Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Texte libre



VIDEO
Vea el documental
"Los Guerreros del Arcoiris"
Cooperativa Humana/YVKE Mundial
aporrea.org/internacionales/n113165.html

Recherche

4 février 2005 5 04 /02 /février /2005 00:00

Source : EncontrARTE

Farruco :

« Les grandes bases nécessaires au développement culturel devront être constituées »

 

vendredi 4 février 2005

 

Farruco : « Je me dois à mes idées, à mes sentiments et à mes engagements profonds »

Francisco Sesto Novás, « Farruco » comme on l’appelle affectueusement, est actuellement Ministre d’Etat à la Culture et Président du Conseil National de la Culture (CONAC).

Vénézuélien né à Vigo, en Espagne, en 1945, cette dernière décennie il a occupé différents postes dans l’administration publique. En avril 2003 il a été désigné Vice-ministre de la Culture au Ministère de l’Education, de la Culture et des Sports, Président du Conseil National de la Culture (CONAC) et membre de la Commission Présidentielle pour l’Alphabétisation (Mission Robinson). En juin 2004, lors du processus de réorganisation et de restructuration du Secteur Culture a été créé par décret présidentiel le poste de Ministre d’Etat à la Culture et Farruco a été maintenu à ce poste par le Président Chávez, donnant ainsi continuité aux projets qu’il avait lancés quand il était Vice-ministre.

Architecte dans l’âme, et par profession, il a reçu plusieurs prix pour ses œuvres, aussi bien au Venezuela qu’à l’étranger ; il a été pendant 25 ans professeur titulaire, maintenant retraité, de la Chaire de Projet de l’Ecole d’Architecture de l’Université Centrale du Venezuela (UCV).

Pendant ses moments de liberté, qui maintenant ne sont plus très fréquents, il aime écrire et peindre. Il a écrit des poèmes et des essais : « Isolda », anthologie poétique ; « Una Pasión », nouvelle courte primée en Espagne en 1990 ; « Libro de la luna interior », anthologie poétique de 1995 ; « Desnudo el tuyo tan hermoso y para nosotros necesario », dessins et poèmes, de 1997 ; « Estudio de la mirada, la presencia, la belleza, la necesidad, el deseo, la desolación et la resurrección », anthologie poétique de 2002 ; « Porque soy chavista », essai ; et « Fatigas y fulgores », anthologie poétique de 2003.

EncontrARTE : Ministre, sur la plan de la culture, qu’est-ce qui a été fait et qu’est-ce qui n’a pas été fait par rapport aux plans que vous aviez pour l’année 2004 ?

Farruco Sesto : Je pense que le principal a été réalisé, c’était de réorienter la gestion publique de la culture. 2004 a été une année clé. Auparavant il semblait que la culture était à l’écart du Processus, aujourd’hui la perception est différente.

La culture occupe une place importante dans le panorama des changements. Elle contribue aux changements de mille façons. Cependant concrètement beaucoup d’objectifs n’ont pas été atteints. Nous sommes encore lents dans l’administration ; nous avons des problèmes dans le suivi des programmes, bien que nous soyons en train de corriger ces défauts.

Si je devais m’auto-évaluer et évaluer l’équipe qui m’accompagne, je dirais que nous avons obtenu 16 sur 20. C’est bien, mais perfectible. C’est ce que je crois.

EncontrARTE : Aussi bien pour le CONAC que pour le Ministère, quelles sont vos lignes stratégiques pour l’année 2005 ?

Farruco Sesto : Les projets spéciaux, qui sont les grands chantiers de la gestion culturelle, nous les avons intégrés dans les dix objectifs généraux de la Nouvelle Etape qui ont été exposés par le président Chávez. De plus, nous souhaitons toujours aller vers la déconcentration, vers la massification et vers la démocratisation de la gestion culturelle dans le Processus. Bien, si je devais synthétiser tout notre effort de l’année 2005 je te donnerais les lignes stratégiques suivantes :

Refondation intégrale des institutions culturelles publiques, pour les harmoniser avec les objectifs de la Révolution Bolivarienne. Révision et actualisation de tout le dispositif législatif et de toutes les normes concernant la culture, afin de disposer des instruments juridiques nécessaires aux grands changements. Création du réseau de 20 000 activateurs culturels au sein du peuple, présents dans toutes les communautés du territoire national : Misión Cultura. Création par l’Etat des plate-formes nécessaires pour le soutien au niveau national des diverses manifestations culturelles, en mettant l’accent sur la production et à la diffusion massive du livre, de la musique, du cinéma et des médias audiovisuels, plus le Registre des Traditions populaires. Universalisation des événements culturels, facilitant le rapprochement de la majorité du peuple vers toutes les expressions et formes de création et de pensée, et favorisant le dialogue interculturel entre les différentes régions du Venezuela et entre celles-ci et le reste du monde. Contribution décisive à l’élévation de la conscience et aiguisement des valeurs fondamentales, nécessaires pour faire avancer le projet de vie collective contenu dans la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela.

