »
Dilma Rousseff, présidente.

« C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai reçu la nouvelle du décès du président Hugo Chávez. Je suis fier de l’avoir côtoyé et d’avoir travaillé avec lui pour l’intégration de l’Amérique latine et pour un monde plus juste.  Compañero Chávez : si tu n’existais pas, tu devrais naître à nouveau parce que le monde a besoin de dirigeants comme toi ! »
Luiz Inácio Lula da Silva, ex-président.

Chili

« J’ai eu l’honneur de travailler avec le président Chávez à la création de la première communauté qui regroupe tous les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes [la Celac] et à travers laquelle il a montré un véritable engagement en faveur de l’intégration latino-américaine. »
Sebastián Piñera, président.

Colombie

« L’obsession qui nous unissait, et qui a été la base de notre relation, était la paix de la Colombie et de la région. Si nous avons avancé dans un processus solide de paix, avec des progrès clairs et concrets, des avancées comme jamais il n’y en avait eu avec la guérilla des FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie], c’est aussi grâce au dévouement et à l’engagement sans limites du président Chávez et du gouvernement vénézuélien. (...) Il disait que c’est ce que voulait Bolivar, et il avait raison. »
Juan Manuel Santos, président.

Costa Rica

« Je ne suis pas venue [aux funérailles] pour donner mon avis sur l’organisation de la succession au président Chávez. Notre présence est une marque de solidarité, de tendresse et d’estime pour le peuple vénézuélien en ce moment de douleur. »
Laura Chinchilla, présidente.

Cuba

« Le président Chávez est parti invaincu, est parti invincible, est parti victorieux et cela, personne ne pourra le lui enlever, c’est gravé dans l’histoire, dans l’histoire de son pays, de notre pays, des Caraïbes, de toute l’Amérique latine et de bien d’autres parties du monde. »
Raúl Castro, président.

La Dominique (membre de l’ALBA)

« Je décrète le deuil national à la Dominique. Avec Chávez, nous avons perdu un grand collègue, un père, un frère et un ami. »
Roosevelt Skerrit, premier ministre.

Equateur

« Hugo Chávez est mort pour la vie de son Venezuela adoré, de l’Amérique latine, d’une planète plus humaine et, pour cette raison, on ne peut dire qu’il est mort, il demeure plus vivant que jamais.

Le fait qu’un visionnaire aussi solidaire puisse être transformé en criminel donne une idée de la dictature médiatique en Occident. Nous, nous devons continuer à lutter pour cette Amérique latine en pleine libération. L’histoire donnera sa vraie place, sa vraie dimension à Hugo Chávez. »
Rafael Correa, président.

Guatemala

« Nous, les latino-américains, nous devons reconnaître que le président Chávez n’a pas été un chef d’Etat quelconque ; il a réussi à fonder l’ALBA, il a impulsé [l’accord pétrolier solidaire] Petrocaribe, la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes [Celac] et il a représenté le socialisme du XXIe siècle (...) Il a toujours été disposé à aider le Guatemala. »
Otto Pérez Molina, président.

Haïti

« Le Président Chávez était un grand ami d’Haïti. Plus qu’un ami, il était un frère pour nous. C’est avec beaucoup de respect que je m’incline devant la dépouille mortelle de ce grand homme. Il n’a jamais raté une occasion d’exprimer sa solidarité en faveur du peuple haïtien, dans ses situations les plus délicates. A travers le programme Petrocaribe, divers chantiers de développement durable ont démarré, des centaines de projets sont en cours d’exécution grâce à la coopération vénézuélienne. »
Michel Martelly, président.

Honduras

« Le président Chávez a été un leader extraordinaire, qui a lutté pour l’union des peuples latino-américains (...) Avec sa mort, l’Amérique latine perd un bon exemple et un homme qui a lutté pour l’inclusion sociale ; jamais le peuple vénézuélien n’en avait connu une comme celle dont il jouit aujourd’hui et ceci est un processus irréversible. »
Porfirio Lobo, président.

« Sa mort ne doit pas être vue comme un échec, mais comme une source d’inspiration pour tous les latino-américains qui luttent pour les principes et les valeurs éternelles (...) Chávez a été comme un frère qui a tendu la main au Honduras, entre autres à travers l’ALBA, en matière d’aliments, de réforme agraire, d’énergie grâce à Petrocaribe, et de solidarité. Bien peu de fois, dans l’histoire de ce pays, a-t-on vu quelqu’un d’aussi désintéressé et généreux que le leader vénézuélien. »
Manuel Zelaya, président renversé par un coup d’Etat le 28 juin 2009.

Mexique

« Devant la perte sensible d’un de ses chefs d’Etat, nous sommes venus, au nom du peuple du Mexique, exprimer nos condoléances ainsi que notre affection et notre solidarité au peuple vénézuélien. »
Enrique Peña Nieto, président.

Nicaragua

« Nous nous sentons plus engagés que jamais, nous sommes une seule famille, la famille vénézuélienne, la famille nicaraguayenne, la famille latino-américaine, la famille de la planète terre, nous sommes une seule famille, et le comandante Chávez a inspiré cette famille en direction de la solidarité, en direction de l’amour, en direction de la paix et, à partir d’aujourd’hui, il nous accompagnera dans ces luttes que nous allons continuer à mener. »
Daniel Ortega, président.

Panamá

« Il ne me reste qu’à présenter mes sincères condoléances à la famille d’Hugo Chávez. »
Ricardo Martinelli, président.

Paraguay

« Hugo Chávez appartient au patrimoine de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Malgré son absence, la révolution bolivarienne est entre de bonnes mains, car elle est entre les mains du peuple vénézuélien qui, aujourd’hui, garantit les changements dans cette patrie. »
Fernando Lugo, président renversé par un coup d’Etat le 22 juin 2012.

Pérou

« Parler du président Chávez, c’est parler du futur, parce qu’il poursuivait le rêve de l’unité latino-américaine. Il a laissé un esprit libertaire aux prochaines générations. »
Ollanta Humala, président.

République dominicaine

« S’il fallait rebaptiser Hugo Chávez avec un nouveau nom, celui-ci serait Solidarité. »
Danilo Medina, président.

Saint-Vincent-et-les-Grenadines (membre de l’ALBA)

« C’est le Titan de l’Amérique latine et de la Caraïbe, un phare, une lumière brillante qui nous a illuminé dans notre recherche de la justice, de la paix, de la démocratie et de l’élévation de l’humanité, spécialement celle des pauvres, des défavorisés et des marginalisés. Sans lui, il n’y aurait pas eu Petrocaribe, ni l’ALBA, ni la Celac, ni, dans tous les domaines, les programmes bilatéraux. »
Ralph Gonsalves, premier ministre.

Salvador

« La mort de celui qui a été l’un des leaders latino-américains les plus forts et les plus populaires produira sans doute un vide politique, mais, surtout, dans le cœur des Vénézuéliens et des Vénézuéliennes. »
Mauricio Funes, président.

« Chávez est dans le cœur des peuples de son pays, de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Le Venezuela a aujourd’hui une grande responsabilité, car il est le phare qui illumine l’Amérique latine et le monde. Il n’y a pas de marche arrière pour le Venezuela ; la voie à suivre est d’approfondir les grandes transformations révolutionnaires engagées par Chávez. »
Salvador Sánchez, vice-président.

Uruguay

« On regrette toujours la mort, mais quand il s’agit d’un militant de première ligne, de quelqu’un que j’ai un jour défini comme “le gouvernant le plus généreux que j’aie jamais connu”, la douleur a une autre dimension. »

« Ce qui restera vivant est la cause de Chávez. L’essentiel. Une œuvre d’intégration. Et nous allons continuer à suivre ce chemin, avec ses contradictions, ses marches et ses contre-marches. Mais il n’y aura aucune personnalité, à court terme, pour jouer le rôle symbolique [de Chávez] parce que, lorsque tombe un très grand arbre, il laisse un vide gigantesque. Il y a des hommes qui symbolisent des causes. Pour l’heure, la cause demeure et nous avons perdu le symbole (...) Mais le capital accumulé, débordant de richesse, permettra de dépasser ce moment. »
José Mujica, président.

