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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 21:14

Muriel Knezek

  
 Le bilan de la politique bolivarienne instaurée depuis 10 ans au Venezuela est satisfaisant à en rougir. L’heure est à la continuation qui effraie l’opposition désemparée. Peu de chance pour que ça ne continue pas de fonctionner, et pour longtemps.

 

Le 13 janvier dernier, Hugo Chavez, président de la République bolivarienne du Venezuela, s’est adressé à la nation lors d’un discours prononcé du Palais fédéral législatif afin de faire état du bilan de sa politique depuis 10 ans, et d’annoncer ses intentions pour les mois et années à venir.

Ce bilan relève, bien entendu, de l’application scrupuleuse d’une gestion et d’une orientation politiques en adéquation avec les principes d’un socialisme du XXIe siècle revendiqué dans le pays, mais également grâce à la Constitution mise en place durant cette dernière décennie, qui a rendu possible un tel projet national.

C’est effectivement en 1999, lors de l’arrivée de Chavez au pouvoir, que pour la première fois dans l’histoire du Venezuela le nouveau texte de la Constitution, élaboré par une assemblée constituante, est soumis et approuvé à presque 72% par référendum populaire. Durant tout le XIXe siècle et jusqu’à cette date, les différentes Constitutions amendées et réformées qui se sont suivies n’avaient jamais fait l’objet de consultation démocratique. Avec l’appui des partis politiques en place, défendant leur hégémonie politique et économique sur le pays, seul le Président s’appropriait jusqu’alors le pouvoir d’amender la Constitution. Le destin de la nation ainsi exclu de toute volonté et décision populaires, promus uniquement à une libéralisation sans contraintes et un maintien des relations de classes où tout ce qui pouvait être contradictoire à cette tendance était considéré comme menaçant et défavorable.

  

L’heure du bilan

Depuis cette première révolution législative impulsée par Chavez, associée à la mobilisation de la population vénézuélienne par sa participation et son éveil, ainsi qu’aux avancées sociales décrétées et menées par le gouvernement, les résultats sont là.

Sur la période 1998-2007, les progrès sont vertigineux.

Les indicateurs sociaux – premiers baromètres d’une société – annoncent un « indice de développement humain » (IDH) à 0,8836, en hausse de 27,7 %. Cet indice évalue, de 0 à 1, le niveau de bien-être individuel et collectif, calculé sur la base d’un rapport quantifiant santé, éducation et niveau de vie. Le coefficient de Gini – qui mesure, de 0 à 1, le degré d'inégalité de la distribution des revenus dans la société – a été réduit de 13,7 %, atteignant 0,4200, avec une perspective annoncée à 0,4099 à fin 2008. Indice le plus bas de toute l’histoire du Venezuela et le plus bas de tout le continent latino-américain. 

La dépense sociale dans le budget de l’Etat s’envole de 28,5 % avec des répercutions performantes.

Le seuil de pauvreté est passé de 48,7 % à 33,4 %, soit une baisse de 31,4 %. La compagnie pétrolière d’Etat, PDVSA, – nationalisée en 2007 – a ainsi financé à hauteur de 13 millions de dollars des programmes de missions sociales. Le salaire minimum a fait un bond de 120 à 799,5 bolivars, désormais le plus élevé d’Amérique latine. Le temps de travail a été réduit de 44 heures hebdomadaire à 36 et le taux de chômage est de 6,8 % à fin 2008. En 2005, l’Unesco a déclaré le Venezuela « territoire libre d’analphabétisme », et aujourd’hui 14 millions de vénézuéliens sont scolarisés, en rappelant que le pays compte 26 millions d’habitants dont 8 ont entre 0 et 14 ans, soit 31 % de la population. L’accès pour tous à l’université permet à 1,8 million de jeunes mais aussi d’adultes d’étudier contre 676 000, intégrés à l’époque au statut d’élite ou de classes aisées.

Les dépenses de l’Etat pour la santé sont passées de 8 % à 12,4 %. Les missions Barrio Adentro offrent l’accès aux soins et aux médicaments en toute gratuité à des millions de patients. 92 % de la population a désormais accès à l’eau potable contre 82 %. Le réseau public de supermarchés Mercal, aux produits à inflation zéro, accueille 11 millions de Vénézuéliens mensuellement et leur permet une économie de 39 % par rapport aux grandes surfaces privées.

La lutte contre la fraude fiscale des classes dominantes a permis de multiplier par 13 le montant des impôts perçus.

 

Cette liste non-exhaustive décrit une émancipation humaine sans précédent en un temps record. Fruit d’efforts intenses et constants répartis entre peuple et élus, et toujours dans la maîtrise parallèle d’une agressivité permanente et sournoise de l’opposition toujours prête à démonter ou enrayer la machine.

Chavez, dans l’ennoncé de son bilan et en exprimant sa satisfaction sur cette première partie de la révolution bolivarienne, n’oublie pas de mentionner les deux facteurs essentiels à la réussite de ce projet national qui sont la participation collective grâce à la formation du peuple et l’inclusion sociale.

L’approbation populaire de la gouvernance Chavez, sa reconduction aux élections présidentielles ainsi qu’aux référendums révocatoires sont les preuves qui défendent l’idée de prolonger cette marche socialiste jusqu’en 2013, date des prochaines élections présidentielles. Le Venezuela est aujourd’hui le pays du continent latino-américain où la démocratie est la plus aboutie, consolidée par des lois et des règles issues d’une reflexion permanente.

Les mécanismes technico-burocratiques d’antant, qui manipulaient et contrôlaient les masses, sont évacués. Les moyens mis en œuvre pour substituer le social et engendrer une alienation collective anéantis. Depuis 1999, l’inversion des valeurs est en marche par l’expression populaire et celle d’un pouvoir en place qui est là pour redistribuer les richesses et les transférer au peuple. Une transformation intégrale de la société et de l’économie de la nation est véritablement en train de se réaliser, où le noyau central de la politique du gouvernement sont les services publics. Et ça marche.

 

 

Chavez ne s'en va pas

Fort de ce constat, à la clôture de son discours, intercalé tout du long d’approbations et d’applaudissements nourris et enthousiastes, Hugo Chavez a sollicité toute l’attention de l’assistance sur une question d’actualité fondamentale. Son peuple a-t-il la volonté ou non de vouloir ancrer sa politique dans la durée ? Chavez a ainsi formulé le souhait d’entendre la voix des Vénézuéliens sur cette interrogation, seuls à même de décider selon lui.

Peut-il prétendre à un nouveau mandat au-delà de 2013 ?

La réponse, unanime et immédiate de l’assemblée, a été claire et enflammée : « Ici, celui qui commande c’est Chavez et la Révolution ».

Chavez, et sa verve rhétorique, a argumenté sa proposition sur la base de l’expression sportive : « On ne change pas une équipe qui gagne ». Ce qui, d’aucune façon, ne remet en question le choix électoral par des élections libres ni la possibilité d'un référendum révocatoire à mi-mandat. Il souhaite seulement pouvoir installer de façon durable une stabilité démocratique et prolonger le travail entamé, sans autoritarisme dont il s’est toujours défendu, vérité qu’il veut absolument faire passer.

Afin de poser ce principe de pluralisme et de liberté à sa suggestion, Chavez a soumis également l’idée que les maires, les gouverneurs et les députés puissent aussi être réélus. Chavez prétend ainsi dépersonnifier son image de pivot politique et continue d’ouvrir la voie aux régions. Le caractère de l’émancipation, de l’indépendance et de l’intégration régionale sur des bases progressistes une fois de plus démontrés, c’est dans une perspective de culture de la paix et de l’autodétermination qu’il désire asseoir l’avenir du Venezuela.

