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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 00:19

l’essence de Caracas pour les bus londoniens
Ken Livingstone - Hugo Chavez     
MAURIZIO MATTEUZZI

 Pétrole vénézuélien à bon marché pour approvisionner le réseau urbain des bus londoniens, et permettre au maire Ken Livingstone d’abaisser le prix des billets pour 250 mille londoniens vivant en conditions économiques précaires. L’accord a été signé hier dans la capitale anglaise par le maire, représentant historique de la gauche Travailliste en rupture avec la « nouveau travaillisme de Tony Blair (au point qu’aux dernières élections il s’est présenté et a été élu comme « indépendant »), et par le ministre des affaires étrangères vénézuélien Nicolas Maduro, accompagné par Alejandro Gonzalez, un des vice-présidents de Padvsa, la compagnie pétrolière d’état qui sera celle qui paye en fin de comptes. Hugo Chavez continue imperturbablement sur la voie de sa « pétro démocratie » et de son « populisme », indifférent – railleur même-  aux critiques qui pleuvent sur lui de la part de la droite, la vieille et la neuve, à l’intérieur et à l’extérieur du Venezuela, et de la « gauche » européenne la plus moderne. Critiques non seulement de ce ménestrel du néo libéralisme pur et dur auquel s’est converti le fameux romancier péruvien Mario Vargas Llosa. Qui, dans les colonnes accueillantes de El Pais (libéral-socialiste et pro-Zapatero en politique intérieure mais grossièrement conservateur quand il s’agit de l’Amérique Latine), tente de promouvoir le livre « El regreso del idiota » (le retour de l’idiot NDT ) avec lequel Plinio Apuleyo Mendoza (ex-gauchiste colombien passé à l’extrême-droite), Carlos Montaner (anti-castriste cubain à la solde de la Cia) et Alvarito Vargas Llosa (le fils) donnent suite, dix ans après, à leur « Manual del perfecto idiota  latino-americano », et définissent Chavez comme l’ « idiot étoile ». Chef de file, avec ses « clowneries », son « délire messianique », son « anachronisme » et sa « stratégie totalitaire rusée », de la « gauche carnivore » (Fidel,  Chavez, Morales et maintenant l’équatorien Correa) « renaît de ses cendres » en Amérique latine, par opposition à la « gauche végétarienne » et bonne (les chiliens Bachelet et Lagos, le brésilien Lula, l’uruguayen Vasquez, jusqu’au péruvien Garcia et, qui l’eut cru ! le nicaraguayen Ortega).
Grâce à l’accord signé hier, qui s’appliquera « tout de suite », la Municipalité de Londres paiera le pétrole vénézuélien 20% de moins et réduira ainsi de moitié le coût des transports pour les londoniens les plus pauvres. En contrepartie, le gouvernement vénézuélien bénéficiera de « la consultation » de la Municipalité de Londres en matière de recyclage des déchets ménagers, de trafic urbain, de réduction des émissions de dioxyde de carbone et autres problèmes environnementaux. « Cet accord contribue au travail que Chavez est en train d’accomplir dans le monde entier pour alléger les problèmes de la pauvreté, qui touchent tous les pays », a dit Livingstone. Déjà quand il fut annoncé, en mai 2006 à l’occasion d’une visite non officielle de Chavez à Londres, l’accord déchaîna de violentes polémiques. Si bien que Livingstone dut annuler un voyage à Caracas, fixé pour la veille des élections de décembre qui ont confirmé Chavez.
Polémiques et critiques qui se répètent maintenant que l’accord est entré en vigueur : pourquoi offrir des ressources importantes, qui devraient être destinées à la population pauvre du Venezuela, à une des villes les plus riches du monde ? « Populisme » ? Peut-être.
« Anachronisme », comme dit Vargas Llosa ? Certainement. Mais cette extraordinaire sensibilité pour les pauvres exhibée à chaque initiative « anachronique » prise par Chavez dans et hors du Venezuela, pue l’hypocrisie à plein nez. Pourquoi la pétro démocratie scandalise-t-elle tant quand elle est de sceau chaviste et ne scandalise pas du tout quand –ce qui a toujours eu lieu- ce sont les Etats-Unis qui la pratiquent, en faisant chaque année la liste des bons et des méchants avec distribution correspondantes  de prix et punitions ?
L’utilisation de l’arme du pétrole n’est pas nouvelle. Mais ce qui est inacceptable pour beaucoup c’est que, pour la première fois, c’est quelqu’un comme Chavez qui l’utilise. Non seulement en cédant le pétrole à des conditions planchers à la mairie de  « Ken le rouge » : Cuba, les petits pays des Caraïbes, les municipalités administrées par le Fmln au Salvador et par le Fsln au Nicaragua, l’Equateur, l’Uruguay, et même –provocation intolérable- aux pauvres de New Orleans et du Bronx new-yorkais.
On entend la même litanie ces jours ci à Caracas, après l’annonce de la re-nationalisation de la compagnie des téléphones CANTV et de la compagnie électrique EDS, vendues dans les années 90 par les présidents social démocrate Carlos Andres et social chrétien Rafael Caldera. S’il les avait re-nationalisées sans indemnisation, ç’aurait été la fin du monde. Comme il les a rachetées, en payant rubis sur ongle les compagnies étasuniennes -572 millions de dollars la VERIZON et quelques autres centaines de millions la AES- plus que ce que valaient en Bourse leurs actions- voilà que surgissent les vieilles barbes comme l’économiste Gerver Torres, ex ministre de Pérez, pour dire que cela a été la « pire décision politique » prise par Chavez, et prévenir que les nationalisations des ressources stratégiques annoncées dans le cadre du « socialisme du 21ème siècle » -pétrole, télécommunications et électricité- coûteront rien moins que 24 milliards de dollars. « Qui pouvaient servir à payer la dette extérieure équivalente» ou « être destinées aux pauvres du Venezuela »…
Edition de mercredi 21 février 2007 de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/21-Febbraio-2007/art51.html
traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio.

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Revue de Presse