EncontrARTE : Nous observons un important travail d’investigation et de diffusion de l’activité créatrice des différentes cultures présentes au Venezuela, mais il y a également un autre processus non institutionnel, il s’agit du souhait des gens de participer à la vie culturelle du pays et de s’exprimer de différentes façons. Comment faire pour contribuer, sans leur donner de limite et sans tracer de voie, à ces manifestations dans le cadre des structures bureaucratiques des institutions existantes ?

Farruco Sesto : Si cela n’est pas obtenu, je veux dire si tout le peuple n’est pas intégré, et pas seulement une partie du peuple, mais tout l’ensemble de la société vénézuélienne, à cette effervescence permanente du travail culturel, rien de tout ce que nous faisons ne serait très utile. Si l’existence d’une bureaucratie culturelle sert à quelque chose, là est son utilité. Si les institutions de la culture sont nécessaires, elles le sont pour que tout le peuple se manifeste et s’exprime. En conséquence, tout ce que nous faisons tend vers cela. Les formules que nous pouvons avoir ce sont celles que nous mettons en pratique.

EncontrARTE : A qui est destiné le Programme de Financement Culturel ?

Farruco Sesto : C’est une longue histoire que je résumerai de la façon suivante. Il y a quelques années, les députés et les sénateurs de l’ancien Congrès s’étaient inquiétés parce que dans les différents Etats du pays, les budgets publics pour la culture étaient très faibles. En conséquence beaucoup d’institutions publiques et privées dans la vie culturelle avaient de grandes difficultés économiques. Mais les congressistes, au lieu de lutter pour que les budgets des Etats et des municipalités soient plus généreux pour la culture, ont trouvé plus facile d’établir à partir du Congrès un budget pour ces institutions de tout le pays.

Tout cela s’est développé ainsi jusqu’à ce que nous parvenions à la situation de l’an passé. Presque 2000 institutions non gouvernementales, la majorité de dimension régionale ou locale, ont reçu un financement du gouvernement national qui s’élevait à 47 milliards de bolivars [20 millions d’euros]. Tout cela représente un héritage. Il est logique de corriger tout ce programme de financement, qui ne fait que répondre à des vides structurels au niveau des Etats [provinciaux] et au niveau local. Savais-tu, par exemple, que les orchestres symphoniques des Etats sont des associations civiles ? Ces associations devraient à mon avis être des entités publiques dépendant du gouvernorat de chaque Etat [provincial]. Comme ce n’est pas le cas, le gouvernement national les inclut dans le plan de financement. Et cela se produit avec beaucoup d’institutions privées comme les Ateneos ou les Ecoles d’art. A mon avis, le gouvernement national ne devrait financer que des programmes et des institutions de dimension nationale. C’est ce qui conviendrait.

EncontrARTE : Quels projets culturels et quelles personnes doivent participer aux Journées de Planification ?

Farruco Sesto : Quoi qu’il en soit, le financement ne doit pas servir à faire vivre tel ou tel groupe, mais il doit servir pour faire arriver la culture aux communautés. De ce point de vue, les groupes devraient mettre leurs projets en harmonie avec l’orientation publique concernant la culture.

EncontrARTE : Comment peut-on comparer le Programme de Financement de cette année avec celui de l’année 2004 ?

Farruco Sesto : Nous avons peu à peu perfectionné le système pour qu’il soit de moins en moins mauvais. En essayant d’éviter les perversions induites par sa nature équivoque. Nous l’avons pas mal démocratisé. Maintenant, par exemple, tout ce qui concerne des projets, ce qui correspond à peu près à la moitié du total du financement, nous en discutons autour des tables de travail dans chacun des Etats du Venezuela.

Le CONAC ne décide pas des assignations. Elles sont décidées autour des tables participatives. Cela, au moins, représente une avancée. Nous avons donné beaucoup de fluidité au fonctionnement. Je dois te dire que cette année nous avons battu un record. Le 22 décembre 2004 nous avions déjà payé 41 des 47 milliards de bolivars de subventions au secteur privé. Et ce qui n’a pas été payé est dû au retard de certains groupes dans la présentation des comptes. Une telle efficacité n’avait jamais existé auparavant. Cette année nous l’améliorerons certainement encore. Mais, dans le fond, comme tu peux voir, ni moi ni l’équipe du CONAC ne sommes très heureux avec le système que nous avons reçu en héritage.