Faisant référence aux Etats tenus par l’opposition actuellement (Táchira, Zulia, Miranda, Carabobo et Nueva Esparta), Chavez met l’accent sur le fait qu’il n’abandonnera pas pour autant le peuple de ces régions, et ce dans le respect des choix électoraux qui ont été faits. Là-bas, depuis les dernières élections des gouverneurs en novembre 2008, la répression sociale, la fermeture de missions, la persécution des opposants et des syndicats voire d’assassinats sont monnaie courante, avec pour objectif de casser la révolution.

Mais puisqu’il est le Président, il persistera donc à être le Président de tous les Vénézuéliens.

 

  Consécration et campagne

Pour fermer la séance, la présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores, a annoncé qu’une large majorité des députés accréditait la possibilité d’amender la Constitution afin de cristalliser l’aplomb démocratique reconnu par tous, et convoquait une cession extraordinaire pour le lendemain afin d’en débattre.

Approuvé par le Parlement, le Conseil national électoral – l'autorité électorale du Venezuela – recevait le 16 janvier 2009 le projet d’amendement. Le referendum sur la modification de la Constitution du Venezuela visant le renouvellement illimité des mandats électifs, dont celui du Président Hugo Chavez, était par conséquent fixé au 15 février prochain.

Cet amendement, qui concerne la totalité des mandats électifs, modifie cinq articles de la Constitution (art. 160, 162, 174, 192 et 230) en reconfigurant uniquement les possibilités de réélection de tout élu. Pour autant, la durée du mandat présidentiel restera de six ans.

 

La campagne pour le « Si » est lancée. Hugo Chávez, dont l’émission télévisée hebdomadaire Aló Presidente est suspendue durant toute cette période, fait campagne en prenant un statut d’éditorialiste trois fois par semaine pour plusieurs quotidiens vénézuéliens. La jeunesse, de plus en plus nombreuse depuis 10 ans sur la pyramide des âges, est politisée, fraîche et mobilisée pour Chavez. La tendance est en faveur du Si à 51,5%.

L’opposition, furieuse, inquiète et qui dit « No », s’égare aujourd’hui dans une confusion la conduisant dans une dissociation psychotique risible. Elle se laisse dire sur la chaîne télévisée Globovision que « Voter Si, c’est voter contre la persécution perpétuelle » ou encore que « La solution, c’est de faire sortir Chavez en 2014 ». Chavez rend fou ce noyau de l’oligarchie vénézuélienne, qui montre peu à peu ses limites à la résistance sinon de prouver son état terminal. Rappelons ironiquement qu’aujourd’hui au Venezuela, les grèves sont des grèves patronales.

 

 Prolongation

20 ans plus tôt, le Caracazo de février 1989 fut le prémice d’un réveil populaire. Au cours d’émeutes de la faim tragiques, l’insurrection nationale enflamma tout le pays sous le régime de Carlos Andres-Perez soutenu par le FMI. Avec une inflation de 200 % sur les prix, le Caracazo fut à l’époque une révolte populaire sans leader qui montrait pour autant le début du chemin vers la révolution. La forte repression, qui fit environ 3 000 morts, laissa une trace indélibile faisant naître une nouvelle attente chez les Vénézuéliens. Le processus d’une idéologie progressiste allait se construire au sein de la population qui commença à croire que l’on pouvait changer les choses. Grâce à une mobilisation constante avec trois manifestations par jour entre 1992 et 1993, le peuple était décidé au changement. Carlos Andres-Perez fut finalement destitué en mai 1993 pour laisser place à un gouvernement social-chrétien « soupe au lait » de transition dirigé par Rafael Caldera, qui fera sortir de prison Hugo Chavez, enfermé suite à sa tentative de coup d’état en février 1992.

Celui-ci est en place aujourd’hui, avec à ses côtés cette jeunesse du Caracazo. Ceux qui naissaient à cette période ont 20 ans désormais, ceux qui avaient 10 ans en ont 30, ceux qui avaient 15 ans en ont 35, ceux qui avaient 20 ans en ont 40, et caetera.

Mais combien sont-ils?

Quel que soit ce chiffre astronomique, le Pape vous dirait « n’ayez pas peur ». Cette fois, il aurait raison !

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne