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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:19

Jeudi 24 mars 2011MauriceLemoine-copie-1.jpg

  « Les alliés de Kadhafi » : en ouverture de séquence du journal de 20 heures de France 2, le 20 mars, apparaît le chef de l’Etat vénézuélien Hugo Chávez – sans d’ailleurs qu’on entende ce qu’il dit. Et l’analyse s’arrêtera là. Pourtant, le rejet de l’intervention « militaro-humanitaire occidentale » – les atermoiements de la Ligue arabe ne faisant guère illusion – déclenchée contre la Libye ne fait pas des vagues qu’au Venezuela : sous des formes diverses, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, Cuba, l’Equateur, le Nicaragua, le Paraguay et l’Uruguay ont exprimé qui sa réprobation, qui sa condamnation.

On ne s’étendra pas ici sur le printemps arabe (Tunisie et Egypte dans un premier temps), accueilli avec chaleur à Caracas comme dans de nombreuses capitales latinoaméricaines. Des peuples qui se soulèvent contre des régimes autoritaires et figés inspirent, dans cette partie du monde, une immédiate sympathie. Mais il n’a échappé à personne que le soulèvement populaire tunisien a dû prendre de vitesse la réaction d’une grande puissance « patrie des droits de l’Homme », la France, soutien et amie indéfectible de M. Zine el-Abidine Ben Ali auquel, dans un premier temps, elle proposa du matériel pour mater la rébellion. Et que, confrontés à la révolte égyptienne, les Etats-Unis, n’abandonneront leur allié inconditionnel Hosni Moubarak qu’après avoir pris langue avec l’armée pour assurer une transition « sous contrôle » – sacrifiant un doigt pour sauver le bras.

Tout autre va être l’attitude de la « communauté internationale » – lire : les Etats-Unis et ceux qui leur sont inféodés – dès lors qu’une insurrection populaire, ni plus ni moins légitime que les précédentes, remet en cause le régime despotique de M. Mouammar Kadhafi. Le soutien immédiat à l’opposition, férocement réprimée, tranche avec l’attitude adoptée à l’égard de l’Egypte et de la Tunisie. Il trouvera son point d’orgue avec la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU) du 17 mars autorisant « à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et les zones peuplées menacés par une attaque » du pouvoir libyen.

Dirigeant atypique (il s’agit là d’un euphémisme) au pouvoir depuis le 1er septembre 1969, M. Kadhafi doit être resitué dans l’ « histoire longue » si l’on veut comprendre les réactions des dirigeants latino-américains. Il a, dans un passé lointain, été un leader anti-impérialiste, soutenant et finançant le combat anti-apartheid en Afrique du Sud, jouant un rôle dans l’accession à l’indépendance de l’Angola et de la Namibie, tentant (sans succès) de réunifier le monde arabe, rêvant de créer des Etats-Unis d’Afrique et appuyant nombre d’insurgés de par le monde (dont le Front sandiniste de libération nationale, au Nicaragua, dans les années 1970- 1980). Qu’il dirige la Grande Jamahiriya arabe libyenne d’une main de fer n’efface pas totalement, dans la conscience de nombre de dirigeants du « Sud », cette ombre portée. Pas plus que ne le fait son revirement, lorsque, désirant sortir du statut de « terroriste » auquel sa politique aventuriste et parfois criminelle l’a mené, il se rapproche des puissances occidentales, à la fin des années 1990, leur donnant accès au pétrole libyen et servant de supplétif à l’Union européenne dans sa lutte contre l’immigration clandestine.

Victime à de multiples reprises du « droit d’ingérence » autoproclamé de Washington, l’Amérique latine se montre très sensible dès lors qu’est abordé le thème de la souveraineté nationale. Tout en avançant dans le sens d’une plus grande intégration régionale, dont témoignent la naissance de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)1 et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur)2, elle refuse toute ingérence dans les affaires internes de quelque pays que ce soit ; les relations se font d’Etat à Etat. M. Kadhafi assiste donc, le 29 novembre 2006, à Abuja (Nigeria), au premier Sommet Amérique du Sud – Afrique (ASA) qui, à l’initiative du Brésil et du Venezuela, réunit quarante-sept pays des deux continents afin de renforcer la coopération en matière politique, technologique, environnementale, commerciale et sociale.

C’est en tant que président en exercice de l´Union africaine (UA), que M. Kadhafi participe au deuxième Sommet de l’ASA, sur l’île de Margarita, au Venezuela, en septembre 2009, en compagnie des représentants de soixante pays. Le document final du 27 septembre comporte cent quatre-vingt huit propositions destinées à renforcer la coopération Sud-Sud dans les domaines de l’énergie, de la lutte contre le trafic de drogues et d’êtres humains, de la crise économique mondiale, de la sécurité alimentaire, de la santé, de l’éducation, des changements climatiques, etc. L’ambition affichée étant à la création d’un monde multipolaire, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva affirme à cette occasion que le Conseil de sécurité « a perdu de sa crédibilité », avant d’ajouter : « Nous devons travailler ensemble pour le réformer ». L’ASA désigne les chefs d’Etat du Venezuela, du Brésil, du Nigeria et de la Libye, ainsi que l’UA et l’Unasur, coordinateurs régionaux de l’organisation. Il est décidé que la Libye, pays clé du Maghreb et du panorama africain, accueillera le troisième sommet de l’ASA en septembre 2011. Qu’on le veuille ou non, dans ce type de circonstance, des liens se créent.

suite  http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1489

 

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Le venin de la désinformation