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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 14:55

 

Chroniques vénézuéliennes, par Jean Ortiz. A deux mois des élections présidentielles, état des lieux du Venezuela treize années après l'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez. Aujourd'hui : "Retour a Caracas."

Nos chroniques n'ont d'autre ambition que d'esquisser pour le lecteur de l'Huma et de l'HD, a grands traits, colorés, avec quelques touches d'humour, n'en déplaise aux grincheux, les contours d'un pays en transition vers un système qui se détache progressivement du modèle néolibéral, sans rupture brusque, mais avec un objectif globalement défini et assumé: le "socialisme du XXIe siecle" dans des conditions de luttes intérieures et extérieures très tendues. Des nouvelles formes de démocratie, de propriété, de relations de production, se mettent en place.

Le processus doit beaucoup à Chávez; il est le moteur, le catalyseur, le fédérateur. Son rôle est pour l'instant irremplaçable. 
La révolution se fait au quotidien, dans le pluralisme : 14 campagnes électorales (une par an). Nous avons parcouru des milliers de kilomètres; le pays est riche, divers, dispose d'un potentiel énergétique énorme (400 milliards de barils de pétrole dans la seule frange de l'Orénoque, de quoi exploiter pour plus d'un siècle). Le Venezuela a sans doute les réserves pétrolières les plus importantes au monde. On comprend des lors le pourquoi de la convoitise et des agressions de Washington.

Le pays, centralisé, bien qu'il s'en défende, autour de Caracas, devrait se décentraliser rapidement et se redéployer vers les régions pétrolières de l'Oriente, métis, mulâtre, caribéen. Nous n'avons pas prétendu à une analyse de fond, nous avons volontairement survolé certains thèmes, inédits et fondamentaux pour les développer plus tard, pour les lecteurs, notamment, de l'HD. Certains, sont des marqueurs de ce processus :
- mise en place de l'autogestion, du pouvoir populaire, de la démocratie directe, des conseils communaux, et surtout des "communes"
- les "Missions" sociales, culturelles, éducatives, etc.
- les nouveaux villages
- l'entrée au MERCOSUR et l'intégration continentale
- le plan du gouvernement (Plan Patria) pour 2013-2019, qui programme "plus de socialisme"

Dans les Etats de Zulia et de Táchira, gouvernés par l'opposition,nous avons rencontré des humbles qui ont peur du socialisme, du "communisme", qui vont voter contre Chávez. Dans les régions conservatrices, l'opposition est agressive, haineuse (nous avons pu le constater directement), et mise déjà sur la déstabilisation par la contestation du résultat des urnes, le 7 octobre.

De retour à Caracas, place Bolivar, un prêcheur évangéliste côtoie des dizaines de jeunes chavistes qui répètent leurs slogans. Les journaux font écho au discours de Chávez, qui se considère "soldat de Jésus". 

La presse d'opposition insiste sur les insatisfactions populaires; on se dispute le journal gratuit, et pourtant de qualité, "Ciudad Caracas", dirigé par l'ami Ernesto Villegas. Sur un podium, un groupe musical interprète des textes de Ali Primera. Le théâtre de rue "la ruta histórica" fait revivre aux passants l'épopée de Simón Bolívar, et le coup d'État contre Chávez d'avril 2002. L'inventivité populaire est surprenante.

Dans la rubrique "opinion" du quotidien "Quinto Día", Domingo Alberto Rangel écrit: "les systèmes démocratiques des pays des deux rives de l'Atlantique Nord vivent une décadence insupportable. L'Europe est non seulement vieille, mais elle veut transmettre son obsolescence aux autres continents, spécialement à l'Amérique latine.

A la Foire du Livre, 30 centimes d'euro l'ouvrage, nous rencontrons le grand poète vénézuélien Gustavo Pereira. Pas besoin de lui présenter l'Humanité. Il connait! Il parle parfaitement français, et a récemment écrit dans "Les êtres invisibles": "un graffiti des années 1960, sur un mur de Montevideo disait "Celui qui sème la faim récolte des révolutions". Au Venezuela, nous vivons un processus qui tente enfin de traiter à la racine ce drame. Le gouvernement s'efforce de privilégier justice sociale au delà des mots, et des pactes secrets entre les puissants vénézuéliens et les multinationales. Ce n'est pas seulement rhétorique, il s'agit avant tout de rendre visibles, c'est-a-dire acteurs de leur histoire, les êtres invisibles. 

C'est-a-dire les déshérités. C'est-a-dire ceux qui constituent 80% de notre population. (...)  Avec la solidarité des 'justes du monde'.

Jean Ortiz   http://www.humanite.fr/monde/celui-qui-seme-la-faim-recolte-des-revolutions-501947

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne