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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 12:35

Par Jody McIntyre

Ce fut en prenant le métro ce samedi matin et en lisant Ciudad Caracas, que je réalisai que je m’étais trompé d’une heure. La manifestation, baptisée « marche des Missions avec Chavez » était annoncée pour 9 heures du matin. Cependant dès 8 heures, quelques milliers de personnes s’étaient concentrées près de la Plaza Venezuela. Ce ne pouvait être que de bon augure.

À seulement deux semaines des élections du 7 octobre, au lendemain d’une mobilisation massive à Mérida (en présence du président), les gens s’étaient déplacés à Caracas depuis tout le pays.

J’avais lu certaines choses sur les “Missions“, ces structures promues par le gouvernement, souvent organisées depuis la base, pour multiplier les soins de santé, l’éducation et tout ce qui peut bénéficier à la population. Cependant en faisant le tour de la Plaza, j’eus l’occasion de voir les participants à ces programmes en chair et en os.  Il y avait, entre autres, des délégations de la Misión Madres del Barrio (subvention et formation pour les mères de famille seules et démunies), qui semblaient les plus nombreuses ; de la Misión Milagro, un programme de soin gratuit pour les maladies oculaires qui a sauvé de la cataracte Mario Teran, le bolivien qui assassina Che Guevara il y a de nombreuses années ; Barrio Adentro, le programme de santé gratuite pour les secteurs populaires, créé à l’origine avec l’aide de milliers de médecins cubains graduellement remplacés par de jeunes vénézuéliens formés en médecine communautaire ; La Misión Sucre, programme gratuit d’enseignement universitaire ; La Misión Robinson, qui a permis d’alphabétiser 1,5 million de vénézuéliens ; La Misión Alimentación, programme de sécurité alimentaire aux objectifs similaires au réseau de supermarchés “MERCAL” subventionnés par le gouvernement, la Misión Negra Hipolita, mission d’accueil et de réinsertion des SDF et autres personnes en difficultés, la Gran Misión Saber y Trabajo qui vise à créer entre 2011 et 2018 trois millions d’emplois, et la Gran Misión Vivienda qui construira 3 millions de maisons jusqu’en 2019, et a déjà remis 252 mille 767 logements neufs aux familles les plus pauvres.

A mesure que les heures s’écoulaient, la foule enflait. J’avais entendu l’expression “marée rouge » mais celle-ci devint vite une réalité. Je fus impressionné par le niveau de motivation.  J’ai lu des choses sur l’organisation sous-tendant la révolution bolivarienne mais c’est différent de la voir en pratique. 

Le samedi matin, avant 9 heures, beaucoup de gens à Londres sont dans leur lit. Pas le « pueblo » du Venezuela, semble-t-il. Les femmes étaient clairement plus nombreuses que les hommes et en terme d’âge, on ne pouvait trouver plus grande diversité. Les groupes de Madres del Barrio par exemple comptaient de très jeunes femmes portant leurs bébés dans les bras, cotoyant des grand-mères dont les yeux trahissaient des années d’expérience.

Trois frères – aucun d’eux n’avait de plus de six ans – jouaient des coudes dans la foule très dense à présent, bras dessus bras dessous, poursuivant leur mère, craignant de se perdre en route. Les événements de ces prochaines semaines pourraient avoir un fort impact sur le type de société dans laquelle ils grandiront. Sont-ils trop jeunes pour comprendre ce qu’est la politique… ou la comprennent-ils déjà ? Quoi qu’il en soit ils prennent déjà part à la construction de leur avenir.

Tout au fond du boulevard piétonnier de Sabana Grande, juchés sur un grand podium, des artistes offraient des chansons politiques populaires dont Uh, Ah, Chavez no se va! (uh ah, Chavez ne part pas!”). Vers 9 heures 30, malgré la chaleur croissante, il fallait bien chercher pour trouver une personne ne dansant pas au rythme de la musique. Les motifs de la marche sont sérieux, ça n’empêche pas de savourer ce mouvement ascendant.

Au Venezuela, à la différence de nombreux pays, la participation des gens ne se limite pas à résister aux effets d’actions politiques cyniques. On a plutôt l’impression que les vénézuéliens prennent part à un processus qui transfère de plus en plus de pouvoir dans leurs mains. Cependant comme le disaient les participants à la marche, exprimant avec fierté leur appui au gouvernement actuel par leurs slogans sur les tee-shirts ou en dansant sur les chansons, ceci n’est pas dû à la chance. Sans le gouvernement pour lequel ils ont voté et revoté, les Misiones n’auraient tout simplement pas existé. « Chavez corazón de mi patria » (« Chavez, Coeur de ma patrie ») lit-on sur les banderoles. Le coeur de ma Patrie. En Hugo Chavez, les gens ont trouvé une force d’unification. Il n’était pas présent à Caracas mais jamais je n’ai vu autant de gens de conditions sociales diverses se transformer en force unitaire. De peau brune, de peau noire, de toutes les nuances. Les gens mènent leur propre révolution et ils sont prêts à la défendre.

Vers 11 heures la marche n’avait pas encore quitté Plaza Venezuela. Des centaines de bouteilles d’eau furent distribuées, un répit sous le soleil. Une demi-heure plus tard nous prenions l’ombre sous les arbres entourés par des chemises rouges heureuses de pique-niquer pour patienter lorsque finalement nous vîmes le mouvement plus haut sur l’avenue. La marche avait commencé.

Lorsque nous avons tourné à gauche sur la voie principale, la marche se scinda en deux, une partie empruntant un voie surélevée. Ce n’est que de ce point de vue favorable, alors que les différent groupes s’étaient fondus en une masse, que je pus prendre la véritable échelle du nombre. En regardant vers l’avant ou vers l’arrière la foule s’étendait à perte de vue. Les gens brandissaient des banderoles de soutien depuis les appartements qui nous surplombaient et d’autre se joignaient à nous par des rues transversales, à droite et à gauche. Un camion au milieu de la foule diffusait de la musique, et les jeunes supporters de Chavez affluaient en moto. La présence de la police était étonnamment faible pour un événement de cette taille (étonnant sans doute par rapport à ce que je suis habitué de voir chez moi).

Au moment où nous dépassions la station de métro “Colegio de Ingenieros” et que nous marchions vers «Bellas Artes», la chaleur se fit épuisante. En suivant le métro deux arrêts plus loin on pouvait voir que la foule au béret rouge venait de plus loin que du centre de Caracas. Des estimations ultérieures parlent de centaines de milliers, et les gens restèrent nombreux durant l’après-midi.

La stratégie assez confuse du principal opposant de Chavez, Henrique Capriles Radonski, est d’affirmer qu’il maintiendra la plupart des Misiones, cherchant ainsi à se présenter comme un candidat compétent, de gauche ou du centre. Mais même si nous ignorons les fuites récentes de documents de l’opposition qui ont révélé le fort ancrage néo-libéral de son agenda économique et ses plans d’éliminer immédiatement les subventions gouvernementales, cette tactique semble vouée à l’échec. A l’aune de ce qui s’est passé samedi, il semble que beaucoup de citoyen(ne)s du Venezuela, en particulier ceux et celles qui donnent vie aux Misiones, ne le croient tout simplement pas.

Source: Jody McIntyre Blog , http://jodymcintyre.wordpress.com/2012/09/23/misiones-on-a-mission/

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/09/25/le-samedi-matin-avant-9-heures-beaucoup-de-gens-a-londres-sont-dans-leur-lit-pas-le-pueblo-du-venezuela/

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne