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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 15:09

Marc VANDEPITTE

Néstor Kirchner, l’ancien président de l’Argentine, est décédé le mercredi passé des suites d’une crise cardiaque. La dernière décennie, il a joué un rôle crucial, aussi bien dans la politique intérieure qu’extérieure de son pays. Il laisse un vide énorme.
"Nous qui l’avons connu et qui nous sommes battus avec lui, nous nous souviendrons de lui comme un des grands piliers de cette ère nouvelle de l’Amérique." Hugo Chávez

Néstor Kirchner, âgé de soixante ans, était cardiaque. L’année passée, il avait été hospitalisé à deux reprises et début septembre, on lui avait encore implanté un stent. Sa mort est toutefois survenue comme une surprise totale.
Lorsqu’il était élu président en 2003, Kirchner tombait sur un pays délabré. Entre 1976 et 1983, la dictature militaire avait coûté la vie à quelque 50.000 Argentins. (1) Les militaires avaient reçu l’appui total de Washington. Cette période a laissé des traces profondes : la gauche était anéantie et les organisations sociales quasiment détruites. Ainsi, les militaires ont frayé la voie à l’offensive néo-libérale, qui a atteint sa vitesse de croisière dans les années nonante, sous le règne du président Menem. A l’instar des recettes du FMI, l’économie argentine était totalement soumise au capital étranger. L’économie était dollarisée et le pays était placé sous la tutelle financière d’un « Currency Board », une pratique que la Grande Bretagne imposait à ses colonies au 19ème siècle. (2)                                                                                                                                                 Les conséquences de cette politique étaient désastreuses. Plus de la moitié de la population tombait en dessous du seuil de pauvreté et près d’un tiers de la population active était au chômage. Les salaires étaient descendus au niveau le plus bas depuis soixante ans. Au tournant du siècle, l’endettement atteignait un niveau record de 100 milliards de dollars, ce qui signifiait un remboursement annuel de 35% des recettes de l’exportation.(3) Pendant cette période, l’inflation atteignait des valeurs pic jusqu’à 3000%, un véritable score comme dans le Zaïre de Mobutu. Pendant les années 2000-2001, le pays était au bord de la banqueroute, ce qui provoquait un mouvement de protestation populaire. Le peuple descendait en masse dans les rues. La crise économique et sociale allait de pair avec une crise politique. Il n’y avait plus aucune confiance dans l’élite politique. Les présidents démissionnaient l’un après l’autre.

Kirchner-_Evo_Morales_et_Hugo_Chavez-27991.jpg

                                                       avec Evo Morales et Hugo Chavez

C’est dans ce contexte que Kirchner,jusqu’alors un politicien quasiment inconnu, fait son apparition. Contrairement à ses collègues en Bolivie, au Venezuela ou en Equateur, il n’a pas vraiment de base populaire ou politique. Suite à la crise très profonde, la lutte sociale en Argentine était axée sur la ‘survie’ plutôt que sur la poursuite d’objectifs politiques plus larges. Les organisations sociales avaient d’ailleurs subi des coups durs pendant la dictature militaire. Kirchner n’a pas non plus un profil politique clair. Ses racines politiques et idéologiques se trouvent dans le Péronisme, une idéologie complexe et vague qui peut aller dans tous les sens.Beaucoup d’observateurs prédisent dès lors que dans ces conditions, il ne durera pas très longtemps. Ils se sont trompés
 Ce qui semblait impensable jusqu’il y a peu, Kirchner l’a réalisé. Il a coupé court aux recettes du FMI, il a réussi à contraindre la crise spectaculaire, il a ramené la stabilité dans son pays, l’orientant sur une voie progressive. Pendant sa présidence, l’économie connaît une croissance annuelle de 8,8 %, le score le plus élevé de toute l’Amérique latine.(4) Kirchner stabilise le cours du change, enraye l’énorme crise d’endettement et arrive à s’imposer contre les créanciers. Il envoie même promener le FMI. Il réussit à attirer à nouveau des investisseurs étrangers et la consommation augmente.(5) Sur le plan social, il y a également un progrès net. Kirchner sort 9 millions d’Argentins de la pauvreté ; le taux de pauvreté diminue de 54 % à 23 %. Le chômage baisse à un taux d’environ 10 %.(6) Il introduit une allocation familiale pour les familles pauvres, ce qui réduit la pauvreté enfantine à moins d’un tiers.(7) L’armée est profondément réformée et les militaires qui se sont rendu coupables de cruautés pendant la dictature militaire, sont poursuivis. La Haute Cour de Justice est également réformée et modernisée en profondeur. Kirchner joue aussi un rôle prédominant au niveau international. En 2005, lors du sommet des pays américains, il saborde définitivement - avec Hugo Chávez - la proposition des USA d’imposer un accord de libre échange à tout le continent. Il est également un pionnier important de Telesur, la chaîne de télévision indépendante du continent, qu’on appelle souvent la El-Jazeera d’Amérique latine. En mai 2009, Kirchner est élu, a l’unanimité, premier secrétaire général de l’UNASUR, l’union intergouvernementale de douze pays Sud-américains. En 2007, son épouse Cristina Fernández lui succède en tant que président.. Mais en coulisse, il continue à jouer un rôle très important.
suitehttp://www.legrandsoir.info/Avec-la-mort-de-Kirchner-une-grosse-pointure-a-disparu-en-Amerique-latine.html

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Amérique Latine