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21 décembre 2005 3 21 /12 /décembre /2005 01:20
République Bolivarienne du Venezuela
Ministère des Relations Extérieures
Discours du Ministre des Relations Extérieures
de la République Bolivarienne du Venezuela
Alí Rodríguez Araque
6ème Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce

Hong Kong

Le 14 décembre 2005

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Comme mes collègues, je tiens à exprimer mes remerciements pour la chaleureuse hospitalité qui nous a été offerte par les autorités de HongKong, ainsi que l’excellente organisation de cette rencontre. Je tiens à vous présenter quelques réflexions sur le processus de négociation en cours au sein de l’OMC.

La première réflexion surgit des difficultés persistantes pour parvenir à l’accord global auquel tout le monde, apparemment, aspire. Après toutes les frustrations accumulées pendant toutes ces années, il y a eu ici de nombreux appels à agir « courageusement et audacieusement » afin de parvenir à certains accords qui, comme dans le cas de l’agriculture, offriraient l’effet déclencheur magique comme dans le cas du NAMA, des services et de ce qui les accompagne. Face à de tels appels, certains n’ont pas manqué de rappeler, fort justement, que Doha avait proposé l’augmentation du commerce comme un moyen pour le développement, et non pas comme une fin en soi, et qu’en plus cette rencontre devait être celle du développement.

Le commerce, sans le moindre doute, est l’activité qui a connu la plus colossale augmentation dans le système économique mondial. Cette augmentation continue de façon ininterrompue comme le montrent tous les indicateurs. Cette augmentation fait immédiatement surgir une question : Dans quelle mesure a-t-elle servi à améliorer la situation des pays en développement et, particulièrement, de ceux qui sont classifiés comme PMA [les Pays les moins avancés] ? A-t-elle contribué à combler la brèche qui les sépare des pays les plus développés ? Dans quelle mesure les échanges ont-ils contribué à réduire les douloureux niveaux de pauvreté dans le monde ? Etant donné que les réponses sont évidentes, ou pour le moins elles se trouvent dans les rapports d’organisations comme l’UNCTAD ou l’UNICEF, etc., je ne crois pas qu’il soit nécessaire de citer des chiffres en cette occasion. Tout indique qu’il ne suffit pas de prendre des décisions « audacieuses » et « courageuses », il ne suffit pas d’avoir une vision purement mercantile, pour aborder et pour régler les problèmes posés par le développement lorsqu’on les analyse de façon intégrale, avec pour alpha et oméga l’être humain, et plus concrètement, le plus grand défi de notre temps, la pauvreté et l’engagement que nous avons pris devant le monde avec les Objectifs du Millénaire.

Face à de telles réalités, je me permets de poser une question devant vous tous : L’absence de résultats positifs, après tant d’efforts d’un côté et de l’autre du monde, ne serait-elle pas causée par le fait que la voie choisie n’est pas la bonne ? Réfléchissons. Les formules choisies sont destinées à créer les bases pour un certain type de concurrence. Là où il y a concurrence il y a protection ; précisément ce que nous essayons de dépasser comme obstacle au commerce, c’est-à-dire les barrières douanières, ou para-douanières, et les politiques de subside.

Devant cette réalité incontestable, une nouvelle question surgit. Ne serait-il pas possible d’emprunter d’autres voies, sans prétendre éliminer complètement les mécanismes déshumanisant de la concurrence, qui au moins les corrigent et permettent d’autres formes d’échange basées sur la complémentarité, la coopération, la solidarité et le stricte respect de la souveraineté de nos nations ? La réponse est positive. En Amérique latine et dans les Caraïbes, nous avons initié une expérience dont le facteur dynamisant est inspiré de la Résolution 3.201 de l’Assemblée Générale de l’ONU de mai 1974 et sur la Déclaration sur le Droit au Développement de 1986.