Ce n’est pas que nous souhaitions que les institutions et les groupes privés cessent de recevoir le financement, non, il ne s’agit pas de ça. Il s’agit pour l’institution culturelle, dans les différents niveaux de gouvernement, d’assumer chacune de ses responsabilités, de sorte que, dans notre cas en tant que gouvernement national nous nous occupions des politiques et des programmes nationaux. Mais cela ne s’obtient pas par décret. C’est quelque chose qu’il faut construire par des accords, des discussions et beaucoup de patience. Mais il ne s’agit pas de laisser les groupes sans financement.

EncontrARTE : Nous avons perçu en différents milieux de Caracas et de l’intérieur du pays, la satisfaction de groupes culturels et de médias alternatifs pour le soutien qu’ils reçoivent du CONAC à la différence d’autres organismes de l’Etat. Existe-t-il des différences avec d’autres ministères ou d’autres institutions ?

Farruco Sesto : Nous travaillons sans problème avec les groupes et les institutions privées qui entrent dans le plan. Evidemment nous travaillons également parfaitement bien avec les différents ministères et les organismes de l’Etat. Je ne connais pas ces différences dont tu parles.

EncontrARTE : Ministre, bien que nous sachions que chacun a toujours des objectifs très élevés presque inatteignables, vous sentez vous satisfait de la voie empruntée et par la direction qui est prise ?

Farruco Sesto : Je crois que nous sommes sur un très bon chemin. Les idées se sont clarifiées. Nous savons ce que nous devons faire. Maintenant il s’agit de le réaliser. Notre horizon naturel c’est l’année 2006. A ce moment-là les grandes bases nécessaires au développement culturel devront être constituées. Si nous parvenons à cela je serai satisfait à ce moment-là. Pour le moment, nous ne pouvons nous glorifier de rien.

EncontrARTE : Si le gouvernement et le peuple sont satisfaits de votre travail il serait juste de donner une continuité à votre vision de la culture et de la politique culturelle mise en œuvre. Si ça dépendait de vous, Farruco serait à la culture pour plusieurs années ?

Farruco Sesto : La vérité c’est que je suis avec le peuple et avec la révolution où on a besoin de moi, où on pense que je peux faire le meilleur travail. Le dernier mot reviendra toujours au président Chávez, le grand stratège de tout cela. Le président a son jeu d’échec et il mène la partie. Je me tiens simplement à disposition. Parfois, bien entendu, je regrette quelques activités personnelles qui ont été laissées de côté. Mais on n’est pas maître de soi si on s’immerge vraiment dans ces processus de libération. Je me dois à mes idées et, pourquoi ne pas le dire, à mes sentiments et à mes engagements profonds.

EncontrARTE : Vous êtes architecte, et on observe que le CONAC ou le ministère dont vous avez la charge ne prévoient ni événements ni activités pour diffuser la production de l’architecture nationale, et ne prévoient pas non plus de faire la promotion de la bonne architecture. Pour quelles raisons ?

Farruco Sesto : C’est une carence à laquelle nous avons réfléchi. Il est très difficile de donner une présence à l’architecture dans l’institution culturelle que nous avons aujourd’hui. Les changements auxquels nous aspirons, je suis convaincu qu’ils donneront toute sa place à l’architecture.

EncontrARTE : Architecte, nous connaissons votre passion pour l’architecture et nous supposons que les exigences de vos activités comme fonctionnaire vous empêchent l’exercice de la profession. Cela vous donne de la nostalgie ?

Farruco Sesto : Qui n’est pas habité par la nostalgie dans son âme, par les chemins qui sont restés dans le passé et même pour les chemins qui n’ont pas été empruntés ? Bien sûr que j’ai des sentiments de nostalgie. Nous ne serions pas humains sans notre bonne dose de regrets. Tu n’as jamais entendu le président parler de se retirer sur le bord d’un fleuve là-bas dans le Llano ? Mais ce ne sont pas des nostalgies qui nous paralysent. Elles donnent plutôt la vie. J’aime dessiner, projeter. Maintenant je fais d’autres types de projets, peut-être plus importants.

De toute façon, il est presque impossible de se détacher de ce que nous sommes, et même si on ne travaille pas comme architecte, on garde certainement des idéaux et une vision du fait architectonique et du fait urbain.

EncontrARTE : Considérez-vous que le Processus révolutionnaire soit sur la bonne voie en ce qui concerne la promotion d’une ville nouvelle et d’une architecture de grande qualité ?

Farruco Sesto : On a un peu avancé. Je crois qu’il y a davantage de compréhension du phénomène urbain, beaucoup plus que durant la 4 ème République. Je crois qu’on comprend mieux que la ville est un projet de vie collective. Mais, en vérité, les faits ne sont pas encore probants. Nous sommes en retard sur ce point. Il faut accélérer certains processus.

Adresse de l’article en espagnol : http://encontrarte.aporrea.org/hablando/12/

Traduction : Numancia Poggi

Partager cet article

Repost0
Published by EncontrARTE - dans Revue de Presse