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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 22:20
Hedelberto López Blanch

Le triomphe de Cristina Fernández Kirchner aux récentes présidentielles argentines est un exemple pour de nombreux pays dans le monde, tout spécialement de l’Union Européenne, qui montre comment résoudre les crises provoquées par des politiques néolibérales sans avoir à recourir à des mesures économiques et sociales agressives envers les peuples.



La présidente, représentante du Front pour la victoire (FPV) est élue au premier tour par 53,9 % des électeurs. Un résultat historique depuis le retour de la démocratie en Argentine.

Cette victoire attendue, permettra à Cristina Fernandez de commencer son second mandat ce 10 décembre avec une position politique renforcée, une grande popularité et une opposition fragmentée et fragilisée.

Il y a quelques mois, l’économiste et prix Nobel Joseph Stiglitz a fait l’éloge de l’accroissement rapide du PIB argentin accompagné par une réduction importante du taux de pauvreté par rapport aux pires moments vécus dans le pays et pour avoir traversé la dernière crise financière bien mieux que les Etats-Unis ou l’Europe.

Il ajoutait que le chômage n’y dépasse pas les 8 % et que l’Argentine peut laisser définitivement de côté les « magiciens » de la finance. « Ils nous ont mis dans la mouise et exigent maintenant l’austérité et une restructuration retardée. S’il doit y avoir souffrance, elle doit concerner d’abord ceux qui ont profité de la bulle qui a précédé ».

Fernández a reçu un appui populaire énorme à cause de la politique économique et financière de ces quatre dernières années, y compris les nationalisations, la protection de l’industrie et les différents subsides tandis que l’économie s’est accrue au rythme de 8 % malgré les critiques des entrepreneurs, du FMI et de la Banque mondiale et même de Wall Street.

L’Argentine a commencé à sortir du désastre économique avec la victoire électorales en 2003 de l’inconnu Néstor Kirchner face au responsable de la période néolibérale des années 90 : Carlos Ménem. Pour ceux qui auraient oublié, rappelons que la situation d’alors. L’argentine, était alors l’enfant chéri du FMI et de la Banque mondiale, leurs programmes de réformes, de privatisations des services publics, a connu le défaut de paiement et devint vite une nation pestiférée. Menem ouvrit les services et les industries au capital étranger et à permis l’importation sans frein des marchandises ce qui entraîna une débâcle économique sans précédent dans l’histoire.

Le pays a subi 54 mois de récessions et 4 ans de prostrations, un effondrement des exportations de 70% tandis que la vente d’immeubles et le tourisme extérieur chutaient de 85 et 60 % respectivement. En quelques mois, de janvier à aout 2003, 110 000 petits commerces ont fermé leurs portes et laissé à la rue 300 000 personnes qui vinrent grossir les rangs des chômeurs (25.5 % de la population active). Le nombre total de sans-emploi est arrivé à 16 millions sur sur une population de 36 millions, l’inflation, dévaluation du peso, faiblesse du recouvrement des impôts, en définitive : la débâcle.

Néstor Kirchner en assumant sa présidence, interdit de poursuivre le déficit du pays à travers l’endettement permanent et décida qu’on ne paierait pas la dette au prix de la faim et de l’exclusion. En 2006, grâce aux avancées économiques obtenues, l’argentine a pu se libérer de sa dette envers le FMI éliminant ainsi toute possibilité d’intervention et de pression de ces organismes dans la politique économique du pays. En 2007, le chômage était descendu à 10 %.

Durant la même période, on a récupéré plusieurs services publics offerts au privé par Menem comme les Postes ou l’Eau potable, on a créé l’entreprise publique Energie Argentine (ENARSA) pour contrôler les ressources naturelles stratégiques.

Fin 2007, Cristina Fernandez devint présidente et poursuivi la politique mise en place par son époux durant les quatre années précédentes.

Aujourd’hui, l’économie argentine enregistre une avancée favorable dans la production industrielle et dans l’agriculture. La consommation alimentaire des familles a augmenté tandis que le chômage diminuait, que les salaires s’élevaient tout comme les revenus des retraités. Une allocation universelle par enfant a été créée pour aider les parents aux salaires les plus bas et au travers du Marché central, des produits variés de première nécessité devenaient accessibles aux plus démunis.

L’accession de plus larges franges de la population grâce aux augmentations de salaires et les politiques de revenus universels ont dynamisé la consommation intérieure. La banque centrale maintient un taux de change compétitif, et les secteurs bancaire et financiers sont désormais solides face à une volatilité mondiale très forte. Les exportations enregistrent un excédent de 16 milliards de dollars sur les importations et les réserves internationales dépassent les 50 milliards de dollars.

Comme le peuple n’oublie pas, ces raisons ont conduit à la large victoire de Cristina Fernández Kirchner ce 23 octobre. Elle pourra s’attacher au cours des prochaines années à poursuivre et conforter l’intégration latino-américaine qui prend chaque jour plus d’importance dans la région.

Le « modèle » argentin pour résoudre par des mesures indépendantes au bénéfice du peuple les  conséquences des politiques néolibérales imposées par le FMI, la Banque mondiale et les USA au cours des années 90, devrait intéresser plusieurs pays européens qui souffrent actuellement une grave dégradation économique.

Hedelberto López Blanch in rebelion.org 31/10/2011

traduction non officielle par alfare

http://www.legrandsoir.info/elections-en-argentine-la-victoire-economique-des-kirchner-rebelion.html
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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Amérique Latine