Venezuela

Depuis son décès le 5 mars jusqu’au jour de ses obsèques, le 8, des centaines de milliers de Vénézuéliens, tristes, affectés, voire désespérés, mais vêtus de rouge et entonnant souvent des chants révolutionnaires, ont défilé dans Caracas et devant sa dépouille pour rendre hommage au comandante. « Pour me recueillir vingt secondes devant son cercueil, témoigne Mme Nelly Rivas, depuis Caracas, j’ai fait neuf heures de queue. D’autres ont attendu deux jours. Ce matin, mes frères y sont allés et ont dû rebrousser chemin : tout était paralysé par des files d’attentes interminables de gens qui, avec toute la patience du monde, étaient disposés à attendre le temps qu’il faudrait pour lui faire leurs ultimes adieux. [1] »

A Paris, le 8 mars, jour des obsèques, interrogé dans les studios de BFM TV par le présentateur du journal qu’étonnaient ces files pouvant atteindre trois kilomètres, pour un caudillo attaqué sans répit par tous les médias, le journaliste « spécialiste du Venezuela » François-Xavier Freland fit une réponse qui restera dans les annales : « Oh, vous savez, dans cette foule, il y a beaucoup de curieux... »

La nouvelle géographie de l’intégration

  • Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA).
    Née le 14 décembre 2004, à La Havane, à l’instigation des présidents Hugo Chávez et Fidel Castro (sous le nom d’« Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique »), l’ALBA a pour objectif de développer un mode d’intégration distinct du modèle économique néolibéral. Prônant la coopération, la solidarité, la complémentarité et le respect des souverainetés nationales, le duo initial Cuba-Venezuela a été rejoint par la Bolivie (2006), le Nicaragua (2007), le Honduras et l’île caribéenne de la Dominique (2008). Devenue ALBA/TCP (Traité de commerce des peuples) à l’initiative du président bolivien Evo Morales, puis « Alliance » bolivarienne en 2008, elle a reçu l’adhésion de l’Equateur, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines ainsi que d’Antigua-et-Barbuda. Lors de son sommet de Caracas (4 et 5 février 2012), elle a accueilli Sainte-Lucie et le Surinam, qui disposent désormais d’un statut d’invités spéciaux, et Haïti (observateur depuis 2007) de celui d’invité permanent. Le Honduras s’en est pour sa part retiré après le coup d’Etat de 2009 contre le président Manuel Zelaya.
  • Petrocaribe
    Né le 29 juin 2005 à Puerto la Cruz (Venezuela), cet accord de coopération énergétique a initialement regroupé quatorze pays des Caraïbes et de l’Amérique centrale à qui, indépendamment de la couleur de leurs gouvernements, le Venezuela s’est engagé à livrer du pétrole à prix préférentiels et avec d’importantes facilités de paiement. L’initiative compte actuellement dix-huit membres : Antigua et Barbuda, les Bahamas, le Belize, Cuba, la Dominique, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, la Jamaïque, le Nicaragua, la République dominicaine, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Surinam et, bien sûr, le Venezuela (expulsé après le renversement du président Manuel Zelaya, le Honduras a manifesté le souhait de réintégrer l’organisation).
  • Union des nations sud-américaines (Unasur)
    Le 18 décembre 2004, durant le IIIe sommet sud-américain réuni à Cuzco (Pérou), les président des douze pays de la région ont signé la « Déclaration de Cuzco » à travers laquelle ils ont décidé de fonder une communauté des nations. Après deux autres réunions tenues en 2006 à Cochabamba (Bolivie) et en 2007 dans l’île de Margarita (Venezuela), le traité constitutif de l’Unasur a été signé à Brasilia, le 23 mai 2008, avant d’entrer en vigueur le 11 mars 2011 à Quito (Equateur). Première organisation régionale à s’être explicitement émancipée de l’influence des Etats-Unis, elle regroupe l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela.
  • Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac)
    Créée les 2 et 3 décembre 2011 à Caracas, l’organisation regroupe l’ensemble des Etats de la région, à l’exception du Canada et des Etats-Unis, et entend implicitement contrebalancer, sinon remplacer à terme, l’Organisation des Etats latino-américains (OEA) traditionnellement dominée par Washington. Le Paraguay en a été exclu après le coup d’Etat de 2012 contre le président Fernando Lugo et, signe d’une indépendance affirmée, elle est actuellement présidée par Cuba.
  • Banque du Sud
    La Banque du Sud est née officiellement le 26 septembre 2009 à travers la signature de sa convention constitutive par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela. Elle a pour objectif d’accorder des crédits aux pays membres de l’Unasur pour financer leurs développements économique, social et environnemental.
  • Conseil de défense sud-américain
    Dans le cadre de l’Unasur, cette organisation d’échange d’informations militaires née le 9 mars 2009 regroupe l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, le Chili, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela.

 http://blog.mondediplo.net/2013-03-12-L-Amerique-latine-dit-adieu-a-Hugo-Chavez#forum

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