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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 11:26

A  Mr  Dominique  Moisi  pour son éditorial  intitulé 

 «  L’Amérique Latine dans un cycle populiste »

de Guy MAUNOURY 

 

 

 

          Dans l'éditorial daté du 30 octobre vous mettez l'élection de Lula sur le compte de la montée du populisme; mot décidément à la mode, car très commode pour disqualifier un supposé ennemi de manière indiscutable. Souvent employé, rarement défini (ce qui est le cas dans votre éditorial ), depuis les dirigeants des Etats-Unis jusqu'aux faiseurs d'opinion, à propos de  l'Amérique Latine qui remet en cause de plus en plus la mondialisation néolibérale, mais aussi en France à l'occasion du référendum sur la constitution européenne.  

Mais est-ce que Lula remet en cause cette mondialisation néolibérale? Non, vous le dites vous-même. Remet-il en cause l'hégémonie des Etats-Unis? Non, vous le dites aussi, vous insistez même sur ce qui le différencie de Chavez et Morales. Alors en quoi son élection traduit-elle une montée du populisme ? Pas de réponse, premièreincohérence. 

 

Mais venons au cas de Chavez, cas avéré de populisme selon vous, qui vous semble tellement évident que vous ne prenez pas la peine de le définir non plus; sinon par des allusions à ses discours mettant en cause le rôle négatif des Etats-Unis; rôle négatif que toute l'Amérique Latine connaît, mais pas vous,  semble-t-il. Vous parlez à son propos « d'hystérie antiaméricaine »; et l’hystérie anti Chavez de Bush vous aurait-elle échappé ?  Accordez lui, ainsi qu’aux peuples d'Amérique Latine, plus d'intelligence que ce mot stupide ne le laisse penser; mot inventé par tous les défenseurs inconditionnels de la politique des Etats Unis. Ceux-ci n'aiment pas Chavez,  tout le monde le sait; mais ils ne se sont pas contentés de ça, ils ont participé et approuvé le coup d'Etat d'avril 2002. Aussi Chavez a quelques raisons de condamner ce qui serait plus juste d'appeler l'impérialisme des Etats-Unis qui, outre le Venezuela, menace la Bolivie et bien sûr Cuba. Mais Hugo Chavez connaît aussi l'histoire de l'Amérique Latine, histoire que vous semblez avoir oubliée. Car, depuis plus d'un siècle, les USA n'ont cessé d'intervenir directement ou à travers des coups d'Etat en appui aux oligarchies locales contre la volonté démocratique des peuples ; vous évoquez vous-même la phase des dictatures puis la phase ultra-libérale. Vous ne pouvez ignorer le rôle essentiel de Washington dans ces deux périodes.                                                                                                             

Vous reprochez à Chavez d'utiliser « sa richesse pétrolière pour reprendre le flambeau de la révolution ». Je note au passage que vous parlez du pétrole comme s'il appartenait en propre à Chavez. C'est même tout le contraire ; cette richesse était dans les mains d'une minorité et ne profitait en rien à la population. Mais vous n'expliquez pas à quoi est utilisé l'argent du pétrole. Alors, je vais vous le dire, bien que vous ne devez pas l’ignorer. Il est utilisé à un vaste programme dit de missions sociales dans les domaines de la santé, de l'éducation, du logement, des minorités, programme qui concerne la moitié pauvre du pays. Cela  veut dire qu'ont été créés des dispensaires massivement là où ils étaient inexistants, que plus d’un million d’adultes ont été alphabétisés, que d’autres accèdent à des formations universitaires et professionnelles ; que des centaines de milliers d'enfants reviennent à l'école où on leur fourni aussi les repas ; que des titres de propriété sont remis à des habitants précaires ; que l’on a donné une identité à plusieurs millions de gens qui étaient sans existence légale, sans droit de vote. Beaucoup d'autres choses sont impulsées par le gouvernement, comme les coopératives, les remises de terres, des marchés populaires pour les produits de base, la recherche de l'indépendance alimentaire. Est-ce cela  le populisme dont vous parlez? Le problème de votre article est que vous omettez totalement de parler de ces réalisations, car personne ne pourrait croire qu'il s'agit de choses négatives. Autre contradiction.                                                                                   

Mais que serait selon vous une politique non populiste? Laisser les richesses du pétrole aux mains des multinationales, et sans leur faire payer d'impôts ? C'est ce qui se passait avant Chavez où la population était laissée à l'abandon. Il y a une explication que vous refusez de voir, l’aspiration grandissante des peuples à récupérer, contrôler leurs richesses et faire en sorte qu'elles bénéficient au bien commun. Et pour cela ces peuples doivent s'unir, se battre contre leurs propres oligarchies et les politiques néolibérales imposées par les USA principalement et aussi l'Europe, qui s'acharnent à privatiser les ressources non seulement de l'Amérique Latine mais de la planète entière.         

Et si Lula ne veut pas  « décevoir son peuple » il devra aussi dépasser le cadre imposé par les possédants à l'intérieur du Brésil et à l'extérieur, comme le FMI par exemple. Réduire les « inégalités spectaculaires » au Brésil exige cette rupture, car partout dans le monde soumis à ces mêmes politiques les inégalités augmentent. Sauf dans les pays que vous dénoncez comme populistes. Donc Lula doit se rapprocher de Chavez, c’est à dire l’exact opposé de votre article.

 Le 9 nov. 2006      

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Revue de Presse