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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 11:11

Une militante bolivarienne de Paris

 Août 2008

 

Fin juillet 2008, j’ai fait partie d’une délégation anglaise de VIC (Venezuela Information Center) une organisation de solidarité avec le Venezuela dont le but est de lutter contre la désinformation sur le Venezuela. Nous étions 14 et avons eu un programme très riche dont je fais ici un petit résumé de nos principales visites.  

 

1)      El Barrio de Petare : nous avons commencé directement par le bidonville de Petare, un des plus gros bidonvilles d’Amérique latine (2 millions d’habitants). Cela nous a plongés d’emblée au coeur du processus bolivarien dont la priorité est de s’attaquer à la pauvreté. Mais pas de façon paternaliste, par l’assistanat par en haut. C’est leur bidonville et les gens essaient vraiment de prendre les choses en main, c’est eux qui décident des priorités. Et il y a des problèmes énormes : l’eau, les glissements de terrain, le tout à l’égout, l’électricité, les sans logis, les malades, les handicapés, la violence conjugale etc…Nous avons été reçus par des représentants du Conseil Communal de plusieurs districts de Petare. Ils vont recenser d’abord les problèmes, parfois maison par maison : les malades, les femmes enceintes, les besoins de tel ou tel. Très touchant de voir leur engagement, difficile de rendre compte de leur motivation. Le Venezuela voudrait faire de Petare un exemple de comment on résout les problèmes sociaux. Les habitants de Petare en sont très fiers.

2)      La radio communautaire de Petare, CRP (collectivo radiofonico de Petare). Il en existe 300 comme cela au Venezuela. Elle donne la parole aux groupes locaux, leur apprend techniquement comment faire une émission. C’est un outil précieux de communication entre les différents groupes, une sorte d’école pour l’ensemble du bidonville, mais aussi il y a des programmes plus nationaux voire latino sur ce qui se passe dans d’autres pays. Ce media alternatif est géré collectivement.

3)      Deux « bataillons », ainsi appelle-t-on l’unité de base du nouveau PSUV (parti socialiste unifié vénézuelien, créé en janvier 2008). Ce parti qui n’en est qu’au stade de sa formation était un outil qui manquait au Venezuela pour se battre.  J’ai eu l’impression d’un vrai creuset de formation politique : les gens se réunissent 2 à 3 fois par semaine (imaginez une section du PS ou une cellule du PCF se réunissant si fréquemment !!). On sent que c’est tout neuf. Beaucoup d’énergie. Ils étaient ravis de nous accueillir et nous avons beaucoup parlé de ce qu’ils pensaient du processus vénézuelien. Leur première épreuve va être les élections municipales et régionales de  ce 23 novembre. Ce sera leur première campagne, leur première apparition publique en tant que PSUV.

4)      Le centre de formation de l’orchestre national des jeunes du Venezuela, d’où vient l’orchestre Simon Bolivar dirigé par Gustavo Dudamel. La méthode utilisée qui s’appelle « El sistema » et l’orchestre de Dudamel  commencent à faire fureur de par le monde. Cette mission « Musica » consiste à donner la chance à tout enfant qui le souhaite de faire de la musique dès son plus jeune âge. Le but n’est pas d’en faire des musiciens professionnels. Le but est l’intégration sociale : sortir les enfants des rues et les empêcher de sombrer dans la délinquance ou la drogue, leur donner de nouvelles valeurs, en vivant et grandissant dans ce groupe (c’est 3 à 4 heures par jour après l’école, 6 jours par semaine, en général pendant plusieurs années). El sistema a un succès fou. 300 000 en font partie. Même en Ecosse, ils viennent de mettre en place un programme de 5 ans qui utilise el sistema pour les jeunes délinquants.

 

5)      Université bolivarienne de Caracas, nous avons rencontré le vice recteur. Tout est nouveau à l’université bolivarienne : du concept de l’enseignement lui-même jusqu’aux détails pratiques. On dirait un creuset de créativité où les gens remettent tout en cause et de façon permanente. Sur le plan matériel, l’originalité des universités bolivariennes c’est que ce ne sont pas les étudiants qui vont à elle, comme c’est généralement le cas où les étudiants sont obligés d’« émigrer » pour étudier, mais c’est l’université qui se déplace et va s’implanter près des quartiers pauvres, et dans les campagnes. Ainsi 1800 « villages universitaires » ont été créés pour 197 000 étudiants. Comme nous l’avions vu à Petare, les étudiants travaillent avec la population. Ainsi en fin d’études, ils font un long stage dans le bidonville et avec les habitants élaborent un projet concret dont ils doivent faire un rapport écrit. Tous les étudiants ont des bourses, et le transport et la nourriture sont gratuits. Nous avons aussi visité une université bolivarienne à Barlovento et rencontrer des élèves dans leur classe, dont une de droit composée d’adultes pour lesquels la possibilité d’avoir eu accès à un enseignement qui leur était dénié avant semblait avoir bouleversé leur vie et leur image de soi. L’université est ouverte la journée, le soir et le samedi/dimanche pour les gens qui travaillent.

6)      Nous avons été reçus par la ministre des affaires indigènes, Nicia Maldonado qui nous a fait un exposé des problèmes que rencontrent les quelques 40 communautés indigènes du Venezuela. L’article de la Constitution qui les reconnaît, leur donne le droit de parler leurs langues, d’avoir leur culture pour lutter contre la politique d’extermination dont ont souffert ces peuples depuis la découverte de l’Amérique. Les appétits des multinationales sur les terres que les peuples indigènes ont récupérées et comment ils peuvent se faire manipuler.

7)      Barlovento : nous avons été dans une région de l’Est de Caracas, Barlovento qui est composé de 90% de noirs, ou afro descendants comme ils disent. C’était une région où après avoir massacré les indiens qui refusaient de travailler pour eux, ils ont fait venir des esclaves d’Afrique (du Congo actuel) pour travailler le cacao dans les plantations. Cela reste une région extrêmement pauvre, avec du chômage. Nous avons visité une entreprise de chocolat, autogérée par les travailleurs et aussi par la commune. Il y a donc ces grandes réunions où participe le village, ceux qui cultivent le cacao dans les plantations et ceux qui le transforment en chocolat dans l’usine. Ils ne se laissent plus avoir par les compagnies étrangères qui leur achetaient à bas prix le chocolat vénézuelien qui est apparemment de grande qualité, et donc ont pris le contrôle. Ils essaient de respecter l’environnement pour que le chocolat soit meilleur. Nous avons aussi visité une usine de traitement des déchets, question cruciale au Venezuela.

8)      Toutes les missions santé : de « Barrio adentro 1 » dans les bidonvilles à « Barrio adentro 4 », à savoir la création de cet hôpital cardiologique pour enfants à la pointe des nouvelles technologies, Hospital Cardiologico infantil Gilberto Ochoa, où tout enfant avec malformation cardiaque peut être envoyé de n’importe quel coin du monde, tout frais payés.

9)      Le ministère de la femme (INAMUJER) qui se bat contre la violence domestique et la promotion des femmes qui de toute façon ont pris un rôle prépondérant dans la révolution bolivarienne et qu’on retrouve à tous les échelons du processus

 

En conclusion c’était un voyage bien rempli qui nous a permis de voir de nos propres yeux ce qui se passe vraiment au Venezuela. Pour tout dire, j’ai hâte d’y retourner pour voir comment se construit le processus, comment il avance. Je pense que faire ce type de voyage est un outil de solidarité très précieux, pour faire connaître la révolution bolivarienne, la populariser.

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans La Revolution Bolivarienne