Transformant en action ce qui jusqu’à récemment demeurait simple déclaration, le Venezuela vend des excédents énergétiques à l’Argentine, à l’Uruguay et au Paraguay. A ces pays le Venezuela achète des excédents, agricoles ou autres, avec des mécanismes de compensation. Les résultats, en très peu de temps, sont époustouflants. Dans notre politique de complémentation avec l’Argentine, en moins d’un an nous avons quintuplé le niveau de l’échange, et il continue de croître. Chacun des participants, au lieu de sacrifier ses bénéfices, les multiplie. Avec la République sœur de Cuba, l’échange a augmenté de façon exponentielle sur ces mêmes bases que nous avons appelé l’Alternative Bolivarienne pour l’Amérique Latine.

Cette politique a permis au Venezuela d’alphabétiser en un peu plus d’un an 1,5 millions de Vénézuéliens, d’offrir la santé gratuite à 17 millions de personnes et d’offrir des produits alimentaires à 13 millions de personnes à des prix inférieurs à ceux du marché. L’Argentine et Cuba, de leur côté, ont résolu une bonne part de leur accès à l’énergie et à d’autres produits exportés par le Venezuela. Evidemment une politique souveraine entre Etats indépendants soulève toujours des protestations chez ceux qui refusent la souveraineté des autres tout en prétendant imposer la leur au monde entier. De là les manœuvres les plus récentes visant à provoquer de nouvelles perturbations dans le processus démocratique et pacifique de notre pays.

Ces faits sont connus. Ceux qui veulent les voir sont invités à visiter notre pays. Et dans cette même direction nous avançons avec les pays frères, comme cela se produit également avec les Caraïbes, où un grand nombre de pays commencent à connaître un soulagement de leur facture pétrolière. Nous pouvons donc affirmer avec des faits concrets qu’il existe des schémas alternatives où la concurrence destructrice est remplacée par de nouvelles formes de relation, non seulement d’échange commercial, mais également humain ; en effet il ne s’agit pas d’oboles à qui mendierait des aides, mais d’une relation profondément respectueuse de la dignité de chaque nation.

Mais comme nous sommes réalistes, et comme nous connaissons la nature des relations économiques, aujourd’hui dominantes, réalité où nous ne sommes rien de plus qu’une petite semence d’espoir, nous l’assumons et nous décidons d’accepter les défis qu’elle présente. Ainsi, en partant des engagement de Doha et des Objectifs du Millénaire, nous nous identifions à la revendication des PMA et des pays en développement dans leur demande de réduire et d’éliminer les politiques de subvention et de barrières douanières et de barrières para-douanières qui empêchent l’entrée des produits agricoles dans les pays développés. De la même façon, il faut prendre en compte la vulnérabilité qui souvent impose l’application du principe de traitement spécial et différencié ainsi que l’établissement d’une liste de produits spéciaux et de mécanisme de protection.

Cependant, il faut être conscient qu’il ne suffit de satisfaire de si justes demandes. Il est impératif de réduire les différences gigantesques qui en terme de productivité déterminent le contrôle monopolistique de la connaissance technologique générée par la plus terrible des asymétries. Si nous ne parvenons pas à cela, les concessions qui pourraient être faites sur d’autres terrains s’évaporeraient rapidement comme des illusions, en raison des avantages que le monopole de la connaissance garantit et qui se traduit en échange inégal favorable aux plus avancés. Pour cette même raison nous contestons ouvertement le schéma qu’on veut appliquer dans le commerce des services, signalé dans le texte de l’Annexe C et nous réitérons fermement l’inamovibilité de l’article XX, g, du GATT (1974), concernant les ressources naturelles épuisables et non renouvelables parce qu’il consacre des principes inaliénables en matière de souveraineté.

Monsieur le Président,

Ce ne sont là que quelques unes des réflexions que nous jugeons nécessaires de partager avec les honorables délégués de ce 6ème Sommet ministériel de l’OMC. Conscients des réalités d’aujourd’hui, nous ne nous résignons pas. Si, paraphrasant le grand José Martí, avec les pauvres de la terre nous avons juré de jouer notre destin, nous sommes certains que de ce présent, qui s’élève comme un impitoyable fléau sur l’humanité souffrante formée par des millions d’êtres dans le monde, surgit la force invincible de la raison, de la justice et de la conviction qu’un monde meilleur est possible. Il vaut bien la peine de lutter pour le conquérir !

Merci beaucoup !

Alí Rodríguez Araque

 

 

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Les Discours