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21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00
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Economie

Un Medef altermondialiste face à Chavez
A Paris, des patrons ont écouté le président vénézuélien vanter sa révolution bolivarienne.

Par Christian LOSSON
vendredi 21 octobre 2005



le patronat français, bras droit de la révolution ? Et si, sans nous le dire, «notre» Medef national, celui qui tire à vue sur le social made in France, était devenu un allié de la croisade antilibérale ? Pour tenter de s'en convaincre, il suffisait hier de se trouver dans les locaux du patronat français. A la tribune : Hugo Chavez, le président de la République bolivarienne du Venezuela, venu faire la promotion de sa révolution. Dans les travées : un parterre patronal tout ouïe. «Vous devriez relire Hugo et les Misérables, explique alors Chavez. Jean Valjean était un entrepreneur, mais savait que l'argent créait de l'emploi pour les plus pauvres.» Raconte sa lutte contre le «néolibéralisme qui mène en enfer, car il a tout privatisé, les écoles, les hôpitaux, même les sorciers». Vante le boom des investissements étrangers, le retour de la croissance à 7 %, l'analphabétisme ramené à près de 0 %. Et en appelle au Medef, «ce puits de sciences pour le monde entier». Réponse d'un patron : «Vous savez créer un climat de dialogue...»

Chavez et la France, c'est un peu une love story. Avant de retrouver, mercredi, des amis à la mairie du XIe arrondissement à qui il a expliqué que Judas était le premier capitaliste («il a vendu Jésus, le premier socialiste»), Chavez a été reçu à l'Elysée par le «Chi», dont il «partage la même vision internationale du monde». Et puis, il y a «Dominique», le Premier ministre : la lune de miel s'est même prolongée après minuit, mercredi soir, pour un souper entre «amis» autour, selon Matignon, d'«une vision commune des relations entre le Nord et le Sud»... Mais le Venezuela et le french business, ce n'est pas encore l'amour fusionnel : 1,5 % de part de marché. Alors, les entrepreneurs qui interpellent Chavez ne craignent pas d'en rajouter. Le labo pharmaceutique Sanofi-Aventis ? Une quasi-ONG, «qui veut participer à l'accès aux médicaments pour les plus pauvres», car c'est sa «philosophie du commerce». Ben voyons. «Faites du transfert de technologie», lui répond Chavez. Voilà Total, le pétrolier français, plus gros investisseur étranger dans un pays cinquième exportateur mondial de brut. Un bon vieux capitaliste, Total ? Non, un altermondialiste... qui s'ignore encore. «Total a très bien compris l'évolution que vous avez impulsée dans votre pays pour que l'énergie soit au service du peuple et non pas des profiteurs, des spéculateurs, ose ainsi Philippe Armand, vice-président du groupe pour la région Amériques du groupe. On est prêt à vous aider encore plus, avec des projets sociaux», et tout et tout. «Merci Philippe», répond Chavez, avant d'embrayer sur le réchauffement climatique et de préciser que la concurrence est rude, avec des firmes russes, norvégiennes, américaines et brésiliennes sur les rangs.

Le Medef en fait un chouïa trop... «Un bon commerçant, un bon vendeur, doit avoir de l'empathie», dit un cadre de Thales. «Vous en connaissez beaucoup des chefs d'Etat capables de vous inviter à aller pêcher avec eux ?», s'illumine un autre patron. Le monde du business a des yeux de Chimène pour le pourfendeur du capitalisme ? «Tsss, tsss, rétorque Paul Bernard, du Medef international, les entreprises françaises se distinguent des autres entreprises. On a la fibre plus sociale, plus environnementale.» Schizo ? «Mais non, répond un représentant d'une grande banque française. C'est juste le côté pute des grands patrons. On n'est pas là pour lui dire : "On va vous refiler quelques contrats gratos pour mieux vous niquer sur tout le reste." On est là pour faire du business dans un pays qui rapporte gros.» ça va mieux en le disant.

 

 

 http://www.liberation.fr/page.php?Article=332673

 

© Libération

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Published by Cercle Bolivarien de Paris - dans Revue de Presse