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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 10:08

par Elisa Nuria Cabot , Miguel Riera

25 février 2009

La création de conseils communaux et, in fine, de communes socialistes, constitue l’un des axes du projet de restitution du pouvoir au peuple. Cela fait partie du dessin d’une nouvelle géométrie du pouvoir, conçue pour démocratiser à la base la prise de décisions. C’est le pouvoir par le peuple, et pas seulement pour le peuple. Et c’est aussi un processus fragile, naissant, mais qui se consolide peu à peu, face à l’hostilité de ceux qui préfèrent une démocratie représentative, à condition que ce soit eux qui la représentent.

Pour comprendre ce que sont exactement les conseils communaux et les communes socialistes, la revue El Viejo Topo a fait le voyage jusqu’à Barquisimeto, capitale de l’Etat de Lara, où se trouve la Fudeco (Fondation pour le développement de la région centre-ouest du Venezuela), organisme qui, entre autres programmes, est chargé d’aider à la construction du pouvoir populaire (plus précisément : soutien à la création et au développement de conseils communaux et de communes socialistes) dans les Etats de cette partie du Venezuela.

A notre arrivée, nous avons rencontré Morelva Quintana et Carolina Novella, responsables de ce programme, en réunion avec le conseil communal de Las Palmitas. Au cours de celle-ci, les porte-parole (il n’y avait que des femmes) ont exposé leurs problèmes et Morelva et Carolina ont proposé les solutions. Puis, la réunion terminée, les deux responsables ont répondu à nos questions. Ce qui suit résume ce qu’elles nous ont expliqué.

Qu’est un conseil communal ?

Un conseil communal est un groupe d’habitants, en zone rurale ou urbaine. La participation aux conseils communaux est totalement volontaire et n’est pas rémunérée. A grands traits, les principales caractéristiques d’un conseil consistent en ce que les habitants qui le composent élisent en assemblée des représentants (porte-parole) qui traiteront des sujets d’intérêt pour la communauté au sein de différentes commissions (au moins sept) : santé, finances, production, infrastructures, culture, éducation, sport, etc. Il y a, au sein de la commission des finances, un élément essentiel : la banque communale (ou unité de gestion financière). C’est la banque qui reçoit les fonds des institutions de l’Etat, les comptes et le déroulement des projets étant surveillés par la communauté elle-même à travers le contrôle social, exercé par une (ou des) personne(s) élue(s) aussi par les membres du conseil eux-mêmes. La banque communale fonctionne comme une coopérative d’épargne et de crédit. Ces deux éléments, banque communale et contrôle social, sont capitaux pour l’avenir du conseil.

Au départ, les conseils communaux ont été établis sans cadre légal clair, mais dès 2006 une loi a été adoptée, instaurant la participation citoyenne dans le cadre de la Constitution vénézuélienne, qui affiche clairement une volonté participative et « protagonique » . A l’intérieur de leur zone géographique - notons qu’il existe des conseils formés par des communautés éloignées les unes des autres, certaines étant sur des territoires appartenant à des communautés indigènes -, les conseils peuvent décider, contrôler, et même mener à bien les projets que la communauté estime les plus nécessaires, que ce soit sur le terrain de l’éducation, de la santé, du travail ou de l’environnement, etc. A première vue, on pourrait penser qu’il s’agit de quelque chose ressemblant aux budgets participatifs, mais en réalité le conseil communal peut aller beaucoup plus loin. Ce n’est pas une mairie qui discute avec les habitants quelles sont les priorités qui devront être traitées et qui consacre une partie de ses moyens (généralement faible, du moins en Espagne) à réaliser les travaux ou projets demandés par les habitants. Dans le cas du conseil communal, l’initiative vient des habitants eux-mêmes, qui gèrent les ressources et contrôlent le déroulement des travaux (et peuvent même demander à s’en charger eux-mêmes). De plus, le conseil a –ou peut avoir- une dimension politique : il est l’interlocuteur entre la communauté et les instances du gouvernement au niveau national ou des Etats ; il peut développer, au travers de la commission correspondante, des activités de formation, y compris des activités de sensibilisation politique (non imposées de l’extérieur mais émanant de la communauté elle-même) ; il peut créer des émissions de radio ou de télé communales ; il doit récupérer l’histoire de la communauté, élaborer la cartographie et le recensement de sa zone ; etc. Un réel transfert de pouvoir à la communauté s’est donc produit : celle-ci renforce son pouvoir, se conscientise et joue un rôle actif.

http://www.risal.info/spip.php?article2487

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne